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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-19T17:20:22+02:00</updated>
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   <title>La démocratie a besoin d'acteurs… Un peu de désir, un peu d'humour… En public !</title>
   <updated>2017-12-01T09:21:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-democratie-a-besoin-d-acteurs-Un-peu-de-desir-un-peu-d-humour-En-public-_a1994.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2017-12-01T08:53:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est dans une Amérique prospère et paisible. Un jeune homme qui fait un voyage d'études. Cinquante ans environ après l'indépendance, Alexis de Tocqueville relate comme un fait prodigieux sa découverte de la démocratie. C'est cet auteur que tout le monde cite (et peu ont lu) que Laurent Gutmann entreprend de passer au gril… du théâtre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18588772-22704248.jpg?v=1512115137" alt="La démocratie a besoin d'acteurs… Un peu de désir, un peu d'humour… En public !" title="La démocratie a besoin d'acteurs… Un peu de désir, un peu d'humour… En public !" />
     </div>
     <div>
      Son spectacle se présente comme le travail en cours d'un collectif. À la table et sur le plateau est appliqué à la lettre, à chaque étape de la création, un formalisme démocratique sourcilleux. Respect des opinions et des principes de liberté et d'égalité de traitement. À chacun, sa proposition de jeu, son temps de parole, sa votation. À chaque obstacle, à chaque ego qui met en danger le collectif, son impasse que vient ponctuer et contrer une citation, une maxime tirée de l’œuvre de Tocqueville.       <br />
              <br />
       Les comédiens pleins d'allant et de tact se jouent de la cacophonie, de la zizanie montante, posent de manière insistante le problème de la minorité et du point de vue à trouver. Par les vertus même du formalisme qu'ils ont adopté, ils auscultent, eux aussi, un système de représentation propre à la scène, le leur, le dispositif théâtral. Et arrivent aux mêmes conclusions paradoxales que l'auteur célèbre. La démocratie par ses bienfaits avance au risque du confort, de la montée de l'individualisme et de l'abandon à un pouvoir invisible et tutélaire. Au cas présent de cette écriture de plateau le besoin d'un metteur en scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18588772-22704260.jpg?v=1512115177" alt="La démocratie a besoin d'acteurs… Un peu de désir, un peu d'humour… En public !" title="La démocratie a besoin d'acteurs… Un peu de désir, un peu d'humour… En public !" />
     </div>
     <div>
      Théâtralement, cela tient du vertige. Le spectacle pourrait être ironique voire sarcastique sur le contenu même de la proposition artistique. Cette performance est en effet sur le fil du rasoir. Et pourtant, dans le jeu de miroir, entre l'œuvre, la scène, le spectateur se développe une belle et saine curiosité, un besoin de connaissance. Un désir commun que le jeu plein d'allant satisfait pleinement. Le spectacle avance dans une forme d'humour attentionné avec clarté, sans temps mort. Avec allégresse même.       <br />
              <br />
       Et chaque spectateur regarde le monde actuel. Au présent de la scène, au présent du monde. Et ressent combien le spectacle a besoin d'un théâtre en commun, combien la démocratie a besoin d'acteurs pour faire <span style="font-style:italic">d'un presque rien rendu public qui mérite d'être une cause à défendre*</span>. Un peu de désir, un peu d'humour. En public.       <br />
              <br />
       Le retour sur soi est des plus stimulant. Le pari qu'a engagé Laurent Gutmann de monter &quot;De la démocratie en Amérique&quot; d'Alexis de Tocqueville est totalement réussi.       <br />
              <br />
       Le public applaudit ce work in progress.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Sens de res publica.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"De la démocratie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18588772-22704265.jpg?v=1512115210" alt="La démocratie a besoin d'acteurs… Un peu de désir, un peu d'humour… En public !" title="La démocratie a besoin d'acteurs… Un peu de désir, un peu d'humour… En public !" />
     </div>
     <div>
      D’après &quot;De la démocratie en Amérique&quot; d'Alexis de Tocqueville       <br />
       Écriture et mise en scène : Laurent Gutmann.       <br />
       Avec : Stephen Butel, Jade Collinet, Habib Dembélé, Reina Kakudate, Raoul Schlechter.       <br />
       Scénographie : Marion Savary, Adrienne Romeuf.       <br />
       Son : Madame Miniature.       <br />
       Costumes : Axel Aust.       <br />
       Lumières : Yann Loric.       <br />
       Spectacle à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
       Production La Dissipation des brumes matinales.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">30 novembre et 1er décembre 2017 :</span> Théâtre Jean Vilar, Bourgoin-Jallieu (38).       <br />
       <span class="fluo_jaune">19 décembre 2017 :</span> La Passerelle - Scène Nationale, Saint-Brieuc (22).       <br />
       <span class="fluo_jaune">27 et 28 mars 2018 :</span> Château Rouge - Scène conventionnée, Annemasse (74).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises</title>
