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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-17T01:38:12+02:00</dc:date>
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   <title>"Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi</title>
   <pubDate>Tue, 12 Dec 2023 09:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Cela pourrait être le titre d'une fable de La Fontaine remastérisée dont la morale serait là implicite. Une morale à trouver dans les plis du récit – beau comme peut l'être le tragique porté à son incandescence – délivré par Davide Enia, mis en jeu par Alexandra Tobelaim dans un "théâtre-récit" au flux ininterrompu, interprété corps et âme par Solal Bouloudine, accompagné en live par la guitare et la voix suave de Claire Vailler. Une fiction nourrie de réalités à vif… qui aurait pu, qui aurait dû, nous atteindre comme un coup de poing en plein plexus…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77285043-56070818.jpg?v=1702370820" alt=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" title=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" />
     </div>
     <div>
      Émergeant du halo lumineux – tranchant avec le noir du plateau d'où émerge la guitare de Claire Vailler toute de noir vêtue –, l'interprète du récit fleuve nous fait face. Solal Bouloudine, les yeux plantés dans les nôtres, s'apprête à nous &quot;parler&quot;… à la première personne, celle d'un témoin, passeur d'histoires de naufrages. Il prêtera sa voix pour faire résonner jusqu'à nous les drames de Mare Nostrum, notre mer, la Méditerranée, cimetière marin des drames contemporains intriqués à un autre, plus intime, la relation à un père taiseux.       <br />
              <br />
       Très vite, ces drames n'étant pas sur le même plan et ne revêtant pas la même gravité universelle, on se demande s'il n'y aurait pas là objet de confusion entre les horizons d'attente. Mais si effectivement la petite histoire personnelle d'une relation père-fils – marquée par un silence abyssal, résultat d'un héritage familial – trouve un écho dans la grande narration, elle ne submerge pas pour autant le drame humanitaire vécu… Lampedusa, île italienne au large des côtes tunisiennes, libyennes et siciliennes, territoire au relief rocailleux battu par les vents et aux côtes escarpées, devient le temps de la représentation, théâtre à ciel ouvert des tragédies migratoires en fosses marines.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77285043-56070827.jpg?v=1702371021" alt=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" title=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par le récit rapporté d'un nageur-sauveteur, devenu plongeur tant il adorait la beauté mystérieuse des immersions et la paix magnifique des profondeurs. Il confie, voix au bord des sanglots, qu'en mer la mort est désormais sa compagne. Aucune alternative n'existe, et si chaque vie est sacrée, la mathématique sert de seul repère pour savoir qui sauver : ces trois hommes en train de disparaître dans les vagues ? ou cette mère et son bébé à quelques mètres d'eux ? Le temps manque, et le calcul sert seul de boussole.       <br />
              <br />
       S'enchaîne le récit de pêcheurs dont les filets remontent leurs cargaisons de calamars, crevettes et rougets, auxquels se mêlent un ou deux corps. Les bateaux immobilisés, la perte de leurs activités, le choc de la mort à visage humain hideux, telle est ici la vie quotidienne des travailleurs de la mer… L'intensité dramatique de ces témoignages redouble encore lorsqu'elle est portée par les amis du narrateur, habitant une petite maison en bordure de mer. Ainsi de la femme du couple, qui, entre l'instinct de sa propre survie et celui de sauver son prochain, s'élance dans la tempête pour venir au secours d'un garçon, lequel, grâce à elle, &quot;vomit la mer&quot;. Ainsi de son mari qui se jette à l'eau pour sauver, encore et encore, un nouveau-né, un gamin, etc. Générosité naturelle des habitants de l'île qui, au-delà de toutes croyances et appartenances, ont élu la vie comme bien à préserver coûte que coûte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77285043-56070935.jpg?v=1702371044" alt=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" title=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" />
     </div>
     <div>
