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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-23T00:27:32+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Le Silence de Claire Lagrange" Un théâtre d'objet qui interroge les failles des soins psychiatriques</title>
   <updated>2026-06-11T22:53:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Le-Silence-de-Claire-Lagrange-Un-theatre-d-objet-qui-interroge-les-failles-des-soins-psychiatriques_a4580.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-06-11T19:00:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Soudain quelqu'un trébuche, dans sa vie, une personne vacille, perd l'équilibre, perd pied, défaille, tombe, pète un plomb… Les synonymes sont légion pour exprimer une perte des repères sociaux, car cela arrive à beaucoup de gens. Burn out, ras-le-bol, dépression ou drame insurmontable, les raisons sont, elles aussi, multiples. Un événement de cette espèce est arrivé à Claire Lagrange, que l'on retrouve en soins psychiatriques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96940248-67565369.jpg?v=1781197392" alt="•Off 2026• "Le Silence de Claire Lagrange" Un théâtre d'objet qui interroge les failles des soins psychiatriques" title="•Off 2026• "Le Silence de Claire Lagrange" Un théâtre d'objet qui interroge les failles des soins psychiatriques" />
     </div>
     <div>
      La pièce de Céline Delbecq se penche sur ce personnage, pris en charge par le système hospitalier qui l'assomme de médicaments, au point que celle-ci sombre dans un silence absolu et une absolue lenteur. On la voit assise à une table devant un dessin qu'elle peint lentement à l'aide de gouaches d'enfant. Elle est là, minuscule, dans la maquette de la pièce commune de l'institut psychiatrique, une maquette projetée en grand sur le fond de scène.       <br />
              <br />
       Dans cette maquette, les personnages sont tous représentés par des figurines de Playmobil maniées par une marionnettiste avec des tiges et des fils. Il y a là Claire Lagrange, qui ne cesse de peindre avec application et régularité, silencieuse et comme absente de son propre corps. Il y a deux pensionnaires qui l'observent, racontent et commentent son état. Et il y a également la directrice du lieu qui ne s'intéresse qu'aux chiffres, pas aux soins. La pièce est ce long et minutieux décryptage de ce qui apparaît de la vie de cette femme, via le regard des autres, auxquels il faut ajouter celui de la mère qui vit de l'autre côté de la forêt et ne vient jamais par peur de voir sa fille dans cet état peut-être. Et le fils qui vit avec sa grand-mère.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96940248-67565372.jpg?v=1781197422" alt="•Off 2026• "Le Silence de Claire Lagrange" Un théâtre d'objet qui interroge les failles des soins psychiatriques" title="•Off 2026• "Le Silence de Claire Lagrange" Un théâtre d'objet qui interroge les failles des soins psychiatriques" />
     </div>
     <div>
      Outre le silence qui empêche Claire de s'exprimer, c'est le désert qui l'entoure qui l'isole encore plus dans sa bulle. Avec cette pièce, Céline Delbecq questionne l'usage de la camisole chimique comme réponse aux pertes de contrôles qui peuvent toucher tout le monde. Cette perte de contrôle est une faille dans l'esprit, mais l'absence de soin est aussi une faille du système de soin. Cette faille est représentée dans la grande baie de l'institut par la maquette à grandeur de Playmobil. Cette baie donne sur la forêt. Une forêt qui vient en opposition au monde des humains. La vie y paraît sereine, de loin, calme et sereine, tandis que la vie à l'intérieur est agitée et semble terriblement tourner en rond.       <br />
              <br />
       Assise à son bureau, comme l'image inversée de son personnage principal assis à sa table de dessin, Céline Delbecq, de dos, prend en charge les dialogues de tous les personnages manipulés par Isabelle Darras ou Louison De Leu (en alternance). Ces manipulations extrêmement précises, que la vidéo reprend en géant, parviennent à rendre les regards, les émotions et les expressions des personnages au travers des figurines ordinaires, jouets d'enfants. C'est un très fin travail en soi.       <br />
              <br />
       La pièce reste ainsi volontairement loin de l'intime de Claire, mais elle rend compte finalement d'un autre intime, l'intime de la création même de ce texte, avec la présence de l'autrice interprétant les voix des personnages tandis que les figurines représentent chaque scène, comme si l'on surprenait l'autrice en pleine écriture. &quot;Dès qu'il y a plus de deux ou trois personnages, j'utilise les Playmobil pour m'y retrouver, arriver à suivre les entrées, les sorties, qui parle... Tout ce que fait Isabelle Darras (ou Louison De Leu, en alternance), les déplacements, les regards, c'est ce que je faisais dans mon bureau&quot;, dit-elle.       <br />
              <br />
       Ainsi les mots viennent à l'aide du silence de celles et de ceux que la camisole chimique isole.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu le 29 mai à la Maison Poème, Bruxelles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Silence de Claire Lagrange"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96940248-67565378.jpg?v=1781197450" alt="•Off 2026• "Le Silence de Claire Lagrange" Un théâtre d'objet qui interroge les failles des soins psychiatriques" title="•Off 2026• "Le Silence de Claire Lagrange" Un théâtre d'objet qui interroge les failles des soins psychiatriques" />
