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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-13T03:07:37+02:00</updated>
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   <title>Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale</title>
   <updated>2018-01-10T12:11:00+01:00</updated>
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   <category term="Concerts" />
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   <published>2018-01-08T10:12:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Alors que Xavier Phillips s'apprête à donner plusieurs concerts, dont deux avec le Quatuor Les Dissonances en janvier 2018, nous avons rencontré le violoncelliste français avec le désir d'en savoir plus sur ce grand soliste. Retour sur un parcours musical et existentiel marqué par une rencontre exceptionnelle, celle de l'immense Rostropovitch.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19351593-23270131.jpg?v=1515404754" alt="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" title="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" />
     </div>
     <div>
      Qu'on l'entende en trio avec François-Frédéric Guy et son frère, le violoniste Jean-Marc Phillips-Varjabédian pour achever une intégrale Beethoven au Festival Berlioz ou dans la Sonate pour violoncelle et piano en ré mineur de Chostakovitch avec François Dumont au Pornic Classic Festival, en soliste avec orchestre ou avec son quatuor (Quatuor Les Dissonances), le violoncelliste Xavier Phillips impressionne toujours.        <br />
              <br />
       Son jeu chorégraphique d'une remarquable expressivité, la puissance de son bras droit qui aurait ravi André Navarra - le maître de son professeur au CNSMD, Philippe Muller - et sa sensibilité d'écorché vif contenue dans une élégance pleine de style (que n'aurait pas reniée un Maurice Gendron) fascinent et interrogent : d'où vient cette passion, cet engagement et ce don de soi sans compromis sur scène ? Écoutons-le.       <br />
              <br />
       &quot;Je suis né de parents pianistes et j'ai commencé le violoncelle à six ans. À treize ans, j'ai travaillé avec Jacqueline Heuclin, qui m'a ouvert les portes du conservatoire et du cours de Philippe Muller. J'ai donc été nourri par ces deux écoles, celle de Maurice Gendron par le biais de Jacqueline et celle de Navarra telle que l'avait intégrée P. Muller. Ces années de conservatoire demeurent un très bon souvenir. J'ai pris l'habitude de travailler du matin au soir pour travailler ma technique et approfondir ma connaissance du répertoire. J'ai même abandonné le lycée pour prendre des cours par correspondance et gagner du temps. Mes parents tenaient à ce que mon frère et moi passions le baccalauréat.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19351593-23270552.jpg?v=1515404877" alt="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" title="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" />
     </div>
     <div>
      &quot;J'ai bien-sûr voulu me mettre au défi de passer de grands concours internationaux, je suis un compétiteur-né - non pas avec les autres mais vis-à-vis de moi-même. À dix-huit ans, j'ai donc affronté la difficulté de convertir le travail passé dans une prestation sur scène sans retour en arrière possible, que ce soit au Concours Tchaïkovski ou ailleurs. Il a fallu apprendre à canaliser mon énergie. En 1990, je n'ai qu'un désir : pouvoir approcher le génie Rostropovitch en participant au concours qu'il a fondé à Paris. J'y ai récolté le troisième prix ex-aequo avec Anne Gastinel et un Prix spécial mais j'y ai fait la rencontre musicale de ma vie. Le Maître m'avait remarqué et m'a proposé de passer le voir pour jouer pour lui.       <br />
              <br />
       &quot;Je l'appelle dès le lendemain (cette rencontre était le rêve de ma vie !) et il me donne rendez-vous plus tard ; il partait enregistrer les Suites de Bach à Vézelay. Je suis donc allé à son retour à son domicile parisien, au 42 de l'avenue Georges Mandel, et cette première leçon a été suivie de beaucoup d'autres. Il n'a pas apprécié les cadeaux que je lui amenais la première fois. Pour lui, avec sa générosité habituelle, ces cours particuliers gratuits n'attendaient aucun retour spécial. C'est ainsi que notre relation de maître à étudiant (puis de disciple) a commencé.       <br />
              <br />
       &quot;Je me suis enivré de ses paroles, il m'a donné des leçons de vie et pas uniquement de musique. On ne parlait jamais d'instrument mais des œuvres, de leurs structures, des gens en général et des compositeurs qu'il avait fréquentés et qui avaient composé pour lui. Grâce à lui, nous avons hérité d'un répertoire considérablement augmenté d'œuvres d'une énorme qualité. Je travaillais ces concertos qu'il avait créés, de Prokofiev, de Chostakovitch, de Britten, de Dutilleux et de tant d'autres. Il me racontait des anecdotes sur eux en usant d'images très drôles, très vivantes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19351593-23270661.jpg?v=1515405476" alt="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" title="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" />
     </div>
     <div>
