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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>"Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment"… Beau comme une fable des temps modernes</title>
   <pubDate>Tue, 21 May 2013 11:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Safidine Alouache</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans un très beau texte de Ludovic Longevin, Céline Pitault, dans une intelligente mise en scène, réussit le tour de force d’allier intensité et naturel dans une gamme d’émotions étendue, allant de la révolte à la tendresse en passant par l’amour.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5530934-8250644.jpg?v=1369128955" alt=""Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment"… Beau comme une fable des temps modernes" title=""Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment"… Beau comme une fable des temps modernes" />
     </div>
     <div>
      Elle est sur scène dans une demi-obscurité. Jeanne Toussaint (Céline Pitault) est allongée. Presque sans mouvement. La parole est maîtresse des lieux. Le beau texte de Ludovic Longelin est dit et joué dans un souffle de voix donnant une profondeur et un écho à ce que le personnage raconte autant au public qu’à elle-même.        <br />
              <br />
       Les mouvements et la gestuelle sont presque entièrement absents. Le corps a quasiment déguerpi de la pièce comme si les seules traces de la réalité du personnage étaient sa voix et son regard. Par ce biais, Céline Pitault investit la scène d’une réelle présence. Elle bouscule les mots, fait l’amour aux phrases, donne corps et &quot;fluxion&quot; aux syllabes et du souffle à la ponctuation.        <br />
              <br />
       À l’évidence, le travail sur le texte a été fait avec talent dans une mise en scène qui a eu l’intelligence de donner aux mots une force et une vérité autant dans ses soupirs et ses silences que dans ses souffles et ses discordances. La mise en scène d’Aïcha G’ssir offre au texte tout son éclat dans une fixité corporelle du personnage antinomique à la mouvance et à la fluidité des mots, un équilibre fait de précision qui donne à la présence naturelle de Céline Pitault une force expressive de bel acabit. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5530934-8250645.jpg?v=1369128956" alt=""Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment"… Beau comme une fable des temps modernes" title=""Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment"… Beau comme une fable des temps modernes" />
     </div>
     <div>
      À la fois, nerveux, tendres et vifs dans une allure aux rythmes cassés, fluides et rapides, les mots s’enchaînent dans des murmures et dans des éclats de voix et, ce, dans un divorce toujours constant avec la monotonie. Le tout est assuré dans une rare maîtrise de la musicalité des phrases. Une musicalité qui n’a rien à voir avec cette fameuse petite musique qui peut étouffer les émotions. Elle fait corps avec le mouvement des mots, au phrasé des séquences et des apostrophes. Le jeu se nourrit d’une résurgence de sentiments et d’émotions liée à des événements traumatiques de Jeanne Toussaint, celle d’une meurtrière révoltée par le monde et amoureuse d’un homme qui a commis l’irréparable. Ce sont dans ses cris, ses souffles et ses silences que se loge la vérité de Jeanne, celle d’une femme emportée par la vie et destructrice de celle-ci. Les mots deviennent à l’oreille à la fois miel ou confiture de piments, cachou ou cachet mentholé.        <br />
              <br />
       Les mots peuvent être répétitifs mais toujours uniques à eux-mêmes, solidaires du souffle qui les porte, toujours différents du précédent et jamais identiques au suivant comme pour apporter, tel un cœur mis à nu, une fragilité d’émotion donnant naissance à un &quot;enfant de mots&quot;, dépassé par un événement qui l’enserre et la libère à la fois.       <br />
              <br />
       C’est très beau et très réussi. Une grande et belle pièce incarnée par une grande et belle comédienne dans un petit théâtre qui durant la représentation était grand et beau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/5530934-8250679.jpg?v=1369128956" alt=""Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment"… Beau comme une fable des temps modernes" title=""Ce que les enfants racontent à leurs parents quand ils dorment"… Beau comme une fable des temps modernes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Ludovic Longevin.       <br />
       Mise en scène : Aïcha G’ssir.       <br />
       Avec : Céline Pitault.       <br />
       Cie des Airs Entendus.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 1er juin 2013.</span>       <br />
       Vendredi et samedi à 19 h 30.       <br />
       À la Folie Théâtre, Salle Petite Folie, Paris 11e, 01 43 55 14 80.       <br />
       <a class="link" href="http://www.folietheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; folietheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>L'amour, comme une possibilité envisagée pour déconstruire l’innommable et reconstruire l'être</title>
