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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-14T23:37:10+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé</title>
   <pubDate>Wed, 09 Jul 2025 16:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2025]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   L'une des pièces les plus jouées au monde d'un auteur consacré… Alors quel miracle peut-il bien encore se produire, durant ce juillet au Théâtre des Halles, pour que l'on "découvre" ce monument théâtral avec le charme si particulier des premières fois ? La mise en scène tonique et onirique de Jacques Osinski qui, tout en respectant à la lettre les prescriptions de l'auteur en transcende l'esprit, et les interprétations "hors sol" du duo Jacques Bonnaffé - Denis Lavant insufflant une vie neuve au couple légendaire formé par la paire Vladimir et Estragon, en sont sans conteste le ferment.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453674.jpg?v=1752074219" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      L'arbre… le fameux arbre famélique comme seul décor avant l'apparition à deux reprises de la blafarde (ainsi la nomme Estragon, poète aux semelles de vent) ponctuant la fin d'un jour et en annonçant un autre semblable en tous points qui lui succédera inévitablement. Une attente réitérée, celle d'un Je-ne-sais-qui (nommé ici Godot, puisqu'il faut bien nommer les choses et les êtres pour penser que soi-même on existe) et d'un Presque-rien (des actions menues, se déchausser, (se) raconter même si c'est pour se dire que l'on n'a rien à se dire) renvoyant aux deux concepts du philosophe humaniste Vladimir Jankélévitch justifiant ainsi leur nécessité : <span style="font-style:italic">&quot;Comme toutes les choses très importantes, plus elles jouent un grand rôle dans notre vie, plus elles sont impalpables, invisibles, manipulables&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le décor étant planté, comme on le dit traditionnellement, entrons dans le vif du sujet par le lever de rideau (qui n'existe pas plus que le personnage-titre)… Un arbre, substrat du vivant végétal dépouillé de ses feuilles… Le contemplant, et faisant dos au monde ordinaire (le nôtre, spectateurs arrimés à nos fauteuils), un homme, substrat de l'espèce, la nôtre. L'homme semble totalement absorbé par ce rien à voir. Quant à l'autre homme, assis sur un tas de pierres, substrat du monde minéral déposé à l'avant du plateau, son attention entière est mobilisée par un soulier récalcitrant qu'il s'échine, dans des grimaces expressives, à vouloir retirer de son pied. Ledit soulier retiré, son contenu examiné avec soin et grande lenteur, le constat sans appel est édifiant : <span style="font-style:italic">&quot;Il n'y a rien à voir&quot;</span>…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453693.jpg?v=1752074234" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      Ce tableau liminaire, baigné d'un silence enveloppant comme une nappe poétique, donne le tempo… Avant que rien ne commence – et que rien ne se passe, si ce n'est de menus incidents destinés à occuper la vacuité du temps et de l'espace – tout est dit dans le (presque) rien présent. Beckett désappris… pour mieux le donner à entendre et voir.       <br />
              <br />
       Les deux hères à la mine débonnaire (et ce n'est pas là uniquement pour la rime), unis comme pas d'eux et n'arrêtant pas de vouloir se séparer en se jetant continûment dans les bras l'un de l'autre (seul à deux, c'est être à moitié seul) vont passer le temps qui passe en eux et en nous en se racontant des histoires, histoires qui n'aboutissent pas… si ce n'est par la ponctuation remarquable s'il en est d'Estragon : <span style="font-style:italic">&quot;Je trouve ça Extraordinairement intéressant&quot;</span>. Dans ce jeu aux confins des limites de la logique euclidienne, Denis Lavant et Jacques Bonnaffé, le tenant d'une vie de bohème et d'illuminations associé au philosophe bonhomme, excellent de complicité jouissive.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce qu'on fait ? - On attend. - Mais en attendant ?… Pendons-nous, on bandera ! Oui, mais lequel en premier ? Il est urgent de réfléchir avant de se prononcer…&quot;.</span> Heureusement que l'irruption de l'étrange attelage composé de Pozzo, maître intransigeant, et de Lucky, son esclave entravé par une corde, va venir créer diversion les arrachant un temps à des questions métaexistentielles… pour en faire surgir d'autres qui le sont tout autant. Pourquoi le Knouk (le sous-homme tenu en laisse) ne dépose-t-il pas ses bagages ? Et comme, face à cette énigme abyssale, le maître reste muet, les deux clochards célestes reposeront la question en l'articulant savamment sans qu'un seul mot ne sorte de leur bouche…       <br />
