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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-09-08T20:48:57+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2026• "93" Quand la philosophie hugolienne inspire et revit de façon fulgurante</title>
   <pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   20 octobre 2093. Lanténac a débarqué en Bretagne. Robespierre somme Cimourdain et Gauvin de le retrouver afin d'écraser les derniers Républicains en rébellion. Mais Cimourdain et Gauvain ont été liés(es) par un amour passé et, désormais, leur vision du monde les oppose ! Entre guerre civile, surveillance orwellienne et chaos, la France est face à son destin et doit trancher. La Révolution n'est pas morte, mais va-t-elle sauver le monde ou laisser sur ses pas des traces indélébiles ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96910513-67547128.jpg?v=1781018390" alt="•Off 2026• "93" Quand la philosophie hugolienne inspire et revit de façon fulgurante" title="•Off 2026• "93" Quand la philosophie hugolienne inspire et revit de façon fulgurante" />
     </div>
     <div>
      Écrit au lendemain de la Commune, &quot;93&quot; est le dernier roman de Victor Hugo qui se déroule pendant la Terreur révolutionnaire et les guerres de Vendée. Longtemps porté en lui avant d'être publié, c'est un testament politique qui dépeint la terrible année 1793, et qui révèle un entrelacement du bien et du mal de façon très nette autour de la question de la Révolution française et, surtout, de sa légitimité.       <br />
              <br />
       Quelle est-elle au juste cette Révolution ? Que s'est-il passé pour que la France en soit arrivée là ? Par qui et par quel geste, quel jour et à quel endroit s'est passée &quot;La&quot; chose première pour que se rejouent encore les gestes de la douleur ?       <br />
              <br />
       Autant de questions que ce roman monumental de Victor Hugo soulève et qui, de toute évidence, a largement inspiré la Compagnie les Fouillons créée en 2022 par Sylvain Bastonero. Une compagnie qui <span style="font-style:italic">&quot;creuse le réel pour en faire surgir des histoires engagées et profondément humaines&quot;</span>. L'humain. Encore et toujours. Cette entité majeure qui manipule à tout jamais les ficelles du monde, moteur du devenir historique, animal politique façonnant la cité ou encore artisan du devenir collectif.       <br />
              <br />
       Et c'est bien ce dont il s'agit, ici, dans cette création 2026 de la Compagnie les Fouillons adaptée et mise en scène par Sylvain Bastonero. La place accordée aux rouages et autres méandres humains, pour le moins tumultueux, y est grandement convoquée. On ne voit que lui, à bien y regarder, quand bien même, on fermerait un œil. Bien que fermer un œil ou s'assoupir durant cette adaptation est impossible, tant les six comédiens et comédiennes incarnent leur personnage de façon remarquablement incarnée et investie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96910513-67547138.jpg?v=1781018436" alt="•Off 2026• "93" Quand la philosophie hugolienne inspire et revit de façon fulgurante" title="•Off 2026• "93" Quand la philosophie hugolienne inspire et revit de façon fulgurante" />
     </div>
     <div>
      Amoureux de Victor Hugo et de la Révolution, Sylvain Bastonero a choisi une structure circulaire pour cette adaptation : le spectacle commençant par une scène presque finale et le reste de la pièce s'ensuivant et visant à en expliquer les causes.       <br />
              <br />
       Généralement, ceci fonctionne plutôt bien au théâtre. Ici, d'autant plus, parce que cette scène est d'une force et d'une intensité explosives qui réveille le spectateur le plus accablé par la chaleur ambiante, ou autres causes diverses. D'emblée, le public est happé par le propos préliminaire ainsi que par toute la pièce, la distribution des trois comédiennes et des trois comédiens fonctionnant remarquablement bien.       <br />
              <br />
       Orianne Dumeny, incarnant distinctement les personnages de Michelle et Robespierre, aborde ses deux personnages avec grande justesse et professionnalisme. Charlotte Orsini, dans ceux de Marat et Gauvin également. Son interprétation de Marat est particulièrement troublante. Alexis Tran est un Cimourdain d'une crédibilité sans failles, tout comme Thaïs Laurent dans celui de Gauvin. Samuel Hucault n'est pas en reste dans son interprétation de Lanténac et Clément Pronost, endossant plusieurs rôles, apporte au jeu de ses partenaires une crédibilité fluide et efficace.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Sylvain Bastonero, avant-gardiste et immersive, secondé par Julie Rouxel à la direction artistique, est taillée au cordeau et ne laisse rien au hasard. Elle est efficace, captivante, oppressante, anxiogène. Les lumières sombres d'Ylan Thanos conjuguées aux élégants costumes rouges ou noirs imaginés par Lucie Melin et Lylou Jacquetet soulignent aussi l'efficacité du dispositif.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96910513-67547139.jpg?v=1781018458" alt="•Off 2026• "93" Quand la philosophie hugolienne inspire et revit de façon fulgurante" title="•Off 2026• "93" Quand la philosophie hugolienne inspire et revit de façon fulgurante" />
     </div>
     <div>
