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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T17:34:11+02:00</updated>
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   <title>•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle</title>
   <updated>2023-07-09T21:44:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Welfare-Fragments-d-un-discours-a-vif-l-humanite-telle-quelle_a3651.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-07-07T08:20:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Faire théâtre du documentaire éponyme tourné par Frederick Wiseman en 1973 – filmant en noir et blanc dans un centre social new-yorkais les échanges entre travailleurs sociaux et demandeurs – pouvait s'apparenter à une gageure. En effet, même si Julie Deliquet est experte en la matière depuis ses adaptations au plateau de films de Bergman, Desplechin et Fassbinder, là, il s'agissait de partir non d'œuvres fictionnelles, mais de vécus documentés. À entendre quelques réflexions échappées vers onze heures hier au soir des marches du prestigieux Palais des Papes, il n'était pas sûr que la metteuse en scène ait réussi (pleinement) son pari. Quoique…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73921074-51417789.jpg?v=1688713232" alt="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" title="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" />
     </div>
     <div>
      En effet, voir et entendre ces rencontres entre démunis des deux bords (les exclus d'une société qui ne veut pas d'eux et les travailleurs sociaux confrontés sans moyens à la détresse inhumaine) tournées en boucles pendant deux heures et demie est tout sauf &quot;spectaculaire&quot;. Foin des mises en jeu léchées fourbies au coin d'un esthétisme consommé, place à la confusion articulée (sic) de paroles et gestes fusant comme des décharges libérant le trop-plein des détresses vécues. Immersion au cœur d'un centre d'urgence - cf. &quot;Urgence crier&quot; d'André Benedetto, fondateur du festival Off - où il s'agit là de trouver, dans le dédale des rouages administratifs, rien moins que les quelques dollars permettant de (sur)vivre.       <br />
              <br />
       Tapis de gymnastique empilés, but de hand, panneau de basket, filet contenant des ballons, le plateau de la Cour est transformé en immense gymnase, le sol peint en vert portant les tracés des lignes blanches des aires de sport. C'est dans ce décor, rendu désormais familier suite aux campagnes de vaccinations contre la pandémie, que le centre d'urgence va accueillir les cabossés de l'existence, actrices et acteurs transgénérationnels et transculturels d'une &quot;comédie humaine&quot; dont nous pourrions, nous aussi, faire partie. Et c'est bien à cet endroit précis que se noue la capacité (ou pas) de chacune et chacun à &quot;entrer&quot; dans la pièce montée par Julie Deliquet dont l'engagement authentique ne peut être mis en doute.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73921074-51417793.jpg?v=1688713260" alt="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" title="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" />
     </div>
     <div>
      Sous l'œil ô combien avisé d'un imposant sergent noir de peau, coiffé d'une casquette noire et d'un long manteau noir, vont se succéder les &quot;comédiens humains&quot; en interaction avec les employés et superviseurs du centre social, eux aussi en prise avec leur humanité bousculée par celles et ceux qu'ils ont mission d'accompagner. Il y a là une femme ne vivant plus sous le même toit que son mari, mère de quatre enfants et enceinte jusqu'aux yeux, menacée d'être radiée de ses droits, à laquelle on demande de produire bulletins de paye de l'époux volatilisé et… certificat de grossesse ! Se sentant littéralement &quot;torturée&quot; par la superviseuse, elle trouvera une écoute plus ouverte en la personne du travailleur social.       <br />
              <br />
       Un couple crevant de faim – lui, ancien travailleur social, frappé d'incapacité de travail suite à une cure de désintoxication ; elle, polonaise, atteinte de troubles moteurs cérébraux et mère d'un enfant – tentera d'ouvrir ses droits entre deux crises de désespoir violent… Un monsieur très digne dans sa vêture et au parler parfait, contraint suite à une maladie de démissionner pour n'être pas renvoyé de son poste de responsabilité, n'ayant plus les moyens d'acheter la nourriture qu'il vole, s'avèrera prophète de la décadence annoncée de l'Empire qui après avoir chassé les Indiens d'Amérique réserve le même sort aux démunis de tous ordres.       <br />
              <br />
       Et dans la cohue des stress s'ajoutant les uns aux autres, une dame, bonnet vissé sur le crâne et sac plastique en main, se débattra avec son incapacité à faire entendre son identité perdue suite à une erreur malencontreuse des services sociaux. Malgré les efforts d'un employé tentant de démêler l'imbroglio administratif la privant de ses droits, la dame laissée pour compte finira par craquer en se jetant violemment sur l'employé. Elle devra être prise en charge par les autres demandeurs solidaires après avoir été plaquée au sol par le gardien… Un homme noir athlétique, usant de son verbe haut, réclamera à cor et à cri un logement social, le sien ayant été détruit par un incendie du Bronx. L'interrogatoire révélera sous l'agressivité affichée les fêlures de celui qui, toxico, à écoper naguère de onze ans de prison et n'entend pas y retourner ; trouver à se loger est pour lui l'antidote à la récidive.       <br />
