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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-09T23:03:13+02:00</updated>
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   <title>"Lucrèce Borgia" de Victor Hugo : la mère sauve la femme, entre tendresse et effroi</title>
   <updated>2017-06-01T12:15:00+02:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2017-06-01T12:15:00+02:00</published>
   <author><name>Ludivine Picot</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Presque aussi réputée que la famille des Capulet et celle des Montaigu, la lignée Borgia a fait couler autant d'encre sinon plus. Son nom seul est accueilli avec mépris et dégoût par toute l'Italie, évoquant un mythe à la fois fascinant et horrifiant. À la tête de cette légende, la fille du pape Alexandre VI : Lucrèce Borgia. Son personnage sera repris dans de diverses adaptations littéraires, source de grande inspiration.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14187595-20212714.jpg?v=1496300046" alt=""Lucrèce Borgia" de Victor Hugo : la mère sauve la femme, entre tendresse et effroi" title=""Lucrèce Borgia" de Victor Hugo : la mère sauve la femme, entre tendresse et effroi" />
     </div>
     <div>
      Dans la pièce de Victor Hugo, Lucrèce Borgia incarne la monstruosité. On la dit empoisonneuse et incestueuse, responsable de nombreux meurtres. Des rumeurs murmurent l'existence d'un enfant que Lucrèce aurait eu avec son frère. La duchesse déchue apparaît alors, masquée, profitant du carnaval de Venise pour approcher l'être objet de son amour. C'est un jeune homme qui a vingt ans et qui répond au prénom de Gennaro. Il lui parle de sa mère, inconnue, mais qu'il aime tant. Il parle à cette inconnue d'amour et lui dit à quel point elle est belle. La femme est détestée autant que la mère est adorée.       <br />
              <br />
       On n'est pas sérieux quand on a vingt ans. Les compagnons de Gennaro surgissent et lui révèlent l'identité de la femme qui l'accompagne. Ils l'humilient en criant leurs noms et leurs parents assassinés sous les ordres de la duchesse. Ils la renversent en créant la haine chez Gennaro. Elle s'évanouit. Elle veut vengeance. La douce promesse de l'ivresse étourdit les esprits de la troupe des jeunes seigneurs. Ils se laissent duper par la beauté d'une princesse masquée, par les paroles d'une vieille déguisée, par le parfum d'un vin partagé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14187595-20212724.jpg?v=1496300095" alt=""Lucrèce Borgia" de Victor Hugo : la mère sauve la femme, entre tendresse et effroi" title=""Lucrèce Borgia" de Victor Hugo : la mère sauve la femme, entre tendresse et effroi" />
     </div>
     <div>
      Le conte n'est pas sans nous rappeler la tragédie grecque. Les héros agissent dans l'inconscience de leurs actes, portés par une vérité illusoire. Ils sont les maîtres d'un destin funèbre. Ils sont déjà morts de par qui ils sont. L'apparente légèreté laisse place à l'oppressante fatalité. Frédérique Lazarini porte, ou devrait-on dire supporte, avec admiration le rôle de Lucrèce Borgia. Elle incarne tout autant la femme abominable que la mère adorable. Sa présence, sa voix et son jeu nous glacent le sang aussi bien qu'ils nous inspirent de la tendresse pour cette mère pitoyable.       <br />
              <br />
       Le décor est sobre. Chaque lieu est symbolisé par un élément, qui permet au spectateur de compléter la scène comme il l'entend. Le rideau s'ouvre sur Venise, la ville de l'amour retrouvé, et se ferme sur Ferrare, tombeau de cet amour révélé. La lumière se teinte souvent de rouge, annonciatrice d'un mauvais présage. Tout au long de la pièce, le nom des Borgia plane comme une épée de Damoclès sur cette scène et ses personnages. Gennaro le mutilera et fera de lui une orgia. Le nom tombe et entraîne ses héritiers dans sa chute.       <br />
              <br />
       Le rideau tombe et entraîne ses protagonistes dans son avalanche d'applaudissements et de &quot;bravo&quot;.       <br />
              <br />
       Le seul petit reproche que l'on peut adresser aux comédiens, c'est que s'ils connaissent très bien leurs mouvements, ils ont du mal à s'écouter les uns les autres. Par exemple, Lucrèce se rendra elle-même captive de son mari avant que celui-ci n'ait commencé à lui saisir les poignets.       <br />
