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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-17T05:04:00+01:00</dc:date>
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   <title>Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !</title>
   <pubDate>Thu, 24 Sep 2020 07:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Concerts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Grande émotion à Garnier samedi 19 septembre. Philippe Jordan y dirigeait la grande trilogie mozartienne de l'été 1788, les symphonies 39, 40 et 41 (dite "Jupiter") pour un moment de communion extraordinaire entre un public et des musiciens très heureux d'être à nouveau ensemble. Un concert qui sera redonné le dimanche 27 septembre sous le beau plafond de Chagall.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50050202-38739367.jpg?v=1600928222" alt="Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !" title="Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !" />
     </div>
     <div>
      Grands sourires échangés sur scène (une sorte de proscenium construit sur la fosse) et dans la salle (derrière les masques), décidément personne n'a boudé son plaisir le soir du 19 septembre lors du premier concert de l'Orchestre de l'Opéra de Paris d'après confinement. Car il était vraiment très attendu ce concert, après six mois de fermeture de ce lieu prestigieux - et donné en présence du nouveau patron de la maison, Alexander Neef, et de la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, lyricomane comme on ne l'ignore pas.       <br />
              <br />
       Le programme de la soirée dédié au divin Mozart a attiré un public nombreux (demi-jauge) qui applaudit avec enthousiasme entre les mouvements des trois symphonies offertes. Nullement décontenancé, le charismatique chef maison, Philippe Jordan, déclare soudainement juste avant d'attaquer la &quot;Jupiter&quot; en troisième partie de soirée que les musiciens et lui sont extrêmement heureux d'accueillir à nouveau le public - la voix manque presque de se briser d'émotion, déchaînant un autre tonnerre d'applaudissements.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50050202-38739369.jpg?v=1600928275" alt="Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !" title="Une rentrée très attendue à l'Opéra de Paris avec Mozart !" />
     </div>
     <div>
      Il est des soirs comme celui-là, inoubliable, à marquer d'une croix blanche. D'autant plus que l'interprétation, parfaite, sert idéalement le corpus choisi. Les symphonies 39 à 41, composées en deux mois pendant l'été 1788, au cœur d'une période noire pour Mozart, appartiennent de plein droit au panthéon de ses chefs-d'œuvre. Alfred Einstein ne déclare-t-il pas que Beethoven n'aurait jamais établi le concept d'une <span style="font-style:italic">&quot;symphonie monumentale&quot;</span> sans le jalon que constituent la Symphonie de Prague (1786) et la grande trilogie de 1788 dans l'histoire de la musique <span style="font-style:italic">(1)</span> ? Ces trois ultimes symphonies jamais jouées du vivant de son auteur, sont bien selon le mot magnifique d'Einstein <span style="font-style:italic">&quot;un appel lancé à l'éternité&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Des œuvres que le chef suisse dirige sans partition, mais avec la gestique la plus élégante et passionnée qui soit ; n'hésitant pas à plier sa haute taille pour obtenir tel accent ou tel crescendo, établissant avec ses musiciens des yeux et avec le sourire un lien incessant, tangible. Depuis 2009 qu'il travaille avec eux, on sent bien que la cohésion, l'amitié, la confiance, la complicité ne sont pas de vains mots - et les super solistes de l'orchestre le saluent très chaleureusement à la fin du concert.       <br />
              <br />
       Philippe Jordan obtient de tous les pupitres un son chaleureux et noble ; la transparence des timbres le dispute à la vivacité, à la délicatesse, à la virtuosité précise du geste dès la 39e symphonie. Dans la 40e, célébrissime à raison, tant on ne peut prendre plus de plaisir à l'écoute, l'investissement des artistes, leur talent et l'évidente joie de jouer ensemble offrent un pur moment de bonheur intense. Si le chef en accentue clairement l'harmonie classique (le chant pastoral dans l'andante, l'élan serein ailleurs) plutôt que les arrière-plans ténébreux préromantiques, il ne manque pas d'en libérer aussi l'énergie vitale et la puissance émotionnelle.       <br />
