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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone</title>
   <pubDate>Thu, 08 Jul 2021 07:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au Festival d'Aix, où son directeur général Pierre Audi a eu l'idée géniale d'inscrire "Tristan et Isolde" au répertoire de la manifestation provençale, la toute première production du drame wagnérien confiée à Simon Stone, et dirigée par Sir Simon Rattle, souffle le froid et le chaud. La troisième représentation sera diffusée sur Arte Concert et France Musique le 8 juillet.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57566200-42628300.jpg?v=1625681086" alt="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" title="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" />
     </div>
     <div>
      Vouloir mettre en scène et renouveler notre compréhension de &quot;Tristan et Isolde&quot; est - on le sait - particulièrement ardu (pensons en particulier à l'acte deux). Pour un jeune metteur en scène comme Simon Stone, la volonté de faire entrer l'œuvre dans son univers est compréhensible et légitime. Nous avons souvent aimé de surcroît sa volonté de montrer sur scène les invisibles, ceux que nous croisons dans la vie quotidienne et que nous ne voyons pas toujours. Nous avons souvent apprécié aussi son désir de faire entrer les œuvres du répertoire dans notre modernité - afin de nous les rendre plus proches.        <br />
              <br />
       Ce qui avait si bien réussi à Garnier avec &quot;La Traviata&quot; se révèle ici un échec pour le &quot;Tristan&quot; d'Aix. Qu'est-ce que &quot;Tristan et Isolde&quot; ? Le plus beau des drames romantiques et métaphysiques, un diamant noir au registre sublime. C'est à saisir cette dimension sacrée dans la cohérence d'une vision de l'opéra qu'échoue le metteur en scène australien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57566200-42628312.jpg?v=1625681169" alt="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" title="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" />
     </div>
     <div>
      L'agacement commence immédiatement dès le prélude, gâché par des bruits de vaisselle dans l'évier d'une cuisine lors d'un dîner bourgeois où tous les personnages trinquent à qui mieux mieux. Isolde, une épouse âgée, surprend Tristan, son amant (ou son mari, ce n'est pas clair) en train de faire la cour à une jeunette. Avant d'aller se coucher seule dans cet appartement qui pourrait être celui des époux des &quot;Scènes de la vie conjugale&quot; de Bergman et sans doute rêver les épisodes qui nous seront donnés à voir ensuite. Ce rapetissement petit-bourgeois est le principal écueil où se rate la production de Simon Stone.       <br />
              <br />
       Des vidéos (dues à Luke Halls) d'orages, d'océan ou de campagne anglaise derrière les vitres de l'appartement au I, de l'open space où règne le Roi Marke au II (un PDG donc) puis de la rame de métro parisien (pourquoi Paris d'ailleurs ?) à l'acte III signaleront les moments de décrochages fantasmagoriques d'Isolde - qui finit par donner congé au pauvre Tristan, blessé dans le cauchemar de son aimée puis ressuscité dans le &quot;réel&quot; d'un retour de soirée après le &quot;Liebestod&quot;. Soyons bien clair : autant il est très intéressant le plus souvent chez S. Stone de voir sur scène les quidams que nous croisons usuellement dans le métro (Africains encombrés de leurs sacs Tati, demoiselles voilées rejoignant leurs pauvres CDD, Bobos en train de pianoter sur leur portable), autant ici l'idée semble maladroitement plaquée sans aucune nécessité interne. Le drame wagnérien n'est pas réductible à cette facilité et on peut se demander si le metteur en scène aime vraiment cette œuvre et l'a comprise. Que dire de cette idée ridicule de confier un cutteur à Melot pour blesser Tristan ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57566200-42628322.jpg?v=1625681230" alt="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" title="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" />
     </div>
     <div>
