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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-11T02:42:00+02:00</dc:date>
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   <title>"Exploits Mortels" expose et explose sur le mode BD un univers familial déjanté et pourtant si proche de la réalité</title>
   <pubDate>Tue, 11 Feb 2025 13:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   François Rancillac est au théâtre ce que les chefs d'orchestres sont à la musique classique. Face à une partition textuelle complexe, il parvient grâce à son expérience, sa sensibilité et son talent de metteur en scène et de directeur d'actrices et d'acteurs à donner le concert, la représentation qui fera briller autant le compositeur que les interprètes du livret… comme on dit dans le musical. La faute à son attachement à parts égales pour les auteurs et pour les interprètes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86396219-61463741.jpg?v=1739282156" alt=""Exploits Mortels" expose et explose sur le mode BD un univers familial déjanté et pourtant si proche de la réalité" title=""Exploits Mortels" expose et explose sur le mode BD un univers familial déjanté et pourtant si proche de la réalité" />
     </div>
     <div>
      C'est encore le cas avec &quot;Exploits Mortels&quot; qui porte si mal son titre, car aucun exploit véritable ne vient traverser cette histoire. Encore que… Il est vrai que pour Josefine, la soirée d'anniversaire de sa mère est de celles qui comptent puisque ça sera sa dernière soirée. Fin du suspense. L'héroïne décède dès le début du spectacle, fauchée par une voiture à la sortie du restaurant grec où se déroule la fête.       <br />
              <br />
       Alors la construction du puzzle imaginé par Rasmus Linberg se met en place, pièce par pièce, témoignage après témoignage, devant ce bureau de l'officier de police qui prend les dépositions de chaque participant à cette soirée d'anniversaire. Des pièces de puzzle qui dépassent très vite le temps de cette soirée d'où Josefine s'est enfuie en courant dans un état si vif qu'elle ne vit pas la voiture qui fonçait sur elle dans la nuit. Une fête d'anniversaire qui remue le passé. Fête de famille. Et quelle famille !       <br />
              <br />
       L'auteur suédois s'amuse à tendre et détendre les différents liens familiaux qui unissent ce qu'on appelle une cellule familiale, qui porte si bien ce nom puisque l'on retrouve des cellules dans toutes les prisons du monde. Outre la fille, Josefine, en rupture émotionnelle avec sa mère, il y a le frère dans une continuelle attente de réussite, sa copine superficielle, le père détaché de tout, blasé, la vieille tante atteinte d'un insupportable optimisme rasant, et Maman. Maman et sa carrière débordante, suractive, sur-stressée, sur-ambitieuse et surtout insatisfaite perpétuelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86396219-61463746.jpg?v=1739282192" alt=""Exploits Mortels" expose et explose sur le mode BD un univers familial déjanté et pourtant si proche de la réalité" title=""Exploits Mortels" expose et explose sur le mode BD un univers familial déjanté et pourtant si proche de la réalité" />
     </div>
     <div>
      Cette mère est comme le tronc de l'arbre familial qui donne la sève à chaque membre, chaque branche, mais elle est aussi celle qui a fini par inoculer du poison de la déception dans les vies de toute la famille. Mais ce soir, Josefine a décidé de parler, de sortir tout ce qu'elle a sur le cœur, de jeter un grand coup de pied dans la fourmilière et de s'en libérer une bonne fois pour toutes, de commencer sa vraie vie… croit-elle. Elle est venue pour cette raison dans ce restaurant à cette soirée, uniquement pour cela.       <br />
              <br />
       Ce sont deux comédiennes qui vont interpréter l'ensemble des personnages. Léna Bokobza-Brunet et Christine Guênon, toutes deux d'une habileté impressionnante pour passer de l'un à l'autre, rôle d'un simple changement d'attitude, d'un maintien différent, d'une manière de proférer les mots personnalisée. Chacune, dans son style de jeu, a réussi à trouver une harmonie, une complémentarité rare. Bref, c'est un duo mortel.       <br />
              <br />
       Le décor, qui est modulable à la manière des puzzles en bois découpé pour les bébés, leur permet de faire évoluer la salle de restaurant, de sortir une table du sol ou d'extraire une porte pour la transformer en toilettes. Avec elles, Florian d'Arbaud joue le personnage de l'officier de police qui reçoit les dépositions et intervient par moment en régisseur son, avec des bruitages et des enregistrements qui renforcent le côté BD du décor créé par Raymond Sarti, peint en noir et blanc, à larges traits.       <br />
