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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-22T15:59:37+02:00</updated>
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   <title>"Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !</title>
   <updated>2020-10-20T09:07:00+02:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2020-10-20T08:55:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Survolant cinquante années de résistances citoyennes, "Saccage" est une pièce militante qui raconte, dans un débridement assumé, les luttes contre un pouvoir étatique. Entre victoires et désillusions, le bilan de ces combats civils est à la fois désespéré et revivifiant. Une bonne goulée d'un poison souverain que l'on appelle la liberté citoyenne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50752244-39099177.jpg?v=1603178382" alt=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" title=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" />
     </div>
     <div>
      Judith Bernard au texte, à la mise en scène et sur le plateau, prône un théâtre en acte. Elle s'intéresse à l'actualité politique, entre points de vue sociologique et réflexion philosophique. Dans cette pièce, ce sont les enclaves de résistances qu'elle met en scène. Celles qui se sont déroulées en France, mais aussi celles du Chiapas et d'autres moins connues comme l'organisation sociale du Rojave, en pays Kurdes. Mais c'est autour de deux grands événements proches de nous que se concentre le spectacle.       <br />
              <br />
       En 1970, après les révoltes de mai 68, l'État français accepte la création de l'Université de Vincennes qui s'installe en quelques mois dans le bois. Celle-ci va regrouper la plupart des intellectuels progressistes de l'époque et ouvrir ses bancs, non seulement aux étudiants mais aussi aux travailleurs. Des libertés jamais connues dans l'enseignement supérieur se développent alors : études politiques, philosophiques et artistiques foisonnent. Mais aussi une forme d'organisation collective inédite.       <br />
              <br />
       Dans les années 2010, l'État décide la construction d'un aéroport géant à Notre-Dame-des-Landes. Commence alors une résistance des habitants, fermiers pour la plupart qui seront bientôt rejoints par des militants de tous bords, écologistes ou autres. Cette mobilisation formera ce qu'on appelle une ZAD (Zone à Défendre) très créative. En quelques années, les zadistes vont développer une véritable organisation sociale, non commerciale et respectueuse de l'environnement, avec le but d'une vie en autarcie plus juste, plus égalitaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50752244-39099189.jpg?v=1603178418" alt=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" title=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" />
     </div>
     <div>
      Bref, des bandes de gauchistes. C'est avec cette appellation qui fait peur aux bourgeois que ces expériences inventives vont être vilipendées par des campagnes de presse au service du pouvoir. L'université Paris-Vincennes subira les foudres d'une campagne bien pensante avant d'être &quot;délocalisée&quot; à Saint-Denis à la fin des années soixante-dix, perdant au passage toutes ses vertus, toutes ses exceptions et la moitié de ses étudiants ainsi que quasiment tous ses enseignants connus. Quant aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes, à l'abandon du projet d'aéroport en 2018, ils continueront à se retrouver confrontés aux forces de l'ordre et à une volonté de mettre fin à l'expérience.       <br />
              <br />
       &quot;Saccage&quot;, c'est la méthode employée dans ces deux cas particuliers par les gouvernements : en une nuit, l'université de Vincennes est détruite par des bulldozers protégés par la police tandis que dans la ZAD, les cabanes, les constructions, les plantations sont saccagées par les mêmes bulls.       <br />
              <br />
       Ce sont tous ces événements et bien d'autres que la pièce raconte dans une construction faite de sauts énergiques d'un lieu à l'autre. Les quatre comédiens incarnent tous les rôles nécessaires à cette narration, jouant les différents protagonistes de ces révoltes. Une disposition scénique simple emporte le propos d'une époque à l'autre avec quelques accessoires et costumes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50752244-39099198.jpg?v=1603178444" alt=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" title=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" />