      Et ce n'est pas la démultiplication des couples à l'acte II censée rappeler tous les âges d'une vie de couple ordinaire qui sauve l'affaire, en dépit de la belle lumière en clair-obscur de James Farncombe. L'agacement se poursuivra jusqu'à la fin du spectacle (la beauté des préludes étant systématiquement compromise par une agitation pénible sur scène, sauf pour le début du troisième).        <br />
              <br />
       Rendons grâce cependant à une distribution vocale de très haut niveau, capable de chanter avec un engagement sans faille malgré la médiocrité assumée de la vision proposée ici. Si la Brangäne punkette de Jamie Barton semble parfois un peu gagnée par la vulgarité générale à l'acte I (avec quelques accents peu stylés), ses deux appels lors de la fameuse nuit d'amour du deuxième acte sont superbes. Josef Wagner compose un jeune Kurwenal de haut lignage, un compagnon loyal prêt à tout pour sauver son héros. Dominic Sedgwick et Linard Vrielink complètent avec grand talent cette équipe de wagnériens de haut vol.        <br />
              <br />
       Le trio formé par Nina Stemme (Isolde), Stuart Skelton (Tristan) et Franz-Josef Selig (König Marke ) est tout simplement magnifique ; à eux trois ils sauvent avec leurs moyens vocaux colossaux (et subtils) cette proposition ratée. Chez eux, vrais liedersänger, phrasé, articulation, musicalité et intelligence profonde des rôles (que ces chanteurs maîtrisent superlativement) nous enchantent. Ils nous embarquent et nous font frissonner à leur suite au cœur de la vague océanique fascinante de cette musique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57566200-42628375.jpg?v=1625681623" alt="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" title="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" />
     </div>
     <div>
      Le London Symphony Orchestra, qui interprète pour la première fois l'opéra dans son intégralité, présente dans les solos du premier acte quelques approximations (et quelques sonorités peu délectables, par exemple aux bois, menaçant parfois l'homogénéité et la densité de la texture) malgré l'expertise de leur chef, Sir Simon Rattle - qui propose en outre un tempo un peu trop agitato au I. Ainsi il nous manque, avant le premier entracte, le poison narcotique attendu. Dans les deux actes suivants, tous prennent de la hauteur et l'orchestre se hisse alors le plus souvent au niveau des plus grands dans ce répertoire. Nul doute que l'expérience aura du bon et que les progrès s'entendront dans les représentations à venir.        <br />
              <br />
       Prochaines représentations <span class="fluo_jaune">les 8, 11 et 15 juillet 2021 à 18 h.</span>       <br />
              <br />
       <b>Sur Arte Concert et France Musique le 8 juillet 2021. En différé sur Arte.</b>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Tristan et Isolde&quot;</b>       <br />
       De Richard Wagner.       <br />
       Durée : 4 h 40 avec deux entractes.       <br />
              <br />
       Grand Théâtre de Provence.       <br />
       380, Avenue Max Juvénal, Aix-en-Provence.        <br />
       Programme complet et réservations jusqu'au 25 juillet 2021 :        <br />
       <a class="link" href="https://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com/f</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57566200-42628383.jpg?v=1625681692" alt="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" title="Non, le monde de "Tristan" n'est pas Stone" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle</title>
   <pubDate>Tue, 22 Dec 2020 10:38:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour sa nouvelle édition du 30 juin au 25 juillet 2021, le Festival d'Aix-en-Provence a mis au point une programmation exceptionnelle d'ouvrages lyriques variés, après le remplacement de celle de l'an dernier par #LaSceneNumerique en raison de la situation sanitaire. La grande ambition de la saison à venir sera placée en outre sous la royauté des femmes, personnages d'opéras ou compositrices, tel que l'a souhaité son nouveau directeur artistique, Pierre Audi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/52499558-40015880.jpg?v=1608574611" alt="Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle" title="Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle" />
