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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-08T10:42:13+02:00</updated>
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   <title>Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock</title>
   <updated>2018-03-03T09:16:00+01:00</updated>
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   <category term="Concerts" />
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   <published>2017-11-19T18:36:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chacun des concerts de Thomas Hengelbrock, chef associé à l'Orchestre de Paris, est une épiphanie. Après une fabuleuse soirée donnée en octobre à la tête de sa phalange, le NDR Elbphilharmonie Orchester, il a dirigé les 11 et 12 novembre, à la Philharmonie de Paris, un effectif de cent cinquante musiciens et deux cents choristes. L'occasion pour l'Orchestre de Paris d'adouber les jeunes talents de l'Orchestre du Conservatoire et, pour le chœur maison, celui des Grandes Écoles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18306661-22525755.jpg?v=1511113987" alt="Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock" title="Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock" />
     </div>
     <div>
      Chacun de ses concerts laisse décidément une trace profonde. Thomas Hengelbrock nous avait bouleversés lors de son concert d'intronisation à la tête de l'Orchestre de Paris il y a un an. Le chef réussissait brillamment alors son examen de passage auprès du public de la Philharmonie en montrant à la fois sa science des programmes originaux (avec un rapprochement passionnant entre Bach et Zimmermann) et son art incomparable de chef, capable d'emmener les musiciens sur de nouvelles voies.       <br />
              <br />
       Le concert donné en octobre dans la même Grande Salle Pierre Boulez à la tête de sa phalange, le NDR Elbphilharmonie Orchester, reprenant en partie le programme d'ouverture de la Philharmonie de Hambourg, laissait une même empreinte indélébile. Architecte humaniste et ingénieur des œuvres, Thomas Hengelbrock y projetait un dessein jubilatoire ; dessiner un arc du Prélude de &quot;Parsifal&quot; via les &quot;Reminiszenz&quot; de Wolfgang Rihm jusqu'à la première symphonie de Mahler, la &quot;Titan&quot;. Un chef qui n'a pas de plus grande priorité que de faire tomber les barrières entre les répertoires et les époques et dont on sent à la fois le respect et l'exigence vis à vis des musiciens.       <br />
              <br />
       Poète à ses heures, Thomas Hengelbrock est aussi un pédagogue. L'homme, généreux, ne pouvait qu'être très attaché à la transmission. C'est ainsi qu'il a réuni les forces pléthoriques de l'orchestre, du chœur en résidence à la Philharmonie et celles des jeunes interprètes du CNSMD de Paris, ainsi que le Chœur Philharmonique du COGE - formé d'étudiants des grandes écoles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18306661-22525759.jpg?v=1511114047" alt="Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock" title="Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock" />
     </div>
     <div>
      Dans un programme reprenant les fondamentaux de l'Orchestre de Paris (en cette année de commémoration de ses cinquante ans), avec la &quot;Bacchanale&quot; de Jacques Ibert (composée en 1965 pour la BBC) et &quot;L'Oiseau de Feu&quot; d'Igor Stravinski créé pour les Ballets Russes à Paris (en 1910), étaient choisis aussi &quot;La Première Nuit de Walpurgis&quot; de Mendelssohn et le &quot;Peer Gynt&quot; d'Edvard Grieg en version scénique (avec Éric Ruf en récitant).       <br />
              <br />
       Si la &quot;Bacchanale&quot; de Ibert n'est pas une pièce inoubliable, la Suite n° 2 de Stravinski, &quot;L'Oiseau de Feu&quot;, quant à elle, révélait ses prestiges grâce au travail du chef sur les couleurs, le rythme, les dynamiques et les nuances ; les musiciens les plus expérimentés guidant avec feu de jeunes pousses très investies (dont un basson superbe et un génial percussionniste). Tous emportés dans les divers épisodes du récit, du lent orage des cordes de l'introduction aux scintillements sonores de l'apparition des Princesses jusqu'au fortissimo diabolique de la mort de Kastcheï. Avec d'authentiques siffleurs, imitateurs d‘oiseaux, postés en hauteur, dont les interventions encadraient la pièce.       <br />
              <br />
       La force tellurique de ces &quot;Mondes Fantastiques&quot; (thème des concerts du week-end) se confirmait avec la cantate opus 60 de Mendelssohn, inspirée par Goethe, &quot;Die Erste Walpurgisnacht&quot;. Cet hymne au paganisme, mettant en scène des druides chassant leurs vainqueurs (les Chrétiens mis en déroute par de faux démons), est une &quot;ballade&quot; (dixit Mendelssohn) divisée en neuf numéros. Un oratorio profane parmi les plus puissants du compositeur avec ses &quot;chants printaniers (…) ses cris de hiboux&quot; et son &quot;vacarme&quot; de sorcières (Lettre du 22/02/1831).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18306661-22525768.jpg?v=1511114106" alt="Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock" title="Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock" />
