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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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   <title>"Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…</title>
   <pubDate>Fri, 17 Apr 2026 08:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand on est née le jour où les Nations Unies ont officialisé la Journée internationale des droits des femmes, quand on a connu soi-même un père sachant être maltraitant, qu'on a mis des milliers de kilomètres de distance afin de s'éloigner des traumas de son enfance… pour, dans une île annoncée comme paradisiaque, échouer dans les bras d'un masculiniste violent, on comprend que son destin individuel plonge ses rhizomes dans une histoire commune, celle des femmes, la nôtre partagée. Céline Ripoll fait théâtre de son propre itinéraire, sans rien concéder à sa sincérité à fleur de peau qui irradie le plateau.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67024957.jpg?v=1776323300" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Entrée en scène sur une musique joyeuse et entrainante… jusqu'à ce que la danseuse (elle), à l'image d'un saphir déraillant sur les sillons d'un vieux vinyle, s'immobilise… Narratrice de sa propre histoire, elle fait entendre à la troisième personne le récit du passage à la nouvelle année 2020… Elle aime danser, danser jusqu'au petit matin, aussi s'est-elle étourdie cette nuit de fête, loin des tourments qui occupent sa tête, sur les airs enivrants du DJ de cette île perdue au milieu du Pacifique. Mais elle ne peut reculer indéfiniment l'heure de rentrer, elle redoute le retour mortifère au foyer conjugal, treize ans qu'elle connaît la musique…       <br />
              <br />
       &quot;Il&quot; est là, derrière la porte à l'attendre, la questionne sur avec qui elle était, entre dans l'une de ses colères effrayantes dont il est coutumier… et la menace. Elle ne doit son salut qu'à sa fuite lui permettant d'échapper in-extrémis aux pierres qu'il tenait en mains pour briser son pare-brise. Lui revient alors cette réflexion venant d'un passé qui n'arrête pas de passer en elle, ses mots trouant le silence de la représentation : <span style="font-style:italic">&quot;Céline, tu ne verras plus tes filles&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67024962.jpg?v=1776323357" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Entre narrations à vif (colorées d'échappées en espagnol aussitôt traduites) et danses &quot;océaniques&quot;, les unes et les autres soutenues par des hommes artistes à la sensibilité avouée (Yannick Jaulin et Hamid Ben Mahi), la conteuse danseuse va rejouer sa rencontre avec ce séduisant guerrier de l'Ile de Pâques… Comme dans les contes (cf. les albums de sa maison d'édition, Moai Éditions), il est apparu sur son fier destrier… pour la conduire dans une grotte. Elle l'a aimé passionnément, elle l'a laissé plonger ses yeux en elle, et il l'a vidée de toutes substances, n'étant plus à la fin que de la vase, une enveloppe privée de toute estime de soi. Et lorsque pour échapper à ces brutalités avinées, à ces viols conjugaux, elle trouve enfin le ressort de se rendre à la gendarmerie, c'est pour s'entendre dire… <span style="font-style:italic">&quot;Si vous êtes restée treize ans avec lui, c'est que quelque part ça doit vous plaire&quot;.</span> Circulez, il n'y a rien à entendre…       <br />
              <br />
       Aussi, lorsqu'elle fait visiter aux touristes l'île de Pâques, son territoire à lui, elle n'a qu'une idée : repérer les grottes où elle pourra se réfugier. La force pour s'extirper de la nasse dans laquelle elle s'est précipitée &quot;librement&quot; afin de fuir d'anciens traumatismes – dont, dans une seconde partie du spectacle, elle remontera la pente – c'est auprès de ses &quot;sœurs&quot; de La Maison des Femmes, de ses copines autochtones au langage chantant et de sa psy rayonnante d'humanité, qu'elle va la trouver. <span style="font-style:italic">&quot;Une blessure, c'est une ouverture béante, passe de l'autre côté…&quot;</span> suggère cette dernière, en l'accompagnant dans son programme de reconstruction.       <br />
              <br />
