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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-15T18:08:32+01:00</updated>
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   <title>•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…</title>
   <updated>2021-07-08T13:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-La-Cerisaie-Que-reste-t-il-de-nos-amours-Une-Cour-d-honneur-faisant-s-ecrouler-le-quatrieme-mur_a2997.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
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   <published>2021-07-08T13:02:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ce soir-là, il pleuvait à seaux sur la Cour d'Honneur, retardant d'une bonne heure le début de la représentation… Comme si, de l'Olympe, le dieu des arts et de la musique, Apollon, s'était allié à Dionysos, dieu de la folie et de la démesure, pour laver l'affront des critiques de la veille. À onze heures, Tiago Rodrigues était là, géant serein tenant la barre, pour annoncer en bord de scène que la représentation aurait bien lieu… Applaudissements nourris des spectateurs encapuchonnés saluant l'engagement collectif d'une troupe pour qui jouer relève d'une nécessité occultant tout obstacle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57580517-42636846.jpg?v=1625743423" alt="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" title="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" />
     </div>
     <div>
      Lopakhine, l'ancien moujik, costume trois pièces impeccable, un livre à la main (il n'y comprend rien, dit-il), occupe en maître - avant l'arrivée de Lioubov, propriétaire de La Cerisaie - l'espace de la Cour mythique. Une foultitude de chaises, alignées face aux gradins, signe une autre promesse, celle d'une adresse directe aux spectateurs. Quant au décor minimaliste dans ce lieu grandiose, décor avec lequel les personnages joueront pour déplacer symboliquement les cloisons ou abattre les murs de cette propriété (s'é)croulant sous les dettes, il dévoile les intentions d'une mise en jeu s'affranchissant du cadre réaliste dédié ordinairement au théâtre de Tchekhov.       <br />
              <br />
       Le décor planté, les rapports de forces dévoilés en filigrane, le dispositif incluant le public esquissé, la tragi-comédie va pouvoir se dérouler… L'arrivée en musique et fanfare de Lioubov, entourée de ses filles aimantes, est à prendre comme une annonce à rebours des heures difficiles qui se profilent dans l'ombre, un répit lumineux avant la tempête mettant à mal la pérennité du domaine. La Cerisaie est en effet plus qu'une propriété, c'est un objet d'amour cristallisant les récits familiaux, leur cortège de désirs et blessures à jamais béantes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57580517-42636848.jpg?v=1625743461" alt="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" title="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" />
     </div>
     <div>
      Aussi n'est-il nullement surprenant qu'Isabelle Huppert (alias Lioubov) prenne son air de petite fille émerveillée en ouvrant la chambre des enfants, la porte ouvrant sur un passé heureux… Après l'enthousiasme poussé à son incandescence dans les embrassades chorégraphiées des retrouvailles - on est dans l'univers de la comédie musicale euphorisante, la météo aidant, on se mettrait presque à chantonner &quot;Singin' in the Rain&quot; -, la dramaturgie fera alterner les pauses musicales régénérantes et les solos porteurs de menaces diffuses.       <br />
              <br />
       Deux mondes se dessinent, pour ne parler que du premier cercle de &quot;la familia&quot;. Celui de Lioubov, généreuse invétérée s'attachant mordicus au rêve personnel (et aristocratique…), si fou soit-il, intriquant son existence et celle de La Cerisaie dans la même entité. Celui de Gaev, son frère, jurant son attachement au domaine… avant de devenir plus prosaïque, gagné au fond de lui-même par les arguments déployés par l'ancien moujik devenu marchand ; consentir à louer les terres de La Cerisaie pour y construire des datchas destinées aux riches estivants pourrait sauver des dettes…       <br />
              <br />
       Au-delà de ces points de vue dénotant une vision du monde marquée par des horizons d'attentes opposées, d'autres personnages mêleront leur problématique aux enjeux en cours. Chacun, prioritairement en position frontale, les développera avec sa personnalité propre. De l'éternel étudiant philosophe aux idées généreuses au propriétaire lourdement terrien intéressé, de la bonne au cœur d'artichaut à la fille adoptive amoureuse, du jeune homme imbu de sa valeur à la gouvernante électron libre pétillante de créativité, c'est toute une galerie de portraits sortis des cartons de Tchekhov qui se mettent à vivre pour nous parler directement, yeux dans les yeux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57580517-42636865.jpg?v=1625743496" alt="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" title="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" />
