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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-10T20:03:27+01:00</dc:date>
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   <title>•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes</title>
   <pubDate>Sun, 20 Jul 2025 18:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Faire spectacle d'un procès aux retombées médiatiques retentissantes n'était pas projet tombant sous le sens, serait-il artistique… Deux écueils essentiels se dressaient. Tomber dans le "spectaculaire", en reléguant au rang de pertes et profits les enjeux humains qui l'avaient nourri. Ou, à l'inverse, coller de trop près aux débats de quatre mois de procédures, ce qui aurait transformé ipso facto le Cloître des Carmes, distant d'à peine un kilomètre du Palais de Justice d'Avignon où de septembre à décembre 2024 s'est déroulé le procès Pelicot, en chambre d'enregistrement bis des minutes de cet événement judiciaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90021870-63554694.jpg?v=1753030461" alt="•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes" title="•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes" />
     </div>
     <div>
      Au bout de la nuit de ce 18 juillet 2025, de ce marathon de quatre heures sans reprendre souffle, Milo Rau et Servane Dècle relèvent avec maestria ce défi &quot;historique&quot;… Ils ont su naviguer entre les deux écueils pour proposer une forme artistique captivante, questionnant avec pertinence la notion de monstre-humain, en évitant tout sensationnalisme.       <br />
              <br />
       Pour &quot;représenter&quot; la plaignante (Gisèle Pelicot), le principal accusé (Dominique Pelicot), les prévenus présents, les avocats de la défense et de la partie civile, les experts psychiatres, les membres d'association, des artistes sont invités, prenant place sur deux rangées de gradins et venant au micro interpréter leur partition. Faisant corps avec les vrais &quot;acteurs du procès&quot; dont ils endossent le costume, ils vont recomposer leurs trajectoires problématiques au travers de paroles réécrites puisant leurs sources dans des articles de journaux, communications de chercheurs ou autres écrits.       <br />
              <br />
       C'est Marie-Christine Barrault (la première des artistes à être appelée à la barre) qui brossera le décor du drame… Le Mont Ventoux que Dominique Pelicot (cycliste pratiquant) adorait gravir. De la fenêtre de la maison du couple, le mont célébré par Pétrarque offrait ses pentes raides que le poète, annonçant la Renaissance, aimait lui aussi gravir. L'actrice poursuit en lui associant Saint-Augustin qui lui prolongeait l'admiration naturelle des hommes pour la beauté des images par l'impérieuse nécessité de &quot;se regarder soi-même&quot;… On laissera aux psychanalystes le soin d'interpréter cette entame, riche d'échos avec le drame qui s'est joué dans cette maison heureuse, apparemment sans histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90021870-63554695.jpg?v=1753030543" alt="•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes" title="•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes" />
     </div>
     <div>
      Présentées sous forme de fragments (quarante), les scènes s'enchaînent créant un tourbillon de dépositions développant des points de vue s'ajoutant les uns aux autres, s'étayant ou se contredisant, créant un maelström propre à nous faire perdre le sens de l'équilibre pour mieux questionner le sens de ces dérives impensables… Comment des hommes de tous âges, de tous milieux socio-professionnels, certains mariés et pères de famille, des hommes aux histoires personnelles très différentes (si certains ont eu à subir des violences sexuelles dans leur jeunesse, d'autres ont été aimés avec bienveillance), certains encore accros aux sites pornos, d'autres pas, comment ces hommes ordinaires et si différents ont-ils pu tous sans exception accepter la proposition de Dominique Pelicot de leur offrir sa femme, livrée à eux à l'état inconscient sous l'effet de soumission chimique ?       <br />
              <br />
       Parmi ces témoignages, celui de la propre fille de l'inculpé qui raconte comment elle a découvert un tableau de son père représentant une femme nue – elle ? – accompagné de cette légende explicite : &quot;L'emprise&quot;. Elle racontera aussi ses absences de mémoire incompréhensibles, le sentiment d'avoir, elle aussi, été sédatée et violée, les photos de nu retrouvées dans l'ordinateur prises à son insu sous la douche avec l'inscription &quot;ma salope de fille&quot; laissant peu de doutes… Et le père – joué par Philippe Torreton – lorsque le moment viendra niera en bloc ces accusations et témoignera, avec des accents perceptibles d'authenticité, de son amour indéfectible pour sa fille, quand bien même le traiterait-elle de chien…       <br />