              <br />
       Long silence, chacun absorbé par lui-même, interrompu par ces saillies d'un bon sens à tout rompre : <span style="font-style:italic">&quot;En attendant, il ne se passe rien. - Vous vous ennuyez ? - C'est pas folichon…&quot;.</span> Alors, on se distraira en faisant &quot;penser du chapeau&quot; le bougre sortant de son mutisme pour débiter une bouillie de mots jargonnant à l'excès. Ainsi en va-t-il de l'existence du langage, quand on prétend vouloir le soumettre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453724.jpg?v=1752074254" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      Estragon, superbement hiératique, les mains plantées dans les poches de son pantalon troué, Vladimir campé solidement sur ses jambes, les deux nous faisant face, commenteront avec une lucidité désarmante le départ de l'attelage improbable : <span style="font-style:italic">&quot;- Ça fait passer le temps… - Il serait passé sans ça… - Oui, mais moins vite… - Allons nous-en… - On peut pas, on attend Godot&quot;…</span> Intarissables pour ne pas penser, ils trouveront toujours quelque chose à dire pour – sans en être dupes – prolonger le dur désir d'exister dans le néant d'une répétition sans fin débouchant sur l'amnésie des lieux, du temps et des personnes que le hasard met face à eux.       <br />
              <br />
       Et le miracle, c'est que cette absurdité de l'existence révélée dans le creux des paroles échangées et des (non)situations vécues, au lieu de nous atteindre au plexus… nous réjouit jusqu'à nous rendre pleinement sereins, pour ne pas dire euphoriques. Mais pourquoi donc ce non-sens apparent ? Sans doute que le traitement finement burlesque des situations, incarnées avec un naturel ludique à désarmer les plus mélancoliques des représentants humains, est le sésame de l'épiphanie ressentie. Un tour de force pour une pièce signée Samuel Beckett, non pas trahi… mais exalté.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le lundi 7 juillet 2025 au Théâtre des Halles  (salle Chapitre).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"En attendant Godot"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453784.jpg?v=1752074678" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Texte : Samuel Beckett (publié aux Éditions de Minuit).       <br />
       Mise en scène : Jacques Osinski.       <br />
       Avec : Jacques Bonnaffé (Vladimir), Jean-François Lapalus (Lucky), Denis Lavant (Estragon), Aurélien Recoing (Pozzo).       <br />
       Et à l'écran : Léon Spoljaric-Poudade.       <br />
       Scénographie : Yann Chapotel.       <br />
       Lumière : Catherine Verheyde.       <br />
       Costumes : Sylvette Dequest.       <br />
       Durée : 2 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle Chapitre, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/representations/6002-en-attendant-godot" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">>> theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453786.jpg?v=1752074719" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       27 juillet 2025 : Festival de Théâtre, Figeac (46).       <br />
       29 juillet 2025 : Festival Beckett, à Roussillon (84).       <br />
       Du 25 mars au 3 mai 2026 : Théâtre de l'Atelier, Paris.       <br />
       Mars 2026 : tournée en Rhône-Alpes.       <br />
       Printemps 2026 : tournée au TAP, Poitiers (86).       <br />
       Automne 2026 : Théâtre Montansier à Versailles (78).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453794.jpg?v=1752074744" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89812793-63453674.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-En-attendant-Godot--le-temps-le-temps-et-rien-d-autre-Beckett-transcende_a4298.html</link>
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   <title>"Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant</title>