     </div>
     <div>
      Les nouvelles productions de l'édition 2021 ont tout pour nous donner l'eau à la bouche. Outre le nouvel opéra de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, &quot;Innocence&quot;, répété l'an dernier à huis-clos à Aix, comme &quot;Le Coq d'Or&quot; de Rimski-Korsakov dans une mise en scène de Barrie Kosky, huit nouvelles productions et un ouvrage en version concert seront offerts au public. Le Beau Théâtre de l'Archevêché sera en 2021 l'écrin de trois spectacles à la place des deux habituels.       <br />
              <br />
       Du jamais vu à plus d'un titre - même si fidèle à son identité profonde, le festival donnera l'occasion de découvrir un large éventail de styles et d'époques, du Baroque à l'esthétique contemporaine. Ce sera l'occasion de découvrir les Monteverdi, Cavalli, Rossi et autres Mozart et Rimski donc, sans oublier Verdi, Wagner et la création la plus contemporaine. Le cycle &quot;Incises&quot; soumettra deux créations mondiales à notre soif de voyages, &quot;Innocence&quot; l'opéra de K. Saariaho (mise en scène par Simon Stone au Grand Théâtre de Provence) et &quot;L'Apocalypse arabe&quot; (par Pierre Audi à la Fondation LUMA d'Arles), un oratorio ayant pour thème la guerre du Liban par Samir Odeh-Tamimi, compositeur israélo-palestinien. En création française, le public applaudira le plaidoyer pour l'émancipation des femmes d'une jeune compositrice libanaise, Bushra El-Turk. Ce sera &quot;Woman at Point Zero&quot; au Conservatoire Darius Milhaud dès le 9 juillet.       <br />
              <br />
       Force est de constater que le festival entend se saisir des grands enjeux du monde contemporain et proposer - comme il le fait depuis quelques années - un vrai dialogue des cultures entre continents. Il s'agit là encore de donner à entendre d'autres styles musicaux et d'autres langues. On l'a vu, les femmes sont également au cœur de cette nouvelle édition : des compositrices, des metteuses en scène (Lotte de Beer, Silvia Costa), des cheffes d'orchestres (Susanna Mälkki, Kanako Abe) et des écrivaines inspiratrices ou librettistes telles que Sofi Oksanen, Etel Adnan (autrice du poème à l'origine de &quot;L'Apocalypse arabe&quot;) et Nawal El Saadawi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/52499558-40015883.jpg?v=1608574662" alt="Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle" title="Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle" />
     </div>
     <div>
      En ce qui concerne les autres spectacles, on retrouvera l'Ensemble Correspondances de Sébastien Daucé mettant à l'honneur la fine fleur des chanteurs tels que Lucile Richardot, Nicolas Bazola et Nicolas Brooymans dans Monteverdi, Rossi et Cavalli réunis pour &quot;Combattimento, la théorie du Cygne noir&quot; au Théâtre du Jeu de Paume dès le 3 juillet. &quot;I due Foscari&quot; de G. Verdi sera proposé avec Leo Nucci (Francesco Foscari), le Chœur et Orchestre de l'Opéra de Lyon dirigés par Daniele Rustioni le 16 juillet au Grand Théâtre.       <br />
              <br />
       Mêmes forces musicales et chef pour le &quot;Falstaff&quot; du même Verdi, ouvrage qui sera donné dès le 1er juillet à l'Archevêché avec Christopher Purves, Stéphane Degout. C'est dans ce même sublime écrin que Daniele Rustioni à la tête de son orchestre lyonnais dirigera Dmitry Ulyanov en Tsar Dodon du &quot;Coq d'Or&quot;, sans oublier l'excellent Thomas Hengelbrock à la tête du Balthasar Neumann Ensemble pour des &quot;Nozze di Figaro&quot; très attendues avec Jacquelyn Wagner, Gyula Orendt, Julie Fuchs et Léa Desandre, dans la mise en scène de Lotte de Beer (dès le 30 juin).       <br />
              <br />