      Suivent dans le même flux, d'autres récits tout autant paroxystiques… Les débarquements des rescapés repêchés en mer par les vedettes de sauvetage et leurs cortèges, laissant sans voix de nouveau-nés transis, d'enfants hébétés, et de jeunes filles à bout de force posant pied sur la terre ferme… Le sort des migrantes passées par la Lybie, violées plusieurs fois par jour par des tortionnaires… Le légiste relatant l'état des corps restés dans les cales, peau gélatineuse, organes mangés par le sel et les poissons… L'odeur insupportable des morts que le gardien du cimetière extrait des bateaux échoués, pour laver chaque corps, le parfumer et lui donner une sépulture… Le sauvetage désespéré d'un fils, arraché à bout de bras à la furie d'une mer déchainée… Au fur et à mesure, le visage de l'interprète se déforme sous l'effet des horreurs dont il se fait porte-paroles, son corps entier - écume aux lèvres, yeux exorbités, tremblements compulsifs - se faisant porte-drapeau des sacrifiés…       <br />
              <br />
       Nous revient alors en mémoire le &quot;Paradoxe sur le Comédien&quot; de Denis Diderot qui, dès le XVIIIe siècle, prenait ses distances avec la sensibilité exacerbée de l'acteur s'identifiant à son rôle, pour prôner un &quot;jeu de sang-froid&quot;, précurseur de la distanciation brechtienne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77285043-56070944.jpg?v=1702371069" alt=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" title=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" />
     </div>
     <div>
      C'est en effet à cet endroit, qu'au lieu d'être happé par la force du récit dramatique, on décroche. En effet, l'intensité expressionniste (recherchée par la metteuse en scène) de l'interprétation rend difficilement &quot;entendable&quot; le propos. Non que ce dernier ait, de quelque façon que ce soit, outrepassé la réalité du drame migratoire vécu en direct – <span style="font-style:italic">&quot;Plus de 2 500 hommes, femmes et enfants sont morts ou disparus en Méditerranée en 2023 selon l'ONU&quot;</span>, cf. Le Monde du 9 septembre dernier – mais parce qu'aucun espace ne nous est laissé, à nous spectateurs captifs, pour construire notre propre interprétation…       <br />
              <br />
       Un peu comme si nous étions à notre tour noyés sous l'effet des vagues déferlantes de l'interprétation &quot;désespérément&quot; surjouée, nous laissant peu de chance de pouvoir réfléchir  son contenu. C'est d'autant plus dommage que le texte est fort, et les intentions tout autant… Heureusement que la voix douce et belle de la guitariste, distillant des chansons siciliennes envoûtantes, ménage des sas salutaires nous permettant de reprendre souffle.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 29 novembre 2023, Salle Vauthier, au TnBA à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Abysses"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77285043-56070954.jpg?v=1702371093" alt=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" title=""Abysses" Lampedusa, son cimetière marin, mon père et moi" />
     </div>
     <div>
      Texte, Davide Enia.       <br />
       Traduction : Olivier Favier.       <br />
       Mise en scène : Alexandra Tobelaim.       <br />
       Avec : Solal Bouloudnine et Claire Vailler (guitare et voix).       <br />
       Composition musicale : Claire Vailler et Olivier Mellano.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Création lumière : Alexandre Martre.       <br />
       Régie son et régie générale : Émile Wacquiez.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       A été représenté du mardi 28 novembre au vendredi 1er décembre 2023, au TnBA, Bordeaux.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 18 au 20 janvier 2024 : Le CentQuatre #104, Paris (19e).       <br />
       6 février 2024 : ATP des Vosges, Épinal (88).       <br />
       9 et 10 février 2024 : Théâtre d'Esch, Esch-sur-Alzette (Luxembourg).       <br />
       13 et 14 février 2024 : Le Quai - CDN, Angers (49).       <br />
       Du 28 février au 9 mars 2024 : Théâtre 13, Paris (13e).       <br />
       13 mars et 14 mars 2024 : Théâtre Sorano, Toulouse (31).       <br />
       21 mars 2024 : La Garance, Cavaillon (84).       <br />
       4 et 5 avril 2024 : CDNOI, Saint-Denis de La Réunion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77285043-56070818.jpg</photo:imgsrc>
