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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
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   <title>•Off 2021• L'Autre Fille Un lourd héritage… une (autre) histoire de la violence</title>
   <pubDate>Wed, 21 Jul 2021 08:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2021]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis le meurtre d'Abel par Caïn ("Et l'œil était dans la tombe et regardait Caïn"), on n'en finit pas avec les rivalités fraternelles se terminant mal, comme les histoires d'amour qui les précèdent. Histoire de la violence ordinaire structurant la psyché collective au point de ne faire plus qu'une avec elle. L'expérience vécue par Annie Ernaux, et interprétée par Marianne Basler étonnante de vérité, n'y échappe pas… même si son scénario s'en écarte, pour en redoubler l'impact. En effet, ici, la "rivalité à mort" s'est révélée après coup, a été vécue par procuration, et en a été d'autant plus douloureuse qu'elle était "sans objet" identifiable.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57830685-42797964.jpg?v=1626850044" alt="•Off 2021• L'Autre Fille Un lourd héritage… une (autre) histoire de la violence" title="•Off 2021• L'Autre Fille Un lourd héritage… une (autre) histoire de la violence" />
     </div>
     <div>
      Ce titre énigmatique, &quot;L'Autre fille&quot;, reprenant celui du roman autobiographique, introduit la rivale qui lui a disputé à distance sa vie, la sœur morte de la diphtérie deux ans avant qu'elle naisse, la sœur dont les parents se sont évertués à cacher l'existence. Faute d'avoir pu &quot;parler l'absente&quot;, l'inconscient étant structuré comme un théâtre, il a fallu trouver la langue de &quot;l'autre scène&quot; pour laisser jaillir les émotions trop longtemps contenues, laisser s'écouler les humeurs noires de la haine qui sapent ses fondements, la seule échappatoire possible à l'extrême violence qui lui a été faite.       <br />
              <br />
       C'est là, dans cet espace protégé d'un bureau où s'accumulent pêle-mêle papiers et photos, que va prendre place (le double d') Annie Ernaux. Écrire la lettre libératrice. Dire cette inquiétante étrangeté ressentie quand lui revient, tel l'éclat d'une mémoire brisée, le souvenir de ce bébé photographié dans sa chemise brodée, elle croyait que c'était elle… Le livret de famille, hérité au décès des parents, affiche deux tampons, naissance et décès, en face du prénom de la première fille, un seul pour la seconde. Et pourtant, malgré cette évidence criante, elle ne peut l'entendre… Comment pouvoir penser l'impensable, comment envisager qu'elle ait été sa sœur, elle qu'elle n'a jamais touchée, elle dont ses parents ont toujours tu l'existence ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57830685-42797968.jpg?v=1626850076" alt="•Off 2021• L'Autre Fille Un lourd héritage… une (autre) histoire de la violence" title="•Off 2021• L'Autre Fille Un lourd héritage… une (autre) histoire de la violence" />
     </div>
     <div>
      Elle est entrée morte, comme par effraction dans son existence d'enfant de dix ans, ce jour où elle a surpris des bribes de conversation entre sa mère et une cliente de l'épicerie…<span style="font-style:italic">&quot;ma petite morte de diphtérie&quot;</span>… complétée par ses paroles assassines <span style="font-style:italic">&quot;elle était plus gentille que celle-là&quot;</span>… Et puis le lourd silence, comme une chape de plomb refermée sur le corps de la Sainte au Ciel. Entre elle, le démon vivant, et ses parents, il y avait - définitivement - ce poids mort innommé, innommable, devenu en elle objet de son tourment. Lorsque l'instance parentale induit, sans le désigner, l'impératif de se taire, la réalité à peine entrevue est aussitôt frappée de forclusion. La fillette de dix ans devrait faire avec, comme si elle ne savait pas…       <br />
              <br />
       … Mais à quel prix, toute vérité tue (verbe taire), tue. Et puis cette &quot;révélation&quot; dominicale d'une sœur l'ayant précédée, en était-ce vraiment une ? N'en avait-elle pas auparavant eu le pressentiment, elle qui dormait dans un lit qui n'était pas le sien, elle qui allait à l'école avec un cartable qui avait appartenu à quelqu'un d'autre ? Et ensuite, devenue adulte, pourquoi n'avait-elle jamais su, pu, aborder avec ses parents le secret délétère ? Ce qui a été frappé du sceau de l'interdit, sans avoir eu droit aux mots pour l'énoncer, n'est plus dicible.       <br />
              <br />
       Alors ce passé qui n'arrive pas à passer en elle, elle doit l'exhumer par le truchement de l'écriture, son viatique. Elle se doit &quot;cou-rageusement&quot; d'y faire face, &quot;reco-naître&quot; pleinement la rage ressentie vis-à-vis de cette autre - la morte - qui lui a volé à son insu la part de vie qui lui revenait de droit. Les photos anciennes retrouvées, étalées sur le bureau, font office des cartes que l'on retourne… non pour prédire l'avenir, mais pour tenter désespérément d'exorciser le passé en le recomposant. Cela ne va pas sans libérer en elle des émotions destructrices accompagnant les brouillons de lettres chiffonnées et jetées violemment au sol. Autant de tentatives réitérées compulsivement pour recouvrer une identité qui lui a été ravie.       <br />
