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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-08T21:51:46+02:00</updated>
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   <title>"Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables</title>
   <updated>2020-09-25T17:59:00+02:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2020-09-25T17:45:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il y eut l'aventure des "Consultations poétiques" pendant le confinement et les mois qui suivirent, initié par le Théâtre de la Ville. Plus de 8 500 personnes à ce jour ont participé, en France, en Europe et dans le monde… au début au téléphone, puis en face à face. Le résultat fut le partage de près de 9 000 poèmes. Emmanuel Demarcy-Mota, les artistes et les scientifiques engagés dans cette démarche voulaient donner une nouvelle vie à ces moments exceptionnels… Pour lancer la saison 20-21 du Théâtre de la Ville, c'est aujourd'hui une nouvelle proposition artistique, condensée, qui est représentée, faite de poèmes, de témoignages, de musiques et de chansons… Ils ont tenu parole !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50085795-38760348.jpg?v=1601049903" alt=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" title=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" />
     </div>
     <div>
      Pendant le confinement, et durant la fermeture de tous les théâtres et lieux publics en Europe, &quot;Les Consultations poétiques&quot; proposées par Emmanuel Demarcy-Mota et le collectif artistique ont été la seule activité du Théâtre de la Ville. Celles-ci sont sorties de l'Hexagone pour parcourir téléphoniquement toute la planète, pour des rencontres en 19 langues différentes avec des acteurs de différents pays : en grec, espagnol, anglais, portugais, mandarin, wolof, beti, lingala, sango, pidgin, kongo, italien, arabe, roumain, hongrois, allemand, albanais, slovène et en hébreu.       <br />
              <br />
       Un réseau international de théâtres et d'institutions partenaires s'est ainsi tissé, développant une mondialité des &quot;Consultations poétiques&quot; : le Teatro della Pergola à Florence, Insula 42 à Bucarest, la Schaubühne à Berlin, le Weiwuying Theatre à Taïwan sont devenus les partenaires du Théâtre de la Ville pour ces échanges singuliers et inédits. Et les contacts continuent avec d'autres théâtres du monde pour d'autres associations à venir.       <br />
              <br />
       Dans sa forme initiale, la consultation débute toujours par une première question : &quot;où êtes-vous ?&quot;, puis &quot;comment allez- vous ?&quot;… Et une discussion débute, un poème est lu ou chuchoté à l'oreille… et une prescription poétique est délivrée à la fin de la consultation. Lancées le 24 mars, elles sont toujours proposées cette saison, au gré de la programmation, se poursuivant depuis maintenant 25 semaines.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50085795-38760359.jpg?v=1601049951" alt=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" title=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" />
     </div>
     <div>
      Des &quot;consultations scientifiques&quot; ont été aussi inventées dès le 22 avril avec la complicité de quatre scientifiques (l'astrophysicien Jean Audouze, les biologistes Georges Chapouthier et Marie-Christine Maurel, le physicien Kamil Fadel), trois médecins (les neurochirurgiennes Carine Karachi et Hayat Belaid, le neurologue David Grabli) et un architecte (Denis Laming).       <br />
              <br />
       C'est ces émotions, ces instants magiques, uniques, poétiques, qu'Emmanuel Demarcy-Mota a voulu retranscrire, porter au plateau, avec les actrices, acteurs et quelques scientifiques. Ce sont les artistes qui ont écrit les textes de ce spectacle particulier, singulier, s'inspirant des relations, des propos tenus avec ces milliers d'anonymes, seulement identifiés par leur prénom. Sans conteste, la matière est riche pour évoquer ce temps du confinement, mais aussi la crise sanitaire telle qu'elle est vécu en ce moment et, bien sûr, l'avenir à imaginer.       <br />
              <br />
