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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-16T07:59:27+02:00</updated>
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   <title>De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes</title>
   <updated>2026-05-22T09:44:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/De-la-lutte-des-classes-qui-existe-encore-une-belle-demonstration-collective-avec-7-minutes-Comite-d-usine-et-ses_a4565.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-05-22T06:48:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une usine textile en France, Picard & Roche. L'arrivée de nouveaux investisseurs provoque une réunion entre la direction et les employées. Celles-ci, les deux cents ouvrières et les employées des bureaux, ont élu onze représentantes qui, à leur tour, ont désigné une porte-parole enfermée depuis des heures dans les locaux de la direction. Il s'agit de négociations au sujet des changements que cette nouvelle direction va décider dans l'organisation du travail. Et l'ambiance est tendue. Le climat du textile en France et en Europe est détestable depuis des années maintenant, et les fermetures d'usines, et les délocalisations foisonnent. Toutes craignent pour leur emploi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96669365-67386513.jpg?v=1779389435" alt="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" title="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" />
     </div>
     <div>
      Elles sont dix à attendre, dans la fébrilité et l'impatience, car la réunion avec les patrons n'en finit pas. Huit ouvrières et deux employées de tous âges. Certaines viennent d'être embauchées depuis peu, d'autres sont là depuis des dizaines d'années, de mère en fille, comme cela se passe dans certaines villes où l'usine locale est le principal employeur. La porte-parole aux prises avec les patrons, c'est la plus âgée du groupe, on pourrait dire l'aînée tant cette ambiance d'atelier ressemble à une famille. Une famille avec ses histoires jamais closes, ses dissensions, ses jalousies et malgré tout l'indéfectible besoin de rester ensemble, solidaire, qui revient toujours comme pour un groupe embarqué dans la même galère.       <br />
              <br />
       C'est dans une salle de l'entrepôt de stockage où s'empilent des murs de cartons que va se dérouler &quot;7 minutes (comité d'usine)&quot; où les élues sont réunies dans l'attente de ce qui va leur tomber sur la tête. Fébrilité et angoisse palpables jusqu'à ce qu'enfin revienne la porte-parole. Fébrilité accrue lorsqu'elle prend le temps de raconter la manière dont s'est déroulé son entretien avec la demi-douzaine d'hommes en costard-cravate, elle, simple ouvrière seule face à eux, financiers, décideurs ou technocrates qui ont l'avenir de toutes entre leurs mains.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96669365-67386518.jpg?v=1779389460" alt="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" title="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" />
     </div>
     <div>
      Passé l'explosion de joie quand elle leur annonce qu'aucune ouvrière ne serait virée et que l'usine ne serait pas délocalisée, passé l'explosion de rires lorsqu'un détail, un léger changement dans leurs habitudes, a été annoncé à la toute dernière minute de la réunion, un petit quelque chose qui, suite aux craintes d'un licenciement massif, paraît une broutille, une blague, rien, juste une question de 7 minutes ! Qu'est-ce que 7 minutes dans une journée ? Peanuts !       <br />
              <br />
       Là est donc tout l'enjeu du vote que ces onze déléguées doivent faire au nom des deux cents ouvrières de l'usine : 7 minutes par jour qui seront supprimées de la pause de 15 minutes à laquelle elles avaient droit jusqu'à ce jour.       <br />
              <br />
       La pièce de De Stefano Massini part de cette minuscule concession faite au profit des dirigeants pour explorer les incidences dangereuses que ce petit grain de sable peut engendrer et des répercussions que cela peut avoir sur la suite des décisions patronales. Avec un sens très aigu de la mise en scène, le débat entre les onze déléguées avance arguments après arguments, confidences après confidences, oppositions après conflits, en maintenant un suspens permanent qui tient le spectateur en haleine. Mis à part l'intelligent déroulement de l'action (dont le thème a été inspiré par des reprises et des fermetures réelles d'usines comme celle de Lejaby en 2010), le spectacle repose sur le jeu réaliste des comédiennes et la mise en scène précise et harmonieuse d'Olivier Mellor.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96669365-67386525.jpg?v=1779389544" alt="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" title="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" />
     </div>
     <div>
      Chacune des onze comédiennes réussit avec talent à planter leurs personnages dans le sol rugueux du monde ouvrier, créant ainsi des personnages attachants, drôles, tragiques qui sont d'une impressionnante présence pendant les presque deux heures où elles restent toutes en scène. Palme spéciale pour l'interprétation de Blanche, la porte-parole, par Karine Dedeurwaerder qui, dès son entrée, s'impose pour réussir un contrepoids suffisant à ses dix camarades de jeu.       <br />
