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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-13T19:45:47+02:00</dc:date>
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   <title>Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !</title>
   <pubDate>Thu, 14 May 2026 13:28:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Antidote ô combien salutaire au "Meilleur Parc d'Attractions du Monde" (cf. leur site), réécrivant de manière décomplexée l'Histoire pour désigner comme coupables du massacre des Vendéens la vermine révolutionnaire des sans-culottes de 1793, la 35ᵉ édition du très populaire festival Chahuts s'apprête à déferler du 5 au 13 juin sur les terres communes de deux quartiers historiques de Bordeaux… Saint-Michel sur la rive gauche et La Benauge sur la rive droite de la Garonne en seront les deux pôles activistes, générateurs de vivifiantes propositions artistiques incluant les habitant(e)s, acteuristes incontournables de l'Histoire en train de se faire…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96556096-67315741.jpg?v=1778758642" alt="Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !" title="Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !" />
     </div>
     <div>
      … l'Histoire, l'Histoire d'un peuple dans sa diversité, pas celle que – en ces temps de crise démocratique – les tenants d'une droite dure flirtant avec son extrême entendraient imposer comme roman national afin de mieux assujettir les esprits à leur crédo d'une France aux Français de (bonne) souche… &quot;Politique&quot; ce préambule ? Oui et de manière assumée, sachant que celles et ceux qui s'en défendent, en font de manière effrontée leur fonds de commerce… national.       <br />
              <br />
       Mais venons-en à ce fameux programme… Grand dieu de la miséricorde divine, que contient-il de si sulfureux que les bourgeois – étymologiquement &quot;les habitants du bourg de Bordeaux&quot; (cf. Céline Verlant, 2021) – auraient à craindre ? Rien… sinon la promesse de bonheurs vécus dans une liesse partagée où les diversités d'opinions, d'origines ethniques, de classes sociales, ou encore de croyances religieuses se frottent les unes aux autres pour bâtir, de concert, un monde délivré des dominations tous azimuts. Loin des affrontements identitaires promus par les partisans de l'exclusion, le respect bienveillant des identités de chacun pour construire ensemble un monde… humain, simplement humain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96556096-67315742.jpg?v=1778758686" alt="Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !" title="Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !" />
     </div>
     <div>
      Ce serait pure gageure de prétendre extraire en quelques mots le parfum singulier des quelque 52 rendez-vous artistiques, dont 35 gratuits, qui vont irriguer les quartiers de Saint-Michel, de La Benauge et au-delà… Mais un au-delà toujours bien ancré là où vivent les populations, matières vivantes de ce festival construit avec elles et pour elles. Ainsi, en amont de ce mois de juin où chaque printemps voit éclore les floraisons &quot;du Festival&quot;, pendant toute l'année &quot;La Fabrique de Chahuts&quot; accompagne enfants et adultes dans des aventures où, à l'image des &quot;Araignées philosophes&quot;, des liens forts se tissent pour créer une toile d'attachements réciproques.       <br />
              <br />
       Quelques titres de propositions artistiques qui, sans exclure aucunement les autres, donnent le ton si particulier, la saveur à nulle autre pareille, de ces rencontres autour des arts d'une parole inscrite dans l'espace public ; une parole faisant mouche pour provoquer réflexions et échanges.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96556096-67315747.jpg?v=1778758735" alt="Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !" title="Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !" />
     </div>
     <div>
      &quot;(Next) Autopsy d'un massacre amoureux&quot; (aimer hors des logiques de concurrence et des schémas patriarcaux) ; &quot;Mon mec veut devenir rappeur&quot; (grandes heures et petits malheurs du couple) ; &quot;Goûter mortel&quot; (se restaurer autour du plat de résistance qu'est la mort) ; &quot;Dans le silence des paumes&quot; (quand le corps des travailleuses précaires se met à donner de la voix) ; &quot;Le chant des Bètafé affamées&quot; (lucioles porteuses de serments de rébellion) ; &quot;L'exploitation à la cool&quot; (l'uberisation de la consommation au pas de la porte) ; &quot;Cécile&quot; (traversée au long cours d'une écologiste, porno-activiste, spécialiste en psychotropes thérapeutiques, clown à l'hôpital ou encore défenseuse de personnes réfugiées) ; &quot;La lente et difficile agonie du crapaud buffle sur le socle patriarcal&quot; (remake édifiant d'un numéro de &quot;Répliques&quot; de l'incurable Alain Finkielkraut) ; &quot;Cabane&quot; (récits sensibles du monde carcéral et des humains qui le peuplent)…       <br />
              <br />
