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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-13T19:31:42+02:00</updated>
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   <title>"B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville</title>
   <updated>2022-06-20T15:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/B-Mon-amour-Entre-fictions-et-realites-voyage-au-bout-de-la-ville_a3294.html</id>
   <category term="Cirque &amp; Rue" />
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   <published>2022-06-20T10:04:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si, dans "Hiroshima mon amour", Alain Resnais (pour les images) et Marguerite Duras (pour le scénario) contaient une fiction propre à lier l'amour et la mort réelle dans la même Histoire filmée, le Collectif Monts et Merveilles nous embarque corps et âme dans un petit train "touristique" sillonnant les quartiers Saint-Michel, Bercier et Carles Vernet, à la rencontre d'un Bordeaux transfiguré, défiguré… Avec là encore pour fil rouge une histoire d'amour "pré-texte" à la traversée du temps, le paysage urbain s'anime de tableaux vivants aussi saisissants artistiquement que percutants d'un point de vue anthropologique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46724356.jpg?v=1655713751" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Casque audio rivé aux oreilles, chaque passager de ce train retour dans le passé - conduisant vers un présent sans retour possible - découvre la ville peuplée de scènes interprétées par deux acteurs, accompagnés de danseurs, auxquels, par effraction, s'invitent parfois des figurants improvisés. L'histoire - mâtinée de néo-romantisme et de naturalisme - commence au moment où lui, &quot;le fils conducteur&quot;, se souvient du quartier du Marché des Capucins des années trente, là où tout jeune il baignait dans cette atmosphère foisonnante ; &quot;ça buvait, ça se bagarrait fort&quot; mais la vie était là, palpitante. Ses parents avaient fui le franquisme et, comme beaucoup de républicains, ils s'étaient réfugiés ici dans ce quartier de Bordeaux rebaptisé &quot;La Petite Espagne&quot;.       <br />
              <br />
       Paco et Louise, magnifiques dans leurs vêtements rouges se détachant sur la pierre blonde (ou noire) des bâtiments. Une histoire d'amour passionnel dont il est le fruit. Une histoire de feu et de sang s'inscrivant dans la grande Histoire, celle de la réquisition par les Allemands occupants des jeunes hommes employés à la construction des bunkers de la base sous-marine, au nord de Bordeaux, engloutissant nombre d'ouvriers, enivrés pour pouvoir tenir jusqu'à épuisement, titubant, avant de disparaître dans le béton qu'ils coulaient. Les drapeaux hitlériens humiliants, les arrestations et exécutions sommaires en réponse au débarquement allié. Mais aussi, leur bel amour et les lettres déchirantes qu'ils s'échangeaient…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46724408.jpg?v=1655713872" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Archives personnelles confiées par les habitants du quartier, réécrites pour faire spectacle à partir d'histoires vraies. Scène vivante &quot;tournée au ralenti&quot; de l'enterrement du frère abattu par les Nazis, cortège d'endeuillés tout de noir vêtus, précédé de Paco et Louise aux tenues d'un rouge éclatant, elle la tête couverte d'un châle noir, se détachant sur le parvis immaculé de La Méca. Groupe de danseuses et danseurs dessinant l'espace urbain, surgissant le long du trajet. Arrachés à notre présent, nous devenons spectateurs d'un film en trois dimensions.       <br />
              <br />
       Arrêt des wagons place Ferdinand Buisson, là où se réunissaient les habitants dans les années soixante-dix. Chacun y jouait son rôle, les prostituées surveillaient les enfants alors que les mères étaient occupées ailleurs. On y faisait la fête pour oublier les fumées toxiques de la fonderie faisant vivre (et mourir) les ouvriers. Présentement, une jeune femme apparaît, casque aux oreilles, elle se démène fougueusement sur l'air de &quot;Alors on danse&quot; de Stromae, chanson aussi belle que sans illusion. La fête pour fuir le réel en s'étourdissant. Réalité et fiction confondues dans le même espace-temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728354.jpg?v=1655730538" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Le train s'enfonce alors dans les entrailles du quartier Belcier - immense chantier à cœur ouvert - lequel, depuis les années quatre-vingt-dix, a vu ses manufactures et usines une à une se fermer, le chômage apparaître à sa suite et les habitants disparaître, contraints de laisser leur place à une population plus favorisée. Des exclus fantômes, une valise à chaque main, apparaissent le long des lignes du tramway design. Des murs de maisons récemment écroulées sous les coups de boutoir des excavateurs dévoilent des pans d'existences délogées. Les surplombant de leur arrogance décomplexée, des tours géantes, symboles du progrès en marche, &quot;accueillent&quot; des appartements sans âme, mais avec baie vitrée.       <br />
