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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-05T19:33:34+02:00</dc:date>
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   <title>Festival de Quatuors à cordes du Luberon</title>
   <pubDate>Sat, 20 Aug 2022 16:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis le 13 août, le Festival de Quatuors à cordes invite les meilleurs quatuors internationaux dans le Luberon. Une offre riche et variée de musiciens et de programmes à découvrir jusqu'à la fin de l'été.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66824582-47396216.jpg?v=1661006041" alt="Festival de Quatuors à cordes du Luberon" title="Festival de Quatuors à cordes du Luberon" />
     </div>
     <div>
      Depuis 47 ans, le Festival de Quatuors à cordes du Luberon offre en été les plus beaux concerts dans les endroits les plus charmants de la région grâce à l'association des Amis de la musique du Luberon et du Pays d'Aix. Depuis 1976, la manifestation est dédiée à la promotion et à la médiation auprès du public des meilleurs quatuors à cordes internationaux, ainsi qu'à la découverte de jeunes ensembles récemment primés aux meilleurs concours de la planète.       <br />
              <br />
       Ces concerts ont lieu dans le cadre prestigieux du Cloître de l'Abbaye de Silvacane à la Roque d'Anthéron mais aussi dans de fort jolies églises du Luberon. C'est le superbe Quatuor Béla qui assure la direction artistique de la manifestation désormais. Une garantie de qualité et de hauteur de vue pour le festival…       <br />
              <br />
       Si vous n'avez pas pu encore y assister, pas de panique ! Il reste quelques concerts à ne pas rater d'ici à la fin du mois d'août.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66824582-47396219.jpg?v=1661006073" alt="Festival de Quatuors à cordes du Luberon" title="Festival de Quatuors à cordes du Luberon" />
     </div>
     <div>
      Le 20 août à 18 h 30, le Quatuor Ragazze défend une soirée &quot;Etnos&quot; avec Piazzola, Barton, Long et Volans au programme. Le lendemain, à la même heure, c'est le Quatuor Béla qui lui succédera pour partager des œuvres de Beethoven, de Guenin et de Debussy.       <br />
              <br />
       Le fameux Quatuor Hanson célébrera le 22 août Haydn, Gubaidulina et Bartok dans la belle église du Goult à 20 h 30. Le 24, c'est au tour du très respecté Quatuor Takacs d'interpréter Dvorak et Schubert. Le 27 août à 16 h, le Quatuor Miruges donnera le la avec Bartok encore et Mendelssohn à la Roque d'Anthéron.        <br />
              <br />
       Mais on se précipitera aussi le 25 août à l'Abbaye de Silvacane (belle à se damner) pour une &quot;Nuit d'Orient&quot;, un spectacle pour quatuor à cordes, oud et percussions avec le Duo Sabil et le Quatuor Béla. Une rencontre au sommet qui promet un beau mariage de couleurs, de joie et de sensations.        <br />
              <br />
       <b>Festival de Quatuors du Luberon</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 au 27 août 2022.</span>       <br />
       Téléphone : +33.(0)7 77 34 42 25.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('melanie.polata@quatuors-luberon.org')" >melanie.polata@quatuors-luberon.org</a>       <br />
       Programme complet et réservations :       <br />
       <a class="link" href="http://www.quatuors-luberon.org/new/index.php" target="_blank">quatuors-luberon.org</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66824582-47396216.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-de-Quatuors-a-cordes-du-Luberon_a3376.html</link>
  </item>

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   <title>La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix</title>
