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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-07T06:27:42+02:00</updated>
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   <title>•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile</title>
   <updated>2023-07-07T15:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Detours-et-autres-digressions-Le-theatre-et-sa-doublure-drole-sensible-subtile_a3652.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-07-07T15:41:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Faire théâtre du théâtre en train de se faire, en y associant le public complice de cette gestation hautement artistique devant accoucher d'un méga spectacle outre-Atlantique est un exercice de funambule. En maîtres des chimères, Ève Bonfanti et Yves Hunstad nous convient à participer à leur workshop pour faire avancer leur work in progress (idiomes anglais branchés, en référence au parler de l'équipe technique). C'est que le temps presse : au début du mois qui vient, ils sont attendus au Canada pour ce qui s'annonce être un événement…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73926660-51422884.jpg?v=1658385958" alt="•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile" title="•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile" />
     </div>
     <div>
      Jouant sur tous les tableaux, ils sont concomitamment les personnages, les comédiens qui auront à endosser leurs rôles (rôles restant à définir, à la même enseigne que l'intrigue) et, éventuellement, eux-mêmes. Jonglant en permanence sur ces niveaux de réalité et de fiction dédoublés pour ne pas dire détriplés, on est pris dans un mouvement hallucinatoire faisant vaciller tous repères. D'autant plus que, facétieux comme pas deux, ils feignent eux-mêmes ne plus savoir parfois si leur partenaire à qui il s'adresse est l'acteur ou le personnage ou la personne, créant des quiproquos garantis.       <br />
              <br />
       Tout commence par un exercice d'échauffement collectif, une expérience immersive à but intégratif visant à créer une seule communauté, fondant salle et plateau dans la même unité de recherche… Un choux-fleur présenté sur un piédestal devient par la grâce de l'imaginaire un cerveau humain, apte très vite à parler par imitation des sons entendus, mais prenant plus de temps pour acquérir la capacité d'écrire… C'est donc difficile d'écrire un spectacle à écrire, en conclut la comédienne, l'air penaud, d'où la participation bienvenue du public impliqué dans l'écriture de cette œuvre titanesque.       <br />
              <br />
       Chacun se sentant désormais embarqué dans la même galère - sauf le décor et les machineries acheminés en avance par voie maritime -, il va falloir ramer dur pour que le spectacle, dont des fragments vont être présentés ce soir, soit au rendez-vous du Festival Contemporain International du Québec. Des papiers et crayons sont distribués pour permettre aux participants associés de noter leurs questions à poser ensuite autour du bar. Dernière précision : une interview avec Radio Canada est prévue en direct d'ici trois quarts d'heure une heure, c'est gênant, on sait, mais le créneau a été imposé…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73926660-51422885.jpg?v=1658385998" alt="•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile" title="•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile" />
     </div>
     <div>
      Au moment où les deux premières scènes s'apprêtent à être jouées, première interruption. Lui coupe net sa partenaire, conscient de ne pas avoir présenté les personnages ni la situation… C'est la nuit. Un auteur insomniaque qui n'écrit pas. C'est un auteur qui attend d'écrire. Elle le contredit. C'est pas ça. Ça serait mieux de commencer avant. Le régisseur intervient de son pupitre en haut des gradins pour mettre un terme à la discussion en lançant le noir du plateau. Courte scène, la femme venue du ciel est attirée par le désir de cet homme pour arriver dans son imagination. Lumières aveuglantes. Noir.       <br />
              <br />
