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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-12T20:37:03+01:00</dc:date>
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   <title>Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité</title>
   <pubDate>Tue, 16 Dec 2025 11:52:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Bovary Madame", avec cette inversion dans le titre original de Gustave Flaubert, Christophe Honoré marque la distance qu'il pratique avec l'œuvre originale. Un peu comme s'il regardait ce personnage iconique par l'intermédiaire d'un miroir, ou plutôt comme s'il prenait cette histoire à l'envers, à rebrousse-poil, commençant son récit par la fin. Une fin qu'il invente totalement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93224722-65205364.jpg?v=1765882590" alt="Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité" title="Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité" />
     </div>
     <div>
      À la fin du roman, Emma Bovary se suicide et meurt sous l'effet de l'arsenic volé dans la pharmacie du village, mais pas ici. Dans ce spectacle, Emma s'est ratée, elle a fui le scandale de sa vie dans la cambrousse, elle y a rencontré un cirque qui l'a aussitôt embauchée pour faire de ce scandale le sujet de leurs numéros et de sa présence au centre de la piste, une attraction pour badauds comme on exhibait jadis les monstres et les bêtes fauves. C'est du scénario de Max Ophuls, pour &quot;Lola Montès&quot; dont Christophe Honoré s'inspire. Un film auquel il rend hommage en créant notamment Madame Loyale et sa cravache, inspirée par Peter Ustinov et son fouet, ainsi qu'en insérant des images saturées de rouge et de bleu dans un écran dominant la scène, technique qu'utilise Ophuls dans son film.       <br />
              <br />
       Devenue animal de foire, Emma va être contrainte de revivre les moments importants de son existence, sous les injonctions menaçantes de Madame Loyale qui, en latex et satin noir, est plus dans le registre d'une meneuse de cabaret que de harangueuse de cirque, et entourée par la troupe exclusivement masculine de circassiens qui seront les interprètes des personnages du roman. Ainsi, entre l'espace scénique représentant la piste en terre battue d'un chapiteau à l'ancienne et un couloir en coulisses, tout blanc, immaculé du sol au plafond, qui semble comme le couloir de la mort décrit par certains comateux revenus de l'au-delà, elle va devenir la comédienne de son propre rôle et éprouver à nouveau les violences, les désirs, les trahisons qu'elle subit dans le roman.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93224722-65205375.jpg?v=1765882618" alt="Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité" title="Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité" />
     </div>
     <div>
      De cette manière, le metteur en scène-cinéaste Christophe Honoré crée des distances successives et des abîmes entre la fiction romanesque et la fiction théâtrale. Les scènes filmées dans le couloir immaculé, scènes intimes de solitude ou de sensualité, retransmises en direct sur l'écran qui domine la piste, se succèdent à des vidéos saturées en rouge et bleu, donnant une impression de souvenirs exacerbés, et à des scènes plus cosy qui se déroulent dans la maison des Bovary, en direct également, dans une sorte d'excavation dans le décor de chapiteau créé par Thibaut Fack.       <br />
              <br />
       Une scénographie qui rejoint le morcellement des moyens narratifs employés, qui semble vouloir brouiller les cartes, mais cherche surtout à assembler au plateau tous les paysages de la vie d'Emma, au même titre que la vidéo, les captations/retransmissions directes, la musique live, les chants, les interventions au micro, la chorégraphie font totalement partie de la mise en scène.       <br />
              <br />