              <br />
       Après une pause (assimilable à une mi-temps sportive où plusieurs s'essaient à marquer des paniers), le fantasme de l'ex-prisonnier du Bronx, chanteur à ses heures, rencontrera celui de l'employée lui refilant son 06 pour pouvoir la joindre en cas de besoin. Demandeur et aidante, réunis dans le même désir humain… Et puis il y aura cet ancien combattant, victime engagée en Corée qui, en plus de réelles séquelles physiques, a développé un racisme à fleur de peau, faisant de lui un être haut en couleur…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73921074-51417851.jpg?v=1688713289" alt="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" title="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" />
     </div>
     <div>
      Parfois – souvent – les tragédies à l'œuvre s'émaillent de saillies comiques car l'existence est ainsi faite que pour échapper à l'insoutenable, l'humour volontaire ou non s'invite comme une soupape de sécurité. Ainsi de charybde en scylla, ces humanités mises à mal cheminent-elles, autant celles des accompagnants (la superviseuse s'effondrera, épuisée) que celles des demandeurs en quête de solutions de survie. Suspendues aux paroles qui s'enchevêtrent les unes aux autres, ces existences &quot;ordinaires&quot;, à défaut d'avoir pu trouver les réponses concrètes ardemment recherchées, auront tissé entre elles un lien précieux. Un exemple de démocratie vivante à opposer à un État sourd à la détresse des &quot;nuisibles&quot;.       <br />
              <br />
       Julie Deliquet ne peut donc être taxée d'être passée à côté de son objectif : faire théâtre d'une réalité vécue dans les années soixante-dix sur un autre continent, une réalité dont les échos sonores viennent se briser sur nos murs de 2023. En nous immergeant de manière (dé)construite dans ce centre d'urgence, elle contribue à déciller nos yeux sur ce que nous ne préférons pas voir, nous spectateurs invités dans une Cour d'Honneur prestigieuse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73921074-51417909.jpg?v=1688714280" alt="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" title="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" />
     </div>
     <div>
      Et si un malaise latent nous gagnait, ou seulement le sentiment d'un ennui manifeste engendré par des situations répétitives sans horizon d'attente autre qu'une maigre poignée de dollars attendue comme un viatique, c'est justement là qu'il faudrait apprécier la réussite de son entreprise artistique : le résultat d'une immersion sans concession due à l'initiative d'une jeune femme metteuse en scène faisant du théâtre le lieu privilégié de l'indignation à partager.       <br />
              <br />
       <b>Vu pour l'ouverture du Festival, le mercredi 5 juillet 2023, dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Welfare"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73921074-51417941.jpg?v=1688714321" alt="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" title="•In 2023• "Welfare" Fragments d'un discours à vif : l'humanité telle quelle" />
     </div>
     <div>
      Création Festival d'Avignon 2023 en français, surtitré en anglais.       <br />
       D'après le film éponyme de Frederick Wiseman (1973).       <br />
       Traduction : Marie-Pierre Duhamel Muller.       <br />
       Mise en scène : Julie Deliquet.       <br />
       Avec : Julie André, Astrid Bayiha, Éric Charon, Salif Cisse, Aleksandra de Cizancourt, Évelyne Didi, Olivier Faliez, Vincent Garanger, Zakariya Gouram, Nama Keita, Mexianu Medenou, Marie Payen, Agnès Ramy, David Seigneur et Thibault Perriard (musicien).       <br />
       Adaptation scénique : Julie André, Julie Deliquet, Florence Seyvos.       <br />
       Collaboration artistique : Anne Barbot, Pascale Fournier.       <br />
       Scénographie : Julie Deliquet, Zoé Pautet.       <br />
       Lumière : Vyara Stefanova.       <br />
       Musique : Thibault Perriard.       <br />
       Costumes : Julie Scobeltzine, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       marionnette : Carole Allemand       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 8 et du 10 au 14 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, place du Palais, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       Audiodescription le 13 juillet.       <br />
       Spectacle diffusé le 7 juillet sur France 5 et le 23 juillet sur Culturebox.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>        <br />
       27 septembre au 15 octobre 2023 : Théâtre Gérard Philipe, Saint-Denis (93).       <br />
       15 au 19 janvier 2024 : Théâtre Dijon Bourgogne, Dijon (21).       <br />
       24 janvier au 3 février 2024 : Les Célestins, Théâtre de Lyon, Lyon (69).       <br />
       14 février 2024 et 15 février 2024 : Le Quartz, Brest (29).       <br />
       20 février 2024 et 21 février 2024 : La Passerelle, Saint-Brieuc (22)       <br />
       6 au 9 mars 2024 : Comédie de Genève, Genève (Suisse).       <br />
       13 au 15 mars 2024 : La Comédie de Reims, Reims (51).       <br />