      &quot;Il avait un dynamisme et une énergie impressionnants et il m'a emmené plus loin en devenant mon maître à penser. Je me suis extrait de la prison du passé (que j'avais moi-même forgée) et il m'a ouvert les yeux et les oreilles sur la musique et sa vraie dimension : avoir une lecture globale de la partition (et pas seulement de sa propre partie soliste), entrer dans la tête du compositeur pour en comprendre les intentions. Il était passionnant, au-delà des compositeurs qu'il avait connus, sur Schumann par exemple. Ces années ont été essentielles pour moi et j'ai compris qu'il ne fallait surtout pas tomber dans la routine avec l'instrument - ce que j'essaie à mon tour d'enseigner à mes étudiants.       <br />
              <br />
       &quot;J'ai eu la chance incroyable d'avoir un maître qui continue à me guider encore aujourd'hui, alors que nous l'avons perdu. Les émotions nombreuses ressenties avec lui vibrent encore en moi. Un jour, avec son accent insensé et son sens de la commedia dell'arte, il m'a demandé si j'étais libre dans les semaines à venir. Il m'a proposé de m'emmener en Amérique pour me diriger dans la Symphonie Concertante de Prokofiev (une œuvre chère à son cœur car il avait participé à son écriture avant de la créer) avec le Washington National Symphony Orchestra. C'était en 2003 et notre relation a pris une autre dimension.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19351593-23270802.jpg?v=1515406173" alt="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" title="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" />
     </div>
     <div>
      &quot;Ce fut inoubliable. Il m'a dirigé trois fois et moi je jouais littéralement à sa place. Et puis il y eut encore trois soirées avec le New York Philharmonic. Ce fut un bonheur intense et le couronnement de notre relation. Il m'a mis le pied à l'étrier et quand je suis ensuite retourné le voir, j'ai compris qu'il me signifiait que je n'avais plus besoin de lui (ce n'était pas mon sentiment). Comme un maître d'échec qu'il était, toujours en avance de trois coups, Rostropovitch savait qu'il m'avait tout donné et que désormais je devais continuer seul. Tout cela m'occupe encore aujourd'hui, en particulier avec mes étudiants (Xavier Phillips est, depuis 2013, professeur à la Haute Ecole de Musique de Lausanne, NDLR).        <br />
              <br />
       &quot;Transmettre la parole de ces comètes, ces grands compositeurs qu'il avait fréquentés, était un acte d'amour pour lui et je veux faire de même. Aujourd'hui quand j'interprète les œuvres que nous avons jouées ensemble, c'est souvent très différent avec d'autres chefs. Mais c'est un travail toujours passionnant et je comprends encore mieux ce que m'apprenait Rostropovitch à l'époque. Il est en moi et pour ainsi dire, j'ai l'impression que je suis devenu lui (toutes proportions gardées). Son exigence me tient encore éveillé (il pouvait être dictatorial !).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19351593-23270826.jpg?v=1515406217" alt="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" title="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" />
     </div>
     <div>
      &quot;Sa droiture, sa philosophie de la vie, je les ai adoptées. Je me surprends à avoir le même sourire, sa façon de dévorer la vie, alors que je suis d'un naturel anxieux, très anxieux même. Sa générosité, sa juvénilité, son intelligence m'irriguent encore, que ce soit en récital ou en dans l'exercice complexe et athlétique du dialogue avec l'orchestre. Je me sens une responsabilité dans tous mes projets (personnels ou collectifs), celle de livrer une somme musicale au public et à mes étudiants avec une vraie dimension artistique et philosophique. &quot;Ma vie s'articule autour de la musique et des voyages. C'est simple et je voudrais continuer comme cela.&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Prochains concerts</b>       <br />
       Avec le Quatuor Les Dissonances (David Grimal, Hans Peter Hoffmann, David Gaillard, Xavier Phillips) :       <br />
       <span class="fluo_jaune">16 janvier 2018 :</span> Salle de concert, l'Arsenal, Metz.       <br />
       <span class="fluo_jaune">19 janvier 2018 :</span> Conservatoire, Genève, Suisse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19351593-23271358.jpg?v=1515408596" alt="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" title="Xavier Phillips et Mstislav Rostropovitch, une rencontre capitale" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">18 janvier 2018 :</span> avec l'Orchestre de la Suisse Romande (dir. Jonathan Nott), Victoria Hall, Genève, Suisse.        <br />
       <span class="fluo_jaune">4 février 2018 :</span> avec l'Orchestre Lamoureux, Salle Gaveau, Paris.        <br />
              <br />
       En 2017 est sorti un remarquable CD du Quatuor Les Dissonances :       <br />
       <b>● Janàcek, Quatuor à cordes n°2 &quot;Lettres intimes&quot; - Schubert, Quatuor à cordes n°14 &quot;La Jeune Fille et la Mort&quot;.</b>       <br />
       Label : Dissonances records.       <br />
       Distribution : Harmonia mundi.       <br />
       Durée : 66 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture</title>
   <updated>2017-03-03T08:24:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Jeune-Fille-et-la-Mort-Du-Schubert-sous-la-torture_a1754.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11285617-18785981.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-03-03T08:21:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La pièce d'Ariel Dorfman a pour contexte la torture sous la dictature chilienne* (1970-1993). Elle met en lumière ce lourd passé qui a frappé des dizaines de milliers de personnes et dont le devoir de mémoire reste encore aujourd’hui problématique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11285617-18785981.jpg?v=1488442832" alt=""La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture" title=""La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture" />