     </div>
     <div>
      Alors, comment ne pas être troublé par les visions de sa mère vivante ou de son petit garçon mort noyé s'imposant à Lioubov, quand celle-ci est incarnée par une actrice tout aussi solaire quand elle parle ou lorsqu'elle se tait, le visage illuminé par la joie ou la souffrance ? Comment ne pas être saisi d'émotion par l'interprétation de Firs, vieillard confondu aux murs, et prononçant ces mots à allure définitive <span style="font-style:italic">&quot;la vie, elle a passé, on a comme pas vécu&quot;</span> ?       <br />
               <br />
       Quant au parti pris d'une scénographie minimaliste réduite essentiellement à des chaises alignées qui, au gré des heures comptées du domaine, s'entassent ou se disloquent, écho métaphorique d'un mode qui s'écroule, son itération compulsive pourrait la ranger au rang d'accessoire &quot;un peu lourd&quot;, encombrant paradoxalement un plateau devenant lumineux… lorsque, entièrement nu, il transcende la présence de Lioubov, seule en scène, silhouette fragile perdue au milieu d'une immensité de ruines et faisant des adieux émouvants, à sa jeunesse, à son bonheur, définitivement seule (avant de se ressaisir, appelée par ses filles).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57580517-42636893.jpg?v=1625743698" alt="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" title="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" />
     </div>
     <div>
      Tiago Rodrigues, s'il n'a peut-être pas réussi ici l'intégralité du coup de maître auquel il a eu sans doute le tort de nous habituer, a atteint pleinement l'essentiel… Mettre en jeu, au travers de cette tragi-comédie aussi grinçante qu'enjouée, un questionnement adressé directement à chacun… S'attacher aux héritages, fût-ce pour de touchantes raisons affectives, n'est-ce pas vouloir perpétuer un monde fait d'inégalités consubstantielles… Peut-être le destin du moujik esclave devenu marchand, si avide apparaît-il, est-il l'annonce d'une société où les richesses héritées auront moins de valeurs que celles acquises… À moins que, là encore, ce ne soit que la perpétuation du même, la répétition inversée du même scandale.       <br />
              <br />
       <b>&quot;La Cerisaie&quot;, spectacle créé le 5 juillet 2021 dans le cadre du Festival d'Avignon, vu le 6 juillet à 23 h (il était prévu 22 h…) dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Cerisaie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57580517-42636915.jpg?v=1625743733" alt="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" title="•In 2021• La Cerisaie Que reste-t-il de nos amours ? Une Cour d'honneur faisant s'écrouler le (quatrième) mur…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Anton Tchekhov.       <br />
       Traduction : André Markowicz, Françoise Morvan.       <br />
       Mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Ilyas Mettioui.       <br />
       Avec : Isabelle Huppert, Isabel Abreu, Tom Adjibi, Nadim Ahmed, Suzanne Aubert, Marcel Bozonnet, Océane Caïraty, Alex Descas, Adama Diop, David Geselson, Grégoire Monsaingeon, Alison Valence.       <br />
       Musiciens : Manuela Azevedo, Hélder Gonçalves.       <br />
       Collaboration artistique : Magda Bizarro.       <br />
       Scénographie : Fernando Ribeiro.       <br />
       Lumière : Nuno Meira.       <br />
       Costumes : José António Tenente.       <br />
       Maquillage, coiffure : Sylvie Cailler, Jocelyne Milazzo.       <br />
       Musique : Hélder Gonçalves (composition), Tiago Rodrigues (paroles).       <br />
       Son : Pedro Costa.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 17 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 22 h, relâche les 7 et 13 juillet.       <br />
       Cour d'Honneur du Palais des Papes, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 .       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       23 au 25 juillet 2021 : Teatro Stabile di Napolilien, Naples.       <br />
       9 au 19 décembre 2021 : Teatro Nacional Dona Maria II, Lisbonne.       <br />
       7 janvier au 20 février 2022 : Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris.       <br />