              <br />
       Destin commun des territoires &quot;à requalifier&quot;, la prose officielle accompagnant la restructuration du quartier revient en mémoire… Des éléments de langage parfaitement rodés - <span style="font-style:italic">&quot;Engagé dans l'opération d'intérêt national Euratlantique, Belcier promet de devenir un quartier incontournable avec son centre d'affaires, ses équipements culturels et ses nouvelles manières d'habiter. Son passé industriel et ouvrier se laisse encore deviner au détour d'une rue&quot;</span> - sont mis à mal par le réel tonitruant. Face à ces habitats glaçants, construits sur les ruines d'un quartier vivant, les paroles de Léo Ferré trouent le silence de mon casque un instant débranché : <span style="font-style:italic">&quot;Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Tout est affaire de décor…&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728359.jpg?v=1655730569" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Sur fond de cette ville mutante, terrain de jeux des architectes rivalisant dans une compétition effrénée, la saga humaine de Louise et Paco - figures devenues familières - traverse les époques. Après le temps des amours, vient celui des crises et des ruptures. Ainsi passe la vie prise dans un mouvement échappant pour beaucoup aux protagonistes. Celui qui avait refusé la guerre, mais avait passé son temps dans les abattoirs - abattus depuis et remplacés par le Min de Brienne, Marché de Gros de Bordeaux - à tuer des animaux hurlant d'effroi, portant sur lui l'odeur insupportable de la mort, n'est plus apte à enchanter l'amour.       <br />
               <br />
       Quai de Paludate, à quelques encablures des anciens abattoirs où Paco naguère s'échinait, s'élève maintenant La Méca (Maison de l'économie créative et de la culture) et son monumental bâtiment hors norme de trente-sept mètres de hauteur. Apparaissent alors, sur les marches immaculées, coiffés de têtes d'animaux (ceux des abattoirs disparus…), les nouveaux arrivants que la LGV déverse quotidiennement. Les &quot;paysages visages&quot; ont décidément changé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728361.jpg?v=1655730609" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Ainsi accompagnée par l'histoire recomposée de Paco et Louise, &quot;B&quot; se dévoile-t-elle à nos regards, attendris… et critiques. Cette traversée du temps, ponctuée de tableaux vivants, soutenue par une bande sonore mixant à l'envi des extraits de films mythiques (&quot;Out of Africa&quot;, &quot;Les Parapluies de Cherbourg&quot;, &quot;Un homme et une femme&quot;, &quot;In the mood for love&quot;, etc.) à une histoire singulière, réunit les ingrédients d'un rêve éveillé propre à enchanter le réel… tout en le questionnant, sans nostalgie aucune.       <br />
              <br />
       <b>Départ du road-movie au marché des Douves de Bordeaux, vu le samedi 11 juin 2022, dans le cadre de &quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public&quot; qui s'est déroulé du 8 au 18 juin 2022, Quartier Saint-Michel et au-delà de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"B. Mon amour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728362.jpg?v=1655730650" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Création originale, conception réalisation : Collectif Monts et Merveilles et ses complices       <br />
       Avec, Nolwenn Leclerc (Louise), Jonathan Macias (Paco), des habitants(es) et des complices.       <br />
       Les images dans la ville : Serge Barets, Venise Bernard, Élie Bordron, Mélody Césaire, Sonia Chassagne, Yolande Detez, Romain Farré, Lison Latournerie, Louise Meyer, Gaëlle Panel, Carole Papin, Jean-Luc Pozzo, Alice Rivière, Pauline Visentin, Séverine Zabré.       <br />
       Les moments chorégraphiés : Virginie Biraud, Amandine Da Costa et Columba del Corso de la Compagnie Tchaka, les danseuses de Clafoutis&amp;Cie.       <br />
       Avec les voix de : Bénédicte Chevallereau, Emmanuel Labails, Sébastien Sampietro.       <br />
       Collage sonore et mixage : Esther Cée.       <br />
