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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-20T09:45:06+02:00</updated>
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   <title>"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal</title>
   <updated>2024-01-17T20:03:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Deux-mains-la-liberte-Un-huis-clos-intense-qui-nous-plonge-aux-sources-du-mal_a3744.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2023-10-15T13:15:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454449.jpg?v=1663679820" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la &quot;banalité du mal&quot;. Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.       <br />
              <br />
       Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu &quot;Juste parmi les nations&quot;. D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.       <br />
              <br />
       Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, &quot;Les Mains du miracle&quot;, et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454450.jpg?v=1663679881" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Félix Kersten est un médecin finlandais spécialisé dans les massages thérapeutiques. Le hasard veut qu'Himmler souffre de maux d'estomac violents qu'aucune médecine traditionnelle ne parvient à soulager. Félix Kersten, par sa pratique, y parvient. Il devient vite le médecin indispensable au nazi dont les crises gastriques se multiplient. Très vite, Félix Kersten demande comme honoraire contre ses services, la libération de prisonniers. Nous sommes un peu avant la guerre. Les prisonniers sont avant tout des marginaux et des ennemis du régime. Kersten reste durant tout le conflit ce médecin particulier, cet ange soulageant le mal. Il passe de quelques noms comme honoraire, à des dizaines, des centaines jusqu'à des milliers.       <br />
               <br />
       C'est dans son bureau que se déroule pratiquement toute la pièce depuis la première rencontre des deux hommes jusqu'à la dernière qui eut lieu pendant la débâcle allemande et les tentatives pitoyables que fit Himmler pour sauver sa peau avant la défaite de l'Allemagne. Une relation un peu trouble s'établit entre les deux hommes. Transaction entre celui qui détient le pouvoir de soulager et celui qui détient le pouvoir de vie ou de mort. Ce dernier appelant le premier &quot;son meilleur&quot; ami. Marché du sang qui fait par moments passer le frisson dans la nuque quand on pense que ces soins apportés au responsable de l'organisation de la Shoah l'aidèrent à construire cette machine de mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454451.jpg?v=1663679968" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Antoine Nouel suit scrupuleusement la vérité de l'histoire qui nous est parvenue. Avec une belle écriture et une structure faite de scènes courtes, vives, qui évoluent sans cesse, la confrontation entre les deux hommes reste constamment dans une tension palpable, fascinante. Un troisième homme est également constamment présent. Rudolf Brandt, secrétaire particulier d'Himmler, qui, agissant en son nom propre, lui désobéit en transmettant les listes intégrales des prisonniers à libérer au lieu d'en tronquer une partie comme il lui est demandé. Étrange personnage qui révèle tout à coup la fausseté de ceux qui prétendirent qu'il était impossible désobéir.       <br />
               <br />
       Les trois comédiens réussissent à créer trois personnages originaux : Franck Lorrain, Rudolf Brandt raide militaire où apparaît par éclipse une fière humanité ; Philippe Bozo, Himmler, aux allures de gratte-papier, au verbe fanatique, à la fois glaçant et ordinaire ; Antoine Nouel, Félix Kersten, plus vrai que nature, la parole posée, impressionnant de justesse, oui, tellement juste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Deux mains, la liberté"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75866191-53454452.jpg?v=1663680053" alt=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" title=""Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal" />
     </div>
     <div>
      Texte : Antoine Nouel, avec la participation de Frank Baugin.       <br />
       Mise en scène : Antoine Nouel.       <br />
       Avec : Antoine Nouel, Philippe Bozo et Éric Aubrahn.       <br />
       Lumière : Denis Schlepp.       <br />
       Son et image : Philippe Bozo.       <br />
       Production : PAN.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 octobre 2023 au 31 mars 2024</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 14 h 30.       <br />
       Relâche les 2 et 3 novembre, 24 décembre 2023.       <br />
       Studio Hébertot, Paris 17ᵉ, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Deux-mains-la-liberte-Un-huis-clos-intense-qui-nous-plonge-aux-sources-du-mal_a3744.html" />
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   <title>•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis</title>
