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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T17:15:05+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles</title>
   <updated>2026-06-02T17:49:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Le-Parfait-Manuel-Initiation-burlesque-a-la-tyrannie-ou-comment-porter-un-regard-satirique-sur-une-pratique_a4570.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-05-28T08:42:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Apprendre à être dictateur en 10 leçons. Telle est la vocation de ce "Parfait Manuel" avec, en accompagnement, une coach comédienne pour maîtriser le paraître et oublier l’être, afin de créer le profil idéal qui plaît au peuple, apprendre à prononcer les mots que ce dernier veut entendre et lui faire croire que vous lui apporterez ce dont il a besoin… En somme séduire pour mieux anesthésier les volontés et orchestrer la manipulation. Marianne Lézin et Paul Tilmont dissèquent ici les mécanismes de la puissance politique absolue… posant en filigrane la question : est-ce l'homme qui prend le pouvoir ou est-ce le pouvoir qui prend l'homme ? Le tout sur fond de nos fragiles réalités démocratiques…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96747068-67438805.jpg?v=1779951694" alt="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" title="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" />
     </div>
     <div>
      Dès l'entrée en salle, ambiance cabaret. Trois saltimbanques, musiciens et hâbleurs, à la gouaille façon Karl Valentin, œuvrent en paroles et musiques. On se croirait presque chez Brecht. Soupçons d'impertinence et d'espièglerie pour ainsi proposer à l'assemblée la découverte d'un manuel composé de dix leçons pour devenir un parfait petit dictateur. Dans une première forme de conférence ludique et décalée, nos trois larrons conquièrent spectatrices et spectateurs dans une triple position de témoins, élèves et complices. Mais le burlesque va adoucir la situation, car, ici, pas de démonstration des méfaits d'une dictature spectaculaire (on ne les connaît que trop), mais plutôt le rire, la parodie… l'humour pour une mise à distance toute théâtrale afin d'opérer une dissection quasi chirurgicale de la mécanique du pouvoir au service du despotisme.       <br />
              <br />
       A contrario, l'étude visera aussi, et c'est là l'une des qualités de la pièce, à mettre en exergue l'inquiétante fragilité, les instabilités récurrentes de nos démocraties modernes. Car, oui, la dictature est une activité florissante. Aujourd'hui, on dénombre plus d'une cinquantaine de dictateurs ou de &quot;régimes autoritaires&quot; ayant à leur tête un despote… Et que des hommes ! Ça, c'est le côté tragique, mais tellement réel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96747068-67438806.jpg?v=1779951719" alt="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" title="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, au fil des leçons dûment exposées, nous suivons la montée en puissance d'un tyran qui va passer de &quot;stagiaire&quot; à véritable homme de pouvoir, usant des pires méfaits pour assouvir sa soif de domination, mais finissant dans une déchéance toute shakespearienne. Avant cela, nous allons observer l'évolution progressive de l'animal machiavélique dans sa trajectoire toxique… Sa montée vers le pouvoir… Devenir/être le champion du peuple et amener ce dernier à s'identifier à celui-ci.  En coulisses, officient une actrice pédagogue nommée &quot;Elle&quot; et &quot;Al&quot;, personnage de l'heureux et généreux donateur finançant tout ce dont le tyran a besoin, dont le financement de sa campagne.       <br />
              <br />
       &quot;Elle&quot; (Pauline Vaubaillon) et &quot;Al&quot; (Brice Cousin), usant de moyens différents, vont façonner l'élève autocrate. Elle va, s'appuyant sur les dix leçons, lui faire travailler son attitude physique, sa posture… lui apprendre à polariser l'attention, hypnotiser les foules, utiliser des phrases clés comme &quot;Agir pour et avec le peuple&quot;, se créer un profil qui émeuve, à mentir par omission ou à bon escient… Considérer les électeurs comme des spectateurs… l'attrait d'un &quot;discours spectacle&quot; réjouissant, plaisant, semblant répondre aux attentes… L'art du faux-semblant ! Dans la harangue à la tribune, ne jamais oublier d'où l'on vient ou, du moins, le faire croire.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96747068-67438827.jpg?v=1779951774" alt="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" title="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" />
     </div>
     <div>
      Dans cette comédie à la &quot;Brazil&quot;, c'est &quot;Elle&quot; qui détient la doctrine initiale. Lui (Paul Tilmont), devenu maître du jeu, va petit à petit s'en éloigner, ivre de pouvoir… Et utilisera, pour arriver à ses fins, l'attirail habituel, la &quot;boîte à outils&quot;, du tyran : délation, banalisation de la haine, exploitation des peurs, réécriture permanente de la réalité, milice, emprisonnement, torture, camps, etc. Pour amplifier cette ascension, un large escalier imposant, décor central, est l'élément scénographique aux multiples facettes : gradins, tribune, sommet après l'ascension, prise de hauteur, expression du mépris, cours de dictature, etc. Réversible, il se retourne totalement et sa face arrière fait apparaître un écran.       <br />
              <br />
