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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-14T21:26:57+02:00</dc:date>
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   <title>•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <pubDate>Mon, 25 May 2026 09:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408233.jpg?v=1779693641" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408234.jpg?v=1779693942" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408235.jpg?v=1772610380" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96706653-67408236.jpg?v=1772610406" alt="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title="•Off 2026• "L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Scénographie et lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru, Alain Cerrer et la voix de Michel Ouimet.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h 15. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre du Chêne Noir, Salle Léo Ferré, 8 bis, rue Sainte Catherine, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 86 58 11.       <br />
       <a class="link" href="https://www.vostickets.fr/Billet/FR/representation-LE_CHENE_NOIR-33539-0.wb?REFID=GjE9AAAAAAAAAAAACwA" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chenenoir.fr/" target="_blank">>> chenenoir.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n_a4567.html</link>
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   <title>"Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho</title>
   <pubDate>Mon, 27 Apr 2026 20:47:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidin Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans une création de Hugo Collin, mise en scène par Veig Bassili, un personnage, mi-réel et mi-construit, raconte ses jeunes années dans une école où l'exigence et la performance sont de sévères piliers. Dans une ambivalence entre chute et réussite, peur et obstination, se dessine une figure narrative portée par le sixième art.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96283178-67157241.jpg?v=1777315930" alt=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" title=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" />
     </div>
     <div>
      C'est un seul en scène où le théâtre se lie à la danse comme compagnons l'un de l'autre. Cela débute par un mot qui n'est pas geste, car il est avant tout corps. En maillot de bain, notre protagoniste (Hugo Collin) se place sur le plateau. Et raconte, tout au long du spectacle, son rêve, son travail, son entrée dans une école de danse, et son échec transformé en succès.       <br />
              <br />
       Le plateau est nu, où le théâtre débute dès que la porte s'ouvre. Le corps et le regard habitent l'espace, puis suivent la voix, le mot, le récit et la gestuelle. Celle-ci est autant contenue par la parole qu'ample dans les mouvements. Les gestiques sont suffisamment élaborées pour créer différents personnages, basculant par intermittence entre des professeurs, un élève et un narrateur.       <br />
              <br />
       Se joue un bout d'autobiographie avant les rides du temps d'une existence ballotée par les âges. Le spectacle se déroule sur trois plans artistiques qui sont la danse, l'imitation et le théâtre, au travers respectivement de figures de danse classique, de protagonistes imités et d'un personnage dont le comédien a le sang et la chair déclinés symboliquement dans les âges de l'enfance et de la maturité. Mais Hugo Collin ne joue pas à l'enfant. Il l'est sans se départir d'une voix d'adulte qui le fait exister, en lui donnant le relief du recul.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96283178-67157243.jpg?v=1777315979" alt=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" title=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" />
     </div>
     <div>
      Peut-être est-ce lui un peu, beaucoup ou en totalité ? Peu importe, à vrai dire. Il incarne avant tout un élève de 9 ans en formation dans une école de danse face à ses professeurs. Cet enfant peut être un autre, à la fois différent, mais identique dans cette situation. Cet établissement peut être un autre dans un autre lieu, mais face à des adultes de la même sévérité, ou un peu plus ou un peu moins, mais pouvant être abîmant. C'est un récit dans lequel le non-dit s'exprime par le regard et les imitations, et où le dit de l'enfant est tu, mais exprimé par son conteur. Elle focalise sur ce que le personnage montre et raconte, car scéniquement, le vécu est dans ce non-dit quand le ressenti est dans le dit. Libre au spectateur d'appréhender par lui-même les écorchures que le protagoniste aurait pu avoir.       <br />
              <br />