   <pubDate>Mon, 30 Sep 2024 20:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le noir se fait et le son des voix disparaît. C'est ainsi que commence "Cap au pire" au Théâtre 14. Silence et pénombre imposent une écoute, une attention, un affût du moindre mouvement, du plus petit son qui indiquerait que le spectacle va débuter. Que quelque chose va se passer. Silence et pénombre vont pourtant accompagner, ponctuer, habiller tout le spectacle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578985.jpg?v=1727722558" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Quand la lumière paraît sous forme d'un rectangle de lumière qui éclate au sol de blancheur, Denis Lavant se place l'avant des chaussures mordant ce petit rectangle comme s'il était juste au bord. Et puis le silence. Et puis <span style="font-style:italic">&quot;Encore. Dire encore. Soit dit encore. Tant mal que pis encore. Jusqu'à plus mèche encore. Soit dit plus mèche encore.&quot;</span> prononce la silhouette <span style="font-style:italic">&quot;mains inclinées sur crâne atrophié&quot;</span>, tel un spectre aux traits inversés par l'éclairage venant d'en bas. Comme les enfants font peur aux adultes en braquant une torche sous leurs mentons.       <br />
               <br />
       Il y a en effet de la gaminerie encore dans le texte de Samuel Beckett, avec des éclats d'humour qui font briller la dérision de l'existence. Il y a surtout, dans ce texte comme dans la plupart des textes de l'auteur, une exploration des profondeurs de l'âme humaine. Ou plutôt, une fouille d'un état de conscience qui se fiche bien de toute l'apparence futile et sonnante de la vie belle.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Cap au pire&quot;, Beckett explore ce qui peut s'exprimer de l'humain lorsqu'il se trouve suspendu dans un instant. Enfermé dans un instant. L'écriture extrême, désarticulée, dégrammatalisée, désyntaxée, parfois déformée, qu'il emploie est la matière et le fond même de ce qu'il dit. Plus rythme que sens, il parvient pourtant à former des images, de l'imaginaire, un vieil homme qui tient la main d'un enfant comme un pont temporel, l'imaginaire qui semble finalement au centre même du propos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578993.jpg?v=1727722583" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Denis Lavant se laisse devenir le conducteur de ce cheminement de mots. Au rythme, il ajoute le souffle, pourtant dans une immobilité totale. Le texte de Beckett bouillonne tranquillement en lui comme une marmite sur le coin du feu, et les mots s'envolent de sa bouche comme des vapeurs et dessinent dans la pénombre du plateau l'imaginaire âpre, presque cadavérique, fragile et puissant.       <br />
              <br />
       Lorsqu'on parle à Denis Lavant du personnage qu'il incarne, il rit et dit : <span style="font-style:italic">&quot;Quel personnage ?&quot;.</span> C'est tout le paradoxe. Qu'il incarne avec tout son beau talent et, cependant, c'est bien la matière même du texte, des mots, de la parole qui agit sur scène. L'écriture est cependant bien la force appelée, comme on appelle un esprit autour d'une table de salon. Tout fait référence à cette discipline qui emporte celui qui la pratique dans un autre calcul du temps, un autre espace, une vision.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Jacques Osinski empêche tout parasite susceptible de corrompre le texte. La pénombre domine pour ne laisser que l'acteur posé sur sa page blanche dire les mots. Laissant Denis Lavant dans une immobilité (qui n'empêche pas celui-ci de vivre ses mots en un joli vagabondage de l'esprit), tout le tragique, tout le comique du texte et toutes ces brisures qui montrent ces moments où l'âme tressaille et se fêle, sont ainsi mises en valeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578994.jpg?v=1727722630" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Cela demande une certaine exigence pour le spectateur, mais &quot;Cap au pire&quot; donne la rare occasion de toucher des zones obscures, sortes de terrains vagues de perdition que chacun porte craintivement caché en lui.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cap au pire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578996.jpg?v=1727722665" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Texte : Samuel Beckett.       <br />
       Traduction : Édith Fournier (Éditions de Minuit)       <br />
       Mise en scène : Jacques Osinski.       <br />
       Avec : Denis Lavant.       <br />
       Lumières : Catherine Verheyde.       <br />
       Scénographie : Christophe Ouvrard.       <br />
       Costumes : Hélène Kritikos.       <br />