              <br />
       La mise en scène de François Rancillac réussit à rendre visible et le plus souvent risible le texte de Rasmus Linberg qui fait se télescoper les différents dialogues, les multiples et rapides apparitions des personnages. Ses deux comédiennes parviennent à insuffler un rythme intense à leurs rôles. Elles y ajoutent une sorte de distance qui donne des espaces dans lesquels le rire et la drôlerie peuvent s'engouffrer. Une mécanique redoutable qui transforme un drame en vision corrosive et burlesque et présente la famille comme un assemblage terrible de frustrations, de contagions et de crises perpétuelles, dans une belle bonne humeur.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Collège H. Barbusse, Bagneux (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Exploits Mortels"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86396219-61463747.jpg?v=1739282256" alt=""Exploits Mortels" expose et explose sur le mode BD un univers familial déjanté et pourtant si proche de la réalité" title=""Exploits Mortels" expose et explose sur le mode BD un univers familial déjanté et pourtant si proche de la réalité" />
     </div>
     <div>
      Texte : Rasmus Linberg.       <br />
       Traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy.       <br />
       Mise en scène : François Rancillac.       <br />
       Avec : Léna Bokobza-Brunet, Christine Guênon et Florian d'Arbaud       <br />
       Scénographie : Raymond Sarti.       <br />
       Conception son, régie générale et son : Florian d'Arbaud.       <br />
       Chansons composées par Bernard Cavanna.       <br />
       Construction décor : Lycée professionnel Jules Verne - DTMS - machine constructeur (Sartrouville).       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Mercredi 19 février 2025 : MJC Montchapet, Dijon (21).       <br />
       Du 8 au 10 avril 2025 : Maison des Arts du Léman - Scène Conventionnée, Thonon-les-Bains (74).       <br />
       Mardi 8 avril 2025 : Théâtre du Casino, Évian-les-Bains (74).       <br />
       Mercredi 9 avril 2025 : Salle du stade, Perrignier (74).       <br />
       Jeudi 10 avril 2025 : Maison des Jeunes et de la Culture, Douvaine (74).       <br />
       Du 14 au 18 avril 2025 : en itinérance avec le Théâtre de L'Union - CDN, Limoges (87).       <br />
       Du 20 au 22 mai 2025 : Collège Marie Curie, avec le Théâtre du Garde-Chasse, Les Lilas (93).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*</title>
   <pubDate>Mon, 21 Oct 2024 15:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Angélique Kidjo, la "diva africaine" est sans doute écoutée dans les salons des hôtels particuliers du XVIᵉ. Elle est artiste, riche et noire aussi. Et ça, pour l'entre soi du monde bourgeois, ce n'est pas pareil que voir soudain défiler, sous un double vitrage étincelant, des migrants du monde entier, pour rejoindre un centre d'hébergement d'urgence qui leur est destiné.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854215.jpg?v=1729606627" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Angélique Kidjo n'a pas été invitée à chanter lorsque cette racaille (aucune raison que cela ne fonctionne que pour les méchants délinquants des cités) blindée aux as s'est fortement opposée au projet mené par la ville de Paris et l'association &quot;Aurore&quot; d'installer ce centre Porte de Passy, à la lisière du bois de Boulogne.       <br />
              <br />
       Panique dans le seizième ! Pas contents les gens. Lors d'une réunion publique, en 2016, la violence des riverains opposés à cette installation considérée de leur point de vue comme &quot;le nouveau Sangatte&quot; avait fait grand bruit. <span style="font-style:italic">Pas de jungle dans nos quartiers !</span> Et autres insultes envers les élus bien motivés à tenir cette promesse face aux délinquants bourgeois du XVIᵉ.       <br />
              <br />
       Le célèbre couple Pinçon-Charlot, délicieux à la ville comme à l'écran, en avait, à l'époque, tiré une bande dessinée humoristique et caustique à souhaits. Ce couple, depuis toujours, axe le cœur de leur travail autour de la grande bourgeoisie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854270.jpg?v=1729606650" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Ils y étaient donc en 2016, ont entendu et vu les cris des habitants du XVIᵉ, ils y ont même squatté, munis de leurs dépliants de campings devant l'Université Dauphine, pour ne rien rater de cette colère fortement exagérée des riches, soudains bousculés dans leurs vies quotidiennes.       <br />
              <br />
       Panique dans le seizième ! Proprios, costards et tailleurs cinq étoiles sont allés jusqu'à menacer d'un incendie !       <br />
              <br />
