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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T17:53:42+02:00</updated>
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   <title>•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux</title>
   <updated>2024-05-08T19:22:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Ma-Republique-et-moi-Histoire-en-jouee-d-un-devoilement-Ou-l-on-voit-non-sans-plaisir-le-theatre-mettre-a-nu_a3897.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
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   <published>2024-05-08T18:34:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lorsqu'un certain 11 octobre 2019, lors d'une séance du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, un élu du Rassemblement (antiphrase) National intervient – "au nom de la laïcité, des valeurs de la République et de la liberté des femmes de par le monde" (références ayant statut ici d'antiphrases) – pour exiger qu'une femme accompagnant les enfants invités retire son voile, Issam Rachyq-Ahrad se croit victime d'une hallucination… L'histoire privée de sa propre mère, confrontée aux humiliations et rejets banalisés, se rejouerait-elle en direct sur la scène publique d'un hémicycle de la République ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80121566-57891638.jpg?v=1715188093" alt="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" title="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" />
     </div>
     <div>
      Issam, originaire de Cognac – cité charentaise mondialement connue pour son eau-de-vie – et se sentant de fait pleinement &quot;citoyen charentais&quot;, est devenu grâce à l'école de la République auteur, metteur en scène et interprète. C'est donc tout naturellement à la scène qu'il va confier – lui l'enfant d'une mère marocaine accueillie en France au titre du regroupement familial accordé naguère par Giscard d'Estaing afin d'intégrer les travailleurs étrangers dont l'économie du pays avait alors grand besoin – le soin de mettre en jeu l'histoire &quot;exemplaire&quot; de sa propre mère. Un prêté pour un rendu… L'école lui ayant permis de s'extraire de la condition de ses parents exploités, il entend à son tour favoriser le passage des générations suivantes vers l'émancipation grâce aux arts vivants.       <br />
              <br />
       Avec, pour tout décor, le fauteuil rouge de sa mère et sa radiocassette, son entrée en jeu est tout sourire. Loin de la hargne vindicative affichée souvent par les contempteurs de l'Arabe diabolisé, c'est sa bienveillance naturelle qui, d'emblée, nous illumine. Lançant au public un chaleureux &quot;Marhaban&quot;, le bienvenue de sa mère en arabe, il crée de suite une complicité en montrant sur son portable la photo de son fils tout aussi rayonnant de vie. Et lorsqu'il s'amuse à décompter les arabophones présents, c'est pour mieux nous rassurer : s'adressant à ses &quot;frères humains&quot; (cf. son rôle dans &quot;Ô vous frères humains&quot; d'Alain Timar, Avignon 2014), il s'emploiera à traduire les (courts) passages de la langue d'origine de ses parents afin de ne risquer laisser personne sur la touche… Une petite intention qui résonne en creux avec &quot;l'accueil&quot; réservé aux étrangers très souvent abandonnés sur notre sol à leur langue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80121566-57891668.jpg?v=1715188132" alt="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" title="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" />
     </div>
     <div>
      Plongée dans son existence de petit Arabe français ayant vécu en HLM avec vue imprenable… sur un centre commercial d'un côté et une station d'épuration de l'autre. Toujours avec un brin d'humour et une grande tendresse, il racontera les modélisations de pensée de ses parents, victimes du formatage sociétal : <span style="font-style:italic">&quot;Lire, c'est pour les bourgeois&quot;</span> disait la mère, quant au père, maçon, il découpait la vie à l'aune de ses nécessaires <span style="font-style:italic">&quot;C'est cher, c'est pas cher&quot;.</span> Les papiers administratifs, à la maison, c'est lui qui les remplissait. Tout comme il assistait ses parents lors des réunions parents-professeurs. Aucun misérabilisme dans cette évocation, mais la réalité vécue donnée à voir et à entendre sur un plateau de théâtre.       <br />
              <br />
