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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-18T03:55:20+02:00</updated>
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   <title>"… Et les 7 nains ?" Relire le conte des frères Grimm à la lueur de nos questionnements contemporains sur les rapports homme-femme</title>
   <updated>2025-11-13T10:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Et-les-7-nains-Relire-le-conte-des-freres-Grimm-a-la-lueur-de-nos-questionnements-contemporains-sur-les-rapports-homme_a4403.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-11-12T19:16:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Blanche-Neige… et les sept nains… tous dans la même maison ! C'est quoi ce conte ? Une histoire de coloc ? Sept mecs et une nana, c'est space… Non ? Et celle-ci offerte à un inconnu… un soi-disant "prince" ! À l'heure de #metoo, ça craint ! Le temps du procès est venu… fictif évidemment, mais ancré dans les interrogations et les avancées du XXIe siècle. Nous allons enfin pouvoir savoir qui est vraiment cette Blanche-Neige (une étrangère ?) Et d'où sort cette histoire qui a traversé innocemment les siècles. Une manière joyeuse et insolente de confronter la traditionnelle littérature enfantine à une modernité convoquant de nouvelles prises de paroles, notamment celles des femmes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92510693-64848046.jpg?v=1762971621" alt=""… Et les 7 nains ?" Relire le conte des frères Grimm à la lueur de nos questionnements contemporains sur les rapports homme-femme" title=""… Et les 7 nains ?" Relire le conte des frères Grimm à la lueur de nos questionnements contemporains sur les rapports homme-femme" />
     </div>
     <div>
      Tout le monde en scène à l'entrée du public. Un grand écran vidéo, des fauteuils et sept personnages qui attendent, on l'apprendra très vite, leur passage dans la salle d'audience… pour le procès (en forme de cabaret… quand même !) d'un conte enfantin – presque innocent – qui va nous plonger au cœur de questions tout à fait actuelles sur des comportements pas si innocents que ça ! Et celle posée – &quot;Et les sept nains ? – invite à lire entre les lignes, à éclairer les non-dits du conte, à dévoiler les secrets, peut-être inavouables, de cette bande de travailleurs, formatés avant l'heure &quot;boulot, métro, dodo&quot;, qui doivent gérer l'arrivée inattendue d'une femme plutôt &quot;canon&quot; dans leur quotidien routinier.       <br />
              <br />
       Ces sept prévenus, cloîtrés et fusionnels, vivant sous le même toit et en communauté de labeur, se retrouvent forcément bousculés, bouleversés par la présence inopinée de cette jeune femme, une étrangère, une &quot;autre&quot;. Pour la protéger, ils l'enferment chez eux et lui confient la réalisation des tâches ménagères pendant qu’ils partent bosser, la fleur à la pioche. Mais au regard des révolutions et des évolutions survenues au XXIe siècle, ces traditions surannées s'opposent incontestablement à notre modernité, même si celle-ci est loin d'être parfaite. De plus, nos sept mâles ont, dans une entente collective coupable, l'idée inconséquente d'offrir, post mortem, le corps de celle-ci au premier prince charmant qui passait dans le coin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92510693-64848063.jpg?v=1762971663" alt=""… Et les 7 nains ?" Relire le conte des frères Grimm à la lueur de nos questionnements contemporains sur les rapports homme-femme" title=""… Et les 7 nains ?" Relire le conte des frères Grimm à la lueur de nos questionnements contemporains sur les rapports homme-femme" />
     </div>
     <div>
      Sont ainsi appelés à la barre des témoins, les uns après les autres, les sept nains… simplement identifiés comme N1, N2, N3, etc. Et les questions fusent : &quot;Racontez votre rêve à la cour&quot;. Après N1, c'est au tour de N3. À chaque fois des accusations différentes. À N4 : &quot;Ce rêve serait donc à l'origine du conte ?&quot;. À N2 : &quot;Comment cela a-t-il commencé ? Comment vous vous êtes retrouvés liés tous les sept ?&quot;. À N7 : &quot;Dites-nous ce qui vous lie tous les sept ?&quot;. À N5 : &quot;Quelle place l'amitié a-t-elle dans votre vie ?&quot;.       <br />
              <br />
       Chaque séquence &quot;interrogatoire&quot; est &quot;séparée&quot; par un son différent, de furtifs éclairs et des mouvements lents des nains qui apparaissent plus ou moins déformés sur l'écran vidéo. La bande son/musique devient parfois forte, voire désagréable auditivement parlant. Chaque nain est interrogé et chaque scène est marquée par des symboliques récurrentes. Ce procédé, bien maîtrisé, donne une rythmique particulière à la pièce, faisant penser à un mouvement staccato d'une partition imaginaire. Si ce procédé surprend, il donne par ailleurs un étrange fluidité à l'ensemble.       <br />
              <br />