   <pubDate>Wed, 11 Jul 2018 08:56:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Nouvelle production au Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence de l'opéra de Henry Purcell, "Didon et Enée". Enrichie d'un Prologue commandé à l'écrivaine Maylis de Kerangal replaçant la tragédie de la Reine de Carthage au plus près de l'effroyable actualité et son cortège d'exilés, la production de Vincent Huguet atteint avec une belle sobriété à l'universel.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23637677-25834859.jpg?v=1531294251" alt="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" title="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Les circonstances de la composition et de la création de ce premier opéra (ou peut-être à l'origine un masque, genre éminemment anglais) du compositeur britannique sont obscures. Mais il est avéré qu'il fut joué en 1689 dans un pensionnat londonien de jeunes filles. Doté par Purcell d'un prologue mythologique dont la partition musicale est perdue - de même que certains passages de l'opéra lui-même, nous avons l'habitude d'assister à une œuvre resserrée d'une heure, retraçant avec une rare efficacité dramatique les amours malheureuses de la reine Didon et du prince Enée. Le livret de Nahum Tate s'inspire en majeure partie du Chant IV de &quot;L'Enéide&quot; de Virgile, épopée inachevée sur les circonstances de la fondation de Rome par le prince troyen après la destruction de Troie par les Grecs.       <br />
              <br />
       Vincent Huguet, assistant de Patrice Chéreau et académicien au Festival d'Aix en 2011 dans l'Atelier Opéra en Création, a eu l'excellente idée de donner une résonance nouvelle au chef-d'œuvre baroque. Il a donc commandé à Maylis de Kerangal un nouveau prologue explicitant le destin de Didon (dans l'opéra) à l'aune de son passé qu'une jeune femme raconte.        <br />
              <br />
       C'est l'émouvante chanteuse malienne Rokia Traore, voix blanche et trouée de silences, qui l'incarne. Reprenant les éléments que les historiens ont avancés sur les circonstances de la fondation de la colonie de Carthage, l'écrivaine donne la parole à une des compagnes anonymes enlevées à Chypre sur ordre de Didon (ou Elyssa pour les Historiens).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23637677-25834914.jpg?v=1531294285" alt="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" title="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Accompagnée par la harpe-luth mélancolique de Mamah Diabaté-N'Goni, cette récitante révèle les facettes les plus troubles de l'héroïne purcellienne. Elle retrace les faits susceptibles d'expliquer la haine inextinguible des sorcières, qui par leurs agissements provoqueront le départ d'Enée et le suicide de Didon dans l'opéra.       <br />
              <br />
       À l'heure où les constellations apparaissent dans le ciel de Provence (redoublées sur le rideau du plateau), quand quelques lucioles et le vol des oiseaux de nuit en marquent l'heure sacrée, un cortège de femmes s'avance face au public du Théâtre de l'Archevêché. Drapées à l'antique, elles sont les compagnes éprouvées de la Récitante ; ces victimes de toujours des guerres et des catastrophes africaines.        <br />
              <br />
       L'obscurité à peine déchirée par quatre lampes drape ces femmes, qui ont été obligées - comme des millions de migrants de notre époque - de prendre la route de l'exil. Cette référence au drame contemporain sur la scène aixoise (auquel nul n'aura pu éviter de penser) se révèle très forte. Elle inscrit pleinement la mise en scène et l'œuvre dans la lignée de ce que son directeur, Bernard Foccroulle, a mis en œuvre pour l'avenir de l'opéra et du festival depuis son arrivée en 2007 : créer un art et une manifestation en prise avec son temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23637677-25834924.jpg?v=1531294336" alt="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" title="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Quand le rideau se lève sur l'opéra de Purcell proprement dit, une émotion nouvelle plane donc sur l'histoire éternelle de Didon et Enée. Les choix de la scénographie sont simples et beaux, faisant signe d'un point de vue dramaturgique. Ainsi les personnages se déplacent dans le port de Carthage sur un ponton (avec inclusion d'un chapiteau corinthien et d'une colonne grecque rappelant le mythe) évoquant aussi les murs qui s'élèvent désormais aux frontières méditerranéennes.        <br />
              <br />
       Dans la mise en scène épurée et graphique de Vincent Huguet, le ponton occupe la moitié de la scène sur fond d'océan et de ciel, évoqués par les poétiques lumières de Bertrand Couderc. Les beaux costumes mi contemporains mi antiques de Caroline de Vivaise contribuent aussi à ancrer les déchirements de la reine, émigrée venue de Tyr, dans une universalité signifiante.       <br />
              <br />
