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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
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   <title>En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux</title>
   <pubDate>Wed, 23 Oct 2024 19:55:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nathalie prépare le repas traditionnel. Elle a promis. Promis de célébrer cette fête. À sa mère, comme une tradition. C'est la fête de la Pessa'h, la Pâque juive. Guillaume est à l'étage, il répète pour un concert. Lui aussi aime les fêtes. Ils ne sont pas croyants. Une tradition, c'est une occasion. Tout le monde sera là.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868516.jpg?v=1729707502" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Nathalie est heureuse. Élise va venir plus tôt pour aider sa mère. Elle a conduit Sarah à son cours de piano. C'est un mercredi. Sarah a six ans. Elle est inquiète, il est question qu'ils changent de maison. Pourtant, c'est à deux pas ! Cette soirée est belle. On rit, on s'amuse, on se souvient des absents, des présents. Et surtout, on &quot;lit&quot; l'histoire. On la raconte. On la reconsidère…       <br />
              <br />
       La vie, il faut la célébrer, tout y célébrer, comme les traditions, sans oublier les souvenirs qui doivent s'entretenir pour que chacune et chacun s'y agrippe, notamment lorsque le doute s'installe.       <br />
              <br />
       Pour les auteurs, Barbara et Renaud Tissier, sœur et frère dans la vie, ce projet théâtral a été une évidence, centré sur l'idée que les souvenirs ont participé à comprendre et à transmettre une part d'eux-mêmes.       <br />
              <br />
       Nathalie, c'est la mère juive par excellence. Elle est née en Algérie, mais elle est mariée à un catholique. Guillaume, lui, il est là sans y être vraiment, répète son violon à l'étage pour un futur concert, et ne répond jamais… Élise, c'est la fille de Nathalie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ça ne veut rien dire. J'ai fait ma communion, et je ne parle pas latin&quot;.</span> Elle ne comprend pas tout. Elle s'inquiète des appréhensions récurrentes de sa fillette à déménager, même si la nouvelle maison est toute proche. Elle sent que c'est sur elle que tout se cristallise…       <br />
              <br />
       L'originalité de l'écriture de cette pièce réside sans doute sur ce point particulier ! Que le père, cet homme absent-présent, ne réponde pas. Que les autres personnages ne soient pas là non plus. Mais que, par contre, Sarah, la fillette, de six ans juste, évoque aussi, mais tellement présente, s'interroge, et pose plein de questions, avec, en elle, la crainte de quitter sa maison, comme un déracinement, pour elle aussi !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868524.jpg?v=1729707533" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Qu'y aura-t-il de différent ce soir-là ? &quot;En quoi cette nuit… ?&quot; fait-elle vaciller, d'une certaine manière, l'idée de croyance et de traditions indéboulonnables ancrées comme du granit dans les corps et les âmes de chacune et chacun d'entre nous, jusqu'à la faire chavirer ?       <br />
              <br />
       La célébration de la Pâque juive, ici, n'est finalement qu'un prétexte qui confère à la pièce une dimension très fine et hautement sensible. Le tout étant remarquablement interprété par les deux seules comédiennes, Barbara Tissier et Camille Timmerman, qui jouent tous les personnages ou, en tout cas, s'adressent à eux, en réussissant avec brio à nous faire croire, grâce à leur talent, qu'ils sont tous sur scène : Rebecca, David, Guillaume, Natacha, Déborah, Samuel, Nhat-Nam, ou encore Paul.       <br />
              <br />
       Barbara Tissier, sous des faux airs de Catherine Frot, est éblouissante de justesse, et parvient à dépasser les moments émouvants sans pathos aucun, mais avec un véritable talent d'interprétation. Après avoir tourné à l'âge de dix ans dans &quot;Passion&quot; de Godard, il lui a paru évident qu'elle deviendrait comédienne. La saison 2023-2024, elle la passe au Théâtre Hébertot dans une reprise du &quot;Repas des Fauves&quot; avec Thierry Frémont.       <br />
              <br />
       Camille Timmerman, quant à elle, parvient à transmettre par son jeu très investi et organique un brillant éclairage sur le présent, que l'on doit au passé, certes, qui nous unit, certes, mais qui doit aussi s'inscrire dans le futur.       <br />
              <br />
       Sa fillette, Sacha, c'est le futur, mais dans l'écriture de la pièce, c'est surtout le symbole du présent et de la vie qui va, contre vents et marées, entre traditions et avancées inéluctables.       <br />
