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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-16T03:00:37+02:00</dc:date>
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   <title>•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…</title>
   <pubDate>Tue, 02 Jul 2024 15:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Ainsi aurait pu jacter le mythique Père Ubu découvrant, ce soir d'inauguration de la 78e édition du Festival mythique, Angelica Liddell mettant en jeu sans retenue aucune son art décapeur. À peine tues les trompettes consensuelles de Maurice Jarre, la performeuse débridée s'emploie à bousculer, sensuellement et avec une jubilation salutaire, la règle de bienséance… au risque parfois de nous engloutir dans un raz de marée tant son rejet des conventions hypocrites déborde de tous bords… "Illuminée" par Ingmar Bergman – son inspirateur contempteur de la morale qui, par essence, ne peut être que bourgeoise – elle se débat comme une belle diablesse faisant résonner la Cour de son engagement total.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594227.jpg?v=1719932197" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Prends garde à toi connard, on se reverra à la prochaine pièce&quot;</span>, la citation empruntée à August Strindberg, et projetée en lettres capitales (comme la peine du même nom) sur le Palais des Papes, cristallisera en guise de chute l'essence sulfureuse des deux heures performées. Tels les démons qu'elle convoque sur scène, l'artiste (c'en est une, aucune équivoque possible) se livre à nu avec une frénésie indomptable, comme shootée par la rage chevillée au corps. Entourée par les comédiennes et comédiens du Dramaten (théâtre royal de Suède), incarnant en toute liberté les affres de la solitude, de la vieillesse et de la mort dont l'ombre se profile à l'horizon de ses cinquante-sept années, elle fait figure d'une prêtresse géniale et maléfique réglant ses comptes avec les démons, les siens de toujours y compris.       <br />
              <br />
       Succédant à la traversée liminaire d'un Pape (Jean-Paul II dont les funérailles ont inspiré Bergman pour anticiper les siennes célébrées ce soir) vêtu d'une soutane blanche, contemplant d'un air dubitatif et dans un silence de mort l'impressionnante façade de &quot;son&quot; Palais, Angélica Liddell fait son entrée, revêtue, elle, d'un déshabillé immaculé s'ouvrant généreusement sur sa nudité vespérale. Alors que derrière les fenêtres éclairées de l'imposante façade se profilent les fantômes des corps violés et torturés, avant d'avoir été précipités du haut de la Tour de la Glacière (massacre de la nuit du 16 au 17 octobre 1791), l'officiante dresse silencieusement un bidet au centre de la scène, le remplit d'un broc d'eau et se lave tranquillement le cul nu exposé généreusement face au public, avant d'aller jeter rageusement son contenu sur la façade souillée par le sang des victimes. Un acte de purification renvoyant à leur hypocrisie ceux pratiqués par l'Église catholique apostolique et romaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594234.jpg?v=1719932227" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Le ton est donné… Suivront d'autres actes de rachat des humiliations subies. Inspirée par les carnets noirs d'Ingmar Bergman, confiant notamment son coup de poing asséné en pleine figure à un critique peu amène, Angélica Liddell se livre à une revue de presse particulièrement inouïe… Faisant face au Palais, elle lit des extraits de critiques dont les noms sont scandés avec véhémence dans une sorte de cérémonie expiatoire. Rejoignant son mentor dans la haine partagée des critiques qui l'ont malmenée, elle passe en revue comme les grains d'un chapelet païen ceux d'Armelle Héliot du Figaro, de Fabienne Darge du Monde, d'Adrien Volle de SceneWeb, de Stéphane Capron de France Inter (qu'elle n'hésite pas au passage de rebaptiser Cabrón, soit connard en espagnol)… Si certaines bonnes âmes se sentaient choquées par ces saillies frontales, on pourrait leur répondre que le théâtre n'appartient pas aux critiques… et que la liberté (toute légitime) qu'est la leur se doit de trouver son pendant dans la liberté de l'artiste qui n'a nullement vocation à se laisser détruire sans réagir.       <br />
              <br />