     </div>
     <div>
      &quot;La Jeune Fille et la Mort&quot; (La muerte y la doncella) (1991), de l’auteur contemporain argentino-chilien Ariel Dorfman, retrace, sur fond de dictature, l’histoire de Paulina Solas (France Renard) qui a été torturée et violée. Son passé remonte brusquement à la surface quand elle pense reconnaître son bourreau, Roberto Miranda (Philippe Pierrard), chez elle un soir alors que ce dernier a aidé son mari Gerardo Escobar (Luc Baboulène) lors d’une crevaison sur la route.       <br />
              <br />
       L’œuvre est forte dans sa dramaturgie où l’intensité des situations arrive par à-coups comme si le cycle des sentiments n’était pas régulier mais rythmé par de petites ruptures, tel celui d’une vie bousculée. La pièce est dès les premiers instants en tension. Les comédiens sont superbes de vérité, où l’émotion mêlée de colère donne le la densité du jeu, où chaque geste, chaque mot peut faire détonation.       <br />
              <br />
       France Renard incarne avec beaucoup de talent Paulina Solas, personnage en proie à une souffrance physique et morale. La colère, la combativité et l’esprit de revanche sont joués avec subtilité et force. La comédienne est très bien entourée de Philippe Pierrard et Luc Baboulène qui campent des rôles eux aussi écartelés entre différents états d’âme où se mêlent la surprise, l’effroi ou la colère. Les répliques sont trempées dans du sang, le jeu est baigné de douleur, de torture psychologique avec des personnages déboussolés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11285617-18800552.jpg?v=1488523586" alt=""La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture" title=""La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture" />
     </div>
     <div>
      La femme est tiraillée par un passé qui remonte au présent, le mari promis à un bel avenir politique est bloqué par une situation présente et le &quot;bourreau&quot;, savourant sa vie présente, est bousculé par un passé, réel ou faux, qui lui rejaillit en pleine face. C’est dans ces différents écarts que l’âme humaine se cherche avec un sens psychologique de la pièce fort bien aiguisé où l’auteur, au travers de la très belle mise en scène de Massimiliano Verardi, arrive à articuler ces différents moments où une vie peut basculer sur un mot ou un geste.       <br />
              <br />
       La mise en scène est efficace, portée par un jeu de grande qualité dans une scénographie où les couleurs sombres tranchent avec la robe rouge de la comédienne. Le quatuor à cordes de Schubert (1797-1829) intitulé &quot;La jeune fille et la mort&quot; (1824) est en fond sonore et apporte de la quiétude, une poésie. Mais c’est autour de cette musique qu’était torturée Paulina Solas.       <br />
              <br />
       Il faut un sacré talent théâtral pour marier Pinochet et Schubert.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Il est estimé à près de 38 000, le nombre de personnes qui ont été torturées sous Pinochet et plus de 3 200 tuées ou portées disparues sans compter les centaines de milliers de proscrits, d’exilés ou de relegados (citoyens déplacés autoritairement dans une autre région que la leur).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La jeune fille et la mort"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11285617-18800567.jpg?v=1488523630" alt=""La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture" title=""La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture" />
     </div>
     <div>
      Texte : Ariel Dorfman.       <br />
       Mise en scène : Massimiliano Verardi.       <br />
       Avec : Luc Baboulène, Philippe Pierrard et France Renard.       <br />
       Voix de Fabrice Drouelle (France Inter).       <br />
       Décor : Florence Aillerie.       <br />
       Création lumière et son : Philippe Piazza et Philippe Legendre.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       Par Les Théâtr'Ailes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11285617-18800577.jpg?v=1488523663" alt=""La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture" title=""La Jeune Fille et la Mort"… Du Schubert sous la torture" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 22 février au 19 mars 2017.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 21 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Manufacture des abbesses, Paris 18e, 01 42 33 42 03.       <br />
       <a class="link" href="http://www.manufacturedesabbesses.com/index.php" target="_blank">&gt;&gt; manufacturedesabbesses.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Hamlet Transgression", à la fois un grand air d'opéra et un cri</title>
