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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-12T19:14:48+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…</title>
   <updated>2026-05-18T16:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Marguerite-Duras-La-Vie-materielle--la-vie-derriere-soi_a4560.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-05-19T16:56:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Forme hybride échappant à tout genre et traversé par la liberté d'écriture de celle qui en 1987 s'entretint avec Jérôme Beaujour, écrivain hors norme ami de Marguerite Duras… ainsi se présente – sur le papier – "La vie matérielle". Ni journal, ni roman, mais une "écriture flottante" se développant au gré des méandres d'associations libres balayant plus de soixante-dix années d'une existence intranquille… William Mesguich s'empare de cette matière (é)mouvante pour la mettre en jeu, en en confiant l'interprétation à Catherine Artigala, actrice au physique durassien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349688.jpg?v=1753177154" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Face à nous, un bureau accueille quelques liasses de feuillets manuscrits, deux verres et… l'inévitable bouteille. Dans son alignement, un fauteuil tend ses bras à l'actrice chaussée de la non moins inévitable paire de lunettes à monture épaisse, réplique exacte de celle de la locataire des Roches Noires. À portée de main, un guéridon avec là encore, encadrant le portrait de la mère, un verre et une bouteille… La vie que l'on s'apprête à faire revivre, frappée du sceau d'une écriture dont l'encre a été longtemps l'alcool, trouve ici – sans grande surprise – son décorum. Les épisodes de l'existence de M.D. vont pouvoir se donner à voir, comme dans un kaléidoscope…       <br />
              <br />
       La rencontre amoureuse avec Yann Andréa, jeune homme homosexuel, offrant à la romancière de soixante-six ans un regain de désirs brûlants… Si passionnée est-elle par cet amour exalté par les trente-six ans qui les séparent que, lors de la mise en bière de sa mère, elle n'éprouve <span style="font-style:italic">&quot;aucune peine pour cette femme morte et son fils qui pleurait, son fils, mon frère aîné&quot;</span>. Et pour signifier l'amour fou qui relie Marguerite à son jeune amant, la comédienne tourne sur elle-même, tourne, tourne encore et encore…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349689.jpg?v=1753177176" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      L'hôpital américain où elle est hospitalisée après avoir ingéré trop d'alcool… Et la comédienne joint le geste à la parole en sifflant un verre de vin blanc… Entre les murs, elle entend un opéra de Wagner résonner dans son crâne, effrayé par des cohortes de rats traversant sa chambre… Lunettes noires chaussées, la comédienne reprend alors une interview donnée à Honfleur où elle parle de son rapport à l'alcool, ce compagnon de solitude, <span style="font-style:italic">&quot;une fois mort, on ne boira plus, c'est ce qui empêche de mourir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Les rizières de l'Indochine où elle est née, l'odeur forte de la terre après la pluie, les jeux libres avec les enfants des bonnes, un cocktail de souvenirs rafraichissants qui illuminent le visage de la comédienne… La scène, dans un hôtel d'Hanoï, d'elle à quatre ans invitée par un garçon vietnamien de onze ans à prendre sa verge dans ses mains… ponctuée aussitôt par un autre verre de vin.       <br />
              <br />
       L'amant chinois et la petite blanche… L'inceste et le viol fantasmés… Le barrage et l'inondation… La mort du père… Et la Mère Courage, magnifiée, dont l'actrice sert le portrait tout contre son cœur dans un élan de tendresse démonstrative… L'année de ses seize ans… Ce train de nuit et ce jeune homme de trente ans… Ses mains douces et chaudes sur ses jambes dans le compartiment où tout le monde s'est endormi… Son corps avancé vers lui, jusqu'à l'abandon à la jouissance… La sexualité embrasée de M.D.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349690.jpg?v=1753177217" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      La gare désaffectée qu'ils habitent dans l'est de la France… Cette famille, le père, la mère et leurs enfants couchés sur les rails du TGV et trouvant la mort après que le coupeur d'eau eut fermé leur compteur… L'engagement politique… De nouveau l'hôpital américain, la nouvelle cure de désintoxication, les hallucinations cauchemardesques, et un nouveau verre de vin… La destruction par le feu des manuscrits… Les hommes qui se croient des héros parce qu'ils achètent les pommes de terre… Les fils et les pères, c'est pareil, ils traitent la femme de la même façon… Depuis 1900, pas une pièce où la femme est metteuse en scène… La fibre féministe de l'autrice…       <br />