       26 au 27 février 2022 : Théâtre de Liège, Liège.       <br />
       10 au 19 mars 2022 : Comédie de Genève, Genève.       <br />
       26 au 29 mai 2022 : Wiener Festwochen, Vienne (Autriche).       <br />
       3 au 5 juin 2022 : La Comédie de Clermont-Ferrand, Clermont-Ferrand.       <br />
       10 au 12 juin 2022 : Holland Festival, Amsterdam.       <br />
       3 au 16 septembre 2022 : Théâtre National Populaire (TNP), Villeurbanne.       <br />
       23 au 25 septembre 2022 : La Coursive, La Rochelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Hermann" ou le roman d'un amour oublié</title>
   <updated>2021-03-13T15:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Hermann-ou-le-roman-d-un-amour-oublie_a2902.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/54654161-41098548.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-03-13T14:33:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le récit de Gilles Granouillet est fait de trajectoires que l'on suit, qui se brisent, traversent le temps et se reconstruisent ailleurs, comme si toutes les vies dont il est question ici étaient en trompe-l'œil. Une construction romanesque qui traverse non seulement le temps, mais l'espace, du Nord au Sud et jusqu'à l'Est lointain de l'Europe, que François Rancillac parvient à rendre crédible grâce à une mise en scène réaliste.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54654161-41098548.jpg?v=1615644263" alt=""Hermann" ou le roman d'un amour oublié" title=""Hermann" ou le roman d'un amour oublié" />
     </div>
     <div>
      L'intrigue est complexe. Elle nous est racontée par l'un des quatre personnages de la pièce, Léa Paule, neurologue en hôpital psychiatrique, spécialisée dans la maladie d'Alzheimer. Elle nous emmène à la découverte d'un de ses patients, Hermann, atteint d'une forme précoce de la maladie, qu'elle va croiser deux fois, à vingt ans d'intervalle. Une rencontre qui va avoir une influence décisive sur sa vie.       <br />
               <br />
       Un peu à la manière d'une enquête policière, les détails de la vie de cet étrange personnage qui ne sait presque rien de lui-même, vont être peu à peu révélés. Mais pas dans l'analyse médicale ni grâce aux exercices de mémoire que les malades atteints de cette maladie pratiquent pour tenter d'endiguer ce mal, ce sera par le biais d'un troisième personnage nommé Olia. Olia est le seul vestige qu'Hermann est encore capable d'exprimer : Olia, la femme qu'il a aimée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54654161-41098556.jpg?v=1615644290" alt=""Hermann" ou le roman d'un amour oublié" title=""Hermann" ou le roman d'un amour oublié" />
     </div>
     <div>
      La quête pour la découverte de la vérité est épique. La neurologue parvient, par chance ou par destin, à trouver cette Olia, mariée depuis quinze ans à l'un de ses collègues, médecin, cardiologue. Hermann est pour cette femme comme un passé à jamais enfoui qui ressurgit. Lui, en passe de devenir totalement amnésique, fait ressurgir la mémoire chez cette femme. Et les souvenirs de son amour de jeunesse. Elle va tout quitter, sa vie bourgeoise, son mariage acheté sur ces sites de rencontres arrangées de la Russie postsoviétique, et elle retourne vers ses origines qu'elle croyait avoir oubliées. Elle disparaît. Hermann également. Elle est retrouvée seule, égarée, en Pologne, où son mari vient la récupérer. Elle ne parle dorénavant que russe. Et elle attend son amant.       <br />
               <br />
       Pendant vingt ans, aucune nouvelle d'Hermann. Mais il revient soudain dans la vie de Léa, la neurologue, toujours atteint d'Alzheimer, et toujours étonnamment jeune, et toujours à la recherche d'Olia, son amour. Le récit s'entremêle ainsi souvent de la couleur du conte, du conte philosophique. Hermann, apparition sans âge, traverse les existences et les distances et répare les oublis, rebat les cartes, tel un ange absolument pas biblique, plutôt un ange martyr qui porte en lui les blessures d'une guerre sur le front afghan et d'un amour brisé.       <br />
               <br />