       Hugo Collin, auteur de ce seul en scène, en a élaboré aussi la chorégraphie dans une mise en scène, simple et efficace, de Veig Bassili qui laisse découvrir un espace nu permettant de donner du volume autant au corps qu'à la voix et mettre ainsi en exergue une solitude, celle d'un enfant face à une pression et des exigences éducatives et artistiques.       <br />
              <br />
       La conception dramaturgique de la pièce est simple et efficace. Le comédien se combine à chaque instant à son personnage, comme si la fable était l'épouse de la réalité, en nous faisant vivre des instants qui se découpent dans une continuité temporelle où les années se mêlent aux minutes, et les remontrances à des imitations les projetant dans un espace-temps où le vécu se mêle à un imaginaire pour les désarmer.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96283178-67157257.jpg?v=1777316068" alt=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" title=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" />
     </div>
     <div>
      Le présent s'arrête pour glisser malicieusement dans un passé et un futur antérieur, pour ensuite y revenir. La mise en scène traite du temps qui passe tout en faisant abstraction des années qui s'écoulent. Elle fait vivre scéniquement l'Ici et le Maintenant dans un périmètre de jeu où l'espace ne laisse aucune prise à une échelle temporelle.       <br />
              <br />
       La voix est bien placée ainsi que le corps, axes de jeu de Hugo Collin qui joue d'équilibre avec de beaux mouvements. Ancien élève de l'école de danse de l'Opéra de Paris, il exécute des figures dansées, en rupture du verbe, qui rythment son récit. Exercices de répétition chorégraphiques, ces gestuelles participent à un sentiment de solitude du personnage où se mêlent l'effort et le plaisir, la contrainte et l'épanouissement. Accompagnées de paroles, elles sont exécutées avec une facilité presque expéditive, comme celle d'une répétition trop contrainte qui remonte à la surface de l'enfant-adulte, tout en étant en tension.       <br />
              <br />
       Au-delà de la qualité de l'interprétation qui manie aussi bien la voix que le verbe, le mot que le geste, c'est aussi une plongée intime dans un bout d'existence qui peut se retrouver dans d'autres vies et dans d'autres établissements où ce qui est exigence peut aller parfois un peu trop rapidement, et dangereusement, à la dureté des mots quand elle n'est pas accompagnée aussi par le geste. L'actualité dernièrement nous en a montré de multiples exemples.       <br />
              <br />
       Le spectacle reste dans une approche où les souvenirs ne font pas écho à des souffrances subies, mais à une sévérité, une exigence qui ne sont pas insultées par le personnage. La création reste dans un périmètre dans lequel la performance et l'excellence dans l'enseignement sont interpellées et mises aussi en question dans une belle composition artistique.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Billy mais pas Elliot"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96283178-67157270.jpg?v=1777316104" alt=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" title=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" />
     </div>
     <div>
      Texte : Hugo Collin.       <br />
       Mise en scène : Veig Bassili.       <br />
       Assistant mise en scène : Victor Jacon.       <br />
       Avec : Hugo Collin.       <br />
       Création lumières : Aron Olah et Marc Droumaguet       <br />
       Musique : Tigre Productions.       <br />
       Compagnie des Belle(S) Gueules.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 avril au 5 juin 2026.</span>       <br />
       Vendredi à 21 h.       <br />
       Théâtre La Flèche, 77, rue de Charonne, Paris 11ᵉ.       <br />
       Tél. :  01 40 09 70 40.       <br />
       <a class="link" href="https://lafleche.placeminute.com/event/seul-en-scene/billy-mais-pas-elliot,47941.html?_locale=fr" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatrelafleche.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatrelafleche.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96283178-67157241.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Billy-mais-pas-Elliot-Au-balcon-d-un-seul-en-scene-ou-la-gestuelle-et-la-parole-tissent-un-dialogue-dans-lequel-le_a4540.html</link>
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   <title>"L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <pubDate>Thu, 05 Mar 2026 07:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Isabelle Fauvel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592713.jpg?v=1772610291" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592719.jpg?v=1772610351" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592720.jpg?v=1772610380" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592723.jpg?v=1772610406" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Scénographie et lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru, Alain Cerrer et la voix de Michel Ouimet.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 février au 3 mai 2026. Prolongations jusqu'au 4 juin 2026</span>       <br />