       Christophe Honoré, dans l'adaptation qu'il en fait, met l'accent sur les tourments vécus par Emma Bovary, prise entre ses origines paysannes, son éducation religieuse qui lui apprend la solitude et ses rêves d'amour de midinette nés de la lecture de romans de gare. La terrible violence de la société masculine de cette province apparaît alors sans pitié pour la rêveuse. Sur cette piste de cirque, Emma, la rescapée, est enfermée au centre de cette ronde d'hommes qui détiennent tous les pouvoirs : celui de l'argent, celui des belles choses, celui de la loi, celui de la séduction, et celui de la vindicte populaire et de la liberté de jouissance qu'ils se réservent absolument. Pourtant, le script du spectacle ne nous révèle pas vraiment les pensées du personnage face au monstrueux pouvoir masculin à l'œuvre, ni les raisons de l'ennui qui ronge heure après heure la vie de la jeune femme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93224722-65205403.jpg?v=1765882658" alt="Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité" title="Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité" />
     </div>
     <div>
      Ludivine Sagnier donne à cette Emma une belle ampleur d'émotions qu'elle parvient à teinter d'une lassitude qui transparaît chaque fois qu'elle doit revivre un épisode de sa vie passée et lui donne de fait une humanité touchante. Elle oscille entre l'aspiration à revivre l'exaltation et la fatigue de renouveler la déception de ses amours déçus et donne, par son jeu, à ressentir le poids de ces amours réels bien différents des amours qu'Emma lisait dans sa chambre ou dans son couvent.       <br />
              <br />
       Elle est entourée par cette horde de comédiens capable de se vêtir de plusieurs rôles à la suite avec crédibilité. Une horde de loups trop heureux de saigner leur victime pour la donner en pâture au public. Une horde menée par Madame Loyale qui porte si mal son nom, mais qui est si complètement incarnée par Marlène Saldana, meneuse sado-maso d'une belle exubérance, qui agit plus en directrice de cirque sans scrupules qu'en belle-parleuse pro de la retape.       <br />
              <br />
       Le kaléidoscope des moyens visuels, sonores, scénographiques et la vivacité de la mise en scène et du jeu virevoltant des interprètes attisent en permanence l'attention, usant de l'humour, de la sensualité, de la provocation gouaille également, ce qui fait que le spectacle, qui dure près de deux heures et demie, passe en un éclair sans une minute d'ennui. Et ce malgré le fait que la grande majorité des scènes soient jouées avec distance, le plus souvent via un micro ou une captation, les comédiens étant plus narrateurs de leur rôle que les incarnant. Une distance qui empêche souvent l'émotion de nous atteindre.       <br />
              <br />
       C'est bien le rythme cinématographique que Christophe Honoré parvient à imposer sur scène, qui emporte le spectacle dans une course sarabande, faisant fuir les silences et les temps morts comme des petits animaux nuisibles, sous les gradins.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bovary Madame"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93224722-65205404.jpg?v=1765882680" alt="Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité" title="Dans "Bovary Madame", Christophe Honoré emporte la créature de Flaubert au-delà du roman, comme pour lui redonner un espoir d'éternité" />
     </div>
     <div>
      Création septembre 2025.       <br />
       D'après le roman de Gustave Flaubert.       <br />
       Texte et mise en scène : Christophe Honoré.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Christèle Ortu.       <br />
       Avec : Harrison Arévalo, Jean-Charles Clichet, Julien Honoré, Davide Rao, Stéphane Roger, Ludivine Sagnier, Marlène Saldana.       <br />
       Et en vidéo : Vincent Breton, Nathan Prieur, Emilia Diacon, Salomé Gaillard.       <br />
       Scénographie : Thibaut Fack.       <br />
       Lumière : Dominique Bruguière, assistée de Pierre-Nicolas Moulin.       <br />
       Costumière : Pascaline Chavanne, assistée de Zélie Henocq.       <br />
       Costumes : participation de la maison Yohji Yamamoto.       <br />
       Son : Janyves Coïc.       <br />
       Collaboration à la vidéo : Jad Makki.       <br />
       Assistant création vidéo et réalisation : Lucas Duport.       <br />
       Habillage : Linda Krüttli.       <br />
       Construction du décor : Ateliers du Théâtre Vidy-Lausanne.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h 25.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">17 au 19 décembre 2025 :</span> Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       <span class="fluo_jaune">7 au 15 janvier 2026 :</span> Théâtre Les Célestins, Lyon (69).       <br />
       21 au 24 janvier 2026 : Tandem - Scène nationale Arras-Douai, Douai (59).       <br />
       30 et 31 janvier 2026 : Le Quai, CDN Angers Pays de la Loire, Angers (49).       <br />