       La mise en scène de François Rancillac joue avec les perspectives à la fois du décor stylisé de Raymond Sarti et de projections nous plongeant dans les couloirs aveugles des hôpitaux psychiatriques ou nous entraînant dans les différents lieux de la narration. Un système qui donne une grande souplesse à cette dernière qui change régulièrement d'endroits, tout en tirant l'histoire vers le réalisme. Une histoire qui, par sa complexité, appesantit par moments l'action en privilégiant de longs passages narratifs. Mais les quatre comédiens jouent leurs partitions avec dextérité. Clément Proust, en particulier dans le rôle d'Hermann, mais aussi Claudine Charreyre, qui a la lourde charge d'interpréter Léa, la neurologue, sont extrêmement crédibles et empathiques. Lenka Luptáková et Daniel Kenigsberg, dans les rôles d'Olia et de son mari, sont eux, désarmants d'authenticité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Hermann"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54654161-41098563.jpg?v=1615644322" alt=""Hermann" ou le roman d'un amour oublié" title=""Hermann" ou le roman d'un amour oublié" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gilles Granouillet.       <br />
       Mise en scène : François Rancillac.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Christine Guênon.       <br />
       Avec : Daniel Kenigsberg, Claudine Charreyre, Lenka Luptáková, Clément Proust.       <br />
       Dramaturgie : Gilles Granouillet.       <br />
       Scénographie : Raymond Sarti.       <br />
       Costumes : Sabine Siegwalt.       <br />
       Lumière : Guillaume Tesson.       <br />
       Son et composition musicale : Sébastien Quencez.       <br />
       Régie générale : Jérôme Aubert.       <br />
       Par le Théâtre sur Paroles.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       Vu dans le cadre des présentations professionnelles ayant eu lieu les 3, 4 et 5 mars à 15 h au théâtre des 2 Rives à Charenton (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54654161-41098599.jpg?v=1615644662" alt=""Hermann" ou le roman d'un amour oublié" title=""Hermann" ou le roman d'un amour oublié" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée conditionnée à la date de réouverture des salles</b>       <br />
       25 et 26 mars 2021 : Espace culturel Albert Camus, en co-accueil avec la Comédie de Saint-Étienne/CDN, Chambon Feugerolles (42).        <br />
       7 avril 2021 : La Maison des Arts du Léman - scène nationale Thonon-Evian, Thonon-les-Bains (74).       <br />
       13 avril 2021 : Espace Saint-Exupéry, Franconville (95).       <br />
       15 avril 2021 : Théâtre Victor Hugo, Bagneux (92).       <br />
       6 mai 2021 : l'Onde, Vélizy-Villacoublay (78).       <br />
              <br />
       Tournée en 21/22 : Scène nationale de Dieppe, Théâtre d'Aurillac, Théâtre de Roanne, etc. (en cours).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties</title>
   <updated>2019-07-24T08:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2019-Prose-du-Transsiberien-et-de-la-petite-Jeanne-de-France-Voyages-vagabondages-et-intimes-peripeties_a2510.html</id>
   <category term="Avignon 2019" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/35851055-32266007.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-07-24T08:28:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Voyager au cœur de ce récit poétique - lui-même voyage initiatique -, en se laissant porter par les respirations/inspirations musicales insufflées par le violoncelle et la rythmique narrative, scandée avec une passion gourmande, de Marc Lauras, est un petit plaisir qui, une heure durant, nous conduit sur les voix ferroviaires et mentales d'un trajet menant à la perte d'innocence… et au difficile passage à l'âge adulte.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35851055-32266007.jpg?v=1563907142" alt="•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties" title="•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties" />
     </div>
     <div>
      Publié en 1913, avec une mise en forme graphique et colorée réalisée par l'artiste peintre Sonia Delaunay, ce long poème de Blaise Cendrars, sans doute le plus célèbre, est constitué de 446 vers et fait partie d'une série de textes*, écrits avant la Première Guerre mondiale, qui tous se réfèrent à l'univers du voyage et à la rêverie poétique que celui-ci souvent procure.       <br />
              <br />
       Ce texte, fondateur de son œuvre, raconte son aventure, balade réelle ou rêvée, à bord de l'illustre Transsibérien, de Moscou à Kharbine (Chine du nord-est), ce dernier trajet correspondant au tracé établi en 1905 quand celui-ci traversait la Mandchourie en empruntant le chemin de fer de l'Est chinois.       <br />
              <br />
