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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-03T18:12:19+02:00</updated>
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   <title>"Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…</title>
   <updated>2026-04-16T09:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Nee-le-8-mars-1977-Des-profondeurs-tenebreuses-aux-lumieres-du-plateau-l-itineraire-d-une-guerillere_a4533.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-04-17T08:22:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand on est née le jour où les Nations Unies ont officialisé la Journée internationale des droits des femmes, quand on a connu soi-même un père sachant être maltraitant, qu'on a mis des milliers de kilomètres de distance afin de s'éloigner des traumas de son enfance… pour, dans une île annoncée comme paradisiaque, échouer dans les bras d'un masculiniste violent, on comprend que son destin individuel plonge ses rhizomes dans une histoire commune, celle des femmes, la nôtre partagée. Céline Ripoll fait théâtre de son propre itinéraire, sans rien concéder à sa sincérité à fleur de peau qui irradie le plateau.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67024957.jpg?v=1776323300" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Entrée en scène sur une musique joyeuse et entrainante… jusqu'à ce que la danseuse (elle), à l'image d'un saphir déraillant sur les sillons d'un vieux vinyle, s'immobilise… Narratrice de sa propre histoire, elle fait entendre à la troisième personne le récit du passage à la nouvelle année 2020… Elle aime danser, danser jusqu'au petit matin, aussi s'est-elle étourdie cette nuit de fête, loin des tourments qui occupent sa tête, sur les airs enivrants du DJ de cette île perdue au milieu du Pacifique. Mais elle ne peut reculer indéfiniment l'heure de rentrer, elle redoute le retour mortifère au foyer conjugal, treize ans qu'elle connaît la musique…       <br />
              <br />
       &quot;Il&quot; est là, derrière la porte à l'attendre, la questionne sur avec qui elle était, entre dans l'une de ses colères effrayantes dont il est coutumier… et la menace. Elle ne doit son salut qu'à sa fuite lui permettant d'échapper in-extrémis aux pierres qu'il tenait en mains pour briser son pare-brise. Lui revient alors cette réflexion venant d'un passé qui n'arrête pas de passer en elle, ses mots trouant le silence de la représentation : <span style="font-style:italic">&quot;Céline, tu ne verras plus tes filles&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67024962.jpg?v=1776323357" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Entre narrations à vif (colorées d'échappées en espagnol aussitôt traduites) et danses &quot;océaniques&quot;, les unes et les autres soutenues par des hommes artistes à la sensibilité avouée (Yannick Jaulin et Hamid Ben Mahi), la conteuse danseuse va rejouer sa rencontre avec ce séduisant guerrier de l'Ile de Pâques… Comme dans les contes (cf. les albums de sa maison d'édition, Moai Éditions), il est apparu sur son fier destrier… pour la conduire dans une grotte. Elle l'a aimé passionnément, elle l'a laissé plonger ses yeux en elle, et il l'a vidée de toutes substances, n'étant plus à la fin que de la vase, une enveloppe privée de toute estime de soi. Et lorsque pour échapper à ces brutalités avinées, à ces viols conjugaux, elle trouve enfin le ressort de se rendre à la gendarmerie, c'est pour s'entendre dire… <span style="font-style:italic">&quot;Si vous êtes restée treize ans avec lui, c'est que quelque part ça doit vous plaire&quot;.</span> Circulez, il n'y a rien à entendre…       <br />
              <br />
       Aussi, lorsqu'elle fait visiter aux touristes l'île de Pâques, son territoire à lui, elle n'a qu'une idée : repérer les grottes où elle pourra se réfugier. La force pour s'extirper de la nasse dans laquelle elle s'est précipitée &quot;librement&quot; afin de fuir d'anciens traumatismes – dont, dans une seconde partie du spectacle, elle remontera la pente – c'est auprès de ses &quot;sœurs&quot; de La Maison des Femmes, de ses copines autochtones au langage chantant et de sa psy rayonnante d'humanité, qu'elle va la trouver. <span style="font-style:italic">&quot;Une blessure, c'est une ouverture béante, passe de l'autre côté…&quot;</span> suggère cette dernière, en l'accompagnant dans son programme de reconstruction.       <br />
              <br />