       6 au 11 février 2026 : Mixt - Terrain d'arts en Loire-Atlantique, Nantes (44).       <br />
       26 et 27 février 2026 : Scène nationale du Sud-Aquitain, Anglet (64).       <br />
       12 et 13 mars 2026 : Théâtre National de Nice - CDN Nice Côte d'Azur, Nice (06).       <br />
       20 mars au 16 avril 2026 : Théâtre de la Ville - Sarah Bernhardt, Paris 4ᵉ.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !</title>
   <pubDate>Wed, 12 Feb 2025 19:31:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est une plongée autour des années quatre-vingt-dix avec des figures littéraires et cinématographiques qui nous ont quittées beaucoup trop tôt, fauchées par le sida. Dans une mise en scène de Christophe Honoré où se mêlent le passé et un futur post-mortem qui est celui de la postérité de chaque protagoniste, ils se retrouvent une trentaine d'années après leur mort, dans un présent qui est notre actualité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485643.jpg?v=1739386723" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      La scénographie découvre une grande salle avec de longs piliers métalliques un peu défraîchis. Nous sommes dans une sorte de hangar désert. Jean-Luc Lagarce, Cyril Collard, Serge Daney, Jacques Demy, Hervé Guibert et Bernard-Marie Koltès sont présents.       <br />
       Caractéristique des pièces de Christophe Honoré, l'intime est souvent le squelette de la trame. Là, ce sont ses idoles littéraires et cinématographiques autour d'écrivains, de critiques et de réalisateurs.       <br />
              <br />
       Cela débute par Jean-Luc Lagarce (Julien Honoré) dans une charge contre Renaud Camus où il lit un passage de ce dernier sur le grand remplacement, chantre des discours les plus racistes, repris en écho par les identitaires et réactionnaires de l'extrême droite. Est posée tout au long du spectacle la relation au temps et de ce qui fait parfois postérité avec Cyril Collard pour &quot;Les nuits fauves&quot; (1992). Le temps est le contexte dramaturgique dans lequel, au travers du théâtre dans le théâtre, les protagonistes sont dans une échelle temporelle décalée, projetée dans un futur après leur décès. Ils prennent en effet en compte l'actualité présente pour une plongée dans leur passé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485644.jpg?v=1739386763" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Ils sont toutefois indépendants des horloges, car situés dans la postérité. Connus, plus ou moins célèbres du grand public, respectés, voire admirés dans leur milieu, ils ont un rapport assez distendu, excepté pour Cyril Collard, avec leur œuvre, parce qu'ils n'en parlent pas, ou peu. Nous nous retrouvons ainsi dans une introspection rétrospective où celui-ci se définit par ce qu'il a fait en écho à une postérité qu'il n'a pu connaître et qu'il décrit. Collard fait ainsi allusion aux procès d'intention dont il a été victime, alors qu'il était déjà décédé, et qui ont fait tomber dans l'oubli des projections &quot;Les nuits fauves&quot;. Dans le public d'ailleurs, un spectateur a marqué, à ce moment-là, son désaveu à l'encontre de Collard sans connaître vraisemblablement la réalité des faits.       <br />
              <br />
       Pour chacun d'eux, qui parle au final ? C'est Christophe Honoré, ou celui qu'il incarne en tant que dramaturge, qui fait exister, dans un espace-temps qui s'étire sur une échelle qui peut être infinie, des célébrités qui sont tout autant des artistes souvent engagés, par leur existence passée, que des personnages, grâce à leurs traits théâtraux.       <br />
              <br />
       Christophe Honoré fait revivre ses idoles des années quatre-vingt-dix. Tous étaient célèbres, mais frappés par le sida. Une perte effroyable à une époque qui a charrié des raccourcis, de la peur et beaucoup de rejet contre les homosexuels. C'est dans ce rapport à soi, aux autres et face à la mort que Christophe Honoré fait revivre ces personnages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485646.jpg?v=1739386788" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      La musique est très présente avec, entre autres, &quot;Saturday night fever&quot; (1977) des Bee Gees. Jean-Marie Koltès (Paul Kircher) chante et joue de la guitare un moment. Il y a aussi la chanson des Doors &quot;When the music's over&quot; (1967) qui démarre le spectacle dans une chorégraphie où les protagonistes lèvent les deux bras en l'air pour ensuite les redescendre, le tout de façon un peu courbe avec un tronc assez droit sans qu'il y ait de tension. C'est un déplacement chorégraphié dans lequel un jeu de relations et de récits s'organise, à tour de rôle. Ils se disposent les uns aux autres de manière théâtrale avec cette danse, anodine en apparence, mais qui crée une relation au public, à dessein, non naturelle. Car ils sont en représentation.       <br />