     </div>
     <div>
      Texte : Céline Delbecq (aux Éditions Lansman Éditeur).       <br />
       Mise en scène : Céline Delbecq.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Jessica Gazon.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Amber Kemp.       <br />
       Avec (en alternance) : Isabelle Darras, Louison De Leu, Céline Delbecq.       <br />
       Scénographie : Ronald Beurms.       <br />
       Création sonore : Pierre Kissling.       <br />
       Création lumière : Jérôme Dejean.       <br />
       Création vidéo : Alice Piemme.       <br />
       Création technique : Aurélie Perret.       <br />
       Régie générale : Sébastien Destrait.       <br />
       Costumes : Élise Abraham.       <br />
       Regard dramaturgique : Christian Giriat.       <br />
       Conseil voix : Émilie Maquest.       <br />
       Conseils dramaturgiques : Christian Giriat, Rita Freda.       <br />
       Compagnie de la Bête Noire.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 12 h 30. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Doms, 1 bis, rue des Escaliers Sainte-Anne, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 14 07 99.       <br />
       <a class="link" href="https://billetteriedoms.mapado.com/" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lesdoms.eu/" target="_blank">>> lesdoms.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité</title>
   <updated>2023-03-06T19:59:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Black-March-Des-sujets-a-vif-sur-des-planches-un-ecorche-de-l-humanite_a3529.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/71246994-49644586.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-03-07T07:30:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Projeter sur la scène d'un théâtre la folie "extra-ordinaire" d'un microcosme humain, pour la donner à voir et à entendre dans ses plis et replis, est en soi une folle entreprise. En effet, l'actrice, l'acteur - a priori - ne sont pas plus fous que la moyenne des femmes, des hommes, et si elle, si lui, se contentent de mimer des accès de démence, ils ne rendront pas crédible le dérèglement du sens… Aussi, pour passer la rampe en négociant le passage de la réalité à la fiction, faut-il le texte ciselé de Claire Barrabès, la mise en jeu au scalpel de Sylvie Orcier, la voix envoûtante de Pablo Elcoq et l'interprétation à fleur de peau de Patrick Pineau et de ses acolytes puisant leur inspiration dans leurs "réserves" personnelles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71246994-49644586.jpg?v=1678129284" alt=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" title=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" />
     </div>
     <div>
      Une jeune tagueuse, lampe frontale vissée au crâne, inscrit rageusement ses &quot;maux&quot; à vif. Alors que la musique enfle, un homme d'âge mûr, à la barbe hirsute, au pas hésitant et gestes improbables, s'affale, ivre. Un musicien poète, guitare en bandoulière, traverse l'espace en égrenant les paroles mélancoliques de &quot;L'alcool&quot; de Serge Gainsbourg… <span style="font-style:italic">&quot;Mes illusions donnent sur la cour. Des horizons j'en ai pas lourd. Quand j'ai bossé toute la journée, il m'reste plus pour rêver… Dans les vapeurs de l'alcool, j'vois mes châteaux espagnols&quot;.</span> Un jeune homme aux dreadlocks fantasques vient rejoindre les deux premiers patients de l'unité psychiatrique alors que, leur faisant face, deux blouses blanches les observent…       <br />
              <br />
       Le cadre posé, chacun va dévoiler par bribes son &quot;histoire&quot;. Parfois, c'est le corps qui parle avant que les mots ne surgissent de la forteresse capitonnée où ils sont coincés. Ainsi de Bertrand, le mutique grand musicien amoureux fou de Beethoven qui, suite à un AVC et aux ravages de drogues et alcools anesthésiants, a perdu l'usage de son bras et, avec lui, ce qui le reliait à sa vie d'artiste, à la vie tout court. Minona (singulier prénom, celui de la fille cachée de Ludwig Beethoven et palindrome d'&quot;anonim&quot;…), la jeune femme au passé très lourd, coincé dans des chaussettes qu'elle refuse de retirer, n'aura de cesse de nouer un lien avec lui, tandis que Ralph, le rasta au sourire hilare, draguera tendrement la tagueuse à fleur de peau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71246994-49644590.jpg?v=1678129311" alt=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" title=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" />
     </div>
     <div>
      Écorchés à vif, ils lieront entre eux des liens pour se désaliéner, se libérer d'un passé trop lourd à porter par chacun d'eux. Les deux blouses blanches, personnel psychiatrique, sont là quant à eux pour créer les conditions idoines à l'existence d'un groupe de paroles. Leur entreprise supposant une totale abnégation, la capacité d'encaisser l'agressivité sans y répondre en miroir, a affaire à leur propre problématique personnelle (violence et abattement) se révélant comme une pellicule argentique libère au grand jour ce qu'elle retient caché.       <br />