              <br />
       L'orchestre, en état de grâce, fait briller dans la 41e, la &quot;Jupiter&quot;, les mille trouvailles de l'écriture mozartienne, la délicatesse des dialogues, la beauté du contrepoint et de l'architecture générale. Héroïques ou d'une gaieté pleine de vitalité, les sentiments se déploient d'un mouvement à l'autre ; les musiciens se montrant là encore maîtres dans l'art des nuances et des phrasés, des climats antagonistes aux multiples voix chantantes. Sommet du génie orchestral mozartien, cette 41e symphonie clôt avec grandeur une soirée délectable. Il reste une année pour jouir encore à Paris de l'énorme talent du chef suisse, en partance pour l'Opéra de Vienne fin 2021.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Concert donné le 19 septembre 2020.        <br />
       <span class="fluo_jaune">Prochaine séance le 27 septembre 2020 à 17 h.</span>       <br />
              <br />
       <b>Spectacles à venir :</b>       <br />
       Concert Johann Sebastian Bach le 26 septembre &amp; le 3 octobre 2020 (direction P. Jordan).       <br />
       Concert Antonio Vivaldi le 4 octobre 2020 à 17 h (direction Frédéric Laroque).        <br />
       Soir de fête à l'Opéra par les Artistes de l'Académie de l'ONP le 1er octobre 2020 à 20 h.        <br />
              <br />
       Réouverture de Bastille le 23 novembre avec le Ring de Richard Wagner en version concert.        <br />
              <br />
       Opéra national de Paris.       <br />
       Salle Garnier, place de l'Opéra, Paris.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50050202-38739367.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier</title>
   <pubDate>Tue, 17 Sep 2019 09:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Simon Stone réussit brillamment son entrée sur la scène de l'Opéra de Paris avec une "Traviata" ultra contemporaine. Si le chef-d'œuvre de Verdi n'a rien perdu de son acuité, c'est aussi grâce au couple formé par Pretty Yende et Benjamin Bernheim à la tête d'une très belle distribution.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33024622.jpg?v=1568708259" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      Un an après la parution du roman d'Alexandre Dumas fils <span style="font-style:italic">(1)</span>, Verdi signe en 1853 l'un des opéras les plus novateurs de sa carrière avec un livret resserré sur le drame de la courtisane repentie et sacrifiée sur l'autel des convenances, et grâce à une écriture d'une efficacité dramatique et psychologique qui préfigure le vérisme. Mélodrame au sujet scandaleux pour l'époque, faisant écho aux amours du compositeur avec la Strepponi, l'opéra sera dans l'œuvre verdienne le seul exemple d'une influence littéraire contemporaine. L'un des plus éclatants exemples également d'une écriture vocale et orchestrale au service de la peinture des sentiments plutôt qu'à celui des embardées narratives.       <br />
              <br />
       Que faire de ce mélodrame forcément daté aujourd'hui - mais qui n'a rien perdu de son pouvoir de séduction musicale ? Le jeune metteur en scène Simon Stone apporte une réponse éblouissante à cette question pour ses débuts à l'Opéra de Paris. Actualisant pour notre temps la pertinence du chef-d'œuvre verdien, Simon Stone fait de Violetta Valery non plus une courtisane mais une star des réseaux sociaux ; une championne du placement de produits dans la mise en scène permanente de sa vie de fêtes tapageuses - postée sur Instagram, Twitter et autres Youtube. Suivie par des millions d'abonnés, cette Traviata, femme dévoyée fragile et étoile brillante dans le vide intersidéral de la vie numérique, va tomber amoureuse d'un architecte de très bonne famille, Alfredo Germont, alors même qu'elle apprend que son cancer a récidivé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33024766.jpg?v=1568708281" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      La proposition du metteur en scène d'origine australienne se révèle réjouissante à plus d'un titre. Les lieux traversés renvoient à une expérience à la fois hyper référencée (la Place Jeanne d'Arc dans le premier arrondissement parisien) et universelle (un kébab turc, le &quot;Paristanbul&quot;, une boîte hype où se retrouvent les influenceurs d'aujourd'hui ; ou les arrière-boutiques sordides où se réfugient pour leur pause des employés en contrat précaire).       <br />