       Avec le téléphone, c'est un nouveau lien poétique qui naît. Sans le contact visuel, la proximité se crée par la voix et l'ouïe, une écoute attentive, une bienveillance réciproque. Cela permet de donner une nouvelle densité, importance aux mots, aux sons, aux langues. Les tonalités émotionnelles, les variations vocales font entendre un rire, un sourire ou une larme. Une nouvelle dramaturgie émerge à chaque fois, nourrissant de microséquences, scènes ou mini tirades. Chaque rencontre à distance devient un voyage immobile, partagé entre deux personnes d'un bout à l'autre du fil. C'est de cela que se sont nourris les comédiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50085795-38760365.jpg?v=1601049984" alt=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" title=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" />
     </div>
     <div>
      Avec tous ces textes, des poèmes, des témoignages, des musiques et des chansons, ont été imaginé par Emmanuel Demarcy-Mota et tous les artistes - en création collective - deux tableaux d'une heure. Grâce à une scénographie, une mise en espace, assez simples mais très intelligentes, les interventions se succèdent mais sans jamais se ressembler. Usant de jeux visuels variés avec utilisations de profondeurs différentes - indéniable efficacité du voile transparent modifiant notamment les perspectives -, de déambulations, d'effets de foule, et de projections vidéo sur le fond de scène, générant des décors d'avenues, de rues désertes (période confinée) ou projetant des références textuelles. À plusieurs moments, l'effet choral est utilisé donnant, du fait du nombre de comédiens(nes) sur le plateau, la dimension de la foule de personnes ayant contribué aux consultations.       <br />
              <br />
       L'interprétation de chacun des comédiens est quant à elle sobre mais plutôt ancrée dans la réalité, presque documentaire. Son jeu s'attache à définir pour le spectateur les spécificités de chaque personnage contributeur, participant volontaire aux &quot;Consultations poétiques&quot;. Personnes âgées, homme, femme, jeune, ados, ménagère, travailleurs de l'ombre, personnels de santé, chaque profil apparaît discrètement. L'ensemble est un immense témoignage d'une part de notre humanité dans un contexte épidémique, anxiogène, mais traité avec énormément de poésie, et avec une positive et dynamique théâtralité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tenir paroles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50085795-38760374.jpg?v=1601050022" alt=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" title=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" />
     </div>
     <div>
      Création collective en deux tableaux sous la direction d'Emmanuel Demarcy-Mota.       <br />
       Construction dramaturgique : Julie Peigné.       <br />
       Avec la participation de Pascal Vuillemot et de l'ensemble des acteurs.       <br />
       Collaboration artistique : Christophe Lemaire, Julie Peigné.       <br />
              <br />
       Avec : (troupe du Théâtre de la ville) Céline Carrère, Charles-Roger Bour, Gaëlle Guillou, Gérald Maillet, Pascal Vuillemot, Philippe Demarle, (troupe de l'Imaginaire) Julie Bordas, Maxime Bouteraon, Antonin Chalon, Sophy-Claire David, Marie Escriva, Hugo Jasienski, Isabelle Jeanbrau, Paul Nouhailler, Mathias Zakhar, Charly Fournier, Marie Lauricella, Eirini Patoura, Johanna White Palacio, Anne Rodier, Anna Rotger, Anne-Charlotte Dupuis, Yilin Yang, Mahmoud El Haddad, Fama Ly, José Messongo, Emil Abossolo-Mbo, Astrid Mamina, Ludovic Parfait Goma, Roland Timsit, Cylia Malki, Sophie Mousel, Meital Peretz, Arben Bajraktaraj, Coralie Trichard, Alexandra Ansidei, Lionel Cecilio, Nicolas Le Bossé, Shih-Wei Wang.       <br />
              <br />
       Musique : Arman Méliès (guitare) et Henri Tournier (flûte).       <br />
       Mise en espace : Emmanuel Demarcy-Mota.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50085795-38760410.jpg?v=1601050205" alt=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" title=""Tenir paroles" Et inventer de nouveaux lendemains désirables" />
     </div>
     <div>
      Lumières : Christophe Lemaire et Yves Collet, assistés de Thomas Falinower.       <br />
       Création vidéo : Baptiste Klein.       <br />
       Son : Flavien Gaudon.       <br />
       Coordination des consultations : Loudice Gourmelon et Alice Magdalena.       <br />
       Durée : 2 h (2 fois 1 h et un entracte de 30 min).       <br />
       Production du Théâtre de la Ville.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 septembre au 9 octobre 2020.</span>       <br />
       23 et 24 septembre à 20 h ;        <br />
       28 et 29 septembre à 20 h ;        <br />
       8 et 9 octobre à 20 h.       <br />
       Théâtre de la Ville, Espace Cardin, Paris 8e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Le Théâtre de la Ville fait don de ses archives à la BnF</title>
