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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-03-17T00:53:09+01:00</dc:date>
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   <title>"Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp</title>
   <pubDate>Wed, 18 Sep 2024 16:48:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La scène se déroule en avril 1944, dans une petite ville de Slovaquie, Zilina. Deux jeunes femmes, Marthe et Elsa, s'adressent au conseil juif de la ville pour demander de l'aide, mais surtout demander à être entendues. Elles semblent fatiguées, sont vêtues de hardes et n'ont aucun bagage. Elles disent s'être évadées d'un camp de prisonniers. Un camp en Pologne, dont la frontière n'est qu'à quelques dizaines de kilomètres. Un camp dont aucun des membres du conseil n'a entendu parler à cette époque : le camp d'Auschwitz.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400047.jpg?v=1726672840" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      En cette interminable période de guerre, la méfiance règne dans la communauté juive. Les plus folles rumeurs circulent un peu partout sur les exactions nazies. On se méfie des espionnages, toujours possibles. Le conseil décide alors de désigner deux personnages pour interroger les deux fugitives : un notable de la ville chez qui vont loger les deux jeunes femmes et un rabbin de Bratislava expressément appelé pour s'occuper de cette affaire.       <br />
              <br />
       Tout le fil dramatique de la pièce sera tendu dans une suite d'entretiens, d'interrogatoires aux allures bienveillantes, de révélations dont l'horreur aura toutes les peines du monde à être prise pour vérité tant elle semble inimaginable pour ceux dont la solution finale n'était pas encore connue. Par petites touches, par aveux successifs, par heurts plus ou moins violents, l'histoire se dévoile et les mises en doutes des deux enquêteurs, au début agressives, s'atténuent.       <br />
              <br />
       C'est passionnant de voir peu à peu, au fil des entretiens et des différentes révélations faites par les deux femmes, l'incrédulité des deux représentants de la communauté juive se fissurer, se fragiliser pour, à la toute fin, laisser place à l'effarement le plus total. Passionnant également de pouvoir assister alternativement aux deux points de vue : celui des deux hommes, leur méfiance vis-à-vis des deux jeunes femmes et de leur histoire, et celui des deux femmes, blessées par cette défiance, elles qui portent déjà blessures et honte des humiliations du camp.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400066.jpg?v=1726672900" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Comment témoigner d'une chose affreuse que l'on a subie ? Voici une des questions sous-jacentes qui viennent à l'esprit en assistant à cette pièce. On assiste ainsi au dépouillement pudique de deux jeunes femmes devant deux vieux hommes méfiants ; et c'est à la fois beau et terrible. Car outre la question centrale de la révélation de la Shoah qui est le centre de toute la pièce, la question de la liberté féminine dans un monde régi par les hommes ne cesse de surgir.       <br />
              <br />
       Loin de ne jamais tomber dans le pathos, la mise en scène d'Olivier Hamel et sa direction d'acteur donnent la distance nécessaire pour être touché sans être meurtri. La présence d'un guitariste (Thomas Griffaut, tout en délicatesse), qui ponctue la totalité du spectacle, apporte de belles respirations qui permettent au spectacle de rejoindre parfois l'esprit du conte. Une lumière chaude apporte de l'humanité à la dureté de certains échanges et des passages de la vie courante, joués avec légèreté, contrebalancent également le côté glacial de l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400093.jpg?v=1726673019" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Le jeu des comédiens et surtout celui des deux comédiennes qui interprètent les deux rescapées, Chloé Gigandon et Léonie Perriard, est suffisamment bien distancié pour faire sonner le ténébreux sans y sombrer, principalement lors de monologues aux descriptions terribles. Les cinq personnages aux caractères bien définis donnent une belle vie à cette pièce tirée d'une histoire vraie, dont s'est inspiré l'auteur, Alain Girodet, également interprète du rabbin. Un rabbin plutôt sévère face à un notable doux, mais faible (une très convaincante création de personnage d'Erik Chantry) dont la femme (d'une fausse légèreté d'apparence donnée par Ava Cohen) finit par s'émanciper.       <br />