   <updated>2015-11-11T19:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-lecon-in-vivo-un-authentique-thriller-civique-ravivant-les-mythologies-francaises_a1481.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2015-11-11T18:16:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Août 1788, octobre 1789. De la révocation de Necker à l'abandon de Versailles comme siège du gouvernement par Louis XVI. De la monarchie absolue à la monarchie parlementaire… Joël Pommerat, dans "Ça ira (1) Fin de Louis", a choisi de représenter au plus près les événements qui ébranlèrent le monde dans une langue et une gestuelle contemporaines.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8507002-13378364.jpg?v=1447264056" alt="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" title="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" />
     </div>
     <div>
      Les dialogues s'appuient sur une chronologie scrupuleuse de faits et de gestes tirés de témoignages directs ou de travaux d'historiens. Si le contenu des paroles est authentique dans la lettre ou l'esprit, hors la famille royale, les personnages célèbres ou controversés sont invisibles.       <br />
              <br />
       Ainsi montrée dans un vertigineux choc spatio-temporel, l'histoire devient contemporaine, et le jeu politique pouvant apparaître comme désespérément immuable, elle se trouve empreinte d'un humour d'autant plus dévastateur qu'il est discret. Les dialogues reflétant très précisément le point de vue de chaque personnage, si des ridicules sont constatés, il faut savoir s'en prendre au personnage lui-même, pas au metteur en scène, ni aux acteurs.       <br />
              <br />
       La scène est un point focal de la représentation du pouvoir, de la présidence de l'assemblée, du conseil du roi à Versailles, de la révolte à Paris, et la salle est transformée en un hémicycle parlementaire. L'un interpelle l'autre, tous s'interrompent, se somment de se taire. Au risque de la rixe, les débats de la gauche à la droite sont chauds. Le roi tâtonne, l'assemblée s'enlise. Le spectacle oscille ainsi d'un point de vue à un autre opposé et le sens circule.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8507002-13378451.jpg?v=1447264780" alt="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" title="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" />
     </div>
     <div>
      Plongé dans le huis clos et le brouhaha de l'assemblée du tiers état, animé par la passion et soumise au jeu des rumeurs et des pressions exercées par le pouvoir, le spectateur vit en direct la mue douloureuse des États généraux en Assemblée nationale constituante. Il discerne les lignes de force qui deviennent clivages et lignes de fracture ; et appréhende la complexité de la mise en œuvre d'une idée simple : augmenter les recettes fiscales et modifier l'assiette de recouvrement de l'impôt.       <br />
              <br />
       L'histoire pourrait être conte de fée. Il suffirait que chacun contribue selon son revenu quel que soit son rang, quel que soit son état... Et d'ailleurs une déclaration des droits de l'homme et du citoyen, une constitution écrite donnent la loi commune permettant à chacun de trouver une justification au recours à l'impôt pour satisfaire les intérêts collectifs.       <br />
              <br />
       Dans le dispositif mis en place, confronté au point de vue d'une noblesse extrémiste opposée à toute évolution et une frange extrémiste résolument opposée à tout pouvoir central, le spectateur traverse les phases d'euphories et de craintes. Il éprouve l'écart entre la pulsion et la raison. Il est amené au point critique où chacun devient citoyen et doit se faire une opinion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8507002-13378503.jpg?v=1447265017" alt="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" title="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" />
     </div>
     <div>
      Il est séduit par les différentes manières de conquête de la parole et par la richesse des débats : ceux-ci posant la question de la représentativité, de l'intérêt collectif et de la compétence des acteurs politiques.       <br />
              <br />
       Il voit en direct la montée de l'impuissance de la monarchie absolue et la montée des impatiences porteuses de violences. Le spectateur comprend la nécessité de dépasser la conscience de caste et pour atteindre celle de la Nation. Intérêt général contre intérêt particulier. Le risque hégémonique d'une majorité. Le rôle des minorités qu'il faut savoir ne pas exclure.       <br />
              <br />
       Il observe l'usure de la représentation officielle ainsi que la solitude du dernier monarque qui, bien que porté par une assemblée quasiment unanime, doit apprendre un nouveau métier : celui d'arbitre et non plus de décideur selon son bon vouloir. Louis face à son destin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8507002-13378514.jpg?v=1447265365" alt="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" title="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" />
     </div>
     <div>
      Parce qu'il connaît la suite, l'année 1790 (la fête de la fédération), 1792 (la mort du roi), le spectateur découvre comment se noue la tragédie. Comment un vieux monde se déchire, comment le nouveau apparaît dans la douleur de l'accouchement. Il repère le piège dans l'enchaînement des événements, les prédictions autoréalisatrices, les rumeurs mortifères, les égoïsmes suicidaires, la violence des rancœurs et les désirs de vengeance.       <br />