   <updated>2017-06-11T21:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Theatre-de-la-Ville-fait-don-de-ses-archives-a-la-BnF_a1735.html</id>
   <category term="Coulisses &amp; Cie" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11043460-18310688.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-01-26T11:58:00+01:00</published>
   <author><name>La Rédaction</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La Bibliothèque nationale de France et le Théâtre de la Ville marquent leur engagement mutuel en faveur de la mémoire du spectacle vivant par le don des archives de ce lieu majeur de la création contemporaine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11043460-18310688.jpg?v=1485428538" alt="Le Théâtre de la Ville fait don de ses archives à la BnF" title="Le Théâtre de la Ville fait don de ses archives à la BnF" />
     </div>
     <div>
      Des milliers de photographies, l'intégralité des programmes, affiches, dossiers de presse et archives du service de la communication ainsi que des centaines d'heures d'enregistrements rejoignent les collections du département des Arts du spectacle.       <br />
              <br />
       Couvrant la période de 1968 à nos jours, cet ensemble restitue la mémoire de la programmation foisonnante de ce lieu en théâtre, en danse comme en musique.       <br />
              <br />
       On y croise les grands noms de la danse contemporaine d'Alwin Nikolais à Pina Bausch en passant par Carolyn Carlson, Merce Cunningham, Christian Rizzo, Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker, du théâtre avec les oeuvres d'Eugene Ionesco, Edward Bond et Bernard-Marie Koltès et des mises en scène de Jean Mercure, Lucian Pintilié, Edward Bond, Patrice Chéreau, le Berliner Ensemble, Robert Wilson, Guy Cassiers mais aussi le mime Marcel Marceau, la chanteuse Juliette Greco, le musicien Nusrat Fateh Ali Khan et de nombreux compositeurs et musiciens venus du monde entier.       <br />
              <br />
       En parallèle, Anna Birgit, la photographe officielle du théâtre pendant plus de trente ans, a donné la totalité de son fonds de négatifs, planches-contacts et de tirages au département des Arts du spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11043460-18310713.jpg?v=1485428633" alt="Le Théâtre de la Ville fait don de ses archives à la BnF" title="Le Théâtre de la Ville fait don de ses archives à la BnF" />
     </div>
     <div>
      Ces deux dons prestigieux vont compléter les collections que la BnF conserve sur l'histoire de ce théâtre depuis sa construction en 1862, notamment sur les directions de Sarah Bernhardt et de Charles Dullin ainsi que sur le Théâtre des Nations. Le magnifique manteau que portait Sarah Bernhardt en 1902 au moment de la reprise de Théodora sur la scène du Théâtre de la Ville est exposé au centre de la nouvelle Rotonde des Arts du spectacle du site Richelieu de la BnF, inauguré le 11 janvier 2017.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Communiqué de presse du 19 janvier 2017 de la BnF/Théâtre de la Ville.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Meguri... La beauté claire et sereine du Butô</title>
   <updated>2016-11-24T19:23:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Meguri-La-beaute-claire-et-sereine-du-Buto_a1629.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/9758302-15746122.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-06-28T20:31:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ushio Amagatsu et sa compagnie Sankai Juku invitent au Butô, jeune danse japonaise, pour découvrir un monde artistique où le difforme fait irruption dans des corps faisant passerelle entre la Mort et la Vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9758302-15746122.jpg?v=1467140030" alt="Meguri... La beauté claire et sereine du Butô" title="Meguri... La beauté claire et sereine du Butô" />
     </div>
     <div>
      Assister à une représentation de Butô <span style="font-style:italic">(1)</span> est comme voir une danse de l'âme avec sa fragilité des mouvements, puisant à l'intérieur des corps, et sa gestuelle qui fait un pacte avec le Temps, avec son écoulement et sa sérénité. Le Butô a été créé en 1959 lors d'un spectacle de Tatsumi Hijikata (1928-1986), avec la collaboration de Kazuo Ōno (1906-2010) appelé Kinjiki <span style="font-style:italic">(2)</span> qui fit scandale et provoqua le bannissement de Hijikata de tous les festivals et organisations de danses japonaises.        <br />