      À certains moments de la pièce, la proximité immersive des comédiens vers le public renforce le propos de la pièce et immerge doublement le spectateur qui perçoit encore davantage l'adaptation de Sylvain Bastonero : <span style="font-style:italic">&quot;La Révolution n'est pas morte. Elle a juste changé de visage et réclame toujours du sang&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Entre fracture de notre société française, affrontement idéologique, désordre international, guerre en Ukraine, Liban fracassé, un Poutine autocrate et néo-impérialiste, le Soudan et sa crise humanitaire ou encore le Congo, &quot;93&quot;, par la Compagnie les Fouillons, est hurlante d'actualité.       <br />
              <br />
       La scène avec la paysanne Michelle Fleichard et son nourrisson apeuré, personnages du peuple soumis à la guerre civile et à la Révolution, est bouleversante et vertigineuse, entre barbarie et soupçon d'humanité.       <br />
              <br />
       Entre conflit moral, compassion humaine, autoritarisme et surveillance exacerbée, &quot;93&quot; de Sylvain Bastonero est un vibrant hommage au &quot;Quatrevingt-treize&quot; de Victor Hugo qui, n'en déplaise à certains, ne se retournera pas dans sa tombe. Bien au contraire.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"93"</b></div>
     <div>
      D'après le roman "Quatrevingt-treize" de Victor Hugo (1874).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Sylvain Bastonero.       <br />
       Avec : Thaïs Laurent, Charlotte Orsini, Alexis Tran, Samuel Hucault, Orianne Dumeny et Clément Pronost.       <br />
       Scénographie : Julie Rouxel.       <br />
       Costumes : Lucie Melain et Lylou Jacquet.       <br />
       Création lumière : Ylan Tanos.       <br />
       Chorégraphies : Orianne Dumeny.       <br />
       Musique : Alexis Tran.       <br />
       Création vidéos : Anhvi Defaux.       <br />
       Par la Compagnie des Fouillons.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 avril au 20 juin 2026.</span>       <br />
       Jeudi au samedi à 21 h 30.       <br />
       À la Folie Théâtre, 6, rue de la Folie Méricourt, Paris 11ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 43 55 14 80.       <br />
       <a class="link" href="https://alafolietheatre.placeminute.com/event/classique/93,45292.html" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://folietheatre.com" target="_blank">>> folietheatre.com</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 55. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre de l'Adresse, 2, avenue de la Trillade, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 65 81 17 85.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.festik.net/theatre-de-l-adresse/product/93" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatredeladresse.com/" target="_blank">>> theatredeladresse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96910513-67547128.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-93-Quand-la-philosophie-hugolienne-inspire-et-revit-de-facon-fulgurante_a4579.html</link>
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   <title>"Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener</title>
   <pubDate>Fri, 07 Nov 2025 18:49:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Olympe de Gouges, courtisane, royaliste, puis républicaine, insoumise et revendicatrice, connut son heure de gloire avant de mourir sous la lame meurtrière de la Terreur en 1793 et de tomber dans l'oubli. Elle a réapparu à juste titre aux côtés des grandes féministes contemporaines, il y a quelques décennies. Véronique Ataly et Patrick Mons nous proposent une rencontre attachante, généreuse, avec celle-ci où est associée avec intelligence l'actualité de la Femme telle qu'elle est aujourd'hui.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92388107-64801073.jpg?v=1762538820" alt=""Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" title=""Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" />
     </div>
     <div>
      En fond sonore, bruits confus d'une foule probablement en mouvement, séquence révolutionnaire suggérée. Et cette phrase jetée comme une réplique provocatrice aux événements que l'on imagine en cours : <span style="font-style:italic">&quot;Femmes, quels bénéfices avez-vous tirés de la révolution ?&quot;</span>… telle est l'adresse d'Olympe à la foule… Et le début du singulier spectacle imaginé par Véronique Ataly où une comédienne, Florence, doit interpréter l'Occitane émancipée et insoumise qui cultiva une révolte permanente contre l'injustice et surtout l'hypocrisie.       <br />
              <br />
       L'interprète ainsi désignée de la féministe révolutionnaire donne tout de suite la temporalité du récit envisagé : 1793, la montée vers la guillotine d'Olympe de Gouges. Mais si, ici, cette dernière y perdit la tête, pour Florence, c'est de perte de mémoire dont il s'agit, un énorme trou, l'oubli total de son texte, sans souffleur pour la secourir, le métier n'existant plus depuis longtemps.       <br />
              <br />