       Montage sonore et technique : Emmanuel Labails.       <br />
       Regard extérieur : Caroline Melon.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>&quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public       <br />
       A eu lieu du 8 au 18 juin 2022.</b>       <br />
       Association CHAHUTS       <br />
       25, rue Permentade, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@chahuts.net')" >contact@chahuts.net</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/festival/programmation-2022/" target="_blank">&gt;&gt; chahuts.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe</title>
   <updated>2022-04-27T08:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Zone-Corps-a-corps-avec-l-impensable-une-histoire-russe_a3232.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/64051437-46039284.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-04-27T07:17:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand on est d'origine russe (et ukrainienne par sa famille), que l'on souffre au plus profond de soi des exactions meurtrières d'un tyran qui, après avoir envahi la Crimée en 2014, s'en prend désormais à l'Ukraine dans une politique de terre brûlée et d'extermination ciblée des civils, de quelle arme dispose-t-on pour dire l'impensable de la folie humaine ? Nadia Larina, chorégraphe et danseuse - à qui l'on doit notamment les saisissants "Muage" et "Every drop of my blood" - se lance dans un frénétique corps-à-corps pour tenter d'exorciser devant nous, pris à témoin, l'effroi de la barbarie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039284.jpg?v=1650998688" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      Cette &quot;auto-chorégraphie&quot;, projetant dans le langage dansé ce que les mots ont peine à articuler, Nadia Larina l'avait créée en 2018. Même si notre conscience hexagonale s'était, en ces temps pourtant pas si lointains, &quot;accommodée&quot; de la russification forcée du lointain et pourtant européen Donbass, la volonté d'annexion d'un territoire ukrainien par l'autocrate russe portait en elle les ferments du désastre actuel. L'artiste, comme en vigie, avait déjà dans le champ qu'est le sien eu à cœur de témoigner poétiquement de l'horreur en marche. En 2022, le génocide redouté faisant effraction dans le réel, elle reprend sa performance chorégraphiée, plus investie que jamais du désir de danser sa révolte.       <br />
              <br />
       Dans la boîte noire du petit Théâtre du Cerisier de Bordeaux, plongée dans l'obscurité d'une nuit plombante, une forme se détache péniblement. Celle d'une jeune femme assise sur une chaise, la tête entre les mains, accablée par un malheur paralysant. Lorsque lentement, elle relève les yeux, elle s'extrait comme un automate de son siège pour franchir les quelques mètres qui la séparent de l'objet de sa stupeur, un récepteur radio et les nouvelles qu'il égrène… <span style="font-style:italic">&quot;Triomphe du président Vladimir Poutine… quatrième mandat, quatre ans après le rattachement de la Crimée…&quot;</span>, peut-on entendre. Déployant alors une énergie insoupçonnée, elle se saisit à deux mains du poste et se roule à terre de rage en le brandissant à bout de bras dans un corps-à-corps éperdu, aussi beau chorégraphiquement qu'effrayant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039285.jpg?v=1650998717" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      &quot;Victoire écrasante&quot;… Tentant alors d'étouffer la voix du speaker en recouvrant la radio des feuilles d'un journal où se détachent des titres en alphabet cyrillique, elle se relève, hagarde, dans un silence de mort. Encore hébétée, elle se coiffe d'un foulard éclatant de couleurs, le noue soigneusement autour de son cou, l'ajuste avec autant d'application que si elle prenait soin de sa seconde peau, celle de son identité piétinée par un dictateur sanguinaire. Foulard floral russe, foulard coloré ukrainien, aux motifs les faisant confondre tant ils appartiennent à la même culture outragée par &quot;l'orage de fer, d'acier, de sang&quot; s'abattant sur l'Ukraine. Tissu aux couleurs vives contrastant avec les coulées noires des façades bombardées.       <br />
              <br />