       Débriefing. Lui, commente. L'homme serait assis dans un fauteuil rouge. Et découvrant qu'il est lui-même assis dans un fauteuil… rouge, il ajoute… Ce type pourrait bien être moi. Et même si ça se trouve, c'est peut-être quelqu'un qui écrit ce que je dis ! L'acteur soupçonnant le personnage auteur insomniaque qu'il incarne de lui piquer son texte… Du Raymond Devos pur jus jouant avec des dimensions parallèles à rendre fou… C'est-à-dire jouer avec &quot;l'illusion comique&quot; du théâtre, lieu par excellence des représentations.       <br />
              <br />
       À l'instar de l'humoriste belge, lui aussi se met à prendre la voix d'un spectateur irrité pour questionner véhémentement le concept même de leur spectacle… Mais oui Monsieur, c'est qui cette femme venue de nulle part ? Et les autres personnages qui sont-ils ? C'est tout de même pas à nous de vous le dire !!! Lui, sourire débonnaire accroché à ses lèvres, confie… Je sais pas où je vais. La nuit j'arrive pas à dormir. Je me demande où elle peut bien être. J'essaie de voir les étoiles. J'étais sur ma terrasse. Je mets un sucre dans mon café… Et là glissement vers un délire abracadabrantesque autour de l'impact d'un sucre dans une tasse de café créant une réaction en chaîne propre à dissocier l'ordre des molécules… et à provoquer l'élément déclencheur de l'action dramatique… Elle a dû décoller au moment du sucre dans la tasse… Plongée au cœur même du noyau cellulaire nucléaire de la création artistique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73926660-51422886.jpg?v=1658386029" alt="•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile" title="•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile" />
     </div>
     <div>
      Clap, on tourne. Elle descend lentement de la grande échelle (le ciel, c'est très haut), nimbée dans un nuage de fumée, séductrice, pour venir le surprendre, lui, allongé dans son fauteuil rouge… Et là vous me regardez, dit-elle à l'acteur, et vous me dites quoi ? Et les comédiens inventent ensemble le dialogue entre leurs personnages dans un jeu de séduction impliquant aussi leurs personnes. Le théâtre dans le théâtre dans le théâtre… Le régisseur criera qu'il est un peu perdu par ces changements incessants qui perturbent les techniciens.       <br />
              <br />
       Autre moment fort parmi d'autres encore, celui où elle croit s'adresser à lui, son partenaire, alors que lui, joue déjà l'auteur insomniaque… Ça se voit pas quand je suis l'auteur ? Ça m'inquiète si on ne voit pas quand c'est moi, et quand c'est pas moi… Il appelle son chien (qui est assurément quelqu'un, comme celui de Devos) et joue avec lui une nouvelle séquence hallucinatoire où nous, comme lui, savons pertinemment que de chien, il n'y en a pas sur le plateau, mais, où d'un pacte tacite, nous le voyons exister.       <br />
              <br />
       Et puis il y aura en dernière minute l'inénarrable interview du speaker de Radio Canada suscitant les réponses d'une &quot;Fabrique imaginaire&quot; n'en manquant pas pour botter en touche. De cette heure et demie menée tambour battant par deux comédiens irradiant de plaisir de jouer, on ressort comme d'un bain régénérant émergeant de l'offre pléthorique des spectacles du Off. Les coulisses d'une création, ses interrogations, ses flashs lumineux, le pacte secret entre l'acteur et son personnage, tout cela est une scène en soi, la partie immergée de l'iceberg Théâtre dont habituellement on ne perçoit qu'un petit dixième.       <br />
              <br />
       Quant à l'humour tout en finesse subtile de ces deux Belges, Dionysos, dieu du théâtre (c'est tout de même une référence dans le domaine des Arts et Lettres), clame de sa voix de stentor - et ce, depuis le 7 juillet, date de la première à Avignon - qu'il vaut le Détour(s). Alors si le vieux le dit…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Détours et autres digressions"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73926660-51422887.jpg?v=1658386062" alt="•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile" title="•Off 2023• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile" />
     </div>
     <div>
      Conception, écriture : Ève Bonfanti, Yves Hunstad.       <br />