       Dans la fosse l'Ensemble Pygmalion, dirigé par Vàclav Luks, séduit dans cette partition faisant se succéder avec la volubilité ou la gravité idoines le pur lyrisme des lamentos et le brio des scènes de danses. L'orchestre manifeste dès l'ouverture un sens inné des contrastes et des climats. Se distinguent notamment le Continuo de Pierre Gallon, le clavecin de Ronan Khalil et d'Angélique Mauillon (également à l'orgue), le théorbe de Diego Salamanca et Josh Cheatham et la viole d'Antoine Touche (trois d'entre eux ont été membres de l'Académie du festival).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23637677-25834931.jpg?v=1531294385" alt="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" title="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      Kelebogile Pearl Besong est une charismatique Didon qui promet beaucoup. Mais en ce soir de première elle se trouve prise constamment en défaut de justesse (attaques, ligne musicale et déclamation). L'étendue des moyens vocaux de la soprano sud-africaine impressionne quoi qu'il en soit dans cette prise de rôle*.       <br />
              <br />
       Ses conseillères (Sophia Burgos, Rachel Redmond) livrent un beau chant, de même que l'inquiétante Sorcière de Lucile Richardot convainc en malfaisant agent du destin. Si l'Enée du baryton Tobias Greenhalgh se montre un peu raide, le chœur de l'Ensemble Pygmalion brille constamment par l'éclat d'une riche vocalité. Il offre une superbe incarnation du peuple ou des marins de Carthage.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Au moment de terminer cet article (le 9 juillet), nous apprenons que Kelebogile Pearl Besong se retire de la production pour raisons de santé. Elle sera remplacée par la mezzo Anaïk Morel.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23637677-25835608.jpg?v=1531294903" alt="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" title="La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 7 juillet au 23 juillet 2018 à 22 h. </span>        <br />
       Retransmission en léger différé sur le site d'Arte Concert le <span class="fluo_jaune">12 juillet à 22 h 35</span> et en direct sur France Musique à <span class="fluo_jaune">22 h.</span>       <br />
              <br />
       Théâtre de l'Archevêché.       <br />
       26, Rue Gaston Saporta, Aix-en-Provence (13).       <br />
       Tél. : 08 20 922 923.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Dido and Aeneas&quot; (1689).</b>       <br />
       Opéra en un prologue et trois actes.       <br />
       Musique d'Henry Purcell (1659-1695).       <br />
       Livret de Nahum Tate. Nouveau prologue de Maylis de Kerangal.       <br />
       Durée : 1 h 30 sans entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23637677-25834859.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Didon-de-Purcell-royale-migrante-au-Festival-d-Aix_a2197.html</link>
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   <title>"La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !</title>
   <pubDate>Mon, 09 Jul 2018 16:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Magnifique reprise de la production de Simon McBurney de l'ultime chef-d'œuvre opératique de Mozart au Grand Théâtre de Provence. Avec une superbe distribution vocale et l'entrée hautement réussie du chœur et de l'orchestre de l'Ensemble Pygmalion dans l'univers flamboyant de cette "Flûte enchantée", le public a succombé à l'ivresse des grandes soirées aixoises.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23578675-25797215.jpg?v=1531146680" alt=""La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !" title=""La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !" />
     </div>
     <div>
      On se souvient de la genèse d'un des ultimes chefs-d'œuvre de Mozart, composé à la demande d'Emmanuel Schikaneder pour le Theater auf der Wieden et créé deux mois avant la mort du compositeur. Chef-d'œuvre fondateur du genre du singspiel mélangeant théâtre et opéra en langue allemande, cette &quot;Flûte enchantée&quot; décrit les épreuves initiatiques d'un couple princier Pamina et Tamino et d'un duo d'extraction populaire, Papageno l'Oiseleur et sa chère Papagena. Ce joyau musical et conte merveilleux - avec sa fiction ancrée dans une Égypte rêvée – mêle, dans une harmonie géniale, divertissement comique et sensibilité pré-romantique au service d'un apologue imprégné de l'esprit des Lumières (et de la Franc-maçonnerie).       <br />