       Châle sur la tête et tournant le dos au pays aimé, elle esquisse l'au revoir tragique de celles et ceux qui, contraints et forcés par la guerre, sont condamnés à prendre les trains de l'exil. Mouvements désarticulés des bras et du cou, jetés violents au sol, tentatives surhumaines pour se relever, contorsions inhumaines, glissés et élans brisés, combat héroïque de la fragile faïence ornée de dess(e)ins raffinés contre les mâchoires métalliques des chars du despote.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039309.jpg?v=1650998781" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      La musique originale créée par Bastien Fréjaville (qui prolongera la performance par le don de son concert électro rock, &quot;Plein vol&quot;) fait écho à celles des musiciens russes &quot;dissidents&quot; tels qu'Edouard Artemiev ou Vladimir Vyssotski. Ces sonorités fortes sous-tendent la chorégraphie pour la teinter de leurs notes chargées de références poétiques et politiques. De même que les traces pour toujours irradiantes de &quot;La Supplication&quot; de Svetlana Aléxiévitch, s'imposant dans le récit pour faire entendre la voix tragique d'une veuve de pompier de Tchernobyl. La danseuse, torche vivante, s'écrasant alors de douleur contre le mur dressé.       <br />
              <br />
       À l'abattement tragique, succède la révolte tonique. Accompagnée à la radio par le chanteur rock Viktor Tsoï de la parenthèse pérestroïka de Gorbatchev, elle envoie valser le journal propagandiste, lui fait un sort pour prendre le sol à témoin… Au lieu d'être le sol qui engloutit, il devient la surface dure sur laquelle dorénavant elle prendra appui pour &quot;rebondir&quot;, un rebond métaphorique accompagnant sa rage de vivre. Son foulard devient alors tunique, l'enveloppe comme une mue euphorisante, ses mouvements se font amples et son regard se tourne résolument vers un nouvel horizon.       <br />
              <br />
       Coiffée un temps d'une tête de cheval, symbole de la femme abaissée au niveau des chevaux de trait sous Staline, elle arrache le masque chevalin pour le projeter énergiquement à terre. Dès lors, à visage découvert, sa nature féminine recouvrée, le journal mensonger ou ce qu'il en reste, déchiré, piétiné et éparpillé comme autant de lettres mortes dispersées au vent, elle impressionne par la puissance qu'elle dégage. L'apothéose verra l'artiste s'inscrire fièrement dans le récit des Femen - mouvement féministe né en 2008 en Ukraine - en se peignant des couleurs du drapeau ukrainien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039319.jpg?v=1650998831" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      Buste nu peint de jaune et de bleu, regard lumineux et fier, poing levé, elle défie crânement l'arsenal militaire de Poutine. Incarnation subliminale de la Statue de la Liberté, la chorégraphe-danseuse devient alors - corps et âme - l'égérie rêvée de la résistance des opposants russes alliés aux héroïques Ukrainiens dans un saisissant tableau final, sorte de remake contemporain de &quot;La liberté guidant le peuple&quot;. Superbe.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle vu le samedi 16 avril 2022 au Théâtre Le Cerisier de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Zone"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039321.jpg?v=1650998915" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      Création 2018 de la Cie FluO.       <br />
       Idée originale, chorégraphie et danse : Nadia Larina.       <br />
       Musique originale, régie son : Bastien Fréjaville.       <br />
       Durée : 36 minutes.       <br />
              <br />
       A été représenté les 14, 15 et 16 avril 2022 à 19 h 30 au Cerisier, rue Joseph Brunet à Bordeaux. Les recettes de la billetterie ont été reversées à des associations de soutien à l'Ukraine et aux opposants russes.       <br />
              <br />
       <b>Autres représentations prévues</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">5, 6 et 7 mai 2022 à 19 h 30.</span>       <br />
       La Galerie BAG, 28, rue du Mirail, Bordeaux.       <br />
       La représentation du 7 mai sera suivie d'un concert de Bastien Fréjaville, créateur sonore et musicien de la Cie FluO.       <br />
       Réservations par mail à <a class="link" href="javascript:protected_mail('fluo.cie@gmail.com')" >fluo.cie@gmail.com</a>       <br />
       Ou par texto au 07 69 85 67 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/64051437-46039323.jpg?v=1650998879" alt=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" title=""La Zone" Corps à corps avec l'impensable, une histoire russe" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…</title>
   <updated>2021-07-11T18:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Entre-chien-et-loup-Le-loup-est-dans-la-bergerie-et-la-bergerie-un-repaire-de-loups_a2999.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