              <br />
       Derrière le mur de carton qui clôt le fond de scène, un jazz-band de quatre musiciens donne du rythme et une dimension presque cinématographique à certains passages plus émouvants que d'autres. Un orchestre de musiciens qui joue à l'abri des regards pour laisser tout l'espace de jeu à l'univers féminin, volonté du metteur en scène de laisser pleinement la parole à ces femmes de combat qui parviennent à faire valoir la nécessité de garder les acquis sociaux (conquis souvent de haute lutte dans le passé) sous peine de voir les droits de chacun lentement grignotés par l'appétit de la finance et du patronat pour qu'à la fin, il n'en reste que des miettes et un retour à la jungle esclavagiste du travail d'il y a deux siècles.       <br />
              <br />
       Le thème peut paraître assez ardu, mais le texte, la mise en scène et le jeu des articles dynamisent totalement la pièce en renouvelant sans cesse l'attention et l'intérêt pour ce qui se déroule sur scène dans une ambiance fourmillante et colorée.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Centre Culturel Jacques Tati d'Amiens le 29 janvier 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"7 minutes (Comité d'usine)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96669365-67386526.jpg?v=1779389601" alt="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" title="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Stefano Massini.       <br />
       Traduit de l'italien par Pietro Pizzuti (Éditions l'Arche).       <br />
       Mise en scène : Olivier Mellor.       <br />
       Avec : Marie Laure Boggio, Delphine Chatelin, Marie-Béatrice Dardenne, Valérie Decobert, Karine Dedeurwaerder, Aurélie Longuein, Valentine Loquet, Sophie Matel, Elsie Mencaraglia, Emmanuelle Monteil, Fanny Soler.       <br />
       Musique originale : Séverin Toskano Jeanniard.       <br />
       Musiciens : François Decayeux (guitare), Séverin Toskano Jeanniard (basse, machines), Olivier Mellor (kaossilator, machines), Louis Noble (guitare, sax ténor).       <br />
       Lumière : Olivier Mellor.       <br />
       Son : Séverin Toskano Jeanniard.       <br />
       Scénographie : Olivier Mellor, François Decayeux, Séverin Toskano Jeanniard, Louis Noble.       <br />
       Photos, vidéo-documentaire : Alexandre Tourte.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 juin au 28 juin 2026.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de L'Épée De Bois, Cartoucherie de Vincennes, route du Champs de Manœuvre, Paris 12ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://epeedebois.notre-billetterie.com/billets?spec=619" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       (en cours d'élaboration)       <br />
       Espace culturel Saint-André, Abbeville (80) ; L'Éden – Scènes transfrontalières, Hirson (02) ;       <br />
       Théâtre de la Verrière, Lille (59) ; Théâtre de Beauvaisis – Scène nationale, Beauvais (60) ; la Virgule - Centre transfrontalier de création théâtrale, Roubaix (59) ; Centre culturel Antoine Vitez, Moreuil (80) ; Théâtre An Dour Meur, Plestin-les-Grèves (22).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Les Mauvais Bergers" Une brillante manière de revisiter un long fleuve intranquille</title>
   <updated>2025-10-04T16:10:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Mauvais-Bergers-Une-brillante-maniere-de-revisiter-un-long-fleuve-intranquille_a4365.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-09-29T18:48:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une grève ouvrière est lancée par Jean Roule, leader anarchiste, et Madeleine Thirieux, dont la mère vient de mourir d'épuisement au travail. Tous deux décident de s'insurger contre les inégalités sociales, le patronat, la pression économique, alors qu'une brume épaisse se faufile entre les maisons, celle des fumées de l'usine qui monte au rythme des cris incessants du métal battu. Sous cette brume, ouvriers et ouvrières, grévistes, mais aussi patrons et bourgeois vont affronter leur propre justice. La tendresse d'un amour naissant survivra-t-elle au pouvoir oppresseur ? Les tentatives de conciliation du fils du patron, Robert Hargand, apporteront-elles une solution ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91411805-64260894.jpg?v=1759165500" alt=""Les Mauvais Bergers" Une brillante manière de revisiter un long fleuve intranquille" title=""Les Mauvais Bergers" Une brillante manière de revisiter un long fleuve intranquille" />
     </div>
     <div>
      Saluons avant toute chose ces initiatives créatrices de compagnies ou de metteurs en scène comme Olivier Charruau et la présente Compagnie Scène Écarlate qui permettent au public de (re)découvrir certaines œuvres anciennes remises au goût du jour, surtout lorsque ces dernières sont aussi remarquablement magnifiées… Cela n'est pas monnaie courante, cela dit, sauf pour certaines œuvres qui reviennent régulièrement au sommet de l'affiche, mais dont on cherche souvent à connaître les vraies raisons de ces récurrences. &quot;Les Mauvais Bergers&quot; n'en font pas partie et ceci est sans doute regrettable. Mais la Cie Scène Écarlate l'a fait, et ce, de la plus belle manière !       <br />