   <updated>2023-07-06T20:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-De-tant-d-horreurs-mon-coeur-devint-immense-Une-intense-amitie-entre-deux-resistantes-comme-un-rempart-aux_a3650.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73914447-51414287.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-06T20:03:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Récit en forme de parcours, celui de deux femmes – deux résistantes – devenues amies pour toute une vie… Du témoignage de Gisèle Giraudeau et de la rencontre de l'auteure Isabelle Lauriou avec celle-ci naîtra une adaptation bouleversante que cette dernière a portée au théâtre. "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" est aujourd'hui une pièce qui nous rappelle que, dans l'horreur, l'amitié et la solidarité, plus que tout, ont permis à beaucoup, à ces deux femmes en particulier, de survivre au pire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73914447-51414287.jpg?v=1688668238" alt="•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis" title="•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis" />
     </div>
     <div>
      L'accordéon comme une mise en ambiance, presque hésitant, d'où s'échappent quelques notes de &quot;Fleur de Paris&quot; suivi du &quot;Chant des partisans&quot;. Tout au long du récit, Amandine Thiriet laissera son instrument soupirer régulièrement des fragments de ces deux chansons, deux chants patriotiques, le premier exprimant la joie de la liberté retrouvée après quatre années d'Occupation, le second étant l'hymne de la Résistance française durant l'occupation par l'Allemagne nazie.       <br />
              <br />
       Après ce court préambule, arrive Marcelle, encore jeune femme lorsque se mettent en place le Front Populaire et la guerre d'Espagne, deux événements qui forgeront sa conscience politique et qui rendront naturelle son entrée dans la Résistance dès les premières années de l'occupation allemande. Puis c'est avec Gisèle, devenue résistante en 43, que nous faisons connaissance. Se racontant toutes deux, s'interpellant sur leurs souvenirs, parfois avec une pudeur lourde de sens, mais toujours avec beaucoup d'émotions, nous découvrons le début de leurs souffrances.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73914447-51414301.jpg?v=1688668292" alt="•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis" title="•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis" />
     </div>
     <div>
      Gisèle est arrêtée, interrogée, torturée, puis c'est au tour de Marcelle. Elles sont toutes les deux arrêtées en 44 pour faits de résistance et enfermées dans la prison de Nantes. Enfermées ensemble des heures dans un placard d'un bureau de la Gestapo, elles vont s'apprivoiser, puis elles décident d'unir leurs forces, de se soutenir, de se parler, de rire à chaque fois que cela est possible, pour garder l’espoir, pour, consciemment ou inconsciemment, forger les bases de leur survie. De leur enfermement à la déportation jusqu’à la libération, elles se soutiendront, se protégeront, face à l'horreur absolue, à l'indicible vision des tas/amoncellements de cadavres morts ou agonisants.       <br />
              <br />
       Tout cela pourrait paraître insupportable, mais le théâtre est là pour dire, pour exprimer ce qui n'est pas exprimable. Ici joue tout d'abord le talent d'auteure d'Isabelle Lauriou. Elle s'est approprié les échanges qu'elle a eus avec la résistante Gisèle Giraudeau comme si c'était un cadeau. Elle en a fait une adaptation théâtrale certes bouleversante, mais en en maîtrisant parfaitement la palette émotionnelle, alternant ainsi les séquences douloureuses et les instants plus joyeux… car il y en avait parfois dans les camps de concentration.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73914447-51414305.jpg?v=1688668323" alt="•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis" title="•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis" />
     </div>
     <div>
      S'appuyant sur une mise en scène rythmée, aux enchaînements fluides, avec une scénographie simple, mais efficace, les comédiennes, Marie-Hélène Aubert, Gaëlle Malpaux et Amandine Thiriet, peuvent jouer une partition émotionnelle riche, modulant sans effort, harmonieusement, les tonalités et les couleurs des émotions propres à chaque situation. Dans les moments intenses comme dans ceux plus légers, les trois interprètes nous offrent un verbe juste, portant le texte avec intensité, profondeur, mais avec le talent rare de pouvoir le faire entendre à tous. Et, là, se fait jour la nécessité de l'hommage et de la mémoire, possible par la transmission de l'Histoire et d'un rappel de l'existence de ces horreurs passées que l'on ne voudrait plus voir réapparaître…       <br />
              <br />