              <br />
       La campagne où Violetta et Alfredo cachent leurs amours ou la salle de chimiothérapie d'un hôpital quelconque se signalent par quelques signes immédiatement identifiables sur un simple fond uni - les lumières de James Farncombe installant les ambiances idoines. Nous connaissons et reconnaissons ces lieux et ces personnages qui nous paraissent vraiment familiers. Ces images nous cernent tous les jours. Premier tour de force.       <br />
              <br />
       Seconde trouvaille maligne : les messages (e-mails, sms) et les posts qui envahissent le plateau dans les tableaux retraçant la vie mondaine et les débuts heureux des amours de Violetta. La solitude, la maladie et la mort s'imposeront ensuite dans une austérité scénographique qui fait autant signe - sans la vidéo de Zakk Hein. Une actualisation de l'œuvre se révélant dès la première scène d'une absolue justesse dans une relecture qui se tiendra de bout en bout sans recours aux traitements au forceps (du répertoire) auxquels nous ont habitués bien des metteurs en scène censément novateurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33024807.jpg?v=1568708480" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      L'essence du drame est là ; il s'agit bien ici de l'impossible salut d'une femme écrasée par une société cruelle, égoïste et superficielle. À peine regrettera-t-on l'incrustation en lettres géantes des gros titres plutôt illisibles défilant d'un tabloïd, brouillant la force de l'affrontement entre Violetta et le père d'Alfredo à l'acte II <span style="font-style:italic">(2)</span>.       <br />
              <br />
       Soutenue par un orchestre attentif, soucieux du chant et des climats antagonistes, la soprano sud-africaine Pretty Yende se révèle prodigieuse dans cette prise d'un rôle qu'elle a longtemps repoussé. Dans sa robe d'or façon Marylin Monroe (une autre Traviata suggérée en filigrane), la chanteuse réunit charisme scénique et performance vocale - même si sa technique de respiration dans les mélismes est quelque peu étonnante en cette première.       <br />
              <br />
       S'imposent cependant la richesse, la rondeur et le diapré d'un très beau soprano au souffle apparemment infini - atteignant facilement le mi bémol final du dernier air de l'acte un et le tenant. Benjamin Bernheim est un Alfredo de grande classe dès sa déclaration d'amour initiale. Cet élégant chanteur au timbre enchanteur ne déçoit décidément jamais. Ludovic Tézier incarne avec autorité et finesse un Giorgio Germont impérial puis humain. Tous trois peuvent se permettre des raffinements subtils dans leur chant, exprimant la variété des réactions et sentiments de leurs personnages dans la vision intimiste de Simon Stone - et dans les décors de Bob Cousins.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33024816.jpg?v=1568708503" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      Le reste de la distribution est à l'avenant. Catherine Trottmann (pour ses débuts à l'Opéra de Paris) est une délicieuse Floria, Marion Lebègue une Annina bien campée. Le Baron Douphol du baryton Christian Helmer, le Gastone de Julien Dran et le Docteur Grenvil de Thomas Dear se distinguent avec talent. Une mention spéciale sera donnée aux chœurs excellents dirigés par José Luis Basso. D'une force, d'une cohésion et d'une précision sans faille, ils éclairent ce sombre drame, du &quot;Libiamo&quot; initial au ballet des gitanes et toréadors de l'acte II et jusqu'au joyeux chœur du carnaval au troisième acte. Cette intelligente &quot;Traviata&quot;, miroir de notre misère moderne, est à découvrir absolument.         <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Le livret de Francesco Maria Piave fut imaginé à partir du roman de Dumas fils, &quot;La Dame aux camélias&quot;.        <br />
       (2) On avoue n'avoir guère compris également la première interruption de la soirée pour un long entracte au bout d'une demi-heure seulement.</span>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 septembre au 16 octobre 2019.</span>       <br />
       Opéra de Paris - Salle Garnier.       <br />