       Alors, dénouant ses (très) longs cheveux, elle se lance dans un corps à corps avec elle-même, mêlant coups donnés et coup reçus, lesquels, s'ils la projettent au sol, la retrouvent l'instant d'après, debout, vivante. Des récits de maltraitances vécues par d'autres femmes déboucheront sur une scène d'étranglement, une violence qu'elle s'apprêtait à s'appliquer (le nœud coulant était prêt) si la conscience qu'elle manquerait à ses filles ne l'avait sauvée. Son refuge sera alors de glisser des messages dans les contes qu'elle écrit pour que ses lecteurs viennent l'y rechercher… Souvenirs inscrits dans son corps traversé par les soubresauts du temps où il la rejoignait pour la violenter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67024963.jpg?v=1776323336" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Revivre les traumas vécus pour échapper à la sidération, pour agir au lieu de subir la double peine du ressassement en boucle, une boucle qui étrangle… Pour comprendre comment ce beau guerrier qu'elle avait tellement aimé, lui qui lui était apparu comme le Sauveur, avait pu l'enfermer dans la cage de l'emprise, elle va remonter le temps, rembobiner son passé dans une danse à l'envers pour remonter aux origines, les siennes… Sa naissance, dans un hôpital militaire à l'autre bout de Berlin libéré, Berlin la ville violente où des milliers de femmes furent violées lors de la libération par les soldats de l'Armée Rouge…        <br />
              <br />
       Bébé donné pour mort, privé de caresses les premières semaines de sa vie passée en soins néonatals… Petite fille de cinq ans, témoin sidéré de la fureur d'un père fou furieux que sa femme le quitte… Elle, devenant l'otage de sa rage… Les chantages au suicide entrainant de peu sa fille dans la mort… Enfin, elle, jeune fille échappant à son emprise par le biais d'études artistiques dans une autre ville…       <br />
              <br />
       Vouloir réparer la petite fille briser en fuyant son passé, en mettant ce passé &quot;à distance&quot;, le rejetant plus précisément à des milliers de kilomètres dans l'océan Pacifique (&quot;Pacifique&quot;, ça ne s'invente pas…)… Et s'apercevoir, que quand on a été élevée dans un environnement où l'amour c'est la guerre, on reproduit le modèle archaïque en se précipitant tout droit dans les bras d'un &quot;aimant&quot; monstrueusement violent…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67025027.jpg?v=1776323815" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Briser la compulsion de répétition mortifère ne peut se faire sans revivre les étapes de cette agonie programmée, un retour dans le passé – si douloureux soit-il – comme échappatoire au retour insistant du même. L'apogée de cette délivrance appelée de tous ses vœux prend la forme (artistique) d'un cri de colère lancé à l'adresse de la figure paternelle ayant pollué son existence : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi tu nous a fait ça ? Tu n'en avais pas le droit !... Je n'en ai rien à foutre maintenant d'être toute seule ! Je suis toute seule depuis que je suis née…&quot;.</span> Cri de révolte suivi de l'effondrement physique de la comédienne…       <br />
              <br />
       … et de son rétablissement sur ses deux jambes bien campées au sol, avec ces mots adressés à ses géniteurs défaillants, ses mots ouvreurs d'horizons nouveaux : <span style="font-style:italic">&quot;C'est votre histoire, je vous la rends. J'ai tout dit pour moi, mais aussi pour mes filles. À elles, à nous d'aimer et d'être aimées&quot;.</span> Quant au tableau final, il actera dans la lumière du plateau et les mouvements de la danse purgée des scories de toute emprise, une épiphanie palpable. Le temps des guérilleros toxiques est définitivement supplanté par celui d'une guérillère de la liberté.       <br />
              <br />
       Quand le théâtre chorégraphié, soutenu par un texte d'une sincérité au-dessus de tous soupçons, s'empare d'un sujet hautement combustible, on ne peut que saluer ses effets contagieux… Ce manifeste haut de gamme de Céline Ripoll, artiste ayant connu dans sa chair et son âme la violence faite aux femmes, est de nature à communiquer sa force à toutes celles, anonymes ou non, qui ont subi ou subissent l'emprise de la prédation masculiniste. Une performance &quot;Hors Normes&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 27 mars 2026 au Centre culturel &quot;Les Arcades&quot; de Créon (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Née le 8 mars 1977"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67025032.jpg?v=1776323843" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Texte : Céline Ripoll.       <br />
       Mise en scène, interprétation et narration : Céline Ripoll.       <br />
       Parrain : Yannick Jaulin.       <br />
       Aide à l'écriture et mise en scène : Titus et Gérard Baraton.       <br />
       Aide à la mise en scène chorégraphique : Hamid Ben Mahi.       <br />
       Création Lumière : Jean-Baptiste Féruch.       <br />