       Mais aussi d'autres formes… &quot;Correspondance d'Outre-Tombe&quot; (service postal de lettres aux ancêtres) ; &quot;Je me suis réfugiée là, là, là…&quot; (fragments de récits déliés) ; &quot;Le Parlement imaginaire&quot;, &quot;Le meeting&quot;, &quot;La politique&quot; (autant de rendez-vous mythiques, revus et corrigés)… Sans oublier le carburant de ce festival : se rassembler pour festoyer… &quot;Fête de la Saint-Jean&quot;, &quot;Le bal masqué&quot; (vestiaire à disposition pour un relooking garanti de la tête aux pieds), &quot;Jour de fête aux Capucins&quot;, &quot;La nuit de la Flèche&quot; (mise en lumière de la Flèche de l'église Saint-Michel, pour son inauguration après rénovation)… Sans oublier les plus jeunes… &quot;Pas très sage&quot; (histoires pétillantes), &quot;Antigone·s&quot; (rencontre d'un mythe et de ses résonances contemporaines, oser dire non pour être soi), &quot;Boum des enfants&quot; (transformer la salle de classe en dancefloor)…       <br />
              <br />
       &quot;Et si – dans ce temps festif – on y trouvait de l'inspiration pour se recentrer, se renforcer, se décaler ? Et si on se retrouvait pour se raconter des histoires, refaire le monde et danser jusqu'au bout de la nuit ? Et si on s'épaulait pour avancer ensemble ?&quot; ainsi Corina Airinet et Audrey Brisse, les deux inspirées codirectrices de &quot;Chahuts&quot;, ouvrent-elles dans leur édito le champ des possibles… À bon Chahuteur, salut !       <br />
              <br />
       Et si – en suivant leurs conseils avisés – on se donnait rendez-vous pour partager, tous ensemble et dans la liesse propre aux retrouvailles populaires, ces moments d'indiscipline féconde faisant joyeusement écho au Charivari libérateur ?       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Festival Chahuts, 35ᵉ édition</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96556096-67315824.jpg?v=1778759150" alt="Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !" title="Festival "Chahuts" Au secours les producteurs sans-cervelles du Puy du Fou, "Chahuts" revient à Saint-Michel !" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 5 au 13 juin 2026.</span>       <br />
       Quartiers Saint-Michel, La Benauge et au-delà, de Bordeaux (33).       <br />
       Téléphone : 06 66 15 47 19.       <br />
       <a class="link" href="https://chahuts.net/" target="_blank">&gt;&gt; Programme complet</a>       <br />
       <a class="link" href="https://chahuts.net/wp-content/uploads/2026/05/Chahuts-Programme-2026-17x24cm.pdf" target="_blank">&gt;&gt; Plaquette programme à télécharger</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetweb.fr/chahuts-2026" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie du festival</a>       <br />
       Accueil du festival du 5 au 13 juin de 15 h à 19 h (relâche les 8 et 9 juin) :        <br />
       Centre d'animation Saint-Michel, 25, rue Permentade, Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96556096-67315741.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Chahuts-Au-secours-les-producteurs-sans-cervelles-du-Puy-du-Fou-Chahuts-revient-a-Saint-Michel-_a4556.html</link>
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   <title>"Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…</title>
   <pubDate>Tue, 17 Jun 2025 17:29:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Trente-quatrième édition irriguant les "quartiers populaires" de Bordeaux, celui de Saint-Michel sur la rive gauche de la Garonne et de La Benauge sur la rive droite, et toujours le même désir chevillé au corps des deux nouvelles codirectrices… Celui d'initier, pour et avec les habitant(e)s, un tourbillon de cultures joyeuses et débridées, chamboulant à l'envi l'ordre normé pour libérer en chacun le goût de soi… et des autres.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199269.jpg?v=1750174556" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      Artistes et habitant(e)s, confondus dans la même communauté humaine, ont vécu du 6 au 14 juin (sans évoquer le travail en amont durant les mois qui ont précédé) des propositions à haute valeur vivifiante. Une cinquantaine de rendez-vous artistiques (dont une quarantaine gratuits) reliés entre eux par un puissant fil rouge : se déprendre du regard sociétal en s'affranchissant des vœux secrets déposés en nous par nos géniteurs, eux-mêmes modelés par l'héritage du patriarcat, du machisme diffus, de la colonisation des territoires et des esprits. Parmi ce foisonnement, quelques propositions à prendre comme des éclats épars de la programmation…       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Chien, la Traductrice et l'Enfant" de Lancelot Hamelin.</strong></span> Cette fiction donnant lieu à une lecture théâtralisée portée par l'auteur-acteur accompagné d'une comédienne, résulte d'un travail de terrain au long cours : deux années de collecte de données dans les quartiers de Saint-Michel et des Capucins au contact des populations dites en situation de fragilité. De ces paroles à vif, il a imaginé un récit transcendant les situations individuelles pour en exhaler l'essence. Ainsi, au travers des tribulations hautes en couleur de trois personnages de papier, se dévoile en creux "la vraie vie" des gens à la rue.       <br />
