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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-21T09:14:55+02:00</updated>
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   <title>"L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <updated>2026-03-04T09:09:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n-a-jamais_a4493.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-03-05T07:39:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592713.jpg?v=1772610291" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592719.jpg?v=1772610351" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592720.jpg?v=1772610380" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592723.jpg?v=1772610406" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Scénographie et lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru, Alain Cerrer et la voix de Michel Ouimet.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 février au 3 mai 2026.</span>       <br />
       Mardi 20 h, mercredi 17 h (20 h le 11 mars), jeudi 19 h, vendredi 20 h 30, samedi 17 h et 20 h 30, dimanche 15 h.        <br />
       Théâtre Artistic Athévains, 45 rue Richard Lenoir, Paris 11ᵉ.        <br />
       Téléphone : 01 43 56 38 32.       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/lecole-des-femmes/#billetterieecole" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; artistictheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert</title>
   <updated>2026-01-24T18:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Contemporaine-et-admirablement-dirigee-Les-Femmes-savantes-de-Moliere-mis-en-scene-par-Benoit-Lambert_a4460.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93871364-65531265.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-26T17:27:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Benoît Lambert revient régulièrement vers l'œuvre de Molière. Après "Les Fourberies de Scapin", "Le Misanthrope", "Tartuffe", "L'Avare", cette relation intime de plus de trente ans entre l'auteur et le metteur en scène continue avec "Les Femmes Savantes". Une pièce qui, encore de nos jours et peut-être plus encore que précédemment, fait polémique autour de la misogynie qu'elle paraît véhiculer en mettant au centre de la pièce l'espace réservé aux femmes dans la société du XVIIᵉ siècle, et les espaces dont elles sont bannies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531265.jpg?v=1769272279" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Cet espace destiné aux femmes, c'est le foyer, la maternité et l'adoration réciproque (si cela se peut) avec son époux qui, lui seul, détient le pouvoir du savoir, autre que celui des comptes du ménage, des habits et de la gestion des domestiques qu'elles sont si contentes d'avoir en charge. Un avenir résolument réduit et dominé par l'homme. Mais, dans une quête d'émancipation féminine, voici les femmes savantes, lectrices cultivées, philosophes, poétesses et dédaigneuses de tout ce qui renvoie l'humain à sa condition animale et ses instincts vulgaires.        <br />
              <br />
       La pièce de Molière développe cette opposition entre &quot;la tradition&quot; et cette révolte au sein d'une famille prise en étau entre la volonté toute-puissante de la mère et son désir littéraire et scientifique, et le pouvoir vacillant du père, nostalgique d'un ordre plus intéressé par la bonne bouffe et la satisfaction des sens que par le spirituel.       <br />
              <br />
       L'équilibre est délicat entre les ridicules estampillés Molière : risible père lâche et velléitaire, risible mère sur-exaltée par l'art et la science, et les discours radicaux qu'ils alignent tous les deux. Le comique devient alors parfois acide, âpre et cru. Benoît Lambert ne tente pas de tordre la pièce dans un sens ou dans l'autre. Il dirige ses comédiennes et ses comédiens en écartant la plupart des caricatures de jeu, des tics, des grandiloquences que certaines scènes et que la plupart des personnages suggèrent d'habitude pour pousser le comique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531266.jpg?v=1769272330" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Même le personnage de Trissotin, pédant ridicule aux traits de caractère si souvent amplifiés qu'il est entré dans le langage courant, est ici interprété avec un réalisme qui n'exagère pas le ridicule du personnage, ce qui donne à son discours des moments d'admirable bêtise et de splendide mauvaise foi.       <br />