       Sa mère au prénom de Reine… Une histoire d'amour qui perdure au-delà de la honte qu'il a pu ressentir à ses dix ans pour une mère ne ressemblant pas au canon de l'éternel féminin occidental portant talons ou aux modèles faisant la couverture des magazines people. Lui-même, n'échappant pas aux diktats normatifs, n'a-t-il pas &quot;caché&quot; un temps sa mère avec en prime une culpabilité latente ? Expérience sensible partagée avec d'autres ayant eu au même âge honte de leur père venant, dans une voiture familiale ressemblant &quot;à une caisse à savon&quot;, les attendre en bleu de travail à la sortie du lycée…       <br />
              <br />
       En dramaturge accompli, grâce à son cursus théâtral public, Issam n'hésitera pas à endosser le personnage de sa mère, pour qui la seule chose qui passe avant les enfants… c'est Dieu. Revêtant alors méticuleusement son voile dans une chorégraphie ralentie savamment étudiée, il s'assoit dans son fauteuil. Adoptant la posture de sa génitrice écoutant Dalida, son idole à laquelle elle a toujours rêvé ressembler, il/elle égrènera les souvenirs enfouis d'une existence de femme libre… Son permis de conduire, la liberté ! Ses formations, son poste de cuisinière à l'hôpital, un travail apprécié !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80121566-57891733.jpg?v=1715188211" alt="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" title="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" />
     </div>
     <div>
      En revanche, ce qui l'a empêchée, la mère, c'est l'accent. Oui, quand c'est celui de Jane Birkin, on le trouve charmant, mais le sien… Et l'humour triomphe encore dans la saillie concernant ses exigences vis-à-vis de ses enfants : <span style="font-style:italic">&quot;Si vous travaillez pas à l'école, je vous tue !&quot;,</span> assortie du commentaire hilare de sa progéniture : <span style="font-style:italic">&quot;injonction plus efficace en matière d'éducation que les prescriptions de Maria Montessori&quot;…</span>       <br />
              <br />
       Mais si l'humour – encore lui – est une botte secrète utilisée en commun avec sa mère pour mettre à distance les outrages subis, il n'empêche aucunement la gravité lorsque jaillissant de la pénombre est projetée sur un écran blanc, accompagnée d'une musique douce faisant contrepoint, la litanie d'insultes &quot;ordinaires&quot; qu'elle reçoit. Inutile de les citer ici, sauf une peut-être… identifiant leurs origines : <span style="font-style:italic">&quot;La France aux Français. Jeanne, sauve-nous !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Pas question pour autant, fût-ce pour souligner l'impensé des médiocres, de plomber la tonalité joyeuse de cette conviviale rencontre (théâtrale)… Issam entonnera en arabe et avec talent un chant sur une musique baroque du compositeur Georg Friedrich Haendel, celui-là même qui avait librement choisi que son nom change de graphie en fonction du pays où il se trouvait. En revanche, si pour Issam demander à ses seize ans la nationalité française s'imposait comme une évidence coulant de source, la proposition de l'agent de l'état civil lui proposant alors de franciser son nom &quot;afin de favoriser son intégration&quot; le laissera pour le moins perplexe… Sous une pluie de confettis tombant des cintres, celui qui s'appelle toujours du beau prénom d'Issam, fêtera sous nos yeux complices son intronisation hexagonale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80121566-57891735.jpg?v=1715188263" alt="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" title="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" />
     </div>
     <div>
      Viendront le temps de la préparation du thé par la mère, filmée de sa cuisine, et des secrets révélés… Celui de la touche supplémentaire à apporter au goût sans pareil de la concoction matriarcale, et enfin celui de son choix singulier de porter le voile… Un choix tout personnel, aux antipodes des idées reçues, faisant voler en éclats les préjugés communs.       <br />
              <br />
       On ressort de cette cérémonie artistique – c'en est une, si familiale et conviviale soit-elle – profondément touché par la sincérité à fleur de peau d'un fils mettant en jeu l'amour qu'il porte à sa mère présente ce soir-là dans la salle, une mère généreuse qui nous a préparé thé et gâteaux… Mais, bien au-delà du beau roman familial incarné avec humour et fantaisie, ce qui est présenté prend allure de récit initiatique, de fable poétique et politique. En effet Issam Rachyq-Ahrad, en plus de ses talents professionnels, porte en lui une intelligence sensible…       <br />