       Mise en scène : Ève Bonfanti, Yves Hunstad.       <br />
       Avec : Ève Bonfanti, Yves Hunstad.       <br />
       Création lumière et son : Léonard Clarys.       <br />
       Direction d'acteur : Monique Cappeau.       <br />
       Musique originale : &quot;Queen of Jupiter&quot; de Lola Bonfanti.       <br />
       Voix de l'enfant : Moïno Bonfanti.       <br />
       Par la Cie La Fabrique Imaginaire.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 45, relâche le lundi.       <br />
       Théâtre du Girasole, 24 bis, Rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 74 42.       <br />
       <a class="link" href="http://theatredugirasole.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredugirasole.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2022• "Détours et autres digressions" Le théâtre et sa doublure… drôle, sensible, subtile</title>
   <updated>2022-07-21T08:49:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Detours-et-autres-digressions-Le-theatre-et-sa-doublure-drole-sensible-subtile_a3359.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
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   <published>2022-07-21T08:15:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
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    <![CDATA[
Faire théâtre du théâtre en train de se faire, en y associant le public complice de cette gestation hautement artistique devant accoucher d'un méga spectacle outre-Atlantique est un exercice de funambule. En maîtres des chimères, Ève Bonfanti et Yves Hunstad nous convient à participer à leur workshop pour faire avancer leur work in progress (idiomes anglais branchés, en référence au parler de l'équipe technique). C'est que le temps presse : au début du mois qui vient, ils sont attendus au Canada pour ce qui s'annonce être un événement…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Jouant sur tous les tableaux, ils sont concomitamment les personnages, les comédiens qui auront à endosser leurs rôles (rôles restant à définir, à la même enseigne que l'intrigue) et, éventuellement, eux-mêmes. Jonglant en permanence sur ces niveaux de réalité et de fiction dédoublés pour ne pas dire détriplés, on est pris dans un mouvement hallucinatoire faisant vaciller tous repères. D'autant plus que, facétieux comme pas deux, ils feignent eux-mêmes ne plus savoir parfois si leur partenaire à qui il s'adresse est l'acteur ou le personnage ou la personne, créant des quiproquos garantis.       <br />
              <br />
       Tout commence par un exercice d'échauffement collectif, une expérience immersive à but intégratif visant à créer une seule communauté, fondant salle et plateau dans la même unité de recherche… Un choux-fleur présenté sur un piédestal devient par la grâce de l'imaginaire un cerveau humain, apte très vite à parler par imitation des sons entendus, mais prenant plus de temps pour acquérir la capacité d'écrire… C'est donc difficile d'écrire un spectacle à écrire, en conclut la comédienne, l'air penaud, d'où la participation bienvenue du public impliqué dans l'écriture de cette œuvre titanesque.       <br />
              <br />
       Chacun se sentant désormais embarqué dans la même galère - sauf le décor et les machineries acheminés en avance par voie maritime -, il va falloir ramer dur pour que le spectacle, dont des fragments vont être présentés ce soir, soit au rendez-vous du Festival Contemporain International du Québec. Des papiers et crayons sont distribués pour permettre aux participants associés de noter leurs questions à poser ensuite autour du bar. Dernière précision : une interview avec Radio Canada est prévue en direct d'ici trois quarts d'heure une heure, c'est gênant, on sait, mais le créneau a été imposé…
     </div>
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     </div>
     <div>
      Au moment où les deux premières scènes s'apprêtent à être jouées, première interruption. Lui coupe net sa partenaire, conscient de ne pas avoir présenté les personnages ni la situation… C'est la nuit. Un auteur insomniaque qui n'écrit pas. C'est un auteur qui attend d'écrire. Elle le contredit. C'est pas ça. Ça serait mieux de commencer avant. Le régisseur intervient de son pupitre en haut des gradins pour mettre un terme à la discussion en lançant le noir du plateau. Courte scène, la femme venue du ciel est attirée par le désir de cet homme pour arriver dans son imagination. Lumières aveuglantes. Noir.       <br />