       Spectateurs et témoins de cette étrange métamorphose, à la fois lointaine, car caricaturale et satirique, et bien réelle du fait de sa proximité avec des individus à la tête de pays &quot;ex-amis&quot;, le public pourrait se sentir quelque peu mal à l'aise. Mais user du/de théâtre pour tirer les fils qui constituent l'habit du dictateur permet une prise de recul qui invite à un regard constructif et une compréhension des mécanismes amenant de nombreux états aux extrêmes politiques et à l'émergence de dictatures. La mise en scène et les partis pris de Mariana Lézin permettent d'éviter les écueils anxiogènes grâce à des enchaînements rapides, allégés par de furtifs effets comiques, incluant des séquences burlesques aux accents de music-hall.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96747068-67438829.jpg?v=1779951819" alt="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" title="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" />
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     <div>
      La complicité entre la comédienne et les deux comédiens est évidente et leur énergie est communicative. Jouant d'effets comiques vifs et d'échanges dynamiques tant musicaux que verbaux, ils et elle créent une ambiance ubuesque qui donne une vivacité particulière à un sujet d'étude plutôt sombre. Le choix fait de ne pas omettre l'émergence quasi systématique d'une résistance et de proposer tout au long de la pièce des va-et-vient entre les différents mécanismes faisant fonctionner la démocratie et l'autocratie, d'en éclairer les ressorts universels et finalement d'évoquer le toujours possible pourrissement d'une dictature (à moyen ou long terme).       <br />
              <br />
       Ainsi, oscillant en permanence entre satire et tragédie, &quot;Le Parfait Manuel&quot; désamorce par le rire la perspective effrayante évoquée et la monstruosité du personnage tyrannique. Il explore également la perméabilité entre idéal et autoritarisme, sincérité et opportunisme, engagement et manipulation. En questionnant notre époque et ses dérives politiques, la pièce nous dit aussi qu'un régime totalitaire ne naît pas dans un fracas spectaculaire, mais par étapes, par glissements successifs, par consentements minuscules. Les auteurs nous rappellent que <span style="font-style:italic">&quot;Le monstre prospère dans l'indifférence. La démocratie survit dans la vigilance. Rire, alors, devient un acte politique. Pleurer aussi&quot;.</span> Sans oublier la phrase de Bertolt Brecht : <span style="font-style:italic">&quot;Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde&quot;.</span>       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Parfait Manuel"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96747068-67438830.jpg?v=1779951842" alt="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" title="•Off 2026• "Le Parfait Manuel" Initiation burlesque à la tyrannie ou comment porter un regard satirique sur une pratique politique s'abreuvant de nos fragilités démocratiques actuelles" />
     </div>
     <div>
      Texte : Mariana Lézin et Paul Tilmont.       <br />
       Mise en scène : Mariana Lézin.       <br />
       Dramaturgie : Adèle Chaniolleau.       <br />
       Avec : Pauline Vaubaillon, Paul Tilmont et Brice Cousin.       <br />
       Musique : Nicolas Repac.       <br />
       Scénographie : Mariana Lézin et Alexis Marchetti.       <br />
       Création lumière : Alexis Marchetti.       <br />
       Costumes : Patrick Cavalié et Eve Meunier.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.         <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 avril au 30 mai 2026.</span>       <br />
       Mercredi et jeudi à 19 h, vendredi et samedi à 21 h 15, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de Belleville, 16, Passage Piver, Paris 11ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 48 06 72 34.       <br />
       <a class="link" href="https://theatredebelleville.mapado.com/event/677110-le-parfait-manuel" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredebelleville.com/" target="_blank">>> theatredebelleville.com</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 23 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 50. Relâche le vendredi.       <br />
       Théâtre Le 11 • Avignon, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://11avignon.mapado.com/event/730818-le-parfait-manuel-a-lusage-des-futurs-dictateurs" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">>> 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie</title>
   <updated>2024-01-23T10:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Andromaque-Femme-fatale-Une-version-flamboyante-en-rouge-noir-et-blanc-de-la-mythique-tragedie_a3795.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77949402-56612183.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-01-23T07:24:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un plateau rouge sang – de la couleur de celui versé à flots lors de la prise de Troie par les Grecs, écho princeps des guerres contemporaines et de leurs effusions sanglantes – sur lequel les protagonistes tout de noir vêtus évolueront jusqu'à s'y perdre. Du quatuor mythique (Oreste, Hermione, Pyrrhus, Andromaque), marqué à jamais par le fatum cruel qui leur fait aimer celui ou celle qui ne veut pas d'eux, la rescapée du rôle-titre de Racine se détachera en revêtant la longue robe blanche des épousées… Une symphonie de couleurs éblouissantes, mise en scène superbement par Stéphane Braunschweig, afin de mieux nous dessiller les yeux sur les jeux éternels de l'amour fou et du trépas insensé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612183.jpg?v=1705953349" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Que sont les héros des tragédies antiques, issus d'un noble sang princier, si ce n'est les représentants de nos vies minuscules magnifiées par le haut rang qu'est le leur ? Si leur écho n'a rien perdu de leur puissance en traversant l'épaisse nuit qui nous sépare d'eux, c'est qu'ils cristallisent les ressorts de notre être au monde. <span style="font-style:italic">&quot;Brûler d'une possible fièvre, Aimer jusqu'à la déchirure, Aimer, même trop, même mal. Tenter d'atteindre l'inaccessible étoile&quot;</span>, le héros de &quot;la quête&quot;  de Jacques Brel se faisait aussi en son temps le porte-parole exalté des jeux cruels du désir amoureux…       <br />