              <br />
       La compagnie Sankai Juku a été créé en 1975 et Ushio Amagatsu, figure majeure du Butô, fait partie de la deuxième génération de danseurs qui en compte actuellement trois.        <br />
              <br />
       Il est appelé parfois &quot;danse des ténèbres&quot; car il relie l'être vers un espace-temps appelé &quot;ma&quot; où les esprits habitent. Cette conjonction avec la Mort fait la mesure, entre autres, du Butô dans une revendication aussi politique, à ses origines, de rejeter l'influence occidentale et de déroger aux tabous sexuels et sociaux. La danse est d'une clarté et d'une sérénité assez confondante.       <br />
              <br />
       Elle fait surtout appel à un travail intérieur où les deux faces de notre être, le Ying et le Yang, le conscient et l'inconscient, ou l'ange et le démon selon le référentiel adopté par chacun, se réunissent pour faire corps avec un extérieur, celui du monde. Les danseurs sont recouverts de plâtre blanc, le crâne rasé. Même si le noir était la couleur d'origine, Hijikata a ensuite adopté le plâtre blanc pour la douleur cutanée qu'il provoquerait <span style="font-style:italic">(3)</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9758302-15746156.jpg?v=1467140116" alt="Meguri... La beauté claire et sereine du Butô" title="Meguri... La beauté claire et sereine du Butô" />
     </div>
     <div>
      La danse est lente avec des membres toujours en équilibre. Cela demande une grande concentration, de la puissance et du souffle. Les mouvements sont décomposés de façon très fluide, ponctués parfois de sauts, sans grandes enjambées. Le corps est tiré par les mouvements des membres. Le tronc est l'axe central, régulateur sur lequel ils prennent appui faisant du corps une source de tensions.       <br />
              <br />
       C'est l'histoire d'un temps qui se glisse dans des corps, d'une fable entre une pression et un équilibre, d'une rencontre entre la Vie et la Mort autour d'un processus de circulation, de passage d'un état à un autre <span style="font-style:italic">(4)</span>.       <br />
              <br />
       Le spectacle est proche de la nature dans son concept où la Terre est représentée par un sol ocre de poussière, l'eau par une étendue bleue et le feu par un éclairage aux couleurs chaudes. La scénographie est dans un camaïeu de couleur blanche-ocre, autant pour la scène que pour les costumes ou le maquillage des danseurs.       <br />
              <br />
       Les bras levés, les mains ouvertes, les jambes écartées ou repliées, le corps est tel un accordéon organique qui se plie et se déplie, comme une onde sur scène accompagnée de mouvements larges, étendus, étirés, ramassés ou recroquevillés. C'est une tranquillité en distension, une sagesse corporelle qui prend ses racines avec une musique omniprésente, calme, fluide et toujours dans le même tempo.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9758302-15746166.jpg?v=1467140159" alt="Meguri... La beauté claire et sereine du Butô" title="Meguri... La beauté claire et sereine du Butô" />
     </div>
     <div>
      Pour autant, la gestuelle est rarement identique même si une similitude se dessine dans ses contours, dans cette façon de se mouvoir, dans cette communion de groupe quand les différents danseurs investissent la scène. Leur solitude est omniprésente. Plongés dans une grande concentration, ils sont comme suspendus dans l'espace, faisant abstraction du public.       <br />
              <br />
       Nous sommes dans une fausse monotonie scénographique, musicale et artistique car tout évolue, de façon constante, légère comme pour ne pas déranger un équilibre originel dont le &quot;barycentre&quot; bougerait au détour d'un souffle, d'une tension, d'un pas, d'une inflexion.       <br />
              <br />
       Hijikata définissait le Butô comme <span style="font-style:italic">&quot;le cadavre qui se met debout en risquant la mort&quot;</span>, une mort embrassant la vie pour nous conter son au-delà au détour de sa poésie corporelle.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Bu signifie &quot;danser&quot; et tō, &quot;fouler le sol&quot;.       <br />
       (2) Euphémisme signifiant &quot;homosexualité&quot; et traduit en français par &quot;Les amours interdites&quot; (1951) qui est un roman de l'auteur japonais Yukio Mishima (1925-1970).       <br />
       (3) D'après &quot;Du corps mort vers la vie : le Butô selon Hijikata&quot; de Christine Greiner, Augustin Berque, Britta Boutry-Stadelmann, Nathalie Frogneux, Suzuki Sadami.       <br />