              <br />
       Trouville, l'hôtel des Roches Noires… Un lieu chargé d'histoires, Proust y venait (Chambre 11), c'est comme si Swann était là… La mer, elle est là, même si on ne la voit pas… À Trouville, elle supporte la vie… Et pour conclure poétiquement parlant ce chapelet de souvenirs égrenés, Barbara est invitée : <span style="font-style:italic">&quot;Du plus loin qu'il m'en souvienne…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Cette traversée de &quot;La vie matérielle&quot; – en soixante minutes chrono – a le mérite de balayer la vie de Marguerite Duras en en extrayant les thèmes récurrents qui l'ourdissent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349691.jpg?v=1753177237" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Cependant, on aurait sans doute souhaité plus de fantaisie dans le traitement de cette &quot;matière matérielle&quot;, le décor et la mise en jeu collant aux attendus au point de faire souvent figure de simples &quot;illustrations&quot; redondantes. De même pour l'interprétation, confiée à un clone de l'écrivaine, conforme physiquement certes mais dépourvue dans son jeu de la folie durassienne… Un peu comme si William Mesguich, pris par d'autres projets le captivant autrement, avait expédié… dans les limbes &quot;la vie matérielle&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 11 juillet 2025 à La Scala Provence à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Marguerite Duras, La Vie matérielle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96619697-67349692.jpg?v=1753177259" alt="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2026• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Création 2021 à l'occasion des 25 ans de la disparition de Marguerite Duras.       <br />
       Texte : Marguerite Duras.       <br />
       Adaptation : Michel Monnereau.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Interprétation : Catherine Artigala.       <br />
       Lumière et décors : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : Matthieu Rolin.       <br />
       Costume : Sonia Bosc.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 35. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre 3S, Salle 2, 4, Rue Buffon, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 88 27 33.       <br />
       <a class="link" href="https://les3s.vosbillets.fr/billetterie/representation/86/la-vie-materielle" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre3s.com/" target="_blank">>> theatre3s.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum</title>
   <updated>2026-01-27T08:36:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Pays-Bonheur-ou-le-mercredi-sans-retour-La-force-du-minimum-pour-atteindre-le-maximum_a4462.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93918706-65552554.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-27T08:15:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il a fui son pays. Son terrible voyage, il nous le raconte. Lui, il y est arrivé au bout de ce voyage. Mais ici, la terre tant convoitée, le pays bonheur comme ils disent, se révèle sous son vrai jour, celui de la misère morale et matérielle. Il faut faire le ménage dans les hôtels, vivre dans des immeubles délabrés, travailler sur les chantiers. Il faut envoyer de l'argent au pays, coûte que coûte, même si la famille vous oublie un peu. Il était de là-bas. Il est venu ici.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552554.jpg?v=1769498321" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Vous habitez cet abandon (…). Vous l'avez investi avec d'autres. Vous êtes là le temps que ça durera, peut-être que, d'ici peu, il vous faudra repartir, aller voir plus loin, autre abandon, ou alors vraie maison si la chance le veut. Si les papiers le veulent&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Thierry de Pina, nous en avions déjà entendu parler de façon élogieuse à l'occasion de son seul-en-scène adapté de la pièce d'Emmanuel Darley au titre éponyme, &quot;Mardi à Monoprix&quot;, et nous l'avions largement applaudi lors de son interprétation dans &quot;Qui va là&quot; autour du thème des SDF et de celles et ceux que personne ne regarde…       <br />
              <br />