       Compagnie L'Homme à la Tête Pieds-Nus.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le 27 mars 2026 au Centre culturel &quot;Les Arcades&quot; à Créon (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">27 Mai 2026 :</span> Salle du Tourneur, Souleuvre-en-Bocage (14).       <br />
       5 septembre 2026 : Salle Espalungue, Arudy (64).       <br />
       Fin septembre 2026 : Festival &quot;Au fil du Conte&quot;, Roullet-Saint-Estèphe (16).       <br />
       20 novembre 2026 : Théâtre Francis Planté, Orthez (64).       <br />
       25 novembre 2026 : Nogent-le-Rotrou (28).       <br />
       26 novembre 2026 : Salle Municipale, Mainvilliers (28).       <br />
       27 novembre 2026 : Théâtre, Dreux (28).       <br />
       6 et 8 mars 2027 : La Quintaine, Chasseneuil-du-Poitou (86).       <br />
       12 mars 2027 : Le Parnass, Mimizan (40).       <br />
       11 mai 2027 : Centre culturel Les Carmes, Langon (33).       <br />
       Novembre 2027 : Tahiti et les îles Marquises.       <br />
              <br />
       Juillet 2027 : Avignon (84), en cours de réalisation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…</title>
   <pubDate>Thu, 20 Jun 2024 07:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pour sa trente-troisième édition, le festival bordelais des arts et de la parole du "quartier de Saint-Michel et au-delà", s'est fixé un fil rouge… "Hors normes", un beau sous-titre qui résonne comme la promesse salutaire d'un pas de côté mettant en perspective les héritages qui nous façonnent. Qu'elle trouve ses racines dans notre passé individuel, familial, sociétal, ou colonial, la norme héritée agit comme une camisole dont on ne peut se défaire qu'en partageant les mots, qu'en les frottant à ceux des autres. Faire circuler la parole, la mettre dans un pot commun, telle semble l'ambition émancipatrice de cette semaine où cultures populaires et performances artistiques s'allient pour faire résonner la voix des invisibles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452138.jpg?v=1718785451" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      Sur la rive droite de la Garonne, le Parc Pinçon de la Benauge est tout désigné pour accueillir les festivités inaugurales… Un ciné-concert immersif sous la forme d'un film d'animation en 3D – </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fantôme"</strong></span> (Collectif La Méandre) – est projeté sur une scène rehaussée et aussi sur les immenses façades années soixante-dix surplombantes. Les deux musiciens en live et les personnages de l'histoire se détacheront de la scène pour venir à la rencontre des habitants de la cité populaire, créant ainsi un pont de sens entre fiction et réalité. Quant à l'histoire contée, elle se présente comme le récit d'un soulèvement poétique, celui d'un enfant détonateur de rébellion contre une société asservissante et artisan innocent de son extinction. Toute ressemblance avec la réalité vécue ne pouvant être que fortuite (ou pas…).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452139.jpg?v=1718786053" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      Parmi les trente-huit autres rendez-vous… </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Géographie de la survie"</strong></span>, conçue par l'auteur de théâtre et de romans Lancelot Hamelin, immerge dans un espace urbain identifié jusque dans les îles des territoires d'outre-mer pour être le refuge de personnes sans domicile fixe. Ce territoire, connu des habitants du quartier pour abriter des personnes en rupture, alcoolisées ou pas, chacun va l'arpenter en "tous sens". En effet, seul pour mieux s'imprégner du contexte, "livret des pensées de Sandra" (personnage fictionnel), jeu de cartes et pièce de monnaie en mains, on part à la recherche du secret du père décédé quelque part, à l'encoignure de deux ruelles… Une énigme à résoudre incluant de plain-pied dans l'univers bien réel des exclus… Expérience immersive troublante, s'appuyant sur une fiction comme pour mieux lever le voile sur les drames conduisant à la dure réalité de la vie à la rue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452197.jpg?v=1718786834" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Portraits fantômes"</strong></span>, imaginé par le chorégraphe plasticien Mickaël Phelippeau, propose la visite guidée de trois appartements du quartier Saint-Michel "désertés" pour l'instant. À partir des objets, de la décoration, des livres et disques peuplant les lieux, il se livre à une recomposition fantasmée de ses occupants : qui sont celles et ceux qui vivent "pour de vrai" entre ces murs ? Commentant, dessinant, lisant, dansant, il s'appuie sur la gamme des moyens d'expression à sa disposition pour nous embarquer à sa suite dans ce voyage exploratoire… Si le concept (on pense au roman "Les Choses" de Georges Pérec) est sans conteste séduisant, sa réalisation nous convainc moins, "l'ouvroir de littérature potentielle" restant ici fermé sur lui-même et nous perdant dans des performances artistiques… "hors sol".