              <br />
       Le musicien-guitariste Alban Losseroy accompagne sur scène les deux comédiennes, faisant résonner bien joliment, grâce à ses notes attendrissantes, leurs mots, leurs intentions et leurs émotions partagées bien palpables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868525.jpg?v=1729707557" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Le passage retraçant le dîner de famille est tout simplement exceptionnel de créativité, dans lequel les deux voix des comédiennes se cognent admirablement comme dans un match de tennis de table, se répondent, alertes et virevoltantes. Un très très beau moment de spectacle dû, peut-être, au souffle créativement scientifique de Renaud Tissier, chercheur, vétérinaire, Docteur d'Université et Professeur de Pharmacologie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Un frère et une sœur, deux constructions professionnelles différentes, et pourtant, une création commune évidente&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en scène de David Nathanson confère, par moments, au propos de la pièce des allures de huis clos, mais qui est largement galvanisé par l'énergie des deux comédiennes.       <br />
              <br />
       &quot;En quoi cette nuit&quot; est une bien jolie pièce sur le poids des traditions, non dénuée d'humour, ce qui n'est pas sans apporter une certaine légèreté à des situations qui pèsent parfois très lourd dans les familles…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"En quoi cette nuit… ?"</b></div>
     <div>
      Texte : Barbara et Renaud Tissier.       <br />
       Mise en scène : David Nathanson.       <br />
       Avec : Barbara Tissier, Camille Timmerman ou Hannah-Jazz Mertens (en alternance), Alban Losseroy.       <br />
       Scénographie : Marie Hervé.       <br />
       Musicien : Alban Losseroy.       <br />
       Compositeur : Michel Mella.       <br />
       Lumières : Denis Schlepp.       <br />
       Compagnie &quot;En quoi cette nuit&quot;, avec le soutien de l'Espace Rachi de Paris.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 septembre au 3 novembre 2024.</span>       <br />
       Mardi à 19 h et dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche, Paris 18ᵉ, 01 42 05 47 31.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83697541-59868516.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite</title>
   <pubDate>Sat, 24 Aug 2024 16:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   François Truffaut tel qu'en lui-même, c'est l'enjeu du passage au plateau des morceaux choisis de la correspondance du cinéaste phare de la nouvelle vague… grand amoureux du genre épistolaire, homme dans toute la vérité de sa nature, homme doué d'une sensibilité blessée mâtinée d'une intelligence aiguisée et d'un caractère ne souffrant aucune concession. Lui qui vécut en effet jusqu'à ses douze ans dans le mensonge du père que l'on lui avait caché, avait fait de la vérité un viatique, et ses lettres sont là pour en témoigner superbement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112805.jpg?v=1724511508" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      C'est cette détermination à fleur de peau, cette exigence presque maladive de sincérité, dont David Nathanson et son pianiste vont être les &quot;passeurs&quot; au travers d'une interprétation aussi sobre que &quot;parlante&quot;. Aucun effet &quot;spectaculaire&quot;, mais au contraire un effacement derrière le réalisateur de cinéma pour que l'homme puisse reprendre vie par le truchement des mots qu'étaient les siens. Ainsi, par touches successives, au son de notes délicates échappées d'un piano, la mosaïque de ce que l'on pouvait connaître (ou pas) du réalisateur des &quot;Quatre cents coups&quot; va se (re)constituer pour donner naissance à un Truffaut plus vivant que jamais.       <br />
              <br />
       Un salon des années soixante-dix où une table basse accueille, pêle-mêle, livres, lettres, photos couleur sépia et autres archives personnelles recréant le monde de François Truffaut. Au second plan, émergeant de l'ombre, un écran sur lequel sera projetée – amplifiée par un zoom grossissant – la matière inerte des documents ci-dessus, recréant ainsi concrètement le lien &quot;lumineux&quot; entre cinéma et écriture, deux visages indissociables de son art. Sur le côté, un grand piano et son pianiste égrenant les petites notes échappées de sa filmographie. Et, au centre, le comédien délivrant le texte en faisant entendre, au-delà des mots articulés, les uns aux autres, les états émotionnels qui parcouraient leur auteur au moment où, de sa fine écriture, il couchait sur le papier rien moins que sa vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112806.jpg?v=1690104385" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      Sa liberté totale de parole, dont il se faisait une règle absolue, éclatera dès les premières réponses à des inconnues l'ayant sollicité. À l'une d'elles, après les rapides considérations d'usage, son jugement tombe comme un couperet : <span style="font-style:italic">&quot;Chère Mademoiselle, j'ai bien reçu votre synopsis, mais je ne comprends pas pourquoi vous me l'avez envoyé. Désolé de ne pouvoir rien faire pour vous&quot;.