              <br />
       À peine passée la scène d'exposition confiée à Oreste retrouvant son ami Pylade, advient le premier choc ressenti à l'apparition de Pyrrhus, le roi d'Épire. Géant sanguinaire, treillis militaire et rangers de combat aux pieds, son allure dégingandée et ses regards inquiétants ajoutant à la frayeur qu'il inspire lorsqu'il hurle son refus aux oreilles d'Oreste, venu au nom des Grecs lui réclamer Astyanax, le fils d'Hector.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612189.jpg?v=1705953395" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, le jeu de billards à trois bandes est institué… Oreste, amoureux fou de la princesse Hermione promise par ses illustres parents (Hélène et Ménélas) à Pyrrhus, a tout à perdre à ce que le fils d'Achille obéisse à sa requête en sacrifiant le jeune enfant d'Andromaque, sa captive troyenne dont il est fou amoureux… ce qui, sur le champ, sonnerait le glas des espoirs du roi d'Épire d'épouser la veuve d'Hector… et rouvrirait, à l'opposé, pour le fils d'Agamemnon le champ des possibles. Ainsi, exigeant en paroles ce qui condamnerait son hymen pour Hermione, Oreste accomplit-il sa mission d'ambassadeur des Grecs avec le secret désir… d'échouer, afin de pouvoir reconquérir celle qu'il aime d'une passion dévorante.       <br />
              <br />
       Trois amoureux fous de désir qui, dans des joutes où la passion annihilera toute raison, vont rejouer corps et âme leur existence sur un tapis rouge… où seule celle – Andromaque – qui a pour amour un mort, le défunt Hector, survivra (très beau tableau final). Quand les personnages entrent en scène, nous savons pourtant avec eux le sort qui les attend de toute éternité. Et cependant, magie de la représentation théâtrale incarnée, nous les &quot;découvrons&quot; en prise avec leur démon chevillé au corps…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612211.jpg?v=1705953563" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Pyrrhus à l'adresse d'Andromaque : <span style="font-style:italic">&quot;Songez-y bien : il faut désormais que mon cœur/S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur&quot;</span> ; Hermione à propos de Pyrrhus : <span style="font-style:italic">&quot;Lui qui me fut si cher, et qui m'a pu trahir/Ah ! je l'ai trop aimé pour ne le point haïr&quot;</span> ; Oreste à propos d'Hermione : <span style="font-style:italic">&quot;Je me livre en aveugle au destin qui m'entraine/La fléchir, l'enlever, ou mourir à ses yeux&quot;…</span>        <br />
              <br />
       Ballottés entre les deux versants opposés (et complémentaires) du même sentiment, les trois héros vont allègrement creuser leur perte, car, quand bien même devraient-ils en mourir, le désir fou de l'autre, qui comblerait en eux un manque consubstantiel à leur existence, est vécu dans leur imaginaire comme un &quot;viatique&quot;, un leurre partagé de tout temps. Dans la vie ordinaire, cela donnerait lieu aux titres racoleurs de journaux à sensations, mais lorsqu'on appartient à des lignées royales drapées dans les plis d'une noblesse de sang, les alexandrins magnifiques de Racine en exaltent le parfum sulfureux.       <br />
              <br />
       Et les confidents (Pylade pour Oreste, Cléone pour Hermione, Phœnix pour Pyrrhus et Céphise pour Andromaque) auront beau tenter de faire entendre à chacun et chacune la voix de la réalité qui insiste, rien n'y fera, chacun se précipitant sciemment vers son destin tragique comme si Thanatos faisait d'Eros son allié pour divinement triompher.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612249.jpg?v=1705953617" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, dans un tableau vivant évoquant ceux du Caravage, le tyran sanguinaire Pyrrhus, couvert du sang dans lequel il se vautre, se tordra de douleur aux pieds d'Andromaque, inflexible dans sa dignité de veuve fidèle à son amour défunt. Le rouge sang du sol striant son corps de brute épaisse, torturée par les affres d'une passion destructrice, se mêle au clair-obscur du plateau, pour créer une peinture au naturalisme appuyé, nous éclaboussant de sa force expressive.       <br />
              <br />
       De même, au dernier acte, lorsque tombe des cintres un cadre miroir dans lequel se reflètent comme des figures fantomatiques les héros en pleine perdition, le jeu des passions incandescentes se fera encore plus cruel avec, pour point d'orgue, la folie d'Oreste… Après avoir outrepassé ses valeurs en assassinant un roi qu'il vénère pour offrir à Hermione le récit triomphal de l'exécution de son rival, l'amoureux éconduit se voit rendu coupable de sa mort.        <br />
              <br />