       (4) Meguri vient de Meguru et fait référence à une rotation, à un cycle et par extension signifie ce qui circule en suivant un certain ordre.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Meguri"</b></div>
     <div>
      Exubérance marine, tranquillité terrestre.       <br />
       Par la Compagnie Sankai Juku.       <br />
       Mise en scène, chorégraphie &amp; conception : Ushio Amagatsu.       <br />
       Avec : Ushio Amagatsu, Semimaru, Toru Iwashita, Sho Takeuchi, Akihito Ichihara, Dai Matsuoka, Norihito Ishii, Shunsuke Momoki.       <br />
       Musiques : Takashi Kako, Yas-Kaz, Yoichiro Yoshikawa.       <br />
       Réalisation du mur de fond : Roshi.       <br />
       Coordination technique : Tsubasa Yamashita.       <br />
       Plateau : Keizuke Watanabe.       <br />
       Lumière : Satoru Suzuki, Genta Imamura.       <br />
       Son : Akira Aikawa.       <br />
       Traduction : Akira Ogata.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 juin au 2 juillet 2016.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre de la Ville, Paris 4e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaville-paris.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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  <entry>
   <title>"Les Liaisons dangereuses"… Intrigues et érotisme avant la lettre</title>
   <updated>2016-03-09T20:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Liaisons-dangereuses-Intrigues-et-erotisme-avant-la-lettre_a1560.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/9087760-14453429.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-03-09T09:28:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Christine Letailleur met en scène, autour de Dominique Blanc et Vincent Pérez, le roman épistolier de Choderlos de Laclos dans des situations où la parole prend de court l'écrit, où l'action supplante le verbe et où l'amour n'est qu'un prétexte à l'intrigue.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9087760-14453429.jpg?v=1457513335" alt=""Les Liaisons dangereuses"… Intrigues et érotisme avant la lettre" title=""Les Liaisons dangereuses"… Intrigues et érotisme avant la lettre" />
     </div>
     <div>
      De Choderlos de Laclos, il est resté un chef-d'œuvre, &quot;Les liaisons dangereuses&quot; (1782), composé à une époque où le traité de Paris (1763) met fin à la guerre de 7 ans (1756-1763), considérée comme la première des guerres mondiales mêlant différents pays (ceux du Royaume de France, du Royaume de Grande-Bretagne, du Royaume de Prusse, du Royaume de Russie, du Royaume d'Espagne et les États des Habsbourg). Pour éviter l'ennui, ce militaire, devenu général sous Napoléon, avait écrit ce roman épistolaire. Un traité accouchait enfin d'un écrit de valeur ! Il avait confié au comte Alexandre de Tilly : &quot;J'ai voulu faire un ouvrage qui retentit encore sur la terre quand j'y aurai passé&quot;. Le talent boude parfois la modestie.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Christine Letailleur fait de ce roman une histoire avant la lettre. Car les personnages, même s'ils entrent sur scène avec une lettre à la main, abandonnent rapidement cet artifice pour faire corps avec la scène et les situations. Celles-ci, en effet, donnent rapidement l'illusion que le côté épistolier est peu présent dans cette histoire d'amours érotiques où le comte de Valmont (Vincent Pérez) joue de séduction et d'intrigues auprès de la gent féminine. La relation entre le Comte de Valmont et la Marquise de Merteuil (Dominique Blanc) reste centrale dans la scénographie et la mise en scène. Il veut mais elle ne veut plus. Ce roman, apologie du Plaisir, fait que selon Malraux &quot;pas un couple une seule fois n'entre dans un lit sans une idée derrière la tête&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9087760-14453535.jpg?v=1457514203" alt=""Les Liaisons dangereuses"… Intrigues et érotisme avant la lettre" title=""Les Liaisons dangereuses"… Intrigues et érotisme avant la lettre" />
     </div>
     <div>
      Le roman épistolaire est très bien abordé dans son rapport aux personnages. La pièce est basée sur des relations nourries par des lettres envoyées, lues et cachées. Ainsi, la fable fait incursion dans la &quot;réalité&quot;. L'humour pointe à plusieurs reprises le bout de son nez. Nous sommes à cheval entre l'écrit et l'oral, le lu et le joué, le senti et le ressenti. Ce double visage est aussi porteur d'une thématique qui fait d'une lettre, à notre époque où le mail occulte trop souvent le vis-à-vis, une correspondance entre une intrigue et un soupir, un désir et sa réalisation trompée.       <br />