       Cette BD, &quot;Panique dans le seizième !&quot;, est adaptée par la Compagnie Sémaphore et Compagnie du Chameau. La pièce se joue actuellement au Théâtre Essaïon jusqu'à fin novembre. Je conseille vivement ce spectacle pour plusieurs raisons :       <br />
       L'hommage vibrant au couple Pinçon-Charlot, car si Michel Pinçon a quitté ce monde, il est indispensable de se rappeler à son combat.       <br />
              <br />
       Le souvenir d'une résistance de haut vol face à l'entre-soi bourgeois pâlot qui, de l'exotisme, n'aime que les safaris, les hôtels de luxe et les SPA ! Et que ce centre d'hébergement est né, perdure et continue d'exister. Hip hip hourra !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854277.jpg?v=1729606684" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      David Ruellan, comédien incarnant divers personnages, dont celui de Michel Pinçon, aussi, parce que, dans la vie, il est un homme engagé et un artiste ancré dans la réalité. Anne Veyry, metteure en scène d'une subtilité et sobriété impeccables, mettant en valeur le combat de mots sur le plateau avec justesse et fantaisie.       <br />
              <br />
       Béatrice Vincent, comédienne, qui s'en donne à corps et à cœur, incarnant parfaitement tous les personnages féminins, à commencer par Monique Pinçon-Charlot.       <br />
              <br />
       Ce centre d'hébergement se nomme &quot;La promesse de l'aube&quot;, c'est bien trouvé, car, grâce à toute la persévérance mise dans ce projet, le pari a été gagné.       <br />
       <b>◙ Isabelle Lauriou</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Angélique Kidjo.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Panique dans le seizième !"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83669576-59854279.jpg?v=1729606710" alt=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" title=""Panique dans le seizième !" Les bons gens vous montrent du doigt Porte toujours ce que tu crois Même s'ils disent que ça ne se fait pas*" />
     </div>
     <div>
      Texte : Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.       <br />
       Mise en scène : Anne Veyry.       <br />
       Distribution : David Ruellan, Béatrice Vincent.       <br />
       Par la Compagnie Sémaphore et la Compagnie du Chameau.       <br />
       Durée : 60 minutes.       <br />
              <br />
       Du 10 au 12 octobre 2024.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 octobre au 23 novembre 2024.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 21 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, Paris 4ᵉ, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83669576-59854215.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Panique-dans-le-seizieme--Les-bons-gens-vous-montrent-du-doigt-Porte-toujours-ce-que-tu-crois-Meme-s-ils-disent-que-ca_a4065.html</link>
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   <title>"Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien</title>
   <pubDate>Fri, 22 Mar 2024 06:29:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La nuit polaire et ses brumes intranquilles semblent féconder l'imaginaire des écrivains scandinaves au point de leur faire enfanter des histoires où le temps vole en éclats comme les existences qu'il surplombe. Aussi ne devrait-on pas être surpris que le dramaturge suédois Rasmus Lindberg ait proposé, pour sa première pièce ("Le mardi où Morty est mort"), un objet littéraire sidérant d'inventivité explosive. Là, les diktats de la chronologie sont pulvérisés pour (dé)composer des tableaux impressionnistes révélant, comme sous l'effet de flashs, des personnages errant dans leur présent, entre un avenir fantasmé et leur passé insistant…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79054099-57311353.jpg?v=1711044082" alt=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" title=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" />
     </div>
     <div>
      Autant de tableaux projetés superbement sur scène par Pascale Daniel-Lacombe, directrice de La Méta - CDN Poitiers Nouvelle Aquitaine. S'appuyant sur une scénographie embrumée jusqu'à la gueule, fabriquée de dispositifs conduisant &quot;sur des rails&quot; les personnages s'ébattant sur plusieurs niveaux dans une mosaïque de vignettes animées et sonores se juxtaposant les unes aux autres, elle met en scène une comédie acidulée où les aiguilles de l'horloge semblent être devenues folles. Un espace-temps déstructuré où coexistent les désirs avortés, les frustrations enracinées et les espoirs fous d'une communauté… ordinaire.       <br />
              <br />