              <br />
       Donnée en 2014 au Festival d'Aix, la reprise en cette soixante-dixième édition de la production de Simon McBurney s'enrichit notablement grâce à une troupe de chanteurs formidables (dont certains étaient présents dès 2014), à l'extraordinaire talent de l'Ensemble Pygmalion à s'emparer pour la première fois d'un opéra de Mozart et dans la maturation du propos du metteur en scène anglais (par ailleurs aussi réalisateur, auteur et acteur). Les acclamations des festivaliers debout, enflammant le Grand Théâtre de Provence à l'issue du spectacle, en ont fait foi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23578675-25797233.jpg?v=1531146720" alt=""La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !" title=""La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !" />
     </div>
     <div>
      De prime abord les choix de Simon McBurney surprennent et inquiètent, avouons-le. Le plateau, nu, noir et vide, ne présente qu'un immense plancher rectangulaire tenu par quatre cordes (tombant des cintres) à distance du sol - telle une gigantesque balançoire. Côté cour, la cabine de la réalisation des effets spéciaux sonores se tient en bord de scène à l'exact côté opposé (côté jardin) du bureau-écran de réalisation des effets visuels.       <br />
              <br />
       Originalité notable, la fosse de l'orchestre a été considérablement remontée et prolonge cette dernière en pente douce. On ne tardera pas à constater que les musiciens seront mis à contribution dans le jeu, de même que les spectateurs des premiers rangs. La vidéo filme en temps réel traces écrites ou chanteurs, les dessins à la craie, les incrustations d'images, tout cela projeté sur un écran ou en fond de plateau. Un travail sonore très sophistiqué ajoute au dispositif qui viendra donc habiller la scène ; de même que les multiples orientations du plancher suspendu évoqueront les divers lieux de la fiction.       <br />
              <br />
       C'est que le metteur en scène anglais a voulu retrouver la virginité du chef-d'œuvre mozartien, si joué qu'il en est surchargé (voire obscurci) de références et d'attentes. Sa vision s'inscrira donc sur une page blanche (noire en l'occurrence ici). Les théâtres de tréteaux et de machines mêlés dans le singspiel sont ramenés ici à leur plus simple expression afin de laisser toute la place au chant, au texte et à la musique (et la gloire à l'orchestre). Débarrassé de ses oripeaux habituels, l'opéra que présente Simon McBurney nous invite à repartir de zéro : son livre d'images merveilleuses et parfois prosaïques se fait l'humble et très drôle serviteur d'une des plus belles partitions qui soit. De celles dont on connaît et attend tous les &quot;hits&quot;, et dont on savoure ici chaque moment avec gourmandise et émotion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23578675-25811407.jpg?v=1531146762" alt=""La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !" title=""La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !" />
     </div>
     <div>
      Toujours frappées au coin de procédés ingénieux luxueusement bricolés, quelques scènes atteignent à une absolue grâce. Citons celle où Tamino tente de pénétrer dans les temples de la Sagesse, de la Raison et de la Nature - ici figurés par des livres reliés géants en un effet bluffant (en fait une rangée de modeste bibliothèque filmée dans le coin du plateau).        <br />
              <br />
       Ou encore celle de l'assemblée réunissant le Prêtre Sarastro et ses fidèles autour du plancher devenu table-autel ; sans oublier les scènes finales de l'opéra - quand le chœur loue les vertus des nouveaux initiés en une fleur dessinée au sol par les corps de tous les chanteurs allongés filmés en plongée (c'est l'amour universel), également quand Tamino et Pamina traversent les épreuves d'un feu terrifiant puis d'un ouragan poétique (ils flottent alors joliment dans l'espace). La force magique et pacificatrice de la musique, la musique de l'amour, l'amour de la musique et de l'humanité, c'est de tout cela dont il est question.       <br />
              <br />