              <br />
       Cette volonté réaliste ne nuit pas au comique de la pièce et des situations, mais elle fait qu'on ressent avec beaucoup plus de sérieux les propos de chacun des partis : celui, rétrograde, de Chrysale, le père, de sa fille cadette, Henriette, et celui de Martine, la bonne, ainsi que de Clitandre, le fiancé. En face, le parti émancipateur de Philaminte, la mère, de sa fille aînée, Armande, de sa sœur Bélise et de Trissotin, le coq spirituel de ce cercle de femmes lettrées, une assemblée active à créer une université et produire des œuvres intellectuelles, scientifiques, artistiques.       <br />
              <br />
       Il s'agit bien de deux partis, opposés, deux clans dans la même famille. Pour rendre encore plus perceptible cette guerre intime, les uns sont habillés de couleurs, de broderies, de brocards et de boucles, quand le clan des savantes est tout vêtu de noir et de blanc, comme une représentation de l'esprit de rigueur qui les anime et de l'ascétisme des sens qu'elles revendiquent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531286.jpg?v=1769272370" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Benoît Lambert parvient ainsi à fabriquer une machine de scénographie, de son, de jeu et de profération des alexandrins qui avance sans chaos, implacablement, rythmée. Elle rend sans atténuation les aspects rugueux de certaines répliques qui sonnent de nos jours extraordinairement rétrogrades et misogynes, mais le but de Molière était peut-être de provoquer ainsi le public en montrant, comme il le fait dans d'autres pièces, les vices à la mode qui passent pour vertu, les radicalisant, les exagérant pour en montrer tous les ridicules.       <br />
              <br />
       Il y a quelque chose de fondamentalement contemporain dans cette création qui, pourtant, ne tente pas de transposer la pièce à notre époque. Au contraire. Les costumes de robes à volants et de pourpoints chamarrés, la scénographie faite d'une dizaine de bibliothèques emplies de livres, d'instruments scientifiques anciens et de sculptures en plâtre (bustes et reproduction de la Victoire de Samothrace), tout renvoie au temps passé, de même que les alexandrins. La musique elle-même, qui intervient lors des quelques changements de décors, dirigés comme des ballets vifs et rythmés des dix bibliothèques, dessinant pour chaque acte les contours divers des différents lieux de la maison.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531288.jpg?v=1769272415" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      La distribution, faite aux deux tiers de comédiennes et de comédiens fraîchement sortis de l'École de la Comédie de Saint-Étienne, donne l'occasion à ces jeunes artistes de montrer toutes leurs qualités acquises ou innées. La formidable présence de Christian Franz dans le rôle de Clitandre, le sens aigu du comique de Marie Le Masson dans le rôle d'Henriette, l'énergie et les facéties communicatives de Raphaël Deshogues dans le personnage d'Ariste et de Vadius, savant maladroit nimbé d'une impressionnante hargne.       <br />
              <br />
       Lara Raymond, elle, se glisse dans la peau de Martine, la bonne, pieds plantés dans le sol et verbe haut, elle est une bouffée de fraîcheur et de naturel ; quant à Armande, la sœur aînée, Lina Alsayed lui donne toutes les facettes que le caractère entre chaleur et froideur possède et, &quot;last but not least&quot;, comme on dit outre-manche, Bélise, personnage dont le haut comique ressort magnifiquement dans l’interprétation hilarante de Marion Astorg : et puis, Trissotin, superbement interprété par Ludovic Bou qui donne pour une fois au personnage un bel éclat de jeunesse, gommant un peu le factice du personnage contre plus de sincérité, plus de fragilité, même dans l’hypocrisie la plus criante.       <br />
              <br />
       Anne Cuisenier, Emmanuel Vérité et Colin Rey &quot;chaperonnent&quot; avec art et talent cette nouvelle génération de comédiens.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531289.jpg?v=1769272441" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Benoît Lambert       <br />
       Assistant à la mise en scène : Colin Rey.       <br />