   <updated>2016-11-28T06:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Hamlet-Transgression--a-la-fois-un-grand-air-d-opera-et-un-cri_a1712.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10665933-17570895.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-11-28T06:07:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Hamlet transgression" est une courte pièce à la façon expérimentale et performative. À partir de fragments d’œuvres ("Hamlet-Machine" d'Heiner Müller et le "Winterreise" de Franz Schubert dans une version rock progressif époustouflante du groupe Excursus), Dominique Jacquet (comédienne) et Laurence Malherbe (cantatrice) entament et aboutissent un dialogue artistique raffiné ayant pour objet la voix humaine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10665933-17570895.jpg?v=1480276349" alt=""Hamlet Transgression", à la fois un grand air d'opéra et un cri" title=""Hamlet Transgression", à la fois un grand air d'opéra et un cri" />
     </div>
     <div>
      L'une a le corps mouvant et la voix intentionnelle, l'autre a le corps statique et la voix émotionnelle. L'une et l'autre prennent le devant de la scène, s'esquivent et reviennent, enchaînent en duo, explorent, chacune, les limites de leur art, ressentent les brûlures, les hésitations et les solitudes de tout artiste confronté au paradoxe de la scène. Comme un voyage d'hiver tourmenté, comme une stance, comme une déploration.       <br />
              <br />
       To be or not to be.       <br />
              <br />
       Leur voyage effectué dans la puissance, la délicatesse et la générosité finit à l'unisson d'un art commun. La version rock progressif du &quot;Voyage d'hiver&quot;, aux influences cold wave ou punk, apporte au spectacle un frisson et une puissance dramatique. &quot;Hamlet Transgression&quot; est à la fois un grand air d'opéra et un cri. Comme nouveau combat de Tancrède et Clorinde, c'est un magnifique récital de théâtre chant ou de chant théâtre, qui apparaît alors dans la chaleur du public.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Hamlet Transgression"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10665933-17570904.jpg?v=1480276408" alt=""Hamlet Transgression", à la fois un grand air d'opéra et un cri" title=""Hamlet Transgression", à la fois un grand air d'opéra et un cri" />
     </div>
     <div>
      Opéra et théâtre.       <br />
       D'après William Shakespeare (&quot;Hamlet&quot;), Heiner Müller (&quot;Hamlet-Machine&quot;) et Frantz Schubert (&quot;Winterreise&quot;).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Jacques David.       <br />
       Avec : Laurence Malherbe (chant, soprano), Dominique Jacquet (comédienne) et Christophe Séchet (musicien, électroacousticien).       <br />
       Dramaturgie : Élise Blaché.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Debeusscher.       <br />
       Costumes : Agnès Marillier.       <br />
       Lumière : Laurent Nennig.       <br />
       Son : Christophe Séchet.       <br />
       Arrangements musicaux du Winterreise de Franz Schubert : Excursus (Laurence Malherbe, Laurent David, Faro, Éric Groleau).       <br />
       Par le Théâtre de l'Erre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10665933-17570909.jpg?v=1480276439" alt=""Hamlet Transgression", à la fois un grand air d'opéra et un cri" title=""Hamlet Transgression", à la fois un grand air d'opéra et un cri" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du jeudi 3 novembre au samedi 3 décembre 2016.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi et samedi à 19 h.       <br />
       Relâche jeudi et dimanche.       <br />
       Théâtre de l'Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Hamlet-Transgression--a-la-fois-un-grand-air-d-opera-et-un-cri_a1712.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"</title>
   <updated>2016-05-25T22:22:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/David-Grimal-Les-Dissonances-c-est-du-partage-et-de-l-amour_a1604.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/9547690-15339682.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-05-25T13:58:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Alors que l'orchestre Les Dissonances part bientôt en tournée, son fondateur et violoniste David Grimal a bien voulu répondre à nos questions. L'occasion de lancer une réflexion roborative sur la formation musicale en France, la philosophie du concert ou le star-system.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9547690-15336947.jpg?v=1464183078" alt="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" title="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" />
     </div>
     <div>
      <b>Christine Ducq - Le conservatoire a un fonctionnement qui ne semble pas vous avoir enchanté outre mesure, vous qui avez toujours choisi des voies non balisées ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> C'est plus complexe que cela. J'ai été en effet étudiant au CSNMD <span style="font-style:italic">(1)</span> de Paris - et je peux en parler avec plus de recul aujourd'hui étant professeur en Allemagne où je me trouve très bien. Le CSNMD est une école formidable par certains côtés puisque c'est un vivier de talents venus de tout le pays et de l'étranger. De ce point de vue, c'est sans aucun doute une des meilleures écoles au monde. Le point faible du système français centralisé, c'est que le conservatoire de Paris occupe, avec le conservatoire de Lyon dans une moindre mesure, le sommet de la pyramide : il s'agit d'un système qui peut être vécu comme exclusif par beaucoup de jeunes musiciens qui n'y entreront pas. C'est un passage obligé pour devenir professionnel en France. Cette pression que l'institution exerce se fait sentir également pendant les études pour les heureux élus. Certains étudiants en ressortent broyés. Il en résulte un climat de compétition assez féroce qui peut être motivant pour certains et destructeur pour d'autres.       <br />