              <br />
       Il y a d'abord le Chien, commentant à sa hauteur (de chien), le comportement de son maître relogé de façon précaire par les services sociaux ; ensuite la Traductrice, prise, elle aussi, comme celles et ceux dont elle se fait le porte-parole, dans les rets infernaux du droit d'asile à faire valoir pour sa famille ; et enfin l'Enfant au "grain de santé" entre les deux yeux, ne se résignant pas aux règlements excluant ses parents d'un abri pérenne et se livrant à des actes réparateurs. La polyphonie de ces voix se faisant écho a pour effet de nous aspirer au cœur de l'existence de ces invisibles "éblouissants" en faisant entendre, avec humour et force dramatique, leurs propos fulgurants. Une performance… "fabuleuse".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199278.jpg?v=1750174653" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Parmi d'autres" de Nathalie Man et ses complices.</strong></span> La street-artiste (re)connue, donnant vie depuis de longues années aux murs de la cité bordelaise en y placardant ses propres poèmes "lumineux", a animé des ateliers d'écriture durant l'année écoulée. Véritables "ouvroirs de littérature humaine", les é-crits de ces femmes et hommes affichés sur les palissades de la Flèche Saint-Michel en rénovation résonnent comme d'authentiques appels adressés au flâneur. Curieux de ces vies inconnues déchirant la chape des non-dits pesant comme un couvercle sur nos existences caparaçonnées, le passant est saisi par leur humanité partagée. La poésie de rue érigée en mantra salvateur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199317.jpg?v=1750174815" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Un jour ça servira" de la Compagnie Les Lubies.</strong></span> Immersion grandeur nature dans la maison de la mère de l'auteur-interprète, maison devenue sienne depuis son décès. Située non loin de la basilique du quartier Saint-Michel, la modeste bâtisse ayant abrité la jeunesse de Vincent Nadal exhale le parfum délicieux du temps suspendu, un passé rendu vivant par la grâce de son écriture sensible et de la mise en jeu subtile de Sonia Millot, sa complice.       <br />
              <br />
       Métamorphosant en expérience commune un épisode intime – avoir eu à trier avec sa sœur les objets de toute une vie accumulés là par une mère aimée atteinte de "la gardite" aiguë propre à celles qui ont connu les guerres – il nous entraîne avec gourmandise dans "la vie sortie des cartons"…        <br />
              <br />
       Des centaines de paires de chaussures rangées dans des boîtes, un papier portant trace de sa naissance à Saïgon devenu Ho Chi Minh, une vieille photo d'elle bébé dans les bras de sa mère sur les rives du Mékong, un t-shirt barré du logo floqué du PS "Le changement, c'est maintenant" arboré fièrement lors des élections municipales de 2012, une très ancienne lettre de la grand-mère de Tahiti, un vinyle de Colette Magny… autant de fragments d'une existence "ordinaire", tremplins pour l'imaginaire fertile du poète rêveur qui s'en saisit avec un bonheur non dissimulé. Un bonheur dont il nous fait don avec humour et sincérité, dans cette performance ayant des échos secrets avec nos propres destinées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199340.jpg?v=1750175019" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"La Bible du déboulonnement" de Guy Régis.</strong></span> Adepte du théâtre du réel, l'auteur-metteur en scène haïtien convoque la fiction pour mieux rendre compte d'une réalité que d'aucuns voudraient occulter. Que l'on mesure l'effet produit par la brèche temporelle libérant soudain, dans la cité de Bordeaux au passé ruisselant de l'enrichissement colonial, une horde d'esclaves noirs encapuchonnés… "Ils et Elles" sont là, ressuscité(e)s devant nos yeux, pour venir troubler le présent de La Belle Endormie…       <br />
              <br />
       Dans le cadre éminemment religieux de la Chapelle du Crous, dans son chevet à chapelles rayonnantes, vont se succéder les harangues suscitées par l'effraction dans notre monde du début du troisième millénaire de ces intrus(es) venant perturber nos consciences assoupies. Chacun, de là où il est, selon la place qu'il occupe, va se défendre d'être pour quelque chose dans le crime hérité dont il tentera de minimiser plus ou moins cyniquement la portée, ou au contraire, criera à tue-tête sa colère incoercible que des hommes et femmes aient pu être "traités" de la sorte pour l'enrichissement de ceux dont les descendants ont encore et toujours pignon sur rue. "Vigilance… Attention…", cette performance immersive invite à secouer nos tranquilles indifférences pour nous préserver du danger mortifère d'une pensée oublieuse, niant ou relativisant à bon compte le passé négrier de notre bonne ville.       <br />