     </div>
     <div>
      Des interventions des druides (avec le baryton exceptionnel de Michael Volle et la très belle basse Edwin Fardini) suivant une célébration chorale du printemps au déferlement sonore de la deuxième partie, cette Nuit éblouissait. Les deux cents chanteurs, dirigés avec la précision habituelle de Thomas Hengelbrock, formaient bien ce chœur &quot;formidable&quot; dont rêvait le compositeur allemand. L'orchestre, avec ses cordes flexibles, ses cuivres et ses percussions sorciers, n'étant pas avare en imprécations du plus grand effet.       <br />
              <br />
       Le concert s'est achevé avec &quot;Peer Gynt&quot;, une musique de scène commandée à Grieg par le dramaturge Henryk Ibsen pour sa pièce, ici donnée dans une version plus rare et plus complète (onze extraits sur vingt-six originalement composés) avec récitant. On ne présente plus cette œuvre, qui a rendu célèbre le compositeur norvégien avec ses hits repris partout. Avec son inspiration populaire stylisée et son génie mélodique, l'écriture d'Edvard Grieg caractérise génialement chaque scène et chaque personnage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18306661-22525864.jpg?v=1511114616" alt="Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock" title="Les Mondes fantastiques de Thomas Hengelbrock" />
     </div>
     <div>
      Avec cette musique jouissive et vraiment théâtrale donc, pas besoin de mots. Ainsi on regrette presque les interventions - pourtant faites avec talent - d'Éric Ruf qui la couvre parfois (par exemple dans &quot;La Chanson de Solveig&quot;). Là encore l'orchestre tutoie les sommets - comme à chaque fois qu'un chef possède les ressources pour les y emmener. Thomas Hengelbrock, à sa façon bienveillante et passionnée, est ce formidable (druide et) guide pour l'Orchestre de Paris.        <br />
              <br />
       Concert entendu le 11 novembre 2017.       <br />
              <br />
       <b>Prochains concerts de l'Orchestre de Paris :</b>       <br />
       <a class="link" href="https://philharmoniedeparis.fr/fr" target="_blank">&gt;&gt; philharmoniedeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris</title>
   <updated>2016-10-31T09:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Intronisation-reussie-pour-Thomas-Hengelbrock-nouveau-chef-associe-de-l-Orchestre-de-Paris_a1697.html</id>
   <category term="Concerts" />
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   <published>2016-10-31T08:34:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un premier concert, remarquable aussi par son programme et ses artistes invités, signe une prise de fonction réussie pour le nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris. Le chef allemand, Prix Herbert von Karajan 2016, a magistralement emmené l’orchestre sur des chemins inusités avec trois œuvres entrant au répertoire de ce dernier. Des sublimes ombres et lumières de Jean-Sébastien Bach à la désolation spirituelle de Bernd Alois Zimmermann, le public de la Philharmonie a acclamé un concert de haut vol.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10492312-17221794.jpg?v=1477899455" alt="Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris" title="Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      La saison 2016-2017 s’avère cruciale pour l’Orchestre de Paris, qui va fêter ses cinquante ans d’existence tout en accueillant deux nouveaux chefs, après le départ de Paavo Järvi à Tokyo. Bruno Hamard, directeur général de l’orchestre, annonçait avant l’été les nominations de Daniel Harding, directeur musical et Thomas Hengelbrock, en chef associé. L’Anglais et l’Allemand avaient été choisis, notait-il, car étant de &quot;grands chefs aux programmes innovants&quot;. C’est bien ce dont a fait la preuve Thomas Hengelbrock lors de son premier concert aux manettes de la phalange parisienne.       <br />
              <br />
       Le chef du NDR Elbphilharmonie Orchester, à la longue silhouette aristocratique, a choisi de dérouler trois œuvres aux résonances mutuelles, sans entracte, formant une vaste fresque comprenant la première partie de la fameuse &quot;Passion selon Saint Jean&quot; du Cantor de Leipzig, sa Cantate BWV 60 &quot;O Ewigkeit, du Donnerwort&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>, encadrant une œuvre grandiose et tragique de Zimmermann, &quot;Ich wandte mich und sah an alles unrecht, das geschah unter der sonne&quot; <span style="font-style:italic">(2)</span>, dont la fin de composition précéda de peu le suicide du compositeur né en 1918.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10492312-17221930.jpg?v=1477901322" alt="Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris" title="Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      C’est donc à un voyage métaphysique et musical sans précédent (une heure et demie environ) que Thomas Engelbrock nous invitait : de la douloureuse stupeur de l’arrestation et du procès du Christ aux sereines certitudes éternelles dispensées par les chefs-d’œuvre du Cantor de la Thomaskirche, empruntant à mi-parcours la voie de l’anéantissement de l’âme humaine, sidérée par le silence définitif de Dieu - dans celui de Zimmermann en 1970.       <br />