              <br />
       Plus loin, la danse refait son apparition avec Marlène Saldana en solo, dans une chorégraphie tout en tension dans laquelle les mouvements sont vifs et amples. Elle finit avec le tronc et les jambes dénudés, comme dans un souffle de pulsion. Il y a aussi un long monologue de Marina Foïs (Hervé Guibert), à dessein, monocorde, un tantinet alimenté par le poids du destin. Sa voix est unidirectionnelle, comme dans un même souffle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485687.jpg?v=1739386821" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Une complicité est établie entre eux, tous dans un rapport à l'autre où les monologues, qui sont plutôt des récits qu'ils se font chacun à eux-mêmes, mais aussi au public, s'immiscent dans des relations dans lesquelles les interactions sont très présentes. Dans cette relation bicéphale, l'assistance est autant considérée, comme si les protagonistes prenaient en compte son existence, qu'ignorée.       <br />
              <br />
       La scène est séparée en deux parties, avec le plateau principal où ils sont situés et une autre, uniquement visible par le biais de la vidéo, avec laquelle le jeu continue comme dans un autre espace, toujours rattaché à la même temporalité. Ainsi, le fil dramaturgique n'est pas que linéaire, il a aussi ses à-côtés qui donnent un aspect cinématographique au déroulé des scènes. Dans cet entre-deux, vient ainsi s'immiscer une temporalité qui déjoue la séquentialité de la dramaturgie. C'est aussi la vie avec ses bifurcations, ses actions multiples et parallèles qui sont mises en avant.       <br />
              <br />
       Les courtes vidéos permettent aussi d'isoler quelques moments, dans certains tableaux, qui mettent en exergue une personnalité, celle de Koltès par exemple, ou une scène intime. Au-delà d'un propos, c'est un silence, un non-dit, un désir qui sont filmés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485688.jpg?v=1739386854" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Comment a eu lieu la réunion de ces différentes personnalités artistiques ? Chacun est libre d'imaginer l'avant de cette rencontre. Ils se connaissent, sans que ce soit des rapports d'amitié, mais s'écoutent et se considèrent comme si chacun avait à s'exprimer dans une sorte d'agora avec le public en face. Des points de vue se mêlent et s'entremêlent où, par leur particularité et l'influence artistique que chacun d'entre eux a eue et a encore, Christophe Honoré les fait exister face à leur postérité parfois, face à la vie et à la mort toujours.       <br />
              <br />
       C'est un très beau spectacle dans lequel s'articulent nostalgie et actualité, et qui est à l'image de la dernière phrase de &quot;Les nuits fauves&quot; pour chacun des personnages… <span style="font-style:italic">&quot;Je suis vivant, le monde n'est pas seulement une chose posée là, extérieure à moi-même, j'y participe et ce n'est plus ma vie. Je suis dans la vie.&quot;</span>       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les idoles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86432343-61485726.jpg?v=1739387062" alt=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" title=""Les idoles"  Le monde n'est pas seulement une chose posée là, j'y participe… à la vie, à la mort !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Christophe Honoré.       <br />
       Mise en scène : Christophe Honoré.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Christèle Ortu.       <br />
       Assistant dramaturgie : Timothée Picard.       <br />
       Avec : Harrison Arévalo, Jean-Charles Clichet, Marina Foïs, Julien Honoré, Paul Kircher, Marlène Saldana.       <br />
       Et l'apprenti du Studio - Esca : Lucas Ferraton.       <br />
       Scénographie : Alban Ho Van.        <br />
       Costumes : Maxime Rappaz.       <br />
