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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-10T20:17:21+02:00</updated>
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   <title>•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…</title>
   <updated>2023-08-11T18:48:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Douchka-Ainsi-font-font-font-les-petites-vies-de-Douchka-trois-petites-annees-et-puis-elle-s-en-va_a3718.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-08-11T18:12:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Douchka, un beau prénom donné par une mère russe, aimante, "douce et sucrée", à son dernier né quand il décide de devenir fille. Avant, la mère, elle n'avait que des garçons, sept comme les péchés qui l'ont engrossée. À la fin de cette fable réaliste (s'inspirant d'un fait divers, la fin tragique d'une jeune prostituée bulgare), elle n'aura plus que six enfants. Entre ces deux temps, on suivra l'itinéraire de ce jeune transgenre, de Nijni en Russie, sa ville natale, à Moscou, la capitale capiteuse, à Paris, la ville de tous les (dés)espoirs, avec un détour par une clinique bruxelloise. Une vie jalonnée d'espoirs fous et de désillusions mortifères, jusqu'à la chute.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74549975-51843225.jpg?v=1691771951" alt="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" title="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" />
     </div>
     <div>
      De sa chambre où il tourne en rond en s'exerçant aux arabesques d'un rap énergique, au club libertin de Moscou où la pole dance lui permet d'investir des figures libres, il est toujours à la recherche de lui-même au travers d'expériences qui lui étaient interdites. Dès sa première apparition, encapuchonné et l'allure androgyne, l'être aux traits fins devant nous dégage une &quot;inquiétante étrangeté&quot;. Celle dont parlait Freud, cette incertitude ressentie quant à la nature de ce qui est vu et qui questionne notre propre rapport à la réalité… et à nous-même.       <br />
              <br />
       De sa biographie rapée poing levé – <span style="font-style:italic">&quot;Je suis venu dans un monde froid et figé&quot;</span> –, on apprend que son père, alcolo et violent, est mort d'une cirrhose lorsqu'il avait six ans, et que le seul souvenir vivace qui s'attache à lui est son parfum de sueur et d'huile de moteur mêlées. Quant à sa mère, lorsque prise par sa brute de mari, elle s'est retrouvée enceinte pour la septième fois, c'est d'une fille dont elle rêvait… et c'est lui qui est arrivé. Alors comment ne pas lui en avoir voulu un temps à la mère de se sentir autre qu'il était né, d'exécrer ces excroissances qui poussaient entre ses jambes, puisque là avait été justement le vœu premier de sa génitrice : qu'il soit fille !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74549975-51843239.jpg?v=1691771976" alt="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" title="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" />
     </div>
     <div>
      Né aussi dans l'illusion mise à mal du communisme défunt, dans les décombres d'un empire effondré avec le mur de Berlin, il partage avec sa mère et sa nombreuse fratrie un appartement de deux pièces dans un immeuble de six étages. Surface habitable beaucoup trop exiguë pour les accueillir, si bien que les herbes sauvages du bas des tours leur servent de terrain de jeux. Et là, on lui attribue systématiquement le poste de gardien de but passoire, objet de maltraitances en retour.       <br />
              <br />
       Quant au miroir de la chambre de sa mère – qui est aussi la leur – il lui renvoie l'image de ses mains glissant sur sa peau à la recherche d'une poitrine imaginaire à palper, puis, plus bas, arrêtées net par ce sexe qu'il voudrait voir couper, &quot;idiote&quot; qu'il est… Et là, révélation : c'est son premier mot le désignant au féminin ! Il se regarde au masculin et &quot;se parle&quot; au féminin… Il a huit ans et, pour la première fois, il comprend qui il est, qui elle est. Le lit dressé au milieu de la scène devient radeau, une robe de sa mère enfilée, il est &quot;elle&quot;… Mais, comme il le dit, il lui faudra encore lutter beaucoup pour conquérir ce qu'elle est.       <br />
              <br />