              <br />
       Les échanges entre les différents personnages sont dominés par une relation épistolaire ponctuelle et un face-à-face récurrent, entre des portes qui claquent et des sorties d'escalier, entre un extérieur et un intérieur, entre de la timidité, de la pruderie et des élans amoureux et sexuels.       <br />
              <br />
       Deux styles de jeu se rencontrent avec Dominique Blanc, grave, sereine et calme et Vincent Pérez, maniéré, très expressif et habillé de convenances sociales et comportementales. Le jeu et l'apparat aiguillent ses attitudes, ses réactions. Il se laisse aller à des embrassades ou emportements. Son rire manque de sincérité à dessein. Il joue avec les femmes en prenant les habits sonores de sentiments qu'il n'a pas. Il aime sans amour. Bref, seul le sexe l'intéresse. Autour de Mme de Tourvel (Julie Duchaussoy), Mme de Rosemonde (Karen Rencurel), Mme de Volonges (Véronique Willemaers) et une courtisane (Stéphanie Cosserat) dont les jeux donnent à la pièce un camaïeu de désirs variés, les passions, toujours biaisées, oscillent entre volonté et contrainte.       <br />
              <br />
       Sur scène, une vaste demeure sans relief est composée de reflets marron avec un escalier côté cour. Elle est comme sans vie, sans relief. Ce qui se joue est dans les escaliers ou dans la cour. À l'étage ou dans les chambres, l'intimité règne portes fermées. Une longue pièce parcourt le premier étage ponctué de passages, au sens propre, où les personnages incarnent des émotions entre pleurs, rires et désespoirs. La maison est un lieu animé d'intimité, d'humeur, d'appels, de sanglots, de joies, de cris. L'extérieur fait état de sentiments verbalisés, plus &quot;recueillis&quot; même si embrassades, caresses et surtout intrigues sont le moteur d'histoires qui se mêlent et se démêlent.       <br />
              <br />
       L'aspect épistolaire se laisse occulter par la présence &quot;vocale&quot; des comédiens. Les voix sont très présentes et deviennent souvent ténébreuses, en écho aux événements, comme des sentences venues d'ailleurs, d'outre-tombe ou d'une fatalité qui emporte les personnages. La mort, d'une passion et d'un désir, devient le destin d'amours avortées ou réelles comme la vérole celle d'une compagne qui s'invite, telle une intrigante, dans le festin du plaisir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Liaisons dangereuses"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9087760-14453712.jpg?v=1457515131" alt=""Les Liaisons dangereuses"… Intrigues et érotisme avant la lettre" title=""Les Liaisons dangereuses"… Intrigues et érotisme avant la lettre" />
     </div>
     <div>
      D'après le roman de Pierre Choderlos de Laclos.       <br />
       Adaptation et mise en scène  : Christine Letailleur.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Stéphanie Cosserat.       <br />
       Avec : Dominique Blanc, Vincent Perez, Fanny Blondeau, Stéphanie Cosserat, Julie Duchaussoy, Manuel Garcie-Kilian, Guy Prévost, Karen Rencurel, Richard Sammut, Véronique Willemaers.       <br />
       Scénographie  : Emmanuel Clolus, Christine Letailleur.       <br />
       Lumières : Philippe Berthomé  en collaboration avec Stéphane Colin.       <br />
       Costumes : Thibaut Welchlin.       <br />
       Son : Manu Léonard.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 18 mars 2016</span>.       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h 30, lundi 14 mars à 20 h 30.       <br />
       Théâtre de la Ville, Paris 4e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaville-paris.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Liaisons-dangereuses-Intrigues-et-erotisme-avant-la-lettre_a1560.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L'Étranger"… danse avec Camus</title>
   <updated>2016-11-24T19:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Etranger-danse-avec-Camus_a1557.html</id>
   <category term="Danse" />
   <published>2016-03-02T11:49:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Gallotta reprend de façon intime "L'Étranger" de Camus avec des chorégraphies mêlant un rapport à l'autre et à l'espace tissé d'attirances et de rejets dans des corps méfiants, voire étrangers, à eux-mêmes et au monde dans lequel ils évoluent.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9044802-14371834.jpg?v=1456916145" alt=""L'Étranger"… danse avec Camus" title=""L'Étranger"… danse avec Camus" />