       Avec : Lina Alsayed, Marion Astorg, Ludovic Bou, Anne Cuisenier, Raphaël Deshogues, Christian Franz, Marie Le Masson, Lara Raymond, Colin Rey, Emmanuel Vérité.       <br />
       Scénographie et création lumière : Antoine Franchet.       <br />
       Costumes : Violaine L. Chartier.       <br />
       Création son : Fabrice Drevet.       <br />
       Coiffures et perruques : Pascal Jehan.       <br />
       Maquillage : Caroline Cacciatore-Faure.       <br />
       Construction décor et costumes : Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée estimée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 31 janvier 2026.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 20 h, samedi 31 janvier à 17 h.       <br />
       La Comédie - CDN, place Jean Dasté, Saint-Étienne (42).       <br />
       Téléphone : 04 77 25 14 14.       <br />
       <a class="link" href="https://lacomedie.notre-billetterie.fr/formulaire?dial=sommaire25" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lacomedie.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lacomedie.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531292.jpg?v=1769272471" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Du 5 au 7 février 2026 : Comédie de Colmar - CDN Grand Est Alsace, Colmar (68).       <br />
       17 et 18 février 2026 : Théâtre de Nîmes - Scène conventionnée ;, Nîmes (30).       <br />
       10 &gt; 11 mars 2026 : La Coursive - Scène nationale de La Rochelle       <br />
       17 &gt; 18 mars 2026 : Le Bateau Feu - Scène nationale de Dunkerque       <br />
       26 &gt; 27 mars 2026 : L'Odyssée - Scène conventionnée de Périgueux       <br />
       31 mars 2026 et 1ᵉʳ avril 2026 : Théâtre d'Angoulême - Scène nationale, Angoulême (16).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Contemporaine-et-admirablement-dirigee-Les-Femmes-savantes-de-Moliere-mis-en-scene-par-Benoit-Lambert_a4460.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour</title>
   <updated>2019-04-04T08:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Trissotin-Union-du-corps-et-de-l-esprit-par-l-amour-le-desir-et-l-humour_a2315.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/29466782-28506217.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-04-04T08:03:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Reprise ! Pour Henriette et Armande, c'est l'heure de l'émancipation. Ces deux jeunes femmes ont reçu une très bonne éducation, s'expriment avec précision et même élégance, jouissent d'une évidente aisance matérielle au sein d'une famille solide et traditionnelle. La mère tient en effet la culotte en son ménage et le père est gentil quoique un peu faible…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29466782-28506217.jpg?v=1546689970" alt=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" title=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" />
     </div>
     <div>
      Elles ont trouvé l'oiseau rare. Clitandre. Un jeune homme beau comme un comédien, certes un peu pauvre mais qui a la tête bien faite et de grandes espérances car il est poussé à la cour…       <br />
              <br />
       L'ainée a approfondi Descartes, le dualisme ainsi que les stoïciens, et conteste l'institution du mariage. La cadette à l'évidence, dans sa capacité à conjuguer plaisir et amour dans une perspective de mariage heureux, a compris Lucrèce et son &quot;de natura rerum&quot;.       <br />
              <br />
       Leur mère Philaminte et leur tante Belise se sont piquées des dernières connaissances scientifiques logiques et poétiques. Leur apprentissage encore naïf pèse sur l'ordonnancement de la maison. Voulant être savantes pour se montrer savantes, elles se sont entichées d'un Tartuffe au petit pied, un Trissotin pédant et à la pointe de la mode qui en veut à leur richesse. L'histoire frise la catastrophe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29466782-28506218.jpg?v=1546690057" alt=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" title=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" />
     </div>
     <div>
      Écrite (et avec quel brio) par Molière, la pièce &quot;Trissotin ou Les Femmes Savantes&quot; démontre par la satire que la femme partage avec l'homme un même désir de pédanterie, de vanités et de capacités d'aveuglements. Elle souligne aussi par son ironie joyeuse que le droit à la connaissance est partagé entre les deux sexes et que, l'avenir de l'un sans l'autre étant bien sombre, il vaut mieux que l'un et l'autre s'acceptent mutuellement pour un optimisme de la vie.       <br />