       Perte de mémoire contre perte de tête, le procédé pourrait sembler &quot;facile&quot;, cousu de fil blanc – j'avoue que telle fut ma première impression –, mais Véronique Ataly, usant avec subtilité et humour de la trame conçue par Patrick Mons à l'aide notamment des différents écrits d'Olympe, va découdre cette facilité avec beaucoup de talent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92388107-64801074.jpg?v=1762538887" alt=""Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" title=""Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" />
     </div>
     <div>
      En quête de son texte, elle parcourt alors un chemin militant où sont rappelés les combats d'Olympe… et convoque pour mémoire – faisant de fait pour certains des apports pédagogiques bienvenus – quelques écrits et essais essentiels que la femme libre et indépendante rédigea ainsi que certains de ses pamphlets. Petit à petit, va s'immiscer sa propre histoire, son vécu de femme contemporaine, d'amoureuse, de combattante et militante du XXIe siècle, faisant naître une rencontre inattendue, intime et complice entre l'âme, l'être féminin et féministe que furent Olympe de Gouges et la femme, Florence (le personnage), Véronique Ataly (l'interprète de ce rôle) actrice, engagée et citoyenne en 2021 !       <br />
              <br />
       Évidemment, cette proposition humaniste fait œuvre d'universalité tant de nombreuses luttes restent à mener aujourd'hui, pour une égalité réelle, tant au niveau professionnel (parité métier, responsabilité management, salaire, etc.) que celui de la féminisation de notre langue (autrice, metteuse en scène, députée, sénatrice, etc.), entre autres… et pour un meilleur cadre législatif visant à la suppression, la disparition des viols, des féminicides et autres violences faites aux femmes, ainsi qu'un accueil plus adapté dans les commissariats, les institutions concernées…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92388107-64801075.jpg?v=1762538988" alt=""Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" title=""Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" />
     </div>
     <div>
      Un spectacle d'une surprenante intensité, d'une grande générosité et, grâce à l'énergie décontractée et décomplexée de Véronique Ataly, réellement enjoué et épanoui… tout en redonnant une réalité toujours d'actualité – malheureusement – à certains combats d'Olympe de Gouges et en surlignant tous ceux dont ils seraient urgents d'en concrétiser la résolution.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <b>Pour mémoire.</b>       <br />
       Si Olympe de Gouges a aujourd'hui, à juste titre, sa place parmi les grandes figures féministes modernes, ce ne fut le cas que très récemment, et cela en grande partie grâce à la biographie très documentée que publia en 1981 l'historien et conférencier Olivier Blanc. Celui-ci a remis en avant, réhabilité, les différents écrits et les prises de position de cette révolutionnaire qui donna une visibilité inédite à l'engagement politique au féminin et se prononça pour l'abolition de l'esclavage (actée seulement en 1848), la suppression de la peine de mort (votée en 1981) ; et qui revendiqua, pour les femmes, l’égalité non seulement civile, mais également politique, dont le droit de vote… qu'elles obtinrent cent cinquante-cinq ans plus tard avec l'article 17 de l'ordonnance du 21 avril 1944 signée par le général de Gaulle.       <br />
              <br />
       Guillotinée en 1793 (elle avait à peine 45 ans) pour un manifeste dans lequel elle dénonçait les crimes de la Terreur.       <br />
              <br />
       &quot;Article 1 - La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.&quot;       <br />
       Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (1791).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Olympe de Gouges (Marie Gouze) est née en 1748 à Montauban.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Olympe(s)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92388107-64801144.jpg?v=1762539042" alt=""Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" title=""Olympe(s)" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" />
     </div>
     <div>
      Spectacle de Véronique Ataly avec des textes d'Olympe de Gouges.       <br />
       Mise en scène et coécrit par Patrick Mons.       <br />
       Avec : Véronique Ataly.       <br />
       Univers sonore : Aldo Gilbert.       <br />
       Chorégraphie : Dominique Vallée.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 novembre 2025 au 15 janvier 2026</span>       <br />
       Mercredi et jeudi à 19 h.       <br />
       Relâche les 24, 25, 31 décembre et 1er janvier.       <br />
       Théâtre Essaïon, Salle Théâtre, 6, rue Pierre au Lard, Paris 4e.       <br />
       Réservation : 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/v2/purchasetunnel#/ShowSelection?eventId=383947&amp;pfid=1" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/92388107-64801073.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Olympe-s-Redecouvrir-les-ecrits-d-Olympe-de-Gouges-pour-mieux-envisager-les-combats-restant-a-mener_a4399.html</link>
  </item>

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   <title>•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes</title>
