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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-08T11:40:44+02:00</updated>
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   <title>"L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs</title>
   <updated>2018-02-19T14:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Espace-furieux--un-lieu-de-deus-ex-machina-a-la-recherche-d-un-non-effet-pour-le-plus-grand-des-plaisirs_a1945.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2017-10-18T08:34:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ici c'est où ? Ici ou ici ? Valère Novarina est un auteur amoureux du théâtre qui pose avec clarté et facéties des questions simples. Et conduit les comédiens dans les chemins escarpés, pleins de surprises, du langage. En en posant et déposant les bases, en jouant avec les sonorités familières, il les égare.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17708117-22122747.jpg?v=1508309468" alt=""L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs" title=""L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs" />
     </div>
     <div>
      Dans le jeu de ses enchaînements, les toponymies, les segments de récits et de contes, les éléments de l'architecture de l'espace et du temps (éléments de grammaire trop oubliés), il multiplie les possibilités d'interprétation. Dans &quot;L'Espace furieux&quot; qui est mis en scène par Mathilde Delahaye, artiste associée de l'espace des arts de Chalon-sur-Saône, l'espace théâtral est présenté dans un désordre apparent. Un espace furieux…       <br />
              <br />
       Toute la machine théâtrale, portée par des comédiens pleins d'énergie et de finesse, participe à l'élaboration temporaire et fugace de fragments de théâtres, d'éclats à la brillance de plus en plus soutenue. Chaque comédien, par approches réitérées, monte à l'avant-scène venant du lointain et disparaît. Travaillé par les mots à son corps défendant (pourrait-on dire), il trouve les sensations, trouve la justesse d'expression. Il traverse l'épreuve.       <br />
              <br />
       Et c'est comme dans un souffle que Monsieur Loyal croise un client de supermarché, la reine de la nuit, Arlequin. Que la lune éclaire un croissant qui est peut-être la lame d'une faux… Que la vie et la mort semblent s'équilibrer. Rythmiquement, le spectacle présente une très grande élasticité. Ses micro-rebondissements rendent captive l'attention et libres les interprétations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17708117-22122752.jpg?v=1508309493" alt=""L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs" title=""L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs" />
     </div>
     <div>
      Au gré des contiguïtés, les éléments du temps et de l'espace se propagent jusqu'à fonder une stabilité : celle d'un logos sans logorrhée. D'un Verbe. En apesanteur, en toute-puissance. À l'infinitif de son présent, qui participe de son passé, est antérieur à son futur. Celui d'un état de poésie qu'une simple liste de mots de fleurs suffit pour en donner le goût. Et le désir.       <br />
              <br />
       Cet espace furieux est pour le spectateur synonyme de délices et d'étonnements. Il explore le jeu du mystère de la représentation. Il fait avec joie le lien du sens. Entre sons, signes et sensations justement. Cet espace est celui de la concrétisation des chimères, des affinités électives, de la fondation d'un langage commun.       <br />
              <br />
       À observer le public et les comédiens, il apparaît clairement que c'est bien ici que cela se passe (hic et nunc) et que l'objet représenté, tout en gardant sa complexité, apparaît dans toute son énergie. Quelque chose se passe, qui passe très bien. Le public jubile. Le spectateur est heureux de cet espace furieux. Et Valère Novarina a trouvé des interprètes.       <br />
              <br />
       Les <span style="font-style:italic">&quot;parolants&quot;</span> de Valère Novarina sont bien des pantins à la recherche d'un marionnettiste, des deus ex machina à la recherche d'un non-effet pour le plus grand des plaisirs. Là est l'effet théâtre du Théâtre.       <br />
              <br />
       C'était à Chalon sur Saône le 11 Octobre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Espace furieux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17708117-22122833.jpg?v=1508309518" alt=""L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs" title=""L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs" />
     </div>
     <div>
      Texte : Valère Novarina.       <br />
       Mise en scène Mathilde Delahaye.       <br />
       Avec : Pierre-Félix Gravière, Frédéric Leidgens, Romain Pageard, Juliette Plumecocq-Mech, Maud Pougeoise, Blanche Ripoche, Kaspar Tainturier-Fink.       <br />
       Dramaturge : Viviane Point.       <br />
       Scénographie et costumes : Léa Gadbois-Lamer, Heidi Folliet.       <br />