              <br />
       Car tout cela n'est que comédie.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Macha Makeïeff impose des conventions fortes tout en évitant le piège de tourner en ridicule. Elle s'appuie sur une dimension foldingue frapadingue parfaitement assumée. En décrivant minutieusement une bourgeoisie artiste immergée dans l'air du temps, frappée au coin de la mode rétro soixante-dix et des meubles vintages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29466782-28506219.jpg?v=1447751012" alt=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" title=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène épouse le texte et ses personnages avec leurs alexandrins. Exploitant tous les effets de miroirs qui relient et opposent les personnages.       <br />
              <br />
       Les deux sœurs se font face et s'opposent en de quasi duels : l'une coquette, l'autre sage.       <br />
              <br />
       En vis-à-vis, le père Chrysale et son frère Ariste, déjà vieux ingénus qui veulent conserver l'apparence d'une jeunesse, jouent de leur complicité pour recoudre les liens familiaux et fomentent une farce la farce finale qui confondra le méchant.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est de Bélise et Trissotin, personnages les plus excessifs, la metteure en scène joue sur les effets de travestissement.       <br />
              <br />
       Bélise est une vieille fille portée par un comédien dont la virilité de ténor ne peut être contestée et qui sait admirablement moduler toutes les gammes d'une féminité vouée, par ses excès de coquetteries érotisées, à la perdition dans des paradis imaginaires, romanesques et merveilleux. Le rôle est formidablement drôle.       <br />
              <br />
       Trissotin est conçu comme un Conchita Wurst muté en rêve de John Galliano, il est un personnage redoutablement inquiétant de sophistication. Plus intello, fat, germanopratin et esthète, on meurt.       <br />
              <br />
       Quant à la mère, digne héritière des Branquignols et des Saintes Chéries, elle glisse de crises de folie en crise d'autorité, frôlant la perte de sa distinction et de sa conscience dans une fantaisie et une liberté de gammes à donner le vertige.       <br />
              <br />
       En réponse, la servante Martine est une jeune femme à la colère d'aujourd'hui, franche et directe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29466782-28506220.jpg?v=1447751378" alt=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" title=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" />
     </div>
     <div>
      Le texte est joué avec un tel degré d'intériorisation qu'aucun effet de surface, aucun anachronisme ne peut altérer les situations et si la pièce et sa mise en scène tire à farce, à satire, scéniquement la fluidité est parfaite. Le parler populaire et le parler élégant se fondent dans le geste et le mouvement.       <br />
              <br />
       La mise en scène est emportée avec précision, légèreté, vivacité, gaité, dégage des pouvoirs étranges, engendre comme un miracle de cohérence. Toutes les conventions théâtrales se fondent dans une atmosphère de vraisemblance et donnent à chacun son instant et son instinct de vérité. Le spectateur à chaque instant se retrouve complice de cette famille et ne peut railler.       <br />
              <br />
       Par ce travail de comédie de mœurs, démonstration est faite scéniquement que dans un monde où les femmes se piquent d'être à l'égal des hommes, d'être des auteur(e)s, des savant(e)s, la pensée de mondes séparés (celui des sexes, des fonctions sociales, de la raison et de la déraison pourtant communément admise) est fausse. Démonstration est faite que d'authentiques chimères se concrétisent sur scène, forgeant l'union du corps et de l'esprit par l'amour et le désir et l'humour. Le théâtre en est le laboratoire et le rire s'épanouit en sourire d'aise, et conserve les volutes de la gaité qui ont déferlé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trissotin ou Les Femmes Savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29466782-28506221.jpg?v=1447751436" alt=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" title=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène, décor et costumes : Macha Makeïeff.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Gaëlle Hermant et Camille de la Guillonnière.       <br />