              <br />
       Il a fait sien le mantra que pour combattre l'ineptie des rejets des racistes de tous poils, <span style="font-style:italic">&quot;il ne fallait pas utiliser les outils du maître pour détruire sa maison&quot;</span> (cf. discours d'une féministe noire, New York 1979), ne pas s'abandonner à la tentation primaire de répondre en miroir à la violence aveugle, et, tout au contraire, faire preuve d'une douceur naturelle totalement… désarmante !       <br />
               <br />
       <b>Vu le mardi 30 avril à La Manufacture - CDCN de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ma République et moi"</b></div>
     <div>
      Texte : Issam Rachyq-Ahrad.       <br />
       Mise en scène et jeu : Issam Rachyq-Ahrad.       <br />
       Collaboration artistique : Thibault Amorfini.       <br />
       Dramaturgie, scénographie : Fréd Hocké.       <br />
       Lumière : Fréd Hocké.       <br />
       Création son : Frédéric Minière.       <br />
       Chant : Jeanne-Sarah Deledicq.       <br />
       Régie lumière, son et vidéo : Zacharie Dutertre, Nicolas De Castro, Fréd Hocké.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le 30 avril 2024 à La Manufacture - CDCN à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 au 26 mai 2024 :</span> Théâtre Gérard Philipe - CDN, Saint-Denis (93).       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle de la Chapelle, 22, rue du Roi René (entrée public), Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être</title>
   <updated>2017-02-18T16:33:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Moi-et-Francois-Mitterrand-lettre-a-l-etre_a1699.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2016-11-04T18:35:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Hervé le Tellier, auteur et personnage de la pièce, tient une correspondance avec François Mitterrand. Entre rêves, mythomanie et réalité, le personnage nous fait revivre un passé politique où la figure présidentielle tient lieu de compagnon de route.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10523718-17285332.jpg?v=1478281531" alt=""Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être" title=""Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être" />
     </div>
     <div>
      Sacré Hervé Le Tellier, non content d'être mathématicien et de manier les nombres, il joue avec la langue française en fidèle membre de l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle), créé en 1960 par le mathématicien Le Lionnais (1901-1984), qui fut le premier fraisident-pondateur, et Raymond Queneau (1903-1976). Un auteur oulipien est &quot;un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir&quot; selon ses membres.       <br />
              <br />
       L'Oulipo est un groupe d'écrivains et de mathématiciens qui se réunissent toujours aujourd'hui pour inventer des axes de créations littéraires autour de contraintes et de règles mathématiques. Rien n'est créé au hasard car la liberté, selon Queneau, n'apparaît que sous la contrainte.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Moi et François Mitterrand&quot;, la répétition d'une lettre, à savoir un courrier, tient lieu de répétition d'une pièce sans pour autant que ce soit répétitif. Pardon pour les répétitions. La trame tourne autour de cette lettre dans laquelle une relation, jamais la même, s'établit avec Mitterrand. Celle-ci évolue au fil du temps pour dépasser son double septennat, vaquer vers Chirac, faire un raccourci très rapide et expéditif sur Sarkozy pour finir avec Hollande. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10523718-17285362.jpg?v=1478281572" alt=""Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être" title=""Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être" />
     </div>
     <div>
      La pièce est drôle. Hervé Le Tellier, au détour d'une correspondance qui s'étale sur plus de 10 ans, lie, ou croire lier, connaissance avec Mitterrand. Ce dernier, du moins ses services, lui répond par une même lettre, académique et froide, envoyée systématiquement pour tout courrier. La pièce aurait pu entrer dans une mécanique répétitive. Mais que nenni. C'est avec gourmandise que le personnage raconte, décrypte, sur ce même morceau épistolaire, une relation qu'il établit, seul dans son coin, avec Mitterrand. Comme un fantasme politique.       <br />