              <br />
       Dominique Pelicot, un manipulateur pervers selon le témoignage d'un psychiatre ayant examiné l'inculpé, capable non seulement de manipulations intrafamiliales (et de nous, présents ce soir !), mais aussi d'avoir fait accroire aux autres prévenus que sa femme était consentante. Cela disculperait-il la cinquantaine d'hommes ayant &quot;profité&quot; (certains ayant reconnu les faits, mais pas les intentions, d'autres non se réfugiant dans un déni défensif) de l'aubaine ? Certainement pas, en a jugé la Cour, réfutant cet alibi irrecevable et condamnant tous les prévenus à des peines allant jusqu'à quinze ans d'emprisonnement, le principal accusé écopant pour sa part de vingt années de réclusion criminelle.       <br />
              <br />
       Quant aux différentes interventions de Gisèle Pelicot, interprétée avec sensibilité et aplomb par Ariane Ascaride, elles questionnent l'impensable d'un époux, vécu pendant cinquante années comme attentionné, et produisant un champ de ruines… même si sa volonté à elle demeure intacte, comme le montre le courage exemplaire dont elle fait preuve en refusant le huis clos afin d'exposer au grand jour la banalité du mal. Surmonter l'obscurité abyssale de son histoire pour exposer le viol conjugal en pleines lumières, pour que d'autres femmes puissent en être protégées. Donner du sens à l'horreur sans sombrer dans la haine improductive…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90021870-63554714.jpg?v=1753030718" alt="•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes" title="•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes" />
     </div>
     <div>
      …  ce que ne pratique pas un certain féminisme punitiviste qui, s'il soutient avec détermination Gisèle Pelicot, condamne toute recherche analytique sur le sujet, apparentant l'exégèse critique de la masculinité à une concession néfaste. Créer une catégorie désocialisante – la nouvelle figure du monstre – pour la jeter à la vindicte populaire, est-ce progresser dans la voie du dévoilement des dimensions politiques du problème et de sa résolution ? Tel est le message porté par une chercheuse philosophe appelée à témoigner.       <br />
              <br />
       Au terme de ces &quot;lectures spectaculaires&quot; où ont été rejoués les moments clés du procès Pelicot, on sort bouleversé, la tête pleine de questions… Le violeur type échapperait-il à tout portrait-robot possible ? Serait-il un homme… comme les autres ? Ce qui signifierait que si tout homme abrite en lui un violeur potentiel, si ce n'est pas un effet de nature, mais de culture, le curseur du procès se déplacerait vers celui du patriarcat et du masculinisme (<span style="font-style:italic">&quot;mouvement réactionnaire, misogyne, androcentré, conservateur et antiféministe&quot;</span>) qui en résulte ? Ce serait alors la superstructure idéologique diffusant le poison d'un patriarcat oppressif qui serait – au-delà de ceux coupables qui s'en sont fait les portefaix – qui serait au centre du procès ?       <br />
              <br />
       Le réel est-il soluble dans le théâtre ? Si l'on en croit cette expérience vécue dans cette nuit &quot;historique&quot; d'Avignon, on répondra manifestement que oui… En rajoutant aussitôt, afin de dissiper tout malentendu, qu'au lieu de disparaître, le réel en a été exalté.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 18 juillet 2025 au Cloître des Carmes à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Procès Pelicot"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90021870-63554739.jpg?v=1753030760" alt="•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes" title="•In 2025• "Le Procès Pelicot" Une histoire (rejouée) de la violence faite aux femmes" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Milo Rau.       <br />
       Recherche : Servane Dècle.       <br />
       Assistante Dramaturgie : Nastia Griese.       <br />
       Durée : 4 h.       <br />
              <br />