       Réalisateur son : Kaspar Tainturier-Fink.       <br />
       Construction décors : Ateliers MC2:Grenoble.       <br />
       Régisseur général-lumière : Sébastien Lemarchand.       <br />
       Régisseur son : Cyril Aubret.       <br />
       Régisseur plateau : Jean-Marc Bonnot.       <br />
       Costumière : Chantal Bachelier.       <br />
       Durée : 1 h 30 environ.       <br />
              <br />
       A été créé et joué du 11 au 13 octobre 2017,       <br />
       à l'Espace des arts - scène nationale, Chalon-sur-Saône (71), 03 85 42 52 12       <br />
              <br />
       <b>Tournée en cours</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">6 au 10 mars 2018 :</span> Théâtre de la Cité Internationale, Paris.       <br />
       17 et 18 mai 2018 : MC2:Grenoble, Grenoble (38).       <br />
       Mai 2018 : Théâtre Dijon Bourgogne, Centre dramatique national, Dijon (21).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17708117-22122861.jpg?v=1508309542" alt=""L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs" title=""L'Espace furieux", un lieu de deus ex machina à la recherche d'un non-effet… pour le plus grand des plaisirs" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/L-Espace-furieux--un-lieu-de-deus-ex-machina-a-la-recherche-d-un-non-effet-pour-le-plus-grand-des-plaisirs_a1945.html" />
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   <title>Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond</title>
   <updated>2015-02-02T08:48:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Jongleurs-de-mots-jongleur-de-balles-de-la-diva-au-gymnaste-il-n-y-a-qu-un-bond_a1277.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7414647-11422751.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-02-01T13:30:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Magie des mots, magie des images, magie des corps, magie de la visualisation numérique, le "Grand Fracas issu de rien" créé par Pierre Guillois en 2011 (alors directeur du Théâtre du Peuple de Bussang) donne une nouvelle dimension stellaire et féérique au "Cabaret" qui devient ici "Spectral". L'utopie artistique voulue par Maurice Pottecher au XIXe siècle entre dans l'ère numérique du XXIe siècle avec une grâce chorégraphique et verbale intemporelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7414647-11422751.jpg?v=1422794986" alt="Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond" title="Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création, ce spectacle hors normes ne connaissait pas encore son avenir et c'est avec bonheur que nous le retrouvons, après quelques dates de tournée, pour une dizaine de jours à Malakoff. Réalisé dans le cadre des créations que se doit d'effectuer chaque directeur nommé à la tête du Théâtre fondé par Maurice Pottecher en 1895, &quot;Grand Fracas issu de rien&quot; fut un des paris les plus audacieux de Pierre Guillois (à la direction du théâtre de Bussang de 2006 à 2011). Cette production utilise effectivement des techniques informatiques très élaborées et un logiciel dédié, invention numérique développée par Adrien M. et Claire B. Mais tout cela avec le seul objectif d'une rencontre poétique, humoristique et visuelle du numérique et de l'organique.       <br />
              <br />
       De cabaret, il est bien évidemment question, de celui qui réunit des artistes d'horizons et d'arts différents. Ici sont convoqués, dans ce grand fracas onirique et avant-gardiste, subtil mélange d'objets et de couleurs :       <br />
       - le comédien Dominique Parent, tentant, tel un équilibriste, de &quot;dresser&quot; les mots issus de la dentelle aiguisée et percutante des textes de Valère Novarina ;       <br />
       - la soprano colorature Sevan Manoukian habillant de sa puissance vocale l'espace spectral, naviguant entre vagues hystériques et langoureuses sur les phrasés musicaux d'un Purcell, Gounod ou, plus frivole, d'un Moïse Simons et son &quot;Sous les palétuviers&quot; ;       <br />
       - le jongleur Adrien Mondot, dompteur de balles, funambule gestuel sur la corde invisible de sa chorégraphie numérique, cage virtuelle d'une danse fluide et universelle où les entrechats aériens se marient aux bulles lumineuses suspendues par son art du cirque maîtrisé ;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7414647-11422805.jpg?v=1422795540" alt="Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond" title="Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond" />
     </div>
     <div>
      - le gymnaste et trampoliniste lorrain Lucas Antonellis, léger et astral &quot;monsieur muscle&quot;, volant d'un bond équestre du cheval d'arçons aux barres parallèles, mariant - avec une souplesse féline - acrobaties aux mouvements affutés et &quot;port aristocratique&quot; de Soprano ;       <br />
