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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va</title>
   <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 07:49:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   À Troie, quelques heures avant l'arrivée d'Ulysse, le négociateur grec, le débat fait rage. Hélène a été enlevée par Pâris, prince troyen. Hélène, reine de Sparte, c'est la beauté à l'état pur. Si elle n'est pas rendue aux Grecs, ces derniers attaqueront Troie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875469.jpg?v=1774975955" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      À Troie, il y a deux camps : ceux qui veulent la guerre comme Cassandre et ceux qui cherchent à l'éviter comme Andromaque, la femme d'Hector. Faut-il alors se défendre face à l'agression grecque et déclarer la guerre ? Faut-il l'éviter et, surtout, de quelle manière ? Mais à cause du bellicisme d'un petit nombre et de la passivité d'une majorité silencieuse, <span style="font-style:italic">&quot;la guerre s'enfante d'elle-même&quot;</span>, et ce, malgré celles et ceux qui se battent pour l'empêcher.       <br />
              <br />
       Il est fort probable qu'à l'heure où nous écrivons cet article, des scènes semblables au contexte de notre pièce se déroulent à travers le monde, dans de nombreuses salles de négociations diplomatiques ou autre bureau ovale. Certes, les héros antiques ne s'y trouvent pas. Ulysse, Pâris, Hélène, Hector, Hécube ou encore Troïlus sont de &quot;l'histoire ancienne&quot;.       <br />
              <br />
       Et si, à bien y regarder, seuls les noms avaient changé et que la responsabilité politique, l'illusion de la paix, le pouvoir des mots et de la diplomatie, la critique des nationalismes étaient pourtant toujours à l'ordre du jour ?       <br />
              <br />
       Écrite en 1935, &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot; de Jean Giraudoux est une pièce qui parle des tensions politiques des années trente en Europe, mais qui se présente avant tout comme un avertissement. Avertissement autour du cynisme des politiciens, de la notion de droit et de la montée des dictatures en analysant les mécanismes diplomatiques qui la rendent inévitable. Ainsi, adapter cette pièce incontournable du théâtre français est de bon augure par <span style="font-style:italic">&quot;nos temps qui courent bien dangereusement&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875479.jpg?v=1774975980" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      C'est le pari qu'a fait Édouard Dossetto, jeune comédien et metteur en scène du collectif &quot;Nuit Orange&quot; au parcours particulier et pour le moins original. Formé au cours Simon, puis au CRR de Paris pour ce qui est de sa sphère artistique, il développe un travail sur le corps à travers la danse contemporaine, et sur les liens entre physique quantique et théâtre… Auparavant, notre artiste a été ingénieur des Ponts, Eaux et Forêts, a obtenu son agrégation de mécanique et a poursuivi un master à l'École Polytechnique avant d'être reçu à Sciences Po en 2015.       <br />
              <br />
       Cursus et parcours pour le moins époustouflants qui ont éveillé en lui un réel désir de recherche, et un goût prononcé pour la pluridisciplinarité. Sans oublier de belles amitiés (sic). Il est probable que des amitiés, il en ait également trouvé au sein du Collectif &quot;Nuit Orange&quot;, une troupe dans laquelle la pluridisciplinarité est le maître-mot, tout comme les notions d'Union et de Force, de Diversité et de Richesse, de Curiosité et de Générosité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'originalité de ce texte de Giraudoux, c'est qu'il se situe juste avant la guerre autour de laquelle il y a les belliqueux qui veulent les honneurs, les intérêts financiers ou symboliques qu'elle engendre, et les pacifistes qui sont prêts à tout, même au pire. Et puis il y a les autres, aussi, ceux qui ne s'y opposent pas, mais qui, par leur silence, se font complices de l'inéluctable&quot;,</span> précise le metteur en scène.       <br />
              <br />
       Certes, il y a tout cela chez Giraudoux, et bien plus encore ! Mais &quot;Les Orangers&quot; aussi ont du talent et de l'originalité ! Et ce ne sont pas les adaptations de cette célèbre pièce de Giraudoux qui manquent au programme des tentatives théâtrales depuis des années. Ici, c'est un pari largement gagné et nous regrettons beaucoup de n'avoir pas pu amener nos élèves assister à cette remarquable adaptation, moderne, intelligente, et dans un profond respect du texte et de la force de ses arguments.       <br />
              <br />
       La scénographie minimaliste, tout comme la mise en scène sobre, mais efficace, apportent à ce très grand texte de la littérature française un élan vertigineux auquel les jeux des comédiennes et comédiens, intenses et investis participent largement.       <br />
              <br />