       Lumière : Dominique Bruguière, assistée de Pierre Gaillardot.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 6 avril 2025.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 20 h 30 et dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 23 février, 2, 25, 26, 27 et 28 mars, 2, 3 et 4 avril.         <br />
       Théâtre Porte Saint-Martin, Paris 10e, 01 42 08 00 32.       <br />
       <a class="link" href="https://www.portestmartin.com/" target="_blank">&gt;&gt; portestmartin.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !</title>
   <pubDate>Mon, 15 Apr 2024 07:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans une superbe création, l'écrivain, scénariste, réalisateur et dramaturge, Christophe Honoré nous plonge dans le creuset névrotique des conflits de sa propre famille. Au travers d'un chassé-croisé entre théâtre et cinéma, le jeu des comédiens nous emmène dans un monde où réalité et fiction se côtoient.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79496786-57563632.jpg?v=1713035898" alt=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" title=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes dans une salle de cinéma avec sa salle de projection en arrière-cour, ses rangées de sièges rouges et un écran vidéo blanc en arrière-scène utilisé à chaque projection. Le personnage Christophe Honoré filme avec une caméra sur pied, face public, tout en faisant un récit, celui de sa famille. Certains membres sont installés sur les sièges, puis rupture avec l'un des oncles (Stéphane Roger) qui intervient pour interrompre le récit.       <br />
              <br />
       Nous sommes dans un cadre strictement familial autour des tantes, oncles, grand-mère, mère de Christophe Honoré et de lui-même, incarné par Youssouf Abi-Ayad. Une intimité s'extériorise tout au long de la représentation, chaque protagoniste exprimant ses conflits intérieurs. Nous sommes ainsi dans un rapport à l'autre intrusif, car les propos tenus ont une résonance chez tous de façon plus ou moins marquée. La zone de confort de chacun est balayée, mise à terre, même si les mots ou reproches formulés ne concernent directement, souvent, qu'un seul protagoniste. C'est un étalage de sentiments, de non-dits, qui dévoile une cause explicative de comportements et de conflits souterrains ou ouverts existant depuis de nombreuses années.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79496786-57563633.jpg?v=1713035964" alt=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" title=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" />
     </div>
     <div>
      De pensées exprimées ou cachées et mises à nu, la complexité des relations se découvre avec des névroses qui ont fait leur lit et où chaque mot dit semble n'avoir qu'un seul sens audible, celui du destinataire. Avec sa caméra, seul le personnage Christophe Honoré est parfois en retrait des conflits sans en être totalement occulté. Il est le narrateur et créateur, au sens propre et au sens figuré des termes, de ces moments qui se jouent devant lui et est, à la fois, plein acteur de ce qui s'y passe. D'où une lucidité qu'il a puisqu'il est à la fois en dehors et en-dedans des situations. C'est le seul, avec sa mère (Julien Honoré), à être calme et à ne pas pleurer d'émotion.       <br />
              <br />
       La violence est omniprésente. Elle est le dévoilement de ce qui était caché, tu ou occulté. Elle se déverse à pleins mots avec parfois son pendant physique, le passé ne passant pas pour nos protagonistes.       <br />
              <br />
       La réalité rencontre la fiction dans laquelle les liens de parenté semblent distordus. La mère est incarnée par un homme mal rasé, à la voix douce et posée, portant des boucles d'oreilles. Nous sommes dans un canevas où réalité et imaginaire s'interposent, où l'histoire racontée est celle de personnes réelles. Entre passé et présent, fiction et réalité, théâtre et cinéma, tout se recoupe et s'échange, brouillant, à dessein et avec bonheur, les relations et mises en perspective des uns et des autres. On découvre les ressorts de celles-ci par les confidences lancées, pleurées ou hurlées et les gestes physiques qui les accompagnent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79496786-57563646.jpg?v=1713036014" alt=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" title=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" />
     </div>
     <div>