       - l'énigmatique et talentueux percussionniste Benjamin Sanz, magicien percutant aux rythmes entêtants et envoutants, soudant parfois en ondes sonores saccadées la réalité à la virtualité, le tempo à la matière esthétique des trames lumineuses digitalisées.       <br />
              <br />
       À la palette numérique virtuose, Claire Bardainne est la sixième artiste donnant tout son sens &quot;spectral&quot; au cabaret, jouant (en projection vidéo) sur le grand tulle transparent la chorégraphie informatique et stellaire de nébuleuses lettrées, de courbes sinusoïdales modélisées et de fragmentations de points bulles, à la grâce exquise, créés par Adrien Mondot.       <br />
              <br />
       Ici, ce ne sont pas les artistes qui suivent les déplacements des représentations virtuels mais, au contraire, les lettres, mots et points qui, dans une cinématique incroyablement gracieuse et fluide, entrent dans le jeu du jongleur, du gymnaste en élégantes cascades de pluies littéraires, mathématiques ou en taquines phrases improbables ou probables. Parfois, la virtualité se joue d'humour et d’espièglerie, notamment avec &quot;Le Présentateur&quot; (Dominique Parent), casant ses pirouettes novarinesques dans un irréel cadre blanc farceur !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7414647-11422862.jpg?v=1422796274" alt="Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond" title="Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond" />
     </div>
     <div>
      Tous ces artistes rassemblés n'ont, a priori, rien en commun et aucun fil conducteur dicible ne nous guide dans ce cabaret surréaliste et esthétique. Pourtant, Pierre Guillois, lors de la création de &quot;Grand Fracas...&quot; à Bussang, a réussi à créer un &quot;objet artistique&quot; hors du commun, à la fois déroutant et terriblement original qui emmène les spectateurs dans un univers onirique où l'illusion virtuelle mêlée à la réalité des arts spectaculaires nous renvoient à l'imaginaire fantastique et merveilleux de notre enfance.       <br />
              <br />
       L'alchimie fonctionne et la succession de tableaux ludiques et visuellement réussis construit un spectacle où chacun ressort les yeux pleins d'étoiles, et ce &quot;Grand fracas issus de rien&quot; imaginé par Pierre Guillois nous laisse sous l'emprise d'agréables vapeurs poétiques et, dans la tête, une vision riche et colorée d'un cabaret spectral... étonnamment avant-gardiste mais déjà riche de son futur.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Spectacle vu à la création.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Grand Fracas issu de rien"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7414647-11422870.jpg?v=1422796444" alt="Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond" title="Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond" />
     </div>
     <div>
      &quot;Grand Fracas issu de rien&quot;       <br />
       Cabaret spectral - création collective.       <br />
       Concept : Pierre Guillois.       <br />
       Assistanat artistique : Stéphanie Chêne.       <br />
       Avec : Claire Bardainne (interprétation numérique), Lucas Antonellis (gymnastique), Sevan Manoukian (chant), Adrien Mondot (jonglage et informatique), Dominique Parent (jeu), Benjamin Sanz (percussions).       <br />
       Dominique Parent interprète des textes de Valère Novarina.       <br />
       Costumes : Axel Aust, assisté de Camille Penager.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Saint–Sever.       <br />
       Lumières : Jean-Yves Courcoux.       <br />
       Création vidéo interactive et mise en scène numérique : Adrien M/Claire B.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 12 février 2015.</span>       <br />
       Mardi et vendredi à 20 h 30, mercredi, jeudi et samedi à 19 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre 71 - Scène nationale, Malakoff (92), 01 55 48 91 00.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre71.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre71.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme</title>
   <updated>2012-09-12T13:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-tragedie-clownesque-comme-une-montee-du-cynisme_a716.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4710872-7037118.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-09-10T20:00:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Écrite en 1971 et créée à Suresnes en 1974 dans une mise en scène de Jean Pierre Sarrazac et des décors de Gauvin, "L'Atelier volant", la toute première pièce de Valère Novarina, est pour la première fois mise en scène par l'auteur... Un spectacle qui résonne étonnamment en ce début de vingt et unième siècle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4710872-7037118.jpg?v=1347304146" alt="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" title="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" />
     </div>