       Avec : Marie-Armelle Deguy, Vincent Winterhalter, Jeanne-Marie Levy, Geoffroy Rondeau, Vanessa Fonte, Caroline Espargilière, Arthur Igual ou Ivan Ludlow (en alernance), Philippe Fenwick, Pascal Ternisien, Louise Rebillaud, Bertrand Poncet, Arthur Deschamps (sous réserve).       <br />
       Lumières : Jean Bellorini, assisté d'Olivier Tisseyre.       <br />
       Son : Xavier Jacquot.       <br />
       Coiffures et maquillage : Cécile Kretschmar, assistée de Judith Scotto.       <br />
       Arrangements musicaux : Macha Makeïeff et Jean Bellorini.       <br />
       Assistante à la scénographie et accessoires : Margot Clavières.       <br />
       Construction d’accessoires : Patrice Ynesta.       <br />
       Assistante aux costumes : Claudine Crauland.       <br />
       Régisseur Général : André Neri.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29466782-28506222.jpg?v=1447751675" alt=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" title=""Trissotin…" Union du corps et de l'esprit par l'amour, le désir et l'humour" />
     </div>
     <div>
      Iconographe : Guillaume Cassar.       <br />
       Studio son : Sébastien Trouvé.       <br />
       Durée : 2 h 15.       <br />
       Production La Criée Théâtre national de Marseille.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 avril au 10 mai 2019.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h sauf mardi 16 et jeudi 18 avril à 20 h, dimanche à 15 h.       <br />
       La Scala, Paris 10e, 01 40 03 44 30.       <br />
       <a class="link" href="https://lascala-paris.com/programmation/trissotin-ou-les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; lascala-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Trissotin-Union-du-corps-et-de-l-esprit-par-l-amour-le-desir-et-l-humour_a2315.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout</title>
   <updated>2018-11-29T08:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Avant-dernier-des-Hommes-Au-carrefour-du-theatre-et-du-reve-des-mots-et-du-langage-l-enigme-du-plaisir-recouvre_a2294.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/28280414-27994107.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-11-29T05:18:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lorsque Claude Merlin entre en scène, joignant tout son être au geste, quitte la lecture silencieuse d'un livre, extirpe d'un havre-sac tout un fatras innommable d'hétéroclites fragments d'objets sans nom, en en faisant un tas instable et informe, il semble s'extraire d'une gangue…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28280414-27994107.jpg?v=1543419964" alt=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" title=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" />
     </div>
     <div>
      Celle d'un homme sans particularité. Le comédien, déjà personnage, semble atteint d'un profond état d'ébahissement. Déjà malicieux. Enclin à transmettre. Il est bien cet avant-dernier des hommes de Valère Novarina. Pas le dernier, car rien n'est désespéré. Pas le premier, car l'homme sait déjà la saveur et le spectateur aussi. Dans &quot;L'Avant-dernier des Hommes&quot;, il est question d'une naissance en commun. Une connaissance. Celle des mots. Du langage. De l'expression.       <br />
              <br />
       Dans le même temps, qui voit se vider le sac dans une forme de confusion primordiale, Claude Merlin lance le moulin à paroles et du désordre des mots, des sons, des sensations mouline du sens. Guide cet être pétri d'argile que nous sommes tous, cet homme fait de matière qui retournera à la matière, cet homme ayant le pouvoir de discerner, de nommer ce qui est jeté devant lui. Ces objets qu'il a le pouvoir de désirer, de rejeter.       <br />
              <br />
       Et dans les sons prononcés, de s'émerveiller de leur goût, de l'ajustement du mot et de la chose. L'homme a le pouvoir de rêver le monde et de le créer par les mots. De voyager immobile. De jouer. L'homme est à la parade.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28280414-27994131.jpg?v=1543419992" alt=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" title=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" />