              <br />
       Les tableaux, entrecoupés par les pauses musicales aux accents du Gainsbarre de &quot;Black March&quot;, alternent les saillies verbales émouvantes ou tranchantes comme des éclats de verre et les jeux scéniques, à haute vertu expressionniste, convoquant &quot;oniriquement&quot; le jeu de rôles.       <br />
              <br />
       Ainsi de la tirade anthologique digne des surréalistes où Bertrand, ketchup et salière en main, invente l'odyssée à la fois hilarante et métaphoriquement porteuse de sens d'un petit Nugget livré aux aléas d'une existence explosée, dérivante, délirante. Ainsi de l'adresse au public d'Isabelle, la psychiatre cheffe de service des gens violents, confiant sa détresse de femme lesbienne de cinquante ans et de soignante épuisée confrontée au délitement de l'hôpital. Ainsi de &quot;l'accouchement&quot; trash (sic) de Bertrand par les deux psys libérant ses humeurs noires de sang. Ainsi des chorégraphies voltigeuses de Joël, l'infirmier psy, tendant à expurger sa propre violence en la contenant dans les mailles d'exercices maniaques.       <br />
              <br />
       Un tableau festif dont Baloo (Bertrand déguisé en ours) ne se relèvera pas… mais en est-on vraiment sûr, qui est-on pour affirmer cela, les frontières entre la vie et la mort étant labiles, tout comme sont fragiles celles entre la réalité de la folie et la folle normalité des choses…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71246994-49644591.jpg?v=1678129571" alt=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" title=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, dans un dispositif bi-frontal, les hérauts de la folie ordinaire se livrent-ils sous nos yeux captifs à un corps à corps fabuleux, mûs par leurs obsessions. Au point de nous déloger de notre zone de confort, jusqu'à ressentir un sentiment d'inquiétante étrangeté, cette sensation fugace de déjà là… Car sont-ils si éloignés de nous, ces cabossés de l'existence si peu &quot;étrangers&quot; à ce qui nous constitue ? Ce questionnement essentiel, porté par une écriture et une interprétation sans faille et rendu sensible grâce à une mise en jeu mêlant réalisme, onirisme, voltige, chorégraphie et chant, atteint sans conteste sa cible : solliciter les arts de la scène pour faire résonner l'inaudible… Pari aussi fou que réussi.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 28 février à 20h,  Salle Vauthier du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Black March"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71246994-49644637.jpg?v=1678129616" alt=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" title=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" />
     </div>
     <div>
      Création le 9 février 2023 au Théâtre Sénart - Scène nationale, Lieusaint ((77).       <br />
       Texte : Claire Barrabès.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Sylvie Orcier.       <br />
       Assistants à la mise en scène, Patrick Pineau, Valentin Suel.       <br />
       Avec : Pablo Elcoq, Aline Le Berre, Djibril Mbaye, Patrick Pineau, Lauren Pineau-Orcier, Eliott Pineau-Orcier.       <br />
       Lumières : Christian Pinaud.       <br />
       Musique : Pablo Elcoq.       <br />
       Son : François Terradot.       <br />
       Régie plateau : Florent Fouquet.       <br />
       Collaboration artistique : Jean-Philippe François.       <br />
       Chorégraphie : Élodie Hec et Eliott Pineau-Orcier.       <br />
       Production : Compagnie Pipo.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du mardi 28 février au vendredi 3 mars 2023, Salle Vauthier, au TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71246994-49644641.jpg?v=1678129648" alt=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" title=""Black March" Des sujets à vif sur des planches… "un écorché" de l'humanité" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 mars au 17 mars 2023 :</span> Théâtre Les Célestins, Lyon 2e (69).       <br />
       Du 28 mars au 31 mars 2023 : Théâtre Francine Vasse, 18 Rue Colbert, Nantes (44).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre</title>
   <updated>2022-10-18T18:04:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2022-La-vie-est-une-fete-L-humour-a-la-kalachnikov-des-Chiens-de-Navarre_a3418.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/68111796-48000847.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-10-19T07:33:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ça mitraille sec ce soir-là sur le plateau du Carré, jusque dans la salle qui en est éclaboussée. Les Chiens de Navarre, habitués des lieux, font leur retour fracassant… Devant un public hilare, gagné d'avance à leurs facéties sans frein (quoique les sujets susceptibles de ne pas susciter l'adhésion immédiate soient prudemment squeezés), ils électrisent spectateurs et spectatrices venus participer au délire festif annoncé. Tout le monde en prend pour son grade avec, il est vrai, un super bonus accordé - pour le plaisir de tous - au représentant d'un clone d'extrême droite, encore plus monstrueux que ses modèles originaux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68111796-48000847.jpg?v=1666109190" alt="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" title="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" />