              <br />
       Une histoire vraie dont le récit finit par parvenir aux alliés, avec une terrible question posée sur la table : faut-il bombarder Auschwitz ? Et tuer des dizaines de milliers de prisonniers pour peut-être sauver des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d'autres ?       <br />
              <br />
       L'histoire est belle, le traitement intelligent, les scènes jouées avec sincérité et implication, voilà une pièce que l'on reçoit avec douceur et d'où l'on ressort avec une bribe de notre histoire en plus ; un peu plus riche, en quelque sorte.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dieu ne fait rien pour les faibles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400094.jpg?v=1726673048" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alain Girodet.       <br />
       Mise en scène, scénographie, lumière et régie : Olivier Hamel.       <br />
       Avec : Erik Chantry, Ava Cohen, Chloé Gigandon, Alain Girodet, Léonie Perriard et Thomas Griffaut (guitare).       <br />
       Musique : Thomas Griffaut.       <br />
       Costumes et accessoires : Marie Javelaud.       <br />
       Production : Compagnie Être Ange et Art.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 29 septembre 2024.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Salle Studio, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12ᵉ, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82884358-59400047.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>"C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards</title>
   <pubDate>Thu, 21 Sep 2023 09:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est l'histoire tragique et bien trop méconnue des "Romaniotes", communauté juive, ni ashkénaze, ni séfarade, établie à Ioannina en Grèce à compter du troisième siècle avant l'ère chrétienne. La légende locale la concernant veut que ce soit Titus qui ait embarqué des Juifs de Palestine pour les vendre comme esclaves. Le bateau aurait fait naufrage sur les côtes d'Épire et ces captifs juifs auraient fondé la ville.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902093.jpg?v=1695282352" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      C'est la raison pour laquelle cette communauté juive est appelée &quot;romaniote&quot; - romaine -, car elle était sujette de l'Empire romain d'Orient, byzantine et de langue grecque. En Grèce, la Shoah a été particulièrement dévastatrice : 85 % de la communauté juive a été déportée et exterminée.       <br />
              <br />
       Au printemps 1943, un samedi, jour de repos hebdomadaire, c'est toute une culture qui a été rayée de la carte : la Wehrmacht déporte les Juifs de Ionnina vers le camp d'Auschwitz. Dans les années cinquante, Dimitris Hadzis, écrivain engagé, proche du parti communiste, a écrit &quot;La Fin de notre petite ville&quot;, un recueil de nouvelles dans lequel il relate avec beaucoup de nostalgie les fantômes de sa ville engloutie en ressuscitant leur mémoire... (Irène Bonnaud, Entretiens réalisés par François Rodinson pour le Théâtre Châteauvallon-Liberté en 2020).       <br />
              <br />
       En 2017, à l'occasion de son premier spectacle évoquant la guerre civile grecque, Irène Bonnaud rencontre le KET d'Athènes, un lieu d'activités culturelles, de débats publics et de solidarité situé dans le quartier de Kypseli. C'est cette &quot;scène politique pour l'art et la création&quot; que le Théâtre du Soleil accueille en cette rentrée 2023-2024, grâce à laquelle le public parisien découvre l'histoire trop méconnue des Romaniotes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902094.jpg?v=1695282395" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      Sur le plateau, onze petites figurines en terre cuite accueillent le public, figées dans leur éternité. Leurs ombres portées en fond de plateau les rendent immédiatement imposantes, comme vivantes. Puis la comédienne Fotini Banou se mêle délicatement à elles et s'adresse à nous en langue grecque, langue si particulière et si chatoyante. Toute de noir vêtue, elle irradie pourtant, et nous emporte spontanément à travers ses mots et ses chants élégiaques qui nous vont droit au cœur.       <br />