       Mardi 20 h, mercredi 17 h (20 h le 11 mars), jeudi 19 h, vendredi 20 h 30, samedi 17 h et 20 h 30, dimanche 15 h.        <br />
       Théâtre Artistic Athévains, 45 rue Richard Lenoir, Paris 11ᵉ.        <br />
       Téléphone : 01 43 56 38 32.       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/lecole-des-femmes/#billetterieecole" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; artistictheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95077028-66592713.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n-a-jamais_a4493.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-93871364</guid>
   <title>Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert</title>
   <pubDate>Mon, 26 Jan 2026 17:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Benoît Lambert revient régulièrement vers l'œuvre de Molière. Après "Les Fourberies de Scapin", "Le Misanthrope", "Tartuffe", "L'Avare", cette relation intime de plus de trente ans entre l'auteur et le metteur en scène continue avec "Les Femmes Savantes". Une pièce qui, encore de nos jours et peut-être plus encore que précédemment, fait polémique autour de la misogynie qu'elle paraît véhiculer en mettant au centre de la pièce l'espace réservé aux femmes dans la société du XVIIᵉ siècle, et les espaces dont elles sont bannies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531265.jpg?v=1769272279" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Cet espace destiné aux femmes, c'est le foyer, la maternité et l'adoration réciproque (si cela se peut) avec son époux qui, lui seul, détient le pouvoir du savoir, autre que celui des comptes du ménage, des habits et de la gestion des domestiques qu'elles sont si contentes d'avoir en charge. Un avenir résolument réduit et dominé par l'homme. Mais, dans une quête d'émancipation féminine, voici les femmes savantes, lectrices cultivées, philosophes, poétesses et dédaigneuses de tout ce qui renvoie l'humain à sa condition animale et ses instincts vulgaires.        <br />
              <br />
       La pièce de Molière développe cette opposition entre &quot;la tradition&quot; et cette révolte au sein d'une famille prise en étau entre la volonté toute-puissante de la mère et son désir littéraire et scientifique, et le pouvoir vacillant du père, nostalgique d'un ordre plus intéressé par la bonne bouffe et la satisfaction des sens que par le spirituel.       <br />
              <br />
       L'équilibre est délicat entre les ridicules estampillés Molière : risible père lâche et velléitaire, risible mère sur-exaltée par l'art et la science, et les discours radicaux qu'ils alignent tous les deux. Le comique devient alors parfois acide, âpre et cru. Benoît Lambert ne tente pas de tordre la pièce dans un sens ou dans l'autre. Il dirige ses comédiennes et ses comédiens en écartant la plupart des caricatures de jeu, des tics, des grandiloquences que certaines scènes et que la plupart des personnages suggèrent d'habitude pour pousser le comique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531266.jpg?v=1769272330" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Même le personnage de Trissotin, pédant ridicule aux traits de caractère si souvent amplifiés qu'il est entré dans le langage courant, est ici interprété avec un réalisme qui n'exagère pas le ridicule du personnage, ce qui donne à son discours des moments d'admirable bêtise et de splendide mauvaise foi.       <br />
              <br />
       Cette volonté réaliste ne nuit pas au comique de la pièce et des situations, mais elle fait qu'on ressent avec beaucoup plus de sérieux les propos de chacun des partis : celui, rétrograde, de Chrysale, le père, de sa fille cadette, Henriette, et celui de Martine, la bonne, ainsi que de Clitandre, le fiancé. En face, le parti émancipateur de Philaminte, la mère, de sa fille aînée, Armande, de sa sœur Bélise et de Trissotin, le coq spirituel de ce cercle de femmes lettrées, une assemblée active à créer une université et produire des œuvres intellectuelles, scientifiques, artistiques.       <br />
              <br />