              <br />
       Hervé Le Tellier, le nom aussi de l'auteur de la pièce, est interprété par Olivier Broche et ne fait pas mystère de ses préférences politiques. Les grands discours ne servent à rien. Le cadre dans lequel est encadrée la photo des présidents en fait foi. Grande pour Mitterrand, un peu moins pour Chirac, très petite pour Sarkozy et bancale pour Hollande. Mâtiné d'une fausse naïveté, Le Tellier, l'auteur et le personnage, nous convie ponctuellement dans les méandres de l'Histoire. Quelques clins d'œil à l'actualité de l'époque sont effectués. Au travers de la mythomanie du personnage, la pièce s'attache aussi à montrer la personnification de la politique dont le style est l'homme même, pour reprendre Buffon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10523718-17285372.jpg?v=1478281663" alt=""Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être" title=""Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être" />
     </div>
     <div>
      Le jeu d'Olivier Broche est tranchant et pathétique. Tranchant dans ses envolées, dans ses incarnations où il devient à lui-même le personnage qu'il se construit. Pathétique, par le soin presque méticuleux à saisir les mots, à les articuler, à les faire vivre. D'un même mot, d'une même lettre, il arrive à incarner un personnage émotif en proie à ses &quot;amitiés&quot;, son attachement, son exaspération du politique et de la politique. Elle relate aussi ce rapport, plus ou moins personnel que nous pouvons entretenir avec un président de la République. Là, c'est Le Tellier qui va à la rencontre du Président.       <br />
              <br />
       Dans une société hypermédiatisée où les manches retroussées ou la parole un peu haute peuvent faire gagner quelques voix, ce rapport à cette figure que l'on veut présidentielle, surtout pour ses prétendants en s'habillant de l'habit du dimanche pour faire oublier, particulièrement aujourd'hui, des idées aux chaussettes trouées, participe à cette réflexion sur la démocratie et de ce qui fait l'enjeu d'une élection basée sur une minorité qui gagne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Moi et François Mitterrand"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10523718-17285398.jpg?v=1478281699" alt=""Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être" title=""Moi et François Mitterrand"… lettre à l'être" />
     </div>
     <div>
      Texte : Hervé Le Tellier.       <br />
       Mise en scène : Benjamin Guillard.       <br />
       Avec : Olivier Broche.       <br />
       Scénographie : Jean Haas assisté de Juliette Azémar.       <br />
       Lumières : Olivier Oudiou.       <br />
       Direction technique : Denis Melchers.       <br />
       Assistante : Kenza Berrada.       <br />
       Dramaturgie : Marie Duret-Pujol.       <br />
       Musique : Antoine Sahler.       <br />
       Répétitrice chant et piano : Lucrèce Sassella.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Du 14 octobre au 20 novembre 2016.       <br />
       Du mardi au dimanche à 18 h 30. Relâche : 1er, 2, 3, 4 et 11 novembre.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Jean Tardieu, Paris, 01 44 95 98 21.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 janvier au 28 février 2017.</span>       <br />
       Mardi au samedi à 19 h.       <br />
       <span class="fluo_jaune">À partir du 1er mars 2017.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 19 h et dimanche 15 h.       <br />
       La Pépinière théâtre, Paris 2e, 01 42 61 44 16.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatrelapepiniere.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatrelapepiniere.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       1er et 2 décembre 2016 : Le Tivoli, Montargis (45).       <br />
       9 décembre 2016 : Le Nouveau Théâtre, Châtellerault (86).       <br />
       15 décembre 2016 : Espace Louis Buisson, Tourlaville (50).       <br />
       À partir du janvier 2017 : Théâtre de la Pépinière, Paris (75).       <br />
       7 mars 2017 : Centre culturel Voltaire, Déville-Lès-Rouen (76).       <br />
       28 et 29 mars 2017 : La Comète, Châlons-en-Champagne (51).       <br />