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   <title>Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"</title>
   <pubDate>Mon, 03 Oct 2022 07:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans le cycle de Esch 2022 - Capitale européenne de la culture du grand Est, Le NEST, Centre Dramatique National Transfrontalier de Thionville, a transformé le village d'Aumetz en machine festive, spectaculaire et onirique. C'était la deuxième phase de ce projet géant qui s'est proposé de se pencher sur les rêves des habitants de la région. Le premier chapitre s'est déroulé en mars dernier à Rumelange au Luxembourg avec "La Foire du Sommeil", ce samedi s'intitule "Fête des Rêves".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67745029-47828915.jpg?v=1664732886" alt="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" title="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" />
     </div>
     <div>
      De ce premier temps, ont été recueillis des dizaines, des centaines de témoignages d'habitants (plus de mille personnes ont participé). Leurs rêves ont été collectés par les équipes artistiques lors d'ateliers, de rencontres, d'échanges. Et c'est sur la grande place du village où ont été déployés en éventail huit longues travées de tables capables d'accueillir cinquante personnes chacune que ces rêves vont devenir histoire, veillée et théâtre.       <br />
              <br />
       Au centre de ce dispositif en forme de cadran d'horloge, un parquet circulaire où un maître de cérémonie présente la soirée à venir tandis qu'à chaque longue table, des comédiens viennent susurrer des rêves piochés au hasard. Vont alterner alors les narrations, des chants, mais aussi les interventions de spécialistes des rêves et du sommeil, dont celle, passionnante, de l'anthropologue Arianna Cecconi.       <br />
              <br />
       Cette dernière s'est penchée sur les coutumes d'un village du Pérou où les rêves sont collectifs, c'est-à-dire qu'ils sont racontés le matin de maison en maison et sont autant d'indices prémonitoires que les habitants suivent. Dans d'autres pays, les rites vis-à-vis des mauvais rêves diffèrent : au Maroc, il faut offrir à manger à un inconnu ; au Maghreb, il faut s'en débarrasser via l'eau qui coure ou les toilettes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67745029-47828916.jpg?v=1664733323" alt="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" title="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" />
     </div>
     <div>
      Mais les rêves peuvent être les mêmes d'un continent à l'autre, parfois, comme de se retrouver nu ou nue dans l'univers de son travail.       <br />
              <br />
       La soirée (totalement gratuite) offre alors en repas un plat chaud préparé par une douzaine de chefs sur le bord de la place, puis la nuit étant tombée, les comédiens entraînent les spectateurs sur le flanc de l'église où une cérémonie musicale et chantée se déroule avant que la foule ne reparte dans une marche aux flambeaux, toujours à la suite de la chanteuse qui semble être soit une victime, comme l'un de ces mauvais rêves qu'il faut jeter au bûcher pour s'en défaire, soit une guide fantomatique. Ainsi s'effectue le tour du village avant la traversée d'un champ énigmatique où une dizaine de lits lumineux ont poussé avec leurs dormeurs dedans… une installation de Claire Ruffin de la Compagnie l'Insomnante.       <br />
              <br />
       La soirée s'achève par un retour sur la place du village où chant, danses et bal closent la Fête des rêves qui aura mobilisé trente comédiens et musiciens, quatre-vingts choristes, cuisiniers et participants.       <br />
              <br />
       <b>Cette Fête des rêves à eu lieu le samedi 24 septembre 2022 de 18 h 30 à 22 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ekinox"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67745029-47829027.jpg?v=1664733737" alt="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" title="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" />
     </div>
     <div>
      Fête des rêves à Aumetz (57), dans le cadre d'Esch2022 - Capitale européenne de la culture.       <br />
       Orchestration des rêves : Fabienne Aulagnier, Sophie Langevin, Alexandra Tobelaim.       <br />
       Assistant mise en scène : Julien Duval.       <br />