       Cette fois-ci, c'est une grande fresque narrative qu'il choisit d'adapter au théâtre, encore une fois à partir d'un roman d'Emmanuel Darley, &quot;Le Bonheur&quot;, publié en 2007. Fidèle à l'écriture de l'auteur, malheureusement disparu bien trop tôt, le comédien metteur en scène a su préserver avec brio la voix de l'auteur, sobre et grandement efficace, bardée de discrétion et d'une grande dignité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552559.jpg?v=1769498367" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      Darley, c'est la poétique du témoignage, loin du théâtre d'action, sans lyrisme ni emphase, et Thierry de Pina la restitue avec une grande élégance, tout particulièrement dans cette nouvelle adaptation. Gageons qu'Emmanuel Darley serait honoré de cette adaptation de son &quot;roman&quot;, si sensible et si poignante. Rien de moins simple, on le sait, que d'adapter un roman sur les planches… Passer du narratif à du performatif, tous les comédiens n'y parviennent pas.       <br />
              <br />
       Avec &quot;Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour&quot;, le comédien Thierry de Pina y parvient &quot;haut-la-main&quot;, tant au niveau de la voix, du corps que du geste, en magnifiant littéralement le texte. L'espace scénique, quant à lui, devient un véritable acteur dramaturgique. Seules quatre chaises noires en métal campent tour à tour des espaces distincts – frontière, cale du cargo, chantier, espace de travail, bus vers le bonheur – et privilégient ainsi la parole et le corps du comédien sobrement vêtu d'un simple tee-shirt, d'un pantalon noir et pieds nus, comme pour mieux ancrer son propos dans la réalité âprement nue, elle aussi.       <br />
              <br />
       L'espace mental et métaphorique que suggèrent ces simples quatre chaises déplacées, empilées, rassemblées offrent au public un véritable voyage mental magnifié par la performance théâtrale du comédien, brillamment juste et puissamment sobre. Les lumières de Nicolas Thibault ainsi que la musique d'Hicham Chahibi y sont aussi magiquement entrelacées, formant un ensemble tout en délicatesse.       <br />
              <br />
       Sur la scène du Guichet Montparnasse, Emmanuel Darley dans l'ombre de Thierry de Pina et de la Compagnie &quot;Ah le Zèbre !&quot; éveille les consciences sur le thème des migrants et de l'exclusion en mettant en lumière la violence que tous ces hommes, toutes ces femmes et ces enfants traversent au long de leur périple souvent interminable. Sans compter les méandres labyrinthiques de leur arrivée !       <br />
              <br />
       Porté avec grande justesse et sobriété mêlées par le comédien, ce roman d'Emmanuel Darley – le dernier –  résonne doublement. Son titre d'origine est ici revisité, non sans un trait d'humour léger que suggère le titre de la pièce. Le &quot;Pays Bonheur&quot; aux accents de liberté et de joie de vivre, d'espoir et de perspectives enjouées, mais qui se révèle malheureusement bien différent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552574.jpg?v=1769498548" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      Le comédien s'empare du texte de manière sensible en incarnant plusieurs personnages, et à aucun moment le public ne décroche. Bien au contraire. Il est comme happé par le récit de chacun d'entre eux et vit comme en 3D les scènes évoquées.       <br />
              <br />
       C'est fort, puissant, vertigineux à de nombreux moments du spectacle. Thierry de Pina nous transporte avec fougue dans ce récit poignant, tout bardé sans doute de cette volonté farouche qui a été la sienne, aussi, alors qu'il était encore épidémiologiste durant les pandémies, et qu'il a entamé des études théâtrales, contre vents et marées… Parce que lui aussi avait un voyage à accomplir !       <br />
              <br />
       Valère Novarina, qui vient de nous quitter, disait que le langage était le combustible du comédien, tout comme la part d'enfance qui est en lui. Il semblerait que Thierry de Pina ait eu vent de ces paroles. &quot;Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour&quot; est un seul-en-scène bouleversant, intime, en sobre confidence qui, à n'en point douter, ouvrira les consciences à l'endroit où, bien souvent, elles sont embrumées.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pays Bonheur ou le mercredi sans retour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552584.jpg?v=1769498574" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      D'après Emmanuel Darley (Le Bonheur&quot;, Actes Sud-Papier, 2009).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Thierry de Pina.       <br />
       Avec : Thierry de Pina.       <br />
       Création musicale : Hicham Chahidi.       <br />
       Création lumières : Nicolas Thibault.       <br />
       Direction d'acteur : Emmanuel Lorre.       <br />
       Regards extérieurs : Sylvie Dutheil et Carole Scotto Di-Fasano.       <br />
       Esthétique Marine : Cessat-Begler.       <br />