   <pubDate>Tue, 26 Mar 2024 16:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2024]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "L'Abolition des privilèges" est un roman historique écrit par Bertrand Guillot et divisé en trois parties. La première relatant la nuit fulgurante du 4 août 1789 qui vit les députés de la jeune Assemblée Nationale rédiger, puis voter un décret abolissant les privilèges de la Noblesse, du Clergé, puis des Provinces. La deuxième qui retourne 15 ans en arrière et relate l'effondrement de l'Ancien Régime entre 1774 et 1789. Enfin, la troisième, une leçon de politique qui conte les jours, les semaines, les mois qui ont suivi la nuit du 15 août.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79143301-57362685.jpg?v=1711468416" alt="•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes" title="•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes" />
     </div>
     <div>
      Ça n'a pas dû être une mince affaire pour Hugues Duchêne de la compagnie Le Royal Velours de réduire les 280 pages de ce roman historique à une heure trente de spectacle, ni de faire transparaître ce qui constitue les propos essentiels de ce dernier… Pourtant, il s'en est emparé, emporté par sa passion pour la politique dès son adolescence.       <br />
              <br />
       Mais à qui faudrait-il donner la parole en priorité dans cette adaptation ? Au jeune Talleyrand, aux députés Duquesnoy, Delaville, Noailles, Le Chapelier ou encore Le Guen de Kerangal ? Ou un minima à chacun d'entre eux ?       <br />
              <br />
       Et quelle forme donner à tout cela ? Quelle scénographie ? Par quel biais bâtir la dramaturgie ? Autant de questions qui sont celles auxquelles doivent se confronter nécessairement un metteur en scène digne de ce nom. Démarche bien titanesque que d'adapter, en règle générale, un roman au théâtre. Qui plus est, un roman historique. Mais il semblerait que rien ne retienne Hugues Duchêne dans sa fougue créatrice.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Si mon spectacle &quot;Je m'en vais, mais l'État demeure&quot; a été un sprint du point de vue de l'élocution, celle de &quot;l'Abolition des privilèges&quot; sera un marathon ! Parce qu'il faut donner le sentiment que l'Histoire s'est accélérée jusqu'à nos jours. Je cherchais un texte qui nous parlerait d'aujourd'hui et que je pourrais accommoder aux événements modernes&quot;,</span> Hugues Duchêne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79143301-57362701.jpg?v=1711468465" alt="•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes" title="•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes" />
     </div>
     <div>
      Le jeune metteur en scène l'a trouvé ce roman, de façon pour le moins particulière. Ainsi vont parfois les choses de la création théâtrale, parfois quand on s'y attend le moins. Et il l'a dévoré, lui qui a rejoint le Mouvement des Jeunes Socialistes à 15 ans, réalisé des études de sciences politiques, mais qui se sont révélées vite incompatibles avec celles d'art dramatique qu'il convoitait. Alors, il opte pour le Conservatoire de Lille et intègre aussi la Comédie Française en tant qu'élève comédien.       <br />
              <br />
       Comme il le dit lui-même, <span style="font-style:italic">&quot;Mon but est d'être un peu comme Tintin&quot;</span>… Tintin scrutant la politique française. Ça, c'est ce qu'il proclamait à l'occasion de sa fresque politique de son avant-dernier spectacle dans lequel il convoquait le premier quinquennat d'Emmanuel Macron dans une saga contemporaine parfois controversée.       <br />
              <br />
       Mais alors ! Quid de son nouveau spectacle, retraçant cette fameuse nuit du 4 août 1789 qui décida de la suppression des privilèges féodaux, entre exactement dix-neuf heures et deux heures du matin ? À bien y regarder, le grand public ne l'a jamais vraiment su et seuls quelques historiens spécialistes et érudits pourraient l'évoquer. C'est le cas de Bertrand Guillot qui relate, dans son roman éponyme, avec humour et érudition, l'état de la France en cet été 1789, en déficit chronique, à bout de souffle, un État où les plus riches échappent à l'impôt, où le peuple est à bout de nerfs et réclame justice, mais sans rien voir venir…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79143301-57362703.jpg?v=1711468499" alt="•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes" title="•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes" />
     </div>
     <div>
      Ce soir-là, au Théâtre 13/Bibliothèque, si nous n'avons pas eu le privilège de nous voir offrir une coupe de champagne avant le début du spectacle – à n'en point douter un clin d'œil hommage à l'ouvrage cocasse de Bertrand Guillot – pour nous être assises &quot;à la mauvaise&quot; place, celle du Tiers-État, (champagne réservé forcément à la noblesse), nous avons malgré tout assisté à une performance d'acteur très pétillante, elle aussi, emportée, hautement charismatique, voire exceptionnelle : celle de Maxime Pambet, qui endosse ici avec grande virtuosité une dizaine de rôles distincts.       <br />
              <br />
       Dès le début du spectacle, sur deux écrans dirigés vers les spectateurs placés en espace quadri-frontal, on découvre le comédien en jeune député Duquesnoy, se filmant en selfie, marchant d'un pas vif vers les États Généraux de Versailles et commentant de manière toute personnelle ses états d'âme et ses impressions toutes personnelles.       <br />