      Plusieurs temps forts, par le biais souvent de très belles ruptures de jeu, ponctuent la pièce comme celle de l'un des oncles (Harrison Arevalo) au travers de gestuelles et de pas de flamenco. Plus loin, le même chante une chanson de Julio Iglesias à la guitare. Il y a du disco dansé par tous sur une chanson de Sheila et un chant par la grand-mère, Odette (Marlène Saldana), reprise en chœur par la famille.       <br />
              <br />
       Se mêlent ainsi différents moments qui donnent une très grande richesse dramaturgique. Le récit est bousculé à dessein par différents plans émotionnels et artistiques. Ce sont des morceaux d'Histoire qui sont aussi parcourus, comme ce moment très émouvant sur la guerre d'Algérie vécue par l'oncle (Stéphane Roger), avec la torture et les viols qu'il raconte et qu'il a vus.       <br />
              <br />
       Au-delà de la scénographie, le cinéma est au détour de chaque scène avec des plans filmés qui permettent de créer deux situations différentes au même instant. À l'aide de ceux-là, l'action peut se poursuivre de la salle de cinéma avec le principal protagoniste de la scène qui disparaît du plateau pour être dans un plan filmé se déroulant toujours dans les sanitaires. Ces derniers symbolisent un lieu de déversoir autant organique qu'émotionnel où au travers de larmes, de colère et parfois d'une retraite pensive, les personnages se retrouvent face à eux-mêmes avec souvent quelqu'un les rejoignant. La solitude est psychique et non physique.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79496786-57563648.jpg?v=1713036041" alt=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" title=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" />
     </div>
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      Le dernier tableau est poignant. La caméra filme les interprètes, un à un projeté sur grand écran. Ensuite défilent les photos de chaque personne réelle qui a été incarnée et que l'on découvre. La réalité traverse le récit avec son pendant photographique. L'image supplée au verbe. Et une dernière vidéo clôt le spectacle avec la mère réelle du vrai Christophe Honoré qui prononce, en partie, ces mots &quot;Je suis pudique&quot; dans un long sourire ironique aux lèvres fines pour laisser entendre son humanité par rapport à un contexte familial violent.       <br />
              <br />
       C'est du cinéma dans du théâtre, la distribution de la pièce étant d'ailleurs composée d'une forte proportion d'actrices et d'acteurs du 7ᵉ art. La trame est l'échec qu'a le personnage Christophe Honoré de monter un film sur sa famille. Sauf que, finalement, cela est une superbe réussite dramaturgique au souffle puissant.
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     <div><b>"Le ciel de Nantes"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79496786-57563649.jpg?v=1713036067" alt=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" title=""Le ciel de Nantes" Plongée familiale dans une dramaturgie brillante et puissante !" />
     </div>
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      Texte et mise en scène : Christophe Honoré.       <br />
       Avec : Youssouf Abi-Ayad, Harrison Arevalo, Jean-Charles Clichet, Julien Honoré, Chiara Mastroianni, Stéphane Roger, Marlène Saldana.       <br />
       Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy.       <br />
       Création lumière : Dominique Bruguière.       <br />
       Assistant création lumière : Pierre Gaillardot.       <br />
       Création vidéo : Baptiste Klein.       <br />
       Création son : Janyves Coïc.       <br />
       Collaboratrice à la mise en scène : Christèle Ortu.       <br />
       Costumes : Pascaline Chavanne.       <br />
       Assistant costumes : Oriol Nogues.       <br />
       Construction du décor Théâtre : Vidy-Lausanne.       <br />
       Régie générale : Martine Staerk.       <br />
       Régie plateau : Stéphane Devantry.       <br />
       Habilleuse : Sarah Bruchet.       <br />
       Lumières : Pierre-Nicolas Moulin.       <br />
       Vidéo (en alternance) : Baptiste Klein, Nicolas Gerlier, Jad Makki.       <br />
       Production : Anouk Luthier, Élizabeth Gay.       <br />
       Durée : 2 h 15.       <br />
              <br />
       <b>Le spectacle s'est déroulé du 5 au 7 avril 2024 à la Grande Halle de la Villette, Paris 19ᵉ.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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