       Alors, dénouant ses (très) longs cheveux, elle se lance dans un corps à corps avec elle-même, mêlant coups donnés et coup reçus, lesquels, s'ils la projettent au sol, la retrouvent l'instant d'après, debout, vivante. Des récits de maltraitances vécues par d'autres femmes déboucheront sur une scène d'étranglement, une violence qu'elle s'apprêtait à s'appliquer (le nœud coulant était prêt) si la conscience qu'elle manquerait à ses filles ne l'avait sauvée. Son refuge sera alors de glisser des messages dans les contes qu'elle écrit pour que ses lecteurs viennent l'y rechercher… Souvenirs inscrits dans son corps traversé par les soubresauts du temps où il la rejoignait pour la violenter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67024963.jpg?v=1776323336" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Revivre les traumas vécus pour échapper à la sidération, pour agir au lieu de subir la double peine du ressassement en boucle, une boucle qui étrangle… Pour comprendre comment ce beau guerrier qu'elle avait tellement aimé, lui qui lui était apparu comme le Sauveur, avait pu l'enfermer dans la cage de l'emprise, elle va remonter le temps, rembobiner son passé dans une danse à l'envers pour remonter aux origines, les siennes… Sa naissance, dans un hôpital militaire à l'autre bout de Berlin libéré, Berlin la ville violente où des milliers de femmes furent violées lors de la libération par les soldats de l'Armée Rouge…        <br />
              <br />
       Bébé donné pour mort, privé de caresses les premières semaines de sa vie passée en soins néonatals… Petite fille de cinq ans, témoin sidéré de la fureur d'un père fou furieux que sa femme le quitte… Elle, devenant l'otage de sa rage… Les chantages au suicide entrainant de peu sa fille dans la mort… Enfin, elle, jeune fille échappant à son emprise par le biais d'études artistiques dans une autre ville…       <br />
              <br />
       Vouloir réparer la petite fille briser en fuyant son passé, en mettant ce passé &quot;à distance&quot;, le rejetant plus précisément à des milliers de kilomètres dans l'océan Pacifique (&quot;Pacifique&quot;, ça ne s'invente pas…)… Et s'apercevoir, que quand on a été élevée dans un environnement où l'amour c'est la guerre, on reproduit le modèle archaïque en se précipitant tout droit dans les bras d'un &quot;aimant&quot; monstrueusement violent…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67025027.jpg?v=1776323815" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Briser la compulsion de répétition mortifère ne peut se faire sans revivre les étapes de cette agonie programmée, un retour dans le passé – si douloureux soit-il – comme échappatoire au retour insistant du même. L'apogée de cette délivrance appelée de tous ses vœux prend la forme (artistique) d'un cri de colère lancé à l'adresse de la figure paternelle ayant pollué son existence : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi tu nous a fait ça ? Tu n'en avais pas le droit !... Je n'en ai rien à foutre maintenant d'être toute seule ! Je suis toute seule depuis que je suis née…&quot;.</span> Cri de révolte suivi de l'effondrement physique de la comédienne…       <br />
              <br />
       … et de son rétablissement sur ses deux jambes bien campées au sol, avec ces mots adressés à ses géniteurs défaillants, ses mots ouvreurs d'horizons nouveaux : <span style="font-style:italic">&quot;C'est votre histoire, je vous la rends. J'ai tout dit pour moi, mais aussi pour mes filles. À elles, à nous d'aimer et d'être aimées&quot;.</span> Quant au tableau final, il actera dans la lumière du plateau et les mouvements de la danse purgée des scories de toute emprise, une épiphanie palpable. Le temps des guérilleros toxiques est définitivement supplanté par celui d'une guérillère de la liberté.       <br />
              <br />
       Quand le théâtre chorégraphié, soutenu par un texte d'une sincérité au-dessus de tous soupçons, s'empare d'un sujet hautement combustible, on ne peut que saluer ses effets contagieux… Ce manifeste haut de gamme de Céline Ripoll, artiste ayant connu dans sa chair et son âme la violence faite aux femmes, est de nature à communiquer sa force à toutes celles, anonymes ou non, qui ont subi ou subissent l'emprise de la prédation masculiniste. Une performance &quot;Hors Normes&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 27 mars 2026 au Centre culturel &quot;Les Arcades&quot; de Créon (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Née le 8 mars 1977"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96072499-67025032.jpg?v=1776323843" alt=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" title=""Née le 8 mars 1977" Des profondeurs ténébreuses aux lumières du plateau, l'itinéraire d'une guérillère…" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Texte : Céline Ripoll.       <br />
       Mise en scène, interprétation et narration : Céline Ripoll.       <br />
       Parrain : Yannick Jaulin.       <br />
       Aide à l'écriture et mise en scène : Titus et Gérard Baraton.       <br />
       Aide à la mise en scène chorégraphique : Hamid Ben Mahi.       <br />
       Création Lumière : Jean-Baptiste Féruch.       <br />
       Compagnie L'Homme à la Tête Pieds-Nus.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le 27 mars 2026 au Centre culturel &quot;Les Arcades&quot; à Créon (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">27 Mai 2026 :</span> Salle du Tourneur, Souleuvre-en-Bocage (14).       <br />
       5 septembre 2026 : Salle Espalungue, Arudy (64).       <br />