       La fugue à quinze ans qui suit le trauma des vestiaires de la piscine… Ses frères ne sont plus là pour le/la protéger. La séquestration dans les toilettes par des camarades pour les &quot;sucer comme maman&quot;. La prof qui ne trouve rien de mieux que de s'en prendre à lui et pas à ses bourreaux. Non, jamais, il ne retournera à l'école. Alors, il traîne dans les parcs, observe les dames pour créer la femme qu'il rêve devenir… Et sa &quot; reco-naissance&quot; par sa mère en sanglots et en rires qui le nomme &quot;Douchka&quot;, ma chérie en russe. Elle lui passe sa plus belle robe, ses chaussures à talons, un bijou &quot;pour aller voir dehors comment se porte le monde&quot;…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74549975-51843250.jpg?v=1691772004" alt="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" title="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" />
     </div>
     <div>
      L'actrice convoque en elle les plaisirs de l'évasion à Moscou, la capitale où l'anonymat est préservé… et les revers déjà annoncés en filigrane. La plasticité de ses regards et mimiques souligne en creux l'exubérance des découvertes du club libertin et leur prix à payer cash : <span style="font-style:italic">&quot;ça sent le désir, le sexe, la vodka&quot;</span>, c'est l'univers des hommes et des femmes libres, le lieu des hommes femmes où personne ne dévisage ni ne juge, l'endroit de tous les droits permis, l'espace hors norme où les sexes s'emboîtent sans critère de genres. Et comme dans un rêve éveillé, au creux d'une alcôve, une créature blonde et ravissante qui l'attire irrésistiblement…       <br />
               <br />
       Des lumières stroboscopiques mitraillent alors son corps court vêtu, glissant en poses lascives autour de la barre verticale. Tout ici n'est que volupté à cueillir. Devenue serveuse, tous les soirs, elle revient. Devenue follement amoureuse, le jouet de Madame – la tenancière blonde – son objet, elle lui appartient corps et âme. Aussi, lorsque Madame lui tend un passeport pour Paris, exulte-t-elle de joie… Mais le ton change du tout au tout à l'aéroport Charles De Gaulle et le visage de l'actrice s'assombrit. Madame lui ordonne de monter dans une voiture direction Bruxelles où, selon la promesse faite, un médecin va lui poser des prothèses de seins… qu'elle devra rembourser dare-dare en étant exposée en vitrine, prisonnière sous les néons, seule fille avec un sexe d'homme, offerte aux hommes voulant la soumettre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74549975-51843252.jpg?v=1691772040" alt="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" title="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" />
     </div>
     <div>
      Perdant la notion du temps, des jours et des nuits, elle n'est plus. Aussi, quand Madame réapparaît pour la ramener à Paris, se jette-t-elle dans ses bras… pour une autre descente aux enfers. Enfermée &quot;sous protection&quot; dans une chambre équipée de trois écrans, elle doit dans le monde d'Internet servir tous les fantasmes d'hommes derrière leur écran. Quand, usée, elle n'est plus bonne qu'aux trottoirs de Barbès où, affublée d'une veste de fourrure et de bas résille, elle tient la comptabilité de ses passes en notant la couleur des yeux de ses prédateurs… Et le mensonge fait au téléphone à sa mère russe, ce soir de réveillon, Paris, cette ville si magnifique où elle côtoie les gens de la mode… Et la lumière rouge qui baigne la scène de crime lorsque, comme des poupées russes qui se déboîtent, il n'en reste plus qu'une seule…       <br />
              <br />
       S'emparer d'un tel sujet d'extrême violence ordinaire faite à celles et ceux qui suivent une autre route qu'eux (cf. &quot;La mauvaise réputation&quot;, Georges Brassens) pour le porter au plateau n'est pas sans risque. En effet, rester sur une ligne artistique où le pathos n'a pas sa place, la mièvrerie des bons sentiments non plus, est une entreprise de danseur de corde… Sébastien Amblard enjambe ici magistralement la difficulté en créant un personnage – interprété superbement par Marion Lambert, ex-élève de l'éstba de Bordeaux et de la Comédie-Française – rayonnant de vie et en le faisant évoluer dans des décors aussi sobres qu'évocateurs des situations improbables vécues par le protagoniste. Quant au texte ciselé et à l'écriture chorégraphique idoine, ils vont de pair avec l'actrice &quot;faisant magnifiquement corps&quot; avec le sujet. Promis, on ne t'oubliera pas Douchka…       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 25 juillet 2023 au Théâtre du Train Bleu à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Douchka"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74549975-51843261.jpg?v=1691772097" alt="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" title="•Off 2023• "Douchka"  Ainsi font, font, font, les petites vies de Douchka, trois petites années et puis elle s'en va…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Sébastien Amblard.       <br />
       Direction artistique et mise en scène : Sébastien Amblard.       <br />
       Avec : Marion Lambert.       <br />
       Création lumière : Philippe Catalano.       <br />