              <br />
       Son jeu est comme organique, ouvrant la porte à toutes les émotions imaginables face au propos évoqué. <span style="font-style:italic">&quot;Au moment de la rafle, les Allemands s'étaient installés aux balcons et nous regardaient, comme au théâtre.&quot; &quot;Il me faudrait le ciel pour papier et toute la mer pour exister.&quot;</span>       <br />
              <br />
       C'est un &quot;seule en scène&quot; qui ne l'est pas tout à fait, car le spectacle convoque une multitude de voix distinctes et polymorphes qui confronte le spectateur à des témoignages intenses et bouleversants. L'interprétation habitée de la comédienne chanteuse fait de ce spectacle un instant suspendu de mémoire vive, acéré, translucide.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902099.jpg?v=1695282422" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      À bien y regarder, le théâtre ne devrait-il pas toujours convoquer la notion de mémoire ? Et si, finalement, il le faisait déjà plus ou moins, indirectement, subtilement, depuis l'aube des temps… Ici, dans ce spectacle, c'est plutôt de façon brute et parfois presque chirurgicale qu'Irène Bonnaud &quot;met en scène&quot; la mémoire de ses ancêtres en s'appuyant à la fois sur une nouvelle du grand écrivain Dimitris Hadziz disparu en 1981 (Sabetaï Kabilis) et sur des témoignages de rescapés rencontrés en Grèce, en Israël ou encore aux États-Unis.       <br />
              <br />
       Spectacle polymorphe oscillant entre littérature, documentaire, poésie, témoignages et chants, &quot;C'était un samedi&quot; est une représentation bouleversante, une tragédie, certes, de laquelle n'émane pourtant pas que de la noirceur ou la tristesse. Loin de là.       <br />
              <br />
       C'est un hymne à la Vie, avec un grand V, comme en témoigne d'ailleurs le propos final relatant les mots d'une rescapée, Esther-Stella Cohen. À son retour des camps, cette femme recherchait désespérément ses deux machines à coudre Singer. On lui demanda de fournir leurs numéros afin qu'elle puisse se les réapproprier – si tant est qu'elle ne les ait jamais connus... – et elle fit la réponse suivante, en tendant son bras à l'horizontale, bien visible : <span style="font-style:italic">&quot;le seul numéro dont je me souvienne, c'est celui-là !&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"C'était un samedi"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902121.jpg?v=1695282446" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en grec, surtitrée en français.       <br />
       Textes : Dimitris Hadzis et Irène Bonnaud.       <br />
       Avec : Fotini Banou (jeu et chant).       <br />
       Mise en scène : Irène Bonnaud.       <br />
       Sculptures et scénographie : Clio Makris.       <br />
       Lumières : Daniel Levy.       <br />
       Surtitrage : Dimitris Alexakis.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       Le texte du spectacle est publié (enrichi d'un avant-propos et de témoignages supplémentaires) par les éditions Koukkida à Athènes. Livre disponible en grec et en français.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 30 septembre 2023.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>       <br />
       Navette gratuite, départ du métro &quot;Château de Vincennes&quot; et retour après la représentation au même métro.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75370661-52902176.jpg?v=1695282474" alt=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" title=""C'était un samedi" Une prestation mémorielle époustouflante à de nombreux égards" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/75370661-52902093.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?</title>