       Compagnie l'Insomnante : Claire Ruffin, David Bouvard, Aline Maclet, Catherine Exbrayat et Vincent Beaume.       <br />
       Compagnie Rara Woulib : Julien Marchaisseau, Pierrick De Salvert, Garance Rolland, Alexandra Satger, Vincent Salagnac, Soraya Boudraa, Sebastien Castelain.       <br />
       Comédiens : Lucile Oza, Carlos Martins, Aude-Laurence Biver, Brice Montagne, Magaly Teixeira, Laure Roldan, Isabelle Bonillo, Stéphane Brouleaux.       <br />
       Comédiens de l'Académie de l'Union de Limoges : Siméon Ferlin, Youness Polastron, Adelaïde Bigot, Richard Dumy, Joris Rodriguez, Luka Mavaetau, Roxane Coursault-Defrance, Robinson Courtois, Marianne Doucet.       <br />
       Comédiens amateurs : Anne Mercier, Sylvie Barre, Aurore Antoine, Jean-Paul Delgrange, Catherine Decombas, Joël Scholler, Philippe Cordel, Laetitia Oison, Particia Henry.       <br />
       Comédiens enfants amateurs : Manon Reeb, Juliette Sillaume, Insaf Nekaa, David Manukyan, Naïm Mersni, Fatma Mersni, Acelya Chaoui, Soline Bolognini.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67745029-47829097.jpg?v=1664733952" alt="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" title="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" />
     </div>
     <div>
      Musiciens : Claire Vailler, Vincent Ferrand, Yoann Buffeteau, Lionel Laquerrière.       <br />
       Scénographie : Hervé Coqueret.       <br />
       Compositeur : Olivier Mellano.       <br />
       Participation exceptionnelle de Jean-René Lemoine, auteur.       <br />
       Pyrotechnie : Pierre De Mecquenem.       <br />
       Conseiller artistique : Julien Marchaisseau.       <br />
       Création et régie lumière : Alexandre Martre.       <br />
       Création et régie son : Émile Wacquiez.       <br />
       Anthropologue : Arianna Cecconi.       <br />
       Plasticienne : Tuia Cherici.       <br />
       Cuisiniers : Alexandre Monce et Pierre Schaeffer.       <br />
       Costumes : Karine Marques Ferreira.       <br />
              <br />
       Création initiée par le NEST - CDN Transfrontalier de Thionville-Grand Est.       <br />
       <a class="link" href="https://www.nest-theatre.fr/saison/22-23/ekinox-796" target="_blank">&gt;&gt; nest-theatre.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/67745029-47831947.jpg?v=1664781113" alt="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" title="Un village entier devient une immense scène de rêves pour "Ekinox"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/67745029-47828915.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-village-entier-devient-une-immense-scene-de-reves-pour-Ekinox_a3400.html</link>
  </item>

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   <title>Entre carnet intime et témoignage, "Abysses" est un appel à se ré-humaniser</title>
   <pubDate>Mon, 29 Mar 2021 09:19:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   C'est bien de l'Autre dont il s'agit dans ce spectacle. L'étranger, celui qui vient de loin, d'ailleurs, qui ne parle pas la même langue, n'a pas les mêmes dieux, n'a pas les mêmes coutumes, mais qui en fin de compte a une vie aussi fragile, peut-être plus fragile que la nôtre, plus en péril. "Abysses" raconte le regard de celui qui, les pieds posés sur l'île de Lampedusa, voit les bateaux venus de la côte africaine se naufrager au large ou atterrir comme on s'échoue, sur cette terre à l'extrême sud de l'Europe.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/55062321-41316887.jpg?v=1616870336" alt="Entre carnet intime et témoignage, "Abysses" est un appel à se ré-humaniser" title="Entre carnet intime et témoignage, "Abysses" est un appel à se ré-humaniser" />
     </div>
     <div>
      Elle fait l'actualité depuis des années maintenant, l'île de Lampedusa. Située au sud de l'Italie, elle est au grand large de la Tunisie et de la Libye, ce qui en a fait la destination de centaines d'embarcations d'Africains fuyant les guerres, les violences et la misère. Quand ils y arrivent vivants. Si la Méditerranée ne les engloutit pas dans ses abysses avant qu'ils n'accostent. Et si les passeurs sont repus. Davide Enia, l'auteur, originaire de Sicile y séjourne à plusieurs reprises. Il rencontre des habitants, des pêcheurs, des sauveteurs, des bénévoles engagés dans l'accueil des rescapés. Il assiste également à plusieurs arrivées de survivants. C'est à partir de cette expérience qu'il livre ici un texte consistant et polymorphe, à la fois document et récit autobiographique.       <br />