              <br />
       En Allemagne, le système est différent du fait qu'il existe vingt-cinq Hochschule sur le modèle de l'université - pas seulement deux conservatoires supérieurs comme en France. L'offre est donc radicalement différente. Il faut bien entendu un bon niveau pour y entrer et, pour les étudiants, c'est le professeur qui compte - pas l'institution.       <br />
              <br />
       En France les jeunes musiciens se retrouvent dans la nature à vingt ans (contre vingt-huit ans en Allemagne) : c'est beaucoup trop tôt. Vingt ans, c'est l'âge où on devrait commencer des études supérieures avec moins de pression et plus de curiosité pour les autres.       <br />
              <br />
       Je rêverais dans notre pays de sept ou huit conservatoires supérieurs qui recruteraient des professeurs venus de tous les pays. Mais il faudrait mieux les rémunérer qu'actuellement, car les salaires sont trop bas pour attirer les étrangers. Je sais que l'on a créé ces dernières années des pôles supérieurs dans certains conservatoires de région, cela va certainement dans le bon sens. Mais est-ce suffisant ?       <br />
              <br />
       Enfin, il faudrait une vraie vie musicale en province (je sais que nous y avons de belles manifestations, de très bons orchestres et opéras) - encore sur le modèle allemand, qui serait moins centralisé, moins sclérosé, moins dominé par les mêmes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9547690-15336986.jpg?v=1464183945" alt="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" title="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" />
     </div>
     <div>
      <b>Parlons du programme choisi pour la tournée. Pourquoi Verdi et Tchaïkovski (2) ? L'orchestre comprendra-t-il encore soixante-dix musiciens ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Oui, un gros orchestre. En ce qui concerne les œuvres, nous avions envie de les jouer. J'avais envie de poursuivre cette aventure et voir jusqu'où nous pouvions aller dans les grands concertos pour violon, sans chef. Et ces œuvres du répertoire romantique, dont le thème commun est le destin, sont très belles. Notre objectif est toujours de faire bouger les lignes.       <br />
              <br />
       <b>Comment se fait concrètement le choix des œuvres avec Les Dissonances ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Le choix se faite manière collégiale. J'ai des discussions informelles avec les musiciens. Je prends ensuite les décisions. Cela peut se faire au hasard des rencontres, par exemple dans un train en tournée. Nous discutons et tout cela met du temps à mûrir. Il faut aussi négocier avec les organisateurs car si notre marge est grande, elle n'est pas totale. Ceux qui nous engagent doivent être en accord avec nos choix - ce qui n'est pas systématique.       <br />
              <br />
       Ma responsabilité est de veiller à l'évolution de notre répertoire sans mettre l'orchestre en danger. Nous ne voulons nous enfermer ni dans une époque, ni dans un style pour proposer une programmation ouverte, contrastée, qui enrichit notre langage.        <br />
              <br />
       <b>Comment travaillez vous en répétition ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal - </b> De manière collégiale également. Même si je mène le travail, la discussion est toujours possible avec chacun. Évidemment, elles doivent se terminer à un moment et je dois trancher. Nous avons en moyenne trois heures de répétition et une obligation de résultat. Les musiciens, très professionnels, le comprennent très bien.        <br />
       Donc nous fonctionnons dans une horizontalité mais aussi une verticalité. Notons que comme nous nous connaissons très bien et que l'orchestre a acquis de la maturité, mon rôle évolue. Je dois piloter sans déranger, dirais-je.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9547690-15339682.jpg?v=1464193483" alt="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" title="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Sans déranger&quot;, que voulez-vous dire ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Sans vouloir trop maîtriser les choses. Je dois être quelque part plus &quot;chef&quot; qu'avant mais je dois aussi laisser les choses se faire. C'est un mélange subtil entre le lâcher-prise et l'émergence d'une nouvelle manière de travailler. C'est passionnant.        <br />
              <br />
       <b>Karajan disait qu'un chef d'orchestre a réussi quand cent personnes n'en font plus qu'une. Avec un orchestre sans chef comme Les Dissonances, s'agit-il plutôt de conserver les individualités ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> C'est intéressant comme question - une question très ouverte. Je dirais les deux. Il faut être capable de jouer comme un seul homme mais que cette cohésion, cette osmose, ne réduise aucun individu. Donc que le ressenti de chacun s'épanouisse au contact de celui des autres.       <br />
              <br />
       Là où je diffère de ce que peut dire Karajan, c'est qu'il imagine peut-être une armée qui marche à la baguette. Je n'ai pas du tout cette conception. Cet idéal signe pour moi la fin de la musique. Karajan n'avait peut-être pas un idéal de démocratie ancré très profondément, puisque je crois me souvenir que les idées du nazisme lui convenaient fort bien…       <br />
              <br />