     </div>
     <div>
      Ce qui est mis en avant, ce sont justement ces personnages, leurs quêtes de vérité, de liberté, de sociabilité, de justice. Se retrouvent, dans ces luttes, des intellectuels, des paysans, des écolos, des gens simples ou compliqués, un véritable microcosme social, complet. Une société en phase de re-création comme c'est encore le cas à Notre-Dame-des-Landes pour certains d'entre eux malgré les pressions incroyables du pouvoir pour faire rentrer tout le monde dans le rang et saccager leurs œuvres.       <br />
              <br />
       C'est un spectacle bienfaisant dynamisé par l'énergie et l'implication de tous les interprètes. Le côté instructif prend parfois le pas sur le jeu : le sujet lui-même, tendant à faire déferler les mots, quitte à noyer un peu le spectateur dans cet afflux de dialogues et d'apostrophes. Mais on comprend que c'est l'envie de tout dire, une envie impossible à rassasier, qui fait ainsi déborder le verbe. Mais pour un tel témoignage d'autres possibles fonctionnements sociaux, trop vaut sans doute mieux que pas assez.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Saccage"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/50752244-39099223.jpg?v=1603178585" alt=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" title=""Saccage" Le bulldozer pour rétablir l'Ordre !" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Judith Bernard.       <br />
       Avec : Judith Bernard ou Pauline Christophe, Antoine Jouanolou ou Jean Vocat, Marc Le Gall ou David Nazarenko, et Caroline Gay.       <br />
       Création Lumières : Samuel Halfon.       <br />
       Création sonore : Caroline Gay.       <br />
       Scénographie : Aurore Dupuy-Joly.       <br />
       Compagnie ADA-Théâtre.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 octobre au 29 novembre 2020.</span>       <br />
       En raison du couvre-feu, une seule représentation reste programmée chaque semaine,        <br />
       le dimanche à 12 h 15.       <br />
       Manufacture des Abbesses, Paris 18e, 01 42 33 42 03.       <br />
       <a class="link" href="https://www.manufacturedesabbesses.com/" target="_blank">&gt;&gt; manufacturedesabbesses.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde</title>
   <updated>2019-12-21T08:53:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Pas-Grand-Chose-Un-regard-de-cote-pour-illuminer-le-monde_a2625.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/40961185-34572559.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-12-21T07:08:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Subvertir la pensée commune par des postures intellectuelles radicales, propres à faire passer ce pseudo conférencier circassien pour un autiste Asperger des plus performants, semble le crédo existentiel de cet artiste hors normes. Par le biais de son regard décalé, il recrée sous nos yeux un monde fabuleux, enchantant notre imaginaire et stimulant nos neurones assoupis.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40961185-34572559.jpg?v=1576870512" alt=""Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde" title=""Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde" />
     </div>
     <div>
      Johann Le Guillerm, dès son apparition sur le plateau, poussant une improbable carriole-bureau à tiroirs, en impose. Son costume, sa cravate, sa tresse impeccable, sa voix monocorde… tout en lui dégage une inquiétante étrangeté mâtinée d'une sérénité au-dessus de tout soupçon. Comme si cet homme d'un autre temps, d'une autre époque, avait accumulé dans les plis de son être un savoir qui nous faisait défaut, nous les prisonniers de la caverne platonicienne condamnés à ne voir en toutes choses que le pâle reflet de nos vies formatées.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Est-ce que quelqu'un dans la salle pourrait m'indiquer le chemin qui n'irait pas à Rome ?&quot;…</span> Dès sa première adresse au public, le ton est donné : si quelqu'un d'aventure, fort de ses nouveaux savoirs, s'était égaré là, conforté dans l'idée que la terre est ronde (suprême révélation datant d'à peine cinq cents ans) et que l'homme n'est pas maître en sa demeure (Freud, et la découverte de l'inconscient au début des années 1900), il pourrait illico &quot;battre en retraite&quot;. Copernic, Galilée, Freud n'ont fait qu'ouvrir la voie… à nous de la poursuivre.       <br />