              <br />
       Chez Victor Hugo, l'histoire de Lucrèce Borgia, c'est l'histoire de la vie qui engendre la mort. C'est la fatale fatalité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Lucrèce Borgia"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14187595-20212744.jpg?v=1496300125" alt=""Lucrèce Borgia" de Victor Hugo : la mère sauve la femme, entre tendresse et effroi" title=""Lucrèce Borgia" de Victor Hugo : la mère sauve la femme, entre tendresse et effroi" />
     </div>
     <div>
      Texte : Victor Hugo.       <br />
       Mise en scène : Henri Lazarini et Frédérique Lazarini.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lydia Nicaud.       <br />
       Avec : Frédérique Lazarini, Emmanuel Dechartre, Didier Lesour, Marc-Henri Lamande, Hugo Givort, Louis Ferrand, Clément Héroguer, Pierre-Thomas Jourdan, Adrien Vergnes, Kelvin Le Doze.       <br />
       Scénographie : Pierre Gilles.       <br />
       Musique : John Miller.       <br />
       Lumières : Cyril Hamès.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 mai au 1er juillet 2017.</span>       <br />
       Mardi, vendredi et samedi à 20 h 30, mercredi et jeudi à 19 h, matinée samedi à 16 h.       <br />
       Théâtre 14, Paris 14e, 01 45 45 49 77.       <br />
       <a class="link" href="http://theatre14.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre14.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Dom Juan" par Sivadier… Une approche de perfection formelle portée par l'excellence des comédiens</title>
   <updated>2016-09-22T21:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dom-Juan-par-Sivadier-Une-approche-de-perfection-formelle-portee-par-l-excellence-des-comediens_a1678.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10265166-16758512.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-09-22T20:24:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean François Sivadier met en scène "Le Festin de pierre" ("Dom Juan") que Molière créa durant une période de Carnaval. Et à l'évidence, le personnage principal n'est pas celui qu'on croit. Car Don Juan (Nicolas Bouchaud), rejeton d'une grande lignée, qui fait ostentation de méchanceté et d'impiété, est en cavale après qu'il ait enlevé, séduit et abandonné une jeune fille.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10265166-16758512.jpg?v=1474569820" alt=""Dom Juan" par Sivadier… Une approche de perfection formelle portée par l'excellence des comédiens" title=""Dom Juan" par Sivadier… Une approche de perfection formelle portée par l'excellence des comédiens" />
     </div>
     <div>
      Il a en face de lui un valet des plus étranges, Sganarelle (Vincent Guédon), qui, bien qu'obéissant et fidèle, n'est pas payé, survit en vantant, à la sauvette, les bienfaits du tabac, en revêtant en cachette un habit de médecin. L'homme dissimule avec difficulté une profonde révolte intérieure, prend à témoin le Ciel et le Public, semble rechercher désespérément une complicité pour s'extirper du guêpier où il se trouve, fume nerveusement tout le tabac qui constitue sa fortune.       <br />
              <br />
       Dans cette mise en scène, Sganarelle capte l'attention et sa présence, des plus expressives, modifie en permanence la perception qu'a le spectateur sur l'ouvrage représenté.       <br />
              <br />
       La cavale est courte, vingt-quatre heures au plus, mais elle est intense et chaotique au vu de la quantité d'événements qui se succèdent, tous en rupture les uns des autres. Le Méchant avance vers l'Enfer, le compte à rebours est lancé. Et Sganarelle ne rate pas une occasion pour laisser entendre par ses mimiques, ses allusions, ses confidences, ses mensonges, tout le mal qu'il pense et ne peut dire. Il y a dans la souffrance à servir de Sganarelle une théâtralité immédiate et spontanée. Comme un besoin vital de vérité. Il se pourrait bien que l'histoire délivre le point de vue de Sganarelle lui-même.       <br />
              <br />
