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  <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
  <description><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></description>
  <link>https://www.larevueduspectacle.fr/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-28T10:32:47+02:00</dc:date>
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   <title>•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin</title>
   <pubDate>Tue, 28 Jul 2026 10:57:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Avignon 2026]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Quand Gwenaël Morin récidive avec son besoin de tragédie en proposant une version "démontée" du roman éponyme d'Eugene O'Neill – clôturant ainsi le cycle, débuté en 2023, "Démonter les remparts pour finir le monde" – on s'attend à "voir du spectacle"… Et on n'est nullement déçus par ce théâtre brut jusqu'à l'os projetant (sur une scène fantôme) avec une énergie explosive la saga de la famille Mannon en proie, fin de guerre de sécession, à ses propres démons tout droit hérités des Atrides.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97498494-67893608.jpg?v=1785230104" alt="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" title="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" />
     </div>
     <div>
      Aucun décor, aucun ustensile. La cour du Jardin de la rue de Mons à laquelle on accède par la Maison Jean Vilar – qui sans nul doute aurait rêvé découvrir cette création résonnant avec sa conception du théâtre populaire – offre avec sa végétation anarchique l'écrin naturel à cette performance en vase clos. Six actrices et acteurs (époustouflants) vont nous tenir en haleine durant ces trois heures et demie de re-présentation par la seule puissance de leur jeu, démesuré à l'envi comme les passions qui les déchirent.       <br />
              <br />
       Tous les membres de la famille Mannon, présentant des affinités électives avec leurs illustres modèles des Atrides, joueront devant nous ce soir leur rôle jusqu'à ce que mort s'ensuive. Ainsi en va-t-il des lois implacables de la tragédie… sauf que là, le parti pris adopté par le metteur en scène est flagrant : sans rien retirer à la tyrannie des sentiments destructeurs, le traitement dramatique qui leur est appliqué est résolument du côté de l'outrance propre à un certain théâtre de tréteaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97498494-67893609.jpg?v=1785230183" alt="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" title="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" />
     </div>
     <div>
      Pour commencer la présentation de la galerie de personnages, parlons de Seth, le narrateur bienveillant qui, manuscrit en main, prendra soin au début des trois volets de la trilogie d'en indiquer le titre évocateur, Homecoming (&quot;Le retour&quot;), The Hunted (&quot;Traqués&quot;) et The Haunted (&quot;Hantés&quot;). C'est lui aussi qui lira les très nombreuses didascalies. Son rôle, en plus de celui d'être le serviteur zélé de la famille, étant de mettre en abyme la performance théâtrale comme si on assistait de visu à un travail en cours.       <br />
              <br />
       Ensuite, présentons la dynastie Mannon, dont beaucoup de ses représentants auraient à coup sûr intéressé le père de la psychanalyse eu égard à leurs tendances incestueuses plus que prononcées… La mère d'abord, Christine (Clytemnestre) et sa fille, Vinnie (Électre), deux femmes unies par leur détestation sans bornes. On dit qu'elles se ressemblent même si la première, amante d'Adam Brandt (Égisthe), sincèrement passionnée, maîtrise sa perfidie avec un art consommé, alors que sa fille, elle, ne fait que crier à tue-tête ses ressentiments. Ce qui les unit pourtant, à la vie, à la mort, c'est aussi leur amour commun pour le beau capitaine de vaisseau, Adam Brandt (Égisthe), portrait craché d'Ezra Mannon (Agamemnon)… et, pour cause, on apprendra leurs liens lorsqu'un secret de famille sera dévoilé.       <br />
              <br />
       Il y aura aussi, Orin Mannon (Oreste), frère de Vinnie, qui occupera une place centrale dans le drame, lui qui, fou amoureux de sa mère, et pourquoi pas au passage de sa sœur, erre en lui-même depuis qu'une méchante blessure de guerre lui a causé un pète au casque se traduisant par les mouvements désordonnés de son cerveau et de son corps.       <br />
              <br />