              <br />
       &quot;La science de l'idiot&quot; chevillée au corps, Johann Le Guillerm va faire exploser littéralement le prêt-à-penser confortant des idées manufacturées, fussent-elles actualisées, dupliquées à l'envi par la nécessité d'une reproduction sociale garante de l'ordre décliné par le savoir officiel. Penser autrement le monde, c'est ce qu'il fut amené à faire, d'abord à son corps défendant. Diagnostiqué enfant dys+++ (dyslexique, dysorthographique, etc.), il fut conduit à la rébellion de l'esprit en dessinant d'autres épures. Réflexe de survie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40961185-34572576.jpg?v=1576870963" alt=""Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde" title=""Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde" />
     </div>
     <div>
      Avec la qualité de l'obsessionnel avide de comprendre le vivant et l'inanimé en multipliant les angles d'observation, faisant fi de l'unicité de vue (on ne voit jamais qu'à 180 degrés, ce qui est derrière, ce sont les points aveugles), il va nous livrer, projeté en direct sur grand écran, ses minuscules expériences scientifiques échappant au &quot;bon sens&quot;. Et ce, avec toujours le recul nécessaire qui l'amène à dire avec humour que démêler le monde - pour mieux démêler son propre sac de nœuds - ne l'a pas rendu plus limpide. Mythe de Sisyphe.       <br />
              <br />
       Faire le point sur les points… C'est en regardant les points - et penché sur son bureau, il s'exécute - qu'il fit la rencontre des Patati et Patata. Le rapport graphique des amas, le chantier des graphes, le rien et le pas quelque chose (chiffres 0 et 1), le chantier de l'irréductible, l'anamorphose &quot;éclairante&quot; du monde courbe vers le monde droit… Mais aussi des chantiers plus pratiques où sont observés, manipulés, non plus des ronds et des nombres naturels mais des produits offerts par la nature.       <br />
              <br />
       Et parmi eux, la banane - comme dans l'art contemporain où le prix récemment affiché de 120 000 dollars d'une banane ordinaire scotchée sur l'un des murs du musée de Miami a flambé littéralement… en attisant l'appétit d'un autre performer - occupe une place de choix. Muni d'un régime, il en extrait trois qu'il soumet à un examen minutieux. L'une d'entre elles - démonstration à l'appui - &quot;sait faire un peu quelque chose&quot; (14 oscillations sur elle-même !) lorsqu'il l'effleure, les autres pas. Il est vrai que la banane partage 50 % de ses gènes avec l'homme, et vice-versa. Mais comme toute banane a une fin en soi, fût-elle plus douée que les autres, l'artiste la mange devant nous pour prouver… qu'elle n'était point truquée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40961185-34572585.jpg?v=1576871004" alt=""Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde" title=""Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde" />
     </div>
     <div>
      Suivront d'autres expérimentations, comme le chantier de la clémentine épluchée (prouvant que ce que je vois me cache ce que je ne vois pas), celui des pâtes serpentines douées de mouvements, ou encore celui du végétal se déplaçant comme par magie, autant de découvertes montrant que le chercheur est idiot… s'il ne cherche pas.       <br />
              <br />
       Quant à la chute inénarrable qui vaut son pesant de poésie incongrue, elle le verra partir, juché sur sa carriole-bureau dotée de sa dernière invention, la demi-roue (la roue ayant été inventée bien avant celle du zéro, et la vérité demeurant depuis une demi-vérité toujours à explorer). Génial, truculent, scientifiquement incontestable, le chef-d'œuvre du maître des chimères réalistes se réalise devant nos yeux, prenant corps au travers du sien. Tout est vrai, rien n'est truqué, le réel révélé nous transcende en nous extrayant de notre carapace de préjugés.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Étonnant non ?&quot;</span> aurait pu ajouter - en écho à cette stupéfiante performance du &quot;praticien de l'espace des points de vue&quot; - Pierre Desproges dans &quot;La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède&quot;, faisant, tout comme l'iconoclaste circassien, voler en éclats la non-pensée du conformisme établi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Pas Grand Chose, tentative pataphysique ludique"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40961185-34572592.jpg?v=1576871045" alt=""Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde" title=""Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde" />