</span> Ou encore à une autre jeune dame le sollicitant pour réaliser une adaptation d'&quot;Un amour de Swann&quot;, il répond : <span style="font-style:italic">&quot;Seul un charcutier pourrait adapter le salon des Verdurin. Aller voir plutôt du côté de René Clément.&quot;</span>, réglant par la même occasion son compte à ce cinéaste vraiment trop traditionnel à ses yeux.       <br />
              <br />
       Sa franchise extrême l'amènera dans le même temps à encenser d'autres cinéastes comme Louis Malle : <span style="font-style:italic">&quot;Mon cher Louis, votre Zazie m'a troublé. J'ai rarement souhaité le succès d'un autre comme le vôtre. Grandes amitiés&quot;.</span> Quand il parle de son enfance et adolescence compliquées (cf. &quot;Les quatre cents coups&quot; qui en sont le copié-collé), il confie avec grande émotion sa reconnaissance infinie pour André Bazin, le fondateur des &quot;Cahiers du cinéma&quot; dont des précieux exemplaires garnissent la table du salon. À deux reprises, lui qu'il considérait comme son père adoptif, l'a sorti du milieu carcéral et lui a ouvert les portes du septième art en lui confiant un travail de rédacteur dans ses &quot;Cahiers&quot;. Là, il développera l'art d'une critique furieuse au gré de ses coups de foudre et des coups de grâce qu'il rendait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112807.jpg?v=1690104408" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      Habité par un idéal de liberté qu'il porte haut, il prendra fait et cause pour Chris Marker dont, en 1963, &quot;Le joli mois de mai&quot;, est menacé de censure, le traitement de la Guerre d'Algérie étant jugé sulfureux par le gouvernement français. Il s'adressera alors au ministre en place pour lui écrire : <span style="font-style:italic">&quot;Monsieur le Ministre, le sort du &quot;Joli mois de mai&quot; est entre vos mains. C'est la confrontation des avis qui seule peut préserver la liberté du cinéma&quot;.</span>       <br />
              <br />
       C'est au nom de ce même engagement que, lorsqu'il apprend qu'il lui sera interdit aux &quot;Dossiers de l'écran&quot; d'aborder le problème de la censure lors du débat programmé sur son adaptation de &quot;Fahrenheit 451&quot; de Ray Bradbury, il déclinera net l'invitation des &quot;dossiers noirs des dossiers de l'écran&quot;. Sur la table du salon, la couverture des &quot;Cahiers du cinéma&quot; représentant &quot;A Bout de Souffle&quot; frappé d'une interdiction aux moins de dix-huit ans par la Commission de Censure, et une photographie de &quot;La Religieuse&quot; de Jacques Rivette, interdite en 1966 par le ministre gaulliste de l'époque, sont zoomées et projetées.       <br />
              <br />
       De même, lorsqu'il écrira au Président de la Cour de Sûreté pour défendre la liberté de la presse remise en cause par la saisie des numéros de &quot;La Cause du Peuple&quot; de Jean-Paul Sartre. Il préconise, avec l'ironie cinglante dont il sait faire preuve, de conseiller désormais aux vendeurs de journaux de porter chemise blanche (comme la sienne, lui qui n'a pas été arrêté) et de réfléchir avant de refuser le Nobel (en hommage à Jean-Paul Sartre, emmené au commissariat).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112808.jpg?v=1690104436" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      Mais son engagement &quot;gauchisant&quot; l'amènera tout autant à gloser sur les révolutionnaires de pacotille qui épousent ces idées pour paraître plus jeunes… Visé en premier lieu, un certain Jean-Luc Godard dont la lettre au vitriol qu'il lui adressera est lue avec les accents d'une colère irrépressible… Jean-Pierre Léaud, l'Antoine Doinel des &quot;Quatre cents coups&quot;, humilié par ce fumiste dandy se faisant passer pour l'éternelle victime de sa relation à Anna Karina, lui qui est un falsificateur notoire, incapable de la moindre empathie pour quiconque. Reçu pour solde de tout compte...       <br />
              <br />