     </div>
     <div>
      Tout commence… avant que ça ne commence. En prenant place dans leur fauteuil, les spectateurs (députés anonymes) sont d'emblée immergés dans la cacophonie d'une séance de l'Assemblée Nationale. Sous les incessants rappels à l'ordre d'un Président juché avec un bel aplomb sur le Perchoir, défilent les discours sur le bienfondé ou non de la proposition du jour : le Revenu Universel.       <br />
              <br />
       Si à cet exercice les député(e)s de gauche s'en tirent plutôt pas mal sur le fond, par un effet de loupe délibéré, leurs postures, éléments de langage, contradictions entre dires et mode de vie, peuvent délivrer d'eux l'image d'amusants pantins. S'invitent dans le débat l'application de méditation &quot;Petit BamBou&quot; destinée à calmer les ardeurs et, suivant les recommandations de l'association &quot;Tous à poil à la piscine&quot;, le burkini version topless. Une députée de droite intervient pour demander quant à elle un geste &quot;pour la cagnotte&quot; afin de rembourser les frais de campagne de leur candidate malheureuse. Un joyeux capharnaüm où l'on reconnaît l'humour mainstream des chroniqueurs engagés par les chaînes publiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68111796-48000886.jpg?v=1666109240" alt="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" title="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" />
     </div>
     <div>
      Pendant que le Président lance &quot;un dernier rappel à destination des députés attardés à la buvette&quot;, la parole revient à l'un des élus du RN, sous l'œil d'une Marianne déconfite. Et là, ce qui se déverse, n'est effectivement pas du même tonneau. Des propos marqués du sceau de l'exclusion en tous &quot;genres&quot;, des contre-vérités à la pelle sur le danger migratoire, des jugements à l'emporte-pièce sur les chômeurs profiteurs, une attaque &quot;frontale&quot; visant un collègue homosexuel, salmigondis récurrent suscitant - sans trop de risque - le rejet unanime du public d'une scène nationale.       <br />
              <br />
       Une belle échauffourée s'en suit dans les travées de l'hémicycle transformé en champ de bataille, l'orateur frontiste étant dare-dare &quot;camisolé&quot;. On le retrouve dans la salle des urgences psychiatriques où, face à une psy silencieuse, il déverse décomplexé à souhait son flot nauséabond d'immondices racistes et sexistes. La réponse s'imposait… seule une détonation avait le pouvoir de nous &quot;tirer&quot; d'affaire. Le soulagement ressenti étant redoublé par le fait de retrouver là l'esprit mordant des &quot;Chiens&quot;. Dans cette veine, un énergumène sorti d'un film gore s'emploie à redonner de la couleur à l'hémoglobine de théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68111796-48000896.jpg?v=1666109280" alt="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" title="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" />
     </div>
     <div>
      Cette introduction &quot;fracassante&quot; dans le milieu des urgences psychiatriques - faisant directement suite à la séance mouvementée de l'Assemblée Nationale, y aurait-il en filigrane une association d'idées ? - ouvre la série des saynètes burlesques de la vie ordinaire d'un hôpital se délitant de partout et recevant des patients cabossés par l'existence. Jeune femme &quot;suicidée&quot; suite à un chagrin d'amour… avec un chanteur rencontré une seule fois, en buvant une bière artisanale à la Fête de l'Humanité. Quadra désorientée ayant l'impression d'avoir raté sa vie… pas de mec, pas d'enfants et, en prime, une silhouette à remodeler de fond en comble grâce au bistouri esthétique d'une professionnelle de haut vol.       <br />
               <br />
       Dans la liste des victimes de l'existence, on retrouvera un ancien Directeur Commercial délirant après avoir décompensé grave suite à sa mise au placard par les nouvelles pratiques managériales héritées du modèle états-unien, monde habité par des êtres montés sur roulettes et parlant le franglais. Une infirmière câline réconciliera un garde mobile et un manifestant en leur faisant se donner gentiment la menotte ; main, œil, tête arrachée du côté des forces de l'ordre (sans doute là une inversion des rôles par effet d'antiphrase…).       <br />
              <br />
       Le point d'orgue &quot;hospitalier&quot; étant constitué par la visite en grande pompe du ministre de la Santé <span style="font-style:italic">&quot;venu applaudir ceux qui sont en première ligne&quot;</span>, visite quelque peu bousculée par un malade inénarrable lui balançant joyeusement à la figure toutes sortes de matières. Le ministre, rompu à l'exercice, répétant comme un mantra bien appris que cela ne le dérange aucunement…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68111796-48000993.jpg?v=1666109674" alt="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" title="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" />
     </div>
     <div>
      Ce feu &quot;d'artifices&quot;, nourri en amont par une observation des dérives sociétales poussées là à leur point d'ignition, &quot;met le feu à la salle&quot; tant la dérision est une matière hautement inflammable. Le côté régressif de l'écriture de plateau, recomposée par le chef de meute, participe grandement à la libération cathartique vécue en commun.       <br />