       À suivre…       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199372.jpg?v=1750175580" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival Chahuts       <br />
       S'est déroulé du 6 au 14 juin 2025.</b>       <br />
       Quartiers Saint-Michel, La Benauge et au-delà, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/" target="_blank">>> chahuts.net</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Chien, la Traductrice et l'Enfant"</strong></span>       <br />
       Conte urbain.       <br />
       Vu au marché des Douves le samedi 7 juin à 17 h (gratuit sur réservation).       <br />
       Texte : Lancelot Hamelin.       <br />
       Interprétation : Lancelot Hamelin &amp; Lucie Monzies        <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Parmi d'autres", de Nathalie Man et ses complices</strong></span>       <br />
       Exposition à ciel ouvert.       <br />
       Vu sur la place Saint-Michel (Meynard) lors du vernissage le samedi 7 juin à16 h, a été visible jusqu'au samedi 14 juin (gratuit).       <br />
       Poèmes : Nathalie Man et ses complices.       <br />
       Avec la participation de Promofemmes, du Gem Jeunes, du centre d'animation Saint-Michel (cours de FLE) et de personnes qui ont participé aux ateliers d'écriture.       <br />
       Avec la mise à disposition de murs par InCité et la ville de Bordeaux.       <br />
       Durée : environ 30 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89377433-63199414.jpg?v=1750175664" alt=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" title=""Chahuts" Un festival au cœur des quartiers, théâtres de nos "vies minuscules"…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Un jour ça servira"</strong></span>       <br />
       Récit.       <br />
       Vu dans une maison de Saint-Michel le dimanche 8 juin à 11 h (gratuit sur réservation).       <br />
       Compagnie Les Lubies.       <br />
       Écriture et interprétation : Vincent Nadal.       <br />
       Mise en scène, direction d'acteur : Sonia Millot.       <br />
       Dramaturgie des objets, construction marionnette : Pascal Laurent.       <br />
       Scénographie : Éric Charbeau et Philippe Casaban.       <br />
       Création lumières : Cédric Quéau.       <br />
       Traitement images vidéo (archives publiques) : Erwin Chamard.       <br />
       Traitement musiques et sons : Hervé Rigaud.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"La Bible du déboulonnement"</strong></span>       <br />
       Théâtre du réel.       <br />
       Vu à la chapelle du Crous le dimanche 8 juin à 17 h (seconde représentation à 17 h 30) (gratuit sur réservation).       <br />
       Auteur et metteur en scène : Guy Régis Jr.       <br />
       Assistant à la mise-en-scène : Vladimir Deva.       <br />
       Création et régie vidéo : Dimitri Petrovic.       <br />
       Avec : Nanténé Traoré , Frédéric Fachena , Ornella Mamba , Marcel Mankita, Roxanne Roux.       <br />
       Avec les élèves en théâtre du Conservatoire de Bordeaux Jacques Thibaud : Aline Bonhomme, Lola Cheurfa, Natalia Gonzalez Arroyo, Yanis Lakhadir, Martin Le Clainche, Nathan Chapuis-Guntzburger, Elsa Rayan, Adam Sullivan, Sihem Kellala et Saziley Vernaton.       <br />
       Durée : 30 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Chahuts-Un-festival-au-coeur-des-quartiers-theatres-de-nos-vies-minuscules_a4258.html</link>
  </item>

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   <title>Biennale des Écritures du Réel 2024 à Marseille, un festival à l'écoute des secousses du monde</title>
   <pubDate>Fri, 12 Apr 2024 21:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Festivals]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Théâtre, danse, cirque, littérature, conférences, ateliers, scènes partagées, telle est la diversité de cet événement organisé par le Théâtre La Cité durant deux mois (du 20 mars au 25 mai) dans vingt-trois lieux différents de la cité phocéenne. Présents lors du premier week-end du festival, nous avons assisté à deux spectacles singuliers : "À la ligne" de la Cie D'ici Demain" et "Tijuana" du collectif mexicain Lagartijas Tiradas al Sol.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79483148-57557370.jpg?v=1712952256" alt="Biennale des Écritures du Réel 2024 à Marseille, un festival à l'écoute des secousses du monde" title="Biennale des Écritures du Réel 2024 à Marseille, un festival à l'écoute des secousses du monde" />
     </div>
     <div>
      Le Théâtre La Cité – dont l'équipe est animée par Michel André, metteur en scène et directeur artistique – est un lieu qui se distingue dans le paysage culturel marseillais par sa volonté de se situer hors des sentiers balisés. Ici, pas de programmation de spectacles à l’année, mais un lieu partagé de recherche et de création. Concrètement, c'est une fabrique artistique citoyenne en interaction constante avec la ville et ses habitantes et habitants.        <br />
              <br />