              <br />
       La trouvaille et l'effet produit sont originaux, car ils ancrent la chose théâtrale dans un présent qui sollicite le spectateur ainsi immédiatement interpellé dans son rôle.       <br />
              <br />
       Le processus créatif d'un comédien interprétant des multiples voix est de nos jours monnaie courante au théâtre. Encore faut-il en avoir la carrure et le talent… Ce soir-là, grâce à ces derniers que possède incontestablement Maxime Pambet, et grâce à l'imagination brillamment ciblée du comédien-metteur en scène, nous revivons, comme si nous y étions, cette Nuit du 4 août 1789.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79143301-57362704.jpg?v=1711468526" alt="•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes" title="•Off 2024• "L'Abolition des privilèges" Un seul en scène étonnant éclairant l'Histoire à la lumière des événements modernes" />
     </div>
     <div>
      La fougue des propos de Bertrand Guillot adaptée à la scène par Hugues Duchêne, le jeu virtuose du comédien Maxime Pambet et la scénographie de Julie Camus, aux décors joliment tapissés, proposent aux spectateurs du Théâtre 13/Bibliothèque une bien jolie facture théâtrale et un retour en arrière qui, à bien y regarder, a des allures d'un temps plutôt présent !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ce qui est dans l'air du temps finit par s'incarner ! On sait pas… On sait pas… Mais tout arrive&quot;</span>       <br />
       Pointant le bout de son nez à un moment du spectacle, tel un post Instagram ou une bulle imagée &quot;Intelligemment artificielle&quot;, Hugues Duchêne intervient à un moment du spectacle, interrogeant son comédien sur les inspirations et autres échos qui peuvent être les siens, aujourd'hui, du point de vue de certains privilèges malheureusement toujours en place.       <br />
              <br />
       Ça peut dérouter ! Le spectateur s'interroge, perplexe, surpris, dérouté… D'aucuns pourraient y voir un espace dramaturgique aux intentions didactiques inutiles. Respectons-les.       <br />
       Mais les lois créatrices et artistiques des metteurs en scène ont leurs raisons que rien ne supplante, pas même les avis hâtivement énoncés de certaines et certains critiques.       <br />
       Ici, le public rit ou sourit, dans l'ensemble. Et s'il s'en abstient, c'est son choix le plus strict.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Abolition des privilèges"</b></div>
     <div>
      D'après le livre &quot;L'Abolition des privilèges&quot; de Bertrand Guillot paru aux Éditions Les Avrils.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Hugues Duchêne.       <br />
       Avec : Maxime Pambet.       <br />
       Scénographie Julie Camus.       <br />
       Vidéo : Pierre Martin.       <br />
       Son et lumière : Jérémie Dubois.       <br />
       Production Le Royal Velours.       <br />
       Dès 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">20 au 30 mars 2024.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 20 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre 13/Bibliothèque, Paris 13e, 01 45 88 62 22.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre13.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre13.com</a>       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 14 mars 2024 à la Rose des vents - Scène nationale à Villeneuve-d'Ascq (59).       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       11 avril 2024 : Scène communale, Houplines (59).       <br />
       12 avril 2024 : Scène communale, Annoeulin (59).       <br />
       13 avril 2024 : Salle communale, Marquettes-lez-Lille (59).       <br />
       18 avril 2024 : Lezennes (59).       <br />
       19 avril 2024 : Salle communautaire, Mézières-sur-Oise (02).       <br />
       11 mai 2024 : Communauté de communes des Lisières de l'Oise, Attichy (60).       <br />
       31 mai 2024 : Salle communale, Erquinhem (59).       <br />
       1er juin 2024 : Salle communale, Neuville en Ferrain (59).       <br />
       27 juin 2024 : Festival de Malaz, Annecy (74).       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h 50. Relâche le xxxxx.       <br />
       Théâtre du Train Bleu, spectacle hors-les-murs à l'Espace Étoile MAIF, Avignon.       <br />
       Départ navette à 15 h 35 et retour intra-muros à17 h 40.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@theatredutrainbleu.fr')" >contact@theatredutrainbleu.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredutrainbleu.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredutrainbleu.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79143301-57362685.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-L-Abolition-des-privileges-Un-seul-en-scene-etonnant-eclairant-l-Histoire-a-la-lumiere-des-evenements-modernes_a3854.html</link>
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   <title>"Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance</title>