   <pubDate>Mon, 31 Jul 2023 17:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jorge Semprun, prisonnier au camp de Buchenwald édifié sur la colline de l'Ettersberg, sera libéré par les Américains, le 11 avril 1945. Il lui faudra attendre de nombreuses années pour qu'un événement de nature traumatique enclenche en lui l'urgence d'écrire l'impensable. Jusque-là, sa mémoire clivée avait abréagi les monstruosités auxquelles il avait été exposé, en faisant en sorte que ses responsabilités d'intellectuel engagé constituent une digue contre l'(in)humanité vécue. Trouver refuge dans une "amnésie volontaire" pour reprendre pied…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726328.jpg?v=1690817824" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      Deux hommes, tout de noir vêtus et enveloppés d'un lourd silence, occupent l'espace minéral de la Chapelle. Deux femmes au second plan, l'une en se retournant découvrira son visage couvert d'un masque neutre… Prologue. Le 11 avril 1987, Primo Levi, écrivain juif italien qui avait survécu au camp d'extermination d'Auschwitz, meurt en se jetant par la fenêtre à Turin, sa ville natale. Lui qui avait élu l'écriture comme palliatif au traumatisme concentrationnaire en lui permettant de l'exorciser, l'extrayant de sa psyché pour en faire matière d'écriture, se retrouvait brutalement rattrapé par l'innommable qui le précipitait vers la mort.       <br />
              <br />
       Jean-Baptiste Sastre, à la présence impressionnante, va donner vie à l'auteur de &quot;L'écriture ou la vie&quot; en interprétant avec fougue les lignes des feuillets qu'il tourne de sa main gantée. Il donne l'impression d'être lui-même Jorge Semprun, relisant son manuscrit… tant la passion de l'exaltation à l'abattement est omniprésente. Quant à la présence féminine au masque neutre, lisant au-dessus de son épaule, attentive, elle est le visage discret de celle qui l'a accompagné tout au long de sa traversée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726329.jpg?v=1690817868" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      L'acte de désespoir de Primo Lévi sonne en effet le glas du déni dans lequel Jorge Semprun pensait pouvoir trouver le repos. En effet, la nouvelle de son suicide le rendait subitement mortel. Il aurait bien voulu ruser encore avec cette mémoire mortifère qui, par effraction, lui (re)présentait les tortures de la villa de la Gestapo à Auxerre ou encore d'autres images échappées d'un enfer auquel il voulait à tout prix échapper, mais, là, il se rendait compte, à la faveur de cette mort réelle, que l'oubli était un leurre. En choisissant l'amnésie pour survivre, en se jetant corps et âme dans une frénésie d'activités absorbantes, en choisissant ce qu'il avait appelé &quot;la vie&quot;, il était en train de passer à côté d'elle, d'être ce qu'il n'était pas.       <br />
              <br />
       Dès que les chants religieux entonnés a cappella et résonnant sous les voûtes du Théâtre des Halles cessent, Jean-Baptiste Sastre, double de Jorge Semprun, fait front face à l'ultime échéance. Il la regarde désormais sans sourciller, laissant resurgir l'effroi des trois officiers britanniques lorsqu'ils le découvrirent à Buchenwald… Des yeux enfoncés dans les orbites, une maigreur extrême, bref un cadavre vivant. Et cette odeur des chairs brûlées, l'étrange odeur, écœurante, obsédante. Il suffit de renoncer à &quot;se distraire&quot;, et elle revient, intacte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726383.jpg?v=1690817931" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      Il y a aussi ce bruit dans les oreilles, comme si les mots hurlés par la sirène d'alerte – Feindalarm ! Feindalarm ! – étaient restés coincés au creux de leur pavillon. Ils annonçaient ces mots allemands que &quot;l'ennemi&quot; (les libérateurs !) était aux portes du camp. Dès lors, le comité clandestin auquel il appartenait, se rappelle-t-il, est passé à l'action… Il se souvient, marchant dans la nuit, tous outillés de tout ce qu'ils avaient pu récupérer comme armes, un rêve que personne n'aurait jamais osé imaginer… Et, dans le même temps, accompagnant ce doux souvenir, l'impossibilité cruelle de ne pouvoir faire comprendre aux libérateurs que les oiseaux qu'on n'entend plus, ces oiseaux qui ont déserté la colline de l'Ettersberg, ils vont peut-être revenir, les fumées des crématoires n'étant plus… Ou encore, comment transmettre l'expérience de la fumée voguant sur les vivants rassemblés, eux qui n'ont pas vécu la sauvagerie de l'animal humain…       <br />
              <br />