       Il s'agit bien de deux partis, opposés, deux clans dans la même famille. Pour rendre encore plus perceptible cette guerre intime, les uns sont habillés de couleurs, de broderies, de brocards et de boucles, quand le clan des savantes est tout vêtu de noir et de blanc, comme une représentation de l'esprit de rigueur qui les anime et de l'ascétisme des sens qu'elles revendiquent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531286.jpg?v=1769272370" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Benoît Lambert parvient ainsi à fabriquer une machine de scénographie, de son, de jeu et de profération des alexandrins qui avance sans chaos, implacablement, rythmée. Elle rend sans atténuation les aspects rugueux de certaines répliques qui sonnent de nos jours extraordinairement rétrogrades et misogynes, mais le but de Molière était peut-être de provoquer ainsi le public en montrant, comme il le fait dans d'autres pièces, les vices à la mode qui passent pour vertu, les radicalisant, les exagérant pour en montrer tous les ridicules.       <br />
              <br />
       Il y a quelque chose de fondamentalement contemporain dans cette création qui, pourtant, ne tente pas de transposer la pièce à notre époque. Au contraire. Les costumes de robes à volants et de pourpoints chamarrés, la scénographie faite d'une dizaine de bibliothèques emplies de livres, d'instruments scientifiques anciens et de sculptures en plâtre (bustes et reproduction de la Victoire de Samothrace), tout renvoie au temps passé, de même que les alexandrins. La musique elle-même, qui intervient lors des quelques changements de décors, dirigés comme des ballets vifs et rythmés des dix bibliothèques, dessinant pour chaque acte les contours divers des différents lieux de la maison.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531288.jpg?v=1769272415" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      La distribution, faite aux deux tiers de comédiennes et de comédiens fraîchement sortis de l'École de la Comédie de Saint-Étienne, donne l'occasion à ces jeunes artistes de montrer toutes leurs qualités acquises ou innées. La formidable présence de Christian Franz dans le rôle de Clitandre, le sens aigu du comique de Marie Le Masson dans le rôle d'Henriette, l'énergie et les facéties communicatives de Raphaël Deshogues dans le personnage d'Ariste et de Vadius, savant maladroit nimbé d'une impressionnante hargne.       <br />
              <br />
       Lara Raymond, elle, se glisse dans la peau de Martine, la bonne, pieds plantés dans le sol et verbe haut, elle est une bouffée de fraîcheur et de naturel ; quant à Armande, la sœur aînée, Lina Alsayed lui donne toutes les facettes que le caractère entre chaleur et froideur possède et, &quot;last but not least&quot;, comme on dit outre-manche, Bélise, personnage dont le haut comique ressort magnifiquement dans l’interprétation hilarante de Marion Astorg : et puis, Trissotin, superbement interprété par Ludovic Bou qui donne pour une fois au personnage un bel éclat de jeunesse, gommant un peu le factice du personnage contre plus de sincérité, plus de fragilité, même dans l’hypocrisie la plus criante.       <br />
              <br />
       Anne Cuisenier, Emmanuel Vérité et Colin Rey &quot;chaperonnent&quot; avec art et talent cette nouvelle génération de comédiens.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531289.jpg?v=1769272441" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Benoît Lambert       <br />
       Assistant à la mise en scène : Colin Rey.       <br />
       Avec : Lina Alsayed, Marion Astorg, Ludovic Bou, Anne Cuisenier, Raphaël Deshogues, Christian Franz, Marie Le Masson, Lara Raymond, Colin Rey, Emmanuel Vérité.       <br />
       Scénographie et création lumière : Antoine Franchet.       <br />
       Costumes : Violaine L. Chartier.       <br />
       Création son : Fabrice Drevet.       <br />
       Coiffures et perruques : Pascal Jehan.       <br />
       Maquillage : Caroline Cacciatore-Faure.       <br />
       Construction décor et costumes : Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée estimée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 31 janvier 2026.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 20 h, samedi 31 janvier à 17 h.       <br />
       La Comédie - CDN, place Jean Dasté, Saint-Étienne (42).       <br />
       Téléphone : 04 77 25 14 14.       <br />
       <a class="link" href="https://lacomedie.notre-billetterie.fr/formulaire?dial=sommaire25" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lacomedie.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lacomedie.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531292.jpg?v=1769272471" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Du 5 au 7 février 2026 : Comédie de Colmar - CDN Grand Est Alsace, Colmar (68).       <br />
       17 et 18 février 2026 : Théâtre de Nîmes - Scène conventionnée ;, Nîmes (30).       <br />
       10 &gt; 11 mars 2026 : La Coursive - Scène nationale de La Rochelle       <br />
       17 &gt; 18 mars 2026 : Le Bateau Feu - Scène nationale de Dunkerque       <br />
       26 &gt; 27 mars 2026 : L'Odyssée - Scène conventionnée de Périgueux       <br />