   <pubDate>Fri, 01 Mar 2024 10:45:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, une vague d'épuration des collaborateurs s'abattait sur l'Hexagone. En écho à cette période, Anouilh a écrit un drame d'un comique et d'une truculence dont, en 1973, il disait : "Dans mon théâtre, il n'y a qu'une pièce où je me suis vraiment amusé, c'est une pièce qui a fait scandale à l'époque, c'est Pauvre Bitos. Là, j'étais très content !". Le metteur en scène Thierry Harcourt en fait une proposition des plus talentueuses, portée, entre autres, par une scénographie et le jeu de Maxime d'Aboville remarquables.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78669428-57080817.jpg?v=1709288210" alt=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" title=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" />
     </div>
     <div>
      Le rideau s'ouvre sur une belle scénographie de Jean-Michel Adam laissant voir une grande salle de réception, aux tentures baignées de couleurs sombres qui donne une atmosphère de château hanté. La mort et les fantômes du passé de la Révolution française sont joués par chaque convive, thème du dîner. L'organisateur est Maxime (Adrien Melin) incarnant Saint-Just. Sont conviés Deschamp (Adel Djemai) dans le rôle de Camille Desmoulins, Vulturne (Francis Lombrail) dans celui de Mirabeau, Julien (Étienne Ménard) est Danton quand Lila (Adina Cartianu) ou Clara Huet en alternance, sont Marie-Antoinette. Victoire (Sybille Montagne) est dans les traits de Lucile Desmoulins. Elle est promise, malgré elle, à André Bitos, qui a exercé un pouvoir juridique considéré comme dur par ses pairs lors de l'épuration, période de la fable.       <br />
               <br />
       Au travers de ces personnages historiques, c'est un règlement de comptes qui se joue contre lui, l'Histoire s'inscrivant aussi dans ses travers autant politiques que domestiques où, à cette table, chaque convive joue de son incarnation pour se venger de l'attitude de Bitos, figurant Robespierre pour ce dîner, personnifiant la Terreur avec une postérité controversée. Anouilh (1910-1987) porte un regard aussi acéré que comique sur le sentiment de vengeance que n'importe quel quidam peut avoir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78669428-57080819.jpg?v=1709288235" alt=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" title=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" />
     </div>
     <div>
      Les protagonistes, costumés en partie façon XVIIIe, nous transportent dans un espace-temps à cheval entre la Révolution française et les années 1944-1945. Bien que plus de 150 ans s'étirent avec un contexte politique différent, les dénonciations et règlements de comptes restent des constantes. Pour cette création, Anouilh a été accusé par chaque bord politique de faire le jeu de leurs adversaires, défendant la collaboration pour les uns, sacralisant la résistance pour les autres quand, durant la guerre, il s'était tenu à distance des deux bords.       <br />
               <br />
       C'est un procès fait à Bitos, lui qui a endossé, avec zèle ou honnêteté selon l'apriori personnel de chaque spectateur, ses habits de procureur de la république. Chaque comédien habite son personnage via son maintien et une voix, souvent énergique, posée ou d'attaque, quand, pour d'Aboville, le spectre vocal va de la timidité à la fermeté quand il ne bascule pas dans l'ivresse ou des éclats colériques. Le jeu est, à dessein, inégalement réparti en énergie, pour équilibrer les relations des uns et des autres sous des formes plus ou moins agressives.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78669428-57080867.jpg?v=1709288266" alt=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" title=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Thierry Harcourt fait des costumes et des décors l'aiguillon de la pièce. Avant même que toute réplique ne soit dite, ceux-ci posent le contexte mêlant le domestique à la politique, des figures passées à celles de la fable, des personnages historiques à des inconnus. La pièce d'Anouilh peut être appréhendée du côté de la Terreur ou de ses adversaires, de la collaboration ou de la Résistance, au travers d'un seul et même protagoniste, André Bitos.       <br />
              <br />
       Ce qui est aussi posé est le regard subjectif mâtiné d'émotions que l'on peut avoir et qui peut déboucher sur une attitude violente pouvant épouser une radicalité politique, dangereuse de nature. Là, il s'agit de condamner Bitos avant même qu'il n'entre dans la pièce. Il incarne une double figure dans laquelle chacun peut se glisser, lâche dans l'action et courageux par conviction, ou l'inverse. À l'épuration judiciaire répondrait l'épuration sauvage. C'est ce qui fait la force de cette représentation qui brasse les contours sinueux de la psychologie des protagonistes où, derrière le portrait héroïque des révolutionnaires incarnés, peut se cacher un personnage mesquin et revanchard que l'Histoire pourrait armer autant d'une plume que d'une guillotine ou d'un fusil d'assaut.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78669428-57080889.jpg?v=1709288304" alt=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" title=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène n'adopte pas de posture politique. Elle reste dans une visée théâtrale comique dans laquelle, dès le début de la représentation, Maxime laisse découvrir la table des convives en retirant une nappe avec sa couche de poussière. Comme s'il s'agissait de dépoussiérer une situation après-guerre en écho de celle de la Révolution française avec ses différentes figures historiques, toutes condamnées de façon expéditive, comme si les dés étaient déjà jetés pour André Bitos.       <br />