       Avec : Adama Diop, Alison Dechamps, Anne Lassalle, Ariane Ascaride, Ayoub Kallouchi, Camille Étienne, Caroline Gillet, Clara Hédouin, Corentin Legras, Cyrielle Voguet, Elios Noel, Elisabeth Saint-Jalmes, Eva Doumbia, Fatma Hamdoun, Florian Pâque, Françoise Nyssen, Hinda Abdelaoui, Julie Ménard, Kubra Khademi, Laurent Layet, Léopoldine Hummel, Lola Felouzis, Louise Brzezowska-Dudek, Makita Samba, Marie Coquille-Chambel, Marie Vialle, Marie-Christine Barrault, Maudie Cosset, Maxime Le Gac-Olanié, Nadège Cathelineau, Nina Beltaief, Philippe Torreton, Robin Renucci, Ruggero Franceschini, Safira Robens, Samuel Achache, Sara Louis.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle créé le 18 juin 2025 au Wiener Festwochen à Vienne (Autriche) et adapté pour le Festival d'Avignon le 18 juillet 2025.</b>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Représentation unique le vendredi 18 juillet 2025.</span>       <br />
       Représenté à 22 h. Soirée en hommage à Gisèle Pelicot.       <br />
       Cloître des Carmes, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing</title>
   <pubDate>Sat, 22 Jul 2023 11:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Il est des spectacles qui captivent et d'autres qui, au-delà de l'intérêt très fort qu'ils suscitent, vous introduisent dans un état de conscience augmentée propre à vous transporter dans leur monde. La dernière création de la chorégraphe Mathilde Monnier, présentée dans le lieu féérique du Cloître des Carmes, appartient à cette catégorie rare. En effet, au-delà de ce que l'on sait des outrages "ordinaires" faits aux femmes, nos sœurs en humanité, nous ressentons au plus profond de notre chair l'impact des agressions "mâléfiques". Comme dans une transe, c'est notre être intime qui perçoit alors par les pores de notre peau le drame en cours, notre raison étant impuissante pour nous signifier l'impensable.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614377.jpg?v=1690018089" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      La nuit tombe sur le plateau du cloître, enrobant d'une nappe de brouillard d'imposantes souches calcinées disséminées sur toute son étendue. Un paysage dévasté, propre à accueillir, par effet de miroir, les visages marqués des huit danseuses de tout âge, de toute morphologie et de toute origine. Ce qui les rassemble au-delà de leurs différences, ces huit femmes en colère, c'est d'avoir vécu l'ordinaire – parfois un peu plus – de ce que le sexe féminin a à subir chaque jour. Un ordinaire faisant d'elles des objets assujettis aux réflexions et agissements d'une masculinité primaire, pour ne pas dire primitive.       <br />
              <br />
       S'inspirant de &quot;H24 - 24 heures dans la vie d'une femme&quot;, la série télévisée réalisée pour Arte par Valérie Urrea et Nathalie Masduraud, Mathilde Monnier a retenu, parmi les textes d'autrices invitées à écrire sur ce sujet brûlant, ceux d'Agnès Desarthe, Siri Hustvedt, Niviaq Korneliussen, Lola Lafon, Grazyna Plebanek, Monica Sabolo, Ersi Sotiropoulos, Lize Spit, et Alice Zeniter ; écrits qui, de par leur texture, se prêtent au passage au plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614378.jpg?v=1690018114" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      À partir de cette matière traversée par l'énergie d'autrices en lien avec leur vécu de femmes, la chorégraphe a confié à huit danseuses, actrices à part entière, le soin de prêter corps et voix à ces &quot;(é)cris&quot;. Puisant dans leur expérience personnelle, elles libèrent, seules et ensemble, l'essence de leur contenu, aussi bien dans leur corps combattant ou abattu, que dans leur phrasé articulé à la rage qui les habite. Ces chorégraphies, qui expriment avec force la violence subie et son funeste impact sur les corps et les âmes, ont la beauté d'un soleil noir inondant le plateau du Cloître des Carmes.       <br />
              <br />
       Sur la pointe des pieds, le corps tout entier traversé par une tension la projetant en avant, une femme tout de blanc vêtue palpe son cou à l'endroit précis où une arête semble restée coincée. Ce qui ne passe pas, ou plus exactement ce qui n'arrête pas de passer en elle, c'est le souvenir de cette agression qui, apparemment, n'en était pas une, et qui pourtant l'a laissée sans voix. Dans son cursus de formation d'avocate, un banal débat pédagogique pour apprendre… à débattre. Les arguments sont fourbis, attaque et contre-attaque verbale. Elle rivalise avec talent, ne se laisse aucunement impressionner par le statut du maître.       <br />
              <br />