       Il y a là la grand-mère, dont le mari vient de clamser dans son fauteuil en énonçant en boucle la banalité des saisons répétitives ayant scandé sa traversée sans relief, lui &quot;qui a emporté le passé avec lui&quot;, et &quot;ce qui reste maintenant [à celle qui lui survit] c'est l'avenir&quot;. Sa petite fille brûlant d'un ailleurs plus stimulant que ce présent déjà fermé sur lui-même avant d'avoir été vécu. Son petit ami jaloux, jeune homme écorché vif, fils du pasteur, dévalorisé par son géniteur, revenu de tout et surtout de la religion dont il a fait vœu. Et puis, bien sûr, le médecin, encore plus seul depuis le jour où son chien (personnage central) lui a échappé en prenant son envol, lui qui ressasse en boucle ses ressentiments comme le dernier os qu'il lui reste à ronger. Point commun à toutes ces figures hautes en couleur, leur rapport au temps (qu'ils n'ont pas vécu, ou si mal) érigé en épicentre de leurs tourments existentiels.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79054099-57311354.jpg?v=1711044112" alt=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" title=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" />
     </div>
     <div>
      Émergeant d'un épais brouillard, les tableaux, côté jardin, du fauteuil tournant au rythme des scansions des non-événements revécus par le grand-père prêt à mourir, suivi immédiatement, côté cour, de celui de la croix et de son monticule de terre accroché tombant brutalement des cintres, donnent le ton… Immergé d'emblée dans cet univers décalé où la distanciation burlesque est là pour moquer ce que l'existence peut avoir de tragique, on est précipité à l'autre bout du plateau pour assister à l'enterrement… Un bijou de cocasseries iconoclastes marqué par le discours grandiloquent du pasteur, ponctué par des &quot;et bla, bla, blabla&quot; éloquents, suivi dans la foulée d'un jeté de bouquets des proches en direction de la tombe.       <br />
              <br />
       À la faveur de cette disparition rappelant aux distraits que la vie a un terme, les insatisfactions des uns et des autres se fraient un passage pour tonitruer joyeusement. La fabuleuse grand-mère, libérée désormais du passé, &quot;agrippe l'avenir par la peau du cou&quot; et se projette déjà à Cuba en tant qu'égérie de la cause ouvrière. Sauf qu'une mauvaise excroissance apparue sur sa joue contrarie son plan de vie à peine esquissé. L'annonce brutale de la mort imminente, faite à sa patiente par le médecin au petit chien, prend alors l'allure d'une somptueuse farce.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79054099-57311378.jpg?v=1711044143" alt=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" title=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" />
     </div>
     <div>
      La jeune fille, elle, lassée du quotidien partagé avec son petit ami énervé, sent qu'&quot;il s'est passé un petit truc&quot;, un truc ayant pour nom le prénom du médecin. Ce qui rend fou de rage le jeune homme qui se lance illico à la poursuite des deux amants sur sa bicyclette dont le phare éclairé brille dans la nuit du plateau. Le pasteur, lui, réalise qu'il a tout faux dans sa vie, hésite à faire le grand saut vers son non-avenir, avant de se dépouiller de ses vêtements et d'errer en caleçon chaussettes dans le cimetière comme une âme en peine…       <br />
              <br />
       Mais la vedette du tableau inénarrable revient sans nul doute au chien du rôle-titre. Incarné au plateau par une serpillère à franges, dont la laisse serait le manche, au gré de l'humeur tourmentée du médecin, il réalise des chorégraphies des plus acrobatiques… avant d'échapper à la voix de son maître, d'être touché en plein vol par la balle perdue tirée par le jeune homme nerveux… et d'atterrir en charpie sur les genoux de la grand-mère venue sur la tombe de son défunt époux. Auparavant, il aura tenu le rôle de confident muet des lamentations du docteur se gargarisant des &quot;Si seulement, si seulement, si seulement…&quot;, tout en recherchant désespérément là où sa vie a déraillé, l'erreur première dont tout le reste découle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79054099-57311406.jpg?v=1711044335" alt=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" title=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" />
     </div>
     <div>
      Glissant sur des rails, d'arrière en avant, les dispositifs portent au premier plan les différents tableaux à une cadence syncopée, lorsqu'ils n'en présentent pas une vue panoramique comme le ferait une planche de BD. Au rythme accéléré du dérèglement du temps et des interférences entre les problématiques des uns et des autres, l'action se précipite vers &quot;sa chute&quot;. En effet, comme il est établi que l'on ne peut plus compter sur le présent, que l'on ne peut pas non plus s'accrocher au passé infréquentable, il ne reste plus qu'à oser… lâcher prise. C'est la grand-mère qui fera le premier pas dans cette direction, sautant de la rambarde pour voguer sereinement en apesanteur, détachée du poids des obligations… arrimée qu'elle est à des filins invisibles qui la relient aux cintres.       <br />