       Compagnie-Production Ah le Zèbre !       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 janvier au 2 avril 2026.</span>       <br />
       Jeudi à 19 h.       <br />
       Théâtre Le Guichet Montparnasse, 15, Rue du Maine, Paris 14e.       <br />
       Réservations : 01 43 27 88 61.       <br />
       <a class="link" href="https://www.vostickets.fr/Billet/FR/representation-GUICHET_MONTPARNASSE-32650-0.wb?REFID=t7I3AAAAAAACAQ" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.guichetmontparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; guichetmontparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude</title>
   <updated>2026-01-07T13:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a4445.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93560289-65365585.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-07T08:43:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Décembre 1987. La célèbre romancière, Marguerite Duras reçoit Michel Platini, le non moins célèbre joueur de football, champion d'Europe, dans les bureaux du journal "Libé" lors d'un entretien de plus d'une heure. Ils échangent, digressent, s'appréhendent, se découvrent, parlent de football, de littérature, d'Italie, du drame du Heysel et… d'angélisme. Convoquée sur scène, la parole de ces deux monstres sacrés vient croiser les fantasmes de l'acteur et de l'actrice qui s'en emparent et rejouent le match.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365585.jpg?v=1700510859" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas la première fois que ce célèbre entretien &quot;Duras-Platini&quot; est adapté au théâtre. On peut avoir entendu parler de l'adaptation par Guy Naigeon au Nouveau Théâtre du 8e à Lyon, il y a plusieurs années, ou encore de celle de Mohamed El Khatib, au Studio 118 de la Maison de la Radio en 2019 avec Anne Brochet et Laurent Poitrenaux. Et peut-être d'autres encore que nous ignorons…       <br />
              <br />
       Michel Platini est face à la célèbre romancière qu'il ne connaît pas et dont il n'a jamais entendu parler ! Il vient de prendre sa retraite et, à cette occasion, a sorti un livre sur sa carrière, &quot;Ma vie comme un match&quot;.       <br />
              <br />
       Mais, au terme de cette interview qu'il a acceptée – parce que, dira-t-il, il aime être interrogé par des personnes qui ne s'y connaissent pas en foot –, il dira que cette heure passée avec Duras a été bien plus dure que n'importe quel match de sa carrière (sic).       <br />
              <br />
       La confrontation de ces deux monstres sacrés a pu interpeller, peut-être même faire sourire, et on peut se demander, surtout, ce qui a bien pu pousser la célèbre romancière qui vient de publier &quot;L'Amant&quot;, à interroger ainsi un joueur de football, aussi célèbre soit-il ! Après Michel Platini, Duras convoquera François Mitterrand…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365586.jpg?v=1700510900" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Cette fois-ci, dans cette salle &quot;Marie Curie&quot; de la Reine Blanche, ce sont une comédienne et un comédien qui s'y collent. Neil-Adam Mohammedi, né en 1997 à Montréal, qui, avant de rentrer au CNSAD, a fait partie de la saison 4 de 1er Acte, ce qui lui a permis de rencontrer Stanislas Nordey, Anne Mercier et Olivier Py. Passionné d'écriture, de voyages et de fictions (tous genres confondus), Neil-Adam a déjà écrit trois pièces et plusieurs scénarios.       <br />
              <br />
       Je me souviens du jeune élève Neil, en classe de 4e au Collège Maréchal Leclerc de Puteaux, il y a plusieurs années. Un peu secret et réservé, à la limite d'une certaine suffisance, mais somme toute très subjective, quelque chose en lui m'interpellait déjà, mais j'étais loin d'imaginer un jour qu'il afficherait autant de prestance et de charisme sur un plateau de théâtre… Même si quelque chose en mon for intérieur me faisait croire qu'il aurait un bel avenir sans savoir encore lequel, forcément !       <br />
              <br />
       Gageons que Michel Platini, dans cette adaptation ô combien émouvante de l'entretien, serait fier de l'incarnation qui est portée ici par ce jeune talent ambitieux. Le spectacle débute par une parole nette et captivante qu'il interprète de façon très convaincante en reprenant intégralement les premières pages du livre autobiographique de Platini. C'est empreint d'une grande tendresse et dès les premiers instants, le comédien parvient à captiver l'attention des spectateurs.       <br />
              <br />