              <br />
       Le pari est gagné avec cette adaptation particulièrement réussie de la tragédie prolétarienne d'Octave Mirbeau mise en scène par Olivier Charruau. Il s'agit d'un texte très engagé abordant les motifs de la grève, de l'exploitation industrielle, la souffrance ouvrière, les maladresses des dirigeants et la responsabilité collective. Ceci n'a-t-il pas curieusement &quot;un air du temps&quot; aux lendemains des 10 et 18 septembre 2025 ou encore d'une certaine grève des gilets jaunes plus lointaine ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91411805-64260895.jpg?v=1759165559" alt=""Les Mauvais Bergers" Une brillante manière de revisiter un long fleuve intranquille" title=""Les Mauvais Bergers" Une brillante manière de revisiter un long fleuve intranquille" />
     </div>
     <div>
      Sur le petit plateau du Théâtre Montmartre-Galabru, ce mardi 23 septembre, une comédienne attend patiemment que les derniers spectateurs s'installent… chuchotant aux oreilles d'un partenaire. On retourne en coulisses, on réapparaît, comme si quelque chose se tramait, comme si une urgence latente tapie quelque part ne demandait qu'à surgir ! Ou un grand malheur. Puis une voix, douce, presque inaudible par moments, se fait entendre, trop peut-être. Est-ce un signe ? C'est celle de Madeleine, une jeune femme couturière, sans aucune histoire, interprétée sobrement, mais efficacement, par Sandrine Carlosse, personnage très fatigué et inquiété de l'état de sa mère agonisante.       <br />
              <br />
       Puis le tout s'enchaîne avec élégance et grande fluidité, sans que nous voyions le temps passer, agrémenté de chants harmonieusement interprétés par la plupart des comédiennes et comédiens. Le chant n'a-t-il pas toujours une place essentielle dans les manifs ? Saluons, à ce titre, la première interprétation de Mô, chanteuse, auteure, compositrice, qui donne le ton d'un bien joli spectacle, tout en épure et brillance notoires, ainsi que celle de la fin du spectacle, intense et juste capitale que nous vous laisserons découvrir.       <br />
              <br />
       La scène du Montmartre-Galabru n'est pas bien grande et nous nous interrogions sur la manière dont une telle tragédie en cinq actes allait bien pouvoir y être transposée. Mais c'était sans compter sur le savoir-faire et le talent de cette compagnie.       <br />
              <br />
       Avec &quot;Les Mauvais Bergers&quot;, c'est pari gagné et nos interrogations légitimes, quant à l'adaptation de cette pièce complexe d'Octave Mirbeau, ont été vite balayées. Certes, ce ne sont pas Sarah Bernhardt ni Sacha Guitry qui arpentent le plateau du Montmartre-Galabru et nous ne sommes pas au Théâtre de la Renaissance, en 1897. C'est autre chose, à n'en point douter, et c'est très bien ainsi, d'autant qu'il est très nettement mis en avant, dans cette émouvante adaptation, que le bon berger anarchiste Octave Mirbeau fustige savamment les mauvais bergers, et ce, grâce au jeu sincère de l'ensemble des six comédiens et comédiennes dont on sent la fougue dramaturgique bien incarnée, et grâce aussi à une scénographie taillée au cordeau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91411805-64260926.jpg?v=1759165593" alt=""Les Mauvais Bergers" Une brillante manière de revisiter un long fleuve intranquille" title=""Les Mauvais Bergers" Une brillante manière de revisiter un long fleuve intranquille" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Nos propositions sont raisonnables et justes. À vous de voir si vous préférez la guerre…&quot;</span> Cela résonne à nos oreilles contemporaines, encore une fois, et la mise en scène aux changements de décors à vue, efficaces et remarquablement orchestrés, y participent largement. L'ambiance très physique de la souffrance ouvrière, présente dans la tragédie de Mirbeau, est particulièrement bien mise en avant, tant dans les intentions des artistes que dans la scénographie sobre, mais efficace.       <br />
              <br />
       Saluons cette présence particulièrement physique et virevoltante du jeu centré et déployé d'Arthur Liné interprétant Jean Roule, cet ouvrier militant et activiste se sentant le devoir de libérer les ouvriers de leurs misérables conditions. Avec cette adaptation, nous ne savons pas dans quelle époque nous sommes et, là aussi, c'est très bien comme ça !       <br />
              <br />
       En cette rentrée sociale rocambolesque et mouvementée qui est la nôtre, &quot;Les Mauvais Bergers&quot;, adaptée par Olivier Charruau, et la force de l'acte théâtral nous permettent de saluer aussi des initiatives citoyennes comme celle des &quot;Gueux&quot; d'Alexandre Jardin autour des ZFE qui revendique à juste titre bien plus d'initiatives démocratiques et populaires, de référendum, et de réappropriations citoyennes visant une nécessaire réhabilitation de la souveraineté populaire. Utopie ? Jean Roule l'a payé de sa vie ! Ne le payons pas des nôtres !       <br />
              <br />