       Pour la petite histoire, le Théâtre La Cité ouvre ses portes en 2005. Il prolonge le projet de la Compagnie de La Cité (Florence Lloret et Michel André). Il se construit autour d’une démarche que l’on pourrait qualifier de théâtre documentaire avec notamment la création des spectacles &quot;Rue des Muguets&quot; (2004-2007), &quot;Nous ne nous étions jamais rencontrés&quot; (2008-2010), &quot;Jusqu’ici tout va bien&quot; (2012), &quot;L’alphabet des oubliés&quot; (2012). C’est dans ce cadre que le terme d’écritures du réel fait son apparition, plus ouvert et fidèle que celui de théâtre documentaire, si l'on considère ce qui se joue sur le plateau dans leurs créations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79483148-57557371.jpg?v=1712952312" alt="Biennale des Écritures du Réel 2024 à Marseille, un festival à l'écoute des secousses du monde" title="Biennale des Écritures du Réel 2024 à Marseille, un festival à l'écoute des secousses du monde" />
     </div>
     <div>
      Les spectacles de Michel André échappent au témoignage pour mettre en jeu le processus de recherche et d’enquête en lui-même. Le Théâtre La Cité invite alors d’autres artistes de toutes disciplines, intéressés par ces écritures, à collaborer ; et il ouvre en parallèle le champ de la création aux habitants de la ville en créant les Ateliers de La Cité. Régulièrement, des philosophes, des chercheurs, sont invités au théâtre. Une articulation art et société s’expérimente et prend forme.       <br />
              <br />
       C'est dans la continuité de cette ligne artistique, que nait la Biennale des écritures du réel, en 2012. Il s'agit d'un festival qui s’attache à mettre en dialogue art, politique et société. Celui-ci défend la vision d’un théâtre engagé et partagé qui explore de nouvelles relations entre les artistes et les chercheuses, chercheurs, autrices, auteurs, corps enseignant, habitantes, habitants et jeunes publics… Paroles, récits, poèmes d’un réel à vif, la biennale invite, à la croisée du politique et du poétique, à questionner le monde avec les yeux des autres.       <br />
              <br />
       Se déroulant du mercredi 20 mars au samedi 25 mai 2024, l'événement a été imaginé en trois grandes traversées autour d’une cinquantaine d’événements – théâtre, danse, littérature, cirque, cinéma, conférences, ateliers et scènes partagées – dans plus d'une vingtaine de lieux partenaires. Chacune d’entre elles trace un chemin dans le réel, du je au nous, de l’intime au politique.       <br />
       Traversée #1 &quot;(se) dire&quot; ; traversée #2 &quot;renverser&quot; et traversée #3 &quot;faire nous&quot;.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.theatrelacite.com/biennale-7/" target="_blank">&gt;&gt; Découvrir la programmation</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Biennale des Écritures du Réel 2024</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 mars au 25 mai 2024.</span>       <br />
       Dans 23 lieux de Marseille.       <br />
       Festival organisé par le Théâtre La Cité, Marseille 6e, 04 91 53 95 61.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatrelacite.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatrelacite.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79483148-57557370.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Biennale-des-Ecritures-du-Reel-2024-a-Marseille-un-festival-a-l-ecoute-des-secousses-du-monde_a3879.html</link>
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   <title>"Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde" Comment prendre sa revanche avec brio face à un monde impitoyable</title>
   <pubDate>Wed, 04 Oct 2023 07:26:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Brigitte Corrigou</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Rosemary est la grande prêtresse de best-seller à l'eau-de-rose. C'est surtout un personnage loufoque, extravagant et exigeant. Thérèse, sa femme de chambre et assistante secrétaire, subit son caractère et ses excès avec complaisance et humour. Un jour, Rosemary décide de s'opposer à la presse à scandale qui l'enterre et la critique en brossant d'elle des portraits peu élogieux. Elle décide alors d'écrire un roman "en liiiiiiiive" (son 548ᵉ) afin de montrer toute l'étendue de son talent, assistée de Thérèse, son souffre-douleur, qui devient pianiste à l'occasion.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75609369-53079251.jpg?v=1696359637" alt=""Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde" Comment prendre sa revanche avec brio face à un monde impitoyable" title=""Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde" Comment prendre sa revanche avec brio face à un monde impitoyable" />
     </div>
     <div>
      Pourtant, son éternelle recette d'écriture ne dérogera pas : une héroïne un peu oie blanche à la recherche de l'homme idéal ! Son parcours n'est pas de tout repos et ses aventures, hautement rocambolesques, oscillent entre joies, déboires ou encore nuits torrides inoubliables. Seule la fin sera particulière cette fois-ci…       <br />
              <br />