       <b>Et même dans les deux partis, allemand et autrichien.</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Voilà. Ce n'est pas ma tasse de thé évidemment. En revanche l'homogénéité du son, la conscience de jouer avec un autre, donc d'attaquer le son ensemble - que le violoncelle attaque avec un cor ou que le premier violon joue avec la flûte - est essentiel. Les musiciens savent que les sonorités doivent s'épouser et qu'on doit arriver à une quintessence commune. Si chacun est ouvert à l'autre, ce n'est pas un orchestre militarisé mais un organisme sensible. Il s'agit de réconcilier les différentes familles d'instruments pour que leurs timbres ressortent beaucoup mieux, de travailler sur la transparence. Avec Les Dissonances, si ce n'est pas très clair, rien ne marche.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9547690-15339848.jpg?v=1464194331" alt="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" title="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" />
     </div>
     <div>
      <b>Chacun a-t-il d'ailleurs la partition complète avec toutes les parties ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Chacun a la partition complète s'il le souhaite. Ce n'est pas obligatoire mais beaucoup la demandent.       <br />
              <br />
       Le modèle à en tirer peut-être pour une petite société idéale, c'est que le rôle de chacun est renforcé dans l'organigramme général. Imaginons que le boulanger soit très content de faire son pain pour nourrir le prix Nobel - qui lui-même est ravi d‘aller acheter sa baguette. Mon intuition de départ était bien de cette nature : la musique est un matériau très sensible, incandescent, propre à rétablir le lien avec soi-même et avec les autres.       <br />
              <br />
       J'avais peur que nous perdions cet esprit avec un effectif plus important et je me rends compte que c'est encore plus fort, plus miraculeux à soixante-dix musiciens !        <br />
              <br />
       <b>De là, l'Autre Saison des Dissonances pour les sans-abris ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Depuis le départ. Le premier concert de l'orchestre a été donné dans ce cadre. Pour moi, l'essentiel, c'est l'humain. C'est notre défi. Nous devons nous retrouver nous-mêmes, retrouver un lien avec la nature et avec les autres. Les Dissonances, c'est cela : du partage et de l'amour. Jouer ensemble, se regarder jouer et se dire : j'aime ce que tu fais.        <br />
              <br />
       <b>Où en est votre carrière de violoniste sans Les Dissonances ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Elle se poursuit (Silence). Mais elle traverse en ce moment une phase très compliquée. Le projet des Dissonances m'a mis un peu en porte-à-faux avec une partie du monde musical - un tout petit milieu. Je n'ai pas joué le jeu du star-system, me le fait-on payer ? En ce moment pour tout vous dire, je me sens bloqué dans ma carrière de soliste.        <br />
              <br />
       <b>Vous vous sentez bloqué en tant que violoniste soliste ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Absolument. Je peux comprendre que certaines de mes déclarations aient pu froisser certaines personnes. Mais ce qui est plus difficile à accepter, c'est que le côté positif de ma démarche, cet idéal que je porte, semble m'interdire de poursuivre une carrière de soliste. N'y a-t-il en France de place que pour un seul violoniste reconnu ? Je m'interroge…        <br />
              <br />
       (1) Conservatoire supérieur national de musique et de danse.        <br />
       (2) Verdi, Ouverture de &quot;La Force du destin&quot;. Tchaïkovski, Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, opus 35, Symphonie n°4 en fa mineur, opus 36.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9547690-15339978.jpg?v=1464194526" alt="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" title="David Grimal : "Les Dissonances, c'est du partage et de l'amour"" />
     </div>
     <div>
      <b>Prochains concerts</b>       <br />
       26 mai 2016, 20 h : Opéra de Dijon.       <br />
       27 mai 2016, 20 h : Théâtre de Caen.       <br />
       30 mai 2016, 20 h 30 : Philharmonie de Paris.       <br />
       17 juin 2016, 20 h 30 : Théâtre Firmin-Génier/La Piscine, Châtenay-Malabry.       <br />
       23 juin 2016, 21 h : Parc du Château du Tholonet (près d'Aix-en-Provence).        <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.les-dissonances.eu/" target="_blank">&gt;&gt; les-dissonances.eu</a>       <br />
              <br />
       <b>Pour soutenir le projet des Dissonances :</b>       <br />
       <a class="link" href="https://www.helloasso.com/" target="_blank">&gt;&gt; helloasso.com</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.larevueduspectacle.fr/David-Grimal-et-Les-Dissonances-La-musique-retablit-le-lien-avec-soi-meme-et-avec-les-autres_a1595.html" target="_blank">&gt;&gt; Lire la première partie de l'entretien.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/David-Grimal-Les-Dissonances-c-est-du-partage-et-de-l-amour_a1604.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>David Grimal et Les Dissonances : "La musique rétablit le lien avec soi-même et avec les autres"</title>