       Musique : Olivier Lautem.       <br />
       Scénographie : Philippe Catalano, Sébastien Amblard.       <br />
       Conseil littéraire : Angèle Baux-Godard et Marie-Claire Utz.       <br />
       Conseil pole dance : Patricia Souccar.       <br />
       Couture : Marcelle Maillet.       <br />
       Par SAMA Cie.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 7 au 25 juillet 2023.</b>       <br />
       Tous les jours à 17 h 05 les jours impairs.       <br />
       Théâtre du Train Bleu, 40, rue Paul Saïn, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredutrainbleu.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredutrainbleu.fr</a>       <br />
              <br />
       SAMA désigne une danse giratoire des derviches tourneurs qui crée un trait d'union fragile entre le ciel et la terre.       <br />
       SAMA Cie a pour ambition de jouer, danser et chanter sans se soucier des codes. Le monde est en perpétuelle évolution. L'heure doit être au mélange, au rapprochement, à l'alliance, à la pluridisciplinarité. Le souhait de la compagnie est d'être également un vecteur de transmission de ses quêtes et de pédagogie auprès de tous les publics.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Douchka-Ainsi-font-font-font-les-petites-vies-de-Douchka-trois-petites-annees-et-puis-elle-s-en-va_a3718.html" />
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   <title>•Off 2022• "Boule de Suif" rendue vivante et vibrante par l'interprétation bondissante de Yannick Laubin</title>
   <updated>2022-06-30T17:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Boule-de-Suif-rendue-vivante-et-vibrante-par-l-interpretation-bondissante-de-Yannick-Laubin_a3306.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65639108-46791434.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-27T07:33:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
En prenant le parti d'incarner un professeur dans sa classe pour raconter l'histoire écrite par Guy de Maupassant, Yannick Laubin met en exergue les rouages des relations entre les personnages et sculpte avec minutie la mécanique du groupe, devenant meute, puis se vautrant dans l'inhumanité. Incidence : en plus de spectateurs, voici le public transformé en classe de collège.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65639108-46791434.jpg?v=1656172780" alt="•Off 2022• "Boule de Suif" rendue vivante et vibrante par l'interprétation bondissante de Yannick Laubin" title="•Off 2022• "Boule de Suif" rendue vivante et vibrante par l'interprétation bondissante de Yannick Laubin" />
     </div>
     <div>
      Et puis il a l'air sympa, le prof, il dessine des caricatures sur un rétroprojecteur et il est drôle parfois, amical, enthousiaste, cool quoi. Avec la simplicité du langage direct, Yannick Laubin plante son personnage et la situation : nous allons parler d'un texte qui s'appelle &quot;Boule de suif&quot;. Au fait, c'est quoi le suif ? De la graisse, graisses animales ou autres avec laquelle on fabriquait du savon, des bougies… Boule de suif, c'est le surnom du personnage principal de Maupassant : une femme galante, une prostituée, ronde et grasse comme une boule de suif.       <br />
               <br />
       L'histoire naît d'un fait d'hiver qui inspira Maupassant. Durant l'invasion prussienne de 1870, une diligence quitte Rouen pour rejoindre Dieppe et surtout fuir l'envahisseur. L'auteur y fait monter dix personnages : un couple de nobliaux de province, un couple de bourgeois, un couple de marchands, un couple de bonnes sœurs, un républicain et une femme galante. Elle sera le centre de ce faux huis clos, celle qui va tout d'abord susciter la méfiance et le mépris de tous pour sa profession dégradante, puis l'admiration pour son courage patriotique qui la fait se révolter contre l'occupant, et puis une presque fraternité lorsqu'elle partage avec les voyageurs la nourriture qu'elle a été la seule à apporter. Ce moment ne durera pas bien longtemps : les aléas du parcours vont révéler la saleté que tous ces bien-pensants cultivent au fond de leur absence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65639108-46791439.jpg?v=1656172895" alt="•Off 2022• "Boule de Suif" rendue vivante et vibrante par l'interprétation bondissante de Yannick Laubin" title="•Off 2022• "Boule de Suif" rendue vivante et vibrante par l'interprétation bondissante de Yannick Laubin" />
     </div>
     <div>
