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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-05T19:37:53+02:00</dc:date>
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   <title>"Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide</title>
   <pubDate>Fri, 06 Feb 2026 09:07:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est le souvenir d'une enfance algérienne, entre 1962 et 1975, qui se poursuit en France jusqu'à l'âge adulte, bercée par une relation mère-fils tendre et poignante. C'est, en filigrane, une évocation de l'exil émaillée de références historiques où le personnel rejoint l'universel.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660046.jpg?v=1770365390" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Dès les premiers instants de la pièce, l'émotion est palpable grâce, en grande partie, aux lumières ocre et chaleureuses de Denis Schlepp et à la musique orientale de Fabien Martin. Trois élégants panneaux brillent de mille feux et côtoient de grands voiles projetant immédiatement le public vers l'Algérie et l'incontournable Constantine.       <br />
              <br />
       Puis, au fil du spectacle, les lumières se ternissent passablement autour de l'évocation de la guerre d'Algérie, du FLN, du communisme, mais ne tardent cependant pas à se rallumer rapidement via des clins d'œil à Albert Camus ou encore à l'éducation judéo-musulmane joyeusement chatoyante.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Comme tu pleures, comme tu ris… C'était ça l'Algérie. Une anisette, mon trésor !        <br />
       Et puis on est partis un peu comme des souris. Adieu parfums d'orangers, senteurs d'oliviers.       <br />
       L'Algérie, c'est fini. À nous Villeurbanne, le béton et la France&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660055.jpg?v=1770365518" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Il y a quelque chose de Roger Hanin et d'Enrico Macias chez Marc Samuel qui, dès les premiers instants de la pièce, captive le public par sa présence bien ancrée sur les planches. Plus tard, il se révélera tantôt narrateur, tantôt personnage, en ne perdant rien de son jeu juste et authentique. Sur le plateau épuré de décors superflus, il virevolte sobrement et élégamment en établissant une relation de confiance immédiate avec le public, en émaillant son jeu de tendresse et d'humanité émouvantes.       <br />
              <br />
       Très vite, à ses côtés, apparaît une bien jolie silhouette. Celle de la comédienne Magali Bonfils, chanteuse et directrice musicale aussi, que l'on retrouvera cet été au festival d'Avignon dans &quot;La Plume et l'épée&quot;, ainsi que dans la reprise de &quot;Caruso&quot; aux côtés de Roberto Alagna.       <br />
              <br />
       Ici, c'est une mère chaleureuse et protectrice qu'elle incarne avec justesse. Une mère que l'on aimerait toutes et tous avoir ancrée dans la réalité et empêchant l'effondrement de son enfant. Tenace et concrète dans son jeu, Magali Bonfils séduit le public en habitant véritablement ce rôle de mère, sans démonstration ni ostentation, mais en la rendant largement crédible.       <br />
              <br />
       Les deux partenaires pétillent de mille feux dès leurs premiers échanges, entre tendresse, poésie et humour libérateur. En parvenant à ne pas seulement &quot;se montrer ensemble&quot;, Marc Samuel, dans le rôle du fils, et Magali Bonfils dans celui de la mère, font exister un lien sincère fait d'écoute et de confiance mutuelle auréolées d'un amour sans failles.       <br />
              <br />
       La petite salle intimiste de la Scène Parisienne renforce particulièrement cet angle tout particulier, et octroie à ce récit autobiographique des échos universels fort émouvants.       <br />
              <br />
       Incontestablement touché par le jeu des deux comédiens complices, il est probable que le spectateur pourrait être encore plus sensible à des évocations moins linéaires du point de vue dramaturgique, ce qui apporterait à cette bien jolie pièce encore plus de saveur.       <br />
              <br />
       D'une sincérité incontestable, l'écriture reste par moments trop proche du simple témoignage personnel et peine à s'émanciper d'un simple registre narratif pour accéder à des moments d'émotions plus palpables encore, notamment lors des évocations historiques.       <br />
              <br />
       Mais &quot;Mon Trésor&quot;, actuellement à l'affiche de la Scène Parisienne, a l'énorme mérite de mettre l'amour filial au sommet de l'affiche, cet amour maternel qui a fondé l'existence même de l'auteur et d'aucuns d'aucunes pourraient être jaloux(ses)…       <br />
              <br />