       Les &quot;Gueux&quot; d'Alexandre Jardin, l'écrivain anarchiste Octave Mirbeau via Jean et Madeleine, Olivier Charruau et Scène Écarlate, le Théâtre Montmarte-Galabru l'ont fait aussi. Gageons que nous devrions toutes et tous en faire de même.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Mauvais Bergers"</b></div>
     <div>
      Texte : Octave Mirbeau.       <br />
       Mise en scène : Olivier Charruau.       <br />
       Avec : Sandrine Carlosse, Olivier Charruau, Nicolas Lefebvre, Arthur Liné, Mô et Gil Seravel.       <br />
       Compagnie Scène Écarlate.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans       <br />
       Durée : 85 minutes.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 septembre au 18 novembre 2025.</span>       <br />
       Mardi à 19 h 30. Relâche le mardi 7 octobre.       <br />
       Théâtre Montmartre-Galabru, 4, rue de l'Armée d'Orient Paris 18e.       <br />
       Téléphone : 01 42 23 15 85.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/spectacle/les-mauvais-bergers-382793" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatregalabru.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatregalabru.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !</title>
   <updated>2024-05-21T16:46:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-feminines-droles-professionnelles-et-feministes-_a3911.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-05-21T16:14:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
D'une histoire vraie qui a eu lieu en 1968, Pauline Bureau a écrit et met en scène une pièce dans laquelle le football féminin est mis à l'honneur. Aujourd'hui, le fait est acquis, il a gagné ses lettres de noblesse, même si, par rapport aux hommes, les enjeux et l'attention médiatique sont sans aucune commune mesure. C'est en revenant à ses origines que "Féminines" décrypte une époque avec son sexisme et son machisme en nous le replaçant dans un cadre des plus humoristiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58051744.jpg?v=1716302363" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Lumière sur une scénographie découpée en deux parties avec, au premier étage d'un bâtiment, de grosses lettres lumineuses &quot;Entreprise Gravix&quot; ornées au fronton. Derrière celles-ci, se trouvent trois établis sur lesquels trois femmes travaillent à la chaîne. Au rez-de-chaussée se situe une salle qui va devenir un vestiaire avec un entraîneur (Nicolas Chupin) et son adjoint (Yann Burlot). Durant toute la représentation sont projetés les entraînements et les matchs sur un écran en lieu et place des établis et des grosses lettres lumineuses du bâtiment. Nous sommes ainsi dans trois lieux différents de la ville de Reims, l'usine, le stade et aussi, le temps d'une scène, la chambre à coucher d'une joueuse, ouvrière aussi de son état.       <br />
              <br />
       Nous sommes en 1968. La date n'est pas choisie au hasard, car elle est celle, réelle, d'une aventure qui a démarré à Reims avec une équipe de footballeuses qui s'est montée dans le cadre d'une première partie d'une représentation, qui devait divertir les foules comme celle de l'année précédente avec un combat de nains. Sauf que leur maîtrise a fait qu'elles sont devenues les ambassadrices du football féminin en allant dans tout l'Hexagone, en faisant des émules et engendrant un début d'adoption dans les esprits.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58051748.jpg?v=1716302402" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Ce qui est mis en avant, et qu'on ne peut oublier, est qu'en 1968, la femme était considérée comme inégale à l'homme d'un point de vue politique et social. Dans le foyer familial, elle était estimée comme mineure par rapport à son mari qui, de son côté, était considéré comme le chef de famille exclusif. Elle avait pour destinée, celle de devenir une épouse et une mère.       <br />
              <br />
       La fable rend compte de l'état d'esprit d'une époque, par le biais de l'humour, de l'inégalité de la femme par rapport à l'homme même si, encore aujourd'hui malheureusement, de fortes inégalités subsistent. Se dessinent donc ce machisme et ce sexisme, monnaies courantes à l'époque, le football étant considéré comme sport masculin et devenant ainsi un baromètre autant politique que social d'une société.        <br />
              <br />
       La musique joue un rôle important en apportant une touche fraîche, dansante et comique dans plusieurs scènes. Un aspect cinématographique, via des films, est utilisé pour montrer les entraînements et les matchs, créant ainsi d'autres ruptures de jeu permettant de donner une vue autant côté cour que dans les coulisses de la construction de cette équipe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58051808.jpg?v=1716302432" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Différents segments dramaturgiques sont découpés en scènes, faisant basculer le spectacle de l'univers du sport, avec le vestiaire et le stade, à celui du travail à la chaîne dans une usine, et dans celui plus intime du domicile d'une footballeuse. Sont ainsi déclinées des vues intimes, extimes et extérieures de nos protagonistes face autant aux adversaires à rencontrer durant les matchs que celui de l'époux, du père, du patron et du public pendant les matchs, ainsi que celui tout aussi important du rapport à soi-même. Plusieurs thèmes se marient donc qui débordent sur les champs autant sociaux que psychologiques.       <br />