       Fuyant dans la folie une réalité &quot;déraisonnable&quot;, il se débattra contre les Erynnies venues le torturer, et s'écriera, halluciné : &quot;Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?&quot;. En délivrant ici l'un des plus bels alexandrins du siècle classique, le visage de l'acteur distordu par l'effroi renvoie à un autre tableau expressionniste ô combien mythique, celui du &quot;Cri&quot; d'Edvard Munch. Seuls les bras de son ami Pylade pourront contenir la folie à l'œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612253.jpg?v=1706004735" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Et lorsque l'apothéose finale présentera comme seule survivante Andromaque en majesté, magnifique en femme fatale au regard dévasté serrant dans ses bras le jeune Astyanax, hiératique dans sa robe immaculée tranchant sur l'immense tache rouge du plateau dépouillé des autres vies, on pourrait penser un instant que l'amour porté à un défunt garantit seul des vicissitudes funestes des passions vivantes. Musset nous en détrompe : <span style="font-style:italic">&quot;J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelques fois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en jeu d'une sobriété &quot;spectaculaire&quot;, la scénographie renvoyant à des tableaux de maître et l'interprétation délivrant les alexandrins avec un naturel saisissant, concourent à donner à l'&quot;Andromaque&quot; de Stéphane Braunschweig une puissance bouleversante. Comme si elle renaissait de ses cendres devant nos yeux dessillés.        <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 17 janvier, Grande salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Andromaque"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612254.jpg?v=1705953673" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      Création novembre - décembre 2023 à l'Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris 6e.       <br />
       Texte : Jean Racine.       <br />
       Mise en scène : Stéphane Braunschweig.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Aurélien Degrez.       <br />
       Avec : Jean-Baptiste Anoumon, Bénédicte Cerutti, Boutaïna El Fekkak, Alexandre Pallu, Pierric Plathier, Chloé Réjon, Jean-Philippe Vidal, Clémentine Vignais.       <br />
       Collaboration artistique : Anne-Françoise Benhamou.       <br />
       Scénographie : Stéphane Braunschweig.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Alexandre de Dardel.       <br />
       Costumes : Thibault Vancraenenbroeck.       <br />
       Lumière : Marion Hewlett.       <br />
       Son : Xavier Jacquot.       <br />
       Coiffures et maquillage : Émilie Vuez.       <br />
       Réalisation du décor : Atelier de construction de l'Odéon-Théâtre de l'Europe.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 16 au 19 janvier 2024 au TnBA Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Les 1er et 2 février 2024 : Théâtre de Lorient - CDN, Lorient (56).       <br />
       Du 8 au 14 février 2024 : Comédie de Genève, Genève (Suisse).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77949402-56612388.jpg?v=1705954347" alt=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" title=""Andromaque" Femme fatale… Une version flamboyante, en rouge, noir et blanc, de la mythique tragédie" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Andromaque-Femme-fatale-Une-version-flamboyante-en-rouge-noir-et-blanc-de-la-mythique-tragedie_a3795.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre</title>
   <updated>2022-05-18T08:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Britannicus-Ou-comment-rendre-compte-de-la-naissance-d-un-monstre_a3245.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64650120-46298706.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-05-18T07:28:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Agrippine, mère de Néron, s'aperçoit que ce prince qu'elle n'avait élevé au trône que pour régner sous son nom, est décidé à gouverner par lui-même. Ambitieuse et affamée de pouvoir, elle consent à marier Junie à Britannicus, fils de l'empereur Claude, son premier mari, et frère adoptif de Néron, dans le but de se concilier l'affection de ce jeune prince et de s'en servir au besoin contre Néron…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64650120-46298706.jpg?v=1652773890" alt=""Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre" title=""Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre" />
     </div>
     <div>
      Il ne faut pas plus de quelques vers à Racine pour poser l'intrigue et ses personnages : une famille disloquée que le public surprend en plein trauma, avec un empereur fuyant et sa mère qui reste sur le pas de la porte. Pièce écrite deux ans après le triomphe d'Andromaque et après l'intermède des Plaideurs et première pièce pour Racine s'inspirant d'un sujet romain.       <br />
              <br />
       Il s'agit pour Néron non pas d'échapper à l'amour castrateur de sa mère, mais de lutter contre le pouvoir qu'elle continue de lui imposer. Néron n'est pas d'emblée le tyran sanguinaire que l'on connaît par la légende. C'est un jeune empereur apprécié du peuple, qui n'a pas encore brûlé Rome ni tué sans femme, ni encore sa mère.       <br />
              <br />