       10 mai 2017 : Théâtre de Cornouaille, Quimper (29).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…</title>
   <updated>2016-12-01T16:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Comme-un-bouleversement-a-venir-comme-autant-de-gouttes-de-conscience-offertes_a1599.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2016-05-19T10:12:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
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    <![CDATA[
C'est l'histoire d'un jour de vote anxieux et pluvieux, sans âme citoyenne qui vote. Sous le déluge (il pleut étonnamment ce jour là, même le climat s'y met…), c'est un naufrage démocratique qui s'annonce. Mais qui chavire quand advient l'invraisemblable…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9505300-15258414.jpg?v=1463645885" alt="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" title="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" />
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      Celui d'une foule, invisible, bravant les éléments, accomplissant, à la propre surprise de chacun, un miracle démocratique. Celui d'un plébiscite pour le vote blanc effectué en toute tranquillité. Ni. Ni. Les effets sont dévastateurs.       <br />
              <br />
       La pièce de Kevin Kreiss et Maëlle Poésy, &quot;Ceux qui errent ne se trompent pas&quot; (tirée du roman &quot;La lucidité&quot; de José Saramago), a une dimension de fable, de satire assumée. Elle rend compte de l'état de surprise, de l'état d'inquiétude qui s'empare d'une équipe gouvernementale. Confronté à un fait bien réel, insaisissable, qui remet en cause les règles établies, ce gouvernement, qui concentre les pouvoirs comme autant de vanités, ne peut plus écrire ses scénarios du possible ou agiter des virtualités que l'on esquive.       <br />
              <br />
       La foule des électeurs restant, indiscernable, ne pouvant être discriminée, la machine d'intimidation, d'inquisition et de répression s'avère inappropriée. Dans la paranoïa qui se propage, tout finit par ressembler à sa propre caricature et se dilue.       <br />
              <br />
       Sans avoir fait Sciences Po, le spectateur sent qu'il y a comme une réminiscence de la Nuit du Quatre Août, de la fuite à Varennes ou du Siège de Paris quand la capitale se voulait Commune. Dans &quot;Ceux qui errent ne se trompent pas &quot;, il est question de la crise de la représentativité, de la légitimité du pouvoir, du tâtonnement pour trouver du sens. De l'irruption du Réel. Et de son Invisibilité. De son Innommé.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9505300-15258445.jpg?v=1463645947" alt="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" title="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" />
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      Drôle et lucide, la pièce avance sur les lisières de la représentation. Mêlant sens de la chorégraphie, de l'image et du dialogue concret, la mise en scène, avec rythme, vigueur et légèreté, enchaîne, fond les scènes et les techniques. Les réunions de ministres prennent l'allure de vaudevilles. De simples comptes rendus vidéo retransmis sont reportages d'épopée.       <br />
              <br />
       Joignant le geste à la parole, la scénographie fait tomber des tonnes d'eau sur le plateau, apportant force liquidités, donnant double sens à chaque mot prononcé. Quand le pouvoir reçoit une douche, il perd pied, vit un naufrage, il se noie, il prend la fuite. Etc, etc.       <br />
              <br />
       Le spectacle, jouant sur tous les tableaux, libère force métaphores et métonymies. Fluide, plein d'humour, plein de ces &quot;légatos&quot; qui créent des connivences avec le public.       <br />
              <br />
       C'est ainsi que les facettes d'une banale boule tango recevant un trait de lumière bleue semblent distribuer comme autant de gouttes de conscience offertes à chaque spectateur.       <br />
              <br />
       Généreuse et poétique, la pièce développant les symboliques du blanc est un conte civique qui, en creux, traite de la liberté, du désir de justice, du bon ordre, du courage, de la loyauté. Et avant tout d'un phénomène mystérieux qui transmute l'individu et la foule en Peuple Souverain. Quand par le meilleur de lui-même, en un Rêve paisible et puissant, en un instant critique, dans l'isoloir apparaît la Nation.       <br />