   <updated>2016-05-10T15:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/David-Grimal-et-Les-Dissonances-La-musique-retablit-le-lien-avec-soi-meme-et-avec-les-autres_a1595.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/9448694-15149113.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-05-09T17:31:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Alors que l'orchestre Les Dissonances entame une tournée dès le 23 mai et que ce collectif de musiciens vient de fêter ses 10 ans d'existence, nous avons souhaité rencontrer son fondateur, le violoniste David Grimal. Avec son franc-parler habituel, cet homme de convictions fortes évoque avec nous tous les sujets, sans tabou. De la politique, du conservatisme du milieu musical français à ce que devrait être la philosophie du concert, attention… propos sans filtre !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9448694-15149113.jpg?v=1462867360" alt="David Grimal et Les Dissonances : "La musique rétablit le lien avec soi-même et avec les autres"" title="David Grimal et Les Dissonances : "La musique rétablit le lien avec soi-même et avec les autres"" />
     </div>
     <div>
      Quand vous consultez le site des Dissonances et que vous prenez connaissance de leur philosophie, les mots-clés employés font mouche. Relevons-les, ils sont beaux : &quot;liberté&quot;, &quot;enrichissement mutuel&quot;, &quot;défis&quot;, &quot;organisation participative&quot; et &quot;partage fraternel de la musique&quot;. Cet orchestre, qui a prouvé brillamment qu'on pouvait revitaliser de (vastes) chefs-d'œuvre du répertoire sans chef, est une structure dans laquelle tous les musiciens venus de toute l'Europe se cooptent par affinités. Unis dans une même exigence artistique, il s'agit de dissoner dans le ronron du paysage de la musique classique. Rencontre passionnante avec son fondateur - et violoniste qui ne voulait pas être &quot;roi&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - En ce moment, quelques musiciens avec &quot;Orchestre debout&quot; se sont engagés dans le mouvement &quot;Nuit debout&quot;. Créer Les Dissonances était aussi un acte engagé ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Oui, c'est un acte engagé vers la musique, également engagé socialement. Nous parlons d'équité, de collaboration, de donner des concerts pour les sans-abris, nous parlons d'éducation. Ce sont des engagements forts. Mais je ne suis pas sûr que cela ait grand chose à voir avec ce qui se passe Place de la République. Je ne me sens pas d'affinités particulières avec &quot;Nuit debout&quot; même si je ressens la volonté des gens de changer les choses. Mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait vraiment de méthode. De toute façon, Les Dissonances n'est pas un projet protestataire.       <br />
              <br />
       <b>Vous avez parlé de projet alternatif, il me semble ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> C'est un projet différent, qui s'inscrit dans le monde tel qu'il est. Je ne suis pas forcément en adéquation avec les valeurs portées par le monde de la culture tel qu'il est organisé aujourd'hui. Puisqu'il s'agit surtout de rentabilité économique, de remplissage de salles, d'audimat - choses qui, à mon sens, ne devraient pas être au premier plan pour la culture. De même qu'il ne me paraît pas cohérent de vouloir rentabiliser les hôpitaux ou l'éducation. Bien-sûr, je suis sensible à la volonté de changer le monde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9448694-15156478.jpg?v=1462867968" alt="David Grimal et Les Dissonances : "La musique rétablit le lien avec soi-même et avec les autres"" title="David Grimal et Les Dissonances : "La musique rétablit le lien avec soi-même et avec les autres"" />
     </div>
     <div>
      <b>Mais pas à la manière du mouvement &quot;Nuit debout&quot; ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Le problème est de proposer quelque chose de cohérent et d'organisé quand on conteste les structures établies. On voit de tous les côtés la volonté de changer la donne et Les Dissonances y participe, bien entendu, mais c'est très difficile de faire bouger les lignes. On s'en aperçoit dans tous les domaines de la société. Il faut être patient et dans la proposition constructive.        <br />
              <br />
       <b>Ce qui a été un catalyseur pour le projet de l'orchestre a été la résidence à l'Opéra de Dijon ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Oui, un orchestre sans maison n'est pas possible et il est nécessaire d'avoir des résidences. Nous avons d'abord eu le soutien du Volcan au Havre puis la très belle salle de l'Opéra de Dijon pour réaliser nos enregistrements <span style="font-style:italic">(1)</span> et la Philharmonie de Paris qui nous accompagne depuis le départ. Nous sommes un projet itinérant mais avec des points d'ancrage, sans lesquels rien ne serait possible. D'autant plus qu'aujourd'hui nous initions des projets très lourds qui coûtent beaucoup d'argent. Cela ne s'improvise pas.       <br />
              <br />
       <b>Vous débutez votre tournée en Suisse. Où en sont vos projets de concerts dans d'autres pays ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Nous avons des projets à plus long terme. Nous verrons s'ils se réalisent ou pas - en Asie, en Amérique latine et toujours en Europe. Mais le problème, c'est l'économie. L'offre culturelle est pléthorique, nous sommes même dans un paysage saturé d'offres de tous ordres - et nous sommes en &quot;concurrence&quot; avec des orchestres très installés, subventionnés pour la plupart et qui coûtent moins cher à faire voyager. Les Dissonances sont très peu subventionnés par rapport à son budget artistique, même si cette année nous allons avoir plus de soutien de la part de l’État. Nous n'avons pas forcément encore trouvé les sponsors qui nous permettraient de réaliser de grandes tournées. Nous verrons bien. Beaucoup de structures aimeraient nous inviter mais sans en avoir les moyens.       <br />