     </div>
     <div>
      En grand comédien, Claude Merlin habite le corps-texte, le tisse, le rend sensible par la variation des formes, des accents, des phonèmes. Il glisse d'un territoire à l'autre jusqu'au point de partage des sensibilités, suggère à l'unisson de l'auteur que l'on peut s'approprier toutes les parts maternelles des langues comme autant d'espaces poétiques, autant de voyages au cœur de l'étonnement.       <br />
              <br />
       Celui d'Adam découvrant ce qui vibre autour de lui, trouvant la manière de relier l'objet à la liberté de le nommer, de créer un imaginaire en relation avec le réel. Son environnement d'homme en autant de mots qu'il est nécessaire.       <br />
              <br />
       Le spectateur accompagne le comédien et l'auteur, suit la trace qui lui est indiquée jusqu'au carrefour du théâtre et du rêve. Combien de mots pour désigner la neige dans les pays des neiges? L'énigme du plaisir recouvre tout le spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Avant-dernier des Hommes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28280414-27994135.jpg?v=1543420024" alt=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" title=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" />
     </div>
     <div>
      Texte : Valère Novarina.       <br />
       Mise en scène : Claude Buchvald.       <br />
       Avec : Claude Merlin.       <br />
       Lumière : Yves Collet.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 novembre au 1er décembre.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 20 h 30.       <br />
       Le Lavoir Moderne Parisien, Paris 18e, 01 46 06 08 05.       <br />
       <a class="link" href="https://lavoirmoderneparisien.com/" target="_blank">&gt;&gt; lavoirmoderneparisien.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/L-Avant-dernier-des-Hommes-Au-carrefour-du-theatre-et-du-reve-des-mots-et-du-langage-l-enigme-du-plaisir-recouvre_a2294.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit</title>
   <updated>2017-02-14T13:00:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Femmes-Savantes-par-Makaieff-Amour-desir-et-humour-forgent-l-union-du-corps-et-de-l-esprit_a1484.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8530936-13424059.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-11-17T09:55:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Reprise ! Pour Henriette et Armande, c'est l'heure de l'émancipation. Ces deux jeunes femmes ont reçu une très bonne éducation, s'expriment avec précision et même élégance, jouissent d'une évidente aisance matérielle au sein d'une famille solide et traditionnelle. La mère tient en effet la culotte en son ménage et le père est gentil quoique un peu faible…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8530936-13424059.jpg?v=1451577552" alt="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" title="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" />
     </div>
     <div>
      Elles ont trouvé l'oiseau rare. Clitandre. Un jeune homme beau comme un comédien, certes un peu pauvre mais qui a la tête bien faite et de grandes espérances car il est poussé à la cour…       <br />
              <br />
       L'ainée a approfondi Descartes, le dualisme ainsi que les stoïciens, et conteste l'institution du mariage. La cadette à l'évidence, dans sa capacité à conjuguer plaisir et amour dans une perspective de mariage heureux, a compris Lucrèce et son &quot;de natura rerum&quot;.       <br />
              <br />
       Leur mère Philaminte et leur tante Belise se sont piquées des dernières connaissances scientifiques logiques et poétiques. Leur apprentissage encore naïf pèse sur l'ordonnancement de la maison. Voulant être savantes pour se montrer savantes, elles se sont entichées d'un Tartuffe au petit pied, un Trissotin pédant et à la pointe de la mode qui en veut à leur richesse. L'histoire frise la catastrophe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8530936-13424070.jpg?v=1447750927" alt="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" title="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" />
     </div>
     <div>