       Le tout est auréolé avec rigueur par la mise en scène de Raphaëlle Cambray, également comédienne, laquelle a décroché l'an dernier le Molière de la comédienne dans un second rôle pour la pièce de Jean-Philippe Daguerre, &quot;Du charbon dans les veines&quot;.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mon Trésor"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660146.jpg?v=1770366159" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marc Samuel en co-écriture avec Raphaëlle Cambray.       <br />
       Mise en scène : Raphaëlle Cambray.       <br />
       Avec : Magali Bonfils et Marc Samuel.       <br />
       Scénographie : Pauline Gallot.       <br />
       Bande son : Fabien Martin.       <br />
       Lumières : Denis Schlepp.       <br />
       Costumes : Agnès Falque.       <br />
       Compagnie Samich-Michèle Loho.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 janvier au 1er avril 2026.</span>       <br />
       Lundi à 19h 30 et mercredi à 21 h.       <br />
       La Scène Parisienne, Salle 2, 34, rue Richer, Paris 4e.       <br />
       Téléphone : 01 42 46 03 63.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.lasceneparisienne.com/events/3731" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lasceneparisienne.com/" target="_blank">&gt;&gt; lasceneparisienne.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir</title>
   <pubDate>Mon, 24 Jul 2023 11:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand en 1958, en plein "événements" d'Algérie (l'État français refusant de nommer "guerre" les combats menés par le peuple algérien pour son indépendance) paraît "La Question" d'Henri Alleg aux Éditions de Minuit (de Jérôme Lindon), le livre est saisi pour "atteinte au moral de l'armée". Aussitôt réédité en Suisse par Jean-Jacques Pauvert, le fascicule à la couverture couleur bistre barrée de son titre circule sous le manteau. C'est l'Histoire (avec un grand H) de ce directeur de journal – "Alger Républicain" – emprisonné et torturé par les parachutistes de la 10e D.P., que la Cie Forget Me Not de Laurent Meininger remet en jeu à Avignon 2023 avec Stanislas Nordey, époustouflant de vérité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633145.jpg?v=1690193730" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Dire d'abord le choc ressenti en découvrant l'interprétation du militant communiste libertaire par Stanislas Nordey, acteur d'exception. Avec une économie totale d'effets superfétatoires, simplement par un jeu guidé par la seule intelligence de ce qui se (re)joue là d'ordinairement cruel, il donne à voir et à entendre la prose signée Henri Alleg avec une force expressive &quot;extra-ordinaire&quot;. De son arrestation, le 12 juin 1957, à son enfermement à El-Biar, dans la banlieue d'Alger, où il va connaître les supplices de l'électricité et de la baignoire, Henri Alleg en &quot;héros ordinaire&quot; a résisté, refusant de livrer les noms et adresses que ses tortionnaires exigeaient de lui.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Dans cette immense prison surpeuplée, dont chaque cellule abrite une souffrance, parler de soi est comme une indécence&quot;</span>… Surgie de l'obscurité de la salle, la voix de l'acteur, frappant les syllabes comme on le ferait d'un alexandrin, vient nous saisir dans notre confort assoupi. Rejoignant le plateau nu, si ce n'est un rideau de fils mouvants sur lequel le corps mis à mal se détache, cette voix annihilera les frontières du temps pour, près de soixante-dix années plus tard, nous transporter dans ce lieu sinistre où, sous couvert de raison d'État, les pires tortures et liquidations sommaires ont été perpétrées en toute impunité.       <br />
              <br />
       Des feuillets remis clandestinement à son avocat pour faire connaître au monde une vérité soigneusement occultée, l'acteur, prêtant vie à Henri Alleg, évoque le quartier des condamnés à mort qui, chaque soir, étendus sur leur paillasse, attendent avec angoisse l'aube, l'heure des exécutions. Et pourtant, c'est de cet endroit, énonce-t-il, que montent les chants interdits, ceux qui jaillissent des entrailles des peuples luttant pour leur liberté. Suivent les fragments de nuits entières trouées par les cris des suppliciés, par les paroles entêtantes d'une ancienne prière murmurée en arabe à laquelle se raccrochent les hommes hébétés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633179.jpg?v=1690193826" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      La voix contrôlant son émotion dira la &quot;disparition&quot; de son ami Maurice Audin, membre du Parti communiste algérien et militant de l'indépendance, torturé par la même équipe que lui. Elle dira aussi cette voix portée par un corps détachant ses gestes comme on orchestre une symphonie, les cris étouffés montant de l'aile réservée aux femmes, frappées, insultées par des tortionnaires sadiques. Djamila Bouhired est de celles-ci, cette militante FLN, qui fut capturée par les parachutistes français, torturée puis jugée et condamnée à mort, connue aussi pour avoir été défendue par l'avocat Jacques Vergès.       <br />