       Place de l'Opéra, Paris (9e).       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.        <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33025015.jpg?v=1568709419" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      Retransmission en direct au cinéma le 24 septembre 2019.        <br />
              <br />
       <b>&quot;La Traviata&quot; (1853).</b>       <br />
       Opéra en trois actes.       <br />
       Musique de G. Verdi (1813-1901).       <br />
       Livret en italien de F. M. Piave.       <br />
       Surtitré en français et en anglais.       <br />
       Durée : 3 h 05 environ.        <br />
              <br />
       Michele Mariotti, direction musicale.       <br />
       Simon Stone, mise en scène.       <br />
       Alice Babidge, costumes.       <br />
       Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/37367087-33025021.jpg?v=1568709434" alt="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" title="Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris</title>
   <pubDate>Thu, 20 Jun 2019 08:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une nouvelle production du chef-d'œuvre de Mozart, "Don Giovanni", a été confiée à Ivo van Hove pour la scène de Garnier. Une proposition, qui déshabille le Grand Seigneur méchant homme de ses oripeaux romantiques, défendue par une belle équipe de jeunes chanteurs et un orchestre au sommet de son art sous la baguette du grand Philippe Jordan.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34936933-31803925.jpg?v=1561012783" alt="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" title="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" />
     </div>
     <div>
      Comment relire aujourd'hui l'opéra des opéras, créé à Prague en 1787, un des plus populaires et des plus joués sur les scènes du monde entier ? Peut-on encore nous révéler quelque chose sur ce &quot;Don Giovanni&quot; qui n'ait pas déjà été dit ? Le dramma giocoso, un des opus de la trilogie conçue par Mozart avec son librettiste Lorenzo da Ponte, peut-il résonner avec les préoccupations de notre époque ? Ivo von Hove, clinicien doué dans l'auscultation des âmes et des corps de pouvoir, répond à ces questions avec sa finesse habituelle.       <br />
              <br />
       Opposant au faste impérial rouge et or de l'Opéra Garnier un plateau d'une austérité grise et puissante où se découpent les lignes des étages, galeries et escaliers de labyrinthiques bâtisses évoquant d'anciens palais décolorés et vides, le metteur en scène belge dénude jusqu'à l'os le mythique ouvrage - sans pour autant éluder son vertige métaphysique.       <br />
              <br />
       On aurait tort de penser pourtant que cette radicalité vise l'impertinence, alors que pour le public le dispositif se découvre en s'installant. La place de cette petite ville anonyme sera le terrain de chasse (et de fuite) du plus cruel des fauves (Don Giovanni). Avant sa chute finale dans l'amas des corps souffrants d'une nouvelle Porte des Enfers évoquant autant Rodin que le &quot;Jugement dernier&quot; de Michel-Ange (belle vidéo de Christopher Ash) ; une disparition qui permet in fine la renaissance de la vie et des couleurs sur le plateau. L'opéra y trouve une voix moyenne, ni tout à fait seria ni totalement buffa, dans un geste contemporain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34936933-31803935.jpg?v=1561012814" alt="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" title="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" />
     </div>
     <div>
      Transposée dans un présent sans attaches ni repères (costumes actuels des hommes, robes un peu vintage des femmes, tous gris dus à An D'Huys - le scélérat et son valet Leporello ayant droit aussi au noir et au blanc), l'intrigue se trouve ici resserrée sur les personnages et leurs conflits. Dans leur volonté d'ignorer tout pittoresque et de retrouver l'essence d'un personnage monstrueux, Ivo von Hove et son dramaturge Jan Vandenhouwe dépouillent le séducteur de sa légende dorée largement augmentée par de brillantes générations d'artistes.        <br />
              <br />
       Résonnant avec notre époque, ce Don Juan est ici un cynique sans état d'âme qui abuse de son pouvoir sexuel et de sa position sociale. Les autres protagonistes - femmes trompées, paysans maltraités, gêneurs éliminés - gagnent tous dans cette proposition la dignité d'adversaires déterminés pour le mettre hors d'état de nuire. Exit la fascination pour le grand seigneur et son hubris baroque ou romantique.       <br />