       Face à ce récit qui a traversé, en toute impunité, les siècles en narrant à nos enfants des attitudes et des comportements plus que discutables aujourd'hui, Charlie Windelschmidt et la Cie Dérézo nous convie à un procès – en forme de cabaret un brin déjanté –, entre rêve et réalité, où se met en place un appareil judiciaire investigateur visant à décortiquer les faits pour en étudier les potentielles déviances tout en apportant un regard humoristique sur les mécanismes qui construisent un conte, avec ses incohérences, ses logiques romantiques douteuses, ses fausses bonnes intentions, entre autres. Mais, ici, le rire est aussi convoqué à la barre, car, au-delà des impératifs initiés, l'indispensable remise à niveau des rapports homme-femme, l'impertinence, l'humour et l'insolence sont nécessaires pour &quot;digérer&quot; cet héritage culturel et accepter de nouvelles éthiques à imprimer au monde d'aujourd'hui.       <br />
              <br />
       Finalement, la création de Charlie Windelschmidt vient percuter à dessein notre monde en pleine mutation, disséquer nos petites mesquineries, nos malines hypocrisies, nos morales à deux poids deux mesures (quel que soit le domaine : l'autre, la femme, etc.) et pose sur le plateau nos interrogations existentielles actuelles : faut-il écouter ses désirs ou laisser la société les choisir à notre place ? Ne sommes-nous que des objets jetés en pâture à la jouissance des autres ? Qui est responsable des chaos ambiants, la société ou l'individu ? Quelle est la part de responsabilité du collectif ? Quel est le pouvoir de la transmission et peut-on lutter contre les traditions, orales ou pas, fictionnelles ou réelles ?       <br />
              <br />
       Mais ce procès analysant, déconstruisant, le conte des frères Grimm est en réalité une étonnante expression théâtrale radicale et humoristique, irrévérencieuse et jouissive pour rire des conventions, des raideurs traditionnelles et désacraliser les fardeaux et les lourdeurs portés par les siècles passés. Il est temps de s'amuser et de révolutionner nos vieillissantes banalités !       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"… Et les 7 nains ?"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92510693-64848064.jpg?v=1762971686" alt=""… Et les 7 nains ?" Relire le conte des frères Grimm à la lueur de nos questionnements contemporains sur les rapports homme-femme" title=""… Et les 7 nains ?" Relire le conte des frères Grimm à la lueur de nos questionnements contemporains sur les rapports homme-femme" />
     </div>
     <div>
      Autrices : Morgane Le Rest, Lisa Lacombe et Garance Bonotto.       <br />
       Mise en scène : Charlie Windelschmidt.       <br />
       Avec : Véronique Héliès, Anne-Sophie Erhel, Alice Mercier, Anaïs Cloarec, Ronan Rouanet, Farid Bouzenad, Nikita Faulon.       <br />
       Lumière : Gaidig Bleinhant.       <br />
       Son : Guillaume Tahon.       <br />
       Costumière : Youna Vigneault.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>A été créé du 4 au 7 novembre 2025 au Quartz - Scène nationale à Brest (29).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">12 et 13 novembre 2025 :</span> Théâtre du Pays de Morlaix, Morlaix (29).       <br />
       <span class="fluo_jaune">11 décembre 2025 :</span> L'Atelier à Spectacle - Scène conventionnée, Vernouillet (78).       <br />
       2 avril 2026 : L'Archipel - Pôle d'action culturelle, Fouesnant (29).       <br />
       9 avril 2026 : Le Manège - Scène nationale, Maubeuge (59).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique</title>
   <updated>2024-10-19T10:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Sorcieres-Titre-provisoire-Histoire-de-sorcellerie-conjuguee-au-feminin-pour-parler-de-transmission-d-amitie-et-d-une_a4064.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83584030-59814655.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-18T16:40:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quitter l'urbaine capitale pour prendre possession d'une vieillotte maison familiale, héritage d'une existence passée campagnarde et néanmoins normande, c'est le choix qu'a fait Sonia. Très vite, à l'évidence, le souvenir de l'aïeule, la grand-mère, dernière résidente, imprègne les lieux par quelques vêtements et objets, peut-être même par une présence fantomatique. Un soir de pluie, une femme mystérieuse passe avant de reprendre son chemin. De cette rencontre imprévue, Sonia développe des dons et se retrouve connectée à la maison qui prend vie, l’envahie et l’amène à remuer le passé. Soutenue par une amie, elle démêlera l’histoire de cette habitation supposée maudite.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83584030-59814655.jpg?v=1729264006" alt=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" title=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" />
     </div>
     <div>
      Au départ furent les travaux de Jeanne Favret-Saada, figure centrale de l’ethnographie française, sur la sorcellerie paysanne dans le bocage mayennais. Jugés atypiques à l'époque (fin des années soixante-dix), du fait notamment d'une immersion totale pendant deux ans où elle sera considérée par les habitants comme désenvouteuse puis comme ensorcelée. Cette enquête peu banale aboutira à un premier ouvrage, &quot;Les mots, la mort, les sorts&quot; (1977), suivi d'une approche plus psychanalytique intitulée &quot;Corps pour Corps - Enquêtes sur la sorcellerie dans le bocage&quot; (1981), coécrit avec la psychanalyste Josée Contreras.       <br />