              <br />
       Tandis que les paroles enregistrées d'anonymes se rappellent à nous, il raconte sa prise en main par le Lieutenant Charbonnier, béret de para barrant sa tête au sourire narquois, satisfait au plus haut point d'avoir pris &quot;un gros poisson&quot;. Au &quot;centre de tri&quot;, il dit les intimidations pour le faire parler, les insultes et plaisanteries racistes – <span style="font-style:italic">&quot;Tiens, c'est un Français ! Il a choisi les ratons contre nous ? Tu vas le soigner, hein !&quot;</span> –, les tortures de la planche souillée de vomissures sur laquelle on l'oblige à s'allonger nu pour le soumettre à la Gégène, l'épreuve de l'eau dans les poumons, la bouche branchée au robinet, jusqu'à ce que noyade s'ensuive. Le corps du comédien, agité soudain de soubresauts, semble au bord de l'asphyxie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633193.jpg?v=1690193890" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Mais, fidèle à lui-même, à ses idées, à son combat, Henri Alleg ne cèdera rien aux brutes au béret bleu qui, sans complexe aucun, se réclament de la Gestapo. Il ne livrera aucun nom, aucune adresse de ceux qui ont pris le risque de l'héberger. Ni l'intensité grandissante du courant délivré par la Gégène sur son sexe, dans sa bouche desséchée, ni la perversité de l'eau salée qu'on lui offre en guise de rafraîchissement, ni l'exhibition d'un revolver tout proche de sa tête, ni le cachot où il atterrit entre deux interrogatoires, ne le fera parler. Pas plus que le chantage à sa famille à laquelle il préfèrerait son parti. Pas plus que les bruits de mitraillette entendus alors que Maurice Audin et lui avaient été conviés à un petit tour en voiture à proximité de la prison. Son ami était le premier, il aurait dû être le second.       <br />
              <br />
       Ce cauchemar vécu, il se doit, au nom de son ami mitraillé et de tous ceux qui meurent pour la liberté, de le faire connaître par l'entremise de ces feuillets écrits en prison, et passés en contrebande par son avocat. Comment en effet pouvoir envisager de passer sous silence les atrocités commanditées par un État dit de droit et qui, de plus, s'est transformé en École de perversion pour les jeunes Français appelés à servir au centre de tortures. Comment enfin ne pas dire que les Algériens ne confondent pas leurs tortionnaires avec le peuple français, un peuple qui doit savoir pourtant ce qui s'est fait en son nom.       <br />
              <br />
       Au terme de cette traversée, on en viendrait à oublier l'acteur tant l'art de s'estomper derrière celui qu'il incarne, avec une justesse troublante, est porté là à son incandescence. Devant nous, l'homme de conviction qu'était Henri Alleg prend vie… Et lorsque l'épilogue nous rappellera l'amnistie concernant toutes les &quot;infractions&quot; commises par les militaires français lors du &quot;maintien de la paix&quot; en Algérie, ainsi que les dix années de prison prononcées à l'égard de celui qui s'en était pris à l'honneur de la Grande Muette en écrivant ce brûlot, on se dit que le bel et sincère engagement artistique du metteur en scène et de son fabuleux interprète pour faire &quot;co-naître&quot; ce pan d'Histoire, est un luxe bien nécessaire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 16 juillet 2023 au Théâtre des Halles à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La question"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74225072-51633198.jpg?v=1690193916" alt="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" title="•Off 2023• "La question" Face à la torture, une affaire d'État, comment rester debout… quand bien même devrait-on en mourir" />
     </div>
     <div>
      Texte : Henri Alleg, publié aux Éditions de Minuit.       <br />
       Mise en scène : Laurent Meininger.       <br />
       Collaboratrice mise en scène : Jeanne François.       <br />
       Avec : Stanislas Nordey.       <br />
       Scénographie : Nicolas Milhé et Renaud Lagier.       <br />
       Régie générale : Bruno Bumbolo.       <br />
       Lumière : Renaud Lagier.       <br />
       Son : Mikael Plunian.       <br />
       Constructeur : Ronan Ménard - Côté décors.       <br />
       Par la Compagnie Forget me not.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 26 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 30. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle du Chapitre, 22, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51 .       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 3 au 6 avril 2024 : Théâtre National De Bretagne, Rennes (35).       <br />
       9 avril 2024 : L'archipel, Fouesnant (29).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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