     <div>
      Dans &quot;L’Atelier volant&quot;, les acteurs sont montés en spectacle. Sans paillettes, dans l’alternance des rires et des drames, ils sont simples ouvriers employés aux cartonnages et pliages. Habillés en cotte de clown en tissu à bâtir, ils travaillent dans une entreprise d’illusions. Elle se révèle être au bout du compte une entreprise d’escamotage, qui les prive de leurs plaisirs simples, de leur imaginaire, de leur créativité, de leur langage et au final de leur vie. Cette activité qui va croissant est au service d’une production in-sensée d’objets et de mots. Le bénéfice exclusif qui en est retiré semble n’être distribué que pour la seule satisfaction d’un bateleur autoritaire qui, dans la difficile adéquation de l’offre et de la demande, subit les aléas de la marchandisation généralisée. Il disparaît… et renaît métamorphosé en nomade, avatar brechtien ultime et ironique, pour mettre en œuvre une gigantesque tombola. L’ouvrier survivant, nouveau Diogène finit dans un tonneau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4710872-7037120.jpg?v=1347304146" alt="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" title="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" />
     </div>
     <div>
      La fable fait bien autre chose que faire revivre l’épopée et l’imagerie d’une pittoresque époque (?) qui vivait la montée du marketing, du consumérisme de masse, la fraternité de la grève et l’absurdité du travail. Elle décrit, avec une réelle prescience, un monde économique productiviste, devenu familier, qui pour accaparer les plus-values accélère l’usure et accompagne de multiples perversions et destructions cyniques la transformation de l’objet-rêve en objet produit jetable.       <br />
              <br />
       L’œuvre de Valère Novarina interroge particulièrement la production artistique qu'est une représentation théâtrale et par les seuls moyens du spectacle vivant met en branle un étonnant mouvement de déconstruction reconstruction. C’est un apport contemporain, exigeant, réjouissant et convaincant à la critique de la société du spectacle . (Toute ressemblance avec des crises financières et leur <span style="font-style:italic">story tellings</span> pourrait n’être pas fortuite).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’écriture est réduite à l’essentiel.</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4710872-7037145.jpg?v=1347304146" alt="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" title="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" />
     </div>
     <div>
      Le plateau est nu hormis quelques structures et graphismes discrets et monochromes. Les comédiens sont mis dans la posture d’acteurs de plateau de tournage de films à effets virtuels. Dépouillés de tout accessoire, ils prennent le statut d’ouvriers de l’industrie de l’image et, s’agissant de théâtre, sont poussés du fait de leur neutralité d’apparence à une expressivité entière et immédiate.       <br />
              <br />
       Dégagé de tout jeu illusionniste pittoresque ou vériste, le spectacle développe une forme qui, dans la manière de faire, condense dans l’univers du spectacle un modèle économique traditionnel et en miroir, en stricte concomitance, son contre-modèle farcesque. Les signes théâtraux s’en trouvent bousculés. Dans le miroir tendu au public se joue une montée au présent de la représentation et de l’interrogation sur le sens. Le spectateur est ainsi confronté à une discontinuité du récit et à l’usure d’images devenant presque schématiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4710872-7037172.jpg?v=1347304147" alt="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" title="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" />
     </div>
     <div>
      II est en revanche accompagné à chaque étape comme à la parade par le jeu du langage, le jeu des images, le jeu des comédiens. Les éléments scéniques glissent en rythme et se conjuguent en une pulsation de clown des plus discrètes et des plus naturelles. Comme une respiration, une libre aspiration à un autre devenir.       <br />
              <br />
       Le spectateur se laisse, bien volontiers, prendre au piège à lui tendu. C’est que les comédiens ont une présence chaleureuse. Leur travail agite les imaginaires, libère les imaginations et révèle la force du verbe. L’auteur qui est un penseur créateur de monde et de théâtre sait créer un langage scénique dans toute sa vigueur et tricoter le bonheur d’une durée pleine d’attentions et de &quot;réflexions&quot;.       <br />
              <br />
       C’est ainsi que dans cette tragédie clownesque, qui décrit, tout en métaphores et avatars, la montée du cynisme, se trouvent noués, comme en un collier de prix, des perles de comédies, de farce, de beauté lyrique (Qu’il serait doux de commenter lors d’une université d’été d’un Medef qui rêve de réenchanter le monde)...