       &quot;De tant d'horreurs mon cœur devint immense&quot; est véritablement un spectacle tout public, dont les adolescents/lycéens ne doivent surtout pas se priver… et les autres vont sans dire !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"De tant d'horreurs mon cœur devint immense"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73914447-51414308.jpg?v=1688668347" alt="•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis" title="•Off 2023• "De tant d'horreurs mon cœur devint immense" Une intense amitié entre deux résistantes… comme un rempart aux atrocités des camps nazis" />
     </div>
     <div>
      D'après le témoignage de Gisèle Fraud-Giraudeau.       <br />
       Texte : Isabelle Lauriou.       <br />
       Mise en scène : Isabelle Lauriou.       <br />
       Avec : Marie-Hélène Aubert, Gaëlle Malpaux et Amandine Thiriet.       <br />
       Régie : Guillaume Rouchet.       <br />
       Par la Compagnie du Saut de l'Ange.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 Juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 55. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre Atelier Florentin, 28, rue Guillaume Puy, Avignon.        <br />
       Rééservations : 04 84 51 07 00.       <br />
       <a class="link" href="http://atelierflorentin.com/" target="_blank">&gt;&gt; atelierflorentin.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal</title>
   <updated>2022-11-07T12:02:00+01:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2022-09-20T14:49:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
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    <![CDATA[
Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
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      Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la &quot;banalité du mal&quot;. Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.       <br />
              <br />
       Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu &quot;Juste parmi les nations&quot;. D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.       <br />
              <br />
       Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, &quot;Les Mains du miracle&quot;, et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.
     </div>
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     </div>
     <div>
      Félix Kersten est un médecin finlandais spécialisé dans les massages thérapeutiques. Le hasard veut qu'Himmler souffre de maux d'estomac violents qu'aucune médecine traditionnelle ne parvient à soulager. Félix Kersten, par sa pratique, y parvient. Il devient vite le médecin indispensable au nazi dont les crises gastriques se multiplient. Très vite, Félix Kersten demande comme honoraire contre ses services, la libération de prisonniers. Nous sommes un peu avant la guerre. Les prisonniers sont avant tout des marginaux et des ennemis du régime. Kersten reste durant tout le conflit ce médecin particulier, cet ange soulageant le mal. Il passe de quelques noms comme honoraire, à des dizaines, des centaines jusqu'à des milliers.       <br />
               <br />
       C'est dans son bureau que se déroule pratiquement toute la pièce depuis la première rencontre des deux hommes jusqu'à la dernière qui eut lieu pendant la débâcle allemande et les tentatives pitoyables que fit Himmler pour sauver sa peau avant la défaite de l'Allemagne. Une relation un peu trouble s'établit entre les deux hommes. Transaction entre celui qui détient le pouvoir de soulager et celui qui détient le pouvoir de vie ou de mort. Ce dernier appelant le premier &quot;son meilleur&quot; ami. Marché du sang qui fait par moments passer le frisson dans la nuque quand on pense que ces soins apportés au responsable de l'organisation de la Shoah l'aidèrent à construire cette machine de mort.
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     </div>
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      Antoine Nouel suit scrupuleusement la vérité de l'histoire qui nous est parvenue. Avec une belle écriture et une structure faite de scènes courtes, vives, qui évoluent sans cesse, la confrontation entre les deux hommes reste constamment dans une tension palpable, fascinante. Un troisième homme est également constamment présent. Rudolf Brandt, secrétaire particulier d'Himmler, qui, agissant en son nom propre, lui désobéit en transmettant les listes intégrales des prisonniers à libérer au lieu d'en tronquer une partie comme il lui est demandé. Étrange personnage qui révèle tout à coup la fausseté de ceux qui prétendirent qu'il était impossible désobéir.       <br />
               <br />
       Les trois comédiens réussissent à créer trois personnages originaux : Franck Lorrain, Rudolf Brandt raide militaire où apparaît par éclipse une fière humanité ; Philippe Bozo, Himmler, aux allures de gratte-papier, au verbe fanatique, à la fois glaçant et ordinaire ; Antoine Nouel, Félix Kersten, plus vrai que nature, la parole posée, impressionnant de justesse, oui, tellement juste.