       Le théâtre musical a toujours pour nous quelque chose de suranné, mais les recettes anciennes ont parfois du bon… C'est le cas dans ce spectacle vif et enjoué, ponctué de chansons coquines issues des répertoires de Charles Trénet, Mistinguett, Colette Renard ou, plus proche de nous, de Boris Vian, Boby Lapointe, Lio ou Dalida. Parfois, certains couplets y ont été modifiés, et ce, pour le plus grand plaisir des spectateurs.       <br />
              <br />
       Interprétée de façon virevoltante par la comédienne Marie Charlet et sa comparse pianiste-chanteuse Anne Cadilhac, &quot;Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde&quot; emporte sans concession le public du TMG transformé en salon cosy et flamboyant dans lequel l'héroïne va écrire en &quot;live&quot; son nouveau roman.       <br />
              <br />
       Mais cette fois-ci, il semblerait qu'il faille trouver de nouvelles idées et être un tant soit peu moins traditionnel dans le pitch et l'histoire. La Barbara Cartland frenchy saura largement s'y prendre en choisissant de parler d'elle plutôt que de se cacher derrière ses personnages.       <br />
       Et si là était la recette du succès à venir ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75609369-53079255.jpg?v=1696359683" alt=""Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde" Comment prendre sa revanche avec brio face à un monde impitoyable" title=""Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde" Comment prendre sa revanche avec brio face à un monde impitoyable" />
     </div>
     <div>
      Flanquée d'un caraco en fausse fourrure blanche et d'une perruque rose imposante, Marie Charlet en a sous le capot pour incarner avec talent cette Rosemary intrépide et loufoque qui a décidé de ne pas de laisser marcher sur les pieds. La comédienne incarne avec aisance les différents personnages de l'histoire qu'elle crée sous nos yeux et la dramaturgie, mêlant jeu théâtral et chansons, est hautement précise et jouissive.       <br />
              <br />
       Cette pièce déjantée a pour origine une commande de spectacle musical pour le festival d'Été à Donzy, en 2019, pour lequel la comédienne avait sélectionné des chansons tantôt issues du répertoire des années vingt et trente, tantôt d'opérettes. La thématique commune était déjà assez coquine. Puis l'idée de sortir du simple récital est apparue avec l'intention d'utiliser la dramaturgie des chansons pour raconter une histoire.       <br />
              <br />
       &quot;Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde&quot; est né sous la houlette ingénieuse et talentueuse de Frantz Morel A L'Huissier, comédien, chanteur, metteur en scène et auteur, qui imagine de projeter le spectateur dans l'intimité baroque et bariolée du salon de la romancière. Issue d'une famille de musiciens, Marie Charlet, quant à elle, a appris la guitare classique et le piano avant d'intégrer de nombreux cœurs vocaux et d'interpréter la Reine Clémentine dans l'opérette &quot;Barbe Bleue&quot; d'Offenbach en 2022.       <br />
              <br />
       Anne Cadilhac, la comparse et souffre-douleur ô combien résistante de ce spectacle, se spécialise dans le théâtre musical après de solides études classiques au CNR de Toulouse et un Capes de Musicologie. Sa prestation dans le spectacle nous séduit sans commune mesure par sa virtuosité et son jeu juste et précis en écho avec sa partenaire.       <br />
              <br />
       Ce spectacle aux dialogues percutants vous fera rire sans commune mesure, mais, à bien y regarder, derrière <span style="font-style:italic">&quot;le côté rétro du pitch, les sentiments exacerbés, les exagérations de la passion et du drame, les situations tirées en longueur et les rebondissements improbables, il y a une rhétorique bien propre visant à noyer les bas instincts humains…&quot;,</span> Frantz Morel A l'Huissier.       <br />
              <br />
       Allez-y pour découvrir lesquels, pour rencontrer Monique, Rosemary, Thérèse, Marie et Anne, et surtout pour vous amuser et pour oublier vos éventuels soucis du moment.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Rosemary Lovelace fait ça devant tout le monde"</b></div>
     <div>
      Théâtre musical.       <br />
       Texte : Marie Charlet et Frantz Morel A L'Huissier.       <br />
       Mise en scène : Franz Morel A L'Huissier.       <br />
       Mise en corps : Philippe Bonhommeau.       <br />
       Avec : Marie Charlet accompagnée d'Anne Cadilhac.       <br />
       Scénographie : Agathe de Louvigny.       <br />
       Lumières : Elsa Leforestier.       <br />
       Son : Manu Morais.       <br />
       Perruque : Gérard Morel A L'Huissier.       <br />
       Création maquilage : Émeline Oliver.       <br />
       Durée : 1H10       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 septembre au 18 décembre 2023.</span>       <br />
       Lundi à 19 h 30.       <br />
       Théâtre Montmartre Galabru (TMG), Paris 18e, 01 42 23 15 85.       <br />