       Soit les ouvertures de pièces de théâtre <span style="font-style:italic">in media res</span> captivent, soit elles dérangent. C'est selon la sensibilité de chaque spectateur. Il n'y a pas de juste milieu… En tout cas, c'est le choix qu'a fait Racine en nous présentant d'emblée Agrippine, mère de l'empereur Néron, exultant dans une fureur extrême, violente, autoritaire et ambitieuse. De toute évidence, c'est ce qui a peut-être séduit, entre autres, le metteur en scène Olivier Mellor de la Compagnie du Berger en choisissant d'adapter &quot;Britannicus&quot;, pièce dont les sujets sont l'usurpation, le pouvoir ou encore la trahison.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Dans cette cour, tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense !&quot;.</span> Nous sommes pourtant en 1669… Le XXIe s'en serait-il inspiré ?       <br />
              <br />
       La pièce se joue dans la splendide et fastueuse salle en pierre du Théâtre de l'Épée de Bois. Quel autre lieu aurait pu accueillir avec autant de faste une pièce comme celle-ci ? Tout y est magnifié, sublimé, surtout quand la mise en scène regorge de trouvailles scéniques et scénographiques exceptionnelles. Le public restreint de cette soirée &quot;presse&quot; du vendredi 6 mai s'en est aperçu bien vite, si tant est qu'il ne la connaissait pas déjà.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64650120-46298725.jpg?v=1652773970" alt=""Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre" title=""Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre" />
     </div>
     <div>
      Dans cette pièce, Racine nous plonge au cœur de l'action par les paroles prononcées par la comédienne Marie-Laure Boggio interprétant le rôle d'Agrippine, et c'est comme si la conversation avait déjà commencé avant. Le metteur en scène, quant à lui, quelques minutes avant le début de la représentation, nous prévient : <span style="font-style:italic">&quot;C'est du Dallas, mais en pire… !&quot;.</span> En quelque sorte, la représentation a déjà commencé. L'ouverture en live par quatre musiciens talentueux captive et les interprètes impressionnent par leurs notes lumineuses au saxo, violon, contrebasse et violoncelle et si l'on a l'oreille fine, on y repère tantôt des accents épiques, tantôt des thèmes originaux de Philippe Sarde ou de Claude Sautet.       <br />
              <br />
       Le ton est donné ! Puis la vidéo vient se mêler au décor mais n'opère rien d'ostentatoire comme cela peut être souvent le cas, le dispositif tri-frontal de la scénographie y étant certainement pour quelque chose. Sur les images latérales, des aperçus d'arbres, de nature ou de fourmis gesticulantes en noir et blanc, a priori quelque peu décalées par rapport à ce qui se trame sur scène et dans les âmes humaines. Mais l'être humain n'est-il pas souvent décalé et à la recherche de lui-même, quitte à faire de nombreux détours sur lui-même et envers les autres ?       <br />
              <br />
       Puis, plus tard, apparaîtra un visage de marbre sur lequel coule paisiblement un filet de sang <span style="font-style:italic">&quot;pour voir ce qu'il y a à entendre&quot;</span>, comme le précise le metteur en scène car, bien entendu, il y a aussi la force majestueuse de l'alexandrin qui, à n'en point douter, réclame aux spectateurs une attention de chaque seconde. D'aucuns pourraient penser que le spectateur n'a pas besoin d'être ainsi pris par la main pour &quot;entendre&quot; ce qui se joue sur scène, mais point de débat là-dessus car, ici, l'ensemble est plastiquement harmonieux et très efficace comme, par exemple, la modernité de la scénographie par les live des musiciens ou encore le son finement travaillé et les lumières bien présentes qui renforcent incontestablement l'éternelle beauté du vers héroïque.       <br />
              <br />
       Et les comédiens dans tout cela, penserez-vous ? Eh bien ils jouent ! On le sent, ils aiment ça ! Ils se connaissent bien qui plus est. Olivier Mellor confie que <span style="font-style:italic">&quot;choisir des actrices et des acteurs propres à la compagnie donne la sensation d'une saga familiale&quot;.</span> Le spectateur ressent cela de façon subtile. Chaque comédien assume le rôle de son personnage avec une aisance sans failles, tantôt illuminé sous les feux de projecteurs qui se balancent au-dessus de leur tête jusqu'à s'immobiliser pour leur donner toute la place qu'ils méritent, tantôt séparés par des taps de voile blanc qui s'écroulent bien visibles au milieu du plateau et qui claquent bruyamment sur le sol en pierre. L'effet sonore n'étant probablement pas recherché au départ, mais produisant le meilleur effet dans cette salle en pierre de l'Épée de Bois. Cinq taps qui délimitent chaque acte pour séparer symboliquement sans doute les personnages entre eux, et ce, jusqu'à la fin. Sous la houlette d'Olivier Mellor, on ne peut imaginer un simple effet purement esthétique…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64650120-46298735.jpg?v=1652774022" alt=""Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre" title=""Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre" />
     </div>
     <div>
      Aucun comédien ne bascule dans l'excès, chacun incarnant avec élégance son propre personnage. L'ensemble de l'intrigue racinienne étant, quant à elle, restituée sur scène dans une explosion artistique sensible et flamboyante.       <br />
              <br />
       L'intrigue de &quot;Britannicus&quot; n'est pas des plus simples. Les choix scénographiques et scéniques d'Olivier Mellor non plus ! Mais les choses complexes produisent parfois leurs plus beaux effets car, bien souvent, elles questionnent, dérangent, mais en tout cas ne laissent jamais de marbre.       <br />
              <br />