       Enfin, Graal inespéré pour des mélomanes wagnériens privés du Ring parisien, Sir Simon Rattle aura la mission de présenter &quot;Tristan und Isolde&quot; de Wagner (pour la première fois à Aix) à la tête du London Symphony Orchestra. Une nouvelle production de Simon Stone pensée pour le Grand Théâtre (dès le 2 juillet) avec une distribution de luxe : Stuart Skelton, Nina Stemme et Franz-Josef Selig.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      En attendant le détail de la programmation qui sera dévoilée en janvier 2021, le public aixois a d'ores et déjà l'assurance de retrouver les manifestations gratuites d'&quot;Aix en juin&quot;, les actions de l'Académie et de la Méditerranée, celles de &quot;Passerelles&quot; et la reconduction d'une saison numérique (#La SceneNumerique). En attendant l'été, nous croiserons les doigts bien fort, déjà assurés que le Festival d'Aix mettra tout en œuvre pour nous offrir les meilleures conditions possibles en cette période très particulière - où nous avons plus que jamais besoin d'utopie, de musique et de beauté.       <br />
              <br />
       <b>Festival d'Aix-en-Provence</b>        <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 juin au 25 juillet 2021.</span>       <br />
              <br />
       Ouverture des abonnements le 5 février 2021.       <br />
       Vente des places à partir du 19 février 2021.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence</title>
   <pubDate>Sat, 07 Jul 2018 07:45:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le plus dérangeant des opéras de Sergueï Prokofiev est programmé cette année sur la scène du Grand Théâtre de Provence. Cet "Ange de feu" violent, troublant et rare, est porté avec force par la superbe vision du metteur en scène Mariusz Trelinski. La soprano Ausrine Stundyté s'y distingue dans le rôle écrasant de Renata.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23544495-25777518.jpg?v=1530943652" alt=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" title=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" />
     </div>
     <div>
      Quel objet opératique curieux que cet &quot;Ange de feu&quot; ! Prokofiev le compose durant huit ans entre les États-Unis, la France et au cours de ses nombreux voyages entre 1919 et 1927. L'opéra est accepté par Bruno Walter pour l'Opéra de Berlin en 1926, sans être produit finalement. Il faut attendre 1954 pour qu'il sorte de l'oubli, mais seule une version de concert est donnée au Théâtre des Champs-Élysées pour sa création.       <br />
              <br />
       Reconnaissons qu'on sort quelque peu bousculé de cet étrange opéra développant une histoire pleine de bruit et de fureur tirée d'un roman de Valery Brioussov. Sergueï Prokofiev reprend dans le livret qu'il rédige lui-même en sept tableaux une intrigue tissée des fantômes et des démons qui hantent Renata, une jeune fille insaisissable. Poursuivie par les assiduités du Chevalier Ruprecht, elle traque quant à elle un jeune homme, Heinrich. Celui-ci est peut-être l'incarnation d'un ange qui l'a visitée dans l'enfance et dont elle est tombée amoureuse.       <br />
              <br />
       On peut s'interroger sur ce qui a pu fasciner le compositeur russe dans cette histoire médiévale complexe, tout imprégnée d'occultisme et de sorcellerie. Si l'imaginaire russe est bien présent avec un fond dostoïevskien d'angoisse et de culpabilité des personnages, l'influence du romantisme germanique se révèle déterminante aussi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23544495-25777523.jpg?v=1530943705" alt=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" title=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" />
     </div>
     <div>
      Faust et Méphistophélès y côtoient une sorcière, un mage inquiétant Agrippa von Nettesheim et d'autres figures hautes en couleurs dans un périple qui mène les protagonistes à travers l'Allemagne. Dans cette œuvre d'une violence musicale sans précédent (dont certains passages nourriront la troisième symphonie) aux exaspérations expressionnistes, tragique et burlesque se mêlent en une sarabande apocalyptique qui va crescendo.       <br />
              <br />
       Mariusz Trelinski, directeur artistique de l'Opéra national de Pologne, propose pour sa première mise en scène au Festival d'Aix une réécriture noire et rock du chef-d'œuvre de Prokofiev. Une proposition qui ancre ses références dans le cinéma d'un David Lynch, d'un Krzystof Kieslowski ou d'un Andrzej Zulawski (période &quot;Possession&quot;), mais aussi dans un certain cinéma américain grunge des années quatre-vingt-dix (comme &quot;The Crow&quot; ou &quot;Strange Days&quot;).       <br />
