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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-12T18:34:11+02:00</dc:date>
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   <title>"Cataract Valley" Famille je vous aime !</title>
   <pubDate>Tue, 21 Jan 2020 16:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Un cadre idyllique, où flore et faune sauvages sembleraient immuables, serait-il de nature à panser les souffrances d'âmes à la dérive en leur donnant racines ? S'il est vrai que la littérature est le lieu de résilience de passions dévorantes et le théâtre, "l'autre scène" où se projettent à l'envi les conflits psychiques générés par les assignations familiales héritées, alors "Camp Cataract", écrit en 1948 par Jane Bowles - digne héritière de Virginia Woolf -, fait figure d'écosystème.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42011162-35148629.jpg?v=1579620716" alt=""Cataract Valley" Famille je vous aime !" title=""Cataract Valley" Famille je vous aime !" />
     </div>
     <div>
      Comme l'auteure d'&quot;Une chambre à soi&quot;, la nouvelliste new-yorkaise éprouvait une attirance assumée pour les amours féminines ; tout comme elle, elle a lié sa vie à un écrivain de renom lui prodiguant une amitié au-dessus de tout soupçon. L'une et l'autre semblaient fascinées par les désordres de l'âme trouvant leurs échos dans les eaux tourmentées. Mais si Virginia Woolf mit volontairement fin à sa vie dans les eaux de l'Ousse, c'est en se noyant dans l'alcool que Jane Bowles interrompit ses souffrances. Auparavant, les chutes d'eau lui avaient fourni une source mimétique d'inspiration…       <br />
              <br />
       Ainsi, en adaptant la nouvelle de Jane Bowles à la scène, Marie Rémond et Thomas Quillardet se confrontent à un défi artistique. Comment plastiquement pouvoir rendre compte des mouvements intérieurs de deux sœurs (on laissera la troisième à Anton Tchékhov) impactées par une névrose familiale dévorante ? Comment ne pas s'abimer dans une mise en jeu qui n'évoquerait que l'écume des enjeux vécus par Harriet, la sœur &quot;fragile des nerfs&quot; tentant de trouver, près des chutes, une issue à son mal-être endémique, et par Sadie, la sœur engluée tout autant sinon plus dans une problématique dévastatrice ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42011162-35148678.jpg?v=1579620819" alt=""Cataract Valley" Famille je vous aime !" title=""Cataract Valley" Famille je vous aime !" />
     </div>
     <div>
      Entre onirisme et réalité, &quot;Cataract Valley&quot; nous embarque dans deux lieux se faisant judicieusement écho, confondus dans la même &quot;construction&quot;, figurant alternativement la salle à manger familiale, noyau de l'héritage névrotique, et le cabanon en bois élevé près des cataractes, refuge transitoire et illusoire. Si Harriet, &quot;indépendante mais soucieuse du regard des autres&quot;, a trouvé l'énergie d'y séjourner, ce n'est qu'à titre épisodique tant elle ne peut rompre avec ses assises. Quant à Sadie, elle qui, bien que sadisée par son autre sœur et le rustre mari de celle-ci, n'arrête pas d'égrener les louanges de &quot;l'esprit de famille&quot;, elle ne peut concevoir d'être séparée de sa sœur, quand bien même devrait-elle en mourir.       <br />
              <br />
       Comme dans le jeu du jokari, elles ont l'une et l'autre le même fil à la patte qui ramène inexorablement leur &quot;je&quot; vers leur point d'ancrage, le nœud pervers tissé par les attaches parentales. On pense à la prédiction de Serge Leclaire, le psychanalyste auteur de l'essai &quot;On tue un enfant&quot;, invitant à s'affranchir des vœux secrets des parents, déposés dans l'inconscient de chacun(e). Pour vivre en tant que sujet, poursuit-il, &quot;il faut s'en affranchir : meurtre nécessaire autant qu'impossible, encore à perpétrer, jamais accompli&quot;. Et ce, au risque de disparaître soi-même si &quot;Sa Majesté l'Enfant&quot;, objet des désirs parentaux, venait à survivre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42011162-35148716.jpg?v=1579621713" alt=""Cataract Valley" Famille je vous aime !" title=""Cataract Valley" Famille je vous aime !" />
     </div>
     <div>