              <br />
       Une dernière touche à apporter pour dépeindre cet album &quot;fabuleux&quot;, celle d'une femme énigmatique, invisible des personnages sur scène, mais bien visible pour nous spectateurs. Il lui revient la fantaisie de traverser le plateau, en s'excusant presque de jouer l'intruse dans une histoire qui n'est pas la sienne, une histoire qu'elle va s'empresser de déserter afin de voyager pour ne pas finir là où elle l'a rejointe… Comme le témoin erratique d'une comédie humaine dans laquelle nous sommes nous-mêmes inclus.       <br />
              <br />
       &quot;Dan Då Dan Dog. Le jour où le chien nommé Jour (Dan) est mort&quot;, à plus d'un titre – le sien résonnant déjà comme une énigme à résoudre – réjouit notre besoin de théâtre, d'un théâtre &quot;extra-ordinairement&quot; vivant, libéré des attentes convenues et des écritures planifiées. En effet, la metteuse en scène, Pascale Daniel-Lacombe, a su de manière bluffante s'approprier les enjeux du texte de l'auteur suédois pour en délivrer, avec légèreté et profondeur, toute la fantaisie savoureuse. En insufflant, sur un plateau de théâtre quadrillé en aires de jeux, la dynamique burlesque propre à brouiller les frontières entre la mélancolie plombant l'existence et l'aspect roboratif de ce que vivre veut dire, elle nous offre l'opportunité d'un pur ravissement des sens. Une bouffée d'oxygène, revivifiant à souhait.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 15 mars dans la Grande salle Vitez du TnBA de Bordeaux (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dan Då Dan Dog. Le jour où le chien nommé Jour (Dan) est mort"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79054099-57311407.jpg?v=1711044369" alt=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" title=""Dan Då Dan Dog" Entre drôleries folles et mélancolies douces-amères, sept personnages en prise… avec une vie de chien" />
     </div>
     <div>
      Texte : Rasmus Lindberg.       <br />
       &quot;Dan Då Dan Dog&quot; est publié aux Éditions Espaces 34.       <br />
       Traduction : Marianne Segol-Samoy, Karin Serres.       <br />
       Mise en scène : Pascale Daniel-Lacombe.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Juliet Darremont-Marsaud.       <br />
       Avec : Étienne Bories, Étienne Kimes, Elsa Moulineau, Mathilde Panis, Ludovic Schoendoerffer, Jean-Baptiste Szezot, Mathilde Viseux.       <br />
       Dramaturgie : Marianne Segol-Samoy       <br />
       Scénographie : Pascale Daniel-Lacombe, Philippe Casaban et Éric Charbeau.       <br />
       Création lumière : Thierry Fratissier assisté de Manon Vergotte.       <br />
       Création sonore : Clément-Marie Mathieu.       <br />
       Composition musicale : Pascal Gaigne       <br />
       Soutien chorégraphique : Compagnie Ex Nihilo - Jean-Antoine Bigot et Anne Le Batard.       <br />
       Création costumes : Béatrice Ferron.       <br />
       Fabrication décor : Les Ateliers Théâtre de l'Union - CDN Limoges.       <br />
       Équipe de création accessoires scénographiques, Jérémie Hazael-Massieux, Clément-Marie Mathieu, Annie Onchalo, Laurent Boulé, Laurent Patard, Karlito Bouet-Levandoski, Étienne Kimes.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mercredi 13 au vendredi 15 mars 2024, Grande salle Vitez du TnBA à Bordeaux (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79054099-57311353.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Dan-Da-Dan-Dog-Entre-droleries-folles-et-melancolies-douces-ameres-sept-personnages-en-prise-avec-une-vie-de-chien_a3849.html</link>
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   <title>"Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*</title>
   <pubDate>Thu, 03 Mar 2022 07:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Anne Goscinny perd son papa à l'âge de 9 ans. Que se passe-t-il dans la tête d'une si jeune enfant lorsqu'un parent, aimant et tant aimé, disparaît brutalement ? Qu'elle s'appelle Anne Goscinny, fille du grand scénariste de bandes dessinées - René Goscinny - ne change rien au choc, à la douleur et au manque affectif qui vient soudain se poser comme une mauvaise herbe dans le jardin de l'insouciance.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62757721-45408970.jpg?v=1646244200" alt=""Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*" title=""Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*" />
     </div>
     <div>