              <br />
       De cette étude particulière est né le désir d'un état des lieux cinquante ans plus tard. C'est ainsi que Lucie Berelowitsch et Penda Diouf ont parcouru, en février et mars 2023, la campagne viroise pour rencontrer rebouteux et coupeurs de feu (guérisseurs), opérant ainsi un collectage de témoignages variés, de faits divers, de légendes encore vivaces, tous questionnements ayant trait aux bons et mauvais sorts, aux différents rituels païens ou pas, aux croyances perdurant dans l'imaginaire de la gent campagnarde et néanmoins normande. De cette quête aux accents mystérieux et magiques est née le féminin spectacle &quot;Sorcières (Titre provisoire)&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83584030-59814665.jpg?v=1729264036" alt=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" title=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor savamment imaginé (par Valentine Lê et François Fauvel), modulaire et mobile, laissant paraître l'intimité rassurante d'un intérieur et l'insécurité latente de l'extérieur – grâce à une pièce principale dont l'un des angles est coupé, offrant ainsi de multiples porosités entre le cocon et son environnement &quot;sauvage&quot; – vont être convoqués de multiples étrangetés : bruissements inexplicables, voix d'outre-tombe, ombres mystérieuses, etc. ; mais aussi des anomalies événementielles telles que des accidents de la route à répétition ou d'énigmatiques rencontres.       <br />
              <br />
       Sonia, dès son installation dans la demeure de famille, plongée dans le tri d'une garde-robe d'un autre temps (celle de son ancêtre), accueille une victime tombée en panne de voiture… de manière suspecte (réalité ou allégorie). Ainsi, les autrices posent dès le début les éléments d'une fiction fantastique qui va s'élaborer crescendo dans l'expression d'événements extraordinaires ou bizarres.       <br />
              <br />
       Puis, une amie arrive, rompant la solitude de Sonia, l'accompagnant pour une brocante pour vendre, sans succès, les affaires (vêtements et objets) qu'elle a triées. Le bruit court que la maison est hantée... et on n'achète pas les objets d'une maison hantée. Les histoires anciennes ressurgissent et déstabilisent. Sonia (excellente Sonia Bonny) décide alors d'effectuer des recherches dans les archives de la presse locale pour lire de vieux articles sur les phénomènes paranormaux. Au fur et à mesure, une subtile ambiance en clair obscur s'installe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83584030-59814674.jpg?v=1729264353" alt=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" title=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" />
     </div>
     <div>
      Dans ces méandres ensorcelés, la présence de l'amie (convaincante Clara Lama Schmit) alimente une certaine complicité bienveillante et les fantômes – sorciers, sorcières ou pas – (Natalka Halanevych, habitant avec talent plusieurs rôles) esquissent une compagnie appropriée à l'atmosphère générale. Ne dit-on pas que seules les ensorcelés parlent de sorcières ou de sorcellerie ? Et, ici, Sonia n'est-elle pas simplement une passeuse d'âme... un être doté d'une incroyable capacité à aimer et à pardonner sans juger, cherchant à agir comme pour concrétiser une libéralisation des lieux, des âmes tourmentées.       <br />
              <br />
       Si l'enquête et la collecte de témoignages initiales effectuées par Lucie Berelowitsch et Penda Diouf apportent un état des lieux actuel de la sorcellerie en Normandie, leur propos porte au-delà, vers une autre facette de l'ethnologie moderne, questionnant la structure et l'évolution (ou non-évolution) de notre société rurale sur le terrain des relations humaines où se jouent les connections intergénérationnelles, la transmission des valeurs, des modes de vie et des connaissances passées, mais aussi la force de l'éducation, de l'amitié, de la tolérance et de l'acceptation des différences.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sorcières (Titre provisoire)"</b></div>
     <div>
      Texte : Penda Diouf.       <br />
       Mise en scène : Lucie Berelowitsch.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Baptiste Mayoraz.       <br />
       Avec : Sonia Bonny et Clara Lama-Schmit (comédiennes permanentes), Natalka Halanevych (membre des Dakh Daughters, artistes associées).       <br />
       Lumières : Kelig Le Bars.       <br />
       Musique :  Sylvain Jacques.       <br />
       Scénographie : François Fauvel et Valentine Lê.       <br />
       Costumes : Elizabeth Saint-Jalmes et Ève Le Corre-Le Trévédic.       <br />
       Décors : les Ateliers du Préau.       <br />
       Production Le Préau - CDN de Normandie-Vire.       <br />
       Coproduction La Criée - Théâtre National de Marseille.       <br />
       Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle créé au Préau - CDN de Normandie-Vire du 1ᵉʳ  au 4 octobre 2024.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">18 octobre 2024 :</span> Théâtre des Halles, Tessy-Bocage (50).       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 novembre 2024 :</span> Théâtre municipal, Domfront-en-Poiraie (61).       <br />