       Venue parler en ouvrant grand sa voix, elle sonne l'heure de l'homélie… Une introspection furieuse où se mêlent ses désirs les plus obscurs et son aspiration à la lumière éclatante, sa haine des hommes et des femmes reliées par l'obsession d'une dernière baise, son dégoût pour la pourriture en marche dans les corps et les âmes réunis hypocritement dans les dîners en ville ou en famille, avec cette chute à valeur rédemptrice extraite d'une pièce d'August Strindberg : <span style="font-style:italic">&quot;Comme je les plains, les gens, comme je les plains…&quot;.</span> Au final, la pitié plutôt que la haine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594294.jpg?v=1719932256" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Réparer l'irréparable, telle est la question posée par le corps torturé de la performeuse ne faisant qu'une avec ses propos, jusqu'à épuisement physique. Réparer, mais est-ce possible tant que la haine reste refoulée ? La faire advenir au travers du flux ininterrompu de mots qui la nomment, des mots débarrassés de la coque du vernis sociétal. Du vrai sang, des vraies matières s'écoulant du corps vivant, et ne plus se satisfaire du sang artificiel de théâtre pour évoquer celui des victimes qui a naguère giclé sur les murs du Palais des papes…       <br />
              <br />
       Et toujours cette obsession lancinante : qu'arrivera-t-il de moi lorsque la vieillesse dégradante et répugnante s'en emparera ? Besoin vital d'expurger les images de vieillards macérant dans leurs urines et victimes de soignants horribles. Prenant à parti le public, la performeuse décoche alors une flèche recentrant les origines de l'horreur commune : <span style="font-style:italic">&quot;Auschwitz n'est pas l'œuvre de tortionnaires, mais de fonctionnaires. Le savez-vous ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La seconde partie convoquera sur le plateau un bataillon de fauteuils roulants et de figurant(e)s dont les ballets chorégraphiés associés à ceux d'un brancard à roulettes introduiront plastiquement au monde d'avant la mort. Face à un jeune garçon aux yeux bandés, invité avec bienveillance à s'asseoir dans un fauteuil roulant (lui qui n'échappera pas non plus à la mort), la sarabande de la faucheuse en sursis prend l'allure d'une cérémonie conjuratoire où Eros sous la forme des organes génitaux exhibés le dispute à Thanatos qui veille dans l'ombre sous l'œil de démons tout de noir vêtus dégringolant de la façade ou encore d'un couple revêtu de rouge sang.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594316.jpg?v=1719932309" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Une fête cathartique faisant fi de toute retenue pour tenter d'exorciser les démons à l'œuvre. Des funérailles (à la gloire d'Ingmar Bergman) mises en abyme où les sons de sirènes hurlantes et de vrombissements de bombardiers couvrent en contrepoint le psaume 249 et ses paroles béni-oui-oui. Des hommes, le sexe et le cul à l'air, croquant goulûment des pommes pendant l'office religieux tandis des femmes exhibent leur lingerie. Tout n'est là que délire et fête des &quot;sens&quot;, tout n'est là que désordre et beauté, luxure et volupté. Amen.       <br />
              <br />
       Viendra le temps du dernier solo où la veuve noire de Bergman, son pur amour rêvé, confiera, épanchée sur son cercueil, la solitude qui la ronge et l'angoisse du temps assassin, avec écrit sur la façade en lettres de feu : <span style="font-style:italic">&quot;Elle se tire une balle dans la tête&quot;</span>… Une réplique ponctuant la dramaturgie fantasmée des funérailles du réalisateur suédois et pouvant résonner comme une résolution prémonitoire.       <br />
              <br />
       La force &quot;démoniaque&quot; de cet hymne à la vérité expurgée des hypocrisies faisant société est sans appel tant l'engagement à fleur de peau de l'officiante crève le quatrième mur, venant saisir le public gagné par sa sincérité. Une question demeure… Comment se fait-il qu'une telle performance convoquant des formes si peu consensuelles n'ait pas pour effet de provoquer des réactions plus dissensuelles ? Les spectateurs de la Cour seraient-ils tous devenus adeptes du monde selon Angelica Liddell ? Ou bien les dissidents potentiels glissés parmi eux sont-ils suffisamment installés dans la bienséance pour être d'une politesse remarquable ?       <br />
              <br />
       <b>Vu lors de la première, le samedi 29 juin 2024, dans la Cour d'honneur du Palais des papes.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dämon, El funeral de Bergman"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594327.jpg?v=1719932344" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en espagnol, français et suédois, surtitré en français et anglais.       <br />
       Texte, mise en scène, scénographie et costumes : Angélica Liddell.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Borja López.       <br />
       Avec : Ahimsa, Yuri Ananiev, Nicolas Chevallier, Guillaume Costanza, Electra Hallman, Elin Klinga, Angélica Liddell, Borja López, Sindo Puche, Daniel Richard, Joel Valois.       <br />
       Participation : Erika Hagberg (habilleuse du Dramaten), David Abad (Multicapacitats).       <br />
       Figurants : Ayena Adjido, Julie Benoit, Francine Billard, Alain Bressand, Paule Coste, Maylis Calvet, Léa Delaporte, Adam Dupuis, Annette Ecckhout, Christian Ecckhout, Bernadette Fredonnet, Marion Gassin, Pierre Hoffmann, Dominique Houdart, Jeanne Houdart- Heuclin, Manon Hugny, Françoise Pellevillain, Gael Maryn, Daphné Lanne, Elisa Morice, Julia Pal, Alain Sperta, Sabino Tatulli, Victor Van Kuijk Saytour, Kenza Vannoni, Coralie Zaninotti et, en alternance, Timothée Bosc, Odin Darlix, Victor Van Kuijk Saytour.       <br />