              <br />
       Il y a toujours un ou plusieurs personnages qui se retrouvent à cheval entre ces différents univers en incarnant chacun le visage d'une lutte, afin de trouver une place pleine et entière sur un terrain, au travail et chez soi.       <br />
              <br />
       Nous sommes symboliquement en face de deux rives qui se font face. D'un côté, les hommes, de l'autre côté les femmes avec, au milieu, un entraîneur qui mène cette équipe de footballeuses vers une prise de conscience de leur identité sportive dans un champ investi par les hommes, portée par un jeu théâtral où différents visages apparaissent. Soit celui de débutantes qui se jettent à l'eau pour se découvrir finalement, soit celui de continuer une passion (Camille Garcia), soit celui de s'évader d'un univers contraint et violent, soit celui de poursuivre une pratique afin d'en faire son métier (Marie Nicolle).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58051821.jpg?v=1716302464" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Dans ces différentes trames, l'équilibre se joue entre le texte, la musique et la danse. Le texte et la mise en scène de Pauline Bureau arrivent à marier différentes perceptions d'un sport et de celles qui le jouent. Dans le jeu, nous sommes sur plusieurs registres. Celui avant tout du comique dans les attitudes, les propos, la gestuelle. Puis, avec la danse, dans le cadre de déhanchements effectués comme sur une piste d'un club, le combat sportif devient politique, celui &quot;d'entrer dans la danse&quot; afin de trouver sa place dans un monde qui les exclut. C'est avec cet art que les corps se libèrent, trouvent leur équilibre, leur épanouissement et leur amplitude.       <br />
              <br />
       La pièce bascule d'un plan à un autre, d'une scène à une autre en passant de l'essai à la maîtrise, de la défaite à la victoire, des rires aux pleurs, de la colère à l'enthousiasme et de la violence à l'entraide. Ce sont sur ces différentes ruptures et évolutions de jeu que ce beau spectacle est construit, offrant ainsi un plaisir autant des situations que du tempo.       <br />
              <br />
       <b>Les représentations ont eu lieu du 14 au 17 mai 2024 à la Grande Halle de la Villette.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les féminines"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58052132.jpg?v=1716303408" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Pauline Bureau.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Léa Fouillet.       <br />
       Avec : Yann Burlot, Nicolas Chupin (de la Comédie-Française), Rébecca Finet, Sonia Floire, Léa Fouillet, Camille Garcia, Marie Nicolle, Anthony Roullier, Claire Toubin, Catherine Vinatier.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Roy.       <br />
       Costumes et accessoires : Alice Touvet.       <br />
       Composition musicale et sonore : Vincent Hulot.       <br />
       Vidéo : Nathalie Cabrol.       <br />
       Lumière : Sébastien Böhm.       <br />
       Dramaturgie : Benoîte Bureau.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Collaboration artistique : Cécile Zanibelli, Gaëlle Hausermann.       <br />
       Direction technique : John Carroll.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">22 mai 2024 :</span> Théâtre Alexandre Dumas, Saint-Germain-en-Laye (78).       <br />
       5 juin 2024 : La Filature – Scène nationale,  Mulhouse (68).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58052134.jpg?v=1716303474" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-feminines-droles-professionnelles-et-feministes-_a3911.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière</title>
   <updated>2023-04-23T17:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-encyclopedie-du-geste-ouvrier-Miseres-et-splendeurs-de-la-geste-ouvriere_a3575.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/72357497-50353756.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-04-24T07:25:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si l'on s'en réfère aux origines de la geste - corpus d'écrits épiques de l'époque féodale relatant les hauts faits de personnages historiques ou légendaires -, la forme chorégraphiée mise en jeu et interprétée par Sylvie Balestra de la Cie Sylex s'inscrit pleinement dans le droit fil des "exploits" de la geste ouvrière. En effet, est-il encore utile de le rappeler à une époque vibrant au rythme frénétique de l'indice du CAC 40, ce qui fabrique la richesse d'un pays, c'est la force fabuleuse déployée sans relâche par des milliers d'anonymes, travailleurs de l'ombre éclipsés par les gesticulations aveuglantes des performeurs boursiers.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72357497-50353756.jpg?v=1682265368" alt=""L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière" title=""L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière" />
     </div>
     <div>