       Enfin, ne faisant pas partie du clan Mannon – donc échappant à la malédiction s'acharnant sur les Atrides depuis qu'Atrée, pour se venger de son frère jumeau Thyeste, lui avait servi malicieusement à dîner la chair de ses enfants –, il y aura Peter (Pylade) et Hazel, frère et sœur amoureux respectivement de Vinnie et Orin… Huit personnages pour six acteurs, Ezra, Adam et Orin, par les liens secrets qui les unissent (et le metteur en scène jouera beaucoup sur leur ressemblance pour en tirer des effets comiques) étant joués par le même.       <br />
              <br />
       Place maintenant à l'action ourdie autour de la sexualité bouillonnante régissant les rapports entre ces nouveaux Atrides,… On découvrira l'amour inconditionnel de Vinnie pour son père Ezra, &quot;l'homme de sa vie&quot;, celle d'Adam pour Christine (son amante), ce qui n'empêchera nullement ce dernier de draguer effrontément Vinnie, la fille de la première, qui oscillera, elle, entre amour et haine pour lui… Pour compléter ce tableau des amours &quot;à multiples entrées&quot;, Orin désirera ardemment sa mère, <span style="font-style:italic">&quot;Tu es ma seule femme !&quot;</span>… qui le lui rendra bien, <span style="font-style:italic">&quot;Tu fais partie de moi ! Ton père te détestait car il savait que je t'aimais plus que lui&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97498494-67893717.jpg?v=1785230377" alt="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" title="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" />
     </div>
     <div>
      Un cadeau pour le metteur en scène, adepte d'un théâtre brut reposant sur le corps, que ce nœud de désirs qui se chevauchent en tous sens. Un terrain de jeu qu'il s'empressera d'exploiter avec gourmandise… Ainsi de la mère et de ses grimaces d'anthologie (tournées vers les gradins dans lesquels ont pris place les spectateurs) lorsqu'elle accueillera Ezra revenant de guerre, lui jurant ses grands dieux qu'en tant qu'épouse, elle lui aura toujours été fidèle.       <br />
              <br />
       Déclaration aussitôt suivie de mimiques de dégoût, redoublées d'effets de corps disloqué comme son élocution. Ainsi de la fille, qui dans le conflit qui l'opposera à sa mère, crachera ses ressentiments tétanisant les traits de son visage. Ainsi d'Orin, tuant Adam… qu'il incarnera, jouant et rejouant les deux dans une séquence fabuleuse digne d'une scène de dessin animé que l'on passerait et repasserait. Ou encore le même Orin, se pelotonnant entre les seins de sa chère maman, qui semblera, elle aussi, apprécier ce contact rapproché.       <br />
              <br />
       Vu les tensions engendrées par ce déferlement de désirs à fleur de peau, les coups bas – mortels – vont se multiplier créant des situations hautes en couleur accompagnées de commentaires fleuris. Ainsi, lorsque Christine, la chère épouse infidèle du roi Ezra, tablera sur ses problèmes cardiaques pour s'en débarrasser en lui administrant en guise de médicament un violent poison (figuré par une feuille brandie à bout de bras sur laquelle une tête de mort a été approximativement dessinée), elle s'écriera avant qu'il ne rende l'âme : <span style="font-style:italic">&quot;Vous m'avez remplie de dégoût ! J'aurais mieux fait d'aller au bordel que de faire un enfant avec vous !&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97498494-67893727.jpg?v=1785230410" alt="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" title="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" />
     </div>
     <div>
      Ainsi lorsque Orin, fou de rage à l'idée qu'Adam ait pu &quot;prendre&quot; sa mère, lui saute dessus, la violant littéralement. Ou encore, de Christine et de son amant Adam dans une scène de déshabillage digne du cinéma muet, observée par Vinnie et son frère Orin dissimulés &quot;à vue&quot; sous un drap noir ; scène entraînant coup sur coup l'exécution sommaire de l'un et le suicide de l'amante.       <br />
              <br />
       Des Atrides, survivaient (encore) Vinnie et Orin… avant que ce dernier, rongé de culpabilité, ruminant le lourd passé dont il a hérité et croyant que sa sœur va lui échapper pour Peter, rejoigne les autres au Royaume des morts, laissant Vinnie seule survivante parmi les Mannon… Décidément, &quot;le deuil sied à Électre&quot;…       <br />
              <br />
       Épopée tragique, mise en jeu dans une tragi-comédie délicieusement truculente où les corps se font les ardents médiateurs d'émotions… partagées généreusement avec nous spectateurs, témoins fascinés par le jeu de ces actrices et acteurs échappant à l'ordinaire.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 23 juillet dans le jardin de la rue de Mons, Maison Jean Vilar, pour la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le deuil sied à Électre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97498494-67893832.jpg?v=1785231205" alt="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" title="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" />