      La plus jeune des sœurs, Harriet, protégée par ses symptômes nerveux l'ayant conduite à prendre acte de son mal-être, trouve un peu de répit auprès de la force diluvienne des eaux en furie faisant diversion aux flux internes qui menacent de l'engloutir. Sadie, attirée irrésistiblement par elle, sous le couvert bien-pensant de l'amour sororal, ne bénéficiera pas de la même protection lorsqu'elle s'aventurera, corsetée jusqu'à l'étouffement dans ses empêchements hérités, à la rejoindre près &quot;des  chutes&quot;. Le pluriel résonne alors polyphoniquement comme une prophétie.       <br />
              <br />
       Les jeux des deux actrices épousent le je de leur personnage (avec mention spéciale à accorder à Caroline Arrouas dans le rôle de Sadie) et l'on finirait par croire aux démons qui les agitent… si ce n'était la présence près de ce lieu voué par excellence au tourisme de masse d'un &quot;Indien&quot; irlandais grimé pour la circonstance - capitalisme et consumérisme obligent - afin de fourguer aux cohortes en transhumance des souvenirs de pacotille cousus main. Cette rupture granguignolesque de ton, surlignée à l'envi par la mise en jeu, introduit une faille dans laquelle se précipitent les horizons d'attente propres au texte, les engloutissant à jamais.       <br />
              <br />
       Dommage qu'il en advienne ainsi de ce qui s'annonçait comme une promesse digne d'attention, la chute - que l'on ne dévoilera pas - perdant elle-même de sa crédibilité dans cette volonté délibérée d'avoir voulu auparavant apporter - &quot;à tout prix&quot; - de la légèreté à ce qui n'en réclamait aucunement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cataract Valley"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42011162-35148727.jpg?v=1579621950" alt=""Cataract Valley" Famille je vous aime !" title=""Cataract Valley" Famille je vous aime !" />
     </div>
     <div>
      D'après la nouvelle &quot;Camp Cataract&quot; de Jane Bowles, nouvelle extraite de &quot;Plaisirs Paisibles&quot; (1948).       <br />
       Un projet de Marie Rémond.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Marie Rémond et Thomas Quillardet.       <br />
       Avec : Caroline Arrouas, Caroline Darchen, Laurent Ménoret, Marie Rémond.       <br />
       Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy.       <br />
       Son : Aline Loustalot.       <br />
       Lumières : Michel Le Borgne.       <br />
       Costumes : Marie La Rocca.       <br />
       Réalisation du décor dans les ateliers du Théâtre de la Cité sous la direction de Claude Gaillard.       <br />
       Réalisation des costumes dans les ateliers du Théâtre de la Cité sous la direction de Nathalie Trouvé.       <br />
       Durée 1 h 30.       <br />
              <br />
       Créé en 2018 au Théâtre de la Cité - CDN Toulouse Occitanie.       <br />
       A été représente au TnBA, Salle Vauthier, Bordeaux, du 8 au 17 janvier 2020.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Tournée</b></div>
     <div>
      22 au 24 janvier 2020 : Comédie de Reims - CDN, Reims (51).       <br />
       29 au 31 janvier 2020 : Théâtre de Lorient - CDN, Lorient (56).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve</title>
   <pubDate>Sat, 08 Jun 2019 08:35:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean Grapin</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Sur scène, de vrais arbres et arbustes qui sentent bon, un sol couvert d'aiguilles de pin, des troncs couchés et des billots épars, au lointain une vraie cataracte d'eau qui apparaît dans la nuit, Marie Rémond adapte de manière naturaliste une nouvelle de Jane Bowles "Camp Cataract" sous le titre "Cataract Valley"… Place au théâtre, ce jeu de cache-cache avec les artifices.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34588226-31607784.jpg?v=1559977264" alt="À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve" title="À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve" />
     </div>
     <div>