                <br />
       De Robespierre, toutes les figures incarnées ont eu un rapport marqué par la mort, soit en tant que fidèle allié, soit en tant qu'adversaire. Aussi, dans ce dîner, le trépas est au rendez-vous dans une échelle de temps qui brasse autant le passé, proche et lointain, que possiblement le futur. C'est tout un chacun qui se retrouve pris dans une situation qui le dépasse. La mise en scène d'Harcourt réussit le tour de force de montrer, avec relief, chaque caractère au travers d'une scénographie riche et savamment déclinée, rappelant ainsi que ce sont les événements qui font les personnages. Aussi, elle est un élément essentiel à la représentation. Au-delà de sa beauté poétique, elle sait mettre en joue la distance autant physique que psychique de nos interprètes comme dans une scène entre André Bitos et Victoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78669428-57080898.jpg?v=1709288333" alt=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" title=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" />
     </div>
     <div>
      &quot;Pauvre Bitos et le dîner de têtes&quot; appartient à la série des pièces grinçantes d'Anouilh. La dernière scène est à double lecture. Victoire prévient André Bitos de ne pas sortir en boîte avec les autres convives pour éviter le ridicule de ceux qui veulent l'y mener, pouvant mettre ainsi à bas la république qu'il incarne. Et il décroche, à peu de choses près, un <span style="font-style:italic">&quot;c'est vous que j'aurais aimé tuer en premier&quot;</span>, par dépit amoureux ou politique, car Victoire, en parrèsiaste, lui dit la réalité de la situation sans détours. Les masques tombent, mais les sentiments persistent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pauvre Bitos - Le dîner de têtes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78669428-57081124.jpg?v=1709290020" alt=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" title=""Pauvre Bitos - Le dîner de têtes" Une pièce grinçante entre règlement de comptes et sentiment de vengeance" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Anouilh, en collaboration avec Nicole Anouilh.        <br />
       Mise en scène : Thierry Harcourt.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Clara Huet.       <br />
       Avec : Maxime d'Aboville, Adel Djemai, Francis Lombrail, Adrien Melin, Étienne Ménard, Adina Cartianu, Clara Huet, Sybille Montagne.        <br />
       Décors :  Jean-Michel Adam.       <br />
       Lumières : Laurent Béal.       <br />
       Costumes : David Belugou.       <br />
       Musiques Tazio Caputo.       <br />
       Une coproduction Théâtre Hébertot, Atelier Théâtre Actuel, Canal33-Le Brigadier, Studio Fact Live, MK Prod'.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 février au 5 mai 2024.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.       <br />
       Relâche exceptionnelle le jeudi 7 mars 2024.       <br />
       Représentations exceptionnelles les mardis 5 mars, 19 mars et 2 avril 2024 à 19 h.       <br />
       Théâtre Hébertot, Paris 17e, 01 43 87 23 23.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatrehebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatrehebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78669428-57080817.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Pauvre-Bitos-Le-diner-de-tetes-Une-piece-grincante-entre-reglement-de-comptes-et-sentiment-de-vengeance_a3829.html</link>
  </item>

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   <title>•Off 2022• "Olympe et moi" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener</title>
   <pubDate>Sat, 28 May 2022 11:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2022]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Olympe de Gouges, courtisane, royaliste, puis républicaine, insoumise et revendicatrice, connut son heure de gloire avant de mourir sous la lame meurtrière de la Terreur en 1793 et de tomber dans l'oubli. Elle a réapparu à juste titre aux côtés des grandes féministes contemporaines, il y a quelques décennies. Véronique Ataly et Patrick Mons nous proposent une rencontre attachante, généreuse, avec celle-ci où est associée avec intelligence l'actualité de la Femme telle qu'elle est aujourd'hui.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64954498-46454365.jpg?v=1636969825" alt="•Off 2022• "Olympe et moi" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" title="•Off 2022• "Olympe et moi" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" />
     </div>
     <div>
      En fond sonore, bruits confus d'une foule probablement en mouvement, séquence révolutionnaire suggérée. Et cette phrase jetée comme une réplique provocatrice aux événements que l'on imagine en cours : &quot;Femmes, quels bénéfices avez-vous tirés de la révolution ?&quot;… telle est l'adresse d'Olympe à la foule… Et le début du singulier spectacle imaginé par Véronique Ataly où une comédienne, Florence, doit interpréter l'Occitane émancipée et insoumise qui cultiva une révolte permanente contre l'injustice et surtout l'hypocrisie.       <br />
              <br />