       Notons tout de même, au regard de l'intensité du texte d'origine, quelques moments au cours desquels les spectateurs doivent revêtir une grande armure d'écoute, guerrière et soutenue, si tant est qu'ils souhaitent ne pas perdre une miette des enjeux du propos. Mais il en est parfois ainsi du rôle de spectateur, n'est-ce pas !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875483.jpg?v=1774976008" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
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     <div>
      Ce n'est pas tant l'adaptation de la pièce qui en est la cause unique, ni la mise en scène, ni le jeu des comédiens et comédiennes… Disons que c'est un tout. Car &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot;, c'est un texte investi d'une argumentation dramatique plutôt que sur une action mettant en avant une tension réelle entre raison individuelle et fatalité collective.       <br />
              <br />
       Rien de simple que d'adapter sur les planches cette pièce monumentale à la large dimension philosophique dont on ne garde malheureusement qu'un souvenir trop imprécis lors de nos années au lycée. Oser adapter du Théâtre d'idées est déjà grandement méritoire. Celle-ci en est la preuve !       <br />
              <br />
       Le Collectif &quot;Nuit Orange&quot; et Édouard Dessanto l'ont fait avec une grande énergie de laquelle, à certains moments, se dégage une ironie subtile salvatrice, comme la scène du casque bleu de l'ONU, savoureuse et intemporelle. L'énergie des six artistes est palpable et leur complicité évidente. Du moins celle du soir de notre venue. Gageons qu'à chaque représentation, il doit en être ainsi.       <br />
              <br />
       Un bien joli moment de la pièce que celui interprété par Édouard Dossetto dans le rôle d'Hector, lors de l'évocation des morts dans une tirade flamboyante ô combien émouvante. Nous vous invitons à aller découvrir la pièce pour en mesurer sa portée au regard des tumultes actuels. Osons un hommage, ici, à notre soldat français, Arnaud Frion, tué en Irak par un drone.       <br />
              <br />
       Et remémorons-nous ces mots de Giraudoux : <span style="font-style:italic">&quot;Ô vous qui ne nous entendez pas (…), nous sommes les vainqueurs. Cela vous est bien égal, n'est-ce pas ? Vous aussi, vous l'êtes. Mais nous, nous sommes les vainqueurs vivants. C'est ici que commence la différence. C'est ici que j'ai honte.(…). Nous, nous voyons le soleil (…), et ce que j'ai à vous dire aujourd'hui, c'est que la guerre me semble la recette la plus sordide et la plus hypocrite pour égaliser les humains, et je n'admets pas plus la mort comme châtiment ou comme expiation au lâche que comme récompense aux vivants&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Depuis vingt-huit siècles, on lit &quot;L'Iliade et l'Odyssée&quot;, prologue de &quot;Troie&quot;. En 1935, Louis Jouvet jouait la pièce au Théâtre de l'Athénée. En 2026, on connaît la guerre, encore. La volonté pacificatrice d'Hector ne suffit pas contre tous les autres acteurs de la guerre et nous sommes nombreux à nous interroger sur le réel pouvoir du chef d'État ukrainien, Volodymyr Zelensky, à œuvrer comme il le fait avec autant de pugnacité depuis des mois et des mois, tel Hector…       <br />
              <br />
       Malgré tout cela, nous vous invitons à aller assister à cette nouvelle adaptation par Edouard Dossetto et &quot;Nuit Orange&quot; afin d'essayer peut-être de comprendre ce qu'est la guerre et à quel point cette dernière n'est jamais que le résultat de facteurs humains amplifiés par l'orgueil, la politique et le discours.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95748159-66875488.jpg?v=1774976034" alt=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title=""La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Giraudoux.       <br />
       Mise en scène: Édouard Dossetto.       <br />
       Avec, en alternance : Tatiana André ou Ghina Daou, Édouard Dossetto ou Gaspard Baumhauer, Leslie Gruel ou Marie Benati, Adam Karotchi ou Guillaune Villiers Moriamé, Madj Mastoura ou Rémi Couturier.       <br />
       Lumières : Raphaël Bertomeu.       <br />
       Son : Martin Benati.       <br />
       Par le Collectif Nuit Orange.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 février au 5 avril 2026.</span>       <br />
       Jeudi au samedi à 19 h et dimanche à 17 h.       <br />
       Studio Hébertot, 78, bis boulevard des Batignolles, Paris 17e.       <br />
       Téléphone : 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0515/fChoixSeance.aspx?idstructure=0515&amp;EventId=323&amp;request=QcE+w0WHSuALJm1hwt92oTJYdn+tcPhz4FOZQta0hTP5GiSw5WZsgg36FUsIh0a8x38SieWabZ2cp2BVsfugU7lvSgnDDW6dkT2qGfKnk+M=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>       <br />
              <br />
       Le spectacle se jouera au Théâtre des Brunes lors du Festival Off d'Avignon 2026.       <br />
              <br />
       <b> Tournée</b>       <br />