     </div>
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     <div><b>"Deux mains, la liberté"</b></div>
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     </div>
     <div>
      Texte : Antoine Nouel, avec la participation de Frank Baugin.       <br />
       Mise en scène : Antoine Nouel.       <br />
       Avec : Philippe Bozo, Franck Lorrain, Antoine Nouel.       <br />
       Lumière : Denis Schlepp.       <br />
       Son et image : Philippe Bozo.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er septembre au 6 novembre 2022.       <br />
       Prolongation jusqu'au 11 décembre 2022.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 14 h 30.       <br />
       Studio hébertot, Paris 17e, 01 42 93 13 04.       <br />
       <a class="link" href="https://studiohebertot.com/" target="_blank">&gt;&gt; studiohebertot.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Deux-mains-la-liberte-Un-huis-clos-intense-qui-nous-plonge-aux-sources-du-mal_a3389.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…</title>
   <updated>2022-03-30T08:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Invasion-De-droles-d-aliens-desalienant-une-utopie-poilante_a3212.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/63407491-45715095.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-03-30T08:43:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Des extraterrestres sous forme de boules de poils protéiformes - d'où leur nom de Protéens -, "ça n'existe pas, ça n'existe pas... et, pourquoi pas" ! Le collectif Crypsum s'empare avec gourmandise d'une fiction de l'écrivain Luke Rhinehart pour nous présenter sur un plateau (de théâtre) un nouvel art de vivre. Un monde régénéré de fond en comble par l'utopie contagieuse de petits êtres poilus venus d'ailleurs. Imaginez…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63407491-45715095.jpg?v=1648623892" alt=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" title=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" />
     </div>
     <div>
      Un monde tout entier régi par le crédo &quot;Parcequecérigolo&quot;, un monde où l'étranger ne serait plus sources de peurs et de rejets convulsifs mais d'ouvertures charmantes sur d'autres possibles. Une image subversive du Paradis sur Terre, grâce à la geste divinement drôle de messies délurés tombés du ciel… Tel est en effet l'objectif visé par cette invasion altérant bénéfiquement les mécanismes reproductifs d'un ancien monde momifié dans ses valeurs marchandes et ses injonctions racisées d'un autre temps. Un bain de jouvence aux vertus euphorisantes…       <br />
              <br />
       Loin de l'atmosphère pesante de la dystopie orwellienne de &quot;1984&quot; ou, en fidèle contrepoint, &quot;Invasion&quot; nous projette dans une famille atypique de joyeux résistants à l'ordre établi. Lui, le père, est un ancien de la guerre du Vietnam qui lui a été vendue comme une opération humanitaire contre ceux qui devaient envahir l'Amérique… Vite affranchi de ce mensonge d'État, il est emprisonné pour insubordination, devient hippie, fume de l'herbe, couche à tire-larigot, avant de devenir marin-pêcheur <span style="font-style:italic">&quot;pour arrêter de penser au désastre de la présence des êtres humains sur terre&quot;</span>… Elle, d'origine cubaine, est devenue avocate contre les lois anti-migrants et experte comptable pour démonter les mécanismes oppressifs du capitalisme. Elle comme lui - on s'en douterait un peu - n'aiment pas trop le monde tel qu'il va…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63407491-45715096.jpg?v=1648623920" alt=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" title=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" />
     </div>
     <div>
      Leur bonheur à ces deux-là, c'est leur rejeton, un jeune homme hors normes, pétillant de vie et libre comme un électron… libre. Alors, leur rencontre avec Louis, poisson-chien, machin- truc poilu, tout droit sorti de la mer pour venir jusque chez eux mater la télévision avachi sur le canapé du salon, est une véritable aubaine : enfin un être poilant échappant à l'injonction mortifère des idées préconçues ! Un cadeau des cieux vite adopté par le trio. Mais cet être à nul autre pareil va s'avérer farceur jusqu'au bout… Il s'ingénie à taper sur le clavier de l'ordinateur familial des programmes déprogrammant les systèmes sophistiqués des banques et des institutions ayant pignon sur rue.       <br />
              <br />