              <br />
       Colère et détresse, deux faces du même mal, se lisent sur le visage de celle qui incarne à s'y méprendre l'écrivaine. Sans fard, sans exagération intempestive, se dégage du moindre de ses gestes, de ses mimiques, de ses emportements, de ses silences, l'infinie douleur d'avoir été exclue d'elle-même par ce lourd secret familial, mais aussi le courroux salutaire, réflexe de survie.        <br />
              <br />
       La proximité avec l'actrice portant la voix de l'auteure est telle que, lorsqu'au terme de cette traversée, tournant le dos à la porte définitivement close en fond de scène, elle lâche ses mots à l'adresse de la sœur morte : <span style="font-style:italic">&quot;Cette lettre, tu ne pourras la lire, ce sont les lecteurs invisibles qui s'en saisiront. Comme m'est parvenue un dimanche de mes dix ans, la nouvelle de ton existence dans un récit dont je n'étais pas non plus la destinataire&quot;</span>… Nous nous en sentons devenir les dépositaires. Le transfert a bien eu lieu…       <br />
              <br />
       Par le biais de cette lettre, l'auteure a tourné une page. En nommant la morte, elle s'est identifiée comme vivante. Ainsi va la vie, les mots lui sont essentiels, et même s'ils sont lus ou entendus par d'autres que leurs destinataires, peu importe, ils participent à son existence.       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 18 juillet 2021 à 11 h à La Reine Blanche, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Autre Fille"</b></div>
     <div>
      Texte : Annie Ernaux.       <br />
       Mise en scène : Jean-Philippe Puymartin, Marianne Basler.       <br />
       Avec : Marianne Basler.       <br />
       Lumière : Franck Thévenon.       <br />
       Musique : Vincent-Marie Bouvot.       <br />
       Collaboratrice artistique : Élodie Menant.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 25 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h, relâche les 13 et 20 juillet.       <br />
       Théâtre La Reine Blanche, 16, rue de la Grande Fusterie, Avignon.       <br />
       Réservations : 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       30 novembre 2021 : Théâtre de Jonzac, Jonzac (17).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…</title>
   <pubDate>Mon, 12 Oct 2020 12:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Les Québécois ont une expression fort imagée pour dire ce que présage toute relation amoureuse : "Tomber en amour"… c'est s'exposer à "entrer en jalousie", un peu comme on entre dans les ordres, soumis à un appel irrésistible déjouant toute raison. Annie Ernaux, faisant matière littéraire des heurs et malheurs de son existence, a commis à l'aube des années 2000 un petit livre contant par le menu son expérience d'une jalousie "sans nom" ayant occupé son corps et son âme en les colonisant. Seule l'écriture a pu l'en libérer.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50525841-38976919.jpg?v=1602500613" alt=""L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…" title=""L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…" />
     </div>
     <div>
      Au théâtre, mettre en jeu un récit littéraire, si vivant soit-il, n'est pas sinécure. Pierre Pradinas s'y attelle, non sans une certaine jubilation intérieure, trouvant dans Romane Bohringer, comédienne experte de ce qu'aimer veut dire (cf. &quot;L'amour Flou&quot; réalisé avec son ex-compagnon Philippe Rebbot), la complice rêvée possédant l'art de donner vie sur scène, avec force et naturel, aux affres d'une femme habitée par la jalousie.       <br />
              <br />
       Sur l'estrade de la Halle des Chartrons de Bordeaux, devant un parterre de spectateurs assis sur des bancs, l'actrice de l'âge de &quot;la rivale&quot; va parcourir sans fléchir cette descente aux enfers émaillée de saillies dérisoires. Sentiments violents, &quot;in-sensés&quot;, dont l'outrance n'a pour égale que la violence fouraillant la chair de l'écrivaine, auteure de cette partition résonnant en chacun(e) comme la résurgence d'un cri primal refoulé.       <br />
              <br />
       Roland Barthes, dans ses &quot;Fragments d'un discours amoureux&quot;, avouait : <span style="font-style:italic">&quot;comme jaloux je souffre quatre fois : d'être exclu, d'être agressif, d'être fou et d'être commun&quot;.</span> Étapes d'un chemin de croix mortifère que l'héroïne va parcourir en boucle, reproduisant à l'envi les états et comportements propres aux amoureux damnés, évidés par l'idée même de la perte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50525841-38976923.jpg?v=1602500650" alt=""L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…" title=""L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…" />