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   <published>2021-07-11T17:30:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lorsque de Paris, en 1641, le philosophe Thomas Hobbes en exil volontaire écrivait "L'homme est un loup pour l'homme", il épinglait la guerre civile qui allait déchirer de l'intérieur son pays, l'Angleterre. Lorsque Christiane Jatahy, née à Rio de Janeiro, elle aussi en exil assumé en France, propose en 2021 à Avignon "Entre chien et loup", elle dénonce a priori les dérives fascisantes de son pays, le Brésil de Jair Bolsonaro… Mais les choses sont-elles si univoques ? Le loup, certes extérieur à la bergerie, n'est-il pas aussi lové dans ses murs, attendant de toute éternité l'occasion de montrer ses crocs aiguisés ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57637312-42671361.jpg?v=1626018685" alt="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" title="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" />
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      L'intérêt avec le théâtre-cinéma de Christiane Jatahy, c'est qu'il propose, jusqu'à la confusion parfois, un brassage permanent des écritures scéniques (jeux d'acteurs et vidéos projetées en direct, vidéos préenregistrées se superposant au présent du plateau), mais aussi des niveaux d'interprétation, le tout étant générateur d'intranquillité salutaire. D'emblée, le décor est posé et les caméras branchées ; plateau encombré par le mobilier domestique et grand écran en fond de scène.       <br />
              <br />
       Faisant face aux spectateurs, chaque acteur et actrice se présentent &quot;naturellement&quot;, comme on pourrait le faire dans la vraie vie, l'un, coach autodésigné, distribuant ensuite les rôles (le couple d'un mariage raté, le flambeur addict aux prostituées, l'aveugle faisant comme s'il ne l'était pas, la propriétaire d'une boutique de figurines…). L'enjeu dramatique est, lui aussi, clairement annoncé : <span style="font-style:italic">&quot;Notre travail s'articule autour du concept d'acceptation. On a décidé de partir d'un film, &quot;Dogville&quot; de Lars Von Trier, pour essayer de ne pas se laisser emporter vers la même fin…&quot;.</span> Contrat conclu avec le public, moteur, on tourne…
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57637312-42671376.jpg?v=1626018774" alt="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" title="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" />
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      Et là, la concorde régnant sur le plateau donne les premiers signes de fissures. Le consensus autour de l'acceptation est d'emblée questionné lorsqu'il s'agit d'accueillir, sur proposition du coach, Gracia. Invitée à descendre des travées pour &quot;intégrer&quot; le groupe, elle ne dit rien d'elle si ce n'est le désir de trouver accueil après avoir dû fuir son pays, le Brésil, où elle ne pouvait plus rester. Dès lors, elle est vécue comme un danger potentiel justifiant, aux yeux de certains, la non-acceptation de sa présence parmi eux.       <br />
              <br />
       Il faudra toute la diplomatie du coach pour que l'expérience ne tourne court. On l'accueillera pour la connaître et ensuite, seulement ensuite, un vote démocratique décidera si on la garde, ou pas… Mais les petites mesquineries individuelles prennent le dessus pour se frayer un passage sous le vernis culturel, gangrénant les relations. Il faudra une nouvelle intervention pour remettre les pendules du temps se détraquant à l'heure de la commisération. Personne ne pensait avoir besoin de l'étrangère en fuite jusqu'à ce qu'ils découvrent que Gracia pouvait apporter à chacun d'eux quelque chose qui lui manquait…       <br />
              <br />
       Sauf que, après une belle accalmie, la peur s'installant suite à un message reçu dévoilant que la présence parmi eux de la fugitive circule sur les réseaux sociaux, le prix à payer pour accepter qu'elle reste grimpe exponentiellement… Les enchères sont telles que les pulsions primitives s'autorisent d'elles-mêmes trouvant, sur le terreau de la fugitive aux abois, l'occasion de flamber. Et ce qui se montre là appartient au bestiaire originel, jusqu'à l'impensable, l'amoureux y compris réclamant son dû &quot;en nature&quot;…       <br />
              <br />
       Mais pour autant, l'agnelle égarée parmi ces loups, est-elle blanche de tous soupçons de cruauté ? Et si son silence, son acceptation des traitements infligés, son abattement, ses larmes, n'étaient que la marque de la perfidie déguisée d'un passé inavouable augurant d'une dangerosité potentielle ?