       Il apparaît très vite que Don Juan exploite Sganarelle comme si le valet lui était indispensable pour conduire des expériences de provocations et de blasphème, pour tester les limites et convertir les représentants du genre humain à une pensée libre de toute superstition : ce qu'il semble ne pas réussir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10265166-16758529.jpg?v=1474569866" alt=""Dom Juan" par Sivadier… Une approche de perfection formelle portée par l'excellence des comédiens" title=""Dom Juan" par Sivadier… Une approche de perfection formelle portée par l'excellence des comédiens" />
     </div>
     <div>
      Le piquant de l'histoire, c'est que les situations se renversent. Les certitudes rationalistes de Don Juan vacillent au fur et à mesure que Sganarelle se découvre des pouvoirs en matière de médecine, lorsque celui-ci découvre dans le tombeau de l'homme que son maître a assassiné la vie des spectres. Les deux sont alors pris par le vertige de l'irrationnel. La puissance et l'énergie de Don Juan tournent à vide et tout disparaît dans un anéantissement inexpliqué.       <br />
              <br />
       La pièce fait appel de manière substantielle à la machine du Théâtre, et Jean François Sivadier en exploite toutes les ressources, son deus ex machina est sur-présent, sa matérialité des plus évidentes. Appuyant, ponctuant un texte dont les intermèdes et les lazzis sont densifiés et transposés en langage contemporain. C'est un festival qui, au-delà de Molière, exploite les images du mythe Don Juan en citant Don Giovanni, Sade etc. D'une certaine manière, cette conception retorse de la scénographie qui exploite toutes les capacités de propagation comique, qui repousse les limites de la farce et du tréteau, qui montre les apparences et les reflets de ce qui n'est pas montré, les effets sans les causes, conduit jusqu'à l'absurde et prend le risque de l'encombrement, et la saturation de l'espace et du temps de la réflexion.       <br />
              <br />
       Tout se passe comme si, par les moyens de la farce, le metteur en scène mettait à plat tous les signes de la théâtralité pour reconstruire, à partir du personnage de Sganarelle, une pièce souterraine dont le spectateur percevrait la vérité. Celle d'un Théâtre vidé de toutes ses conventions de divertissement, exprimant une forme de manifeste dans la toute-puissance du Théâtre et de son mystère. En cela fidèle à Molière qui ravale au rang de simagrées et de superstitions toutes les théâtralités en œuvre dans la société.       <br />
              <br />
       Telle qu'elle se présente, cette mise en scène de &quot;Dom Juan&quot; approche une perfection formelle, met à jour la dimension polémique de l’œuvre mais reste menacée par une certaine monotonie.       <br />
              <br />
       Cela est inconfortable pour le comédien qui joue le rôle de Don Juan mais Nicolas Bouchaud, dans sa vigueur, sa prestance et son ironie, conduit la traversée du rôle de main de maître ; Vincent Guédon s'inscrit sans heurts dans la grande lignée des Sganarelle et les seconds rôles excellent dans la farce et le tréteau.       <br />
              <br />
       Le spectateur est placé devant le cas Molière et s'aperçoit que c'est lui qui tient le rôle principal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dom Juan"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10265166-16758536.jpg?v=1474569899" alt=""Dom Juan" par Sivadier… Une approche de perfection formelle portée par l'excellence des comédiens" title=""Dom Juan" par Sivadier… Une approche de perfection formelle portée par l'excellence des comédiens" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Jean-François Sivadier.       <br />
       Avec : Marc Arnaud, Nicolas Bouchaud, Stephen Butel, Vincent Guédon, Lucie Valon, Marie Vialle.       <br />
       Collaboration artistique : Nicolas Bouchaud, Véronique Timsit.       <br />
       Scénographie : Daniel Jeanneteau, Jean-François Sivadier, Christian Tirole.       <br />
       Lumière : Philippe Berthomé.       <br />
       Costumes : Virginie Gervaise.       <br />
       Maquillages, perruques : Cécile Kretschmar.       <br />