       La mémoire est semblable à une pelote de fil, si l'on en tire un bout, tout suit… Le bloc 56. Son ancien professeur à la Sorbonne, Maurice Halbwachs, arrivé là à l'ultime limite de ses forces, son corps sous l'effet de la dysenterie proche de la déliquescence… Ce dernier regard échangé, ces vers de Baudelaire qu'il lui a dit, et cette communion dans l'expérience même de la mort, comment la faire entendre ? Le ton s'enfle pour exploser tant la colère et l'impuissance ressenties sont immenses. Autour d'un petit autel renfermant une Thora, un chant viendra à nouveau apaiser la tension.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726384.jpg?v=1690817966" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      L'acteur hongrois – les Hongrois furent particulièrement ciblés par l'extermination à grande échelle – raconte à son tour (dans sa langue traduite par Jean-Baptiste Sastre) l'horreur et la folie découvertes à la libération du camp. Les corps décharnés, empilés dans les châlits, les yeux exorbités ouverts sur les horreurs du monde, cet éclair parfois les traversant comme si l'ultime violence de l'espérance s'y était figée. Et puis, comme un soupçon de voix humaine s'échappant du tas de cadavres, la voix de la mort qui chantonnait. Et cette mort-là parlait yiddish… C'était la prière des morts… Masque retiré, l'actrice, d'une voix vibrante d'humanité, psalmodie les versets de la prière.       <br />
              <br />
       Et puis le retour à Buchenwald, passé sous contrôle du KGB. L'immense espoir de liberté recouvert par une autre tyrannie… La voix grave d'une femme, à la tessiture envoûtante… La course, nu sur le ciment glacé, pour récupérer au vol un ballot de vêtements trop petits, trop grands… Le mot adressé par l'Allemand communiste – ouvrier spécialisé, pas étudiant en philosophie dont on n'avait que faire à Buchenwald – qui lui avait valu la vie sauve… Autant d'effractions dans sa mémoire blessée propres à être élaborées grâce à l'écriture salvatrice.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726467.jpg?v=1690818522" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      Faire émerger le passé, si impensable soit-il, a pour effet de produire une pensée réflexive de nature à le mettre en perspective avec des réalités présentes. Jean-Baptiste Sastre, porte-parole de Jorge Semprun, pour faire vivre ses mots au-delà de la disparition du dernier survivant du mal absolu de Buchenwald, se livrera alors à une péroraison des plus percutantes. Si <span style="font-style:italic">&quot;la mort est un maître venu d'Allemagne&quot;</span> (Paul Celan), elle a revêtu d'autres masques venus de France, de l'URSS, et d'autres contrées encore, car la mort est le masque de l'Humanité. L'essentiel de ce que l'on apprend du mal radical… c'est qu'il n'est pas &quot;inhumain&quot; mais consubstantiel à l'espèce humaine. Les SS étaient aussi humains que les plus purs d'entre nous.       <br />
              <br />
       Paroles très fortes délivrées par des comédiens porteurs en eux de convictions décuplant la force des écrits de &quot;L'écriture ou la vie&quot; pour, dans une mise en jeu envoûtante, venir percuter nos consciences par trop souvent assoupies. De la belle ouvrage…       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 21 juillet 2023 à la Chapelle du Théâtre des Halles à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'écriture ou la vie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726468.jpg?v=1690818578" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
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      Création 2023.       <br />
       D'après &quot;L'Écriture ou la vie&quot; de Jorge Semprún (publié aux éditions Gallimard, 1994).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass.       <br />
       Avec : Hiam Abbass, Caroline Vicquenault, Geza Rohrig et Jean-Baptiste Sastre.       <br />
       Scénographie : Caroline Vicquenault.       <br />
       Création lumière : Dominique Borrini.       <br />
       Création masques : Erhard Stiefel.       <br />
       Production Châteauvallon-Liberté - Scène nationale.       <br />
       Pour tous dès 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <b> A été représenté du 7 au 26 juillet 2023.</b>       <br />
       Tous les jours à 11 h.       <br />
       Théâtre des Halles, Chapelle, 22, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Automne 2024 : Le Liberté - Scène nationale, Toulon (83).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74354837-51726328.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-L-ecriture-ou-la-vie-Cette-odeur-etrange-qui-flottait-sur-la-colline-de-l-Ettersberg-fallait-il-l-etouffer-ou_a3710.html</link>
  </item>