       Production Cie L’aurore boréale.       <br />
       Avec le soutien du Théâtre des Halles, Scène d'Avignon.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 septembre au 19 octobre 2024.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi à 20 h, jeudi à 19 h et samedi à 16 h.       <br />
       Théâtre 14, Paris 14e, 01 45 45 49 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre14.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre14.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83160287-59578985.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Cap-au-pire-L-avant-derniere-oeuvre-de-Beckett-mise-en-corps-par-un-Denis-Lavant-transcendant_a4052.html</link>
  </item>

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   <title>"L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…</title>
   <pubDate>Tue, 13 Feb 2024 16:57:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Mais de qui sont-ils le nom, ces deux magnifiques clochards célestes plantant ingénument leur regard océanique dans le nôtre, jusqu'à nous faire chavirer dans leur monde ? Un monde déserté par le commun et habité pour autant par l'ordinaire, un monde extraordinairement banal. Qui sont-ils ces deux baladins, unis à la vie à la mort jusqu'à ne faire qu'un, pour épouser les déshérences immobiles de deux êtres contemplant l'infini vertige d'être là, devant nous, dans le décor des murs imbibés de pluie de L'Atelier des Marches, en attente d'un je ne sais quoi restant - qui en eût douté ? - sans réponse, Dieu s'étant tu depuis belle lurette…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867945.jpg?v=1688021898" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Du Beckett sans Beckett, les deux larrons Matthieu Boisset et Daniel Strugeon - répliques mnésiques de Mercier et Camier - s'étant affranchis du maître à penser (en rond) laissent libre cours à leur imaginaire débridé, surfant à l'envi sur leur vague à l'âme existentiel dont ils font matière à (ré)jouir. Une bicyclette, un sac à dos, une parka, un parapluie à baleines à partager sont leurs seuls biens terrestres, mais peu importe… la richesse étant ailleurs pour ceux qui, sur un plateau noir et humide, ont la tête dans les nuages et le nez au vent du grand large.       <br />
              <br />
       Une heure durant nous allons les suivre pas à pas, roue à roue, leurs tribulations articulées aux éclats de leurs mots nourrissant notre rêverie vagabonde. <span style="font-style:italic">&quot;Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils&quot;,</span> confiait Baudelaire. Ici, la pluie intermittente s'est substituée à l'orage et les éclats de rire font office de brillants soleils. Car leur voyage au bout de nulle part n'est qu'en apparence un surplace en sol glissant, tant leurs échanges, si tendus peuvent-ils être parfois, constituent un itinéraire (é)mouvant menant - à l'épreuve de la route - vers encore plus de fraternité vécue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867946.jpg?v=1688021956" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Parler aussi du silence. Ce silence augural qui règne en maître des lieux, silence précédant l'entrée en scène successive des deux compères dévisageant longuement les &quot;assis&quot; comme on le ferait vis-à-vis d'intrus s'immisçant dans l'intimité de l'histoire à venir, une histoire qui n'appartient à personne, ni à eux, ni aux spectateurs. Plan large puis très rapproché sur Mercier et Camier franchissant toute la largeur du plateau, yeux dans les yeux, pour se rejoindre jusqu'à presque s'embrasser sur les lèvres… Alternant dialogues au style direct et commentaires délivrés à la troisième personne, les protagonistes énoncent la genèse foireuse de leur odyssée fictive.       <br />
              <br />
       Humour savoureux, <span style="font-style:italic">&quot;- Si on s'assoyait, ça m'a vidé… - Tu veux dire s'asseyait ? - Assoyons-nous alors.&quot;,</span> des règles de conjugaisons élevées à la hauteur des règles de vie de ces deux paumés sans attache. Poésie de la pluie effaçant les traces de leur passé, pour ouvrir sur un ciel d'azur… avant la prochaine averse, et vice-versa (à grand seau d'eau). Anarchisme débonnaire, <span style="font-style:italic">&quot;- À qui cette bicyclette ? - Admettons qu'elle soit à nous. - Soyons francs : elle est à nous.