              <br />
       Cependant, si on rit de bon cœur à cet humour potache - et en des temps moroses, ça soulage ! -, on n'est pas sans se demander si Les Chiens de Navarre, contrairement à leur ambition, ne deviendraient pas au fil du temps les (in)supportables toutous des pouvoirs ayant besoin d'exutoires aux tensions engendrées par les écarts iniques se creusant entre possédants et &quot;possédés&quot;, ces cabossés de l'existence. En effet, leur spectacle agit comme une purge salutaire… mais, après une purge, que reste-t-il de vraiment consistant ?       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 13 octobre 2022 au Carré - Saint-Médard, dans le cadre du FAB - Festival International des Arts de Bordeaux Métropole. A été représenté du 12 au 14 octobre.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La vie est une fête"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68111796-48000994.jpg?v=1666109717" alt="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" title="FAB 2022 "La vie est une fête" L'humour à la kalachnikov des Chiens de Navarre" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Jean-Christophe Meurisse.       <br />
       Collaboration artistique : Amélie Philippe.       <br />
       Avec : Delphine Baril, Lula Hugot, Charlotte Laemmel, Anthony Paliotti, Gaëtan Peau, Ivandros Serodios, Fred Tousch et Bernie.       <br />
       Régie générale, décors et construction : François Gauthier-Lafaye.       <br />
       Chorégraphie : Jérémy Braitbart.       <br />
       Création et régie lumière : Stéphane Lebaleur.       <br />
       Création et régie son : Pierre Routin.       <br />
       Régie plateau : Nicolas Guellier.       <br />
       Costumes et régie plateau : Sophie Rossignol.       <br />
       Machiniste : Augustin Grenier.       <br />
       Par Les Chiens de Navarre.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 18 et 19 octobre 2022 :</span> Château Rouge, Annemasse (74).       <br />
       Du 7 au 9 novembre 2022 : TAP, Poitiers (86).       <br />
       Du 17 au 20 novembre 2022 : Théâtre des Salins - Scène nationale, Martigues (13).       <br />
       Du 29 novembre au 3 décembre 2022 : La Villette, Paris 19e.       <br />
       Les 7 et 8 décembre 2022 : Scène nationale 61, Alençon (61).       <br />
       Du 14 au 18 décembre 2022 : MC93, Bobigny (93).       <br />
       Du 5 au 7 janvier 2023 : L'Onyx, Saint-Herblain (44).       <br />
       Les 12 et 13 janvier 2023 : L'Onde, Vélizy (78).       <br />
       Les 18 et 19 janvier 2023 : Le Rive-Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).       <br />
       Du 26 au 28 janvier 2023 : MAC, Créteil (94).       <br />
       Du 2 au 5 février 2023 : Le Volcan, Le Havre (76)       <br />
       Du 24 au 26 mars 2023 : Le Channel, Calais (62).       <br />
       Les 30 et 31 mars 2023 : Le Manège, Maubeuge (59).       <br />
       Les 5 et 6 avril 2023 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       Les 13 et 14 avril 2023 : La Condition publique, Roubaix (59).       <br />
       Du 20 au 23 avril 2023 : Teatros Del Canal, Madrid (Espagne).       <br />
       Du 10 mai au 3 juin 2023 : Théâtre des Bouffes du Nord, Paris 10e.       <br />
              <br />
       <b>FAB - 7e Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.</b>       <br />
       <b>A eu lieu du 1er au 16 octobre 2022.</b>       <br />
       9 rue des Capérans, Bordeaux (33).       <br />
       Billetterie : 06 63 80 01 48.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@festivalbordeaux.com')" >contact@festivalbordeaux.com</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://fab.festivalbordeaux.com/" target="_blank">&gt;&gt; fab.festivalbordeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2022-La-vie-est-une-fete-L-humour-a-la-kalachnikov-des-Chiens-de-Navarre_a3418.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…</title>
   <updated>2022-07-29T09:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-Le-cas-Lucia-J-Petite-fille-blessee-du-monde-te-voila-detruite-par-un-monde-qui-ne-peut-saisir-l-infini-de-ce_a3368.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66351983-47147297.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-07-28T08:32:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est par ces mots résonnant d'amour que James Joyce parle de sa fille Lucia, lui qui entretenait avec elle une relation symbiotique fondant, dans le même tout, leurs perceptions. Fusion, confusion jusqu'à ce que Lucia devienne Anna Livia Plurabella, l'héroïne de papier de son roman "Finnegans Wake". Eugène Durif s'est immergé dans leur histoire, non pour la raconter de l'extérieur, mais pour en délivrer des éclats vibrant d'une humanité qu'aucune institution ne pourra jamais soumettre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147297.jpg?v=1658991775" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      Et le corps-à-corps tragique de Lucia avec l'incompréhension qui l'engloutit inexorablement trouvera dans la performeuse Karelle Prugnaud &quot;son&quot; interprète tant elle apparaît corps et âme être l'héritière de la fille de Joyce, cette jeune femme incandescente que la société a jugée folle pour se protéger de sa propre folie misérable. Quant à la mise en jeu d'Éric Lacascade, elle est la pierre angulaire de cet édifice éminemment fragile permettant de libérer corps et texte de toute articulation à prétention explicative.       <br />