       31 mars 2026 et 1ᵉʳ avril 2026 : Théâtre d'Angoulême - Scène nationale, Angoulême (16).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93871364-65531265.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Contemporaine-et-admirablement-dirigee-Les-Femmes-savantes-de-Moliere-mis-en-scene-par-Benoit-Lambert_a4460.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.larevueduspectacle.fr,2026:rss-93579776</guid>
   <title>Avec "Les petites filles modernes (titre provisoire)", Joël Pommerat nous révèle l'univers insondable du gouffre entre l'enfance et l'âpre réalité</title>
   <pubDate>Wed, 07 Jan 2026 17:49:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Fougniès</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Joël Pommerat invite à entendre et voir l'intime le plus opaque qu'il nous est donné de rencontrer : celui de l'adolescence, et ses désirs d'amour, de mort et d'absolu.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93579776-65379792.jpg?v=1767804670" alt="Avec "Les petites filles modernes (titre provisoire)", Joël Pommerat nous révèle l'univers insondable du gouffre entre l'enfance et l'âpre réalité" title="Avec "Les petites filles modernes (titre provisoire)", Joël Pommerat nous révèle l'univers insondable du gouffre entre l'enfance et l'âpre réalité" />
     </div>
     <div>
      Rare de pouvoir découvrir de l'intérieur la violence de vie et de ressenti qu'éprouve l'enfant, l'enfance, face au carcan géométrique que les adultes construisent autour d'eux pour les rassurer, les sécuriser, les éduquer et les faire ressembler à ceux qu'ils auraient voulu être. C'est bien cela, les petites filles modernes, des êtres façonnés à souhait pour être irréprochables, et des êtres habités par une révolte sans tabous contre les règles imposées de l'existence.       <br />
              <br />
       La création de Joël Pommerat décortique cette jolie carapace de l'éducation comme on ouvre une grenade bien mûre et met à jour une multitude de grains de colère écarlate, de révolte concentrée et les inventions d'un imaginaire qui transforme et renvoie le réel à son absurdité. Toutes les certitudes de cette réalité qui dirige nos vies, nos actes et nos pensées vont tomber en poussière dans ce conte : le temps, l'amour, la mort… n'existent pas dans l'univers où nous invite une voix narrative dès le début du spectacle, et l'art magique de Joël Pommerat parvient à nous plonger totalement dans ce nouvel univers par des effets visuels éblouissants, des changements de décors fulgurants et le jeu de ses trois interprètes d'une extrême précision.       <br />
              <br />
       La scène est une boîte noire dans la plus grande simplicité. Une boîte qui devient sans limites grâce à la scénographie et la lumière d'Éric Soyer combinées aux créations vidéo de Renaud Rubiano. Un dispositif de projection laser qui permet de passer en quelques dizaines de secondes d'un lieu réaliste comme la chambre de Jade, la petite fille moderne, ou du bureau du principal du collège, à un univers onirique, fictionnel, où des personnages holographiques circulent dans un lointain en faisant douter de nos perceptions, ou bien dans un espace hors-sol formé de milliers de points géométriques qui déjouent toutes les perspectives.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93579776-65379795.jpg?v=1767804696" alt="Avec "Les petites filles modernes (titre provisoire)", Joël Pommerat nous révèle l'univers insondable du gouffre entre l'enfance et l'âpre réalité" title="Avec "Les petites filles modernes (titre provisoire)", Joël Pommerat nous révèle l'univers insondable du gouffre entre l'enfance et l'âpre réalité" />
     </div>
     <div>
      Ici, la scène devient elle-même, par ses changements rapides et toujours surprenants, un élément dynamique de la narration qui plonge directement le spectateur dans l'imaginaire que Jade et son amie Marjorie inventent pour à la fois fuir et avaler le monde réel qui les entoure. Car c'est exclusivement le point de vue de ces deux personnages que le conteur défend. Cette volonté délibérée et radicale permet de rentrer intimement dans l'univers tourmenté de l'adolescence.       <br />
              <br />
       Tout oppose ces deux personnages qui pourtant partagent l'une pour l'autre un sentiment passionnel total. Elles sont comme les faces opposées d'une même pièce avec comme seul, mais profond sentiment partagé : celui de l'étrangeté du monde qui les entoure, que ce soit les parents, le collège ou les habitants du voisinage qu'elles perçoivent comme des intrus oppressifs ou comme des monstres étranges qui se transforment la nuit en prédateurs inhumains. Toute autorité est ainsi perçue comme violence.       <br />
              <br />