       Et puis, dans le plein de la joute oratoire, s'immisce un glissement &quot;innocent&quot;, une petite phrase aux apparences anodines : <span style="font-style:italic">&quot;Il vous va bien ce chignon, les cheveux attachés, ça te va bien…&quot;.</span> Alors, déconcertée, elle sourit… parce que c'est ce que savent faire les femmes quand on leur dit à leur corps défendant qu'elles sont jolies… Et depuis ce sourire soumis, cette rage qui la ronge. <span style="font-style:italic">&quot;J'aurais dû claquer la porte, le gifler&quot;.</span> Mais si elle avait montré sa colère, n'aurait-elle pas perdu une deuxième fois en ne maitrisant pas ses nerfs, ses nerfs de femme fragile ? Confrontée à une injonction contradictoire, paralysante, avait-elle d'autre choix que de la ravaler, sa juste colère ? Et depuis, elle est là, intacte, coincée dans sa gorge.       <br />
              <br />
       Après ce tableau liminaire d'une cruauté perverse, vient le temps pour les huit danseuses de prendre possession du plateau. D'emblée, leur détermination nous en impose. La fierté de leur regard dur toisant le nôtre, en dit long sur leur volonté de résistance aux violences qui leur sont faites. Leurs corps, disloqués par les affres vécues, oscillent entre jetés au sol, courses effrénées et contorsions de pantins désarticulés, accompagnés par les bruits disharmoniques de leurs chaussures frappant le sol alors que se consument à leurs côtés les souches fumantes.       <br />
              <br />
       Une autre danseuse se détachera pour venir articuler haut et fort comment elle a été abusivement renvoyée – avant même d'avoir pu prendre son travail de réceptionniste, dont elle avait pourtant grand besoin pour manger – pour avoir simplement refusé de porter des talons hauts de huit centimètres… afin de plaire à la clientèle masculine, de haut standing, fréquentant l'établissement. Le rire puissant qui jaillit alors de sa poitrine fera entendre sa détermination à refuser toute domestication.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614393.jpg?v=1690018169" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Tantôt seules, tantôt faisant chorus, ces femmes danseuses balaient l'espace de leurs déplacements heurtés pour l'occuper totalement. L'une, plutôt frêle, racontera comment elle se fait siffler, comment, continuellement, elle a à essuyer des commentaires (&quot;à la mords-moi le nœud&quot;) de types baissant leur vitre à son passage : <span style="font-style:italic">&quot;Et mademoiselle, on ne sourit pas ? Ah princesse, tu fais la gueule !&quot;.</span> L'automobile qui la suit au pas, elle ne peut la semer, sa destination à la voiture… c'est elle. Elle rêve alors d'être dans un jeu vidéo où elle pourrait disparaître par une plaque d'égout, pour apparaître plus loin. Mais, non, il est toujours là à mater son cul et à lui parler de sa beauté, à lui proposer de faire un tour ensemble…       <br />
              <br />
       Faisant bloc avec elle, les danseuses arpentent à pas rapides l'espace comme pour vouloir - en vain - échapper au prédateur. <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi tu me fais la gueule, tu es si jolie…&quot;.</span> Ce qu'il ne comprend pas, ce qu'il ne peut pas comprendre, c'est qu'elle ne veut ni lui faire la gueule, ni lui plaire, simplement qu'il l'oublie, qu'il la laisse vivre, son corps est à elle et non sujet public de commentaires… Mais là encore, pour lui échapper, elle concède la photo qu'il lui impose, celle de la proie qui pose avec le chasseur, et elle en est mortifiée. Le groupe de danseuses s'arrête alors net, nous dévisage, comme pour chercher parmi nous un appui, ou…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614397.jpg?v=1690018229" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Une autre danseuse, montée sur ressorts, toute en nerfs, renverra les insultes qui lui sont adressées. <span style="font-style:italic">&quot;Salope&quot;</span>, lui dit-on, <span style="font-style:italic">&quot;Putain mec, j'vais t'enculer&quot;</span>, répond-elle. Revendicative, son corps est électrisé, impossible de l'approcher. <span style="font-style:italic">&quot;Ça, c'est mes seins, ça, c'est mon corps… mon corps… mon corps…&quot;,</span> hurle-t-elle, créant autour d'elle un vide protecteur.       <br />
              <br />
       Une autre, se sentira affreusement démunie lorsque son vieux prof libidineux – mais est-ce que ça a vraiment eu lieu ? –, profitant de son autorité, parlera à ses seins (et plus si affinités), la suivra jusqu'à son métro. Mais non, il ne s'est rien passé, elle aura tout inventé… Une autre encore sera brûlée vive par son conjoint, les flics n'ayant jamais cru aux plaintes déposées.       <br />