       En compagnie de Jeanne, une petite prostituée de Montmartre, amour éphémère d'adolescent ou souvenir mélancolique d'amant novice, il aborde, dans un premier temps, la nostalgie de la jeunesse sur le mode du refrain : <span style="font-style:italic">&quot;En ce temps-là j'étais en mon adolescence/J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà/plus de mon enfance (…) J'étais à 16 000 lieues du lieu de ma naissance/J'étais à Moscou, dans la ville des mille et trois clochers/et des sept gares (…) mon adolescence était si ardente et si folle…&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35851055-32266056.jpg?v=1563907193" alt="•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties" title="•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties" />
     </div>
     <div>
      Puis l'écriture se fait plus picturale, plus animée, imagée, également plus séquencée. On passe allègrement des descriptions documentaires, paysagères, énumératives - de gares en gares, parfois brûlées - à des réflexions plus introspectives, éclairant la vie du jeune homme qu'il était alors, entre la révolution russe, évènement historique ici à ses prémices, et son amour pour la jeune femme-enfant… extraite du bordel montmartrois.       <br />
              <br />
       Création originale, inventive et généreuse, en double portée (vocale et instrumentale) de péripéties narratoires, la proposition de Marc Lauras (conteur, comédien et violoncelliste) est singulière par son approche émotionnelle - ayant pris sa source dans un déplacement en Union Soviétique à l'aube de la chute du mur de Berlin - et passionnée, avec ce désir de composer une musique pour accompagner, intégrer cette prose et, dans une double musicalité de mots et de notes, traverser la langue de Cendrars.       <br />
              <br />
       Sa voix, magnétique, doublée, appuyée par le son du violoncelle, mélodies glissées à l'archet ou séquencées par le pincement, la caresse digitale des cordes - posées  sur cet instrument aux formes féminines, possible suggestion érotique  d'une représentation ou évocation imagée de la petite Jeanne -, hypnotise le spectateur par le scandement mélodieux de ces vers sans rimes. La performance est ardente et enthousiaste, embrassant de mille éclats ce récit aventureux, vécu ou rêvé par Blaise Cendrars.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35851055-32266086.jpg?v=1563907329" alt="•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties" title="•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties" />
     </div>
     <div>
      Mais est-il vraiment nécessaire de faire le voyage pour voyager ?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* &quot;La Prose du Transsibérien…&quot; est le poème intermédiaire entre &quot;Les Pâques à New York&quot; (conçu en avril 1912) et &quot;Le Panama ou Les aventures de mes sept oncles&quot; (écrit en 1914, mais seulement publiée en 1918). Ces trois poèmes sont le résultat de plusieurs années de voyages entre Paris, Moscou et New York. Ils forment un ensemble qui marque l'entrée de Cendrars en poésie, &quot;Les Pâques&quot; (titre initial) étant le premier poème signé du pseudonyme &quot;Blaise Cendrars&quot; - Frédéric Louis Sauser ayant usé d'autres pseudos avant. Ils composent le début du recueil &quot;Du monde entier au cœur du monde&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35851055-32266094.jpg?v=1563907370" alt="•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties" title="•Off 2019• Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France Voyages vagabondages et intimes péripéties" />
     </div>
     <div>
      Texte : Blaise Cendrars.       <br />
       Mise en scène : Olivier Borle.       <br />
       Avec : Marc Lauras.       <br />
       Régisseur général : Jacques Bertail.       <br />
       Cie Le Théâtre Oblique.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2019•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 28 juillet 2019.</span>       <br />
       Tous les jours à 12 h 35, relâche le mercredi.       <br />
       <b>Maison de la Poésie</b>        <br />
       6, rue Figuière.       <br />
       Réservations : 04 90 82 90 66.       <br />
       <a class="link" href="http://www.poesieavignon.eu/" target="_blank">&gt;&gt; poesieavignon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2019-Prose-du-Transsiberien-et-de-la-petite-Jeanne-de-France-Voyages-vagabondages-et-intimes-peripeties_a2510.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent</title>