               <br />
       Le narrateur, interprété par Solal Bouloudnine, dévoile un chapitre entier de sa vie. Il y convoque ses proches, son père, son oncle, sa compagne et sa sensibilité pour donner corps au regard qu'il porte sur les événements tragiques auxquels il est confronté. Le récit intime croise constamment celui de sa quête : une quête pour comprendre ce qui a lieu sur cette île posée au milieu de la mer. Ce qui s'y passe réellement. Qui en sont les témoins, les protagonistes, les victimes. Et les tragédies se répondent : celles qui frappent sa famille (le décès de son oncle atteint d'un cancer), celles qui dévastent les passagers clandestins et les témoins de ces hécatombes d'inconnus, de &quot;sans nom&quot;.       <br />
              <br />
       &quot;Abysses&quot; met ainsi en lumière quelques figures fortes que l'Histoire mondiale a plongées dans ce chaos sans les prévenir : ce pêcheur remontant chaque jour des cadavres dans ses filets ; ce sauveteur contraint à décider qui sauver, qui laisser se noyer, quand toutes les vies ne peuvent être sauvées ; ce gardien de cimetière donnant la toilette mortuaire à des corps inconnus en putréfaction ; ce couple à la vie bouleversée par l'impérieuse nécessité de s'occuper de tous ces rescapés. Drames et douleurs personnelles en butte au tragique venu de l'horizon, vague après vague, sans fin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/55062321-41316970.jpg?v=1616870368" alt="Entre carnet intime et témoignage, "Abysses" est un appel à se ré-humaniser" title="Entre carnet intime et témoignage, "Abysses" est un appel à se ré-humaniser" />
     </div>
     <div>
      Davide Enia raconte aussi, dans son propre éveil à ces tragédies, cette manière lente et abyssale d'ouvrir les yeux sur l'Autre. Tout n'est pas glaçant dans son récit, au contraire. Il s'attarde sur le sens de l'altérité dont font preuve tous ceux confrontés directement aux débarquements et aux naufrages, allant même jusqu'à exalter les bravoures de certains sauveteurs. Ainsi, la pièce avance par vagues, elle aussi : l'horreur succède au généreux, puis l'inhumain est suivi par la grâce…       <br />
               <br />
       La mise en scène d'Alexandra Tobelaim ajoute à ce monologue la présence, sur un large plateau nu, d'une musicienne, chanteuse, Claire Vailler. Loin d'être &quot;accessoire&quot;, celle-ci apporte par la force de ses mélodies et de ses instrumentations, la dimension de la tragédie. Les très belles compositions musicales (signées Claire Vailler et Olivier Mellano) résonnent comme des chants antiques, des psalmodies de l'univers inconscient qui donnent une matière théâtrale intense au spectacle. Et même si, dans cette première représentation, le dialogue entre le foisonnement du texte et la partie musicale avait parfois du mal à se faire, ce choix scénique décuple radicalement l'imaginaire visuel et sensible du spectateur.       <br />
               <br />
       &quot;Abysses&quot; nous place ainsi comme sur les remparts d'un fortin, un peu comme le héros du &quot;Désert des Tartares&quot; de Buzatti, surveillant un horizon étranger dans l'attente d'un ennemi puissant. Nous voici soudain désarmé en voyant arriver ces réfugiés qu'il ne faut pas combattre mais secourir. Comme des égaux. Il le faudrait.       <br />
               <br />
       Le défaut dans la cuirasse de ce spectacle vertueux tient à la prolifération du texte qui, comme dit le dicton, mal étreint à force de vouloir trop embrasser. Les histoires intimes et recueillies par l'auteur se télescopent au point que l'on perd parfois la direction spectacle. Malgré cette réserve, Solal Bouloudnine apporte le talent et l'énergie vitale pour courir à perdre haleine d'un bout à l'autre de ce segment de vie qui met en balance nos empathies et nos méfiances.       <br />
               <br />