     </div>
     <div>
      Conception, mise en scène et interprétation : Johann Le Guillerm.       <br />
       Régie lumière : Flora Hecquet.       <br />
       Régie Vidéo : David Dubost.       <br />
       Création lumière : Anne Dutoya.       <br />
       Création sonore : Alexandre Piques.       <br />
       Vidéo graphiste : Christophe Rannou.       <br />
       Costume : Anaïs Abel.       <br />
       Fabrication et construction : Silvain Ohl, Alexandra Boucan.       <br />
       Production : Cirque ici - Johann Le Guillerm.       <br />
       <a class="link" href="http://www.johannleguillerm.com/" target="_blank">&gt;&gt; johannleguillerm.com</a>       <br />
              <br />
       <b>A été représenté les 10 et 11 novembre 2019 au Carré-Colonnes - scène conventionnée d'intérêt national art et création, Blanquefort (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       30 et 31 janvier 2020 : CDNO - Centre dramatique national, Orléans (45).       <br />
       12 et le 13 mars 2020 : Les Quinconces L'Espal - scène nationale, Mans (72).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité</title>
   <updated>2018-12-18T12:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-facetie-burlesque-teintee-de-feminisme-et-de-desirs-de-justice-comme-un-succedane-espiegle-de-l-actualite_a2308.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2018-12-18T12:40:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans la famille des pièces en un acte de Georges Feydeau, je voudrais l'épouse la plus rebelle, la plus vigoureuse et la plus mutine sur la voie de l'émancipation féminine… J'ai nommé Clarisse ! Dans "Mais n'te promène donc pas toute nue !", Feydeau laisse la part belle aux revendications d'indépendance (de pensée et d'action), de justice de la femme. Et Charly Marty, pour notre plus grand bonheur, s'en empare à bras-le-corps.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29030786-28300390.jpg?v=1545134351" alt="Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité" title="Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité" />
     </div>
     <div>
      Pour rappel, la pièce met en scène les Ventroux. Le mari, ambitieux, député à l'envie de ministère, reçoit un industriel important, réputé adversaire pour l'hôte. Afin de préserver la bienséance et les codes sociaux en cours, l'époux demande à sa femme Clarisse de cesser de se promener en tenue légère dans leur appartement. Celle-ci, éprise de liberté et d'égalité sexiste ne s'en laisse pas conter et préfère l'affrontement à la soumission.       <br />
              <br />
       Les échanges se font acides et virulents. Les situations tournent au &quot;gaguesque&quot;, à l'incongru avec une pointe savamment épicée… Bref le féroce vaudeville se met en place… Mais c'est du Feydeau avec l'imparable mécanique de ses farces limite bouffonnes, avec ses entrées et ses sorties, ses clichés et ses facilités, son rythme endiablé et ses effets cadencés… Entre comédie burlesque et théâtre de l'absurde.       <br />
              <br />
       Mais, dans ses pièces en un acte à la trajectoire conjugale, Feydeau, homme de son siècle et auteur à la vertu visionnaire, nous parle de l'incommunicabilité récurrente - depuis des siècles, et pour les siècles à venir, semble-t-il - entre l'homme et la femme, le politique et le citoyen (actualité quand tu nous tiens !), l'économique et le social. Et &quot;Ne n'te promène donc pas toute nue !&quot; (créée en 1911) en est l'exemple étalon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29030786-28300408.jpg?v=1545134389" alt="Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité" title="Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité" />
     </div>
     <div>