       <a class="link" href="https://theatregalabru.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatregalabru.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/75609369-53079251.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Rosemary-Lovelace-fait-ca-devant-tout-le-monde-Comment-prendre-sa-revanche-avec-brio-face-a-un-monde-impitoyable_a3737.html</link>
  </item>

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   <title>•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?</title>
   <pubDate>Mon, 31 Jul 2023 17:08:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2023]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jorge Semprun, prisonnier au camp de Buchenwald édifié sur la colline de l'Ettersberg, sera libéré par les Américains, le 11 avril 1945. Il lui faudra attendre de nombreuses années pour qu'un événement de nature traumatique enclenche en lui l'urgence d'écrire l'impensable. Jusque-là, sa mémoire clivée avait abréagi les monstruosités auxquelles il avait été exposé, en faisant en sorte que ses responsabilités d'intellectuel engagé constituent une digue contre l'(in)humanité vécue. Trouver refuge dans une "amnésie volontaire" pour reprendre pied…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726328.jpg?v=1690817824" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      Deux hommes, tout de noir vêtus et enveloppés d'un lourd silence, occupent l'espace minéral de la Chapelle. Deux femmes au second plan, l'une en se retournant découvrira son visage couvert d'un masque neutre… Prologue. Le 11 avril 1987, Primo Levi, écrivain juif italien qui avait survécu au camp d'extermination d'Auschwitz, meurt en se jetant par la fenêtre à Turin, sa ville natale. Lui qui avait élu l'écriture comme palliatif au traumatisme concentrationnaire en lui permettant de l'exorciser, l'extrayant de sa psyché pour en faire matière d'écriture, se retrouvait brutalement rattrapé par l'innommable qui le précipitait vers la mort.       <br />
              <br />
       Jean-Baptiste Sastre, à la présence impressionnante, va donner vie à l'auteur de &quot;L'écriture ou la vie&quot; en interprétant avec fougue les lignes des feuillets qu'il tourne de sa main gantée. Il donne l'impression d'être lui-même Jorge Semprun, relisant son manuscrit… tant la passion de l'exaltation à l'abattement est omniprésente. Quant à la présence féminine au masque neutre, lisant au-dessus de son épaule, attentive, elle est le visage discret de celle qui l'a accompagné tout au long de sa traversée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726329.jpg?v=1690817868" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      L'acte de désespoir de Primo Lévi sonne en effet le glas du déni dans lequel Jorge Semprun pensait pouvoir trouver le repos. En effet, la nouvelle de son suicide le rendait subitement mortel. Il aurait bien voulu ruser encore avec cette mémoire mortifère qui, par effraction, lui (re)présentait les tortures de la villa de la Gestapo à Auxerre ou encore d'autres images échappées d'un enfer auquel il voulait à tout prix échapper, mais, là, il se rendait compte, à la faveur de cette mort réelle, que l'oubli était un leurre. En choisissant l'amnésie pour survivre, en se jetant corps et âme dans une frénésie d'activités absorbantes, en choisissant ce qu'il avait appelé &quot;la vie&quot;, il était en train de passer à côté d'elle, d'être ce qu'il n'était pas.       <br />
              <br />
       Dès que les chants religieux entonnés a cappella et résonnant sous les voûtes du Théâtre des Halles cessent, Jean-Baptiste Sastre, double de Jorge Semprun, fait front face à l'ultime échéance. Il la regarde désormais sans sourciller, laissant resurgir l'effroi des trois officiers britanniques lorsqu'ils le découvrirent à Buchenwald… Des yeux enfoncés dans les orbites, une maigreur extrême, bref un cadavre vivant. Et cette odeur des chairs brûlées, l'étrange odeur, écœurante, obsédante. Il suffit de renoncer à &quot;se distraire&quot;, et elle revient, intacte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726383.jpg?v=1690817931" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      Il y a aussi ce bruit dans les oreilles, comme si les mots hurlés par la sirène d'alerte – Feindalarm ! Feindalarm ! – étaient restés coincés au creux de leur pavillon. Ils annonçaient ces mots allemands que &quot;l'ennemi&quot; (les libérateurs !) était aux portes du camp. Dès lors, le comité clandestin auquel il appartenait, se rappelle-t-il, est passé à l'action… Il se souvient, marchant dans la nuit, tous outillés de tout ce qu'ils avaient pu récupérer comme armes, un rêve que personne n'aurait jamais osé imaginer… Et, dans le même temps, accompagnant ce doux souvenir, l'impossibilité cruelle de ne pouvoir faire comprendre aux libérateurs que les oiseaux qu'on n'entend plus, ces oiseaux qui ont déserté la colline de l'Ettersberg, ils vont peut-être revenir, les fumées des crématoires n'étant plus… Ou encore, comment transmettre l'expérience de la fumée voguant sur les vivants rassemblés, eux qui n'ont pas vécu la sauvagerie de l'animal humain…       <br />