      Si l'artiste, chorégraphe, performeuse et passionnée d'ethnographie - elle s'est notamment penchée sur les rituels à fortes charges symboliques du monde du rugby en en livrant un état des lieux percutant comme une charge de mêlée - choisit là comme &quot;sujet&quot; d'étude le geste ouvrier dans le dessein d'en faire la matière vivante d'une encyclopédie, c'est tout… sauf un hasard. En effet, ayant eu pour géniteurs une mère femme de ménage dans un hôtel de luxe et un père plombier l'emmenant sur ses chantiers, elle était &quot;tout naturellement&quot; prédestinée à se pencher sur le geste ouvrier, sujet constituant de son histoire, sujet faisant corps avec elle. Une sorte de retour aux sources de ce qui a nourri l'enfant en elle.       <br />
              <br />
       Alors qu'en contre-point une vidéo diffuse en abyme les images d'engins élévateurs transportant les poutres métalliques ayant servi à la rénovation du bâtiment du Glob Théâtre, lieu de la représentation, la chorégraphe endossant la posture d'une conférencière dévoile &quot;la petite fabrique&quot; de son intervention… Observer des communautés en adoptant le point de vue d'un objectif libre de tout &quot;pré-jugé&quot; afin de saisir au mieux la réalité des scènes qu'il capte dans son viseur. Puis, traduire ce réel dans un spectacle qui ne soit ni hommage, ni critique savante, mais traduction fidèle aux choses vues et entendues.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72357497-50353760.jpg?v=1682265402" alt=""L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière" title=""L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière" />
     </div>
     <div>
      Le corps au travail, le corps engagé dans le labeur, tel est le thème de ce parcours (ré)initiatique mêlant souvenirs familiers et recherches de terrain. Ainsi, de sa mère confectionnant avec grand soin les bouquets destinés aux stars du Festival de Cannes, pliant impeccablement leurs précieuses robes dans leurs valises luxueuses, nettoyant leur salle de bain sans laisser trace de la moindre gouttelette sur leur beau miroir. Ranger, balayer, nettoyer sans relâche, tâches répétitives, travail de Sisyphe - mots écrits à la craie sur le sol témoin - qu'elle accomplissait actionnée par l'amour du travail bien fait. Jusqu'au jour où, nouvelles méthodes de management obligent, on l'a privé du sens de son labeur en lui intimant des procédures édictées par des technocrates soucieux du seul rendement.       <br />
              <br />
       Ainsi, de son père lui faisant découvrir très tôt le monde des chantiers. Univers peuplé d'hommes avares de paroles ou alors seulement des bribes échappées de plusieurs langues comme naguère dans la tour de Babel où le Patron Dieu dispersa le langage commun en une multitude afin de diviser pour mieux régner. Absorbé tout entier dans sa tâche, le travailleur appliqué n'a pas le loisir de se laisser distraire… Une vidéo tournée en 2012 dans une usine de métallurgie montre un fondeur plongeant sa perche dans un brasier ardent pendant que l'interprète du monde ouvrier écrit en majuscules sur le sol les mots &quot;MÉTAL - FEU - MALADIE - MORT&quot;. Aujourd'hui l'usine a fermé ses portes et ses quelques machines rouillées, témoins de ce temps oublié, ne pourront à jamais parler la condition ouvrière.       <br />
              <br />
       Le corps engagé, c'est aussi la troublante beauté du geste du travailleur manuel et de ses mains enfilant instinctivement ses gants, les retirant, comme une chorégraphie apprise et répétée sans faillir. Cependant, les mains-outils portent les stigmates du labeur intensif qu'elles s'emploient à exécuter en trouvant empiriquement le bon geste, celui qui résulte d'une savante alchimie entre force et douceur.       <br />
              <br />
       Fidèle au contrat annoncé d'une encyclopédie à écrire, la chorégraphe commence par la lettre A, début des mots Apprentissage, et Automatiser… Suivront les autres lettres, P comme Professionnel, S comme Sensations… Autant d'occasions pour la chorégraphe - ayant réuni au plateau les objets reliques de la condition ouvrière : masque du soudeur, boîtier commande des élévateurs, gants protecteurs - de recomposer artistiquement, sans les imiter pour autant, les gestes précieusement documentés comme autant de mots articulant les phonèmes d'une geste ouvrière dont elle est en train d'écrire la syntaxe sous nos yeux, témoins de cette Histoire considérée comme bien trop peu glorieuse pour être habituellement racontée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72357497-50353770.jpg?v=1682265435" alt=""L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière" title=""L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière" />
     </div>
     <div>
      Ce qui marque la prime jeunesse génère des vertus durables lorsqu'il s'agit d'émotions positives transcendant la suite des jours. Héritière d'une mémoire ouvrière &quot;encrée&quot; en elle, faisant corps - celui de la danseuse qu'elle est devenue - avec la petite et la grande Histoire des travailleurs de l'ombre dont elle se fait la passeuse attentive, Sylvie Balestra livre dans son &quot;Encyclopédie du geste ouvrier&quot; l'énergie du bel ouvrage… l'énergie vitale des travailleurs de tous les pays. Par vagues successives, ses échos énergisants atteignent à leur tour les spectateurs, embarqués les yeux grand ouverts dans cette odyssée aux horizons régénérateurs.       <br />