              <br />
       Les clefs de la voûte impressionnante de l'église des Célestins, construite à l'initiative de l'antipape Clément VII place des Corps-Saints (autant de signes à forte valeur ajoutée), reçoivent pour une unique représentation cette performance artistique - &quot;expulsée du Théâtre Artéphile, sans lieu pour continuer à jouer&quot; - accueillie par le Festival d'Avignon mettant à disposition ce lieu sacré pour que l'art vivant le reste. <span style="font-style:italic">&quot;Comme Lucia, nous voulons parler et nous taire quand nous le décidons&quot;…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147353.jpg?v=1658991951" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      Lorsque la comédienne danseuse, en déshabillé immaculé, lovée dans l'un des bas-côtés de l'édifice religieux, fait entendre sa voix singulière, c'est comme si elle résonnait en ce lieu de toutes celles qui furent sacrifiées au nom de la doxa. Elle rayonne de la vitalité intacte de la petite fille ayant reçu pour prénom de baptême celui de la sainte du jour qui l'a vue naître, et celui de la mère de sa mère… qui l'a privée elle du sein maternel au profit du frère, après avoir essayé de &quot;la faire passer&quot;. Et cette saillie blessante qui fait de suite effraction dans sa mémoire : <span style="font-style:italic">&quot;C'est Giorgo mon frère qui m'a fait enfermer, Giorgio mon grand frère, le jour des cinquante ans de mon père, dans cette institution psychiatrique, dans cette maison d'aliénés, dans cet asile de fous…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Là où les mots frappés de stupeur s'arrêtent, le corps prend le relais la précipitant vers le Chœur… Le corps de Lucia Joyce, alors traversé par une pulsion irrépressible, l'enjoint à se jeter contre les murs dans une danse folle, écho muet de celle d'un Vaslav Nijinski, lui qui, après avoir donné une dernière représentation privée à l'hôtel Suvretta en Suisse où il était venu se faire soigner, arrêta définitivement de danser. Nous revient Denis Lavant interprétant récemment, avant que le rideau ne tombe, les derniers pas du chorégraphe scandaleux de  &quot;L'Après-midi d'un faune&quot;  et du &quot;Sacre du Printemps&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147367.jpg?v=1658992012" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Je pense souvent à Antonin Artaud avec son idée obsessionnelle de remettre le corps humain sur la table de dissection, de le malmener, de le bouleverser en quelque sorte. Il s'agit bien là de cette combustion de l'être&quot;</span>, écrit Denis Lavant dans &quot;Échappées belles&quot;, son livre autoportrait. Eh bien cet après-midi de Lucia en Avignon, nous éprouvons la même sensation en voyant Karelle Prugnaud s'embraser telle une torche, ses longs cheveux déployés comme autant de flammes crépitantes entourant son visage tourmenté.       <br />
              <br />
       De ces fragments à vif, ressort la lecture chorégraphiée qu'elle livre de la lettre torride que sa mère - <span style="font-style:italic">&quot;cette marâtre inculte, cette sorcière&quot;</span> - aurait écrite au père chéri. Une lettre à l'érotisme brûlant où il est question de <span style="font-style:italic">&quot;culottes à dentelles le rendant fou d'excitation, de ses seins qui le faisaient bander, de sa langue à lui fouillant sa féminité, d'elle s'empalant sur son sexe dressé et du goût âcre du foutre dans sa bouche&quot;.</span> Et l'artiste avec un aplomb millimétré d'en esquisser l'essence en s'accroupissant jupe relevée sur l'un de ses talons aiguilles. Les chaises volent au rythme de sa fureur dionysiaque, comme les réminiscences de la scène du jour de son internement où elle en projeta violemment une à la tête de cette mère <span style="font-style:italic">&quot;au lait caillé, le lait aigre de l'absence&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147375.jpg?v=1658992074" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      Et puis cette question récurrente, au creux même de sa détresse : <span style="font-style:italic">&quot;qu'est-ce qui pousse un père à abandonner sa fille ?&quot;</span>, lui le père aimé la trompant avec une autre, fût-elle sa compagne, une autre qu'elle aurait tant voulu être. Toutes ces danses interrompues, coincées en elle, la danseuse les expulse dans un fantastique tourbillon de mouvements aériens et acrobatiques au sol. <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi tu m'as abandonnée dans Dublin ? J'errais dans les rues, perdue, si loin de moi. Nue sous la pluie que je traversais en dansant&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Il y aura les expertises psychiatriques savantes, son cas disséqué par des spécialistes à l'instar des leçons des mardis à la Salpêtrière données par le Professeur Charcot, les remèdes barbares envisagés, toute la panoplie d'une science triomphante et sans humanité. Et elle, fragile, jonglant de dos, avec dans une main Doctor Jung, le Suisse, et dans l'autre Doctor Freud, le Viennois, deux nains ridicules se combattant, rétablissant la géographie de la raison.       <br />