              <br />
       Débriefing. Lui, commente. L'homme serait assis dans un fauteuil rouge. Et découvrant qu'il est lui-même assis dans un fauteuil… rouge, il ajoute… Ce type pourrait bien être moi. Et même si ça se trouve, c'est peut-être quelqu'un qui écrit ce que je dis ! L'acteur soupçonnant le personnage auteur insomniaque qu'il incarne de lui piquer son texte… Du Raymond Devos pur jus jouant avec des dimensions parallèles à rendre fou… C'est-à-dire jouer avec &quot;l'illusion comique&quot; du théâtre, lieu par excellence des représentations.       <br />
              <br />
       À l'instar de l'humoriste belge, lui aussi se met à prendre la voix d'un spectateur irrité pour questionner véhémentement le concept même de leur spectacle… Mais oui Monsieur, c'est qui cette femme venue de nulle part ? Et les autres personnages qui sont-ils ? C'est tout de même pas à nous de vous le dire !!! Lui, sourire débonnaire accroché à ses lèvres, confie… Je sais pas où je vais. La nuit j'arrive pas à dormir. Je me demande où elle peut bien être. J'essaie de voir les étoiles. J'étais sur ma terrasse. Je mets un sucre dans mon café… Et là glissement vers un délire abracadabrantesque autour de l'impact d'un sucre dans une tasse de café créant une réaction en chaîne propre à dissocier l'ordre des molécules… et à provoquer l'élément déclencheur de l'action dramatique… Elle a dû décoller au moment du sucre dans la tasse… Plongée au cœur même du noyau cellulaire nucléaire de la création artistique.
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     </div>
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      Clap, on tourne. Elle descend lentement de la grande échelle (le ciel, c'est très haut), nimbée dans un nuage de fumée, séductrice, pour venir le surprendre, lui, allongé dans son fauteuil rouge… Et là vous me regardez, dit-elle à l'acteur, et vous me dites quoi ? Et les comédiens inventent ensemble le dialogue entre leurs personnages dans un jeu de séduction impliquant aussi leurs personnes. Le théâtre dans le théâtre dans le théâtre… Le régisseur criera qu'il est un peu perdu par ces changements incessants qui perturbent les techniciens.       <br />
              <br />
       Autre moment fort parmi d'autres encore, celui où elle croit s'adresser à lui, son partenaire, alors que lui, joue déjà l'auteur insomniaque… Ça se voit pas quand je suis l'auteur ? Ça m'inquiète si on ne voit pas quand c'est moi, et quand c'est pas moi… Il appelle son chien (qui est assurément quelqu'un, comme celui de Devos) et joue avec lui une nouvelle séquence hallucinatoire où nous, comme lui, savons pertinemment que de chien, il n'y en a pas sur le plateau, mais, où d'un pacte tacite, nous le voyons exister.       <br />
              <br />
       Et puis il y aura en dernière minute l'inénarrable interview du speaker de Radio Canada suscitant les réponses d'une &quot;Fabrique imaginaire&quot; n'en manquant pas pour botter en touche. De cette heure et demie menée tambour battant par deux comédiens irradiant de plaisir de jouer, on ressort comme d'un bain régénérant émergeant de l'offre pléthorique des spectacles du Off. Les coulisses d'une création, ses interrogations, ses flashs lumineux, le pacte secret entre l'acteur et son personnage, tout cela est une scène en soi, la partie immergée de l'iceberg Théâtre dont habituellement on ne perçoit qu'un petit dixième.       <br />
              <br />
       Quant à l'humour tout en finesse subtile de ces deux Belges, Dionysos, dieu du théâtre (c'est tout de même une référence dans le domaine des Arts et Lettres), clame de sa voix de stentor - et ce, depuis le 7 juillet, date de la première à Avignon - qu'il vaut le Détour(s). Alors si le vieux le dit…
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     <div><b>"Détours et autres digressions"</b></div>
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     </div>