   <updated>2017-11-17T11:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Trois-Soeurs-Extraverties-resolument-contemporaines-mais-dans-une-impossibilite-du-present_a1980.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/18262396-22499475.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-11-17T11:20:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est une maison d'architecte avec ses larges baies d'où jaillissent les mots clic, les mots tics du jour, hashtag Trump et compagnie sur fond de fête, biture et coup de blues. Simon Stone, en réécrivant "Les Trois Sœurs" de Tchekhov, ne fait pas dans la dentelle. Les comédiens vivent au temps présent, le temps béni de la fratrie et des amis réunis, bien à l'abri des murs.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18262396-22499475.jpg?v=1510914168" alt=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" title=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" />
     </div>
     <div>
      Du seuil à la chambre ou à la douche, livrés à leur occupations, leurs passions sans s'occuper outre mesure de l'extérieur, au vu et au su de qui les observe. Les allers et venues sont naturelles. Extraverties, résolument contemporaines. Olga, Macha, Irina et le frère André se déchirent inexorablement.       <br />
              <br />
       Par un artifice tout théâtral, la maison tourne sur elle-même, créant un effet fascinatoire qui métaphorise le temps qui passe. Tout un chacun qui regarde se trouve ainsi mis dans la position d'un voisin qui voit tout, discerne tout, qui sait tout de la maisonnée. Il devient omniscient, apte à ressentir les intimités, les blessures qui apparaissent, les colères cachées qui ressurgissent parmi les occupants de la maison. Les amertumes qui deviennent aigreurs.       <br />
              <br />
       Il devient au fil du temps spectateur de la maisonnée. Et le contenu des échanges devient pour lui objet de curiosité anachronique et de connaissance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18262396-22499494.jpg?v=1510914219" alt=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" title=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" />
     </div>
     <div>
      Sont traités pêle-mêle, dans une banalité du quotidien, les problèmes de la dépendance aux stupéfiants et à l'alcool, les désirs d'émancipation féminine, les stratégies différenciées des trois sœurs pour y parvenir, la sur-présence symbolique des souvenirs familiaux , le poids de la famille.       <br />
              <br />
       C'est quelquefois trop appuyé, le langage trop relâché (mais peut-être que les modèles originaux d'aujourd'hui peuvent être pire, soupire le spectateur).       <br />
              <br />
       Simon Stone suit la trame de l'œuvre de Tchekhov qui était au moment de sa rédaction, elle aussi, résolument contemporaine et soulevait, déjà, les même problèmes. Dans cette proposition les personnages sont respectés ainsi que l'évolution de leurs caractères. Et prennent dans cette scénographie une forme étonnamment juste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18262396-22499502.jpg?v=1510914250" alt=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" title=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" />
     </div>
     <div>
      Et si les modalités de l'intime et de la conversation diffèrent radicalement d'une pièce à l'autre, c'est bien le même constat qui s'impose à l'issue de la représentation. Il y a les non-dits et les silences des individus plongés dans le divertissement et accrochés à l'image de plus en plus factice d'une union des cœurs.        <br />
              <br />
       Il y a la déchirure et la solitude, le sentiment de vide et de fatalité, l'impossibilité du présent dont le médecin et grand auteur Tchekhov a su extirper de la banalité du quotidien les symptômes et que ses successeurs continuent d'explorer.       <br />
              <br />
       Le spectateur applaudit cet avatar des trois sœurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Trois Sœurs"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18262396-22499507.jpg?v=1510914281" alt=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" title=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" />
     </div>
     <div>
      D’après Anton Tchekhov.       <br />
       Mise en scène : Simon Stone (artiste associé).       <br />
       Traduction française et assistanat à la mise en scène : Robin Ormond.       <br />
       Avec : Jean-Baptiste Anoumon, Assaad Bouab, Éric Caravaca, Amira Casar, Servane Ducorps, Eloïse Mignon, Laurent Papot, Frédéric Pierrot, Céline Sallette, Assane Timbo, Thibault Vinçon.       <br />
       Décor : Lizzie Clachan.       <br />
       Costumes : Mel Page.       <br />
       Musique : Stefan Gregory.       <br />
       Lumière : Cornelius Hunziker.       <br />
       Collaboratrice aux costumes : Yvett Rotscheid.       <br />
       Assistant costumes  : Yann Cadran.       <br />
       Répétitions musicales : Mathieu El Fassi.       <br />