       Voix : Jonas Bergström       <br />
       Violoncelle : Laura Meilland.       <br />
       Lumière Mark : Van Denesse.       <br />
       Son : Antonio Navarro.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Christilla Vasserot (français), 36caracteres (anglais)       <br />
       Régie plateau : Nicolas Chevallier        <br />
       Direction technique : André Pato.       <br />
       Production : Gumersindo Puche.       <br />
       Déconseillé aux moins de 16 ans.       <br />
       Durée : 2 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594343.jpg?v=1719932407" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 5 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 19 au 21 juillet 2024 : Grec Festival de Barcelona, Barcelone (Espagne).       <br />
       Du 13 au 21 septembre 2024 : Teatros del Canal, Madrid (Espagne).       <br />
       Du 26 septembre au 6 octobre 2024 : Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris.       <br />
       Saison 2025-2026 : Théâtre, Liège, (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594359.jpg?v=1719932445" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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  </item>

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   <title>•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…</title>
   <pubDate>Sat, 17 Jul 2021 10:52:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2021]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "El olor a sangre no se me quita de los ojos/l'odeur du sang ne me quitte pas des yeux" (Francis Bacon) - "sous-ligne" à plus d'un titre ce qui va suivre… Un brûlot où s'entrecroisent l'hommage brûlant au toreo Juan Belmonte, omniprésent sous la forme d'un taureau noir monumental se détachant sur les couleurs "jaune rouge orangé" de l'arène ; et le goût de la performeuse catalane pour un théâtre incandescent transformant la création artistique en viatique existentiel. Le tout sous l'égide de la musique de Wagner à qui elle emprunte le titre évocateur de "Liebestod/l'amour à mort", final de "Tristan et Iseult".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57755415-42750401.jpg?v=1626513168" alt="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" title="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" />
     </div>
     <div>
      Du sang et des larmes, de la rage et de l'émotion à fleur de peau, le soleil noir de la mélancolie éclabousse de ses éclats acérés le plateau de l'Opéra Confluence. Les spectateurs, avertis par une mention spéciale du programme, &quot;des scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité de certains spectateurs&quot;, supportent le choc, en silence… Il faut dire que l'engagement total de l'artiste, sa sensibilité au-dessus de tout soupçon et son exigence esthétique, sont les garants d'une réception &quot;artistique&quot; ouverte. En effet, si ces médiateurs, faisant tampon entre la violence des tableaux au plateau et le public en salle, n'édulcorent en rien les forces telluriques en jeu, ils créent la distanciation propice à leur écoute.       <br />
              <br />
       Après quelques mises en bouche liminaires destinées à déconditionner de la pensée commune, l'artiste assise remonte ses jupes pour s'adonner à un rituel de scarifications où un quignon de pain, imbibé de son hémoglobine, servira la célébration eucharistique. L'odeur du sang, aussi de celui qui coule entre ses cuisses, se renifle. Pacte scellé entre le sang du toreo, du taureau, couple uni à la vie à la mort, et elle, son art et Heysel, son homme à qui est dédié le &quot;spectacle&quot;. Et ceux qui verraient là de l'exhibitionnisme provocateur récurrent, seraient - elle le proclamera par la suite - de vils hypocrites s'indignant d'un art à l'état vif, alors que les mêmes, à visage couvert, pratiquent et/ou cautionnent les plus abjectes des turpitudes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57755415-42750409.jpg?v=1626513237" alt="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" title="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" />
     </div>
     <div>
      Le ton est donné. Fragile et hiératique face à la musculation massive du taureau, encensoir en main, elle torée la mort en devenir, sa façon à elle de s'en libérer en la désirant… Celle qui ne peut souffrir d'être privée d'amour, celle qui a choisi pour sa compagnie le nom évocateur d'Atra Bilis - humeur épaisse et âcre, bile noire sécrétant mélancolie et génie - clame à la face du monde, la maladie de la mort et la fatigue d'être soi, Duras et Cioran réunis en une seule salve. Confondant, dans le même tout, sa pratique de la scène à laquelle elle se donne corps et âme, et les risques de l'art toréé où le danger est absolu, elle devient sous nos yeux Juan Belmonte : on joue et torée comme on aime, jusqu'à mort s'ensuive si l'amour s'absente.       <br />