       20 et 21 mars 2024 : Théâtre de l'Union, Limoges (87).       <br />
       26 et 27 mars 2024 : La Coursive, La Rochelle (17).       <br />
       4 et 5 avril 2024 : L'Archipel, Perpignan       <br />
       9 au 11 avril 2024 : La Comédie de Saint-Étienne, Saint-Étienne (42).       <br />
       17 au 19 avril 2024 : Théâtre du Nord, Lille (59).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>•Avignon Off 2018• "Pulvérisés", théâtre coup de poing, accompagnant les épuisements et les montées d'énergies</title>
   <updated>2018-07-04T08:04:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-Off-2018-Pulverises--theatre-coup-de-poing-accompagnant-les-epuisements-et-les-montees-d-energies_a2180.html</id>
   <category term="Avignon 2018" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23473320-25736188.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-07-04T07:55:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jet lagués, écartelés, toujours en escale, de Shanghai, de Dakar, de Lyon, de Bucarest, de la chambre d'hôtel à la salle de séminaire, tout en performance, tout en sourire. Nomades, gyrovagues. Forcés. Épuisés. Dans "Pulvérisés", les travailleurs de l'entreprise mondialisée sont montrés sans fard.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23473320-25736188.jpg?v=1530684835" alt="•Avignon Off 2018• "Pulvérisés", théâtre coup de poing, accompagnant les épuisements et les montées d'énergies" title="•Avignon Off 2018• "Pulvérisés", théâtre coup de poing, accompagnant les épuisements et les montées d'énergies" />
     </div>
     <div>
      Le dispositif est réduit à deux podiums qui se croisent et sépare le public en quatre quartiers. Il impose aux comédiens un rythme continûment soutenu, une véritable chorégraphie de mouvements tenus, brisés. Le regard du spectateur est, lui, émietté comme les vies qui lui sont montrées.       <br />
              <br />
       C'est sur les podiums, exhibée la loterie de la sélection permanente, à la croisée des destins, un &quot;dance marathon&quot; impitoyable qui révèle les aigreurs, les espoirs, les besoins de communications. Mais aussi des instants de beautés.       <br />
              <br />
       C'est que les quatre personnages, en dépit de leurs affrontements, émeuvent par la symétrie de leurs fatigues et de leurs désirs inexprimés. Humains en dépit du rôle qui est le leur. Les comédiens qui délivrent leur énergie à leur personnage sans hésitation leur insufflent une véritable vie intérieure. Ils sont mis en valeur.       <br />
              <br />
       Le spectateur est face à un théâtre miroir, un théâtre coup de poing qui accompagne les épuisements et les montées des énergies et le laisse étourdi.       <br />
              <br />
       La fin de la pièce esquisse comme une solution pour sortir de la ronde infernale. Le spectateur applaudit très fort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pulvérisés"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23473320-25736194.jpg?v=1530684835" alt="•Avignon Off 2018• "Pulvérisés", théâtre coup de poing, accompagnant les épuisements et les montées d'énergies" title="•Avignon Off 2018• "Pulvérisés", théâtre coup de poing, accompagnant les épuisements et les montées d'énergies" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alexandra Badea.       <br />
       Mise en scène : Vincent Dussart.       <br />
       Scénographie : Vincent Dussart.       <br />
       Avec : Patrice Gallet, Tony Harrisson, Simona Maicanescu, Haini Wang.       <br />
       Lumières : Jérôme Bertin, Alexandrine Rollin.       <br />
       Costumes : Lou Delville.       <br />
       Compagnie de l'Arcade.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2018•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 29 juillet 2018.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 40, relâche le lundi.       <br />
       Présence Pasteur, salle Pasteur,       <br />
       Lycée Pasteur, 13, rue du Pont Trouca, Avignon.       <br />
       Tél. : 04 32 74 18 54.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-espoir.fr/presence-pasteur/programmation/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-espoir.fr/presence-pasteur</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-Off-2018-Pulverises--theatre-coup-de-poing-accompagnant-les-epuisements-et-les-montees-d-energies_a2180.html" />
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   <title>"Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde</title>
   <updated>2018-02-01T11:59:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bluebird--un-reve-eveille-ou-plutot-comme-l-eveil-reve-d-un-autre-monde_a2025.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/19591514-23413284.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-01-19T12:20:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Noctambules. Insomniaques. Travailleurs aux horaires décalés. Nomades de la nuit. Tous pris en charge par Jimmy le chauffeur de taxi au volant de sa Nissan Blue Bird. Les personnages de "Bluebird" pièce écrite par l'auteur anglais Simon Stephens sont des isolés de Londres.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19591514-23413284.jpg?v=1516361107" alt=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" title=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" />