       &quot;Il y a quelque chose en lui de Platini &quot;… Ce ne sont pas les paroles de la chanson bien connue, mais c'est la réalité. Brun, aux cheveux ondulés et au regard noir perçant, Neil-Adam a incontestablement quelque chose de Michel Platini et, dans son interprétation, les mots sonnent fort justement, sans failles. L'incongruité dont on a pu parler autour de cette interview qui, au bout du compte, se révèle être davantage un entretien, est ici rapidement balayée grâce à l'interprétation des acteurs et actrices. Il suffit d'assister à la représentation pour balayer cette idée préconçue. Ces deux intelligences si différentes furent finalement en totale union et complicité, et les interprètes, appuyés(es) par la scénographie, le restituent bien joliment.       <br />
              <br />
       Neil-Adam Mohammedi campe parfaitement un Platini peu impressionné par la célèbre femme de lettres. Il ne la connaît pas et n'a donc aucune raison d'être impressionné ! Le comédien parvient, par moments, à convoquer de façon subtile un détachement apparent qui cache un grand professionnalisme. Un moment de bravoure particulier apparaît lorsqu'il énumère brillamment les différents trophées remportés par Platini, chacun accompagné de leurs années respectives !       <br />
              <br />
       Cyrielle Rayet, quant à elle, porte la parole de Marguerite Duras. De son côté, rien de son physique ne rappelle celui de la célèbre romancière. Silhouette fine aux longs cheveux auburns, elle parvient, elle aussi, à marquer de nombreux buts avec élégance, dans la retranscription des paroles prononcées par Duras grâce à une gestuelle calibrée et fluide qui apporte au texte quelque chose de presque hypnotique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365587.jpg?v=1700511432" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Née à Albi, c'est au cours Florent qu'elle rencontre Simon Eli Galibert avec qui elle travaillera sur plusieurs créations, ainsi que Laure Marion. À ses côtés, elle crée le Collectif Louves avec neuf autres comédiennes. En 2015, elle intègre le TNB où elle explore et développe une recherche autour de la corporalité.       <br />
              <br />
       La jeunesse de ces deux interprètes confère à ce spectacle quelque chose d'intemporel, porté par des propos forts, justement mis en valeur et ingénieusement scénographiés par la jeune metteuse en scène et comédienne, Barbara Chenu, à la tête de la Compagnie Sochin. L'idée de placer le public face à face, sur des bancs en bois comme sur des gradins, est pertinente et, pour peu qu'on n'ait jamais assisté à un match de foot de notre vie, on se sent immédiatement projeté dans un stade. Le bruit et les hurlements en moins.       <br />
              <br />
       Un carré de pelouse synthétique semblable à un tatami de karaté trône au milieu du plateau et autour de lui, des dalles encastrables en mousse rouges et bleues évoquent subtilement le terrain de foot. C'est sur cet espace que les deux partenaires vont évoluer de façon juste et élégante.       <br />
       Louis Ripault, à l'intelligente dramaturgie, nous faire revivre ce morceau d'anthologie culturel français, duquel se dégage aussi, de façon nette et récurrente, l'idée de solitude, pour peu qu'on tende bien l'oreille… Tant du côté de Duras que de Platini.       <br />
              <br />
       On peut donc être célèbre, adulé, au firmament de la gloire, et n'en rester pas moins profondément humain avec tout ce que cela signifie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Duras-Platini Son match le plus dur"</b></div>
     <div>
      Texte : d'après l'interview des 14 et 15 décembre 1987 publiée dans Libération.       <br />
       Mise en scène : Barbara Chanut.       <br />
       Avec : Neil-Adam Mohammedi, Cyrielle Rayet et la présence de Liza Lamy, Barbara Chanut.       <br />
       Dramaturgie : Louis Ripault.       <br />
       Création lumière : Clément Balcon, Rose Bienvenu.       <br />
       Création sonore : Liza Lamy.       <br />
       Conseils costumes : Lucie Duranteau.       <br />
       Production : Compagnie Sochin.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 18 janvier 2026.</span>       <br />
       Mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche - Scène des Arts et des Sciences, Salle Marie Curie, Paris 18ᵉ, 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0564/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0564&amp;EventId=512&amp;request=QcE+w0WHSuAkSQcRYa88s8uxfI7h/xpc1b0LTbEbAlqT+J3q2Q8v55U5MyVvs2rtZ7E/PSG/FKo=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a4445.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Le vieux qui lisait des romans d'amour" Entre traque d'un félin tueur de gringos et goût de l'amour romanesque, une épopée au cœur de l'Amazonie</title>