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452426.jpg?v=1718787289" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Charge"</strong></span>, de Treize, propose une "lecture-rencontre" émaillée de poèmes slamés, dont on ne sort pas tout à fait indemne. En effet, pour l'autrice de "Charge" (Éditons La Découverte, 2023), campée devant nous, le mot "rencontre" collé à celui de "lecture" délivre à lui seul l'essence de son dessein : le désir impérieux de faire résonner en nous, ses "frères humains" (cf. François Villon), sa traversée en milieu psychiatrique.       <br />
              <br />
       Transmettre dix ans passés entre les murs troués de fenêtres verrouillées est ressenti comme une urgence palpable. Faisant corps avec ses mots tranchants, crus pour coller avec son propos, la romancière dit la déshumanisation humiliante infligée aux patients internés dans une unité psychiatrique… Ces regards portés sur son cas, elle, réduite à l'état d'objet clinique lors des visites organisées pour le personnel médical… Sa pesée hebdomadaire obligatoire, au vu de tous, sur une balance inadaptée à son poids… Ou encore ces ordonnances d'une dizaine de lignes prescrivant les pilules à avaler, sans qu'aucun mot jamais ne vienne accompagner l'emprise sur son corps et sa tête… Pour elle, un moment de libération par la parole. Pour nous, un témoignage coup de poing sur certaines violences psychiatriques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452427.jpg?v=1718787803" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Née le 8 mars 1977"</strong></span> de la conteuse et danseuse Céline Ripoll fait figure d'événement trouant le plafond de verre des normes prisées par les conservateurs de tous poils… "Mettre en jeu", au sens théâtral, la toxicité du machisme mis à nu pour déjouer son emprise morbide. Dire la vérité "exemplaire" du destin d'une femme ordinaire qui, après avoir subi dans sa jeunesse l'extrême violence d'un père, s'est précipité à l'autre bout du monde… dans les bras d'un séduisant "sauvage" dans une compulsion de répétitions échappant à toute raison.       <br />
              <br />
       Celle que l'on connaissait pour ses talents de conteuse du légendaire océanien (cf. les albums de sa maison d'édition, Moai Éditions) lui ayant ouvert les portes du Musée du Quai Branly afin d'assurer des visites ethno-artistiques, revient sur l'avant-scène pour dévoiler cette fois l'arrière-fond des beautés du Pacifique… L'île de Pâques, un paradis à ciel ouvert où elle a vécu l'enfermement avec un séduisant guerrier s'étant avéré être une parfaite brute alcoolisée.       <br />
              <br />
       Face à nous, entre les murs du petit jardin urbain Dorignac, elle apparaît fragile et forte. Dotée d'un bel humour, elle fait corps avec son récit qui lui colle à la peau tout en s'en distanciant avec bonheur. Son récit, c'est celui de toutes les femmes battues "à mort", d'anciennes amoureuses qui sont tombées dans les rets du prince viril arrivé sur son fier destrier. "Intermittent" (magnifique !) de la colère, il l'injurie, la terrorise, la menace pour tout et rien, "se vide en elle" et repart à ses affaires. Treize ans d'asservissement au sens plein du terme sans pouvoir échapper à son emprise… Un récit d'une banalité effrayante dans lequel la tragédie du quotidien féminin livré à la maltraitance machiste explose à chaque syllabe.       <br />
              <br />
       Ne plus sentir son corps, devenir vase… la vase dont les tortionnaires sont faits. Trouver la force de mettre son passé devant soi pour s'en délivrer… Démêler l'enchevêtrement de traumas… Être née morte dans un hôpital militaire, avoir vécu sous les diktats d'un père effrayant, avoir voulu se sauver de son enfance en se précipitant à l'autre bout de la planète… et être tombée dans les bras d'un homme l'ayant carbonisée sur place, comme la petite fille vietnamienne hurlant de douleur sous les brûlures du napalm…       <br />
              <br />
       Un "crash texte" époustouflant d'humanité à vif. Dans cette performance encore en devenir, Céline Ripoll échappe artistiquement à sa nuit personnelle en faisant magistralement danser les mots de la liberté recouvrée… <span style="font-style:italic">"Et sa douleur s'est brisée comme un éclat de rire",</span> serait-on tenté d'ajouter en plagiant "Nuit rhénane" de Guillaume Apollinaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452776.jpg?v=1718788079" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival Chahuts       <br />