     </div>
     <div>
      Gallotta est un chorégraphe qui aime allier confidences, musique et vidéo. Cette fois-ci, il associe la littérature à la danse en choisissant pour terreau artistique &quot;L'Étranger&quot; de Camus. Le corps d'un récit, tout à la fois intime et littéraire, est mêlé à celui des danseurs.       <br />
              <br />
       Le chorégraphe, fidèle à son style autobiographique, raconte sa mère, son amour de l'écrivain Camus et prend à témoin, avant chaque chorégraphie, des extraits de l'œuvre de l'auteur.        <br />
              <br />
       Le spectacle débute avec trois danseurs qui, les bras levés et les épaules légèrement tombantes, sont situés aux différents coins de la scène, avançant comme des ombres flottantes, comme des présences absentes, étrangères au plateau.       <br />
              <br />
       Les danseurs articulent corporellement le récit, lu en voix off, dans lequel les mouvements des membres supérieurs sont étendus, lancés horizontalement. Ils s'étirent comme pour repousser leur corps vers l'arrière et sont projetés aussi, par une force inexorable, vers l'avant. La danse devient un langage fait de basculements entre retour à soi et expulsion vers l'autre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9044802-14371887.jpg?v=1456917235" alt=""L'Étranger"… danse avec Camus" title=""L'Étranger"… danse avec Camus" />
     </div>
     <div>
      Ce qui est dansé ne sont pas les personnages, ni les situations. Meursault apprenant la mort de sa mère ou tuant &quot;l'arabe&quot; sur la plage ne sont pas joués sur scène. Ce qui fait sens est ce rapport à soi et aux autres, nourri de la double contradiction du rejet de son corps et d'un rapport à l'autre fait autant d'attirance que d'opposition, pour revenir à son propre corps devenu îlot de sauvegarde.       <br />
              <br />
       Les deux danseuses, à tour de rôle, s'agrippent, via des sauts en position assise, sur le tronc du danseur, qui devient un appui, comme un retour aux origines quand celles-ci étaient au départ vers un ailleurs. Fixité contre immobilité. Fuite contre retour, c'est la partition de deux espaces-temps qui s'évitent mais se retrouvent comme aimantés malgré eux.       <br />
              <br />
       Les danses oscillent entre vivacité et tempo lent, entre attraction terrienne et impulsion aérienne. Les danseurs(es) sont dans un perpétuel entre-deux. Ils s'évitent pour s'accoler, s'appuient les uns aux autres pour se repousser ensuite.       <br />
              <br />
       Et puis, il y a ce film en couleurs, ce moment intime, familial autour de Camus, sourire aux lèvres. Belle image de l'écrivain, du penseur, du philosophe avec ce visage hâlé par le soleil. Il n'était pas étranger à son temps. Il y était en plein dedans, donnant force et voix à ses convictions sur des sujets graves comme le stalinisme dans &quot;L'homme révolté&quot; (1951), se retrouvant voué aux gémonies par &quot;Les temps modernes&quot; et une classe de penseurs. Il s'était retrouvé seul, intellectuellement parlant, à la fin de sa vie. <span style="font-style:italic">&quot;Solitaire, vous seriez bien seul sans ces solitaires&quot;</span>, écrivait-il.       <br />
              <br />
       Qu'aurait-il dit aujourd'hui face à une époque dure et mêlée, dominée par la désertion du courage politique et d'intellectuels devenus porte-voix de la peur et du repli sur soi, étrangers aux misères et à l'actualité du monde ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Étranger"</b></div>
     <div>
      D'après le roman d'Albert Camus.       <br />
       Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Mathilde Altaraz.       <br />
       Avec Ximena Figueroa, Thierry Verger et Béatrice Warrand.       <br />
       Musique : Strigall.       <br />
       Costumes : Jacques Schiotto.       <br />
       Scénographie &amp; images : Jeanne Dard.       <br />
       Lumières : Dominique Zape.       <br />
       Durée : 1 heure.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 février au 5 mars 2016.</span>       <br />
       Du lundi au samedi à 20 h 30.       <br />
       Théâtre de la Ville, Paris 4e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaville-paris.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/L-Etranger-danse-avec-Camus_a1557.html" />
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