       Nonobstant le Monostatos en panne de projection de Bengt-Ola Morgny, le cast se révèle merveilleux. La basse russe Dimitry Ivashchenko est un noble et charismatique Sarastro face à l'inquiétante Reine de la Nuit interprétée par Kathryn Lewek. La soprano américaine cisèle les quatre contre-fa de ses vocalises staccato comme autant de poignards acérés - avec une aisance et une impulsion remarquables. On frémit d'aise en l'admirant dans ce fameux air de la vengeance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23578675-25811462.jpg?v=1531146794" alt=""La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !" title=""La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique !" />
     </div>
     <div>
      La soprano norvégienne Mari Eriksmoen est une Pamina frémissante et subtile ; son beau chant s'accorde parfaitement avec celui de Stanislas de Barbeyrac, un Tamino idéal. Le ténor français a l'habitude de briller dans chacune de ses apparitions. Mais qui aujourd'hui peut offrir un tel sens princier de la ligne, une respiration si naturelle et des couleurs si chatoyantes dans ce rôle ? Il offre un régal pour les oreilles, sculptant artistement piani et forte dans l'air ravissant du portrait au premier acte comme dans les airs suivants (tel celui de l'éveil &quot;Zum ziele führt dich diese Bahn&quot;).        <br />
              <br />
       Le Papageno du baryton néerlandais Thomas Oliemans se révèle irrésistible de drôlerie, de verve et d'engagement scénique ; il mérite mille fois de rencontrer l'amour (et la noblesse du cœur). Citons encore le bel Orateur du baryton Christian Immler, le chœur superlatif formé par les chanteurs de Pygmalion et les trois jeunes enfants grimés en spectres du Knabenchor der Chorakademie de Dortmund.       <br />
              <br />
       L'un des sommets de la soirée, c'est aussi l'orchestre de l'Ensemble Pygmalion dirigé par son fondateur Raphaël Pichon. Dès l'ouverture, les accents lourds et répétés, l'allegro fugué impressionnent par leur juste expressivité et la puissance sacrée de la partition s'impose.       <br />
              <br />
       Mobile et subtil, l'orchestre modèle tous les climats et colore tous les registres : du comique de certaines situations à la solennité la plus majestueuse (avec de belles trompettes en fanfare lors de la procession). Les nuances les plus nobles côtoient la joie la plus débridée. Avec notamment la flûte de Georgia Browne et le glockenspiel d'Arnaud de Pasquale, les pupitres de l'Ensemble Pygmalion nous ont fait vivre la plus bouleversante des soirées. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 6 au 24 juillet 2018 à 19 h 30.</span>       <br />
       Retransmission en direct sur France Musique le <span class="fluo_jaune">9 juillet à 19 h 30.</span>          <br />
              <br />
       Grand Théâtre de Provence.       <br />
       Tél. : 08 20 922 923.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Die Zauberflöte&quot; (1891).</b>       <br />
       Singspiel en deux actes.       <br />
       Musique de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791).       <br />
       Livret d'Emmanuel Schikaneder.       <br />
       En allemand surtitré en français et en anglais.       <br />
       Durée : 3 h 30 environ (avec un entracte).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23578675-25797215.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Flute-enchantee-au-Festival-d-Aix-tout-pour-la-musique-_a2193.html</link>
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   <title>Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix</title>
   <pubDate>Fri, 06 Jul 2018 07:37:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Christine Ducq</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Lyrique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Richard Strauss est à l'honneur sur le plateau du Théâtre de l'Archevêché pour la dernière saison du directeur du Festival d'Aix-en-Provence, Bernard Foccroulle. Si cette nouvelle production de "Ariadne auf Naxos" ne convainc pas dans la relecture qu'en fait Katie Mitchell, elle est cependant magnifiée par une distribution vocale de très grande classe qui étincelle, stupéfait et ravit.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23521692-25765372.jpg?v=1530856697" alt="Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix" title="Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix" />