     </div>
     <div>
      Création 2026 au Festival d'Avignon.       <br />
       Texte : Eugene O'Neill.       <br />
       Traduction : Louis-Charles Sirjacq (L'Arche éditeur).       <br />
       Adaptation : Gwenaël Morin.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Gwenaël Morin.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Canelle Breymayer.       <br />
       Avec : Fabien-Aïssa Busetta, Virginie Colemyn, Kady Duffy, Julian Eggerickx, Barbara Jung, Grégoire Monsaingeon.       <br />
       Lumière : Philippe Gladieux.       <br />
       Conseillé à partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 3 h 30 avec entractes.       <br />
              <br />
       Le spectacle comporte des remarques discriminatoires, des thématiques liées au suicide et à l'inceste. L'équipe du spectacle a choisi de ne pas modifier le texte original afin de présenter l'œuvre dans toute sa complexité, y compris ses aspects les plus sombres. Ces propos et comportements reflètent les biais des personnages et le contexte historique de l'écriture de la pièce ; ils ne sauraient en aucun cas représenter leurs valeurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97498494-67893880.jpg?v=1785231237" alt="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" title="•In 2026• "Le deuil sied à Électre" Famille, je vous hais ! Rififi chez les Atrides, version Eugene O'Neill revue "divinement" par Gwenaël Morin" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été représenté du 7 au 9, du 11 au 13, du 15 au 18, et du 20 au 23 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous ces jours à 22 h.       <br />
       Jardin de la rue de Mons, Maison Jean Vilar, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 13 au 15 octobre 2026 : Théâtre Olympia - CDN, Tours (37).       <br />
       Du 4 au 10 décembre 2026 : La Commune - CDN, Aubervilliers (93).       <br />
       Du 19 au 22 puis du 26 au 29 janvier 2027 : TnBA - CDN, Bordeaux (33).       <br />
       Du 23 au 26 mars 2027 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       Du 9 au 13 novembre 2027 : Les Célestins - Théâtre, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-Le-deuil-sied-a-Electre-Famille-je-vous-hais--Rififi-chez-les-Atrides-version-Eugene-O-Neill-revue_a4639.html</link>
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   <title>"Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée</title>
   <pubDate>Wed, 20 Dec 2023 07:53:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Yves Kafka</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Théâtre]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   "Il faut des formes nouvelles. Des formes nouvelles, voilà ce qu'il faut", ainsi parlait le jeune dramaturge au destin tragique imaginé par Anton Tchekhov. Avant lui, Molière, pour divertir le Roi-Soleil (son sponsor), avait inventé un nouveau genre, celui de la comédie-ballet mixant joyeusement danses, chansons, musiques et textes. Dans leur sillage, Simon Abkarian s'empare du genre très codifié de la tragédie pour mettre en scène une "Électre" revisitée de fond en… bas-fonds. Trouvant ses sources chez les tragiques grecs – Euripide, Sophocle et Eschyle –, l'auteur, metteur en scène et acteur, fait exploser superbement le tragique dans un nouveau texte enchâssé dans des concerts de musiques rock débridées et de ballets fougueux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77427051-56282982.jpg?v=1703056709" alt=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" title=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" />
     </div>
     <div>
      D'emblée le ton est donné… Au rythme de la musique composée et interprétée en live par le Trio des Howlin'Jaws armés de leur contrebasse, guitare et batterie, un Monsieur Loyal grimé (c'est le printemps de la fête des morts) fait une entrée remarquée. En avant-scène, une femme aux lunettes noires d'aveugle – Kilissa, la nourrice des enfants d'Agamemnon – s'apprête à commenter le destin tragique d'Électre et d'Oreste. Dans un nuage de fumées envahissant le plateau, Monsieur Loyal (incarnation du destin) ouvre alors les portes de la grande armoire, libérant un chœur de danseuses sacrées au sein duquel se dissimule Oreste, prince déchu fait femme pour échapper aux assassins de son père…       <br />
              <br />