              <br />
       La mémoire est semblable à une pelote de fil, si l'on en tire un bout, tout suit… Le bloc 56. Son ancien professeur à la Sorbonne, Maurice Halbwachs, arrivé là à l'ultime limite de ses forces, son corps sous l'effet de la dysenterie proche de la déliquescence… Ce dernier regard échangé, ces vers de Baudelaire qu'il lui a dit, et cette communion dans l'expérience même de la mort, comment la faire entendre ? Le ton s'enfle pour exploser tant la colère et l'impuissance ressenties sont immenses. Autour d'un petit autel renfermant une Thora, un chant viendra à nouveau apaiser la tension.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726384.jpg?v=1690817966" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      L'acteur hongrois – les Hongrois furent particulièrement ciblés par l'extermination à grande échelle – raconte à son tour (dans sa langue traduite par Jean-Baptiste Sastre) l'horreur et la folie découvertes à la libération du camp. Les corps décharnés, empilés dans les châlits, les yeux exorbités ouverts sur les horreurs du monde, cet éclair parfois les traversant comme si l'ultime violence de l'espérance s'y était figée. Et puis, comme un soupçon de voix humaine s'échappant du tas de cadavres, la voix de la mort qui chantonnait. Et cette mort-là parlait yiddish… C'était la prière des morts… Masque retiré, l'actrice, d'une voix vibrante d'humanité, psalmodie les versets de la prière.       <br />
              <br />
       Et puis le retour à Buchenwald, passé sous contrôle du KGB. L'immense espoir de liberté recouvert par une autre tyrannie… La voix grave d'une femme, à la tessiture envoûtante… La course, nu sur le ciment glacé, pour récupérer au vol un ballot de vêtements trop petits, trop grands… Le mot adressé par l'Allemand communiste – ouvrier spécialisé, pas étudiant en philosophie dont on n'avait que faire à Buchenwald – qui lui avait valu la vie sauve… Autant d'effractions dans sa mémoire blessée propres à être élaborées grâce à l'écriture salvatrice.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726467.jpg?v=1690818522" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      Faire émerger le passé, si impensable soit-il, a pour effet de produire une pensée réflexive de nature à le mettre en perspective avec des réalités présentes. Jean-Baptiste Sastre, porte-parole de Jorge Semprun, pour faire vivre ses mots au-delà de la disparition du dernier survivant du mal absolu de Buchenwald, se livrera alors à une péroraison des plus percutantes. Si <span style="font-style:italic">&quot;la mort est un maître venu d'Allemagne&quot;</span> (Paul Celan), elle a revêtu d'autres masques venus de France, de l'URSS, et d'autres contrées encore, car la mort est le masque de l'Humanité. L'essentiel de ce que l'on apprend du mal radical… c'est qu'il n'est pas &quot;inhumain&quot; mais consubstantiel à l'espèce humaine. Les SS étaient aussi humains que les plus purs d'entre nous.       <br />
              <br />
       Paroles très fortes délivrées par des comédiens porteurs en eux de convictions décuplant la force des écrits de &quot;L'écriture ou la vie&quot; pour, dans une mise en jeu envoûtante, venir percuter nos consciences par trop souvent assoupies. De la belle ouvrage…       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 21 juillet 2023 à la Chapelle du Théâtre des Halles à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'écriture ou la vie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74354837-51726468.jpg?v=1690818578" alt="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" title="•Off 2023• "L'écriture ou la vie" Cette odeur étrange qui flottait sur la colline de l'Ettersberg fallait-il l'étouffer, ou libérer ses miasmes ?" />
     </div>
     <div>
      Création 2023.       <br />
       D'après &quot;L'Écriture ou la vie&quot; de Jorge Semprún (publié aux éditions Gallimard, 1994).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Jean-Baptiste Sastre et Hiam Abbass.       <br />
       Avec : Hiam Abbass, Caroline Vicquenault, Geza Rohrig et Jean-Baptiste Sastre.       <br />
       Scénographie : Caroline Vicquenault.       <br />
       Création lumière : Dominique Borrini.       <br />
       Création masques : Erhard Stiefel.       <br />
       Production Châteauvallon-Liberté - Scène nationale.       <br />
       Pour tous dès 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <b> A été représenté du 7 au 26 juillet 2023.</b>       <br />
       Tous les jours à 11 h.       <br />
       Théâtre des Halles, Chapelle, 22, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Automne 2024 : Le Liberté - Scène nationale, Toulon (83).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74354837-51726328.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-L-ecriture-ou-la-vie-Cette-odeur-etrange-qui-flottait-sur-la-colline-de-l-Ettersberg-fallait-il-l-etouffer-ou_a3710.html</link>
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