       Il s'agit ici de nous donner accès à un monde que chacun de nous a traversé sans doute et que nous avons tous oublié. Un monde fictif, une lecture de la réalité divergente, une sensibilité aiguë exacerbée par la fin de l'enfance et l'entrée dans les doutes de l'adolescence. C'est ainsi que la richesse de cette création réside essentiellement dans les différentes lectures qu'elles peuvent engendrer suivant chaque sensibilité.       <br />
              <br />
       Raconter plus de ce conte moderne rendrait difficilement compte de la puissance que les images créées par Joël Pommerat et son équipe parviennent à donner et de l'inventivité de ce spectacle – conte, théâtre, illusions – qui parvient grâce aux effets visuels et acoustiques à creuser des gouffres sans fond dans le sol et traverser les murs jusqu'à l'horizon lointain. Des effets qui ne sont pas gratuits, mais au service d'une narration qui exprime toutes les richesses et les dangers cachés que vit une jeunesse confrontée soudain à un ordre du monde capable de les étouffer avec tendresse et de les protéger aveuglément.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les petites filles modernes (titre provisoire)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93579776-65379802.jpg?v=1767804732" alt="Avec "Les petites filles modernes (titre provisoire)", Joël Pommerat nous révèle l'univers insondable du gouffre entre l'enfance et l'âpre réalité" title="Avec "Les petites filles modernes (titre provisoire)", Joël Pommerat nous révèle l'univers insondable du gouffre entre l'enfance et l'âpre réalité" />
     </div>
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      Création théâtrale : Joël Pommerat.       <br />
       Assistant à la mise en scène : David Charier.       <br />
       Avec : Éric Feldman, Coraline Kerléo, Marie Malaquias.       <br />
       Et les voix de : David Charier, Delphine Huot, Roxane Isnard, Pierre Sorais, Faustine Zanardo.       <br />
       Renfort assistant : Roxane Isnard.       <br />
       Collaboration à l'écriture : Zareen Benarfa.       <br />
       Comédien, participation au travail de recherche : Pierre Sorais.       <br />
       Scénographie et lumière : Éric Soyer.       <br />
       Création vidéo : Renaud Rubiano.       <br />
       Création sonore : Philippe Perrin, Antoine Bourgain.       <br />
       Musique originale : Antonin Leymarie.       <br />
       Costumes : Isabelle Deffin.       <br />
       Perruques : Julie Poulain.       <br />
       Collaboration artistique : Garance Rivoal.       <br />
       Production : Compagnie Louis Brouillard.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
       Durée estimée : 1 h 20.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 18 décembre 2025 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 19 h 30, samedi à 18 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Nouveau Théâtre Nanterre-Amandiers - CDN, 7, avenue Pablo Picasso, Nanterre (92).       <br />
       Téléphone : 06 07 14 81 40.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.nanterre-amandiers.com/selection/event/date?productId=10229283339677&amp;gtmStepTracking=true&amp;_gl=1*18i4rg2*_gcl_au*NjYwMTE2Njc2LjE3Njc4MDM5MzI.*_ga*MTgyMTQ4NTA1My4xNzY3ODAzOTMz*_ga_E91240HMV9*czE3Njc4MDM5MzIkbzEkZzEkdDE3Njc4MDM5NDgkajQ0JGwwJGgxNDUxMzA2OTAw" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://nanterre-amandiers.com/" target="_blank">&gt;&gt; nanterre-amandiers.com</a>       <br />
       En partenariat avec le Festival d'Automne 2025.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Du 11 au 15 février 2026 : L'Azimut, Théâtre de la Piscine, Châtenay-Malabry (92).       <br />
       19 et 20 février 2026 : Théâtre de l'Agora - Scène nationale d'Évry et de l'Essonne (91).       <br />
       4 et 5 mars 2026 : Espaces Pluriels - Scène conventionnée d'intérêt national art et création danse, Pau (64).       <br />
       24 et 25 mars 2026 : Maison de la Culture - Scène nationale, Bourges (18).       <br />
       Les 8 et 9 avril 2026 : Le Canal - Théâtre du Pays de Redon, Redon (35).       <br />
       Du 14 au 18 avril 2026 : Comédie de Genève (co-accueil avec le Théâtre Am Stram Gram), Genève (Suisse).       <br />
       Les 23 et 24 avril 2026 : Palais des Beaux-Arts, Charleroi (Belgique).       <br />
       Les 29 et 30 avril 2026 : Maison de la Culture - scène nationale, Amiens (80).       <br />
       Les 5 et 6 mai 2026 : Les Salins - Scène nationale, Martigues (13).       <br />
       Du 20 au 22 mai 2026 : Le Bateau Feu - Scène nationale, Dunkerque (59).       <br />
       Du 3 au 18 juin 2026 : TNS, Théâtre National de Strasbourg, Strasbourg (67).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93579776-65379792.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Les-petites-filles-modernes-titre-provisoire--Joel-Pommerat-nous-revele-l-univers-insondable-du-gouffre-entre-l_a4446.html</link>
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