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   <title>Le journal d’Anne Frank</title>
   <pubDate>Tue, 23 Oct 2012 16:13:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Lauriou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Trib'Une]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Je me demande si je ne vais pas m’y remettre. À écrire un journal. Mon journal intime. Je lui donnerai un prénom moi aussi. Il s’appellerait… Je me laisse le temps de la réflexion. Un petit temps d’attente. Ah ! C’est drôle que je parle d’attente parce que justement, hier soir, au théâtre Rive Gauche, se jouait le "Journal d’Anne Frank". Rien à voir vous me direz. Mais si. J’ai cru un moment qu’un pauvre homme, placé non loin de moi, venait assister à une représentation de Knock...     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4840292-7236660.jpg?v=1351004410" alt="Le journal d’Anne Frank" title="Le journal d’Anne Frank" />
     </div>
     <div>
      Qu’il était là, imaginant s’être assis dans une salle d’attente, payante au demeurant, et qu’il attendait son diagnostic. Posé là, entre tous les (im)patients du théâtre, lui, patientait, pour une ordonnance. Ordonnance pleine à craquer - comme la salle ce soir-là - de médicaments bien puissants pour remédier à cette toux qui lui prenait la gorge, et nous, spectateurs, la tête !       <br />
              <br />
       Il crachait une étrange substance. Une &quot;semence gluante&quot; comme l’exprime, à un moment, la comédienne qui interprète Anne Frank. Écœurant non ? J’ai attrapé froid avec tout ça. Il m’a glacé le sang ce patient. Et le souci, c’est qu’on lui aurait bien dit. Mais par le plus grand des hasards, dans le noir il ne toussait plus. Comédie ?       <br />
              <br />
       Lumière : Francis Huster : Toux d’enfer ! Super ! Pour les comédiens, surtout.       <br />
              <br />
       Qui sait ? Intimidé par l’acteur, ce patient anonyme du théâtre a lâché dans l’arène son immense bonheur. Voir Francis Huster haut en couleurs. Acteur qu’il ne reverra peut-être jamais si sa toux persiste à durer…  Pauvre homme ! Je lui souhaite de trouver un remède à la hauteur du journal d’Anne Frank.       <br />
              <br />
       Un remède à la hauteur de la jeune comédienne qui interprète Anne Frank avec délice, malice, espièglerie et justesse. Très bien choisie.       <br />
              <br />
       Un remède qui guérira ce spectateur d’un soir, comme l’a fait un peu pour son père, cette fille de treize ans à travers son journal. Panser la plaie d’un père en lisant, découvrant sa fille, et oublier, un moment, qu’il a perdu son autre fille, sa femme. Sa famille. Dans les camps.        <br />
              <br />
       Un remède à la hauteur du journal qu’a écrit Anne Frank pour soulager son cœur et son esprit. Du haut de ses treize ans.       <br />
              <br />
       Le journal d’Anne Frank n’est pas la pièce la plus drôle de la saison mais il y a Charlotte Kady. Et elle nous donne une sacrée leçon de comédie. Casting réussi.       <br />
              <br />
       Si j’avais un journal, je l’appellerais : Charlotte. Ça y est ! La fièvre est tombée. C’est qu’il m’a énervée, ce spectateur enragé !       <br />
              <br />
       J’ai choisi le nom de mon journal. Qui n’en serait pas vraiment un. Plutôt une page éphémère dédiée à Charlotte Kady, à son talent et son savoir-faire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4840292-7236672.jpg?v=1351004410" alt="Le journal d’Anne Frank" title="Le journal d’Anne Frank" />
     </div>
     <div>
      Dans mon journal, j’ai envie d’écrire que dans la pièce &quot;Le Journal d’Anne Frank&quot; si je devais choisir mon actrice préférée - à la manière d’une écolière qui rêverait d’avoir une meilleure amie -  je choisirais Charlotte Kady.       <br />
              <br />
       L’écolière n’a rien contre les autres élèves de la classe. Eux aussi ils sont gentils, très bons élèves, doués dans les matières, mais rien à faire. Celle qu’elle veut comme nouvelle amie, c’est Charlotte. En plus elle lui ressemble un peu. Elles ont les mêmes cheveux.        <br />
              <br />
       Il y a pléthores d’adjectifs pour Charlotte Kady. Juste, émouvante, drôle, touchante, belle et attachante. Bouleversante. Jusqu’au dernier tableau du spectacle. Une claque.       <br />