       Dommage pour ceux qui rêveraient déjà de faire leurs choux gras &quot;du grand remplacement&quot;… S'il s'agit bel et bien d'une attaque systémique des systèmes de gouvernance les plus sophistiqués, c'est dans le but, non de prendre le pouvoir selon les anciens schémas ancrés en chacun, mais tout simplement de rigoler ensemble ! Rire à gorges déployées des prétentions sans fondement en invitant à valoriser la vie sous toutes ses formes, les plus libertaires si possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63407491-45715103.jpg?v=1648623952" alt=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" title=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" />
     </div>
     <div>
      Alternant les scènes où se réunissent, autour d'une monumentale table de conférence, les doctes représentants des pouvoirs en place et celles de la famille d'accueil du loufoque extraterrestre chez laquelle une glacière à bières fait office d'autel, l'action surfe sur le ridicule de l'esprit de sérieux opposé à la vitalité inextinguible de la fantaisie érigée en art de vivre. Alors que d'aucuns appellent déjà à la mobilisation générale pour contrer - s'il le faut en armant chaque citoyen, enfant y compris - les dérèglements attribués à ces activistes sans foi ni loi, le peuple lui est gagné par sa foi en une existence &quot;dé-chaînée&quot;, un désir enfoui secrètement, réveillé miraculeusement par ces doux êtres tombés du ciel.       <br />
              <br />
       De surprises en revirements, le Président (joué par le même inénarrable acteur créant ainsi un continuum de sens avec le  jeune homme illuminé), touché par la grâce du nouveau messie, se fera le porte-parole d'une philosophie aux antipodes des attendus d'ici-bas. <span style="font-style:italic">&quot;Si la ligne droite est le parcours le plus direct, c'est le pire chemin pour vivre sa vie. Rien n'est éternel, seul le changement est intéressant. La misère humaine tient dans le désir de conservation. Vous rêvez d'une vie parfaite et vous passez à côté de la perfection de la vie&quot;…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63407491-45715108.jpg?v=1648624000" alt=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" title=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" />
     </div>
     <div>
      Pas étonnant alors qu'une manifestation rangée sous la bannière &quot;Parcequecérigolo&quot; - slogans résultant d'un travail d'écriture auprès de lycéens - envahisse très pacifiquement le plateau pour dessiller les yeux passablement englués. <span style="font-style:italic">&quot;Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle&quot;</span>, qu'y aurait-il de plus essentiel que de regarder dans la direction des étoiles indiquée par ces extraterrestres hédonistes ? Parce que c'est rigolo, et pour aucune autre raison que celle de libérer la vie…       <br />
              <br />
       Fable philosophique - plaisamment subversive - menée tambour battant par un &quot;dynamite&quot; collectif convoquant intelligemment rires et dérisions pour mieux faire entendre l'incongruité d'une époque manquant sérieusement d'humanité, cette &quot;Invasion&quot; d'extraterrestres poilus, doués d'une intelligence situationniste à toutes épreuves, ne peut que nous ravir… à nos obsessions meurtrières. Un peu de douceur extatique dans un monde de brutes épaisses, porteur lui d'aucun avenir enviable.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 23 mars au TnBA - Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, en partenariat avec le Glob Théâtre - Scène conventionnée de Bordeaux, dans le cadre de leur saison Ici&amp;là. Cette création a été représenté du 17 au 26 mars 2022 au TnBA.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Invasion"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63407491-45715115.jpg?v=1648624046" alt=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" title=""Invasion" De drôles d'aliens désaliénant, une utopie poilante…" />
     </div>
     <div>
      Création mars 2022.       <br />
       D'après le roman &quot;Invasion&quot; de Luke Rhinehart.       <br />
       Traduction : Francis Guévremont (aux éditions aux Forges de Vulcain).       <br />
       Plus des extraits du recueil &quot;Manifeste(s)&quot; écrit avec les lycéens des établissements participants.       <br />
       Conception, adaptation : Alexandre Cardin, Olivier WaibelI.       <br />
       Mise en scène : Alexandre Cardin, Olivier WaibelI.       <br />
       Avec : Alexandre Cardin, Sarah Leck, Ferdinand Niquet-Rioux, Hadrien Rouchard, Julie Teuf et la participation de douze comédiens amateurs.       <br />
       Régie générale lumières : Benoît Lepage, Aude Leclech.       <br />
       Scénographie : Damien Caille-Perret.       <br />
       Vidéo : Thomas Rathier.       <br />
       Musique : Sébastien Bassin.       <br />
       Collaboration à la médiation : Les Araignées Philosophes.       <br />
       Un spectacle du collectif Crypsum.       <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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