              <br />
       Ce spectacle irradie aussi la jeunesse et l'énergie vitale - celles de chanteurs formant un plateau d'une belle homogénéité. Nicole Car (Donna Elvira) et Jacquelyn Wagner (Donna Anna) donnent à leur rôle de femme abusée grâce et élégance. Irradiantes de tendresse, elles évitent les chausse-trappes d'une vocalité souvent marquée par la véhémence en vraies tragédiennes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34936933-31803939.jpg?v=1561012856" alt="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" title="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" />
     </div>
     <div>
      La mezzo Elsa Dreisig est une Zerlina mutine et maligne (&quot;Batti, batti, O bel Masetto&quot;), résistant aux attaques du brutal séducteur avec un beau panache. Mikhail Timoshenko est un Masetto politique (&quot;Ho capito, signor si !&quot;), fier paysan qui saura fédérer une internationale communiste pour punir l'aristocrate honni. Le baryton existe sans peine dans ces ensembles si cruciaux chez Mozart où s'expriment des passions souvent contradictoires.       <br />
              <br />
       Ain Anger est un Commandeur magnifique ; chacune de ses interventions fait passer grâce à une prestance naturelle, et aux riches graves d'une voix de basse large le souffle et l'effroi de l'au-delà. Stanislas de Barbeyrac est le superbe Don Ottavio que toutes les scènes s'arrachent désormais. Longueur du souffle, technique raffinée, vocalité d'un lyrisme bouleversant, le ténor bordelais réussit tout, faisant de ses arias (&quot;Dalla sua pace la mia dipende&quot;, &quot;Il mio tesoro intanto&quot;) autant d'épiphanies.       <br />
              <br />
       Échangeant leur rôle habituel, Étienne Dupuis (Don Giovanni) et Philippe Sly (Leporello) forment un couple irrésistible. Avec sa faconde le premier, baryton agile à la sonorité ronde, parvient malgré lui à rendre sympathique un personnage qu'ici tout accable (tout à fait odieux, il est vrai, dans la scène finale du repas). Il brise dans son entêtement ultime face au Commandeur le cadre qu'impose la dramaturgie ; le rôle du grand seigneur méchant homme ne pouvant totalement échapper à son mystère.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34936933-31803945.jpg?v=1561012912" alt="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" title="Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris" />
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      Le baryton-basse canadien Philippe Sly (Leporello) vole souvent, quant à lui, la vedette à son maître avec sa voix des plus luxueuses aux riches harmoniques - plus élégante peut-être que bouffe. Mais le spectacle ne se regarde pas seulement sur le plateau, la fosse offre elle aussi le sien. Au clavecin pour les récitatifs, se levant pour diriger l'orchestre afin d'accompagner les élans fortissimo de la partition ou s'effaçant pour obtenir telle nuance ou tel changement dynamique, le directeur musical de l'Opéra de Paris ne s'économise pas. Il offre un &quot;Don Giovanni&quot; aux tempi parfaits, aux couleurs vives, soit un discours piquant, caressant ou terrible usant de son geste large, de ses yeux, de son souffle et de tout le corps.       <br />
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       D'une élégance toute apollinienne ou soudain déchaîné et criant, le chef se montre admirable dans un engagement qui ne se dément jamais - obtenant la fidélité et l'ardeur de musiciens au sommet (cordes, vents et cuivres tous parfaits) au service du vrai théâtre. Philippe Jordan, merveilleux mozartien, récoltera à juste titre les honneurs de cette phalange complice l'applaudissant debout.       <br />
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       Spectacle vu le 16 juin 2019.       <br />
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       <span class="fluo_jaune">Du 11 juin au 13 juillet 2019.</span>       <br />
       Opéra national de Paris (Site Garnier),       <br />
       Place de l'Opéra, Paris 9e.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       Au cinéma et sur le site de Culturebox le <span class="fluo_jaune">21 juin 2019 à 19 h 30</span> (Saison &quot;Viva l'Opéra !&quot; de Fra Cinéma).
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