              <br />
       La mort, hypothèse à prendre en compte, lorsque, par un dédoublement porteur d'une inquiétante étrangeté, faisant front à la salle, elle se parle à elle-même pour décliner ses failles béantes avec une violence mortelle n'ayant d'égale que celle qu'elle développe vis-à-vis du monde du théâtre en décomposition. Quant aux gentils spectateurs rejetant son putain d'ego après l'avoir démasquée, elle et ses idées qui, même hurlées, s'apparentent à une pourriture médiocre, qu'ils aillent se faire voir…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57755415-42750410.jpg?v=1626513265" alt="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" title="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" />
     </div>
     <div>
      Mais de quelle histoire du théâtre documentée par Milo Rau veut-elle violemment témoigner, elle la rejetée d'elle-même et de tous ? Celle des Belmonte, Fassbinder, Klaus Kinski, Artaud, et non celle des fonctionnaires crispés sur leurs droits et jouant Céline sans Céline, Genet sans Genet, Rimbaud sans Rimbaud. Elle, son propos, c'est de donner corps et chair au théâtre, un corps incarné comme celui présent sur le plateau d'un homme mutilé qu'elle chérit.       <br />
              <br />
       Jusqu'au final transfigurant - sur fond d'un paysage embrasé vibrant sous l'effet d'accents wagnériens - l'amour à mort de &quot;Tristan et Iseult&quot; (elle et le taureau), elle sera telle qu'en elle-même, écorchée vive, rebelle vis-à-vis des institutions, de ceux qui les font vivre et qui vivent d'elles, mais aussi vis-à-vis d'elle-même, décadente médiocre, dit-elle…       <br />
              <br />
       Nous ne la croirons pas, elle qui s'est exposée ce soir comme nul autre pareil, dans toute la vérité de ce qu'elle n'a jamais cessé d'être, une femme artiste engageant son existence sans calcul. Un regret cependant à cette &quot;mise en jeu&quot; d'une vie dans tous ses états… Pourquoi, après avoir tant vilipendé toutes les églises, artistiques et pas que, est-elle venue se soumettre sagement à la cérémonie du salut ? Il aurait sans doute été plus pertinent qu'elle la boycotte… ou qu'elle y sacrifie, mais en lui tournant le dos.       <br />
              <br />
       <b>Vu à l'Opéra Confluence à Avignon, le mardi 13 juillet 2021 à 17 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Liebestod, El olor a sangre no se me quita de los ojos"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57755415-42750414.jpg?v=1626513354" alt="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" title="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Juan Belmonte - Histoire(s) du Théâtre III&quot;</b>        <br />
       Spectacle en espagnol surtitré en français et en anglais.       <br />
       Texte, mise en scène, scénographie, costumes : Angélica Liddell.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Borja López.       <br />
       Avec : Angélica Liddell, Borja López, Gumersindo Puche, Palestina de los Reyes, Patrice Le Rouzic et la participation de figurants.       <br />
       Lumière : Mark Van Denesse.       <br />
       Son : Antonio Navarro.       <br />
       Costumes : Justo Algaba.       <br />
       Régie plateau : Nicolas Guy, Michel Chevallier       <br />
       Régie lumière : Sander Michiels       <br />
       Machinerie : Eddy De Schepper       <br />
       Réalisation décor et costumes : Ateliers NTGent       <br />
       Dramaturgie projet &quot;Histoire(s) du théâtre&quot; : Carmen Hornbostel (NTGent).       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 14 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h, relâche le 10 juillet.       <br />
       Opéra Confluence, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       23 au 25 juillet 2021 : GREC Festival de Barcelona, Barcelone (Espagne).       <br />
       13 au 16 octobre 2021 : NTGent, Gand (Belgique).       <br />
       15 au 16 novembre 2021 : TANDEM - Scène nationale Arras-Douai, Douai (59).       <br />
       10 au 11 décembre 2021 : CDN Orléans - Centre-Val de Loire, Orléans (45).
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57755415-42750417.jpg?v=1626513395" alt="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" title="•In 2021• Liebestod - Histoire(s) du Théâtre III Mourir d'aimer… Aimer jusqu'à la déchirure, quand bien même devrions-nous en mourir…" />
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     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Liebestod-Histoire-s-du-Theatre-III-Mourir-d-aimer-Aimer-jusqu-a-la-dechirure-quand-bien-meme-devrions-nous-en_a3011.html</link>
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