              <br />
       <b>Création vue le jeudi 6 avril 2023 au Glob Théâtre de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'encyclopédie du geste ouvrier"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/72357497-50353771.jpg?v=1682265459" alt=""L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière" title=""L'encyclopédie du geste ouvrier" Misères et splendeurs de la geste ouvrière" />
     </div>
     <div>
      Conférence dansée de la Compagnie Sylex, Sylvie Balestra.       <br />
       Conception et mise en scène : Sylvie Balestra.       <br />
       Avec : Sylvie Balestra.       <br />
       Créateur lumière : Éric Blosse.       <br />
       Accompagnement et développement : Vanessa Vallée.       <br />
       Production : Compagnie Sylex.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 27 au 29 avril 2023 : &quot;Grrrrr&quot; au Point Fabre, Chêne-Bourg (Suisse).       <br />
       20 et 21 mai 2023 : Rencontres et Performances, Théâtre du Cloître, Bellac (87).       <br />
       4 juillet 2023 : Vieillesse &amp; Élégance - Festival de Bellac, Théâtre du Cloître, Bellac (87).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/L-encyclopedie-du-geste-ouvrier-Miseres-et-splendeurs-de-la-geste-ouvriere_a3575.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine</title>
   <updated>2023-01-31T19:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Feminines-Le-foot-en-version-feminine-pour-une-etonnante-aventure-humaine_a3501.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70492970-49162289.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-02-01T07:38:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ça commence limite "foutage de gueule", genre numéro de cirque en guise d'attraction préambulaire… Après le combat de catch de nains, pourquoi pas un match de foot féminin pour ouvrir la kermesse annuelle du journal L'Union à Reims ! Sauf que… les choses vont prendre une tournure inattendue… Avec une coupe du monde à la clé ! C'est la nouvelle et formidable histoire de femmes que nous racontent Pauline Bureau et sa compagnie La Part des Anges.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70492970-49162289.jpg?v=1675188246" alt=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" title=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" />
     </div>
     <div>
      Reims, été 68. Dans la perspective d'un événement footballistique important, coach et cadres de l'équipe locale cherche une attraction en préambule de la confrontation sportive… Et pourquoi pas des femmes courant après un ballon, c'est original et rigolo, du jamais vu ! Des filles sur un terrain de foot, voilà un divertissement apte à régaler les mâles… majoritaires sur les gradins.       <br />
              <br />
       S'ensuit un appel à candidates qui, à la grande surprise de l'initiateur, fonctionne et plusieurs répondent présentes. Mais son étonnement est total quand il les voit taper dans le ballon ; et jouer avec enthousiasme, aisance, rapidité et une immense liberté, sans retenue. Elles ont entre 16 et 32 ans, venant d'horizons différents, et sont bien décidées à faire de cette mauvaise plaisanterie divertissante l'aventure de leur vie.       <br />
              <br />
       Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70492970-49162290.jpg?v=1675188983" alt=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" title=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" />
     </div>
     <div>
      Décor astucieusement conçu sur deux niveaux : en haut, c'est l'atelier prolétaire, le bas étant dédié au foot, aux coulisses, les vestiaires. Troisième élément qui prend vite son importance, l'écran format horizontal qui se déploie sur le niveau haut (usine) sur lequel est projeté un film (réalisé par Pauline Bureau et Nathalie Cabrol), face extérieure de la vie des footballeuses, en images sportives d'entraînements et de matchs filmés… en &quot;opposition&quot; à l'aspect pile de la vie intérieure de celles-ci, tant dans les vestiaires que dans des lieux plus intimes telle la chambre de Rose, l'une d'entre elles, ou la salle à manger familiale de Marinette.       <br />
              <br />
       À l'étage industrieux, ouvrières affectées à la presse hydraulique, à la chaîne, mains attachées par sécurité… oui, mais aussi expression d'une symbolique forte, attachées/détachées par le contremaître, maître… forcément masculin. Inégalités dans tous les domaines, celle salariale, historique archaïsme maintenu ; ou celle du couple où le conjoint à la posture dominante peut en venir aux viols/violences sous le prétexte d'une demande en mariage s'écrasant lamentablement devant le refus d'une compagne qui, dans sa démarche d'indépendance sportive, voit poindre une liberté sociale et morale à venir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70492970-49162291.jpg?v=1675189066" alt=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" title=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" />
     </div>
     <div>