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     <div>
      Curieux objet que cet opéra, troisième fruit de la collaboration entre le compositeur Richard Strauss et l'écrivain Hugo von Hofmannsthal de par sa longue et quelque peu erratique conception. Avant &quot;Capriccio&quot; (pensé après le désastre de la Deuxième Guerre mondiale), la deuxième version d' &quot;Ariane à Naxos&quot;, créée en 1916 à Vienne, tente sur le modèle du pasticcio du XVIIIe siècle d'imaginer un futur tant pour l'opéra comme genre (après le séisme wagnérien) que pour l'œuvre de Strauss lui-même, après &quot;Elektra&quot;.       <br />
              <br />
       En 1912, il s'agit d'abord pour le compositeur allemand d'ajouter un opéra en un acte à une réécriture de la comédie-ballet de Molière, &quot;Le Bourgeois Gentilhomme&quot;, avec un livret confié à Hofmannsthal, par ailleurs traducteur de la pièce. L'échec complet public et critique de cette version initiale entraîne et paralyse à la fois une refonte du projet.       <br />
              <br />
       La déclaration de guerre de 1914 n'arrange rien mais, malgré quelques divergences de vues entre les deux génies, une seconde version totalement remaniée voit le jour peu à peu : un prologue mi-parlé mi-chanté justifiera désormais (en lieu et place de la pièce de Molière) le projet fou de l'opéra qui le suit. Un riche Viennois parvenu impose - dans son somptueux hôtel particulier - qu'un compositeur d'opera seria flanqué de chanteurs tout gonflés de leur importance (La Prima Donna et le Ténor) accepte de voir son œuvre mêlée aux improvisations d'une troupe rompue aux bouffonneries de la commedia dell'arte.       <br />
              <br />
       Mariage de la carpe et du lapin, ou plutôt union impossible a priori du monde des dieux (le Compositeur livre en effet sa vision du mythe éculé à l'opéra de la fidèle Ariane abandonnée sur l'île de Naxos par l'ingrat Thésée) et de celui des burlesques aventures amoureuses de Zerbinetta ; aventures censément plus appréciées d'un public vulgaire. L'actrice dans son rôle de soubrette, accompagnée par un gai quatuor emmené par Arlequin, tentera de ramener à la raison une Ariane éplorée qui n'attend plus que la mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23521692-25765380.jpg?v=1530856757" alt="Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix" title="Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix" />
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     <div>
      Dans la vision de Katie Mitchell, le Prélude se situe dans les années vingt chez un couple de riches propriétaires et c'est Madame qui porte la culotte (ou plutôt le smoking) alors que Monsieur arbore une robe de soirée d'un rouge éclatant. Le majordome (le sarcastique Maik Solbach) ajoute donc à la confusion des préparatifs de coulisses juste avant le spectacle avec ses demandes toujours plus farfelues.       <br />
              <br />
       Le Maître de musique (impeccable Josef Wagner) tente quant à lui (alors que les domestiques déménagent meubles et tableaux) de défendre l'œuvre de son élève, le Compositeur (un rôle travesti parfaitement défendu par Angela Brower), alors que les comédiens de tréteaux doivent tenter de s'imposer au milieu des répétitions d'un Maître à danser revenu de tout (une grande Folle juchée sur des escarpins chez K. Mitchell ; une loufoquerie que Rupert Charlesworth transcende par un très beau chant).       <br />
              <br />
       L'ironie et le comique de situation dominent comme il se doit mais l'agitation perpétuelle de la mise en scène vient perturber les beaux moments lyriques que réserve ce prologue, tel ce superbe duo entre le Compositeur (prêt à fuir les exigences prosaïques du riche mécène caractériel) et Zerbinetta - aux charmes desquels il n'est pas insensible.       <br />
              <br />
       On se demande un moment comment Katie Mitchell va bien pouvoir lier scénographiquement et philosophiquement son propos (un discours féministe trempé aux gender studies anglo-saxonnes) à l'opéra straussien (et sa volonté de trouver une nouvelle voie à partir de Mozart et malgré Wagner, bref faire œuvre à sa façon virtuose et ironiquement pathétique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23521692-25765385.jpg?v=1530856803" alt="Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix" title="Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix" />