     </div>
     <div>
      Des atomes qui surgissent au fil du temps, au défilement des réverbères, au surgissement des ombres, à la fragmentation des halos des devantures et repartent. Comme égrenés sous le poids de lassitude du moment.       <br />
              <br />
       Ce chauffeur dont le spectateur suit la tournée nocturne est comme un ange gardien. Toujours à la parade d'un danger éventuel. Le désamorçant avec talent quand il se manifeste. Avec ses petits rituels du café partagé, sa cigarette offerte, sa question posée à l'abrupt. Son silence pesé aussi. Ménageant des instants de presque confiance, propices aux confidences. Autant d'amorces, qui laissent transparaître les petits secrets des uns et des autres et qu'il amasse comme le ferait un écrivain.       <br />
              <br />
       Au fur et à mesure des échanges, son propre secret apparaît. Bien plus lourd que ne le laissent entendre les indices donnés à chaque client. Jimmy est toujours sur le qui vive. Jimmy avance dans l'allégement de sa conscience. C'est un secret que le critique ne peut dévoiler car c'est le ressort de la pièce.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19591514-23413304.jpg?v=1516361195" alt=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" title=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Claire Devers opère par glissements du récit filmique au récit scénique. Sans artifice visible. Les différentes perceptions des mondes parallèles se font de manière conjuguée, jamais alternative, jamais illustrative. La mise en scène donne à voir l'extériorité et l'intériorité.       <br />
              <br />
       Le regard est guidé par des objets concrets pour que mieux s'articulent les imaginaires. Ainsi du rétroviseur créant une boucle des complicités entre personnages, acteurs et spectateurs. La mise en scène respire à un rythme naturel.       <br />
              <br />
       Ce faisant, Londres filmé la nuit devient un véritable personnage silencieux et obsédant et Philippe Torreton par sa présence puissante et sa conscience aiguë de l'espace de la scène et de l'écran de projection avance pas à pas dans la conscience de Jimmy, fait des ricochets avec ses clients en sale gosse qui veut voir s'évanouir le passé. Vibre au rythme des événements, joue à cache-cache avec lui-même, jusqu'à son devenir d'homme libre capable du don absolu, gratuit et désintéressé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19591514-23413336.jpg?v=1516361250" alt=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" title=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" />
     </div>
     <div>
      Ironiquement le spectacle se termine au petit matin blême à la sortie de Canary Wharf désert*. Manière de ressentir une dimension de l'être humain incommensurable, irréductible à tout étalonnage financier.       <br />
              <br />
       Dans la proposition scénique de Claire Devers cinéma et théâtre se fondent dans la nuit qui avance. Comme un rêve éveillé ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde.       <br />
              <br />
       * Quartier des banques d'affaires.       <br />
              <br />
       Spectacle vu le mardi 16 janvier à la création à Chalon-sur-Saône.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bluebird"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19591514-23413340.jpg?v=1516361284" alt=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" title=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" />
     </div>
     <div>
      Texte : Simon Stephens.       <br />
       Traduction : Séverine Magois.       <br />
       Mise en scène : Claire Devers.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Julie Peigné.       <br />
       Avec : Philippe Torreton, Baptiste Dezerces, Serge Larivière, Marie Rémond, Julie-Anne Roth.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Lumières : Thomas Cottereau, Olivier Oudiou.       <br />
       Son : François Leymarie.       <br />
       Vidéos : Yann Philippe, Renaud Rubiano.       <br />
       Costumes : Fanny Brouste.       <br />
       Production Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône       <br />
       <a class="link" href="http://www.espace-des-arts.com/" target="_blank">&gt;&gt; espace-des-arts.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Tournée</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19591514-23413348.jpg?v=1516361315" alt=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" title=""Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">23 au 27 janvier 2018 :</span> Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence (13).       <br />
       <span class="fluo_jaune">1er au 2 février 2018 :</span> Maison de la Culture, Amiens (80).       <br />
       <span class="fluo_jaune">7 février au 4 mars 2018 (off les 11, 12, 19 et 26 février 2018) :</span> Théâtre du Rond-Point, Paris.       <br />
       29 et 30 mars 2018 : Théâtre Sartrouville Yvelines - CDN, Sartrouville (78).       <br />
       3 au 7 avril 2018 : Célestins, Théâtre de Lyon, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Bluebird--un-reve-eveille-ou-plutot-comme-l-eveil-reve-d-un-autre-monde_a2025.html" />
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