      En intermèdes des jeux de vestiaires, discrètement, se mêlent en contrepoint des moments plus intimes. Notamment quand Françoise, gardienne du stade et joueuse, ne sachant pas lire, demande à Marinette de lui dire ce qu'est la lettre qu'elle vient de recevoir. Par la suite, cette dernière lui apprendra petit à petit. Se joue ici aussi une partition de la solidarité… L'équipe est un groupe de femmes solidaire qui s'entraide. Idem pour Rose lorsqu'elle est battue - par celui qui aurait pu être son époux s'il avait été moins con - car elle ne veut pas devenir une épouse soumise. Elle sera accueillie, après avoir quitté le domicile des ébats et battues, par Joana.       <br />
              <br />
       L'une des grandes réussites de Pauline Bureau est de nous proposer une association ingénieuse, claire et précise, de la vie sportive et de l'intimité de ces femmes où paraît, avec comme toujours une vraie et talentueuse implication des membres de la compagnie, l'évolution de chacune d'entre elles, en reflet de ce que fut sans doute la réalité à cette époque-là… Difficile de concilier le rôle de mère de famille et une activité sportive prenante !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70492970-49162292.jpg?v=1675189157" alt=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" title=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" />
     </div>
     <div>
      Marinette, par exemple, au départ lycéenne, va grandir, changer, aller vers plus de maturité. Elle change de look, de coiffure (coupe ses cheveux), devient &quot;femme&quot;, quittant l'adolescence (du début). Dans le même temps, elle a appris à lire à Françoise. Parallèlement, les ouvrières de l'usine se mettent en grève. Elles revendiquent notamment l'égalité salariale. Tenant bon, les négociations finissent par devenir intéressantes pour elles. Le combat se transforme en victoire… But !       <br />
              <br />
       1978, Taipei. L'équipe de France (joueuses majoritairement issues de l'équipe de Reims) gagne la coupe du monde. Elles sont sacrées championnes du monde !       <br />
              <br />
       Les femmes ont pris de l'importance. L'équipe peut penser différemment. Certaines se sont libérées du carcan familial, d'autres ont appris à lire, à penser sans les hommes, à faire bouger les lignes. C'est l'histoire d'une libération, celle des femmes s'affranchissant du pouvoir des mâles. L'apport de la féminité victorieuse au sein des vieux préjugés machistes. Dans un sport qui ne s'écrivait, ne s'envisageait qu'au masculin, des femmes ont commencé à graver leurs noms, à démontrer, à mettre en avant, leur indépendance et la force obstinée de leur combat... qui doit encore - car malheureusement rien n'est définitivement acquis - se poursuivre aujourd'hui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Féminines"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70492970-49162293.jpg?v=1675189205" alt=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" title=""Féminines"… Le foot en version féminine pour une étonnante aventure humaine" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Pauline Bureau.       <br />
       Assistante à la mise en scène et régie plateau : Léa Fouillet.       <br />
       Avec : Yann Burlot, Rébecca Finet, Sonia Floire, Léa Fouillet, Camille Garcia, Mounir Margoum, Marie Nicolle, Anthony Roullier, Claire Toubin, Catherine Vinatier.       <br />
       Dramaturgie : Benoîte Bureau.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Roy.       <br />
       Composition musicale et sonore : Vincent Hulot.       <br />
       Lumière : Sébastien Böhm.       <br />
       Costumes et accessoires : Alice Touvet.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Perruques : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Vidéo : Nathalie Cabrol.       <br />
       Collaboration artistique : Cécile Zanibelli et Gaëlle Hausermann.       <br />
       Cheffe opératrice : Florence Levasseur.       <br />
       Cadreurs : Christophe Touche et Jérémy Secco.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
       Par la Compagnie La Part des Anges.       <br />
       Créé le 5 novembre 2019 à la Comédie de Caen - CDN de Normandie.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 au 18 février 2023.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 18 h et dimanche à 16 h.       <br />
       TQI CDN du Val-de-Marne, La Fabrique, Salle Adel Hakim, Ivry-sur-Seine (94), 01 43 90 11 11 .       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-quartiers-ivry.com/saison/spectacle/feminines.htm" target="_blank">&gt;&gt; theatre-quartiers-ivry.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">3 février 2023 :</span> Centre Culturel Robert Desnos - Scène nationale, Evry (91).       <br />
       24 février 2023 : Pôle En Scènes - scène conventionnée, Bron (69).       <br />
       28 février 2023 : Théâtre du Jura, Delémont (Suisse).       <br />
       7 mars 2023 : Le Quai des Arts, Argentan (61).       <br />
       Du 25 au 28 avril 2023 : Théâtre national Bordeaux Aquitaine - CDN, Bordeaux (33).       <br />
       8 et 9 mai 2023 : Le Radiant, Caluire-et-Cuire (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Feminines-Le-foot-en-version-feminine-pour-une-etonnante-aventure-humaine_a3501.html" />
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