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      Créer un espace où on tente de faire se rejoindre et se confondre pastiches musicaux et formels et confusion des genres sexuels, est-ce bien pertinent ? Restent l'utilisation des corps des chanteurs, des lampes LED sur la robe de Zerbinetta et sur les ceintures de ses acolytes, des rats qu'on trouve semant la panique sur scène, de jolies ambiances aux couleurs radicales (jaune, mauve…). Et dans la deuxième partie une Zerbinetta donneuse de leçon (façon #metoo, c'est tendance) pour une Ariane totalement aveugle à son statut d'esclave, donnant naissance à Bacchus (son futur amant qui se montre ici bien inquiétant) et buvant le philtre de l'amour (donc du malheur) en toute irresponsabilité.       <br />
              <br />
       Le théâtre dans le théâtre (mais quid de ses illusions ?) n'oublie pas ici déguisement et parodie mais désamorce la dimension de merveilleux baroque voulue par le compositeur et son librettiste.       <br />
              <br />
       Œuvre redoutable à mettre en scène, elle toucherait ici à la limite de l'insignifiance si une distribution de haute volée ne venait pas surprendre le jeu et offrir une expérience d'intense jouissance aux cœurs et aux sens d'un public féru des acrobaties vocales et des duos suprêmement lyriques chers à Richard Strauss (cet amoureux passionné des voix féminines - mais pas seulement). Sabine Devieilhe est une superbe Zerbinetta aux mélismes artistes et à la verve enchanteresse.       <br />
              <br />
       Avec son phrasé exquis, son timbre cristallin, la soprano orne le rôle le plus redoutable par sa longueur des colorature avec le plus indubitable talent qui puisse s'entendre actuellement. Les extrêmes de la tessiture se négocient chez elle avec un naturel ébouriffant (&quot;Grossmächtige Prinzessin&quot;) ; ce qui lui vaut des applaudissements enthousiastes d'un public pourtant rétif habituellement à ce genre de transports.
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      Au milieu d'une distribution parfaitement homogène, Eric Cutler (le Ténor, Bacchus) et Lise Davidsen (La Prima Donna, Ariane) s'imposent avec la plus fascinante des maestrias. Déjà remarqué dans le &quot;Lohengrin&quot; donné à La Monnaie de Bruxelles, le ténor américain impressionne toujours dans ses deux personnages (plutôt chargés sur la scène aixoise) avec son souffle illimité, son timbre creusé dans l'airain mais capable de belles nuances. Quant à Lise Davidsen (ancienne académicienne au Festival d'Aix comme Sabine Devieilhe), on songe - en écoutant sa voix à l'émission facile et puissante, au registre de bronze miroitant capable des plus sublimes subtilités, aux envols stratosphériques - à Kirsten Flagstad, la mythique soprano wagnérienne. C'est dire.       <br />
              <br />
       À entendre ces deux-là, on se prête à rêver au couple idéal qu'ils formeraient dans le &quot;Tristan&quot; wagnérien - que Strauss pastiche admirablement dans le finale. On ressort de ce spectacle bouleversé, alors que l'Orchestre de Paris a enfin trouvé ses marques dans la deuxième partie (l'opéra en un acte) en nous servant un discours musical de toute beauté.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 16 juillet 2018 à 22 h.</span>       <br />
       Diffusion en direct le <span class="fluo_jaune">11 juillet à 22 h</span> sur Arte Concert et France Musique.       <br />
              <br />
       Théâtre de l'Archevêché.       <br />
       Tél. : 04 34 08 02 17.       <br />
       Aix-en-Provence (13).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Ariane à Naxos&quot; (1916).</b>       <br />
       Opéra en un prologue et un acte.       <br />
       Musique de Richard Strauss (1864-1949).       <br />
       Livret en allemand de H. von Hofmannsthal.       <br />
       Surtitrage en français et en anglais.       <br />
       Durée : 2 h environ (avec un entracte).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23521692-25765487.jpg?v=1530857789" alt="Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix" title="Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix" />
     </div>
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