       La charge peut être terrible comme on vient de l'entendre, mais les témoignages d'amitié seront tout autant forts. Ainsi de sa lettre à Jean-Louis Bory, le génial critique de cinéma emblématique du combat homosexuel, souffrant d'une grave dépression : <span style="font-style:italic">&quot;J'ai admiré votre courage au &quot;Masque et la Plume&quot;. Vous aurez la force de revenir parmi nous&quot;.</span> Celle à Alain Souchon dont il apprécie la grande sensibilité, ou encore celle rédigée au moment du décès à quarante ans de son protecteur, André Bazin : <span style="font-style:italic">&quot;Depuis, je n'ai plus de parents. C'est lui qui m'a appris le cinéma. Il est mort. Je ne peux que pleurer&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112809.jpg?v=1690104462" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      Quant au témoignage d'amour paternel adressé depuis Hollywood à ses filles, il résonne comme l'antidote de la missive adressée à ses parents lors de la sortie des &quot;Quatre cents coups&quot; : <span style="font-style:italic">&quot;L'enfant sournois, voleur que vous avez fabriqué en me laissant seul pour partir tous les deux à Fontainebleau, ne venant même pas me chercher pour que je puisse me présenter à l'examen de repêchage pour l'entrée en sixième, m'a servi de modèle. J'ai constamment pensé à vous en écrivant ce film&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Il ressort de cette traversée de la &quot;Correspondance&quot;, un portrait saisissant de cet homme, réalisateur d'une existence vécue au sceau de ses convictions. Et si nous n'avons pas plus évoqué l'acteur, c'est qu'il a su magnifiquement s'effacer derrière le sujet de sa belle interprétation.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 15 juillet 2023 au Théâtre Transversal à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Truffaut Correspondance"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112810.jpg?v=1690104489" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      D'après le recueil de correspondance de François Truffaut.       <br />
       Mise en scène : Judith d'Aleazzo et David Nathanson       <br />
       Avec : David Nathanson.       <br />
       Au piano : Antoine Ouvrard ou Pierre Courriol.       <br />
       Musique : Antoine Ouvrad.       <br />
       Scénographie : Samuel Poncet.       <br />
       Lumières : Julie Lola Lanteri et Erwan Temple.       <br />
       Décor : Samuel Poncet.       <br />
       Par la Cie Les Ailes de Clarence.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 septembre au 10 novembre 2024.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h 30.        <br />
       Relâche le 11 octobre 2024.       <br />
       Le Lucernaire, Salle Paradis, Paris 6ᵉ, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/theatre/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Rencontre avec l’équipe artistique le vendredi 18 octobre à l’issue de la représentation.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82379068-59112805.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite</title>
   <pubDate>Sun, 23 Jul 2023 10:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
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   François Truffaut tel qu'en lui-même, c'est l'enjeu du passage au plateau des morceaux choisis de la correspondance du cinéaste phare de la nouvelle vague… grand amoureux du genre épistolaire, homme dans toute la vérité de sa nature, homme doué d'une sensibilité blessée mâtinée d'une intelligence aiguisée et d'un caractère ne souffrant aucune concession. Lui qui vécut en effet jusqu'à ses douze ans dans le mensonge du père que l'on lui avait caché, avait fait de la vérité un viatique, et ses lettres sont là pour en témoigner superbement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621756.jpg?v=1690104364" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
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      C'est cette détermination à fleur de peau, cette exigence presque maladive de sincérité, dont David Nathanson et son pianiste vont être les &quot;passeurs&quot; au travers d'une interprétation aussi sobre que &quot;parlante&quot;. Aucun effet &quot;spectaculaire&quot;, mais au contraire un effacement derrière le réalisateur de cinéma pour que l'homme puisse reprendre vie par le truchement des mots qu'étaient les siens. Ainsi, par touches successives, au son de notes délicates échappées d'un piano, la mosaïque de ce que l'on pouvait connaître (ou pas) du réalisateur des &quot;Quatre cents coups&quot; va se (re)constituer pour donner naissance à un Truffaut plus vivant que jamais.       <br />
              <br />