       Durée : 2 h 35, avec un entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18262396-22499541.jpg?v=1510914470" alt=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" title=""Les Trois Sœurs"... Extraverties, résolument contemporaines mais dans une impossibilité du présent" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 10 novembre au 22 décembre 2017.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 15 h.        <br />
       Relâche le dimanche 12 novembre.       <br />
       Odéon Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-odeon.eu/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Trois-Soeurs-Extraverties-resolument-contemporaines-mais-dans-une-impossibilite-du-present_a1980.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France</title>
   <updated>2017-11-16T10:45:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Revolution-interieure-Chostakovitch-par-Neeme-Jarvi-a-la-tete-de-l-Orchestre-National-de-France_a1978.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/18241222-22484392.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-11-16T10:18:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Événement. Le vénérable chef estonien Neeme Järvi a dirigé deux Symphonies révolutionnaires (à leur manière) en cette année de commémoration de la Révolution de 1917 et le Concerto n°1 pour piano, trompette et cordes de Dimitri Chostakovitch à l'Auditorium de Radio France. Un concert idéal, disponible à l'écoute sur le site de France Musique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18241222-22484392.jpg?v=1510824036" alt="La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France" title="La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France" />
     </div>
     <div>
      Il est des soirées parfaites, jouissives, passionnantes de bout en bout. Le concert du 9 novembre à l'Auditorium en réunissait tous les ingrédients avec un répertoire magistralement pensé (les Symphonies n°9 et n°12, dite &quot;L'Année 1917&quot;, et le premier Concerto pour piano de 1933) d'un compositeur surdoué, et avec un orchestre de la qualité qu'on lui connaît, transcendé par un impérial et charismatique chef de quatre-vingts ans. Ajoutez-y deux solistes plus que talentueux pour le Concerto n°1 et votre soirée devient proprement inoubliable.       <br />
              <br />
       Programmer en effet la Symphonie n°9 (la plus étonnante des trois &quot;Symphonies de guerre&quot; de Chostakovitch de par sa durée et son écriture) avec la fameuse Symphonie n°12, appelée &quot;L'Année 1917&quot;, créées respectivement en 1945 et 1961, se révèle un choix des plus judicieux. Réunies, elles rappellent la constance d'un compositeur qui sut toujours ne jamais vraiment satisfaire les caciques du Parti et l'Union des Compositeurs soviétiques à leurs ordres - à ses risques et périls.       <br />
              <br />
       Censées honorer la résistance et la victoire soviétiques sur le nazisme pour la première, et commémorer Lénine et la Révolution bolchévique pour la seconde, les œuvres manifestent avant tout l'esprit de résistance intérieure qui aida le compositeur (et le peuple russe) à survivre dans une dictature féroce et tatillonne. Un régime qui faillit bien l'éliminer à plusieurs reprises (par exemple en 1937 et 1948). Le Concerto n° 1 est de la même eau, sorte de confidence autobiographique tout à la fois lyrique et ironique - bel exemple de ce double discours qui fit la marque de fabrique de Chostakovitch, alors qu'il se remettait de l'échec de son opéra &quot;Le Nez&quot;. Voilà pour le programme choisi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18241222-22484439.jpg?v=1510824069" alt="La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France" title="La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France" />
     </div>
     <div>
      Écrite en un mois en août 1945 et créée par Evgeni Mravinski avec le Philharmonique de Leningrad en novembre, la Symphonie n°9 en mi bémol majeur (opus 70) déjoue toutes les attentes. Loin de célébrer la victoire soviétique et le Petit Père des Peuples avec chœurs, orchestre massif et apothéose grandiose (dans le genre de la 9e de Beethoven), Chostakovitch compose la plus courte et la plus gaie (en apparence) de ses quinze symphonies avec cinq mouvements qui n'excèdent pas vingt-cinq minutes - soit la durée du seul premier mouvement des 7e et 8e symphonies, précédents opus de la trilogie de guerre. &quot;C'est une pièce très joyeuse&quot; prévenait son auteur, écrite pour moins de soixante-dix musiciens.       <br />
              <br />