              <br />
       James Joyce aura beau clamer que, s'il peut sembler que la raison de sa fille parfois s'égare, c'est par excès de lucidité amenant son cerveau à tout embraser. Il aura beau dire et répété que lui comme elle parle <span style="font-style:italic">&quot;une langue d'avant les mots&quot;</span> - les glossolalies d'Antonin Artaud - que sa fille Lucia Anna Livia Joyce <span style="font-style:italic">&quot;n'est pas malade, simplement trop clairvoyante&quot;</span>, la danseuse s'affaissera, épuisée, brisée. Il lui faudra l'aide de l'auteur de cette pièce, Eugène Durif la rejoignant au plateau, pour en terminer l'histoire. Un destin en écho à celui d'une autre femme libre, Camille Claudel, ayant eu, elle aussi, à pâtir de ses désirs… Bouleversant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Cas Lucia J. (Un feu dans sa tête)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66351983-47147391.jpg?v=1658992151" alt="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" title="•In 2022• "Le cas Lucia J." Petite fille blessée du monde, te voilà détruite par un monde qui ne peut saisir l'infini de ce qui se passe dans ta tête…" />
     </div>
     <div>
      Spectacle-performance- Seule en scène.       <br />
       Texte : Eugène Durif.       <br />
       Mise en scène : Éric Lacascade.       <br />
       Avec : Karelle Prugnaud       <br />
       Scénographie : Magali Murbach.       <br />
       Lumière : Laurent Nennig.       <br />
       Production : Compagnie L'envers du décor et Compagnie Lacascade.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 26 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h 45, relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Artéphile, 7, rue du Bourg Neuf, Avignon.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Expulsé du Théâtre Artéphile depuis le 17 juillet.       <br />
       Représenté le lundi 25 juillet 2022 à 15 h,       <br />
       à l'église des Célestins, place des Corps-Saints, Avignon.</strong></span>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.cie-enversdudecor.com/lucia_joyce.html" target="_blank">>> cie-enversdudecor.com</a>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Communiqué du Festival d'Avignon en date du samedi 23 juillet       <br />
       Expulsé d'Artéphile le 16 juillet 2022 et sans lieu pour continuer à jouer, "Le cas Lucia J. (Un Feu dans sa tête)" d'Eugène Durif est accueilli par le Festival d'Avignon qui met à disposition l'église des Célestins.       <br />
       "Comme Lucia, nous voulons parler et nous taire quand nous le décidons. Parce qu'il n'y a pas de fatalité à exercer son art. Il n'y a que des obstacles qui nous construisent.        <br />
       Pour ceux qui nous soutiennent. Pour ceux qui n'ont pas vu le spectacle. Pour ceux qui, comme nous, ont quelque chose à défendre…".</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-Le-cas-Lucia-J-Petite-fille-blessee-du-monde-te-voila-detruite-par-un-monde-qui-ne-peut-saisir-l-infini-de-ce_a3368.html" />
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  <entry>
   <title>"L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés</title>
   <updated>2022-06-14T19:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Etang-Comme-une-plongee-dans-le-monde-interieur-des-enfants-tourmentes_a3289.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65391410-46667353.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-15T07:38:00+02:00</published>
   <author><name>Vinda Miguna</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La chorégraphe et artiste franco-autrichienne Gisèle Vienne fait de "L'Étang" de Robert Walser un moyen d'exploration des sphères intimes des enfants tourmentés par des figures d'autorité. Les actrices Adèle Haenel et Henrietta Wallberg mènent le spectacle dans des décors stériles dans lesquels la musique de Stephen O' Malley intensifie des perceptions temporelles et sensorielles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65391410-46667353.jpg?v=1655226656" alt=""L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés" title=""L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés" />
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      &quot;L'Étang&quot; (Der Teich), écrit en 1902 par Robert Walser pour sa sœur, raconte l'histoire d'un petit garçon, Fritz, qui se jette dans un étang près de la maison puisqu'il ne se sent pas aimé par sa mère. La chorégraphe et artiste franco-autrichienne Gisèle Vienne s'inspire de cette pièce pour mettre en scène le monde intérieur chaotique des enfants tourmentés par des figures d'autorité. La production, débutée en novembre 2020 au Théâtre National de Bretagne, transforme &quot;L'Étang&quot; en symbole de la conscience : une surface tranquille au début qui est sondée jusqu'à révéler le fond de l'abîme intérieur des enfants. Les décors sont stériles pour diriger la focalisation vers l'intensité spatiotemporelle et sensorielle de cette descente aux enfers.       <br />