       31 juillet, 1er et 2 août 2026 : Festival Théâtres de Bourbon, Bourbon-l'Archambault (Allier).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95748159-66875469.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-Quand-les-forces-vives-du-theatre-agissent-bien-brillamment-en-echo-avec-notre-monde_a4519.html</link>
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   <title>"Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie</title>
   <pubDate>Tue, 23 Jan 2024 07:24:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Un plateau rouge sang – de la couleur de celui versé à flots lors de la prise de Troie par les Grecs, écho princeps des guerres contemporaines et de leurs effusions sanglantes – sur lequel les protagonistes tout de noir vêtus évolueront jusqu'à s'y perdre. Du quatuor mythique (Oreste, Hermione, Pyrrhus, Andromaque), marqué à jamais par le fatum cruel qui leur fait aimer celui ou celle qui ne veut pas d'eux, la rescapée du rôle-titre de Racine se détachera en revêtant la longue robe blanche des épousées… Une symphonie de couleurs éblouissantes, mise en scène superbement par Stéphane Braunschweig, afin de mieux nous dessiller les yeux sur les jeux éternels de l'amour fou et du trépas insensé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612183.jpg?v=1705953349" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Que sont les héros des tragédies antiques, issus d'un noble sang princier, si ce n'est les représentants de nos vies minuscules magnifiées par le haut rang qu'est le leur ? Si leur écho n'a rien perdu de leur puissance en traversant l'épaisse nuit qui nous sépare d'eux, c'est qu'ils cristallisent les ressorts de notre être au monde. <span style="font-style:italic">&quot;Brûler d'une possible fièvre, Aimer jusqu'à la déchirure, Aimer, même trop, même mal. Tenter d'atteindre l'inaccessible étoile&quot;</span>, le héros de &quot;la quête&quot;  de Jacques Brel se faisait aussi en son temps le porte-parole exalté des jeux cruels du désir amoureux…       <br />
              <br />
       À peine passée la scène d'exposition confiée à Oreste retrouvant son ami Pylade, advient le premier choc ressenti à l'apparition de Pyrrhus, le roi d'Épire. Géant sanguinaire, treillis militaire et rangers de combat aux pieds, son allure dégingandée et ses regards inquiétants ajoutant à la frayeur qu'il inspire lorsqu'il hurle son refus aux oreilles d'Oreste, venu au nom des Grecs lui réclamer Astyanax, le fils d'Hector.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612189.jpg?v=1705953395" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, le jeu de billards à trois bandes est institué… Oreste, amoureux fou de la princesse Hermione promise par ses illustres parents (Hélène et Ménélas) à Pyrrhus, a tout à perdre à ce que le fils d'Achille obéisse à sa requête en sacrifiant le jeune enfant d'Andromaque, sa captive troyenne dont il est fou amoureux… ce qui, sur le champ, sonnerait le glas des espoirs du roi d'Épire d'épouser la veuve d'Hector… et rouvrirait, à l'opposé, pour le fils d'Agamemnon le champ des possibles. Ainsi, exigeant en paroles ce qui condamnerait son hymen pour Hermione, Oreste accomplit-il sa mission d'ambassadeur des Grecs avec le secret désir… d'échouer, afin de pouvoir reconquérir celle qu'il aime d'une passion dévorante.       <br />
              <br />
       Trois amoureux fous de désir qui, dans des joutes où la passion annihilera toute raison, vont rejouer corps et âme leur existence sur un tapis rouge… où seule celle – Andromaque – qui a pour amour un mort, le défunt Hector, survivra (très beau tableau final). Quand les personnages entrent en scène, nous savons pourtant avec eux le sort qui les attend de toute éternité. Et cependant, magie de la représentation théâtrale incarnée, nous les &quot;découvrons&quot; en prise avec leur démon chevillé au corps…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612211.jpg?v=1705953563" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Pyrrhus à l'adresse d'Andromaque : <span style="font-style:italic">&quot;Songez-y bien : il faut désormais que mon cœur/S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur&quot;</span> ; Hermione à propos de Pyrrhus : <span style="font-style:italic">&quot;Lui qui me fut si cher, et qui m'a pu trahir/Ah ! je l'ai trop aimé pour ne le point haïr&quot;</span> ; Oreste à propos d'Hermione : <span style="font-style:italic">&quot;Je me livre en aveugle au destin qui m'entraine/La fléchir, l'enlever, ou mourir à ses yeux&quot;…</span>        <br />
              <br />
       Ballottés entre les deux versants opposés (et complémentaires) du même sentiment, les trois héros vont allègrement creuser leur perte, car, quand bien même devraient-ils en mourir, le désir fou de l'autre, qui comblerait en eux un manque consubstantiel à leur existence, est vécu dans leur imaginaire comme un &quot;viatique&quot;, un leurre partagé de tout temps. Dans la vie ordinaire, cela donnerait lieu aux titres racoleurs de journaux à sensations, mais lorsqu'on appartient à des lignées royales drapées dans les plis d'une noblesse de sang, les alexandrins magnifiques de Racine en exaltent le parfum sulfureux.       <br />