      Et si cela peut paraître incongru de monter Feydeau en 2018, dans le projet de Charly Marty, cela prend au contraire un nouveau sens et donc tout son sens. Immédiatement, le metteur en scène fait montre d'un certain penchant pour l'aspect féministe de cette facétie conjugale. Cette approche revendicatrice - n'oublions pas que l'Union sociale et politique des femmes, et ses suffragettes, sont nées en 1903 en Grande-Bretagne - va constituer la colonne vertébrale du squelette dévoilé, décharné, par Marty, du mécanisme vaudevillesque de l'auteur.       <br />
              <br />
       Charly Marty va tout d'abord intervenir sur la temporalité en jonglant avec trois époques, celle du texte et de son verbe bien spécifique, celle de la transposition dans les années 68 - et son vent de liberté, de réflexions, de remises en question, de créativité - et celle d'aujourd'hui, 2018, anniversaire des &quot;50 ans de 68&quot;, et émergence de nouveaux questionnements, manifestations, revendications, instillés par les &quot;gilets jaunes&quot;.       <br />
              <br />
       Pour cette dernière, si elle se révèle involontairement dans la création de la compagnie &quot;Les Indiens&quot;, elle interroge incontestablement le spectateur - tout en lui laissant sa liberté d'analyse, d'interprétation - sur les derniers événements, sur nos attitudes, nos positions sur des sujets débattus depuis plus d'un siècle et qui marquent avec effervescence, depuis quelque temps, notre présent : l'égalité homme-femme, la perte de confiance en l'homme politique, le respect des différences (avec le mariage pour tous), etc.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29030786-28300418.jpg?v=1545134416" alt="Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité" title="Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité" />
     </div>
     <div>
      Ensuite, le metteur en scène va s'affranchir des clichés et des rouages rythmiques propres à Feydeau. Premièrement en déstructurant le décor d'un appartement bourgeois puis en le transformant en barricades mâtinées de champ de bataille et de vision crépusculaire d'un monde en déshérence, à l'avenir incertain… Deuxièmement, en cassant la partition musicale habituelle du faiseur de comédie, Charly Marty jouant sur les silences, la musicalité des répliques, la cadence des ouvertures et fermetures de portes, du crescendo et diminuendo des joutes verbales…       <br />
              <br />
       La production de Charly Marty et de son équipe, tous réellement talentueux et investis dans cette création, riches d'enthousiasme et d'énergie, avec une mention particulière pour &quot;l'électrique&quot; Camille Roy, emmène les spectateurs dans des chemins de questionnements non résolus mais n'oublie pas de rester festive et impertinente, avec un final explosif, carnavalesque, avec une esquisse de retour à l'animalité, et les épices d'une chanson salace… Mais, Ô combien, joyeuse, tonique et revigorante !
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     <div><b>"Mais n'te promène donc pas toute nue !"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29030786-28300421.jpg?v=1545134452" alt="Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité" title="Une facétie burlesque teintée de féminisme et de désirs de justice, comme un succédané espiègle de l'actualité" />
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      Texte : Georges Feydeau.       <br />
       Mise en scène : Charly Marty.       <br />
       Avec : Mathieu Barché, Yannik Landrein, Camille Roy, Charles-Antoine Sanchez, Simon Vincent et les voix de Marie-Thé Lévêque et Jacqueline Marty.       <br />
       Lumière : Hugo Dragone.       <br />
       Son : Vincent Fleury.       <br />
       Costumes : Betty Rialland.       <br />
       Scénographie : Analyvia Lagarde.       <br />
       Compagnie Les Indiens.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 décembre 2018 au 20 décembre 2018.</span>       <br />
       Mardi, mercredi et samedi à 19 h 30, jeudi et vendredi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30.       <br />
       Comédie de Picardie, Amiens (80), 03 22 22 20 20.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comdepic.com/" target="_blank">&gt;&gt; comdepic.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Une-facetie-burlesque-teintee-de-feminisme-et-de-desirs-de-justice-comme-un-succedane-espiegle-de-l-actualite_a2308.html" />
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