       28 novembre 2024 : La Halle ô Grains, Bayeux (14).       <br />
       21 et 22 janvier 25 : Théâtre du Point du Jour, Lyo (69).       <br />
       28 janvier 2025 : Salle des fêtes, Barenton (50).       <br />
       4 février 2025 : Théâtre de l’Arsenal, Val-de-Reuil (76).       <br />
       27 et 28 fév. 25 : Les Franciscaines, Deauville (14).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Sorcieres-Titre-provisoire-Histoire-de-sorcellerie-conjuguee-au-feminin-pour-parler-de-transmission-d-amitie-et-d-une_a4064.html" />
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   <title>•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté</title>
   <updated>2022-07-22T11:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-La-Tempesta-Le-monde-de-Shakespeare-selon-Alessandro-Serra-une-ode-sculpturale-saisissante-de-beaute_a3361.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66221133-47087335.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-07-22T10:37:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Comment ne pas être sous le charme de cette succession de tableaux à haute prégnance esthétique, comme si ces personnages hauts en couleurs se détachaient de leur cadre pour venir devant nous jouer la comédie de ce naufrage "génial"… Des "Tempêtes", on en a vu souffler, et pas des moindres, la dernière étant celle de Peter Brook. Mais celle imaginée par le metteur en scène italien semble receler un pouvoir magique aux effets particulièrement enivrants. Parlant d'abord aux sens, elle émeut avant de libérer sa charge politique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66221133-47087335.jpg?v=1658480628" alt="•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté" title="•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté" />
     </div>
     <div>
      Immergé dès le lever de rideau - une immense voile noire se gonflant à l'envi - dans les remous d'une mer déchainée emportant par le fond sa cargaison de félons, jamais on ne reprendra souffle. Jamais l'intensité des couleurs ne faiblira et les effets en seront d'autant plus éloquents qu'ils s'appuieront sur une grande économie de moyens. Grondements sonores, lumières sculptant l'espace, et personnages au verbe et aux habits truculents, seront les pivots déclencheurs de cette frénésie sensorielle. Le sens, ce sera ensuite à chaque spectateur de le créer à l'intérieur de sa boîte noire à lui, lieu de ses projections intimes, de ses rêves enfouis.       <br />
              <br />
       Tableau d'Ariel, tourbillonnant sur lui-même, ce génie féminin gracieux aux longs cheveux sensuels et à l'air mutin mène la danse au service de Prospéro, ex-duc de Milan exilé sur cette île en compagnie de sa fille, Miranda. Le récit enjoué qu'Ariel réalise du naufrage dont elle est l'initiatrice annonce ses autres facéties surnaturelles propres à enchanter un maître en quête de subterfuges susceptibles de châtier les coupables qui l'ont déchu de son titre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66221133-47087342.jpg?v=1658480705" alt="•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté" title="•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté" />
     </div>
     <div>
      Mais lorsque Ariel réclame du magicien la liberté en échange de son aide, Prospéro lui rappelle qu'elle lui doit déjà d'avoir été délivrée du tronc où l'horrible sorcière Sycorax l'avait enfermée. Autre beau tableau où on la voit s'extraire de son arbre prison en tournant sur elle-même avant que n'apparaisse, exultant, vociférant, Caliban, fils de la sorcière, deuxième génie présenté lui comme maléfique. Recouvert de haillons, il est affublé de ramifications de bois poussant dans son dos, rappelant qu'il appartient à la nature sauvage.       <br />
              <br />
       Quant aux réactions de Prospéro, traitant Caliban d'esclave venimeux, et de Miranda, l'insultant pareillement avant de lui reprocher son ingratitude, elle qui a accompli le grand effort de lui apprendre le langage, elles portent en creux les germes de la pensée politique de Shakespeare, toujours prêt à tendre à ses contemporains le miroir de leur incongruité. Quant à l'indigène domestiqué et acculturé, il répondra pertinemment au père qu'il est devenu sujet asservi alors qu'auparavant il était roi de ses terres, et à la fille que le langage appris effectivement par les colonisateurs lui permet de leur faire savoir maintenant qu'il les hait !       <br />
              <br />
       N'est pas sauvage  celui que l'on dit l'être, ainsi Shakespeare dans sa clairvoyance débusque-t-il sans avoir l'air d'y toucher les monstruosités civilisées. De même du désir primitif de pouvoir qui amène deux des quatre naufragés, Sébastien le propre frère d'Alonso Roi de Naples et Antonio, le frère félon de Prospéro, à vouloir passer les deux autres ensommeillés  par le fil de leur épée. Heureusement Ariel, le bon génie, veille pour perturber spectaculairement leurs desseins…       <br />
              <br />