              <br />
       Et les confidents (Pylade pour Oreste, Cléone pour Hermione, Phœnix pour Pyrrhus et Céphise pour Andromaque) auront beau tenter de faire entendre à chacun et chacune la voix de la réalité qui insiste, rien n'y fera, chacun se précipitant sciemment vers son destin tragique comme si Thanatos faisait d'Eros son allié pour divinement triompher.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612249.jpg?v=1705953617" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, dans un tableau vivant évoquant ceux du Caravage, le tyran sanguinaire Pyrrhus, couvert du sang dans lequel il se vautre, se tordra de douleur aux pieds d'Andromaque, inflexible dans sa dignité de veuve fidèle à son amour défunt. Le rouge sang du sol striant son corps de brute épaisse, torturée par les affres d'une passion destructrice, se mêle au clair-obscur du plateau, pour créer une peinture au naturalisme appuyé, nous éclaboussant de sa force expressive.       <br />
              <br />
       De même, au dernier acte, lorsque tombe des cintres un cadre miroir dans lequel se reflètent comme des figures fantomatiques les héros en pleine perdition, le jeu des passions incandescentes se fera encore plus cruel avec, pour point d'orgue, la folie d'Oreste… Après avoir outrepassé ses valeurs en assassinant un roi qu'il vénère pour offrir à Hermione le récit triomphal de l'exécution de son rival, l'amoureux éconduit se voit rendu coupable de sa mort.        <br />
              <br />
       Fuyant dans la folie une réalité &quot;déraisonnable&quot;, il se débattra contre les Erynnies venues le torturer, et s'écriera, halluciné : &quot;Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?&quot;. En délivrant ici l'un des plus bels alexandrins du siècle classique, le visage de l'acteur distordu par l'effroi renvoie à un autre tableau expressionniste ô combien mythique, celui du &quot;Cri&quot; d'Edvard Munch. Seuls les bras de son ami Pylade pourront contenir la folie à l'œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612253.jpg?v=1706004735" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Et lorsque l'apothéose finale présentera comme seule survivante Andromaque en majesté, magnifique en femme fatale au regard dévasté serrant dans ses bras le jeune Astyanax, hiératique dans sa robe immaculée tranchant sur l'immense tache rouge du plateau dépouillé des autres vies, on pourrait penser un instant que l'amour porté à un défunt garantit seul des vicissitudes funestes des passions vivantes. Musset nous en détrompe : <span style="font-style:italic">&quot;J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelques fois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en jeu d'une sobriété &quot;spectaculaire&quot;, la scénographie renvoyant à des tableaux de maître et l'interprétation délivrant les alexandrins avec un naturel saisissant, concourent à donner à l'&quot;Andromaque&quot; de Stéphane Braunschweig une puissance bouleversante. Comme si elle renaissait de ses cendres devant nos yeux dessillés.        <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 17 janvier, Grande salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Andromaque"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612254.jpg?v=1705953673" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
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      Création novembre - décembre 2023 à l'Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris 6e.       <br />
       Texte : Jean Racine.       <br />
       Mise en scène : Stéphane Braunschweig.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Aurélien Degrez.       <br />
       Avec : Jean-Baptiste Anoumon, Bénédicte Cerutti, Boutaïna El Fekkak, Alexandre Pallu, Pierric Plathier, Chloé Réjon, Jean-Philippe Vidal, Clémentine Vignais.       <br />
       Collaboration artistique : Anne-Françoise Benhamou.       <br />
       Scénographie : Stéphane Braunschweig.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Alexandre de Dardel.       <br />
       Costumes : Thibault Vancraenenbroeck.       <br />
       Lumière : Marion Hewlett.       <br />
       Son : Xavier Jacquot.       <br />
       Coiffures et maquillage : Émilie Vuez.       <br />
       Réalisation du décor : Atelier de construction de l'Odéon-Théâtre de l'Europe.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 16 au 19 janvier 2024 au TnBA Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Les 1er et 2 février 2024 : Théâtre de Lorient - CDN, Lorient (56).       <br />
       Du 8 au 14 février 2024 : Comédie de Genève, Genève (Suisse).
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612388.jpg?v=1705954347" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Andromaque-Femme-fatale-Une-version-flamboyante-en-rouge-noir-et-blanc-de-la-mythique-tragedie_a3795.html</link>
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