      Écrite (et avec quel brio) par Molière, la pièce &quot;Trissotin ou Les Femmes Savantes&quot; démontre par la satire que la femme partage avec l'homme un même désir de pédanterie, de vanités et de capacités d'aveuglements. Elle souligne aussi par son ironie joyeuse que le droit à la connaissance est partagé entre les deux sexes et que, l'avenir de l'un sans l'autre étant bien sombre, il vaut mieux que l'un et l'autre s'acceptent mutuellement pour un optimisme de la vie.       <br />
              <br />
       Car tout cela n'est que comédie.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Macha Makeïeff impose des conventions fortes tout en évitant le piège de tourner en ridicule. Elle s'appuie sur une dimension foldingue frapadingue parfaitement assumée. En décrivant minutieusement une bourgeoisie artiste immergée dans l'air du temps, frappée au coin de la mode rétro soixante-dix et des meubles vintages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8530936-13424112.jpg?v=1447751012" alt="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" title="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène épouse le texte et ses personnages avec leurs alexandrins. Exploitant tous les effets de miroirs qui relient et opposent les personnages.       <br />
              <br />
       Les deux sœurs se font face et s'opposent en de quasi duels : l'une coquette, l'autre sage.       <br />
              <br />
       En vis-à-vis, le père Chrysale et son frère Ariste, déjà vieux ingénus qui veulent conserver l'apparence d'une jeunesse, jouent de leur complicité pour recoudre les liens familiaux et fomentent une farce la farce finale qui confondra le méchant.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est de Bélise et Trissotin, personnages les plus excessifs, la metteure en scène joue sur les effets de travestissement.       <br />
              <br />
       Bélise est une vieille fille portée par un comédien dont la virilité de ténor ne peut être contestée et qui sait admirablement moduler toutes les gammes d'une féminité vouée, par ses excès de coquetteries érotisées, à la perdition dans des paradis imaginaires, romanesques et merveilleux. Le rôle est formidablement drôle.       <br />
              <br />
       Trissotin est conçu comme un Conchita Wurst muté en rêve de John Galliano, il est un personnage redoutablement inquiétant de sophistication. Plus intello, fat, germanopratin et esthète, on meurt.       <br />
              <br />
       Quant à la mère, digne héritière des Branquignols et des Saintes Chéries, elle glisse de crises de folie en crise d'autorité, frôlant la perte de sa distinction et de sa conscience dans une fantaisie et une liberté de gammes à donner le vertige.       <br />
              <br />
       En réponse, la servante Martine est une jeune femme à la colère d'aujourd'hui, franche et directe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8530936-13424148.jpg?v=1447751378" alt="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" title="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" />
     </div>
     <div>
      Le texte est joué avec un tel degré d'intériorisation qu'aucun effet de surface, aucun anachronisme ne peut altérer les situations et si la pièce et sa mise en scène tire à farce, à satire, scéniquement la fluidité est parfaite. Le parler populaire et le parler élégant se fondent dans le geste et le mouvement.       <br />
              <br />
       La mise en scène est emportée avec précision, légèreté, vivacité, gaité, dégage des pouvoirs étranges, engendre comme un miracle de cohérence. Toutes les conventions théâtrales se fondent dans une atmosphère de vraisemblance et donnent à chacun son instant et son instinct de vérité. Le spectateur à chaque instant se retrouve complice de cette famille et ne peut railler.       <br />
              <br />
       Par ce travail de comédie de mœurs, démonstration est faite scéniquement que dans un monde où les femmes se piquent d'être à l'égal des hommes, d'être des auteur(e)s, des savant(e)s, la pensée de mondes séparés (celui des sexes, des fonctions sociales, de la raison et de la déraison pourtant communément admise) est fausse. Démonstration est faite que d'authentiques chimères se concrétisent sur scène, forgeant l'union du corps et de l'esprit par l'amour et le désir et l'humour. Le théâtre en est le laboratoire et le rire s'épanouit en sourire d'aise, et conserve les volutes de la gaité qui ont déferlé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Trissotin ou Les Femmes Savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8530936-13424194.jpg?v=1447751436" alt="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" title="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène, décor et costumes : Macha Makeïeff.       <br />