      Dans cette adaptation, dans ce dispositif, il est question d'une histoire américaine, de l'état de nature et du goût pour le confort agréable. De socialité simple et d'individualisme sophistiqué. De refuge enfantin, de fuite dans la cabane pour échapper aux conflits familiaux. De Robinsonnade qui accueille les destins divergents de trois sœurs soudées par la peur de l'extérieur, par l'impossibilité de vivre séparées et de vivre ensemble, de trouver sa place dans le monde, de ne pouvoir échanger autre chose que des conflits et de la folie.       <br />
              <br />
       Trois sœurs Evy, Sadie, Harriet qui rêvent chacune à leur manière d'un état de Nature harmonieux et de longue durée. L'une, Evy, à la ville, l'autre, Harriet, à l'écart, la troisième, Sadie, nulle part. Avec, au centre des préoccupations, un camp(ing), un im-mobile home sweet home sans issue. Mythe d'un retour aux origines. Rêve impossible à atteindre.       <br />
              <br />
       Cela est parfaitement maitrisé par la mise en scène qui chemine par le récit et par l'image. Les comédiens sont dans ce décor comme dans un terrain de jeu. Espiègles, attentifs à un rendu qui fleure bon la bande dessinée, attentifs à des effets de grossissement qui sont autant de vrai dépassement de la caricature. Le théâtre affirme sa vérité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34588226-31607791.jpg?v=1559977296" alt="À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve" title="À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve" />
     </div>
     <div>
      Et de ce spectacle, le public voit et vit la dégradation du décor et des personnages. La désillusion en œuvre. L'eau de la cataracte stockée dans les cintres a le parfum du plastic, les épicéas ont perdus leurs aiguilles, ce sont des arbres morts. Le chef sioux naturellement en &quot;bon sauvage&quot; n'est qu'un blanc maquillé et le camp une machine à travestissements.       <br />
              <br />
       Sous le plaisir immédiat que procure ce spectacle, une tragédie couve silencieuse. À cet égard, l'état d'hébétude, d'ébahissement auquel parvient Caroline Arrouas, dans le rôle de Sadie qui découvre le mensonge de ce qui l'entoure, est un point de cristallisation du sens. Ses balbutiements figent les sourires et le rire des spectateurs. Ils assistent en direct à une véritable bascule vers la tragédie.       <br />
              <br />
       Celle d'un voyage sans retour. À Cataract Valley, silencieuse, la chenille processionnaire, citée dès les première répliques et oubliée le temps du récit, a fait son œuvre : la forêt est morte, comme le rêve.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cataract Valley"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34588226-31607796.jpg?v=1559977334" alt="À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve" title="À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;Camp Cataract&quot; de Jane Bowles       <br />
       Un projet de Marie Rémond.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Marie Rémond et Thomas Quillardet.       <br />
       Avec : Caroline Arrouas (Sadie), Caroline Darchen (Evy, Beryl), Laurent Ménoret (Bert, l'indien, la grosse agnostique), Marie Rémond (Harriet).       <br />
       Traduction : Claude Nathalie Thomas.       <br />
       Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy.       <br />
       Costumes : Marie La Rocca.       <br />
       Lumières : Michel Le Borgne.       <br />
       Son : Aline Loustalot.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">17 mai au 15 juin 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Odéon Théâtre de l'Europe, Ateliers Berthier, Petite Salle, Paris 17e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-odeon.eu/#" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       8 au 17 janvier 2020 : TnBA, Bordeaux (33).       <br />
       29 au 31 janvier 2020 : Grand Théâtre, Lorient (56).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/34588226-31607797.jpg?v=1559977360" alt="À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve" title="À "Cataract Valley"…  la forêt est morte, comme le rêve" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/34588226-31607784.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/A-Cataract-Valley-la-foret-est-morte-comme-le-reve_a2415.html</link>
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