       Les tableaux, comme dans un fondu enchaîné où les personnages s'estompent dans le brouillard de fond de scène alors qu'apparaissent déjà les suivants, se succèdent dans un effet saisissant d'illusion théâtrale. Ainsi de la rencontre truculente entre Caliban et deux autres rescapés que sont Trinculo, le bouffon du roi, et Stéphano, l'intendant porté sur la dive bouteille. Confondu avec un buisson, Caliban sert de refuge au bouffon pris d'une grosse envie soudaine… Tous les registres, des plus oniriques aux plus triviaux, cohabitent dans le théâtre de Shakespeare car <span style="font-style:italic">&quot;la Vie est un Théâtre et le Théâtre est la Vie&quot;.</span>       <br />
              <br />
       De même, une simple planche dressée à la verticale qui vient de servir à Stéphano et Caliban pour sceller une alliance christique afin de régler son compte à Prospéro, permet dans la scène suivante à Miranda de gravir le plan incliné la menant directement dans les bras de Ferdinand, fils d'Alonso roi de Naples, tombé raide amoureux de la belle par l'entremise de la magie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66221133-47087468.jpg?v=1658481046" alt="•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté" title="•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté" />
     </div>
     <div>
      Parmi les nombreuses autres scènes imposant leurs &quot;couleurs&quot;, citons celle de la fascinante cérémonie vaudou que surprennent les quatre gentilshommes égarés, ou encore la scène où les trois compères, partis en quête de leur victime potentielle et s'étant retrouvés nus comme des vers après être tombés dans un lac putride, se précipitent sur un portant de vêtements extravagants qu'ils enfilent festivement.       <br />
              <br />
       C'est au contact de l'humanité du génie Ariel que Prospéro, renonçant à ses livres et à son fameux bâton, s'ouvrira humblement au pardon, permettant ainsi une fin de comédie… humaine. Mais encore plus que le message délivré par cette &quot;Tempesta&quot;, ce qui l'inscrira durablement dans la mémoire, c'est l'insoupçonnable beauté picturale des scènes présentées.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 20 juillet à L'Opéra Grand Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Tempesta"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66221133-47087469.jpg?v=1658481110" alt="•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté" title="•In 2022• "La Tempesta" Le monde de Shakespeare selon Alessandro Serra, une ode sculpturale saisissante de beauté" />
     </div>
     <div>
      Turin - Création 2022.       <br />
       Spectacle en italien surtitré en français.       <br />
       Texte : William Shakespeare       <br />
       Traduction, adaptation : Alessandro Serra.       <br />
       Mise en scène, scénographie : Alessandro Serra.       <br />
       Costumes, son et lumière : Alessandro Serra.       <br />
       Avec : Fabio Barone, Andrea Castellano, Vincenzo Del Prete, Massimiliano Donato, Paolo Madonna, Jared McNeill, Chiara Michelini, Maria Irene Minelli, Valerio Pietrovita, Massimiliano Poli, Marco Sgrosso, Bruno Stori.       <br />
       Assistant lumière : Stefano Bardelli.       <br />
       Assistant son : Alessandro Saviozzi.       <br />
       Assistant costumes : Francesca Novati.       <br />
       Masques : Tiziano Fario.       <br />
       Traduction en français pour les surtitres : Max Perdeilhan.       <br />
       Production : Teatro Stabile di Torino Teatro Nazionale.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 au 23 juillet 2022.</span>       <br />
       À 18 h, relâche le 21 juillet.       <br />
       Opéra Grand Avignon, place de l'Horloge, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 27 au 28 juillet 2022 :</span> Festival Shakespeare, Gdansk (Pologne).       <br />
       8 novembre 2022 : Teatro Romolo Valli, Reggio Emilia (Italie).       <br />
       Du 10 au 12 novembre 2022 : Teatro Comunale Chiabrera di Savona, Savona (Italie).       <br />
       Du 15 au 27 novembre 2022 : Teatro Strehler, Milan (Italie).       <br />
       Du 30 novembre au 4 décembre 2022 : Arena del Sole, Bologne (Italie).       <br />
       Du 8 au 11 décembre 2022 : Politeama Rossetti, Trieste (Italie).       <br />
       13 décembre 2022 : Teatro Sociale, Pignerol (Italie).       <br />
       15 décembre 2022 : Teatro Alfieri, Asti (Italie).       <br />
       Du 17 au 18 décembre 2022 : Teatro Comunale et Teatro Galli, Rimini et La Spezia (Italie).       <br />
       9 janvier 2023 : Teatro Comunale, Sassari (Italie).       <br />
       Du 11 au 15 janvier 2023 : Teatro Massimo, Cagliari (Italie).       <br />
       Du 19 au 22 janvier 2023 : Teatro Sociale, Trente (Italie).       <br />
       Du 26 au 29 janvier 2023 : Teatro della Corte, Gènes (Italie).       <br />
       Du 31 janvier au 5 février 2023 : Teatro Bellini, Naples (Italie).       <br />
       25 avril 2023 : MA scène nationale - Pays de Montbéliard, Montbéliard (25).       <br />
       Du 29 au 30 avril 2023 : Mitem Festival, Budapest (Hongrie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-La-Tempesta-Le-monde-de-Shakespeare-selon-Alessandro-Serra-une-ode-sculpturale-saisissante-de-beaute_a3361.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle</title>