       Un salon des années soixante-dix où une table basse accueille, pêle-mêle, livres, lettres, photos couleur sépia et autres archives personnelles recréant le monde de François Truffaut. Au second plan, émergeant de l'ombre, un écran sur lequel sera projetée – amplifiée par un zoom grossissant – la matière inerte des documents ci-dessus, recréant ainsi concrètement le lien &quot;lumineux&quot; entre cinéma et écriture, deux visages indissociables de son art. Sur le côté, un grand piano et son pianiste égrenant les petites notes échappées de sa filmographie. Et, au centre, le comédien délivrant le texte en faisant entendre, au-delà des mots articulés, les uns aux autres, les états émotionnels qui parcouraient leur auteur au moment où, de sa fine écriture, il couchait sur le papier rien moins que sa vie.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621757.jpg?v=1690104385" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
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      Sa liberté totale de parole, dont il se faisait une règle absolue, éclatera dès les premières réponses à des inconnues l'ayant sollicité. À l'une d'elles, après les rapides considérations d'usage, son jugement tombe comme un couperet : <span style="font-style:italic">&quot;Chère Mademoiselle, j'ai bien reçu votre synopsis, mais je ne comprends pas pourquoi vous me l'avez envoyé. Désolé de ne pouvoir rien faire pour vous&quot;.</span> Ou encore à une autre jeune dame le sollicitant pour réaliser une adaptation d'&quot;Un amour de Swann&quot;, il répond : <span style="font-style:italic">&quot;Seul un charcutier pourrait adapter le salon des Verdurin. Aller voir plutôt du côté de René Clément.&quot;</span>, réglant par la même occasion son compte à ce cinéaste vraiment trop traditionnel à ses yeux.       <br />
              <br />
       Sa franchise extrême l'amènera dans le même temps à encenser d'autres cinéastes comme Louis Malle : <span style="font-style:italic">&quot;Mon cher Louis, votre Zazie m'a troublé. J'ai rarement souhaité le succès d'un autre comme le vôtre. Grandes amitiés&quot;.</span> Quand il parle de son enfance et adolescence compliquées (cf. &quot;Les quatre cents coups&quot; qui en sont le copié-collé), il confie avec grande émotion sa reconnaissance infinie pour André Bazin, le fondateur des &quot;Cahiers du cinéma&quot; dont des précieux exemplaires garnissent la table du salon. À deux reprises, lui qu'il considérait comme son père adoptif, l'a sorti du milieu carcéral et lui a ouvert les portes du septième art en lui confiant un travail de rédacteur dans ses &quot;Cahiers&quot;. Là, il développera l'art d'une critique furieuse au gré de ses coups de foudre et des coups de grâce qu'il rendait.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621790.jpg?v=1690104408" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
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      Habité par un idéal de liberté qu'il porte haut, il prendra fait et cause pour Chris Marker dont, en 1963, &quot;Le joli mois de mai&quot;, est menacé de censure, le traitement de la Guerre d'Algérie étant jugé sulfureux par le gouvernement français. Il s'adressera alors au ministre en place pour lui écrire : <span style="font-style:italic">&quot;Monsieur le Ministre, le sort du &quot;Joli mois de mai&quot; est entre vos mains. C'est la confrontation des avis qui seule peut préserver la liberté du cinéma&quot;.</span>       <br />
              <br />
       C'est au nom de ce même engagement que, lorsqu'il apprend qu'il lui sera interdit aux &quot;Dossiers de l'écran&quot; d'aborder le problème de la censure lors du débat programmé sur son adaptation de &quot;Fahrenheit 451&quot; de Ray Bradbury, il déclinera net l'invitation des &quot;dossiers noirs des dossiers de l'écran&quot;. Sur la table du salon, la couverture des &quot;Cahiers du cinéma&quot; représentant &quot;A Bout de Souffle&quot; frappé d'une interdiction aux moins de dix-huit ans par la Commission de Censure, et une photographie de &quot;La Religieuse&quot; de Jacques Rivette, interdite en 1966 par le ministre gaulliste de l'époque, sont zoomées et projetées.       <br />
              <br />
       De même, lorsqu'il écrira au Président de la Cour de Sûreté pour défendre la liberté de la presse remise en cause par la saisie des numéros de &quot;La Cause du Peuple&quot; de Jean-Paul Sartre. Il préconise, avec l'ironie cinglante dont il sait faire preuve, de conseiller désormais aux vendeurs de journaux de porter chemise blanche (comme la sienne, lui qui n'a pas été arrêté) et de réfléchir avant de refuser le Nobel (en hommage à Jean-Paul Sartre, emmené au commissariat).