   <updated>2025-12-14T20:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-vieux-qui-lisait-des-romans-d-amour-Entre-traque-d-un-felin-tueur-de-gringos-et-gout-de-l-amour-romanesque-une_a4426.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93193370-65180464.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-15T07:00:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Qui mieux qu'une metteuse en scène et comédienne amoureuse de l'Amérique latine pour se lover dans le monde sensible de Luis Sepúlveda ? Auteur Chilien, ayant goûté aux geôles du dictateur Augusto Pinochet, son œuvre entière résonne comme un hymne aux libertés… que ce soit celle à recouvrer pour son peuple asservi ou celle de la forêt amazonienne menacée par les gringos de tous poils. L'approche poétique et politique – deux mots qui, pour la compagnie Burloco de Nadine Perez, ne font qu'un – met en jeu un personnage des plus attachants : Antonio José Bolivar, vieil homme initié par les Indiens Shuars à l'amour du vivant… et passionné de romans d'amour.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93193370-65180464.jpg?v=1765740881" alt=""Le vieux qui lisait des romans d'amour" Entre traque d'un félin tueur de gringos et goût de l'amour romanesque, une épopée au cœur de l'Amazonie" title=""Le vieux qui lisait des romans d'amour" Entre traque d'un félin tueur de gringos et goût de l'amour romanesque, une épopée au cœur de l'Amazonie" />
     </div>
     <div>
      Un plateau sculpté par les seules lumières changeantes où apparaît un musicien, né à Santiago du Chili, entouré de ses instruments andins – le kena, le siku, le charango, la guitare et les percussions – qui créeront la magie du dépaysement accompagnant l'histoire qui va nous être contée… Dans ce décor minimaliste, la comédienne, avec la candeur du clown qu'elle porte en elle comme une seconde nature, va faire revivre ce conte à plusieurs entrées. Celle de l'histoire nimbée d'une poésie tendre d'un vieil homme amoureux de romans et de la nature, mais aussi celle plus politique de la colonisation d'une Amazonie surexploitée de toutes parts.       <br />
              <br />
       Endossant les différents rôles par le biais de simples accessoires vestimentaires (chapeau, veste…), Nadine Perez va habiter le plateau en tous sens pour donner corps à des protagonistes haut en couleur… Il y aura là l'arracheur de chicots au parler pimenté, dont la visite tous les six mois aux habitants du village isolé d'El Idilio est attendue autant que redoutée… Le maire blanc, obèse et soufflant comme un phoque, suant à grosses gouttes, biberonnant ses canettes de bière et détesté par tous les indigènes regrettant son prédécesseur ouvert à leur vie… L'ocelote – un magnifique félin d'Amérique du Sud – recherchée pour être abattue tant sa détresse la rend désormais dangereuse pour tous les hommes, elle qui s'est vengé de la mort infligée à ses petits en tuant les gringos meurtriers… Et enfin le héros de cette histoire, Antonio José Bolivar – le vieil homme du titre – défenseur d'une Amazonie convoitée par les appétits féroces de prédateurs sans scrupules, et lui-même dévoreur… de romans d'amour <span style="font-style:italic">&quot;bien tristes, avec des souffrances terribles et un happy end&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93193370-65180465.jpg?v=1765740918" alt=""Le vieux qui lisait des romans d'amour" Entre traque d'un félin tueur de gringos et goût de l'amour romanesque, une épopée au cœur de l'Amazonie" title=""Le vieux qui lisait des romans d'amour" Entre traque d'un félin tueur de gringos et goût de l'amour romanesque, une épopée au cœur de l'Amazonie" />
     </div>
     <div>
      Instruit à la vie en forêt grâce aux Indiens l'ayant pris sous leur protection, Antonio va se dépouiller de ses préjugés d'homme civilisé pour jouir pleinement de sa nouvelle liberté découverte au contact d'une nature dite sauvage. À sa liesse naturelle, s'opposera le malheur apporté par les colons et les chercheurs d'or, avides d'enrichissement facile et massacrant à bon compte (le leur) l'Amazonie, ses habitants premiers, sa faune et sa flore. Le vieil homme aura aussi affaire à son passé de non-indigène, empêchant qu'il ne devienne lui-même totalement semblable aux Shuars.       <br />
              <br />