   <updated>2020-10-22T10:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Scortecata-O-vieillesse-ennemie-une-fable-sans-age-desopilante-et-cruelle_a2819.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/50811315-39137290.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-10-22T10:39:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On se souvient encore de la force expressive des corps nus exhibés dans "Bestie di scena", créé à Avignon en 2017, l'un des chefs-d'œuvre du corpus théâtral d'Emma Dante reconnue pour élire le corps réel - jeune, vieux, maigre, enveloppé - au centre de son esthétisme. En adaptant "La Scortecata", conte napolitain du XVIIe, la metteure en scène née à Palerme récidive de créativité libérée en propulsant, sur le plateau (presque) nu, deux acteurs (à moitié nu) incarnant à s'y tromper deux vieilles à la recherche de leur jeunesse perdue.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50811315-39137290.jpg?v=1603357293" alt=""La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle" title=""La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle" />
     </div>
     <div>
      Rêver du Prince charmant - Walt Disney en a fait son fonds de commerce - recouvre un mythe qui, du côté des petites filles modèles, berce l'imaginaire éternel. Mais lorsque ce désir prend corps au travers de celui de deux nonagénaires, fripées, percluses de rhumatismes, incontinentes et de caractère peu amènes, la résonance devient tout autre. La farce tragique recouvre alors la bleuette légère, le règne de la guimauve a fait long feu.       <br />
              <br />
       Incarnées par deux acteurs époustouflants - Salvatore D'Onofrio et Carmine Maringola dont le jeu se hisse au niveau des tréteaux fabuleux de la mythique commedia dell'arte -, les deux vieilles vont jouer et rejouer le désir éternel d'être désirées… Et qu'importe si le prétendant s'avèrera être un roi pétant et libidineux qui, émoustillé par la voix de chardonneret de l'une d'elles, lui fera des avances &quot;aveugles&quot;. L'appel de la chair est sans appel…       <br />
              <br />
       Emma Dante, avec la fausse innocence et l'insolence libertaire pleinement assumée qu'est la sienne - elle qui a installé sa compagnie dans une cave du nom d'une ancienne prison où les femmes accusées de sorcellerie étaient jugées -, s'empare à bras le corps de cette fable pour en exprimer tout le suc corrosif, déclenchant dans la salle le rire lié aux licences jouissives des lazzis. Pour faire résonner haut et fort ce souffle d'impertinence, la langue, charriant la poétique populaire d'un florilège de mots crus, redouble la hardiesse de la gestuelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50811315-39137300.jpg?v=1603357358" alt=""La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle" title=""La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle" />
     </div>
     <div>
      Emmaillotées dans des tenues de nuit sans âge (si ce n'est le leur), les deux sœurs, tantôt alliées, tantôt rivales, vont parcourir à brides abattues toutes les étapes du désir chevillé à leur corps défait. Assises sur deux minuscules chaises sur lesquelles elles ne peuvent s'asseoir sans l'aide de l'autre, elles vont se préparer avec une ardeur frénétique à la nuit nuptiale. Se suçant avec énergie le doigt, qu'elles veulent chacune aussi lisse que celui d'une jeunette afin d'être l'élue, leurs tortillements effrénés déclenchent une franche rigolade.       <br />
              <br />
       &quot;Bouche édentée, sorcière poilue, morue qui pue…&quot;, quelques-uns des doux mots dont elles se gratifient mutuellement tant la jalousie les dévore. Mais, lorsqu'elles fantasment que le roi est là derrière la porte pour enlever sa princesse, leurs différends passent à la trappe. Se saisissant d'une planche, elles vont l'ériger pour offrir chacune d'un côté de la porte le ballet cocasse du roi et de la sainte-nitouche effarouchée. Introduisant, tremblante de désir, le doigt dans la serrure, l'élue s'ouvrira les portes du palais miniature trônant au centre du plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50811315-39137309.jpg?v=1603357392" alt=""La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle" title=""La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle" />
     </div>
     <div>
      Sous drap immaculé et musique d'enfer, sera mimée crument la nuit de noces… interrompue par la mise en lumière du pot aux roses et du chapelet d'insanités fleuries échangées par les protagonistes. Dans un dernier sursaut, pour dépasser le réel qui résiste même dans la fiction, les rêves inassouvis vont se réifier sous la forme d'un tableau onirique qui les verra de dos revêtir les habits d'une charmante princesse et d'un séduisant roi.       <br />
              <br />
       La chute du royaume des rêves en sera d'autant plus brutale pour les deux nonagénaires décrépites… La croyance aux fables ayant fait son temps, le glas de la fin de partie sonnera, justifiant le titre &quot;La Scortecata&quot;  ou &quot;L'écorchée&quot; en français. Une chute des plus noires, renvoyant non plus à la farce destinée aux rires mais à la tragédie la plus pure.       <br />