&quot;,</span> trouant l'esprit de sérieux pour porter haut le goût de la fantaisie joyeuse. Une fête des &quot;sens&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867947.jpg?v=1688021986" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Les grincements du vélo ployant sous le poids conjugué des deux acolytes en mal de nature, les rires d'une &quot;franche gaieté&quot; (commentaire à la troisième personne) causés par la fistule arrière de l'un des deux, peuplent le voyage immobile de leurs éclats stridents sur fond d'échanges iconoclastes : <span style="font-style:italic">&quot;- Qu'avons-nous fait à Dieu ? - Nous l'avons renié.&quot;</span> Le jeu de la provocation se poursuit à fleurets mouchetés envoyant l'un des deux à un trépas de théâtre, avant de défier, tel un Dom Juan ressuscité, la puissance divine en lançant vers les cintres le parapluie défait. Pluie, parapluie et entrain contagieux, une triade conduisant tout naturellement au morceau d'anthologie de Gene Kelly interprétant &quot;Singing in the rain&quot;… sauf que là - on n'est pas looser pour rien - le pépin restera désespérément coincé.       <br />
              <br />
       Aux moments d'euphorie succèdent des accès de lucidité désespérants <span style="font-style:italic">(&quot;Finalement seul, malade, dans le froid, empêtré dans une histoire sans issue…&quot;)</span> auxquels font suite des instants de pure insouciance comme celui où l'un se goinfre d'un œuf extrait d'une poubelle providentielle alors que l'autre sous la pluie drue se gargarise &quot;à l'aveugle&quot; (cf. Tirésias) de considérations mythologiques débouchant sur cette saillie digne des philosophes stoïciens : <span style="font-style:italic">&quot;Finalement, il fait le même temps que toujours, avec cette différence qu'on s'y habitue&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en abyme finale, atteinte en état de quasi lévitation, rendra aux personnages, aux acteurs les interprétant (magnifiquement) et au public les observant, leur place… confondue dans la même entité magnétique : celle d'une existence à ne surtout pas prendre au sérieux sous peine d'en être privé à jamais. Un très beau moment de théâtre, saisissant de vérité humaine.       <br />
              <br />
       <b>Sortie de résidence. Vu le jeudi 22 juin 2023 à l'Atelier des Marches (de Jean-Luc Terrade), Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Odyssée des foireux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867948.jpg?v=1688022024" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Librement inspirée des romans de Samuel Beckett.       <br />
       Mise en scène : Matthieu Boisset et Daniel Strugeon.       <br />
       Jeu : Matthieu Boisset et Daniel Strugeon.       <br />
       Par la Compagnie Dies Irae.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 18 février 2024.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à  20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Au Lieu sans nom, Bordeaux (33), 09 54 05 50 54 ou 06 62 29 92 95.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('collectif.lescure@gmail.com')" >collectif.lescure@gmail.com</a> ou <a class="link" href="javascript:protected_mail('ciediesirae@free.fr')" >ciediesirae@free.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78342374-56867949.jpg?v=1688023140" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78342374-56867945.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Odyssee-des-foireux-Rires-d-hommes-entre-deux-pluies_a3818.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-73769412</guid>
   <title>"L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…</title>
   <pubDate>Thu, 29 Jun 2023 08:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Mais de qui sont-ils le nom, ces deux magnifiques clochards célestes plantant ingénument leur regard océanique dans le nôtre, jusqu'à nous faire chavirer dans leur monde ? Un monde déserté par le commun et habité pour autant par l'ordinaire, un monde extraordinairement banal. Qui sont-ils ces deux baladins, unis à la vie à la mort jusqu'à ne faire qu'un, pour épouser les déshérences immobiles de deux êtres contemplant l'infini vertige d'être là, devant nous, dans le décor des murs imbibés de pluie de L'Atelier des Marches, en attente d'un je ne sais quoi restant - qui en eût douté ? - sans réponse, Dieu s'étant tu depuis belle lurette…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315254.jpg?v=1688021898" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Du Beckett sans Beckett, les deux larrons Matthieu Boisset et Daniel Strugeon - répliques mnésiques de Mercier et Camier - s'étant affranchis du maître à penser (en rond) laissent libre cours à leur imaginaire débridé, surfant à l'envi sur leur vague à l'âme existentiel dont ils font matière à (ré)jouir. Une bicyclette, un sac à dos, une parka, un parapluie à baleines à partager sont leurs seuls biens terrestres, mais peu importe… la richesse étant ailleurs pour ceux qui, sur un plateau noir et humide, ont la tête dans les nuages et le nez au vent du grand large.       <br />