       Ce sont les péripéties de cette épopée amazonienne vécue in vivo, qu'avec fougue, humour, mais aussi émotion, la comédienne fera superbement revivre, accompagnée dans ses interprétations des instruments hypnotiques de son complice musicien. Le point d'orgue de ce conte initiatique mettra face à face – à égalité – la femelle blessée, hurlant à la mort, et lui-même, vieillard souffrant le calvaire d'avoir à interrompre la vie de ce fauve qu'il comprend si bien… Victimes l'un et l'autre d'un gringo abject, de chercheurs d'or infects et d'un édile gonflé de bêtise crasse, seuls les romans d'amour pourront faire oublier au survivant – mais aussi à nous, spectateurs conviés à découvrir cette performance – &quot;la barbarie des hommes&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 27 novembre 2025 au Théâtre en Miettes de Bègles (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le vieux qui lisait des romans d'amour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93193370-65180469.jpg?v=1765740970" alt=""Le vieux qui lisait des romans d'amour" Entre traque d'un félin tueur de gringos et goût de l'amour romanesque, une épopée au cœur de l'Amazonie" title=""Le vieux qui lisait des romans d'amour" Entre traque d'un félin tueur de gringos et goût de l'amour romanesque, une épopée au cœur de l'Amazonie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Luis Sepúlveda, d'après son roman (1992, Édition Métaillié ; nouvelle édition 2025 illustrée par Joanna Concejo, Éditeur Tishina).       <br />
       Conception et adaptation : Nadine Perez.       <br />
       Avec : Nadine Perez.       <br />
       Musique : Luis Cassorla.       <br />
       Création lumières et régie : Jean-François Hautin.       <br />
       Compagnie Burloco Théâtre.       <br />
       Durée : 1h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté les 27 et 28 novembre 2025 au Théâtre en Miettes à Bègles (2 rue du Prêche).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-vieux-qui-lisait-des-romans-d-amour-Entre-traque-d-un-felin-tueur-de-gringos-et-gout-de-l-amour-romanesque-une_a4426.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…</title>
   <updated>2025-07-22T12:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Marguerite-Duras-La-Vie-materielle--la-vie-derriere-soi_a4326.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90054623-63571727.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-22T11:27:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Forme hybride échappant à tout genre et traversé par la liberté d'écriture de celle qui en 1987 s'entretint avec Jérôme Beaujour, écrivain hors norme ami de Marguerite Duras… ainsi se présente – sur le papier – "La vie matérielle". Ni journal, ni roman, mais une "écriture flottante" se développant au gré des méandres d'associations libres balayant plus de soixante-dix années d'une existence intranquille… William Mesguich s'empare de cette matière (é)mouvante pour la mettre en jeu, en en confiant l'interprétation à Catherine Artigala, actrice au physique durassien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571727.jpg?v=1753177154" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Face à nous, un bureau accueille quelques liasses de feuillets manuscrits, deux verres et… l'inévitable bouteille. Dans son alignement, un fauteuil tend ses bras à l'actrice chaussée de la non moins inévitable paire de lunettes à monture épaisse, réplique exacte de celle de la locataire des Roches Noires. À portée de main, un guéridon avec là encore, encadrant le portrait de la mère, un verre et une bouteille… La vie que l'on s'apprête à faire revivre, frappée du sceau d'une écriture dont l'encre a été longtemps l'alcool, trouve ici – sans grande surprise – son décorum. Les épisodes de l'existence de M.D. vont pouvoir se donner à voir, comme dans un kaléidoscope…       <br />
              <br />
       La rencontre amoureuse avec Yann Andréa, jeune homme homosexuel, offrant à la romancière de soixante-six ans un regain de désirs brûlants… Si passionnée est-elle par cet amour exalté par les trente-six ans qui les séparent que, lors de la mise en bière de sa mère, elle n'éprouve <span style="font-style:italic">&quot;aucune peine pour cette femme morte et son fils qui pleurait, son fils, mon frère aîné&quot;</span>. Et pour signifier l'amour fou qui relie Marguerite à son jeune amant, la comédienne tourne sur elle-même, tourne, tourne encore et encore…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571730.jpg?v=1753177176" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      L'hôpital américain où elle est hospitalisée après avoir ingéré trop d'alcool… Et la comédienne joint le geste à la parole en sifflant un verre de vin blanc… Entre les murs, elle entend un opéra de Wagner résonner dans son crâne, effrayé par des cohortes de rats traversant sa chambre… Lunettes noires chaussées, la comédienne reprend alors une interview donnée à Honfleur où elle parle de son rapport à l'alcool, ce compagnon de solitude, <span style="font-style:italic">&quot;une fois mort, on ne boira plus, c'est ce qui empêche de mourir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Les rizières de l'Indochine où elle est née, l'odeur forte de la terre après la pluie, les jeux libres avec les enfants des bonnes, un cocktail de souvenirs rafraichissants qui illuminent le visage de la comédienne… La scène, dans un hôtel d'Hanoï, d'elle à quatre ans invitée par un garçon vietnamien de onze ans à prendre sa verge dans ses mains… ponctuée aussitôt par un autre verre de vin.       <br />