              <br />
       Ainsi va le monde des femmes dans un monde d'hommes prédateurs, des femmes vécues comme des proies faciles pour des mâles en mal de puissance. Certaines trouvent la force de les renvoyer paître, ces nuisibles entichés d'eux-mêmes, d'autres restent sidérées ne pouvant réagir face au monstre conquérant, toutes ont en commun de partager le sentiment honteux d'être dessaisies d'elles-mêmes, de subir une effraction mettant en danger leur intégrité physique et mentale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614489.jpg?v=1690019314" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Ces problématiques sans âge, les danseuses de Mathilde Monnier les portent à fleur de peau avec une conviction telle qu'elles deviennent nôtres, touchés que nous sommes par ce flux incessant de corps désarticulés, mis à mal, blessés… mais au final ne cédant pas, la colère, saine et combative, étant la plus forte.       <br />
              <br />
       Mathilde Monnier signe là un opus bouleversant, artistiquement, humainement parlant. Sans nul doute &quot;Black Lights&quot; sera-t-il à inscrire en tête de liste des spectacles ayant marqué Avignon 2023. Mais pas que 2023…       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 20 juillet 2023 au Cloître des Carmes à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Black Lights"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614498.jpg?v=1690019342" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      En français, surtitré en anglais.       <br />
       Inspiré de &quot;H24&quot;, série pour ARTE de Valérie Urrea et Nathalie Masduraud.       <br />
       Textes : Agnès Desarthe, Siri Hustvedt, Niviaq Korneliussen, Lola Lafon, Grazyna Plebanek, Monica Sabolo, Ersi Sotiropoulos, Lize Spit, Alice Zeniter.       <br />
       Traductions : Christine Berlioz, Cécile Bocianowski, Gilles Decorvet, Christine Leboeuf, Emmanuelle Tardif, Laila Thullesen.       <br />
       Chorégraphie et mise en scène : Mathilde Monnier.       <br />
       Avec : Isabel Abreu, Aïda Ben Hassine, Kaïsha Essiane, Lucía García Pullés, Mai-Júli Machado Nhapulo, Carolina Passos Sousa, Jone San Martin Astigarraga, Ophélie Ségala.       <br />
       Dramaturgie : Stéphane Bouquet.       <br />
       Musique : Nicolas Houssin, Olivier Renouf.       <br />
       Scénographie : Annie Tolleter.       <br />
       Conception et construction : Atelier Martine Andrée et Paul Dubois.       <br />
       Lumière : Éric Wurtz.       <br />
       Costumes : Laurence Alquier       <br />
       Régie générale : Emmanuel Fornès       <br />
       Régie son : Nicolas Houssin       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 22 juin 2023 au Théâtre de l'Agora, dans le cadre de Montpellier Danse.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 23 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cloître des Carmes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614560.jpg?v=1690020044" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       28 et 30 juillet 2023 : Festival ImPulsTanz, Vienne (Autriche).       <br />
       29 et 30 novembre, 1er et 2 décembre 2023 : Théâtre de la Cité Internationale, Paris.       <br />
       17 et 18 janvier 2024 : La Comédie - Scène nationale, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       23 janvier 2024 : Le Parvis - Scène nationale Tarbes Pyrénées, Ibos (65).       <br />
       26 et 27 janvier 2024 : Théâtre populaire romand Centre neuchâtelois des arts vivants et ADN Danse, Neuchâtel (Suisse).       <br />
       7 et 8 février 2024 : MC2 - Scène nationale, Grenoble (38).       <br />
       13 et 14 février 2024 : La Coursive Scène nationale de La Rochelle (17).       <br />
       22 février 2024 : Les Salins - Scène nationale, Martigues (13).       <br />
       Du 20 au 23 mars 2024 : Les SUBS &amp; Maison de la Danse, Lyon (69).       <br />
       4 et 5 avril 2024 : Le Quartz - Scène nationale, Brest (29).       <br />
       Du 22 au 24 mai 2024 : Théâtre national de Bretagne, Rennes (35).       <br />
       29 au 31 mai 2024 : Théâtre Garonne - Scène européenne, Toulouse (31).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74191485-51614377.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Black-Lights-Puissance-des-corps-et-force-des-paroles-un-oratorio-coup-de-poing_a3694.html</link>