              <br />
       Une heure durant nous allons les suivre pas à pas, roue à roue, leurs tribulations articulées aux éclats de leurs mots nourrissant notre rêverie vagabonde. <span style="font-style:italic">&quot;Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils&quot;,</span> confiait Baudelaire. Ici, la pluie intermittente s'est substituée à l'orage et les éclats de rire font office de brillants soleils. Car leur voyage au bout de nulle part n'est qu'en apparence un surplace en sol glissant, tant leurs échanges, si tendus peuvent-ils être parfois, constituent un itinéraire (é)mouvant menant - à l'épreuve de la route - vers encore plus de fraternité vécue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315255.jpg?v=1688021956" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Parler aussi du silence. Ce silence augural qui règne en maître des lieux, silence précédant l'entrée en scène successive des deux compères dévisageant longuement les &quot;assis&quot; comme on le ferait vis-à-vis d'intrus s'immisçant dans l'intimité de l'histoire à venir, une histoire qui n'appartient à personne, ni à eux, ni aux spectateurs. Plan large puis très rapproché sur Mercier et Camier franchissant toute la largeur du plateau, yeux dans les yeux, pour se rejoindre jusqu'à presque s'embrasser sur les lèvres… Alternant dialogues au style direct et commentaires délivrés à la troisième personne, les protagonistes énoncent la genèse foireuse de leur odyssée fictive.       <br />
              <br />
       Humour savoureux, <span style="font-style:italic">&quot;- Si on s'assoyait, ça m'a vidé… - Tu veux dire s'asseyait ? - Assoyons-nous alors.&quot;,</span> des règles de conjugaisons élevées à la hauteur des règles de vie de ces deux paumés sans attache. Poésie de la pluie effaçant les traces de leur passé, pour ouvrir sur un ciel d'azur… avant la prochaine averse, et vice-versa (à grand seau d'eau). Anarchisme débonnaire, <span style="font-style:italic">&quot;- À qui cette bicyclette ? - Admettons qu'elle soit à nous. - Soyons francs : elle est à nous.&quot;,</span> trouant l'esprit de sérieux pour porter haut le goût de la fantaisie joyeuse. Une fête des &quot;sens&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315277.jpg?v=1688021986" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Les grincements du vélo ployant sous le poids conjugué des deux acolytes en mal de nature, les rires d'une &quot;franche gaieté&quot; (commentaire à la troisième personne) causés par la fistule arrière de l'un des deux, peuplent le voyage immobile de leurs éclats stridents sur fond d'échanges iconoclastes : <span style="font-style:italic">&quot;- Qu'avons-nous fait à Dieu ? - Nous l'avons renié.&quot;</span> Le jeu de la provocation se poursuit à fleurets mouchetés envoyant l'un des deux à un trépas de théâtre, avant de défier, tel un Dom Juan ressuscité, la puissance divine en lançant vers les cintres le parapluie défait. Pluie, parapluie et entrain contagieux, une triade conduisant tout naturellement au morceau d'anthologie de Gene Kelly interprétant &quot;Singing in the rain&quot;… sauf que là - on n'est pas looser pour rien - le pépin restera désespérément coincé.       <br />
              <br />
       Aux moments d'euphorie succèdent des accès de lucidité désespérants <span style="font-style:italic">(&quot;Finalement seul, malade, dans le froid, empêtré dans une histoire sans issue…&quot;)</span> auxquels font suite des instants de pure insouciance comme celui où l'un se goinfre d'un œuf extrait d'une poubelle providentielle alors que l'autre sous la pluie drue se gargarise &quot;à l'aveugle&quot; (cf. Tirésias) de considérations mythologiques débouchant sur cette saillie digne des philosophes stoïciens : <span style="font-style:italic">&quot;Finalement, il fait le même temps que toujours, avec cette différence qu'on s'y habitue&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en abyme finale, atteinte en état de quasi lévitation, rendra aux personnages, aux acteurs les interprétant (magnifiquement) et au public les observant, leur place… confondue dans la même entité magnétique : celle d'une existence à ne surtout pas prendre au sérieux sous peine d'en être privé à jamais. Un très beau moment de théâtre, saisissant de vérité humaine.       <br />