       La représentation est dynamique et allie avec finesse la parole héroïque de l'alexandrin aux gestes et aux mouvements amplement révélateurs de la disposition sentimentale des personnages. Il se passe toujours quelque chose sur scène qui occupe le regard du spectateur. Aucun temps mort. Et lorsque l'action tragique tend à s'apaiser un peu pour mieux rebondir aussitôt, la présence remarquée du chœur interprétée par François Decayeux, plus légère mais néanmoins efficace, fait parfois sourire. <span style="font-style:italic">&quot;C'est un personnage sympathique, un pendant à l'intrigue qui a des allures de magicien maladroit ou qui au contraire s'assimile à une main divine.&quot;</span>       <br />
              <br />
       Ne ratez pas cette création de &quot;Britannicus&quot; par Olivier Mellor et la Compagnie du Berger qui milite pour un théâtre de troupe, d'énergie, de musique et de textes. &quot;Compagnie associée&quot; depuis 2012 au Théâtre de l'Épée de Bois de la Cartoucherie de Vincennes, Olivier Mellor et ses comédiens partagent avec ce théâtre à nul autre pareil une idée commune d'un théâtre engagé et populaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Britannicus"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64650120-46298739.jpg?v=1652774166" alt=""Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre" title=""Britannicus" Ou comment rendre compte de la naissance d'un monstre" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Racine.       <br />
       Dramaturgie : Julia de Gasquet.       <br />
       Mise en scène : Olivier Mellor.       <br />
       Avec : Marie-Laure Boggio, Caroline Corme, Vincent do Cruzeiro, Marie-Laure Desbordes, Hugues Delamarlière, Rémi Pous, Stefen Szekely, François Decayeux.       <br />
       Musiciens : Thomas Carpentier, Séverin &quot;Toskano&quot; Jeanniard, Adrien Noble, Louis Noble.       <br />
       Scénographie, machineries : François Decayeux, Séverin Jeanniard, Olivier Mellor, avec le concours du collectif La Courte Échelle.       <br />
       Son : Séverin &quot;Toskano&quot; Jeanniard.       <br />
       Lumière : Olivier Mellor.       <br />
       Vidéo : Mickaël Tritent.       <br />
       Costumes : Bertrand Sachy.       <br />
       Maquillages : Karine Prodon.       <br />
       Par la Compagnie du Berger (Amiens).       <br />
       Durée : 2 h 25 (avec entracte).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 29 mai 2022.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi, samedi à 21 h, dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Salle en pierre, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Britannicus-Ou-comment-rendre-compte-de-la-naissance-d-un-monstre_a3245.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe</title>
   <updated>2022-04-27T08:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Zone-Corps-a-corps-avec-l-impensable-une-histoire-russe_a3232.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64051437-46039284.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-04-27T07:17:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand on est d'origine russe (et ukrainienne par sa famille), que l'on souffre au plus profond de soi des exactions meurtrières d'un tyran qui, après avoir envahi la Crimée en 2014, s'en prend désormais à l'Ukraine dans une politique de terre brûlée et d'extermination ciblée des civils, de quelle arme dispose-t-on pour dire l'impensable de la folie humaine ? Nadia Larina, chorégraphe et danseuse - à qui l'on doit notamment les saisissants "Muage" et "Every drop of my blood" - se lance dans un frénétique corps-à-corps pour tenter d'exorciser devant nous, pris à témoin, l'effroi de la barbarie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039284.jpg?v=1650998688" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      Cette &quot;auto-chorégraphie&quot;, projetant dans le langage dansé ce que les mots ont peine à articuler, Nadia Larina l'avait créée en 2018. Même si notre conscience hexagonale s'était, en ces temps pourtant pas si lointains, &quot;accommodée&quot; de la russification forcée du lointain et pourtant européen Donbass, la volonté d'annexion d'un territoire ukrainien par l'autocrate russe portait en elle les ferments du désastre actuel. L'artiste, comme en vigie, avait déjà dans le champ qu'est le sien eu à cœur de témoigner poétiquement de l'horreur en marche. En 2022, le génocide redouté faisant effraction dans le réel, elle reprend sa performance chorégraphiée, plus investie que jamais du désir de danser sa révolte.       <br />
              <br />
       Dans la boîte noire du petit Théâtre du Cerisier de Bordeaux, plongée dans l'obscurité d'une nuit plombante, une forme se détache péniblement. Celle d'une jeune femme assise sur une chaise, la tête entre les mains, accablée par un malheur paralysant. Lorsque lentement, elle relève les yeux, elle s'extrait comme un automate de son siège pour franchir les quelques mètres qui la séparent de l'objet de sa stupeur, un récepteur radio et les nouvelles qu'il égrène… <span style="font-style:italic">&quot;Triomphe du président Vladimir Poutine… quatrième mandat, quatre ans après le rattachement de la Crimée…&quot;</span>, peut-on entendre. Déployant alors une énergie insoupçonnée, elle se saisit à deux mains du poste et se roule à terre de rage en le brandissant à bout de bras dans un corps-à-corps éperdu, aussi beau chorégraphiquement qu'effrayant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039285.jpg?v=1650998717" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      &quot;Victoire écrasante&quot;… Tentant alors d'étouffer la voix du speaker en recouvrant la radio des feuilles d'un journal où se détachent des titres en alphabet cyrillique, elle se relève, hagarde, dans un silence de mort. Encore hébétée, elle se coiffe d'un foulard éclatant de couleurs, le noue soigneusement autour de son cou, l'ajuste avec autant d'application que si elle prenait soin de sa seconde peau, celle de son identité piétinée par un dictateur sanguinaire. Foulard floral russe, foulard coloré ukrainien, aux motifs les faisant confondre tant ils appartiennent à la même culture outragée par &quot;l'orage de fer, d'acier, de sang&quot; s'abattant sur l'Ukraine. Tissu aux couleurs vives contrastant avec les coulées noires des façades bombardées.       <br />