              <br />
       <b>Votre modèle d'orchestre sans chef est quasiment unique en France comme ailleurs ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> La dimension qu'a prise le projet est effectivement unique au monde. En revanche des orchestres sans chef pour des répertoires tels que ceux que nous avons enregistrés se sont développés. Mais nous avons bien été les premiers à exister.        <br />
       Sur des répertoires d'œuvres symphoniques telles que les œuvres de Debussy ou Tchaïkovski, nous représentons un cas unique. Nous proposons un modèle nouveau qui doit faire la preuve de sa validité. Je crois que c'est en très bonne voie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9448694-15156572.jpg?v=1462868138" alt="David Grimal et Les Dissonances : "La musique rétablit le lien avec soi-même et avec les autres"" title="David Grimal et Les Dissonances : "La musique rétablit le lien avec soi-même et avec les autres"" />
     </div>
     <div>
      Cependant un peu comme les modes de pensée alternative par rapport au monde politique traditionnel, toute une partie de la population est extrêmement sensible à notre action - et une autre partie tout à fait insensible. Je pense notamment à une partie du monde musical conservateur qui n'arrive même pas à envisager que notre projet puisse être intéressant.        <br />
       Prenons un exemple, nos coffrets <span style="font-style:italic">(2)</span> récemment sortis ont eu un retentissement et un succès extraordinaires en Allemagne, en Angleterre dans tous les médias dont la presse musicale spécialisée. En France nous avons eu de très bons articles dans les médias généralistes mais rien dans la presse spécialisée ! Le seul magazine français de musique classique qui en a parlé jusqu'à présent (&quot;Classica&quot; pour ne pas le nommer) a consacré deux lignes en bout de revue à notre dernier coffret. Bref, neuf disques, deux DVD, deux lignes ! Voilà l'accueil qu'on nous fait dans une certaine presse spécialisée française ! Ont-ils même pris le temps d'écouter quelque chose ? À la lecture des quelques mots qui nous sont consacrés, on peut légitimement en douter…       <br />
              <br />
       <b>Un orchestre sans chef dans ce répertoire d'œuvres assez monumentales est inenvisageable pour cette presse spécialisée ?</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> Les Dissonances est une entité qui ne rentre pas dans leurs schémas. Dans un monde conservateur, ce n'est pas un cas isolé. Beaucoup n'adhèrent pas à notre idéal ou tout simplement ne le comprennent-ils pas. Je le répète : ils ne se donnent même pas la peine de nous écouter. Notre orchestre, pourtant dans l'air du temps avec son idéal d'intelligence collective, de collaboration plus horizontale, de créativité un peu renouvelée, est en but à un complet désintérêt d'une partie du monde musical. C'est bien la preuve qu'il y a un hiatus.
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      <b>Vous avez écrit un très beau billet &quot;La culture n'est pas une entreprise&quot; dans le Huffington Post du 29 mars (3).</b>       <br />
              <br />
       <b>David Grimal -</b> En effet, la culture à mon sens, comme l'éducation ou la santé publique, ne devrait pas obéir aux mêmes lois que le reste des activités économiques. Il ne devrait pas être question d'intérêts particuliers mais de la relation à l'autre et à l'histoire. En somme, c'est le ciment de nos sociétés que l'on est en train de mettre en danger au nom d'idéaux absents, me semble-t-il…       <br />
              <br />
       Pour en revenir à cette presse spécialisée française, elle est extrêmement liée avec les majors du disque et avec le monde musical traditionnel, qui contrôle 90 % de ce qui se passe. Quel contraste saisissant entre la qualité de ce que fait Les Dissonances, l'enthousiasme et le niveau des musiciens sur le plateau (ils viennent des meilleures formations européennes), l'enthousiasme de notre public toujours plus nombreux, tous nos amis mobilisés, et ce mépris absolu - on peut dire cela - pour ce que nous sommes, pour notre existence même.        <br />
              <br />
       <b>Fin de la 1ère partie. Interview réalisée le 3 mai 2016. </b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Les Dissonances a créé son propre label, distribué par Harmonia mundi.       <br />
       (2) Mozart &quot;The 5 Violin Concertos&quot; Les Dissonances - David Grimal, 2015.       <br />
       Coffret des 10 ans des Dissonances (Beethoven, Bartok, Mozart, Schubert, Schnittke, Chostakovitch, Schönberg et l'intégrale des symphonies de Brahms en DVD), 2016.       <br />
       (3) 8e Rencontres internationales du Forum &quot;Entreprendre la culture&quot; Bordeaux-Avignon.</span>       <br />
              <br />
       <b>Programme complet et renseignements :</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.les-dissonances.eu/" target="_blank">&gt;&gt; les-dissonances.eu</a>
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     <br style="clear:both;"/>
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