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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime</title>
   <pubDate>Fri, 19 Jul 2019 12:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2019]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sur un plateau nu où seules les nappes de lumières et de sons créent la scénographie, se déplie sur quatorze années (1977 et 1991) l'histoire de quatre jeunes gens réunis dans la cave d'une maison de banlieue, lieu des rendez-vous où tout s'est noué et dénoué. Construit comme un thriller où le temps repasse en boucle "la scène" traumatique dans une répétition du même chaque fois décalé, l'effet hypnotique produit est amplifié par une interprétation au-dessus de tout soupçon des corps engagés des interprètes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215838.jpg?v=1563532802" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      Sortie de l'imaginaire de la dramaturge américaine Naomi Wallace aux univers sombres, les protagonistes de la bande des quatre - Hoke, friqué, et Frayne, inséparables tous les deux, et Jude, jeune fille d'extraction modeste qui n'a pas froid aux yeux, accompagné d'Acton, son frère cadet souffreteux - se toisent, se rapprochent, s'affrontent dans un jeu cruel où aucune limite n'est de mise. Et ce qui ajoute à la violence omniprésente, c'est que tout se dévoile par énigmes sans que rien ne soit jamais montré.       <br />
              <br />
       1977. Jude, qui vit avec son frère et sa mère (le père est mort en tombant d'un échafaudage à hauteur de quatorzième étage sur un chantier du père de Hoke) dans la petite maison payée à crédit, sait d'expérience la violence des rapports de classe. Aussi ne s'en laisse-t-elle pas &quot;compter&quot; par Hoke en lui louant sa cave un prix correct pour qu'ils y viennent ensemble écouter leur musique. Hoke et Frayne, son pote adoubé, apparaissent des ados &quot;normaux&quot; aimant le sport et la musique. Ils ont pris sous leurs ailes, Acton, le frère asthmatique de Jude, moqué par les autres élèves du lycée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215903.jpg?v=1563532838" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      1991. La même odeur dans la cave où ils se retrouvent, après quatorze années de séparation, sous l'apparence de trois autres comédiens. En effet, les quatre ne sont plus que trois. C'est d'ailleurs à la faveur de l'enterrement d'Acton - c'est Hoke qui a réglé en bon prince les frais de l'incinération - qu'ils &quot;refont surface&quot; dans les soubassements du lieu où tout s'est joué des années auparavant, une nuit frappée d'amnésie. Tout est pour le mieux aujourd'hui, Hoke a deux beaux enfants et une très belle femme. Jude en a un, qu'elle ne voit que le week-end.       <br />
              <br />
       L'inquiétante étrangeté de la banalité ordinaire suintant des murs de béton brut envahit l'espace pour le saturer d'une angoisse palpable. Quelle &quot;chose&quot;, frappée de forclusion pour être exclue d'emblée des conversations civiles, est inscrite dans ces murs qui en recèlent la trace &quot;vivante&quot; en eux ? Pourquoi Acton a-t-il suivi le sort de son père en se précipitant d'un pont dans le vide, sa mort étant un suicide &quot;réussi&quot; ?       <br />
              <br />
       En jouant et rejouant à l'envi l'histoire qui n'arrête pas de passer en eux, un peu comme le saphir bégayant d'un vinyle rayé, les allers-retours incessants entre les deux époques mises en tableau &quot;révèlent&quot; (au sens d'un laboratoire photographique argentique) peu à peu les contours de l'indicible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215921.jpg?v=1563532868" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      Ils avaient scellé entre eux un pacte digne de Méphistophélès : sacrifier chacun ce qu'ils avaient de plus cher pour preuve de leur appartenance à leur communauté indivisible. Mais à ce jeu, ils n'étaient pas égaux. Le chien tué par un père peut, même si on était très attaché à lui, être assumé sans trop de dégâts quand, par ailleurs, on est assuré d'un confortable train de vie. En revanche, pour renoncer à sa rate, pourtant malade, le sacrifice n'est pas de même importance quand chaque moment du quotidien se paie cash. Et quand le désir sexuel vient s'en mêler, troublant encore plus les données du social, le drame est inévitable.       <br />
              <br />