       L'interprète ainsi désignée de la féministe révolutionnaire donne tout de suite la temporalité du récit envisagé : 1793, la montée vers la guillotine d'Olympe de Gouges. Mais si, ici, cette dernière y perdit la tête, pour Florence, c'est de perte de mémoire dont il s'agit, un énorme trou, l'oubli total de son texte sans souffleur pour la secourir, le métier n'existant plus depuis longtemps.       <br />
              <br />
       Perte de mémoire contre perte de tête, le procédé pourrait sembler &quot;facile&quot;, cousu de fil blanc - j'avoue que telle fut ma première impression -, mais Véronique Ataly, usant avec subtilité et humour de la trame conçue par Patrick Mons à l'aide notamment des différents écrits d'Olympe, va découdre cette facilité avec beaucoup de talent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64954498-46454366.jpg?v=1636969868" alt="•Off 2022• "Olympe et moi" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" title="•Off 2022• "Olympe et moi" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" />
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      En quête de son texte, elle parcourt alors un chemin militant où sont rappelés les combats d'Olympe… et convoque pour mémoire - faisant de fait pour certains des apports pédagogiques bienvenus - quelques écrits et essais essentiels que la femme libre et indépendante rédigea ainsi que certains de ses pamphlets. Petit à petit, va s'immiscer sa propre histoire, son vécu de femme contemporaine, d'amoureuse, de combattante et militante du XXIe siècle, faisant naître une rencontre inattendue, intime et complice entre l'âme, l'être féminin et féministe que furent Olympe de Gouges et la femme, Florence (le personnage), Véronique Ataly (l'interprète de ce rôle) actrice, engagée et citoyenne en 2021 !       <br />
              <br />
       Évidemment, cette proposition humaniste fait œuvre d'universalité tant de nombreuses luttes restent à mener aujourd'hui, pour une égalité réelle, tant au niveau professionnel (parité métier, responsabilité management, salaire, etc.) que celui de la féminisation de notre langue (autrice, metteuse en scène, députée, sénatrice, etc.), entre autres… et pour un meilleur cadre législatif visant à la suppression, la disparition des viols, des féminicides et autres violences faites aux femmes, ainsi qu'un accueil plus adapté dans les commissariats, les institutions concernées…       <br />
              <br />
       Un spectacle d'une surprenante intensité, d'une grande générosité et, grâce à l'énergie décontractée et décomplexée de Véronique Ataly, réellement enjoué et épanoui… tout en redonnant une réalité toujours d'actualité - malheureusement - à certains combats d'Olympe de Gouges et en surlignant tous ceux dont ils seraient urgents d'en concrétiser la résolution.       <br />
              <br />
       <b>Pour mémoire.</b>       <br />
       Si Olympe de Gouges a aujourd'hui, à juste titre, sa place parmi les grandes figures féministes modernes, ce ne fut le cas que très récemment, et cela en grande partie grâce à la biographie très documentée que publia en 1981 l'historien et conférencier Olivier Blanc. Celui-ci a remis en avant, réhabilité, les différents écrits et les prises de position de cette révolutionnaire qui donna une visibilité inédite à l'engagement politique au féminin et se prononça pour l'abolition de l'esclavage (actée seulement en 1848), la suppression de la peine de mort (votée en 1981) ; et qui revendiqua, pour les femmes, l’égalité non seulement civile, mais également politique, dont le droit de vote… qu'elles obtinrent cent cinquante-cinq ans plus tard avec l'article 17 de l'ordonnance du 21 avril 1944 signée par le général de Gaulle.       <br />
              <br />
              <br />
       Guillotinée en 1793 (elle avait à peine 45 ans) pour un manifeste dans lequel elle dénonçait les crimes de la Terreur.       <br />
              <br />
       &quot;Article 1 - La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.&quot;       <br />
       Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (1791).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Olympe de Gouges (Marie Gouzes) est née en 1748 à Montauban.</span>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Olympe et moi"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64954498-46454367.jpg?v=1636969905" alt="•Off 2022• "Olympe et moi" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" title="•Off 2022• "Olympe et moi" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener" />
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      Création sur une idée originale de Véronique Ataly.        <br />
       De Patrick Mons avec des textes d'Olympe de Gouges.       <br />
       Mise en scène : Patrick Mons.       <br />
       Avec : Véronique Ataly.       <br />
       Par la Cie La Lune &amp; l'Océan.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 25 (relâche les 11, 18, 25 juillet).       <br />
       Théâtre des Corps Saints, Grande salle, 76, Place des Corps Saints, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 16 07 50.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Olympe-et-moi-Redecouvrir-les-ecrits-d-Olympe-de-Gouges-pour-mieux-envisager-les-combats-restant-a-mener_a3261.html</link>
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