              <br />
       Châle sur la tête et tournant le dos au pays aimé, elle esquisse l'au revoir tragique de celles et ceux qui, contraints et forcés par la guerre, sont condamnés à prendre les trains de l'exil. Mouvements désarticulés des bras et du cou, jetés violents au sol, tentatives surhumaines pour se relever, contorsions inhumaines, glissés et élans brisés, combat héroïque de la fragile faïence ornée de dess(e)ins raffinés contre les mâchoires métalliques des chars du despote.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039309.jpg?v=1650998781" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      La musique originale créée par Bastien Fréjaville (qui prolongera la performance par le don de son concert électro rock, &quot;Plein vol&quot;) fait écho à celles des musiciens russes &quot;dissidents&quot; tels qu'Edouard Artemiev ou Vladimir Vyssotski. Ces sonorités fortes sous-tendent la chorégraphie pour la teinter de leurs notes chargées de références poétiques et politiques. De même que les traces pour toujours irradiantes de &quot;La Supplication&quot; de Svetlana Aléxiévitch, s'imposant dans le récit pour faire entendre la voix tragique d'une veuve de pompier de Tchernobyl. La danseuse, torche vivante, s'écrasant alors de douleur contre le mur dressé.       <br />
              <br />
       À l'abattement tragique, succède la révolte tonique. Accompagnée à la radio par le chanteur rock Viktor Tsoï de la parenthèse pérestroïka de Gorbatchev, elle envoie valser le journal propagandiste, lui fait un sort pour prendre le sol à témoin… Au lieu d'être le sol qui engloutit, il devient la surface dure sur laquelle dorénavant elle prendra appui pour &quot;rebondir&quot;, un rebond métaphorique accompagnant sa rage de vivre. Son foulard devient alors tunique, l'enveloppe comme une mue euphorisante, ses mouvements se font amples et son regard se tourne résolument vers un nouvel horizon.       <br />
              <br />
       Coiffée un temps d'une tête de cheval, symbole de la femme abaissée au niveau des chevaux de trait sous Staline, elle arrache le masque chevalin pour le projeter énergiquement à terre. Dès lors, à visage découvert, sa nature féminine recouvrée, le journal mensonger ou ce qu'il en reste, déchiré, piétiné et éparpillé comme autant de lettres mortes dispersées au vent, elle impressionne par la puissance qu'elle dégage. L'apothéose verra l'artiste s'inscrire fièrement dans le récit des Femen - mouvement féministe né en 2008 en Ukraine - en se peignant des couleurs du drapeau ukrainien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039319.jpg?v=1650998831" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      Buste nu peint de jaune et de bleu, regard lumineux et fier, poing levé, elle défie crânement l'arsenal militaire de Poutine. Incarnation subliminale de la Statue de la Liberté, la chorégraphe-danseuse devient alors - corps et âme - l'égérie rêvée de la résistance des opposants russes alliés aux héroïques Ukrainiens dans un saisissant tableau final, sorte de remake contemporain de &quot;La liberté guidant le peuple&quot;. Superbe.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle vu le samedi 16 avril 2022 au Théâtre Le Cerisier de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Zone"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039321.jpg?v=1650998915" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      Création 2018 de la Cie FluO.       <br />
       Idée originale, chorégraphie et danse : Nadia Larina.       <br />
       Musique originale, régie son : Bastien Fréjaville.       <br />
       Durée : 36 minutes.       <br />
              <br />
       A été représenté les 14, 15 et 16 avril 2022 à 19 h 30 au Cerisier, rue Joseph Brunet à Bordeaux. Les recettes de la billetterie ont été reversées à des associations de soutien à l'Ukraine et aux opposants russes.       <br />
              <br />
       <b>Autres représentations prévues</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">5, 6 et 7 mai 2022 à 19 h 30.</span>       <br />
       La Galerie BAG, 28, rue du Mirail, Bordeaux.       <br />
       La représentation du 7 mai sera suivie d'un concert de Bastien Fréjaville, créateur sonore et musicien de la Cie FluO.       <br />
       Réservations par mail à <a class="link" href="javascript:protected_mail('fluo.cie@gmail.com')" >fluo.cie@gmail.com</a>       <br />
       Ou par texto au 07 69 85 67 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039323.jpg?v=1650998879" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
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     <br style="clear:both;"/>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Zone-Corps-a-corps-avec-l-impensable-une-histoire-russe_a3232.html" />
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   <title>"Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre</title>