       Oreste déguisé en femme, Oreste qui, malgré les injonctions intransigeantes d'Apollon, se mure dans l'impuissance en refusant de venger un père qu'il n'a pas connu, apparaît dans toute l'étendue de sa fragilité humaine. Malgré les exhortations de Pylade, son ami, qui réitère qu'Egisthe, le régicide, doit mourir de ses mains, Oreste se berce d'illusions en imaginant qu'il pourrait réclamer au tyran meurtrier le trône qui, de droit, lui revient. Comme s'il voulait ignorer que &quot;Le droit ne donne jamais raison au faible / Même s'il est coupable le riche l'emporte toujours sur le pauvre / Quand parle l'argent, la vérité écoute&quot;… Réplique confiée à Pylade, héros d'une tragédie antique dont les échos tonitruent jusqu'à nous pour parler du monde, ici et maintenant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77427051-56282988.jpg?v=1703056766" alt=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" title=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" />
     </div>
     <div>
      Quant à Électre, princesse déchue, ayant pour trône ses fesses et fumant sa clope dans ce bordel d'Argos où la retient prisonnière Egisthe, elle ressasse son désir inflexible de châtier les coupables. Mariée à Sparos, le tenancier du lupanar qui veille sur elle &quot;sans la toucher&quot;, elle n'a en tête que représailles. En écho, Agamemnon en ce jour de la fête des morts apparaît à Sparos qui, halluciné, l'entend réclamer lui aussi justice de la main d'Oreste. Ainsi le drame est-il installé dans le bruit et la fureur d'un plateau polyphonique qui crie de toutes parts vengeance. Désormais, les personnages vont pouvoir jouer le rôle qui leur est assigné par le fatum implacable… mais dans une réécriture textuelle et scénique fondamentalement &quot;nouvelle&quot; (rejoignant ainsi le vœu formulé par Treplev dans &quot;La Mouette&quot;).       <br />
              <br />
       Dans un langage cru, défiant insolemment la tradition du genre, Électre profère sa haine entière de Clytemnestre, cette mère qui se laisse culbuter dans le lit où son frère Oreste et elle sont nés. Plus fort encore, le tableau où l'on découvre Egisthe badinant à propos de la mort d'Agamemnon, mort stupidement dans son bain dès son retour glorieux de la guerre de Troie. Et joignant le geste à la parole, le régicide, dans le dessein de distraire Clytemnestre, rejoue effrontément la scène du coup de poignard fatal. Défiant alors le fantôme d'Agamemnon, comme pour le tuer une seconde fois, il lui lance à la figure : &quot;Pendant que tu guerroyais crânement, moi je dansais sur le ventre de ta femme…&quot;. Puis c'est au tour de Clytemnestre de prendre le relais de la perversion en racontant à sa fille rebelle son meurtre. Et lorsqu'il vient à Électre de cracher sa colère à la face de sa mère criminelle, le monstrueux Egisthe lui lance cyniquement : <span style="font-style:italic">&quot;A-t-on déjà vu une chèvre terrasser une lionne ?&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Alors que l'une, Électre, se perd dans une révolte funeste, l'autre sœur, Chrysothémis, s'abîme dans la douleur. Électre apparaît alors comme le prototype des héroïnes contemporaines n'acceptant aucun compromis avec l'ignominie, voulant que tout brûle quand bien même devrait-elle en mourir. Pour ce qui est de Chrysothémis, personnage plus complexe, Eghiste – incarnation du prédateur mâle triomphant – abusera scandaleusement de son corps qu'il souille en proférant ces paroles abjectes : &quot;Je vais te faire pousser des cris, tu vas comprendre pourquoi ta mère m'a suivi.&quot;. De victime, elle sera celle par qui la &quot;vérité&quot; de Clytemnestre pourra par la suite se dire.       <br />
              <br />
       Le chœur des prostituées – ces prisonnières troyennes ramenées dans la cité des vainqueurs, comme le sont de toute éternité les femmes violées des peuples vaincus – entonnent alors un chant tonique mêlant, au récit de leur cité en flammes, des couplets à la gloire de l'émancipation des femmes. Un discours sans concession, porté par des musiques électrisantes, et dans les plis duquel le coup de foudre d'Hélène pour le séduisant Pâris trouve toute sa légitimité. En effet, stigmatisées, les prétentions au droit patriarcal exercé sur la belle Hélène par Ménélas, frère d'Agamemnon, volent en éclats. Et si, de ces paroles de Troyennes antiques, ressort la tragédie vécue de tout temps par les femmes, premières victimes des conflits armés &quot;autorisant&quot; le déchainement des pulsions, c'est pour crier à la face des mondes à venir l'urgence à mettre fin aux appétits guerriers dévastateurs… Toute ressemblance avec des événements existants – comme la volonté d'anéantir les Gazaouis sous prétexte, là encore, d'une vengeance dite légitime – pourrait ne pas être fortuite.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77427051-56282989.jpg?v=1703056741" alt=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" title=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" />