              <br />
       On le sait, seule l’œuvre longue permet de s’arracher aux contingences du quotidien pour plonger dans les profondeurs de la psyché, que convoquent ces monuments esthétiques et théologiques. Pour ce faire, le dispositif était au point. Si le Chœur de l’orchestre <span style="font-style:italic">(3)</span> a montré d’évidentes faiblesses (avec une diction parfois fâcheuse, des entrées ratées par exemple dans l’ouverture &quot;Herr, unser Herrscher, dessen Ruhm&quot;) et a offert aussi quelques beaux moments, le quatuor de chanteurs et les deux récitants ont frappé par leur incroyable incarnation, tout comme l’orchestre.       <br />
              <br />
       Donnant à la Passion la tension idoine qu’elle réclame, Thomas Hengelbrock pouvait aussi compter sur deux récitants exceptionnels, Georges Lavaudant et André Wilms, voix de l’Ecclésiaste et du Grand Inquisiteur <span style="font-style:italic">(4)</span> pour Zimmermann. Et sur le baryton Georg Nygl, impressionnant en Évangéliste pour Bach, mais aussi dans le lamento du terrible théâtre imaginé par le compositeur chrétien né près de Cologne, qui ne se remit jamais des horreurs de son époque - à laquelle il avait été mêlé bien malgré lui, comme soldat de la Wehrmacht dès 1940. Moment extraordinaire du concert et pour le moins inédit : le chef Hengelbrock s’asseyant au sol en cachant ses larmes (comme le veut la partition) après les déchaînements d’un orchestre très sollicité par l’écriture apocalyptique de Zimmermann.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10492312-17221971.jpg?v=1477901918" alt="Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris" title="Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      Un théâtre tragique et radical donc, puisant dans le quadruple héritage de la musique populaire, du jazz, de grands prédécesseurs et d’un sérialisme étudié à Darmstadt, qui superpose temps psychologique et cosmique pour livrer un testament frappé au coin du pessimisme augustinien. Et dont la citation finale du choral de Bach &quot;Es ist genug !&quot; appelle évidemment la cantate BWV 60 en troisième partie, au ton très différent. À la psychomachie dramatique de l’Espoir et de la Crainte, Bach conclut naturellement à l’espoir, celui de la révélation - cherchée en vain deux siècles plus tard par Zimmermann. Un concert rare, où toutes les forces de l’orchestre n’ont pas manqué.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) &quot;Ô Éternité, Parole foudroyante !&quot;.       <br />
       (2) &quot;Je me suis tourné et j’ai vu toutes les oppressions qui se font sous le soleil.&quot;       <br />
       (3) Le chœur fête ses quarante ans cette saison. Nul doute qu’il relèvera les défis lancés dans cette nouvelle ère.       <br />
       (4) Le texte de Zimmermann cite l’Ecclésiaste (Ancien Testament) et le monologue du Grand Inquisiteur, extrait des &quot;Frères Karamazov&quot; de Dostoïevski.</span>       <br />
              <br />
       Concert entendu le 20 octobre 2016.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10492312-17222007.jpg?v=1477902143" alt="Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris" title="Intronisation réussie pour Thomas Hengelbrock, nouveau chef associé de l’Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      <b>Prochains concerts de l’Orchestre de Paris,</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">2 et 3 novembre 2016 à 20 h 30. </span>       <br />
              <br />
       Philharmonie de Paris.       <br />
       221 avenue Jean Jaurès Paris (19e).        <br />
       Tel : 01 44 84 44 84.       <br />
       <a class="link" href="http://philharmoniedeparis.fr/fr" target="_blank">&gt;&gt; philharmoniedeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       Thomas Hengelbrock, direction.       <br />
       Anna Lucia Richter, soprano.       <br />
       Ann Hallenberg, mezzo.       <br />
       Lothar Odinius, ténor.       <br />
       Georg Nigl, baryton.       <br />
       Georges Lavaudant, Récitant 1.       <br />
       André Wilms, Récitant 2.       <br />
              <br />
       Orchestre de Paris.       <br />
       Roland Daugareil, violon solo.       <br />
       Chœur de l’Orchestre de Paris.       <br />
       Lionel Sow, chef de chœur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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