      Un papa qui disparaît peut-il être remplacé ? Et son visage, ses câlins ou le bruit qu'il faisait quand il rentrait, peuvent-ils encore, dans un coin de la tête, exister ? Il n'y a que l'imagination pour le décider. Pour se sauver et reprendre goût à la réalité.       <br />
              <br />
       Anne Goscinny a raconté tout cela dans un livre intitulé &quot;Le Bruit des Clés&quot;. Et ce magnifique hommage est adapté au théâtre par la Compagnie Sémaphore qui, une fois de plus, a choisi un très beau texte, comme cadeau de rentrée.       <br />
              <br />
       C'est un cadeau, oui ! La comédienne qui interprète Anne Goscinny - Anne Veyry - amène toute sa joie de vivre et de multiples couleurs à cette petite fille de 9 ans. Elle se glisse dans la peau d'une enfant avec agilité et le public oublie l'adulte qui se présente à nous, en vrai. Elle virevolte, elle parle, elle chuchote et se confie à nous. Pas de tristesse excessive, de la légèreté et de l'humour pour s'évader.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62757721-45408974.jpg?v=1646244234" alt=""Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*" title=""Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*" />
     </div>
     <div>
      Anne Goscinny raconte la perte et aussi comment parvenir à faire le deuil d'un papa célèbre puisque mort, il continue néanmoins à être honoré et ses bandes dessinées sont toujours vendues et traduites dans le monde entier.       <br />
              <br />
       Anne est la fille de René. Peu importe ! Car c'est d'abord l'enfant qu'on regarde et des enfants qui ont vécu semblable tragédie, il y en beaucoup. Et beaucoup ont fait preuve d'imagination incroyable pour se sauver des torrents de larmes, des noirceurs à l'âme et de la colère parfois incontrôlable. Anne fait partie de ces enfants qui, du parent disparu, ne retiennent que le beau de cet être indispensable.       <br />
              <br />
       C'est à ce spectacle doux, subtil et attendrissant que je vous conseille d'assister. Ce &quot;bruit des clés&quot;, qui ne s'anime plus dans le vide-poche d'une entrée et qui rappelle à Anne l'absence du père tant aimé, est un petit bijou de sobriété.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62757721-45408979.jpg?v=1646244282" alt=""Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*" title=""Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*" />
     </div>
     <div>
      Ce spectacle est conçu pour le public à partir de 12 ans et je le recommande vivement aux grands également, aux adultes précisément, car il y a dans cette histoire d'amour quelque chose de grand : surmonter une peine et s'immiscer le temps d'un instant dans la force et le courage d'un enfant pour défier une des pires choses qu'il ne peut, si jeune, imaginer. Aucun enfant ne peut songer au silence pesant d'un parent qui, soudain, cesse de poser son regard aimant sur lui car la vie en a décidé autrement.       <br />
              <br />
       Aucun enfant n'est préparé à être brutalement séparé de son père ou de sa mère pour l'éternité.       <br />
              <br />
       Anne Goscinny est interprétée par Anne Veyry, l'absent &quot;bruit des clés&quot; est symbolisé par les notes de guitare d'un grand musicien très impliqué - Wim Hoogewerf -, le terrain de jeu de cet hommage bouleversant est signé David Ruellan.       <br />
       Et le tout est un vrai cadeau pour les vivants.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Phrase de Victor Hugo.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Bruit des Clés"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62757721-45408980.jpg?v=1646244312" alt=""Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*" title=""Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis*" />
     </div>
     <div>
      Texte : Anne Goscinny.       <br />
       Mise en scène :  David Ruellan.       <br />
       Avec :  Anne Veyry,  Wim Hoogewerf.       <br />
       Lumières : Lucile Garric.       <br />
       Production Cie Sémaphore.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 janvier au 29 avril 2022.</span>       <br />
       Le vendredi à 19 h 45.       <br />
       Comédie Saint-Michel, Paris 5e, 01 55 42 92 97.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comediesaintmichel.fr/?q=node/117" target="_blank">&gt;&gt; comediesaintmichel.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="http://compagnie.semaphore.free.fr/" target="_blank">&gt;&gt; compagnie.semaphore</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/62757721-45408970.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Bruit-des-Cles-Tu-n-es-plus-la-ou-tu-etais-mais-tu-es-partout-la-ou-je-suis_a3189.html</link>
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