     </div>
     <div>
      Car même si c'est elle qui avait quitté W, lorsque son ex-amant lui annonce qu'il va vivre avec une autre femme, cela suffit pour déclencher illico un raz-de-marée qu'aucune digue ne sera apte à contenir. Dès lors, n'ayant de cesse de vouloir connaître l'identité de cette rivale qui lui ravit - &quot;après-coup&quot; - la place que naguère elle occupait auprès de cet homme, elle focalise son existence autour de la recherche obsessionnelle de l'inconnue, double insaisissable d'elle-même. Comme si l'amant éconduit reprenait à ses yeux les couleurs du désir et qu'elle ne pouvait supporter qu'il échappe au passé qui les lie.       <br />
              <br />
       Blessure narcissique rendue béante par l'idée fantasmée que l'amant puisse trouver calme et volupté dans les bras d'une autre, l'excluant ipso facto de la place d'élue. Situation d'exclusion vécue comme intolérable et la conduisant à la dérive, aux limites de la folie furieuse. Prête à tout pour déloger le monstre jaloux qui la met à mal en la consumant de l'intérieur, elle se livre à des manœuvres désolantes ajoutant à sa détresse la disgrâce de déchoir… Comment pourrait-elle supporter qu'une inconnue puisse, au petit matin, tenir dans sa main le sexe dressé de l'homme auquel elle s'agrippait comme à une planche de salut ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50525841-38976927.jpg?v=1602500683" alt=""L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…" title=""L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…" />
     </div>
     <div>
      Une plongée dans les arcanes de la jalousie, matière hautement combustible dont se saisit à bras le corps l'actrice pour brûler les planches, avec aplomb et fragilité mêlées. Tantôt suspendue au micro promu au rang de confident pour mieux faire entendre les crépitements de ses émotions internes, tantôt s'adonnant à d'affreuses grimaces dignes d'une sorcière vengeresse, ou encore virevoltante par pur défit avec son vêtement en main (dépouille exhibée de la rivale ?), son corps apparaît traversé par les éclats de la maladie à l'œuvre.       <br />
               <br />
       Redoublant les errements d'un corps mis à mal, les paroles qui s'échappent comme un flux intarissable se prennent à charrier des insanités se voulant libératrices. En vain. La purgation des passions n'a que faire des couplets de carabins en rut. Le mal est plus profond. Seul le temps de l'écriture pourra l'en exonérer.       <br />
              <br />
       Parcours d'une femme singulière dont la descente aux enfers trouve écho universel en l'humaine condition… En effet, si le théâtre ne peut nous purger de nos souffrances chevillées au corps - et la jalousie est de celles-là -, il a l'immense vertu de nous les &quot;re-présenter&quot; : mises à distance et portées par une femme-actrice accompagnée en live par une harpe aux sons enivrants, elles s'en trouvent soudain déminées, privées - pour un temps - de leur charge implosive.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle représenté le mardi 6 octobre 2020, lors du Marché de la Poésie, Halle des Chartrons, Bordeaux (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Occupation"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50525841-38977644.jpg?v=1602505395" alt=""L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…" title=""L'Occupation" L'hydre insatiable de la jalousie : une histoire commune…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Annie Ernaux, publié aux Éditions Gallimard.       <br />
       Mise en scène, Pierre Pradinas.       <br />
       Assistants(es) à la mise en scène : Aurélien Chaussade et Marie Duliscouët.       <br />
       Avec : Romane Bohringer et le musicien Christophe &quot;Disco&quot; Minck.       <br />
       Musique originale : Christophe &quot;Disco&quot; Minck.       <br />
       Scénographie : Orazio Trotta/Simon Pradinas.       <br />
       Lumières : Orazio Trotta.       <br />
       Images : Simon Pradinas.       <br />
       Son : Frédéric Bures.       <br />
       Maquillage/coiffure : Catherine Saint-Sever.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       3 octobre 2020 : Théâtre des Halles, Avignon (84).       <br />
       6 octobre 2020 : Marché de la poésie Halle des Chartrons, Bordeaux (33).       <br />
       <span class="fluo_jaune">8, 9, 12, 13 et 15 octobre 2020 :</span> Théâtre de l'Union - Centre Dramatique National du Limousin, Limoges (87).       <br />
       18 octobre 2020 : Les Arts d'Azur, Le Broc (06).       <br />
       1er et 2 décembre 2020 : Les Scènes du Jura - Scène Nationale, Lons le Saunier (39).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50525841-38976919.jpg</photo:imgsrc>
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