     <div>
      Conception, écriture : Ève Bonfanti, Yves Hunstad.       <br />
       Mise en scène : Ève Bonfanti, Yves Hunstad.       <br />
       Avec : Ève Bonfanti, Yves Hunstad.       <br />
       Création lumière et son : Léonard Clarys.       <br />
       Direction d'acteur : Monique Cappeau.       <br />
       Musique originale : &quot;Queen of Jupiter&quot; de Lola Bonfanti.       <br />
       Voix de l'enfant : Moïno Bonfanti.       <br />
       Régie : Gaétan van der Berg ou Baptiste Leclere.       <br />
       Par la Cie La Fabrique Imaginaire.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h, relâche le mercredi.       <br />
       La Fabrik Théâtre, 10, route de Lyon, impasse Favot, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 47 81.       <br />
       <a class="link" href="http://fabriktheatre.fr/" target="_blank">&gt;&gt; fabriktheatre.fr</a>
     </div>
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   <title>"3 works for 12"… Robotique et poétique</title>
   <updated>2022-01-20T17:00:00+01:00</updated>
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   <category term="Danse" />
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   <published>2022-01-20T16:39:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Alban Richard, autour des musiques de Louis Andriessen, Brian Eno et David Tudor, fait trois propositions chorégraphiques dans lesquels l'humain devient machine, l'organique, robotique. La liberté gestuelle se marie avec des automatismes faisant de cette création un visage à la Janus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
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      C'est d'abord une musique entraînante, entêtante, celle de &quot;Hoketus&quot; de Louis Andriessen (1939-2021). Ressemblant à un flux de percussions, elle exprime cet écoulement incessant des pérégrinations scéniques effectuées par les danseurs qui sont comme des automates avec des mouvements mécaniques presque d'horlogerie, les bras se levant, se courbant, retombant au niveau du coude pour redémarrer de manière très synchronisée. Tous sont sur les mêmes lignes, celles-ci se brisant de façon géométrique, se décalant à des niveaux différents, toujours droites, les interprètes, en trio, s'avançant ou reculant pour se rejoindre ensuite. Le titre du spectacle porte bien son nom même si parfois, dans les autres tableaux, les douze danseurs sont seuls dans leurs déplacements.       <br />
              <br />
       Pour le deuxième tableau, c'est l'ouverture vers la scène, mais prise dans son intégralité. Les mouvements s'enchaînent, là aussi tous géométriques. Les artistes se croisent, de biais, en diagonale ou tout droit. Constamment par groupes de trois personnes, mais jamais en se regardant. Quasiment machinalement, ils se déplacent en ligne droite, courbes et ellipses sont oubliées. Même très synchronisés en trio, ils sont seuls, ne se touchent pas, ne s'évitent pas en ne se rencontrant jamais. Paradoxalement, ce côté un peu inhumain, ne s'offusque pas de liberté, car celle-ci est très présente. Du moins, elle accompagne les trajets des différents protagonistes.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61759051-44939785.jpg?v=1642694919" alt=""3 works for 12"… Robotique et poétique" title=""3 works for 12"… Robotique et poétique" />
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      Aussi, les corps peuvent se laisser aller pour certains, quitte à se tasser pour fléchir vers le sol tout en restant debout pour d'autres. Cet équilibre, flottant, ces regards parfois perdus quand, pour d'autres, ils s'expriment avec rondeur, énergie, gourmandise vis-à-vis de l'espace et des gestuelles, campe une vue d'ensemble où les déplacements corrélés à celles-ci, aussi diverses qu'elles soient, donnent un sentiment de composition, comme un ballet de corps. Même si rien ne semble ordonné, à dessein, même si les gestes ne rentrent pas dans une même grille, l'harmonie est de mise dans les trajets, faisant de ceux-ci, une belle mosaïque ordonnée.       <br />
              <br />