              <br />
       Convoquant avec brio les désirs inassouvis de corps de vieilles (incarnées par deux comédiens protéiformes) ne demandant qu'à &quot;refleurir&quot;, Emma Dante réalise l'exploit de déclencher les rires sur un sujet à vif. S'exonérant de toute allégeance au politiquement correct, s'emparant d'un ancien conte napolitain truculent, elle projette sous les lumières crues du théâtre contemporain les avatars du dur désir d'aimer traversant les âges.        <br />
              <br />
       <b>La pièce &quot;La Scortecata&quot;, librement adapté de &quot;Lo cunto de li cunti&quot; de Giambattista Basile, a été donnée au TnBA Bordeaux (du 13 au 17 octobre 20 20) dans le cadre du FAB (2 au 17 octobre 2020).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Scortecata"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50811315-39137313.jpg?v=1603357438" alt=""La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle" title=""La Scortecata" Ô vieillesse ennemie… une fable sans âge, désopilante et cruelle" />
     </div>
     <div>
      Compagnie Sud Costa Occidentale.       <br />
       Spectacle en napolitain surtitré en français.       <br />
       Traduction du texte en français : Juliane Regler.       <br />
       Surtitres : Franco Vena.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Manuel Capraro.       <br />
       Avec : Salvatore D'Onofrio, Carmine Maringola.       <br />
       Éléments scéniques et costumes : Emma Dante.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       11 et 12 janvier 2021 : Scènes Vosges/Auditorium de la Louvière,  Épinal (88).       <br />
       4 février 2021 : MA - scène nationale, Montbéliard (25).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Scortecata-O-vieillesse-ennemie-une-fable-sans-age-desopilante-et-cruelle_a2819.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants</title>
   <updated>2018-11-22T09:41:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Heretiques-Evoquer-les-intolerances-religieuses envers-les-femmes-et-les-incroyants_a2287.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/27983769-27870677.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-11-22T09:09:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis la nuit des temps, on voit les religions (surtout monothéistes) s'affronter, s'opposer et pour finir se faire la guerre avec la volonté de détruire l'autre (ce qui n'est pas vraiment dans leurs discours mais qui est certainement dans la moelle même de leurs existences). Une guerre donc, qui semble frontale, chacun son dieu, sa foi, son camp, ennemis pour toujours !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870677.jpg?v=1542875845" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Comme les conquérants avides qui ne peuvent partager un monde qu'ils considèrent comme leurs propriétés personnelles, c'est à moi, pousse-toi de là ! Mais quand il s'agit des hérétiques, des athées, des marginaux de tous poils qui refusent de porter les habits, les rites et les soumissions aux Lois, alors toutes se liguent miraculeusement contre l'ennemi commun.       <br />
              <br />
       Perdue dans un futur imaginaire qui ressemble comme deux gouttes d'eau (bénites ?) à notre présent, une femme, toute façonnée de laïcité, s'effraie de la montée des intégristes de tous bords. Heurts avec des groupes qui interdisent l'accès à certains théâtres et cinémas (on connaît), pressions diverses sur ses choix vestimentaires, mais aussi instauration d'un arsenal de loi &quot;laïques&quot; visant à cantonner ces excès religieux, un arsenal qui l'atterre au même titre qu'un dérapage autoritaire car il éloigne la république de ses propres valeurs.       <br />
              <br />
       Et cette femme, cherchant son chemin comme un pèlerin dans la nuit profonde, découvre alors l'existence de combattantes qui semblent savoir ce contre quoi elles se battent. Elle les retrouve dans un endroit étrange (une salle de classe désaffectée, envahie par les végétaux morts, symbole encore d'un système éducatif qui semble jeté à la ruine).       <br />
              <br />
       Ce sont des sorcières. Des sorcières revenues des siècles passés où elles furent, à partir de l'inquisition, &quot;bonnes&quot; boucs émissaires pour presque tous les malheurs des hommes : brûlées, noyées, questionnées pour satisfaire le besoin en coupables de ces sociétés anciennes déjà boursouflées de mysticisme et surtout de la peur des autres, des différents, soigneusement entretenus par les dirigeants, soit dit en passant !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870706.jpg?v=1542875885" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Mariette  Navarro répond par cette idée ingénieuse à une commande d'écriture proposée par François Rancillac sur le thème de la laïcité. Il fallait donc mettre en acte les religions pour faire résonner les interrogations que la laïcité (qui accorde par principe la liberté aux personnes de leurs choix religieux) se pose de manière brûlante aujourd'hui : que faire face à la prise de pouvoir des religieux, des sectaires et des morales de plus en plus intolérantes, rien ?       <br />