              <br />
       L'amant chinois et la petite blanche… L'inceste et le viol fantasmés… Le barrage et l'inondation… La mort du père… Et la Mère Courage, magnifiée, dont l'actrice sert le portrait tout contre son cœur dans un élan de tendresse démonstrative… L'année de ses seize ans… Ce train de nuit et ce jeune homme de trente ans… Ses mains douces et chaudes sur ses jambes dans le compartiment où tout le monde s'est endormi… Son corps avancé vers lui, jusqu'à l'abandon à la jouissance… La sexualité embrasée de M.D.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571731.jpg?v=1753177217" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      La gare désaffectée qu'ils habitent dans l'est de la France… Cette famille, le père, la mère et leurs enfants couchés sur les rails du TGV et trouvant la mort après que le coupeur d'eau eut fermé leur compteur… L'engagement politique… De nouveau l'hôpital américain, la nouvelle cure de désintoxication, les hallucinations cauchemardesques, et un nouveau verre de vin… La destruction par le feu des manuscrits… Les hommes qui se croient des héros parce qu'ils achètent les pommes de terre… Les fils et les pères, c'est pareil, ils traitent la femme de la même façon… Depuis 1900, pas une pièce où la femme est metteuse en scène… La fibre féministe de l'autrice…       <br />
              <br />
       Trouville, l'hôtel des Roches Noires… Un lieu chargé d'histoires, Proust y venait (Chambre 11), c'est comme si Swann était là… La mer, elle est là, même si on ne la voit pas… À Trouville, elle supporte la vie… Et pour conclure poétiquement parlant ce chapelet de souvenirs égrenés, Barbara est invitée : <span style="font-style:italic">&quot;Du plus loin qu'il m'en souvienne…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Cette traversée de &quot;La vie matérielle&quot; – en soixante minutes chrono – a le mérite de balayer la vie de Marguerite Duras en en extrayant les thèmes récurrents qui l'ourdissent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571732.jpg?v=1753177237" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Cependant, on aurait sans doute souhaité plus de fantaisie dans le traitement de cette &quot;matière matérielle&quot;, le décor et la mise en jeu collant aux attendus au point de faire souvent figure de simples &quot;illustrations&quot; redondantes. De même pour l'interprétation, confiée à un clone de l'écrivaine, conforme physiquement certes mais dépourvue dans son jeu de la folie durassienne… Un peu comme si William Mesguich, pris par d'autres projets le captivant autrement, avait expédié… dans les limbes &quot;la vie matérielle&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 11 juillet 2025 à La Scala Provence à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Marguerite Duras, La Vie matérielle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90054623-63571752.jpg?v=1753177259" alt="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" title="•Off 2025• "Marguerite Duras, La Vie matérielle", la vie derrière soi…" />
     </div>
     <div>
      Création 2021 à l'occasion des 25 ans de la disparition de Marguerite Duras.       <br />
       Texte : Marguerite Duras.       <br />
       Adaptation : Michel Monnereau.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Interprétation : Catherine Artigala.       <br />
       Lumière et décors : William Mesguich.       <br />
       Création sonore : Matthieu Rolin.       <br />
       Costume : Sonia Bosc.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 45. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre La Scala Provence, 3, rue Pourquery de Boisserin, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 65 00 00 90.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0719/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0719&EventId=241&request=QcE+w0WHSuBmr4n57xLiufmfmcVkA8AFwlXuApnEvOSc1NjZrEQcyxunxFLUWSwO/z4eihwKvxU=" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lascala-provence.fr/" target="_blank">>> lascala-provence.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Marguerite-Duras-La-Vie-materielle--la-vie-derriere-soi_a4326.html" />
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