       Paterne et souriant, recevant force sourire en retour des musiciens, Neeme Järvi respecte à la lettre le souhait du compositeur (<span style="font-style:italic">&quot;Ils voulaient une fanfare, moi une ode&quot;</span>, in &quot;Mémoires&quot; à Solomon Volkov) en dirigeant de la main, voire du doigt, un Allegro chambriste et moqueur. Il obtient du basson (et sa cadence admirable) et des duos et trios de clarinettes ce caractère rembruni qui installe une angoisse sourde au deuxième mouvement. La valse désolée et le crescendo tragique ne résistent pas aux têtes-à-queue comiques, qui vont caractériser la symphonie. La tendresse du Moderato laisse ainsi place aux sarcasmes et à l'energéia irrésistible du Presto (et son beau solo de trompette). Avec le Largo et l'Allegretto final (les trois derniers mouvements étant liés), l'angoisse resurgit plusieurs fois pour se diluer in extremis dans une marche moins militaire que proche de la parade grotesque de cirque.       <br />
              <br />
       Ces ricanements du compositeur (qui n'entend en rien glorifier le sanglant Dictateur), non dénués de séquences d'un lyrisme à serrer le cœur, se retrouvent dans le superbe Concerto n°1 en ut mineur (opus 35) pour piano, trompette et cordes. L'écriture rhapsodique au piano - merveilleusement poétisée par Simon Trpceski qui récolte des acclamations méritées (et quel spectacle !) - nécessite un rubato d'une virtuosité impressionnante. Et la valse triste du piano solo, plus loin, fait frissonner.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18241222-22484531.jpg?v=1510824644" alt="La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France" title="La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France" />
     </div>
     <div>
      Avec ses trois mouvements traditionnels, le concerto déjoue là encore toutes les attentes, entre méditation élégiaque et électricité jazzy. Avec la sonorité ronde et les accents nobles du grand trompettiste Andrei Kavalinski (premier solo de l'ONF), il se révèle d'une beauté confondante.        <br />
              <br />
       Les cordes soyeuses de l'ONF y jouent évidemment un grand rôle, nullement désarçonnées par les embardées sarcastiques et rythmiques de la partition. Le pianiste offre en bis avec Andrei Kavalinski une version transcrite du fameux air &quot;Tristes apprêts, pâles flambeaux&quot; de l'opéra de Jean-Philippe Rameau (&quot;Castor et Pollux&quot;). Cadeau bouleversant fait au public français par Simon Trpceski, teinté d'une morbidesse raffinée.       <br />
              <br />
       Pour terminer, la Symphonie n°12 en ré mineur (opus 112), &quot;L'Année 1917&quot;, présente l'instrumentarium habituel (on retrouve donc une opulente formation de plus de cent musiciens). L'occasion de vérifier que les pupitres de l'ONF (cordes, bois, cuivres, percussions) sont indiscutablement parmi les meilleurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18241222-22484588.jpg?v=1510824950" alt="La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France" title="La Révolution intérieure : Chostakovitch par Neeme Järvi à la tête de l'Orchestre National de France" />
     </div>
     <div>
      Neeme Järvi en fait une fresque lumineuse, enchanteresse, à la richesse mélodique et coloriste, unifiant en un courant maîtrisé épopée et chant. Gommant les ruptures, celui-ci insuffle un sublime crescendo aux quatre mouvements liés. On songe alors à l'art de son créateur en 1961, l'inoubliable Mravinski. L'orchestre, littéralement emporté dans sa relation fusionnelle avec le chef estonien, nous transporte jusqu'au sommet grandiose du finale, cette &quot;Aube de l'Humanité&quot; radieuse - qui nous hantera ensuite plusieurs jours. Du grand art, modeste et génial.       <br />
              <br />
       <b>Concert disponible à l'écoute sur</b> <a class="link" href="https://www.francemusique.fr/" target="_blank">francemusique.fr</a>       <br />
              <br />
       Orchestre National de France.<b>       <br />
       </b>Sarah Nemtanu, violon solo.       <br />
       Neeme Järvi, direction.       <br />
              <br />
       Et pour le Concerto N°1 :       <br />
       Andrei Kavalinski, trompette.       <br />
       Simon Trpceski, piano.        <br />
              <br />
       <b>Prochains concerts de l'ONF sur</b> <a class="link" href="http://www.maisondelaradio.fr/" target="_blank">maisondelaradio.fr</a>       <br />
       Tél. : 01 56 40 15 16.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Revolution-interieure-Chostakovitch-par-Neeme-Jarvi-a-la-tete-de-l-Orchestre-National-de-France_a1978.html" />
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