              <br />
       Joël Pommerat, dans une véritable leçon in vivo, par un authentique thriller civique, ravive les mythologies françaises. Toute ressemblance avec des personnes ou des événements existantes ou ayant existé n'étant évidemment pas fortuite, il fait désirer par le rire et la conscience, la possibilité d'un nouveau conte qui exorciserait le passé et ferait toucher du doigt un presque rien, un pas grand-chose rendu public et commun à tous qui ferait le bonheur de tous. Le théâtre comme res publica. Une forme d'évidence qui recueille une ovation debout de la part du public.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">L'administration des journaux officiels seraient bien inspirée de republier pour le grand public le journal des débats du quatorze juillet et du quatre août 1789.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ça ira (1) Fin de Louis"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8507002-13378557.jpg?v=1447265471" alt="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" title="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" />
     </div>
     <div>
      Une création théâtrale de Joël Pommerat.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucia Trotta.       <br />
       Avec : Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Yannick Choirat, Éric Feldman, Philippe Frécon, Yvain Juillard, Anthony Moreau, Ruth Olaizola, Gérard Potier, Anne Rotger, David Sighicelli, Maxime Tshibangu, Simon Verjans, Bogdan Zamfir.       <br />
       Scénographie et lumières : Éric Soyer.       <br />
       Costumes et recherches visuelles : Isabelle Deffin.       <br />
       Son : François Leymarie, Grégoire Leymarie.       <br />
       Dramaturgie : Marion Boudier.       <br />
       Collaboration artistique : Marie Piemontese, Philippe Carbonneaux.       <br />
       Conseiller historique : Guillaume Mazeau.       <br />
       Direction technique : Emmanuel Abate.       <br />
       Construction des décors : Thomas Ramon, Artom et les ateliers de Nanterre-Amandiers.       <br />
       Durée : 4 h 20 (pauses comprises).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 29 novembre 2015.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h 30, dimanche à 15 h 30.       <br />
       Nanterre-Amandiers CDN, Grande Salle, Nanterre (92), 01 46 14 70 00.       <br />
       <a class="link" href="http://www.nanterre-amandiers.com/#home" target="_blank">&gt;&gt; nanterre-amandiers.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8507002-13378565.jpg?v=1447265503" alt="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" title="Une leçon in vivo, un authentique thriller civique… ravivant les mythologies françaises" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres</title>
   <updated>2012-07-19T15:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-Off-2012-Res-Publica-un-theatre-civique-une-naissance-heureuse-au-sein-de-la-republique-des-lettres_a648.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2012-06-26T11:59:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"La famille devient tribu, la tribu devient nation. Chacun de ces groupes d’hommes se parque autour d’un centre commun… Le camp fait place à la cité… Cependant les nations commencent à être trop serrées, elles se gênent et se froissent…" "La poésie devient épique…" Victor Hugo, préface de Cromwell.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4452581-6690105.jpg?v=1340704978" alt="Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres" title="Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres" />
     </div>
     <div>
      Depuis la naissance de la première République, depuis Valmy et son cri prodigieux de &quot;Vive la Nation !&quot;. Concept étrange qui jaillit des poitrines des pouilleux soldats de l’an II, la Res publique et la Nation indissolublement liées à l’origine sont tiraillées par des mouvements contraires. Épineux problème posé à la société et à l’État.       <br />
              <br />
       Après le travail (&quot;La fourmilière&quot;) et la famille (&quot;Roman des familles&quot;), Alain Mollot s’attaque avec &quot;Res Publica d’après des histoires vraies&quot; au problème de la Nation.        <br />
              <br />
       Dans la méthode, le metteur en scène comme à son accoutumée collationne des témoignages, des perceptions individuelles de personnes impliquées dans des mouvements historiques, les restitue sur scène en autant de personnages constitutifs de légendes collectives.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4452581-6690113.jpg?v=1340705068" alt="Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres" title="Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres" />
     </div>
     <div>
      Ainsi dans &quot;Res Publica&quot;, le protagoniste, sorti du public, est-il un fonctionnaire anonyme et amoureux de ce droit public né d’une république romaine rêvée et peut être inaccessible. Et pourtant de ce rêve institué, de cette idée de bien commun connu de tous, vont jaillir sur scène, les forces du destin, des rires, des souffrances, des émotions, des tableaux… À commencer par le premier d’entre eux, au début vierge de tout signe, le tableau noir.       <br />
              <br />