       Fin septembre 2026 : Festival &quot;Au fil du Conte&quot;, Roullet-Saint-Estèphe (16).       <br />
       20 novembre 2026 : Théâtre Francis Planté, Orthez (64).       <br />
       25 novembre 2026 : Nogent-le-Rotrou (28).       <br />
       26 novembre 2026 : Salle Municipale, Mainvilliers (28).       <br />
       27 novembre 2026 : Théâtre, Dreux (28).       <br />
       6 et 8 mars 2027 : La Quintaine, Chasseneuil-du-Poitou (86).       <br />
       12 mars 2027 : Le Parnass, Mimizan (40).       <br />
       11 mai 2027 : Centre culturel Les Carmes, Langon (33).       <br />
       Novembre 2027 : Tahiti et les îles Marquises.       <br />
              <br />
       Juillet 2027 : Avignon (84), en cours de réalisation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire</title>
   <updated>2026-03-18T19:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bebe-et-Doudou-Mais-que-diable-Bebe-allait-elle-faire-dans-cette-galere-Une-histoire-simple-celle-de-l-emprise_a4506.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-03-19T18:56:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pauvre Bébé ! Comment une (plus toute) jeune femme a-t-elle pu tomber dans les bras d'un kéké queutard dont le principal talent semble résider dans les oscillations de son bassin se balançant au rythme de la musique funk dont il est accro ? Elle en fera dans l'instant son Doudou d'amour… et, lui, son Bébé à ses genoux, et plus si affinités… Loin de l'histoire à la guimauve à laquelle le titre pourrait laisser penser (sauf si l'on a déjà été en contact avec l'univers dramatique de Solenn Denis), "Bébé et Doudou" – deux mots qui vont bien ensemble – ouvre… vers une descente aux enfers orchestrée sur fond de funk.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95442719-66749681.jpg?v=1773857470" alt=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" title=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Cheveux plaqués et mine du parfait satisfait (de lui-même), couvant des yeux la platine où il fait succéder les vinyles des stars de la funk, il commente avec emphase l'objet de ses transes… La funk ? C'est le diapason de l'humanité, une promesse de liberté… pas celle des pancartes des manifs brailleuses, mais celle joyeuse de Kool &amp; The Gang et autres groupes de disco funk dont il égrène les noms, comme d'autres les perles de leur chapelet. Joignant le geste à la parole, il se lance dans un numéro exalté où le balancement frénétique des hanches, l'expression extatique du visage, confirment le lieu où il place sa fureur de vivre.       <br />
              <br />
       Face à lui, une femme épuisée de solitude n'a d'yeux que pour lui… Il a posé son regard sur elle ! Elle, qui l'instant d'avant se sentait invisible, enveloppée de la nuit épaisse qui la recouvrait, se sent, comme sous l'effet d'un philtre, extraordinairement vivante… Encore un brin lucide, elle se dit que ce n'est pas la beauté plastique de l'homme qui l'attire, mais ce quelque chose d'animal qui se dégage de sa présence, l'odeur magnétique de sa sueur. <span style="font-style:italic">&quot;Je veux qu'il m'embrasse, me sorte de la masse&quot;…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95442719-66749693.jpg?v=1773857588" alt=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" title=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Et lorsque Doudou introduira, sans préliminaire, sa langue dans la bouche de Bébé, c'est dans son cœur qu'elle pénétrera… enfin pas que… si l'on en croit la décharge électrique qu'elle ressent dans son vagin. Le tableau suivant (le temps du théâtre n'a pas d'épaisseur) les retrouvera entrelacés au sol dans une posture donnant la mesure de l'intensité de leurs ébats (amoureux ? Elle, oui)… jusqu'à ce qu'une mystérieuse petite culotte, échappée inopinément de la poche du pantalon de Doudou, s'invite dans le jeu à deux. Lui, avec l'aplomb de ceux que rien ne désarme, rira de la situation en prétendant qu'elle ne se souvient plus que c'est la sienne, elle dont la garde-robe en regorge… Mauvaise foi si tranquille qu'elle est de nature à faire vaciller la raison de celle qui, viscéralement, doute d'elle-même.       <br />
              <br />
       Harold Searles, psychanalyste américain, a écrit naguère un essai au titre évocateur restant d'actualité : &quot;L'effort pour rendre l'autre fou&quot;… Le processus de déstabilisation, celui de la force du déni versus réalité, est enclenché avec son cortège de récompenses sucrées succédant sans transition à des reproches acides sapant l'estime de soi, déjà ébranlé, de Bébé. Des compliments sirupeux accompagnés de douches glaciales la désarçonneront.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95442719-66749694.jpg?v=1773857614" alt=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" title=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Les tableaux suivants alterneront actions, propos échangés sur scène et pauses au micro où chacun des protagonistes tour à tour confiera les pensées qui le traversent, éclairant la problématique de chacun. Lui : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi elle me fait penser à Margaret Thatcher ? La dame de fer, la casse-couilles…&quot;.