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621811.jpg?v=1690104436" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
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      Mais son engagement &quot;gauchisant&quot; l'amènera tout autant à gloser sur les révolutionnaires de pacotille qui épousent ces idées pour paraître plus jeunes… Visé en premier lieu, un certain Jean-Luc Godard dont la lettre au vitriol qu'il lui adressera est lue avec les accents d'une colère irrépressible… Jean-Pierre Léaud, l'Antoine Doinel des &quot;Quatre cents coups&quot;, humilié par ce fumiste dandy se faisant passer pour l'éternelle victime de sa relation à Anna Karina, lui qui est un falsificateur notoire, incapable de la moindre empathie pour quiconque. Reçu pour solde de tout compte...       <br />
              <br />
       La charge peut être terrible comme on vient de l'entendre, mais les témoignages d'amitié seront tout autant forts. Ainsi de sa lettre à Jean-Louis Bory, le génial critique de cinéma emblématique du combat homosexuel, souffrant d'une grave dépression : <span style="font-style:italic">&quot;J'ai admiré votre courage au &quot;Masque et la Plume&quot;. Vous aurez la force de revenir parmi nous&quot;.</span> Celle à Alain Souchon dont il apprécie la grande sensibilité, ou encore celle rédigée au moment du décès à quarante ans de son protecteur, André Bazin : <span style="font-style:italic">&quot;Depuis, je n'ai plus de parents. C'est lui qui m'a appris le cinéma. Il est mort. Je ne peux que pleurer&quot;.</span>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621815.jpg?v=1690104462" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
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      Quant au témoignage d'amour paternel adressé depuis Hollywood à ses filles, il résonne comme l'antidote de la missive adressée à ses parents lors de la sortie des &quot;Quatre cents coups&quot; : <span style="font-style:italic">&quot;L'enfant sournois, voleur que vous avez fabriqué en me laissant seul pour partir tous les deux à Fontainebleau, ne venant même pas me chercher pour que je puisse me présenter à l'examen de repêchage pour l'entrée en sixième, m'a servi de modèle. J'ai constamment pensé à vous en écrivant ce film&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Il ressort de cette traversée de la &quot;Correspondance&quot;, un portrait saisissant de cet homme, réalisateur d'une existence vécue au sceau de ses convictions. Et si nous n'avons pas plus évoqué l'acteur, c'est qu'il a su magnifiquement s'effacer derrière le sujet de sa belle interprétation.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 15 juillet 2023 au Théâtre Transversal à Avignon.</b>
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     <div><b>"Truffaut Correspondance"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621820.jpg?v=1690104489" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
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      D'après le recueil de correspondance de François Truffaut.       <br />
       Mise en scène : Judith d'Aleazzo et David Nathanson       <br />
       Avec : David Nathanson.       <br />
       Au piano : Antoine Ouvrard ou Pierre Courriol.       <br />
       Scénographie : Samuel Poncet.       <br />
       Lumières : Julie Lola Lanteri et Erwan Temple.       <br />
       Par la Cie Les Ailes de Clarence.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 25 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 40. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 1, 10, rue Amphoux, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 17 12.       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatretransversal.com</a>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74206155-51621757.jpg</photo:imgsrc>
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