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57637312-42671400.jpg?v=1626019018" alt="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" title="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" />
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      Alors, si le fascisme manifeste des régimes durs n'est plus à révéler, avec son cortège de crimes concernant la traque des hommes et femmes dissidents, des membres des communautés LGBT, des étrangers, le fascisme latent menace les démocraties fragiles. Sous les coups de boutoir des peurs orchestrées, elles sont avides de se livrer becs et ongles aux chasses aux sorcières. Ainsi de &quot;L'Ange exterminateur&quot; de Luis Buñuel, où le vernis civilisationnel d'aristocrates bien élevés, exposés à une situation extrême, fond comme neige au soleil.       <br />
              <br />
       Même si l'intention d'inclure directement le public dans le cheminement pouvant transformer le cours de l'histoire du film de Lars Von Trier apparaît de l'ordre du formel, il n'en reste pas moins que le grand mérite de Christiane Jatahy est de nous plonger la tête la première dans la marmite de ce bouillon de culture édifiant. Le loup, les loups en sont démasqués, ils rôdent en chacun, prêts à sortir du bois.       <br />
              <br />
       Si le sociologue Adorno a pu prétendre qu'après Auschwitz, il n'était plus possible d'écrire des poèmes, &quot;Entre chien et loup&quot; démontre que la fin de l'histoire de &quot;Dogville&quot; est compliquée à écrire… de manière différente. Doit-on s'en désespérer… ou, au contraire, trouver dans la lucidité des yeux décillés les raisons d'une colère combative susceptible de faire échec aux fascismes de tous ordres ?       <br />
              <br />
       <b>Vu à L'autre Scène du Grand Avignon à Vedène, le jeudi 8 juillet 2021 à 15 h.</b>
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     <div><b>"Entre chien et loup"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57637312-42671423.jpg?v=1626019240" alt="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" title="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" />
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      Spectacle en français, surtitré en anglais.       <br />
       D'après le film &quot;Dogville&quot; de Lars Von Trier.       <br />
       Adaptation, mise en scène et réalisation filmique : Christiane Jatahy.       <br />
       Assistante mise en scène : Stella Rabello.       <br />
       Avec : Véronique Alain, Julia Bernat, Élodie Bordas, Paulo Camacho, Azelyne Cartigny, Philippe Duclos, Vincent Fontannaz, Viviane Pavillon, Matthieu Sampeur, Valerio Scamuffa.       <br />
       Collaboration artistique : scénographie et lumière, Thomas Walgrave.       <br />
       Direction de la photographie : Paulo Camacho.       <br />
       Musique : Vitor Araujo.       <br />
       Costumes : Anna Van Brée.       <br />
       Vidéo : Julio Parente, Charlélie Chauvel.       <br />
       Son : Jean Keraudren.       <br />
       Collaboration : Henrique Mariano.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 12 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h, relâche les 7 juillet.       <br />
       L'Autre Scène du Grand Avignon, Vedène (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 .
     </div>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57637312-42671434.jpg?v=1626019290" alt="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" title="•In 2021• Entre chien et loup Le loup est dans la bergerie… et la bergerie un repaire de loups…" />
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      <b>Tournée</b>        <br />
       30 septembre au 13 octobre 2021 : Comédie de Genève, Genève.        <br />
       18 octobre 2021 : Le Parvis, Ibos (65).       <br />
       21 au 22 octobre 2021 : L'Estive, Foix (09).       <br />
       5 au 6 novembre 202 : Festival Temporada Alta, Salt (17).       <br />
       15 au 16 novembre 2021 : Comédie de Caen (14).       <br />
       20 novembre au 4 décembre 2021 : Théâtre National Populaire (TNP), Villeurbanne (69).       <br />
       11 au 12 janvier 2022 : CDN de Normandie, Rouen (76).       <br />
       18 au 19 janvier 2022 : Scène Nationale du Sud-Aquitain, Bayonne (64).       <br />
       25 au 26 janvier 2022 : Théâtre des Salins, Martigues (13).       <br />
       2 au 4 février 2022 : Théâtre du Nord, Lille (59).       <br />
       22 au 24 février 2022 : Le Maillon, Strasbourg (67).       <br />
       5 mars au 1 avril 2022 : Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris.       <br />
       7 avril 2022 : Théâtre du Jura, Delémont (Suisse).       <br />
       5 au 6 mai 2022 : Scènes du Golfe, Vannes (56).       <br />
       18 au 20 mai 2022 : Piccolo Teatro di Milano - Teatro d'Europa, Milan (Italie).       <br />
       3 au 4 juin 2022 : Centre artistique deSingel, Anvers (Belgique).
     </div>
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    ]]>
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