   <updated>2020-10-06T08:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Grand-Inquisiteur-De-la-brulante-clairvoyance-de-Fiodor-Dostoievski-faire-theatre_a2802.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50354395-38888842.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-10-06T08:42:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une scène courte mais forte du roman "Les Frères Karamazov" sert de ventre narratif au "Grand Inquisiteur". Il s'agit d'un échange entre deux des frères, Alexis et Yvan, durant lequel ce dernier raconte le poème qu'il est en train d'écrire sur une idée : le Christ revient sur terre au moment de l'Inquisition espagnol, à Séville, au pire moment de l'intolérance religieuse perpétrée par le catholicisme.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888842.jpg?v=1601924409" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      Cette scène a, depuis un siècle et demi, suscité de nombreux commentaires, analyses… vision prophétique annoncée des terreurs du XXe siècle mais, aussi et surtout, une notion de l'humain qui, loin de toute idéalisation, le rend à sa triste condition réelle : créature prête à sacrifier toute liberté pour la promesse du bonheur. Mais ceci n'est qu'une infime partie des pensées parcourues dans le texte du génial auteur russe.       <br />
              <br />
       &quot;Nous avons corrigé Ton œuvre et nous l'avons fondée sur le miracle, le mystère et sur l'autorité.&quot; Le Grand Inquisiteur.       <br />
              <br />
       Sylvain Creuzevault aborde, comme à son habitude, cette nouvelle mise en scène avec une énergie féroce. À ce texte sombre au rictus amer, il ajoute la farce. Celle qui, de notre confortable fenêtre lointaine, paraît avoir été jouée par certains tyrans du XXe siècle. C'est ainsi que loin de Séville et  du quinzième siècle, ce sont les sosies fantasques de Staline, Marx, Hitler, et Margaret Thatcher accompagnée de Donald Trump en duo comique, un peu pitoyable, qui débarquent. Sans oublier le pape et, en observateur pensif, Heiner Müller.       <br />
              <br />
       Un barnum de figures qui tranche par ses humeurs décalées avec le texte mais qui agit comme une illustration contemporaine des mots de Dostoïevski. Une manière de dénoncer et de démasquer les grands inquisiteurs de notre époque, ceux qui, sous couvert de promesses et de mensonges, volent toutes les libertés. Un message louable, et il est vrai que l'actualité fait surgir des étincelles quand elle se frotte à ce texte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888873.jpg?v=1601924531" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      Une actualité qui fut d'ailleurs à l'origine même de ce spectacle. Sylvain Creuzevault était, en fait, en plein travail de création sur &quot;Les Frères Karamazov&quot; quand arriva la pandémie du Covid-19. L'idée de monter ce préambule au spectacle (qui sera créé en novembre également à l'Odéon) est née de cette sidération devant ce qui tombait soudain sur la planète.       <br />
              <br />
       &quot;Nous avons ressenti que l'ensemble de la production sociale, fondée sur les capacités industrielles de production mondialisée, nous éloignait à ce point de nous-mêmes qu'il a fallu le grand retour de la mort en vrai pour nous faire prendre conscience des forces de la vie, et que du désir en nous n'était pas machinisable, ne serait plus machinisé.&quot; Sylvain Creuzevault.       <br />
              <br />
       Sur scène, cette collision entre pensées, sensations et informations donne la forme du désordre voulu par le metteur en scène dans le but de mieux rendre ce qui pourrait apparaître comme un chaos ou l'exploration d'un chaos chez Dostoïevski. On se retrouve finalement en face d'une totale théâtralité burlesque et frontale que nos âmes ont du mal à croire et à entendre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Grand Inquisiteur"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38888874.jpg?v=1601924569" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
     <div>
      D'après Fiodor Dostoïevski.       <br />
       Traduction : André Markowicz.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Sylvain Creuzevault.       <br />
       Avec : Nicolas Bouchaud, Sylvain Creuzevault, Servane Ducorps, Vladislav Galard, Arthur Igual, Sava Lolov, Frédéric Noaille, Blanche Ripoche, Sylvain Sounier        <br />
       Musiciens : Sylvaine Hélary, Antonin Rayon.       <br />
       Dramaturgie : Julien Allavena.       <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon.       <br />
       Lumière : Vyara Stefanova.       <br />
       Création musique : Sylvaine Hélary et Antonin Rayon.       <br />
       Costumes : Gwendoline Bouget.       <br />
       Maquillage : Mityl Brimeur et Judith Scotto.       <br />
       Masques : Loïc Nébréda.       <br />
       Son : Michaël Schaller.       <br />
       Vidéo : Valentin Dabbadie.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 septembre au 18 octobre 2020.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h. Relâche dimanche 11 octobre.       <br />
       Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-odeon.eu/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50354395-38893657.jpg?v=1601966429" alt=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" title=""Le Grand Inquisiteur" De la brûlante clairvoyance de Fiodor Dostoïevski, faire théâtre" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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