   <pubDate>Mon, 24 Sep 2012 17:43:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Gil Chauveau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Parler au théâtre de sujets difficiles, douloureux, monstrueux même car touchant aux viols, aux tortures, aux crimes d'êtres innocents que sont les enfants n'est pas chose aisée... "L'amour existe" de Mitch Hooper y réussit grâce à un texte intelligemment et subtilement construit, par le remarquable jeu - sans excès et parfaitement maîtrisé - de deux comédiens étonnamment "habités" par leur personnage et une mise en scène des plus sobres, toute en retenue et nuances.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4752654-7104733.jpg?v=1348502570" alt="L'amour, comme une possibilité envisagée pour déconstruire l’innommable et reconstruire l'être" title="L'amour, comme une possibilité envisagée pour déconstruire l’innommable et reconstruire l'être" />
     </div>
     <div>
      Ce dont parle la pièce &quot;L'amour existe&quot; ne prête pas à sourire et aurait plutôt tendance à nous faire penser que nous allons passer une soirée des plus noires et des plus déprimantes. Car, au détour de ce qui pourrait être qu'un banal interrogatoire consécutif à un accident de voiture, va être révéler tout doucement, presque tranquillement au début, le plus affreux des crimes : le meurtre d'un enfant après viol et torture de celui-ci.        <br />
              <br />
       Crimes atroces, horribles, pervers... dit comme ça, voilà qui pourrait sérieusement plomber l'ambiance. Mais l'approche de l'interrogatoire mené au début sur un mode presque anodin par une femme (est-elle enquêtrice, psychologue, profiler ?) posant des questions simples sur sa vie à un homme semblant souffrir d'amnésie suite à son accident ne laisse pas augurer de la suite. Et c'est ainsi que, tout doucement, subtilement, les questions se font plus précises, plus investigatrices, parfois &quot;maternelles&quot;. Et l'on comprend que se construit l'histoire d'un homme traumatisé, violenté, mais enfermé dans son déni pour survivre à la gravité de ses agissements... ceux d'un être qui est passé de victime à bourreau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4752654-7104735.jpg?v=1348502571" alt="L'amour, comme une possibilité envisagée pour déconstruire l’innommable et reconstruire l'être" title="L'amour, comme une possibilité envisagée pour déconstruire l’innommable et reconstruire l'être" />
     </div>
     <div>
      Curieusement, le choix de Mitch Hooper de débuter ce voyage vers la vérité par une situation banale, presque neutre - bien que portant déjà en son sein le doute, l'ombre de l'innommable réalité - ne désamorce pas la gravité des actes qui sont petit à petit dévoilés mais, par une principe de déconstruction, permet d'amener progressivement et d'envisager l'origine du mal, la cause de son déni... Et de poser des questions essentiels face à ce type de crimes inavouables, impardonnables : Sommes-nous définis par nos actes ? Ne nous détruisons-nous pas en donnant la mort ? L'amour existe-t-il pour tout le monde ?       <br />
              <br />
       Ces questions qui, paisiblement, prennent corps - avec une résonance certes &quot;policière&quot; mais toujours finement bienveillante - arrivent crescendo au fur et à mesure de l'avancée de l'interrogatoire... Et la réussite de cette &quot;montée en puissance&quot; est indéniablement due au jeu intense, dense et tout en intériorité maîtrisée de Florence Gout et Patrick Della Torre. Ce dernier, entre attitude enfantine et attitude traumatique, à la diction parfois saccadée, nous montre - sans excès mais avec beaucoup de présence - les différentes facettes de ce mécanisme intérieur qui l'ont conduit de l'enfant maltraité à l'adulte maltraitant. Florence Gout, quant à elle, use d'une palette remarquable d'attitudes, de sentiments. De mi-investigatrice à mi-moralisatrice en passant par la femme compréhensive, la mère bienveillante, elle joue l'ensemble de la gamme avec souplesse, virtuosité, la sobriété intelligente de la mise en scène laissant judicieusement la place à leurs partitions.       <br />
              <br />
       L'une des qualités de &quot;L'amour existe&quot; est d'éviter les pièges de l'exposition spectaculaire de l'horreur, du pathos surdimensionné, pour aborder ce drame - long cheminement de l'enfant victime à l'enfant bourreau – avec toute la délicatesse, la finesse d'un auteur qui use de l'écriture pour poser les vrais questions, éclairer certains éléments de réponses, sans à aucun moment être tenté de porter un jugement définitif, ou éventuellement d'excuser les actes commis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'amour existe"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4752654-7104758.jpg?v=1348502571" alt="L'amour, comme une possibilité envisagée pour déconstruire l’innommable et reconstruire l'être" title="L'amour, comme une possibilité envisagée pour déconstruire l’innommable et reconstruire l'être" />
     </div>
     <div>
      Texte : Mitch Hooper.       <br />
       Mise en scène : Christine Casile et Thierry Mourjan.       <br />
       Avec : Florence Gout et Patrick Della Torre.       <br />
       Musique : Thierry Mourjan.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Spectacle du 30 août au 21 octobre 2012.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 21 h 30, dimanche à 18 h.       <br />
       À La Folie Théâtre, Paris 11e, 01 43 55 14 80.       <br />
       <a class="link" href="http://www.folietheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; folietheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4752654-7104733.jpg</photo:imgsrc>
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