       Son : Eve-Anne Joalland.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 septembre au 4 novembre 2016.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de l'Odéon, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-odeon.eu/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dom-Juan-par-Sivadier-Une-approche-de-perfection-formelle-portee-par-l-excellence-des-comediens_a1678.html" />
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   <title>Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant</title>
   <updated>2014-08-08T10:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Beatrice-Dalle-est-Lucrece-Borgia-Naissance-d-une-Pasionaria-au-lyrisme-baroque-et-envoutant_a1178.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/6879781-10516371.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-08-08T10:16:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour son premier rôle au théâtre, Béatrice Dalle bouscule les codes du genre et donne à voir, dans une mise en scène de David Bobée, une Lucrèce Borgia pasionaria, entière et guerrière, baroque voire gothique... mais étonnamment généreuse et empreinte d'une sincérité bouleversante. Une première qui fleure bon la réussite grâce également à une distribution pleinement engagée dans le pari de Bobée d'un spectacle plus esthétisant et imagé que purement littéraire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10516371.jpg?v=1407399375" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      Chaque année depuis vingt-six ans, le château de Grignan - qui fût un temps la magnifique et épistolaire résidence de Madame de Sévigné - offre son architecture Renaissance pour majestueux décor à une création théâtrale produite par le Département de la Drôme. Cette action départementale originale s'inscrit dans la droite ligne du théâtre populaire et de la culture pour tous... Les élus semblent avoir compris ici que le développement culturel est un puissant levier de développement social, économique et touristique.       <br />
              <br />
       Après les succès répétés des précédentes mises en scène, dont &quot;Les femmes savantes&quot; de Molière par le québécois Denis Marleau (2012) et d'une &quot;Chatte sur un toit brûlant&quot; de Tennessee Williams par Claudia Stavisky (2013), c'est au tour de David Bobée d’apposer sa signature sur l'imposante façade de la prestigieuse demeure de plaisance de la famille des Adhémar.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10516372.jpg?v=1407399484" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      Celui-ci a choisi Lucrèce Borgia qui, depuis plus d'un an, a posé à nouveau sa sombre silhouette sur les scènes hexagonales. De la gracieuse Marina Hands au Théâtre de l'Athénée à l'original Guillaume Galienne sur le plateau de l'illustre Comédie Française, en passant par la gentille Nathalie Richard au Théâtre de la Commune, toutes s'essayent à la sulfureuse empoisonneuse. Mais l'interprétation la plus rock'n roll est sans aucun doute celle de l'égérie gothique, passionnante et passionnée du cinéma français : Béatrice Dalle.       <br />
              <br />
       Quel étonnant pari - réussi ! - que celui de David Bobée proposant à la flambée et flamboyante actrice de monter - à quarante-neuf ans - pour la première fois sur scène. La belle et insoumise inclassable ne rate pas son baptême scénique en se jetant à corps perdu dans cette relecture du personnage de Lucrèce Borgia... Puissante... Mais curieusement pleine de fraîcheur aussi, entourée qu'elle est d'une horde de jeunes loups acrobates, danseurs et talentueux comédiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10520316.jpg?v=1407400262" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      Telle une pasionaria, vouant ici un culte tantôt à la rédemption, tantôt à la plus violente des cruautés, Béatrice Dalle emporte le public dans sa démence dramatique... mais telle une louve, entre mère et amante, avec une incroyable grâce et une sincérité non feinte. Droite dans sa robe noire aux reflets de ténèbres, reine hydre face à la plèbe, fragile et aimante face à son fils Gennaro, elle irradie, magnétique, ses désordres et ses passions. Béatrice Dalle impose avec talent sa présence en permanent contraste à la fringante et tempétueuse jeunesse des amis de Gennaro.       <br />