              <br />
       Dans mon journal je veux dire aussi que Charlotte Kady est une actrice trop rare et que la redécouvrir dans cette pièce fait plaisir à voir.       <br />
              <br />
       J’ajoute, et je finis pour ce soir, qu’à chaque fois où le personnage qu’elle interprète - Augusta Van Pels - se retrouve autour de la table pour les maigres repas, elle ajoute aux plats bien fades en ces temps de guerre, un ingrédient de taille : une note sucrée.       <br />
              <br />
       Une gourmandise Charlotte Kady. Normal qu’on veuille devenir sa meilleure amie.       <br />
              <br />
       C’est l’automne, la grippe nous guette, le rhume nous plombe, l’humeur est grise, la toux est grasse.        <br />
              <br />
       Un patient anonyme est passé rue de la Gaité. Il ne voulait pas rire mais simplement se soigner. Il est entré théâtre Rive Gauche, près du quartier Montparnasse. Devant Francis Huster, Charlotte Kady et les autres comédiens, parfaits, eux aussi. Il n’a pas pu retenir sa toux. Tant pis !       <br />
              <br />
       C’était désagréable pour les spectateurs et probablement plus pour les acteurs. Il était malade, il aurait eu besoin d’un bon docteur mais il n’est pas sorti.       <br />
              <br />
       Qui sait ? Peut-être qu’à la fin de la pièce, il était guéri. Moi, j’ai souri. J’avais l’idée d’écrire un journal pour Charlotte Kady, pleine de grâce.        <br />
              <br />
       Je lui offre une demi-page et j’ai tout dit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le journal d’Anne Frank"</b></div>
     <div>
      Texte : Éric-Emmanuel Schmitt.       <br />
       D’après &quot;Le journal d’Anne Frank&quot;, avec la permission du Fonds Anne Frank (Bâle).       <br />
       Mise en scène : Steve Suissa.       <br />
       Avec : Francis Huster, Gaïa Weiss, Roxane Durán, Odile Cohen, Katia Miran, Charlotte Kady, Yann Babilee Keogh, Bertrand Usclat, Yann Goven.       <br />
       Collaboration artistique : Céline Billès-Izac.       <br />
       Décors : Stéfanie Jarre.       <br />
       Lumières : Jérôme Almeras.       <br />
       Son : Alexandre Lessertisseur.       <br />
       Costumes: Sylvie Pensa.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 septembre au 20 décembre 2012.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, en matinées samedi et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre Rive Gauche, Paris 14e, Réservations : 01 43 35 32 31.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-rive-gauche.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-rive-gauche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4840292-7236660.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-journal-d-Anne-Frank_a760.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Retrouver les espoirs de la Vie, pour oublier un instant les folies de l'Histoire</title>
   <pubDate>Wed, 19 Sep 2012 18:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidine Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans une mise en scène où Steve Suissa choisit de faire de chaque acteur un témoin de l’Histoire, les comédiens, dans un jeu de très grande qualité, déploient des sentiments allant de l’enthousiasme au tragique faisant parfois oublier dans le quotidien d’une famille, le feu calcinant et destructeur de l’Histoire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4738692-7082440.jpg?v=1348073191" alt="Retrouver les espoirs de la Vie, pour oublier un instant les folies de l'Histoire" title="Retrouver les espoirs de la Vie, pour oublier un instant les folies de l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Otto Franck (Francis Huster) arrive sur scène, imperméable sur le dos et casquette vissée sur la tête dans un brouillard et une semi-obscurité. Au loin, le trafic ferroviaire charrie ses trains. Dès les premiers gestes, le talent entre sur scène comme une évidence. L’entrée est presque cinématographique avec des clairs-obscurs accompagnés d’une musique très présente.       <br />
              <br />
       Côté scénographie, la scène est découpée en deux, avec côté cour, une petite pièce symbolisant le temps présent dans lequel Otto Frank revit ses souvenirs en lisant le journal de sa fille. Sur toute la largeur de la scène se prolonge l’Annexe, lieu de refuge de la famille Frank. Souvenirs et réalité s’enlacent tout au long de la pièce.       <br />