              <br />
       Comprenne qui pourra. &quot;Ceux qui errent ne se trompent pas&quot; sonne, en écho subliminal , comme un historique &quot;Nisi romanum nisi germanicum francum sum&quot;*, fondateur et ouvert sur l'avenir.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*Ni (inféodé à l'empire) romain, ni (appartenant aux tribus des) germain(s) je suis franc (affranchi, libre, direct, juste, loyal).</span>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ceux qui errent ne se trompent pas"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9505300-15258449.jpg?v=1463645984" alt="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" title="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" />
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      Texte : Kevin Keiss en collaboration avec Maëlle Poésy.       <br />
       D'après le roman &quot;La Lucidité&quot; de José Saramago.       <br />
       Traduction française : Geneviève Leibrich, parue aux Éditions du Seuil et Points.       <br />
       Mise en scène : Maëlle Poésy.       <br />
       Avec : Caroline Arrouas, Marc Lamigeon, Roxane Palazzotto, Noémie Develay-Ressiguier, Cédric Simon, Grégoire Tachnakian.       <br />
       Dramaturgie : Kevin Keiss.       <br />
       Scénographie : Hélène Jourdan.       <br />
       Lumière : Jérémie Papin.       <br />
       Son : Samuel Favart-Mikcha.       <br />
       Costumes : Camille Valla.       <br />
       Vidéo : Victor Egea.       <br />
       Construction et régie générale : Jordan Deloge.       <br />
       Costumières : Chantal Bachelier et Juliette Gaudel.       <br />
       Création Compagnie Crossroad.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9505300-17626840.jpg?v=1480604576" alt="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" title="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" />
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      <b>A été créé à l'Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône, du 10 au 12 mai 2016.</b>       <br />
              <br />
       Du 21 au 23 mai 2016.       <br />
       Samedi à 18 h, dimanche à 15 h et lundi à 19 h.       <br />
       Festival Théâtre en Mai.       <br />
       Théâtre Dijon Bourgogne, Centre dramatique national, Dijon (21), 03 80 30 12 12.       <br />
       <a class="link" href="http://www.tdb-cdn.com/saison-1516/theatre-en-mai-2016" target="_blank">&gt;&gt; theatre-en-mai-2016</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 16 décembre 2016.</span>       <br />
       Lundi, mardi, vendredi à 20 h, jeudi et samedi à 19 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Cité internationale, Paris 14e, 01 43 13 50 50.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelacite.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelacite.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9505300-17626987.jpg?v=1480604871" alt="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" title="Comme un bouleversement à venir, comme autant de gouttes de conscience offertes…" />
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     <div>
      <b>● 70e Festival d'Avignon ●</b>       <br />
       Du 6 au 10 juillet 2016.       <br />
       70e Festival d'Avignon.       <br />
       Du mercredi au dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Benoît-XII, 12, rue des Teinturiers, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="http://www.festival-avignon.com/fr/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée 2016-2017</b>       <br />
       5 novembre 2016 : La Piscine, Théâtre Firmin-Gémier, Châtenay-Malabry (92).       <br />
       17 au 19 novembre 2016 : Théâtre du Gymnase-Bernardines, Marseille (13).       <br />
       1er et 2 décembre 2016 : Le Granit, Scène nationale-Belfort, Belfort (90).       <br />
       Décembre 2016 (en cours) : Théâtre de la Cité Internationale, Paris 14e.       <br />
       10 &gt; 11 janvier 2017 : Théâtre-Sénart, Scène nationale de Sénart, Lieusaint (77).       <br />
       Janvier 2017 (en cours) : Théâtre de Sartrouville et des Yvelines, CDN, Sartrouville (78).       <br />
       26 janvier 2017 : Le Phénix, Scène nationale, Valenciennes (59).       <br />
       31 janvier 2017 : Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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