       Avec : Marie-Armelle Deguy, Arthur Deschamps, Karyll Elgrichi, Vanessa Fonte, Camille de La Guillonnière, Vincent Winterhalter, Arthur Igual en alternance avec Philippe Fenwick, Atmen Kelif, Ivan Ludlow, Geoffroy Rondeau, Thomas Morris, Maud Wyler.       <br />
       Lumière : Jean Bellorini assisté d’Olivier Tisseyre.       <br />
       Son : Xavier Jacquot.       <br />
       Coiffures et maquillage : Cécile Kretschmar.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Gaëlle Hermant et Camille de la Guillonnière.       <br />
       Assistanat à la scénographie et accessoires : Margot Clavières.       <br />
       Construction d’accessoires : Patrice Ynesta.       <br />
       Assistante aux costumes : Claudine Crauland.       <br />
       Durée : 2 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8530936-13424235.jpg?v=1447751675" alt="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" title="Femmes Savantes par Makaïeff... Amour, désir et humour forgent l'union du corps et de l'esprit" />
     </div>
     <div>
      Reprise du 29 septembre au 7 octobre 2016.       <br />
       Mercredi à 19 h, jeudi et vendredi à 20 h.       <br />
       La Criée Théâtre national, Marseille, 04 91 54 70 54.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-lacriee.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-lacriee.com</a>       <br />
              <br />
       Du 11 au 29 novembre 2015.       <br />
       Du lundi au samedi à 20 h, dimanche à 15 h 30. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Gérard Philipe CDN, Salle Roger Blin, Saint-Denis (93), 01 48 13 70 00.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatregerardphilipe.com/cdn/" target="_blank">&gt;&gt; theatregerardphilipe.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       2 au 5 décembre 2015 : MAC - Scène Nationale, Créteil (94).       <br />
       8 au 11 décembre 2015 : NTA Nouveau Théâtre d’Angers, Angers (49).       <br />
       16 décembre 2015 au 17 janvier 2016 : Théâtre National La Criée, Marseille (13).       <br />
       20 au 29 janvier 2016 : Centre Dramatique Régional, Tours (37).       <br />
       3 au 5 février 2016 : Le Théâtre - Scène Nationale, Saint-Nazaire (44).       <br />
       8 et 9 février 2016 : Le Parvis - Scène Nationale Tarbes Pyrénées, Tarbes (65).       <br />
       12 et 13 février 2016 : Le Domaine d’O, Montpellier (34).       <br />
       23 et 24 février 2016 : Le Manège, Maubeuge (59).       <br />
       27 février 2016 (date à confirmer) : Théâtre en Dracénie, Draguignan (83).       <br />
       2 au 4 mars 2016 : Théâtre Liberté, Toulon (83).       <br />
       8 et 9 mars 2016 : Théâtre de l’Archipel - Scène nationale, Perpignan (66).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée 2017</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">15 au 17 février 2017 :</span> Comédie de Clermont-Ferrand - CDN, Clermont-Ferrand (42).       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 février 2017 :</span> Théâtre le Forum, Fréjus (83).       <br />
       <span class="fluo_jaune">3 mars 2017 :</span> Théâtre La Colonne, Miramas (13).       <br />
       <span class="fluo_jaune">7 au 10 mars 2017 :</span> Comédie de Béthune - CDN, Béthune (62).       <br />
       15 et 16 mars 2017 : Théâtre Le Carreau, Forbach (57).       <br />
       29 et 30 mars 2017 : Théâtre Jean Vilar, Saint-Quentin (02).       <br />
       5 et 6 avril 2017 : Théâtre du Beauvaisis, Beauvais (60).       <br />
       20 avril 2017 : Espace Zinga Zanga de Béziers (34).       <br />
       25 avril 2017 : Le Cadran - Scène Nationale d’Evreux (27).       <br />
       29 avril 2017 : Le Pian'ocktail, Théâtre du Bouguenais, Bouguenais (44).       <br />
       3 au 5 mai 2017 :  Théâtre de Saint-Quentin en Yvelines - Scène Nationale,  Saint-Quentin en Yvelines (78).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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