              <br />
       Le jeu des acteurs est naturel, vif, rapide avec parfois quelques tempos lents de courts répits. Les silences d’Otto Frank nourrissent la pièce d’un tragique que les scènes dans l’Annexe, plutôt joyeuses ou animées, taisent. Ce sont les souvenirs qui deviennent paroles quand le présent, incarné par Otto Frank, devient silence et recueillement. Tout est vécu intérieurement avec force par Francis Huster. La voix de l’acteur presque éteinte au début, prend de la force et du volume, va crescendo.        <br />
              <br />
       Le spect-acteur devient témoin actif. Témoin de ce qui se passe dans l’Annexe. Et par ricochet, témoin de l’Histoire. La mise en scène de Steve Suissa embarque le spectateur dans une aire historique où le quotidien d’une famille juive pendant un génocide est mis à nu. La pièce est politique mais dans une démarche subtile d’interpellation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4738692-7082441.jpg?v=1348073191" alt="Retrouver les espoirs de la Vie, pour oublier un instant les folies de l'Histoire" title="Retrouver les espoirs de la Vie, pour oublier un instant les folies de l'Histoire" />
     </div>
     <div>
      Le jeu de tous les comédiens est remarquable avec Roxanne Duran (Anne Franck) et Francis Huster incarnant respectivement avec talent les deux pôles opposés de l’enthousiasme et du tragique. L’Histoire est une science lugubre. Crimes, assassinats, trahisons, massacres, génocides ponctuent le fil historique de notre inhumanité. Et là, devant nous, des êtres broyés par l’Histoire se chamaillent et nous font, parfois, rire. Le spectateur a le sentiment étrange de connaître un destin ignoré de ses propres acteurs, le mettant dans une position de « sachant », de témoin qui voit l’Histoire broyant ses victimes. L’interpellation est de mise et l’indifférence ne peut frayer son chemin.       <br />
              <br />
       Tous les sentiments défilent sur scène, de la simple dispute à la grandeur d’âme avec ses émotions, ses pleurs, ses amours et ses disputes. C’est ce regard à la fois tendre et objectif qui retient l’attention. Il y a à la fois distanciation aux personnages et identification à la situation.        <br />
              <br />
       Il y a aussi ce sentiment à la fois tragique et bouleversant de savoir tous les locataires de l’Annexe, à l’exception d’Otto Frank, morts dans les camps de concentration alors que sur scène Anne, la petite Margot et le timide Peter sont l’incarnation à la fois d’espoirs de Vie et folies de l’Histoire.        <br />
              <br />
       La mise en scène est parfaite dans ses enchaînements, rapides et vifs, avec une troupe de comédiens dont le talent est le socle commun soutenu par un texte dont la dramaturgie est de qualité. Tous les ingrédients d’un grand et très beau spectacle sont réunis. Le théâtre, pour notre bonheur, fait cause commune avec l’Histoire et le jeu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le journal d’Anne Frank"</b></div>
     <div>
      Texte : Éric-Emmanuel Schmitt.       <br />
       D’après &quot;Le journal d’Anne Frank&quot;, avec la permission du Fonds Anne Frank (Bâle).       <br />
       Mise en scène : Steve Suissa.       <br />
       Avec : Francis Huster, Gaïa Weiss, Roxane Durán, Odile Cohen, Katia Miran, Charlotte Kady, Yann Babilee Keogh, Bertrand Usclat, Yann Goven.       <br />
       Collaboration artistique : Céline Billès-Izac.       <br />
       Décors : Stéfanie Jarre.       <br />
       Lumières : Jérôme Almeras.       <br />
       Son : Alexandre Lessertisseur.       <br />
       Costumes: Sylvie Pensa.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 septembre au 20 décembre 2012.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, en matinées samedi et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre Rive Gauche, Paris 14e, Réservations : 01 43 35 32 31.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-rive-gauche.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-rive-gauche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4738692-7082440.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Retrouver-les-espoirs-de-la-Vie-pour-oublier-un-instant-les-folies-de-l-Histoire_a723.html</link>
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