       Mais ce qu'on en retient finalement est une vision renouvelée du calvaire de ces femmes, hommes et enfants dont le sauvetage ou la perdition en Méditerranée n'est qu'une des épreuves d'un calvaire qu'ils traversent depuis des semaines, des mois. Traversant la moitié du continent africain, illégaux, sans passeports ni Visa, ils sont les victimes de tous les sévices possibles. Ceux qu'ils croisent, passeurs ou autres, violent, blessent ou tuent gratuitement ces êtres que l'absence de papiers légaux transforme en créatures sans droits, à peine humains, en marchandise. Belle ignominie de ce siècle de papier qui en rappelle d'autres, d'autres massacres de guerres qui ont rempli les fosses communes de cadavres sans nom. Sans nom… La triste Méditerranée est devenue fosse commune à son tour.       <br />
               <br />
       &quot;Abysses&quot; est en cela un appel à ce que l'on devrait sans cesse pratiquer : un appel à se ré-humaniser. Un acte nécessaire quand la dureté de la vie nous endurcit le cœur jour après jour. Oui, se réhumaniser en ne détournant pas les yeux, c'est mieux que se réinventer, cette baudruche vidée de sens par ces bouches du cynisme libéral qui ne rendra pas justice à ceux que ce système écrase.       <br />
              <br />
       Vu lors d'une présentation professionnelle au NEST - CDN Transfrontalier de Thionville-Grand Est, Thionville (57).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Abysses"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/55062321-41316980.jpg?v=1616870416" alt="Entre carnet intime et témoignage, "Abysses" est un appel à se ré-humaniser" title="Entre carnet intime et témoignage, "Abysses" est un appel à se ré-humaniser" />
     </div>
     <div>
      Texte : Davide Enia.       <br />
       Traduction : Olivier Favier.       <br />
       Mise en scène : Alexandra Tobelaim.       <br />
       Avec : Solal Bouloudnine et Claire Vailler (guitare, voix).       <br />
       Composition musicale : Claire Vailler et Olivier Mellano.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Création lumière : Alexandre Martre.       <br />
       Régie son et régie générale : Émile Wacquiez.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Production NEST, coproduction Centre Dramatique National de l'Océan Indien,  La Passerelle - Scène nationale de Gap et des Alpes du Sud.       <br />
       Ce texte est lauréat de l'Aide à la création de textes dramatiques - ARTCENA.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.nest-theatre.fr/" target="_blank">&gt;&gt; nest-theatre.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">29 et 30 mars 2021 à 14 h 30 :</span> Plateaux Sauvages - Paris (réservé aux professionnels).       <br />
       1er et 2 avril 2021 à 14 h 30 : Théâtre d'Angoulême - Scène nationale (à confirmer), Angoulême (16).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/55062321-41316887.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Entre-carnet-intime-et-temoignage-Abysses-est-un-appel-a-se-re-humaniser_a2911.html</link>
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   <title>"Face à la mère" Chant mémoriel, d'amour et d'adieu, d'un fils à sa mère disparue</title>
   <pubDate>Mon, 25 Jan 2021 08:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le texte de Jean-René Lemoine est une longue et sensible harangue d'un fils à sa mère, morte il y a peu. Il tente de mettre en mots tous ces échanges qui n'ont pu exister par crainte, par omerta, par silence imposé. Plus qu'un monologue ou qu'une ode, il ressemble à la matérialisation d'un dialogue amputé d'un des deux protagonistes et décline toute la palette des sentiments entre un fils et sa mère avec ses tombereaux de regrets, de rancunes et d'amour tu.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53362526-40415448.jpg?v=1611562765" alt=""Face à la mère" Chant mémoriel, d'amour et d'adieu, d'un fils à sa mère disparue" title=""Face à la mère" Chant mémoriel, d'amour et d'adieu, d'un fils à sa mère disparue" />
     </div>
     <div>
      Une mère particulière pourtant, car celle-ci, originaire d'Haïti au moment du règne des Duvalier - qui saignèrent l'île durant des décennies jusqu'en 1986 -, fuit son île natale à la suite de son mari, se retrouva au Zaïre puis s'installa seule et éleva ses deux enfants en Belgique pour enfin retourner à Haïti à la mort de son père, et y mourir, assassinée. C'est sur le fond de cette histoire violente et politique que ce fils va s'éveiller et grandir, à la fois impliqué et à distance, imprégné et étranger.       <br />
              <br />