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   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-57481502</guid>
   <title>● Avignon Off 2021 ● Boxing Shadows Par la Cie Isabelle Starkier - Star Théâtre</title>
   <pubDate>Sat, 03 Jul 2021 11:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Annonce</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[À l'affiche]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une jeune migrante gagne sa vie en volant dans le métro. Un homme d'une soixantaine d'années se fait dérober son portefeuille. Ils habitent le même immeuble. Rencontre entre une jeunesse fragilisée en proie à une révolte sans but et un ancien boxeur devenu bibliothécaire en proie à la solitude et à l'ennui.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57481502-42580527.jpg?v=1625307417" alt="● Avignon Off 2021 ● Boxing Shadows Par la Cie Isabelle Starkier - Star Théâtre" title="● Avignon Off 2021 ● Boxing Shadows Par la Cie Isabelle Starkier - Star Théâtre" />
     </div>
     <div>
      Histoire d'une transmission : il lui apprend à transformer sa rage grâce à l'apprentissage des règles - celles de la boxe, de la société.       <br />
       Jouée en plein air, une comédie douce-amère où le rire alterne avec l'émotion, soulignée par la présence d'une Voix (en)chantée.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Un spectacle fort qui claque comme un uppercut. Une belle allégorie très réussie viendra clore cette heure qui passe trop vite&quot;</span> L'œil d'Olivier.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Il faut aller voir ce spectacle percutant, et très &quot;au poing&quot; !&quot;</span> De la Cour au Jardin.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Une belle et poignante histoire d'apprentissage où s'invitent la vie, la mort et l'amitié&quot;</span> SNES.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;The relationship between the two characters, who bond over boxing training sessions, was carefully and lovingly charted&quot;</span> New York Times.       <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Boxing Shadows est un spectacle qui honore deux héros sans grandeur héroïque, mais qui tâchent de sublimer leur vie dans un contexte malheureux et y parviennent&quot;</span> Agora Vox.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57481502-42580538.jpg?v=1625307466" alt="● Avignon Off 2021 ● Boxing Shadows Par la Cie Isabelle Starkier - Star Théâtre" title="● Avignon Off 2021 ● Boxing Shadows Par la Cie Isabelle Starkier - Star Théâtre" />
     </div>
     <div>
      Joué durant un &quot;Été particulier à Paris&quot; avec le Théâtre de la Ville et la Ville de Paris, voici la quatrième création de notre auteur australien après &quot;Le Bal de Kafka&quot;, &quot;Richard III ou presque&quot; et &quot;L'homme dans le plafond&quot;. Isabelle Starkier a également présenté : &quot;Résister c’est exister&quot;, &quot;Le Bourgeois Gentilhomme&quot;, &quot;Le Tango des étoiles errantes&quot;, &quot;Un Gros Gras Grand Gargantua&quot;…       <br />
               <br />
       Pour le jeune public, Isabelle Starkier vous retrouve avec sa nouvelle création &quot;Comme un Homard dans une Cave Obscure&quot; d'après Charles Dickens dans le &quot;Jardin d'Al Andalus&quot; à 11 h 05.       <br />
              <br />
       <b>Boxing Shadows</b> Texte : Timothy Daly.       <br />
       Traduction : Michel Lederer.       <br />
       Mise en scène : Isabelle Starkier.       <br />
       Avec : Roland Timsit, Clara Starkier, Lila Maski (chant).       <br />
       Chorégraphie : Claire Richard.       <br />
       Concepteur son : Michel Bertier.       <br />
       Costumes : Eva Alam.       <br />
       Décors : Julie Poirier.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>● Avignon Off 2021 ●</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 29 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 18 h, relâche les 12, 19, et 26 juillet.       <br />
       Théâtre des Carmes (en extérieur), 6, place des Carmes, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 82 20 47.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.cieisabellestarkier.fr/" target="_blank">&gt;&gt; cieisabellestarkier.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57481502-42580527.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/●-Avignon-Off-2021-●-Boxing-Shadows-Par-la-Cie-Isabelle-Starkier-Star-Theatre_a2987.html</link>
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