     </div>
     <div>
      Cette pause dans la dramaturgie, porteuse d'une réflexion atemporelle sur le prétendu droit des hommes à disposer selon leur envie du corps des femmes, prend la forme d'un ballet chorégraphié dont la beauté plastique surligne, au lieu de la gommer, la force du propos. Quant à l'humour – cette autre force insubmersible – il est aussi présent sous forme de saillies verbales accompagnant des inventions scénographiques traversées par une fantaisie libératrice. Ainsi de la scène où Électre tente de se noyer, la tête dans un seau d'eau.       <br />
              <br />
       Viendra le temps de la ruse. Là où la force n'est plus de mise tant le combat est disproportionné, l'intelligence sera sollicitée pour venir à bout du couple maudit sous la forme du travestissement des corps et des intentions (procédé typique de la comédie). Quand adviendra le temps des révélations, les confidences &quot;tragiques&quot; de Chrysothémis (contant son sacrifice pour sauver sa sœur) et de Clytemnestre, renverseront les points de vue hérités de la tradition… De marricide qu'elle était, par la grâce de Simon Abkarian, Clytemnestre deviendra une égérie féministe dévoilant la vraie nature d'Agamemnon, ce père pleuré par Électre et Oreste et bénéficiant jusqu'à nous du statut de victime.       <br />
              <br />
       Qu'en était-il du vrai visage de ce superbe héros ? En immolant la douce Iphigénie, fallait-il que le roi l'emporte sur le père ? Rongé par l'ambition, ne comptant que sur la gloire, n'était-il pas un lâche détournant le regard lors du sacrifice qu'il avait lui-même ordonné ? Les filles sont-elles par leur sexe destinées à être des offrandes ? Qu'en est-il de la douleur des mères ?... Autant de questions qui résonneront longtemps en nous. Quant à la chute, elle rejoindra celle annoncée de toute éternité. Mais là encore, c'est une chorégraphie galvanisante qui envahira le plateau pour faire de cette tragi-comédie ballet une stupéfiante &quot;fête des sens&quot;.       <br />
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       <b>Vu le mardi 5 décembre dans la grande salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
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     <div><b>"Électre des bas-fonds"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77427051-56282995.jpg?v=1703056803" alt=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" title=""Électre des bas-fonds", une tragi-comédie ballet élec… trisée" />
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      Pièce pour 14 comédiennes-danseuses et 5 comédiens-danseurs       <br />
       Écriture et mise en scène : Simon Abkarian.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Arman Saribekyan.       <br />
       Avec : Maral Abkarian, Simon Abkarian, Anaïs Ancel, Manon Pélissier, Chouchane Agoudjian, Maud Brethenoux, Laurent Clauwaert, Victor Fradet, Aurore Frémont, Christina Galstian Agoudjian, Rafaela Jirkovsky, Nathalie Le Boucher, Olivier Mansard, Eliot Maurel, Nedjma Merahi, Annie Rumani, Catherine Schaub Abkarian, Suzana Thomaz, Frédérique Voruz.       <br />
       Musique composée et interprétée par le Trio des Howlin' Jaws : Djivan Abkarian (contrebasse, chant), Lucas Humbert (guitare, choeurs), Baptiste Léon (batterie, chœurs).       <br />
       Dramaturgie et collaboration artistique : Pierre Ziadé.       <br />
       Création lumière : Jean-Michel Bauer et Geoffroy Adragna.       <br />
       Création collective des costumes sous le regard de Catherine Schaub Abkarian.       <br />
       Création décor : Simon Abkarian et Philippe Jasko.       <br />
       Création et régie son : Ronan Mansard.       <br />
       Chorégraphies : la troupe.       <br />
       Préparation physique : Nedjma Merahi, Annie Rumani, Maud Brethenoux, Nathalie Le Boucher.       <br />
       Préparation vocale : Rafaela Jirkovsky.       <br />
       Régie plateau : Philippe Jasko.       <br />
       Chef constructeur : Philippe Jasko avec l'aide de la troupe.       <br />
       Habilleuse : Micha Liebgott.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       &quot;Électre des bas-fonds&quot; est édité chez Actes Sud-Papiers.       <br />
       Création au Théâtre du Soleil le 25 septembre 2019.       <br />
       Représenté du mardi 5 au vendredi 8 décembre 2023 au TnBA Bordeaux Aquitaine.
     </div>
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   <link>https://www.larevueduspectacle.fr/Electre-des-bas-fonds--une-tragi-comedie-ballet-elec-trisee_a3782.html</link>
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