</span> Elle : <span style="font-style:italic">&quot;Tombée inerte et personne pour me relever… Est-ce que j'existe quand je suis seule ?…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Plus Doudou se montrera odieux, plus il lui dira qu'il ne peut vivre sans elle, allant jusqu'à la supplier de l'épouser. À ses plaisanteries – <span style="font-style:italic">&quot;Tu glousses comme une pintade&quot;</span> –, elle rira, par politesse, ne pouvant affronter un seul instant l'idée qu'il puisse l'abandonner… Le dénigrement au quotidien ira crescendo, parallèlement Doudou compensera par les aveux de sa jalousie (réelle et/ou feinte), lui qui est fou d'elle au point de remettre en question les sorties de Bébé, car <span style="font-style:italic">&quot;les mecs sont des chacals rêvant d'exposer, comme des trophées sur le rebord de la cheminée, les chattes empaillées de leurs plus belles prises&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Les mécanismes de l'emprise refermant leurs mâchoires sur la victime en quête vitale de reconnaissance, sur fond de musiques électrisantes, les conduiront vers la chute annoncée dès leur rencontre… De Charybde en Scylla, Bébé aura à ravaler toutes ses aspirations pour n'être plus qu'une outre vidée d'elle-même, devenue l'objet de Doudou avec lequel il jouera, jouira, comme le gros matou avec la petite souris… Sauf que, à certains moments, si manipulateur soit-il, lui-même pris à son propre piège, on peut se demander s'il n'existe plus que grâce au jeu dont il est le maître… et l'esclave à la fois.       <br />
              <br />
       Un élément déclencheur, sous la forme d'un aperçu d'écran &quot;éclairant&quot; l'une des nombreuses relations féminines de Doudou, précipitera l'action vers son dénouement. Un dénouement en plusieurs temps et mouvements. Un premier verra Bébé s'émanciper sous le choc de la révélation, le second la verra s'effondrer face au vide béant s'ouvrant à ses pieds, avant que, dans un troisième temps, le pire ne pointe son nez. Quant au final, à l'image de la vraie vie dont un extrait est &quot;projeté&quot; en voix off, il est – on s'en doutera – peu compatible avec un happy end.       <br />
              <br />
       Construit comme un thriller dopé aux vibrations de la funk, troué d'arrêts sur images – sous la forme des voix au micro – faisant entendre les pensées de chacun, ce road-movie immobile d'un couple où la femme sous influence court à sa perte annoncée, fait figure de tableau &quot;vivant&quot;… celui mortifère de l'emprise destructrice d'un &quot;mâle&quot; endémique. L'enfermement, un sujet de prédilection pour le Collectif Denisyak et son autrice metteuse en scène, Solenn Denis, experts en la matière (Cf. le très remarquable &quot;SStockholm&quot;, et &quot;Sandre&quot;). Un moment de théâtre intense, pour les spectateurs.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 6 mars 2026 au Glob Théâtre à Bordeaux (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bébé et Doudou"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95442719-66749701.jpg?v=1773857643" alt=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" title=""Bébé et Doudou" Mais que diable Bébé allait-elle faire dans cette galère ? Une histoire simple… celle de l'emprise ordinaire" />
     </div>
     <div>
      Texte : Solenn Denis.       <br />
       Mise en scène : Collectif Denisyak.       <br />
       Avec : Olivia Corsini et Erwan Daouphars.       <br />
       Lumière : Fabrice Barb       <br />
       Par le Collectif Denisyak.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 4 au 6 mars 2026 au Glob Théâtre de Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       11 mars 2026 : Amis du Théâtre Populaire (ATP), Théâtre Auditorium, Poitiers (86).       <br />
       <span class="fluo_jaune">26 mars 2026 :</span> ATP, Atrium, Dax (40).       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 mars 2026 :</span> ATP, Théâtre des Bastides, Villefranche-de-Rouergue (12).       <br />
       <span class="fluo_jaune">31 mars 2026 :</span> ATP de l'Aude, Théâtre Na Loba, Pennautier (11).       <br />
       2 avril 2026 : ATP, Ancien Évêché, Uzès (30).       <br />
       3 avril 2026 : ATP, Théâtre de l'Odéon, Nîmes (30).       <br />
       21 avril 2026 : Le Théâtre - Scène conventionnée d'intérêt national, Thouars (79).       <br />
       24 avril 2026 : ATP, Théâtre de la Maison du Peuple, Millau (12).       <br />
       26 mai 2026 : ATP, Théâtre, Roanne (42).       <br />
              <br />
       <b>Du 4 au 25 juillet 2026.</b>       <br />
       <b>À 13 h 25 (relâche le vendredi) au Théâtre 11 d'Avignon (84), dans le cadre du Festival Off.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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