              <br />
       Un questionnement incarné par cette femme lambda (interprétée par Stéphanie Schwartzbrod) qui rebondit sur les réponses à la fois concernées et gratuites (et libérées) de sorcières victimes de ces mouvements. Apparaît aussi Sainte Blandine (apparition irritante pour les trois sorcières), Sainte Blandine, martyre des Romains, histoire de mettre aussi en jeu les despotismes d'état ordinaires.       <br />
              <br />
       Grâce à ce poudroiement d'imaginaires jeté sur notre réalité, c'est une multitude de questions, de peurs, de délires aussi, de fantaisies qui parviennent à créer le discours de la pièce. Des pensées qui nous ont traversés parfois, face aux violences des actualités. Des doutes aussi que chaque citoyen a eu, a ou aura s'il reste fidèle à ses valeurs. Mais Mariette Navarro suit un axe principal : elle a la volonté d'exposer sans prendre parti. Et c'est peut-être là que son texte a du mal à devenir acte de théâtre polémique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870720.jpg?v=1542875920" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
     </div>
     <div>
      Mais dans ce faux futur qui fait appel à des fantômes de notre civilisation pour voir un peu plus clairement le présent, c'est de lumières qu'il s'agit. Celles, actuelles, à trouver, perdus que nous sommes dans ce labyrinthique monde à chausse-trappes, &quot;fakes&quot;, et guerres comme fièvres purulentes. Celles en passe d'ensevelissement dans l'oubli, les Lumières du XVIIIe. Celle aussi, des feux follets, des feux de Bengale, de joie, des fêtes réconciliatrices qui manquent au monde.       <br />
              <br />
       Armée du prétexte fondamental de la laïcité, Mariette Navarro joue un tour de magie en faisant décoller le sérieux du propos vers l'imaginaire. Et elle prouve de façon incontournable, comme en direct, au fil de la pièce, que la seule force à mettre en œuvre dans ce combat où nous sommes contre l'obscurantisme, l'ostracisme et la béance ouverte à tous les despotes est l'esprit. Voilà en acte un cri doux et sincère qui murmure que ce ne sont pas les lois, ni la force,  ni les frontières, ni les exclusions, ni les peurs à mettre en opposition à tous les fanatismes mais la lumière.       <br />
              <br />
       François Rancillac et ses cinq comédiennes (qui ont créés des personnalités hors normes et magnifiques, tonitruantes, débordante du plaisir d'incarner ces personnages !) jouent habilement de cette partition, et parviennent sans cesse à infuser du rire et de la distance, drôleries et magies scéniques, qui amusent autant qu'ils impliquent.       <br />
              <br />
       Petit pincement au cœur en sachant que ce spectacle sera le dernier monté par François Rancillac en tant que directeur du Théâtre de l'Aquarium. Une pièce qui possède la facture de l'ensemble de ses productions passées : intelligence, finesse, précision et beauté de la mise en scène, et une direction d'acteur toujours excellente et généreuse.
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     <div><b>"Les Hérétiques"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27983769-27870730.jpg?v=1542875954" alt=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" title=""Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants" />
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      Texte : Mariette Navarro (Quartett Editions).       <br />
       Commande et résidence d'écriture à l'Aquarium soutenue par la Région Île-de-France.       <br />
       Mise en scène : François Rancillac.       <br />
       Assistante-stagiaire à la mise en scène : Alexandra Maillot.       <br />
       Avec : Andréa El Azan, Christine Guênon, Yvette Petit, Stéphanie Schwartzbrod, Lymia Vitte.       <br />
       Scénographie : Raymond Sarti.       <br />
       Costumes : Sabine Siegwalt.       <br />
       Lumière : Guillaume Tesson.       <br />
       Son : Tal Agam.       <br />
       Travail chorégraphique : Marion Lévy.       <br />
       Illusion et magie : Benoît Dattez.       <br />
       Maquillage et coiffures : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Réalisation des costumes : Séverine Thiébault.       <br />
       Construction du décor : Eric Den Hartog et Mustafa Benyahia.       <br />
       Peinture du sol : Anaïs Ang, assistée de Nathalie Nöel.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 novembre au 9 décembre 2018.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.net</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2019</b>       <br />
       5 au 8 février 2019 : Théâtre Dijon Bourgogne, Dijon (21).       <br />
       26 au 28 février 2019 : La Comédie, Béthune (62).       <br />
       26 mars 2019 : Théâtre Jean Lurçat - Scène nationale, Aubusson (23).       <br />
       16 avril 2019 : La Ferme de Bel Ébat, Guyancourt (78).
     </div>
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Heretiques-Evoquer-les-intolerances-religieuses envers-les-femmes-et-les-incroyants_a2287.html" />
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