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Atelier volant"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4710872-7037214.jpg?v=1347304147" alt="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" title="Une tragédie clownesque... comme une montée du cynisme" />
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     <div>
      Texte, mise en scène et peintures : Valère Novarina       <br />
       Avec : Julie Kpéré, Olivier Martin-Salvan, Dominique Parent, Richard Pierre, Myrto Procopiou, Nicolas Struve, René Turquois, Valérie Vinci.       <br />
       Collaboration artistique : Céline Schaeffer.       <br />
       Scénographie : Philippe Marioge.       <br />
       Musique : Christian Paccoud.       <br />
       Costumes : Renato Bianchi.       <br />
       Maquillage : Carole Anquetil.       <br />
       Dramaturgie : Adélaïde Pralon et Roséliane Goldstein.       <br />
       Philosophie générale : Clara Rousseau.       <br />
       Stagiaire - assistante à la mise en scène : Marjorie Efther.       <br />
       Assistante de l'auteur : Lola Créïs.       <br />
       Durée estimée : 2 h 12.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Spectacle du 6 septembre au 6 octobre 2012.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h (relâche le 9 septembre).       <br />
       Théâtre du Rond-Point, salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 21.       <br />
       <a class="link" href="http://2012-2013.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée :</b>       <br />
       9 au 13 octobre 2012 : TNP Villeurbanne (69).       <br />
       17 octobre 2012 : Scène Nationale de Mâcon (71).       <br />
       23, 24 octobre 2012 : La Coupe d’or, Scène Nationale de Rochefort (17).       <br />
       7, 8 novembre 2012 : Forum Meyrin, Suisse.       <br />
       14 au 24 novembre 2012 : Théâtre de Vidy Lausanne, Suisse (relâche le 19 novembre).       <br />
       27 au 28 novembre 2012 : Espace des Arts, Scène Nationale de Chalon sur Saône (71).       <br />
       6 au 8 décembre 2012 : Théâtre du Grand Marché, Saint-Denis de la Réunion (97).       <br />
       16 au 18 janvier 2013 : Comédie de Saint-Etienne (42).       <br />
       22 au 26 janvier 2013 Théâtre Dijon Bourgogne, Dijon (21).       <br />
       7 février 2013 : Théâtre de l’Archipel, Perpignan (66).       <br />
       14 au 16 février 2013 Théâtre Garonne, Toulouse (31)       <br />
       6, 7 mars 2013 : Le Maillon, Scène Nationale de Strasbourg (67).       <br />
       12, 13 mars 2013 : Bonlieu, Scène Nationale d’Annecy (74).       <br />
       19 au 22 mars 2013 TNBA, Bordeaux (33).       <br />
       4, 5 avril 2013 : Nouveau Théâtre - CDN, Besançon (25).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Une-tragedie-clownesque-comme-une-montee-du-cynisme_a716.html" />
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