       Hoke, PDG, à la tête de la fortune amoncelée par la société d'assurances et de produits pharmaceutiques dont il a hérité, n'a pas les mêmes armes qu'Acton, agent d'entretien dans une usine du premier, &quot;bénéficiant&quot; des cachets donnés généreusement par son ami pour calmer ses angoisses. Jude, dont la mère devait compter un à un les sous, interrompre les visites chez le dentiste, renoncer aux abonnements, ne joue pas non plus dans la même cour.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215933.jpg?v=1563532900" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      Le sacrifice exigé de ce qui tient le plus à cœur prend alors valeur de saut dans le vide pour ceux qui n'ont rien à offrir qu'eux-mêmes… Le frère souffreteux aimait sa sœur démunie plus que lui-même, que lui restait-il à offrir - autre que sa propre existence - une fois qu'il l'eut livrée à ses deux amis ?       <br />
              <br />
       Seulement, les choses ne sont jamais aussi simples. Cette scène occultée par la conscience de Jude, &quot;bourrée&quot; cette nuit-là et abusée tour à tour par Hoke et Frayne, l'un et l'autre trop timides pour tenter leurs approches à l'état normal, n'est pas le fruit du seul don du frère aimant à ses deux complices. Il se révélera être aussi celui d'un consentement, certes forcé…        <br />
              <br />
       La mise en jeu de Tommy Milliot est implacable. Dans le droit fil du drame écrit, il reconstitue avec une sobriété chirurgicale les minutes de cette traversée immobile d'une Amérique morcelée, schizophrène, où l'arrogante richesse fait violence à la pauvreté, où les défis de classe se soldent encore et toujours par la victoire insolente de ceux qui possèdent autant les codes que l'argent. Drame individuel acté par des corps en tension sur fond de tragédie sociale, les fragments de cette reconstitution d'une scène de crime ont valeur esthétique et éthique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Brèche"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215941.jpg?v=1563532933" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      Création 2019.       <br />
       Texte : Naomi Wallace.       <br />
       Traduction : Dominique Hollier.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Tommy Milliot.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Matthieu Heydon.       <br />
       Avec : Lena Garrel, Matthias Hejnar, Pierre Hurel, Dylan Maréchal, Aude Rouanet, Alexandre Schorderet, Edouard Sibé.       <br />
       Dramaturgie : Sarah Cillaire.       <br />
       Lumière : Sarah Marcotte.       <br />
       Son : Adrien Kanter.       <br />
       Décor et construction : Jeff Garraud.       <br />
       &quot;The MacAlpine Spillway (La Brèche)&quot;, de Naomi Wallace, est publié aux éditions Théâtrales.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2019•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 au 23 juillet 2019.</span>       <br />
       Tous les jours à 22 h, relâche le 20.       <br />
       <b>Gymnase du lycée Mistral</b>        <br />
       20, boulevard Raspail.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35733771-32215997.jpg?v=1563533110" alt="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" title="•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée</title>
   <pubDate>Wed, 23 Jan 2019 11:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La pièce raconte la phase finale des élections anglaises de 1992 lors de laquelle le parti travailliste, donné vainqueur jusqu'aux dernières minutes, échoua face aux conservateurs menés par John Major.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30021075-28815750.jpg?v=1548242220" alt=""L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée" title=""L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée" />
     </div>
     <div>
      L'auteur David Hare s'inspire de ces faits réels, dont il a suivi tous les événements de campagne, pour dresser un réquisitoire sans pitié sur le monde de la politique anglaise et, plus généralement, sur les dérives que les grands partis politiques européens effectuent pour se prostituer auprès des pouvoirs médiatiques de plus en plus puissants.       <br />
              <br />
       Dans le cercle étroit de la garde rapprochée du candidat travailliste George Jones, où s'agitent divers conseillers mais surtout les fidèles de la première heure, arrive une nouvelle conseillère en communication. L'image et le discours sont au centre des préoccupations.       <br />
              <br />