              <br />
       Renata y est une paumée hystérique et toxicomane (le libraire Jakob Glock est son dealer) n'hésitant pas à se scarifier. Son Ruprecht est ici un représentant de commerce sans envergure, un looser cynique puis amoureux qui va tenter de la sauver (en vain) de ses souvenirs traumatiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23544495-25777526.jpg?v=1530943744" alt=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" title=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" />
     </div>
     <div>
      Dans un superbe et sombre décor urbain troué par les néons des enseignes (dû à Boris Kudlicka) où les espaces mouvants séparent plus qu'ils ne réunissent les personnages (somptueusement éclairés par Felice Ross), le metteur en scène polonais décrit l'errance de naufragés de la vie et de l'amour. Dans ce théâtre mental de la folie traversé d'hallucinations et de terreur, il suggère que face à ces solitaires &quot;l'on s'émerveille de notre impuissance face à la vie&quot; (Note d'intention). Un propos en totale adéquation avec l'esprit de l'opéra, qui se voit ici conférer une résonance très contemporaine - exactement dans la ligne éditoriale du festival qui fête ses soixante-dix ans cette année.       <br />
              <br />
       Si le chef Kazushi Ono ne parvient que de loin en loin à insuffler à la partition la sauvagerie et la violence idoines, les pupitres de l'Orchestre de Paris se montrent souvent remarquables en maintenant une tension et une énergie rythmique, en parsemant cette grande traversée symphonique d'événements sonores puissants. Mais l'ennui s'installe aussi parfois - par manque de vision de cet excellent chef ?       <br />
              <br />
       Parmi les chanteurs aux prestations de bonne tenue, la soprano Ausrine Stundyté (remarquée à Lyon en Lady Macbeth de Minsk) domine un des rôles les plus épuisants du répertoire dramatique. Ce rôle d'une étendue diabolique lui permet de montrer ses qualités d'incarnation, d'engagement, de labilité vocale (essentielle ici) et d'endurance. On notera aussi le talent du Chœur de l'Opéra de Varsovie dans une scène finale d'anthologie offrant une des scènes les plus impressionnantes qu'on ait vues. Nous ne sommes pas prêts d'oublier ce désastre explosif comme le vénéneux univers cinétique si particulier de Mariusz Trelinski.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 15 juillet 2018 à 19 h 30.</span>       <br />
       Diffusion en direct sur France Musique le <span class="fluo_jaune">13 juillet 2018 à 19 h 30.</span>        <br />
       Diffusion en léger différé sur Culturebox le <span class="fluo_jaune">15 juillet à 20 h 30.</span>       <br />
       Concert le <span class="fluo_jaune">22 juillet 2018 à 17 h</span> de l'Orchestre des Jeunes de la Méditerranée (direction Kazushi Ono) en direct sur la chaîne Youtube du Festival d'Aix.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23544495-25777546.jpg?v=1530944297" alt=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" title=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" />
     </div>
     <div>
      Grand Théâtre de Provence.       <br />
       Avenue Max Juvénal Aix-en-Provence (13).       <br />
       Tel : 08 20 922 923.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;L'Ange de feu&quot; (1954).</b>       <br />
       Opéra en cinq actes.       <br />
       Musique et livret de S. Prokofiev (1891-1953).       <br />
       En russe surtitré en français et en anglais.       <br />
       Durée : 3 h (avec un entracte).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23544495-25777547.jpg?v=1530944318" alt=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" title=""L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence" />
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     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23544495-25777518.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Ange-de-feu-grunge-et-cinetique-de-Mariusz-Trelinski-au-Festival-d-Aix-en-Provence_a2188.html</link>
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