       Du 7 au 15 juin 2024.       <br />
       Quartier Saint-Michel et au-delà, Bordeaux (33).</b>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/" target="_blank">>> chahuts.net</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fantôme"</strong></span>       <br />
       <b>Vendredi 7 juin à 22 h, Parc Pinçon, Bordeaux.</b>       <br />
       Par le Collectif la Méandre.       <br />
       Direction artistique, musique, interprétation : Arthur Delaval.       <br />
       Direction technique, régie générale, création lumière, interprétation : Jordan Bonnot.       <br />
       Musique et interprétation : Charlie Doublet.       <br />
       Regard extérieur, mise en scène, accueil et transmission complices, interprétation : Lucie Paquet.       <br />
       Animation et mapping, régie vidéo et interprétation : Guillaume Bertrand.       <br />
       Régie vidéo et interprétation : Agnieszka Juszczak.       <br />
       Régie son et interprétation : Pierre Lacour, Loan Gatto et Isia Delemer.       <br />
       Accueil et transmission complices, interprétation, regard extérieur à la mise en scène : Anaïs Blanchard.       <br />
       Accueil et transmission complices, interprétation : Zaïna Zouheyri.       <br />
       Création costume : Julie Honoré.       <br />
       Écriture : Maëlle Ghulam Nabi.       <br />
       Construction : Marie Dupasquier.       <br />
       Construction des totems : Gaël Richard.       <br />
       Construction des carrousels : Clément Lapalus.       <br />
       Construction, machiniste : Mathieu Fernandez.       <br />
       Regard extérieur à la mise en scène : Laura Dahan, Manuel Marcos.       <br />
       Regard extérieur à la manipulation : Olivier Rannou.       <br />
       Regard extérieur au jeu : Marc Prépus.       <br />
       Regard extérieur : Clémence Lambey, Mélissa Azé.       <br />
       Avec la participation de 25 complices. En partenariat avec la MDS Saint-Michel.       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452994.jpg?v=1718789488" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Géographie de la survie"</strong></span>       <br />
       <b>Samedi 8 juin (de 14 h à 20 h 30) et dimanche 9 juin (de 10 h à 18 h), en déambulation, Marché des Douves, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Lancelot Hamelin       <br />
       Conception et écriture : Lancelot Hamelin.        <br />
       Scénographie : CALK.        <br />
       Regard extérieur et bienveillant : Élise Rochet.        <br />
       Recherche action et causerie : Agnès Villechaise.        <br />
       Avec la participation de : Gwendoline Gross, Hélène Fretigne, Christian Calvet, Marion Sarrailh, Natacha Nottin, Brownie Valette, Esteban Ansorena, Sylvie Guyzerix, Joanie Kneppers, Lili Weyl, Jeanne Petit, Denis Blanc, Isabel Vincent Pereira, Justine Rocheteau, Sandrine Jeanneau, Vanessa Vallee, Marie Braux, Odile Nublat, Delphine Ledru, Camille Lemoine, Élise Rochet.        <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58453139.jpg?v=1718789608" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Charge"</strong></span>       <br />
       <b>Samedi 8 juin à 18 h à la Bibliothèque Capucins, Quartier Saint-Michel, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Treize.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Portraits Fantômes"</strong></span>       <br />
       <b>Jeudi 6 juin (19 h), samedi 8 juin (14h et 17 h 30) et dimanche 9 juin (14 h et 17 h 30) dans trois appartements du Quartier Saint-Michel, Bordeaux.</b>       <br />
       Par BI-P/Mickaël Phelippeau       <br />
       Conception et interprétation : Mickaël Phelippeau.       <br />
       En coréalisation avec la Manufacture CDCN Nouvelle-Aquitaine Bordeaux – La Rochelle.       <br />
       En complicité avec des habitantes et habitants de Saint-Michel.       <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58453161.jpg?v=1718789672" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Née le 8 mars 1977"</strong></span>       <br />
       <b>Dimanche 9 juin à 18 h dans le Jardin Dorignac, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Céline Ripoll.       <br />
       Texte et narration : Céline Ripoll.       <br />
       Mise en scène : Valérie Puech.       <br />
       Regard chorégraphique : Mourad Merzouki.       <br />
       Parrain artistique : Yannick Jaulin.       <br />
       Durée : 1 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Chahuts-Quand-ceux-que-l-on-a-voulu-faire-taire-donnent-de-la-voix_a3960.html</link>
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