              <br />
       <b>Sortie de résidence. Vu le jeudi 22 juin 2023 à l'Atelier des Marches (de Jean-Luc Terrade), Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Odyssée des foireux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315287.jpg?v=1688022024" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
     <div>
      Librement inspirée des romans de Samuel Beckett.       <br />
       Mise en scène : Matthieu Boisset et Daniel Strugeon.       <br />
       Jeu : Matthieu Boisset et Daniel Strugeon.       <br />
       Par la Compagnie Dies Irae.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.marchesdelete.com/261" target="_blank">&gt;&gt; marchesdelete.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://ciediesirae.fr/" target="_blank">&gt;&gt; ciediesirae.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73769412-51315304.jpg?v=1688023140" alt=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" title=""L'Odyssée des foireux" Rires d'hommes entre deux pluies…" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73769412-51315254.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Odyssee-des-foireux-Rires-d-hommes-entre-deux-pluies_a3632.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-69628722</guid>
   <title>"Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…</title>
   <pubDate>Fri, 16 Dec 2022 16:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Samuel Beckett - cf. "En attendant Godot" - développe une inclination avérée pour les êtres pris dans les rets d'un temps statique n'arrêtant pas de passer en eux. Flux immobile, essentiel pour dire le rien d'existences minuscules, au point de promouvoir ces passants ordinaires au rang de prototypes du vide existentiel. Alors, ressassant en boucle trois journées, ressuçant avec envie des cailloux, l'homme et la femme confondus dans la même entité font résonner leur voix dans le désert du plateau du Lieu sans Nom. Dans une mise en scène très beckettienne de Christian Lousteau, elles vont nous parvenir, intactes…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666574.jpg?v=1671207005" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      Plongées dans une nuit éclairée par un ciel constellé d'étoiles fixes et d'une lune immobile, ces deux &quot;têtes mortes&quot; de l'écrivain irlandais vont dévider chacune leur tour leurs menus propos auxquels elles s'accrochent fébrilement comme les naufragés à leur bouée. Et comme être, c'est parler, elles vont parler, parler encore, parler avec l'obstination chevillée au corps de ne rien dire, les mots comme elles faisant du surplace. Dire l'échec à dire, tel semble être le mantra de ces êtres s'adressant à un décor, vide.       <br />
              <br />
       D'emblée, émergent de l'obscurité qui les recouvrait, dans une composition pouvant faire penser à l'univers de Pierre Soulages, deux êtres assis sur le même banc, se tournant le dos, irrémédiablement liés par leur condition commune. C'est &quot;lui&quot; d'abord qui va rompre le long silence. De son récit circulaire ressortent la primauté de la couleur blanche (la robe d'un cheval, le visage de sa mère…), de ses amours non-vécus sauf dans la contemplation d'animaux immobiles, de ses fulgurants accès de rage, pour finir par son seul regret - <span style="font-style:italic">&quot;tout ce que je regrette, c'est d'avoir vu le jour, c'est si long, mourir, si lassant à la longue&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666575.jpg?v=1671207042" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;À quoi ça sert de continuer cette histoire… Un jour, je dois finir, pourquoi pas maintenant ?&quot;.</span> Dans la tête du vieil homme - incarné par Christian Lousteau dans un rôle de composition lui collant parfaitement à la peau - comme un précipité chimique s'impose le tableau de ses géniteurs au paradis. Souhaiter l'enfer pour continuer à les maudire, surtout la mère qu'il aurait bien voulu tuer avant sa naissance… Et l'image encore et toujours de celle qui lui a donné le jour, <span style="font-style:italic">&quot;pendue à la fenêtre, pleurant et gesticulant&quot;</span>, le visage obsédant de cette mère maudite, sans que l'on sache vraiment si elle est vivante ou morte, figurant le point de capiton liant entre elles ces trois journées rigoureusement identiques, du lever du jour jusqu'au soir tombant.       <br />