       Entre le chef du parti et son second, c'est une joute de fraternels ennemis qui se joue, mais surtout une soumission totale dans les déclarations faites à la presse, aux paroles communes, aux discours préétablis et aux interdits de sujet : le discours du parti sur les grands thèmes sociétaux doit être non seulement concordant mais identique à la syllabe près. Non, nous ne sommes pas dans un régime totalitaire, mais dans un l'un des fleurons historiques de la démocratie : l'Angleterre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30021075-28815767.jpg?v=1548242252" alt=""L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée" title=""L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée" />
     </div>
     <div>
      Nous voici dans la petite cuisine des coulisses de ceux qui visent le pouvoir. Mais aussi dans la dénonciation de l'emprise des médias qui privilégient la forme sur le contenu au point que le contenu politique lui-même devient plus un argument de vente que de conviction. Les coulisses, dans la politique comme au théâtre, sont des no man's land à mi-chemin entre l'intime et le public : un lieu trouble où l'angoisse et la frénésie peuvent exploser, mais où l'on ne sait pas toujours si ce qui s'y déroule est réel ou joué.       <br />
              <br />
       Aurélie Van Den Daele use du procédé de retransmissions en direct sur un écran géant qui domine la scène pour évoquer cet entre-deux où le sincère fait des galipettes avec le factice. Toute la mise en scène est une circulation entre des couloirs, un arrière-plan vitré et le plateau représentant le bureau de campagne, froid et fonctionnel. Des inserts en très gros plans dévoilent ou doublent les scènes, les apartés. Une manière de démultiplier les angles, de créer une frénésie d'images et de sons, de mettre en mouvement permanent les différents épisodes de cette envolée vers la victoire où les petites guerres et les jeux d'influences ne font que proliférer.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30021075-28815780.jpg?v=1548242274" alt=""L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée" title=""L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée" />
     </div>
     <div>
      À vouloir tout montrer, tout animer, la pièce et la mise en scène tendent pourtant à faire beaucoup de bruit pour rien (puisqu'il est beaucoup fait référence à Shakespeare). On s'attache au détail, on évite les fractures, et cette volonté cinématographique de rythme, de course, de construction en montage digne d'un thriller télé fait spectacle : c'est un show, que le texte lui-même dénonce.       <br />
              <br />
       Cela ne touche en rien la qualité du travail scénographique, filmique, sonore, très léché, ni l'extrême et totalement convaincante implication des comédiens qui, en virtuoses, passent du jeu avec la caméra au jeu pour le public en salle. Un bel écrin pour une belle danse, mais dont les qualités formelles effacent la cruauté et la violence de la politique et de la guerre médiatique évoquées ici.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'absence de guerre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30021075-28815788.jpg?v=1548242303" alt=""L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée" title=""L'absence de guerre"… Une cuisine politique anglaise peu épicée" />
     </div>
     <div>
      Texte : David Hare.       <br />
       Traduction : Dominique Hollier.       <br />
       Mise en scène : Aurélie Van Den Daele, artiste associée du théâtre de l'Aquarium.       <br />
       Avec : Émilie Cazenave, Grégory Corre, Julien Dubuc (cadreur plateau), Grégory Fernandes, Julie le Lagadec, Alexandre le Nours, Sidney Ali Mehelleb, Marie Quiquempois, Victor Veyron.       <br />
       Collaboration artistique : Mara Bijeljac.       <br />
       Scénographie lumière/vidéo, son : Collectif Invivo (Chloé Dumas, Julien Dubuc, Grégoire Durrande).       <br />
       Binôme scénographie : Charles Boinot.       <br />
       Costumes : Élisabeth Cerqueira.       <br />
       Stagiaires assistants : Thibaut Besnard &amp; Pauline Labib.       <br />
       Par le Deug Doen Group.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 janvier au 3 février 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/30021075-28815750.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-absence-de-guerre-Une-cuisine-politique-anglaise-peu-epicee_a2328.html</link>
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