              <br />
       Dans une mise en scène millimétrée, aux élans théâtraux plus picturaux et imagées que purement littéraires, David Bobée dessine des images en eaux-fortes, tableaux esthétiques gravant ainsi la stature de cette femme fière et forte dans un monde d'hommes et correspondant à chaque grande situation séquençant le texte de Victor Hugo. Il offre à notre comédienne novice un écrin couleur flamme et sang posée dans un bassin à l'eau noire, entre <span style="font-style:italic">acqua alta</span> toute vénitienne et <span style="font-style:italic">acquaforte</span> toute dantesque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10520317.jpg?v=1407485345" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      La troupe accompagnant Béatrice Dalle est à la hauteur, entre rock et hip hop - accompagnée par les chants &quot;pop-folk-grunge&quot; de Butch McKoy - ; déchaînée, à l'énergie juvénile et insolente en diable, avec Pierre Cartonnet (l'une des révélations de ce spectacle) dans le rôle de Gennaro, fils de Lucrèce, et la bande très urbaine d'acteurs-voltigeurs virtuoses interprétants la jeunesse vénitienne.       <br />
              <br />
       Dans les trois rôles plus &quot;matures&quot; - Gubetta, l'âme maudite de Lucrèce ; La Negroni, princesse croqueuse d'hommes et Don Alfonse, mari de la belle cruelle -, Catherine Dewitt, Jérôme Bidaux et  Alain D’Haeyer joue avec une grande précision une partition &quot;enlevée&quot; à la juste note sur la portée tragique de la libre, belle, fière et impétueuse Lucrèce Borgia/Béatrice Dalle.       <br />
              <br />
       La pièce soulève l'enthousiasme du public provençal trop heureux de voir ainsi Victor Hugo insolemment rajeuni et Béatrice Dalle faire monter les fièvres nocturnes drômoises... bien au-delà des 37°2 syndicaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Lucrèce Borgia"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10520322.jpg?v=1407485392" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      &quot;Lucrèce Borgia&quot;       <br />
       Texte : Victor Hugo.       <br />
       Mise en scène et scénographie : David Bobée.       <br />
       Assistanat à la mise en scène et dramaturgie : Catherine Dewitt.       <br />
       Avec : Béatrice Dalle (Lucrèce Borgia), Pierre Cartonnet (Gennaro), Alain D’Haeyer (Don Alfonse d’Este), Radouan Leflahi (Jeppo), Marc Agbedjidji (Oloferno), Mickaël Houllebrecque (Ascanio), Juan Rueda (Apostolo), Pierre Bolo (Maffio), Jérôme Bidaux (Gubetta), Marius Moguiba (Rustighello), Catherine Dewitt (La Negroni).       <br />
       Composition musicale et chant : Butch McKoy.       <br />
       Régie générale : Thomas Turpin.       <br />
       Création lumière : Stéphane Babi Aubert.       <br />
       Création musique : Jean-Noël Françoise.       <br />
       Création vidéo (en tournée seulement) : José Gherrak.       <br />
       Conception et construction des décors : Salem Ben Belkacem.       <br />
              <br />
       <b>Les Fêtes Nocturnes - Château de Grignan.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 26 juin au 23 août 2014.</span>       <br />
       Les 26, 28, 30 juin et les 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 22, 23, 24, 25, 29, 30, 31 juillet et les 1er, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 12, 13, 14, 15, 16, 19, 20, 21, 22, 23 août.       <br />
       Ouverture du château et des jardins à 19 h 30. Accès aux gradins à partir de 20 h 30. Début du spectacle à 21 h.       <br />
       Château de Grignan, Grignan (26), 04 75 91 83 65.       <br />
       <a class="link" href="http://chateaux.ladrome.fr/" target="_blank">&gt;&gt; chateaux.ladrome.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée octobre 2014 - mai 2015.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Reprise du 15 au 18 octobre 2014, Maison des Arts, Créteil (94).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Beatrice-Dalle-est-Lucrece-Borgia-Naissance-d-une-Pasionaria-au-lyrisme-baroque-et-envoutant_a1178.html" />
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