       Il ne nommera cette île que sous le groupe nominal : ce pays. &quot;À quoi pensiez-vous en quittant ce pays ?&quot; demande-t-il à cette mère qu'il vouvoie. Et ce vouvoiement ajoute encore à l'éloignement dans lequel ces deux êtres ont vécu malgré des liens filiaux fort, mais jamais avoués. Ce pays, il ne le nomme pas dans le texte. Ce pays pourtant revient comme une figure obsédante, moitié maléfique, moitié redoutée, un pays qui d'une certaine manière lui a volé cette mère.       <br />
              <br />
       Pour donner vie à cette histoire tout en en élargissant la portée universelle, Alexandra Tobelaim a choisi de lui donner trois corps, trois voix. Stéphane Brouleaux, Geoffrey Mandon et Olivier Veillon seront simultanément ce fils qui apostrophe cette mère disparue en faisant renaître les souvenirs de l'enfance en une sorte de jeu choral, imbriqué, hydre où l'énergie circule de l'un à l'autre, les comédiens formant parfois un seul corps puis s'échappent ailleurs en errances supposées, moments de fulgurances, moments d'incertitudes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53362526-40415464.jpg?v=1611562802" alt=""Face à la mère" Chant mémoriel, d'amour et d'adieu, d'un fils à sa mère disparue" title=""Face à la mère" Chant mémoriel, d'amour et d'adieu, d'un fils à sa mère disparue" />
     </div>
     <div>
      Avec ces trois comédiens, trois musiciens - Astérion à la contrebasse, Yoann Buffeteau à la batterie et Lionel Laquerrière à la guitare et voix - occupent un plateau à la scéno spartiate, faite de matières (sable, bois, tissus qui renvoient à la Terre) et de clarté (sol et tentures blanc pâle). Un univers presque vierge qui adoucit le propos du spectacle et apaise. La musique très belle, précise, aux accents rock, et la présence des musiciens sont essentielles dans cette mise en scène. Ceux-ci interviennent tout au long, jouent avec les comédiens, portent et développent émotions, sentiments, ruptures.       <br />
              <br />
       Difficile d'émettre un commentaire critique face à un tel spectacle et un tel texte. La démarche est généreuse, l'ambition apaisante ; et la réalisation présente ses interprètes comme des absolus de sincérité contre lesquels il serait vraiment mal venu d'émettre des doutes. Toute la conception du spectacle ainsi que la direction d'acteurs sont également estampillés du sceau : &quot;rien n'est caché&quot;. Pourtant, le système extrêmement bien rodé de travail choral, de dialogue musical, de circulation des interprètes sur scène étouffe souvent le sens des mots et fait tendre le rythme vers la répétition, un système dont on aurait aimé que le spectacle sorte pour mordre mieux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Face à la mère"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/53362526-40415471.jpg?v=1611562841" alt=""Face à la mère" Chant mémoriel, d'amour et d'adieu, d'un fils à sa mère disparue" title=""Face à la mère" Chant mémoriel, d'amour et d'adieu, d'un fils à sa mère disparue" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-René Lemoine.       <br />
       Mise en scène : Alexandra Tobelaim.       <br />
       Création musicale : Olivier Mellano.       <br />
       Avec : Astérion (contrebasse), Yoann Buffeteau (batterie), Stéphane Brouleaux, Lionel Laquerrière (guitare et voix), Geoffrey Mandon, Olivier Veillon.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Lumières : Alexandre Martre.       <br />
       Travail vocal : Jeanne-Sarah Deledicq.       <br />
       Costumes : Joëlle Grossi.       <br />
       Son : Émile Wacquiez.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       Vu au Théâtre de la Tempête, Paris 12e, le 20 janvier 2021 dans le cadre de représentations réservées aux professionnels et à la presse.       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-tempete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; la-tempete.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       1er février 2022 : Anthéa, Antibes (06).       <br />
       4 février 2022 : Bords 2 Scènes, Espace Simone Signoret, Vitry-le-François (51).       <br />
       24 et 25 février 2022 : Centre Dramatique National de l'Océan Indien, Théâtre du Grand Marché, Saint-Denis, La Réunion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/53362526-40415448.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Face-a-la-mere-Chant-memoriel-d-amour-et-d-adieu-d-un-fils-a-sa-mere-disparue_a2866.html</link>
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