       Les artistes font ensuite de grands mouvements amples, les bras s'étendant vers le haut, les jambes accompagnant les déplacements, ceux-ci très bien agencés et vont dans toutes les directions. Cet agencement donne une autonomie de trajet à chacun avec harmonie, cohérence. Personne n'est avec l'autre, mais tous sont ensemble.       <br />
              <br />
       Puis un danseur amène une planche de mixage en milieu de scène qui émet une musique de variétés un peu rétro. L'atmosphère est presque de boîte de nuit. Les chorégraphies, quasiment robotiques, s'enchaînent, les membres inférieurs et supérieurs des protagonistes se pliant ou s'étendant mécaniquement. Ils se lassent, se tassent, mais sans s'effondrer, les corps s'assoupissant parfois tout en prenant un rythme autonome. Chacun est dans son trip.       <br />
              <br />
       Là aussi, nul contact, ils ne se regardent pas. Cela avance de partout. Ils se croisent, se recroisent, les bras se jetant pour certains vers l'avant, de petits cerceaux sont aussi figurés par ceux-ci en faisant un tour sur eux-mêmes pour certains. Chacun a sa propre danse, aucune ne se ressemble. Mais elles se combinent, s'entrecroisent. Un moment, six interprètes font des gestuelles élégantes et plus en rondeur, avec des courbes et une certaine grâce, les membres supérieurs se lançant à l'horizontale pour finir légèrement en virgules.       <br />
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       Pour entrecouper chacun de ces moments, les artistes se changent côté cour au vu du public. Là, ils redeviennent humains. Ils font une pause, boivent de l'eau, chacun de leur côté, mais tous ensemble pour repartir ensuite. Comme si l'autre n'existait pas. Ou avait sa propre partition tout en respectant celle du voisin. C'est un mélange de différents styles de danses qui viennent se greffer les unes aux autres de façon discrète pour une cohabitation artistique des plus réussies.
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     <div><b>"3 works for 12"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61759051-44939797.jpg?v=1642694957" alt=""3 works for 12"… Robotique et poétique" title=""3 works for 12"… Robotique et poétique" />
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      Conception, chorégraphie et lumière : Alban Richard.       <br />
       Assistants chorégraphiques : Max Fossati, Daphné Mauger.       <br />
       Avec : Anthony Barreri, Constance Diard, Elsa Dumontel, Mélanie Giffard, Célia Gondol, Romual Kabore, Alice Lada, Zoé Lecorgne, Jérémy Martinez, Adrien Martins, Clémentine Maubon, Sakiko Oishi.       <br />
       Musique :       <br />
       &quot;Hoketus&quot; (1976) de Louis Andriessen, interprété par Icebreaker, en direct du Queen Elisabeth Hall au South Bank Centre de Londres le 5 décembre 1991.       <br />
       &quot;Fullness Of Wind - Variation on Canon in D Major&quot; (1975) de Johann Pachelbel - Brian Eno, interprété par The Cockpit Ensemble, enregistré à Trident Studios le 12 septembre 1975.       <br />
       &quot;Pulsers&quot; (1976) de David Tudor. Sortie sur vinyle en 1984, enregistré au Airshaft Studio à New York.       <br />
       Lumière : Jérôme Houlès.       <br />
       Son : Vanessa Court.       <br />
       Régie son : Denis Dupuis.       <br />
       Costumes : Fanny Brouste.       <br />
       Réalisation costumes : Yolène Guais.       <br />
       Conseillère en analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé : Nathalie Schulmann.       <br />
       Régie plateau : Olivier Ingouf.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
       Production déléguée : Centre Chorégraphique National (CCN) de Caen.       <br />
              <br />
       Le spectacle a eu lieu au Théâtre national de Chaillot du 12 au 15 janvier 2022.       <br />
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       <b>Tournée</b>       <br />
       28 janvier 2022 : Théâtre Le Rive Gauche (en coréalisation avec l'Opéra de Rouen Normandie), Saint-Étienne-du-Rouvray (76).       <br />
       10 mai 2022 : Le ZEF Festival Propagations (en coréalisation avec le GMEM - Centre national de création musicale de Marseille), Marseille (13).
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