              <br />
       Fait effraction dans le magma inerte de ce temps figé, advenant comme une parenthèse enchantée - il n'y a qu'à voir les visages des deux acteurs s'illuminer soudain - l'épisode des cailloux retrouvés au fond des poches de Molloy… En effet, si échapper au flux et reflux d'un temps se répétant à satiété consiste à trouver un &quot;passe-temps&quot; susceptible de l'anéantir, celui-ci est à trouver du côté d'une occupation absorbante faisant oublier justement que le temps n'arrête pas de charrier les mêmes obsessions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666888.jpg?v=1671207154" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      La monstration jusqu'à plus soif des cailloux à sucer, passant avec bonheur du pantalon au manteau à la bouche et vice versa, dans un ballet ludique ininterrompu, annihile la perception du temps, délivrant ainsi de son emprise. Mais le remède sera de courte durée. Ce temps de répit volé à la marche implacable des heures et des jours est un leurre, rien ne peut arrêter son cours… Rien donc à ajouter à cela que sauter des centaines, voire des milliers de journées avant d'arriver au &quot;rendez-vous&quot;, apaisé.       <br />
              <br />
       C'est maintenant au tour d'&quot;elle&quot;, l'incarnation de sa voix intérieure, d'occuper l'espace de sa parole vive… Intervertissant leur place sur le banc, elle va égrener - visage illuminé de la comédienne -, comme on le ferait des perles d'un chapelet, les vicissitudes de &quot;leur&quot; rencontre immobile. Histoire d'un vieux couple fusionnel, lui et sa voix traitée là comme une entité autonome. Dévouée corps et âme à celui qui l'abrite, elle s'adonne à des calculs abracadabrantesques pour faire des chiffres le métronome de leur existence à jamais solitaire… jusqu'à ce que l'on pourrait trop hâtivement prendre pour un dénouement heureux, vite démenti par le regard errant adressé à nous, leurs semblables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666903.jpg?v=1671207241" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
     </div>
     <div>
      Cette représentation - mettant en jeu avec une grande pertinence, tant dans son interprétation millimétrée que dans sa scénographie dépouillée, les enjeux de l'univers beckettien - trouve ici l'écho recherché &quot;en meublant&quot; le vide abyssal de ces non-existences…       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Vivre est errer seul vivant au fond d'un instant sans bornes, où la lumière ne varie pas et où les épaves se ressemblent&quot;,</span> écrivait l'auteur dans son roman &quot;Molloy&quot;. Ainsi en va-t-il de cette belle soirée théâtrale où le verbe, à vide, suspendu à une voûte céleste parsemée d'étoiles fixes, s'est répété inlassablement pour faire résonner en abyme l'impensable vacuité de la condition humaine.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 8 décembre au Lieu sans Nom de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trois jours et des cailloux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69628722-48666904.jpg?v=1671207424" alt=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" title=""Trois jours et des cailloux" Un banc, un homme, une femme… et un passé décomposé à l'envi…" />
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     <div>
      D'après deux &quot;Têtes mortes&quot; de Samuel Beckett  : &quot;D'un ouvrage abandonné&quot; et &quot;Assez&quot;.       <br />
       Mise en scène : Christian Loustau.       <br />
       Avec : Cécile Laufman et Christian Loustau.       <br />
       Lumières : Jean-Pascal Pracht.       <br />
       Régie : Alain Raimond.       <br />
       Par la Compagnie Tiberghien.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du jeudi 8 au dimanche 11 décembre 2022.</b>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.lelieusansnom.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lelieusansnom.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/69628722-48666574.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Trois-jours-et-des-cailloux-Un-banc-un-homme-une-femme-et-un-passe-decompose-a-l-envi_a3474.html</link>
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