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       Le spectacle commence dans une chambre épurée avec des murs blancs et un lit simple au milieu de la scène. Cette chambre pourrait être partout et nulle part : une chambre de gamin dans une maison inconnue, celle dans un institut psychiatrique, mais aussi un espace métaphorique dans la tête des enfants dans lequel sont enfermés des blessures les plus profondes de l'esprit. Les actrices Adèle Haenel et Henrietta Wallberg incarnent respectivement l'enfant et la figure d'autorité. Haenel incarne Fritz, le protagoniste de &quot;L'Étang&quot;, ainsi que d'autres enfants (qui n'apparaissent pas sur scène) face à Wallberg incarnant la mère et le père.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65391410-46667354.jpg?v=1655226709" alt=""L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés" title=""L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés" />
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      Le dialogue se construit des voix altérées et amplifiées des actrices qui semblent venir de loin. Les voix se répondent et se superposent dans une agitation élevée, construisant des flots angoissés et troublants de sanglots, de rires étouffés, de cris et des premiers gémissements de plaisir enfantin. L'intensité des émotions qui en résulte est amplifiée par un gonflement temporel qui se reflète sur la figure parentale qui bouge au ralenti et de façon asynchrone par rapport aux flots tumultueux des voix enfantines.       <br />
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       L'intensification des sens perceptifs est couronnée par la musique pulsative de Stephen O' Malley qui a inspiré Gisèle Vienne au départ, et qui apporte aux différentes phases de la plongée une pesanteur qui conduit le drame, par chaque changement de couleur scénique, toujours plus proche de l'abîme. Au cours du spectacle, l'éclairage d'Yves Godin glisse, de manière circulaire, des nuances de vert clair à celles de bleu clair et ensuite à celles de rouge-orange, représentant les étapes de la conscience et le rapprochement vers le gouffre. De temps en temps, l'éclairage redevient pâle et naturel pour signaler la temporalité dramatique qui se fige, mais l'angoisse ne se dissipe jamais.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65391410-46667381.jpg?v=1655226744" alt=""L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés" title=""L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés" />
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      Les voix reprennent et recommencent d'une manière qui semble être sans fin, de plus en plus angoissées et chaotiques encore, manifestant d'un désespoir étouffé en réponse aux parents qui démentissent leur existence jusqu'au déni. La figure de Wallberg, parlant d'une tonalité menaçante, moqueuse et parfois même dégradante, s'empare de la psyché de l'enfant dans une force croissante. Face à cette présence écrasante, la figure d'Haenel, roulant par terre comme tourmentée par des forces invisibles, n'a aucun autre choix que d'imploser. Il faut attendre les ténèbres et la tombée abrupte du silence pour ressentir un certain soulagement.       <br />
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       <b>Vu le 28 mai 2022 au Jugendstiltheater am Steinhof (faisant partie du Site Otto Wagner à Baumgärtner Höhe 1, Vienne, 14e district).</b>
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     <div><b>"L'Étang"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65391410-46667388.jpg?v=1655226774" alt=""L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés" title=""L'Étang"… Comme une plongée dans le monde intérieur des enfants tourmentés" />
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      D'après l'œuvre originale &quot;Der Teich (L'Étang)&quot; de Robert Walser (Pour Kerstin).       <br />
       Première publique le 4 mai 2021 au Théâtre de Vidy-Lausanne, Suisse.       <br />
       &quot;L'Étang&quot; a été créé en résidence au Théâtre National de Bretagne en novembre 2020.       <br />
       Adaptation : Adèle Haenel, Julie Shanahan, Henrietta Wallberg, en collaboration avec Gisèle Vienne.       <br />
       Conception, mise en scène, scénographie, dramaturgie : Gisèle Vienne.       <br />
       Avec : Adèle Haenel et Julie Shanahan/Henrietta Wallberg en alternance.       <br />
       Lumière : Yves Godin.       <br />
       Création sonore : Adrien Michel.       <br />
       Direction musicale : Stephen F. O’Malley.       <br />
       Musique originale : Stephen F. O’Malley et François J. Bonnet.       <br />
       Assistante en tournée : Sophie Demeyer.       <br />
       Regard extérieur : Dennis Cooper &amp; Anja Röttgerkamp.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Maroussia Vaes.       <br />
       Conception des poupées : Gisèle Vienne.       <br />
       Création des poupées : Raphaël Rubbens, Dorothéa Vienne-Pollak et Gisèle Vienne, en collaboration avec le Théâtre National de Bretagne.       <br />
       Fabrication du décor : Nanterre-Amandiers CDN.       <br />
       Décor et accessoires : Gisèle Vienne, Camille Queval et Guillaume Dumont.       <br />
       Costumes : Gisèle Vienne et Camille Queval.       <br />
       Maquillage et perruques : Mélanie Gerbeaux.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.g-v.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; Site de Gisèle Vienne.</a>
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