       &quot;Res Publica&quot; : la chose publiée, la chose affichée. La Loi connue de tous. <span style="font-style:italic">Le pot commun</span>. Le personnage, nouveau coryphée, se souvient (bans publics bancs publics) de ce professeur de latin pédagogue à la fois amoureux de la langue et des hommes, et conscient de l’usure du temps et des mots. Il met en garde, par le biais de l’étymologie et de l’histoire des civilisations, contre l’emprise pernicieuse que certains hommes impérieux exercent sur le peuple, dépositaires de cet <span style="font-style:italic">&quot;Impérium&quot;</span> qui modèle à leur bénéfice les façons de pensées et tordent le sens des mots. Il transmet ainsi à ses élèves de plus en plus dissipés, mais aussi de plus en plus désireux de parler, des clefs précieuses qui permettent d’interroger le monde. Que signifient vraiment les mots ? Famille, tribu, patrie, peuple. Etc. Etc. Dialectique du pouvoir et de la liberté qui, dans un mouvement perpétuel, tend à gommer les repères stables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4452581-6690128.jpg?v=1340705187" alt="Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres" title="Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle enchaîne avec fluidité et rythme les mythes fondateurs propres à chaque génération : le cri de Valmy, la guerre et la Résistance, l’Algérie et la Patrie, la Grève et Mai 68, la Rationalisation de La Poste et le Service Public, la marche des beurs, les émeutes de banlieues et l’Intégration.         <br />
              <br />
       Dans la manière, le spectacle met en valeur le jeu de l’acteur et un plateau théâtral économe en effets. Partant d’une certaine aridité assumée, il se révèle plein de vitalité, de suspens et d’émotion. Les comédiens, dans une tension dramatique continue, apportent chair, expression, rire ou larme.       <br />
              <br />
       Si &quot;Res Publica&quot; interroge avec acuité les grands thèmes de la société française, il sait garder la proximité avec le spectateur. C’est une épopée dans laquelle chacun peut s’identifier, ressentir du plaisir et questionner le sens. Se divertir autant que s’instruire. En toute liberté et point de vue dans une forme de parade.       <br />
              <br />
       Ce qui est remarquable dans cette proposition scénique, c’est que la Nation ne se fige pas en un contenu. Plus qu’une esquive de la part du metteur en scène, c’est une intuition créatrice. La Nation se définirait comme un phénomène, le point d’émergence de son propre besoin d’apparition. La Nation apparaitrait aux moments critiques et se traduirait par l’expression du meilleur dans les caractères des hommes et femmes qui composent la société. Ainsi, sans la nommer, le spectacle évoque-t-il, de manière fugace, la figure de Germaine Tillion qui créera une opérette à Ravensbrück pour survivre et témoigner, elle et ses compagnes. Étincelle de joie au cœur de l’effroi.       <br />
       
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      Le message est à coup sûr ambivalent. Il est à la fois pessimiste et optimiste.        <br />
              <br />
       Pessimiste puisque la dégradation de la Nation semble inexorable, soumise aux lois communes du monde qui peut la voir disparaitre si l’on en croit Renan.        <br />
              <br />
       Optimiste puisque, par sa forme même, le type de représentation théâtrale mis en œuvre par Alain Mollot revitalise les signes, ravive la petite nation qu’est le public. Ce lieu collectif où se mesure le besoin de la fusion ou le désenchantement de la désunion. En l’espèce il s’agit d’une naissance heureuse au sein de la république des lettres : un théâtre civique qui suscite le meilleur de nous-même.       <br />
              <br />
       &quot;Res Publica&quot; est d’utilité publique.
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     <div><b>"Res Publica"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4452581-6690147.jpg?v=1340705356" alt="Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres" title="Avignon Off 2012 : Res Publica : un théâtre civique... une naissance heureuse au sein de la république des lettres" />
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      D’après des histoires vraies        <br />
       Conception et mise en scène : Alain Mollot.       <br />
       Mise en texte : Guillaume Hasson.       <br />
       Interviews : Elsa Quinette.       <br />
       Avec : Kamel Abdelli, Joan Bellviure, Frédéric Chevaux, Véronic Joly, Stéphane Miquel.       <br />
       Scénographie et costumes : Charlotte Villermet.       <br />
       Conception sonore : Gilles Sivilotto.       <br />
       Lumières : Philippe Lacombe.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Francesca Riva.       <br />
       Cie La Jacquerie.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>Avignon Off 2012</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Spectacle du 7 au 28 juillet 2012.</span>       <br />
       Tous les jours à 18 h 25 (relâche le 22 juillet).       <br />
       Théâtre des Lucioles, 10, rue rempart Saint-Lazare, Avignon, 04 90 14 05 51.
     </div>
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-Off-2012-Res-Publica-un-theatre-civique-une-naissance-heureuse-au-sein-de-la-republique-des-lettres_a648.html" />
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