      Le professeur Laubin se prend au jeu d'interpréter avec fougue chacun des personnages. Il les affuble d'un élément physique ou d'une voix reconnaissable et joue à passer d'un personnage à l'autre pur interpréter toutes les scènes. Passant souvent du conteur à l'acteur, il anime l'histoire de ses caricatures dessinées en direct et projetées derrière lui, ce qui rend vivant cette histoire sensible et rugueuse. L'épopée de cette petite bande de voyageurs ne l'empêche pourtant pas de disséminer un sens qui se rapproche de nous et de détails parfois méconnus comme la genèse de la comptine &quot;Une souris verte&quot;… <span style="font-style:italic">&quot;Trempez-la dans l'eau, trempez-la dans l'huile…&quot;</span>, une jolie histoire qui, à l'origine, parlait d'un soldat vendéen (uniforme vert) que les révolutionnaires torturèrent avec l'eau et l'huile bouillante jusqu'à ce qu'il devienne… un escargot tout chaud.       <br />
              <br />
       Mais le message le plus général, le plus présent dans les groupes humains, et principalement dans les classes des collèges où il est sans cesse question de persécutions, de harcèlement, c'est le phénomène du bouc émissaire. C'est ainsi qu'est la femme galante, de son vrai nom Élisabeth Rousset, prostituée de profession, que la bonne société met au ban, qui devient si radicalement le bouc émissaire du voyage. Le professeur dresse un parallèle immédiat avec ce qui se passe dans les classes quand l'un ou l'une des élèves est différent, puis un autre, puis le suivant, phénomène remarquable qui lie la meute dans une ivresse sanglante et partagée, un sentiment de groupe face à leur victime.       <br />
       Maupassant, beau portraitiste de la société des hommes.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Lavoir Moderne Parisien (Paris) dans le cadre du Phénix Festival qui a programmé &quot;Boule de suif&quot; du 10 au 12 juin 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Boule de Suif"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65639108-46791487.jpg?v=1656172985" alt="•Off 2022• "Boule de Suif" rendue vivante et vibrante par l'interprétation bondissante de Yannick Laubin" title="•Off 2022• "Boule de Suif" rendue vivante et vibrante par l'interprétation bondissante de Yannick Laubin" />
     </div>
     <div>
      Adaptation de la nouvelle de Maupassant par Yannick Laubin.       <br />
       Mise en scène : Yannick Laubin.       <br />
       Avec : Yannick Laubin.       <br />
       Assistantes et assistants à la mise en scène  : Paola Secret, Iris Mirnezami, Charly Labourier, Mathieu Alexandre.       <br />
       Mise en lumière : Alice Gill Kahn et Rémi Cabaret.       <br />
       Mise en son : Antoine Cicéron.       <br />
       Musique : Jo Zeugma.       <br />
       Par la Cie Les Moutons Noirs.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 25, relâche le lundi.       <br />
       Théâtre du Roi René, Salle du Roi, 4 bis, rue Grivolas, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 24 35.       <br />
       <a class="link" href="http://theatreduroirene.com/festival-davignon/" target="_blank">&gt;&gt; theatreduroirene.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Anna Christie"... Le plaisir d'un théâtre traditionnel sans vérisme, sobre, stylisé et esthétique</title>
   <updated>2015-02-20T20:28:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Anna-Christie-Le-plaisir-d-un-theatre-traditionnel-sans-verisme-sobre-stylise-et-esthetique_a1291.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7490025-11547631.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-02-20T19:53:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'histoire d'Anna Christie écrite en 1922 par Eugene O'Neill* se déroule dans une Amérique déjà marquée par la prohibition, une Amérique qui rêve de vertu et ne peut que subir le poids de la fatalité de l'alcool et de la pauvreté. La pièce qui met en valeur des caractères forts (le père, sa fille, le fiancé) a le charme et la puissance d'une chanson réaliste.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7490025-11547631.jpg?v=1424459647" alt=""Anna Christie"... Le plaisir d'un théâtre traditionnel sans vérisme, sobre, stylisé et esthétique" title=""Anna Christie"... Le plaisir d'un théâtre traditionnel sans vérisme, sobre, stylisé et esthétique" />
     </div>
     <div>
      L'action se déroule au port, au fond du bar, au bord de la jetée. Anna Christie est une fille de marin, en échouage, tout comme son père et aussi son fiancé perclus d'illusions. La fille ment sur son passé. Les deux hommes rêvent d'un monde chaste où les filles ne seraient pas pourries, où la mer ne serait pas une saloperie qui tangue et fort malmène, cogne et rejette à la grève les marins.       <br />
              <br />
       La mer est une saloperie.       <br />
              <br />
       L'illusion d'un bonheur ne dure qu'un instant, la vie ne les pas attendus. La mer les roule et le bonheur terrestre, une ferme, une famille, a disparu. Anna Christie, fille de marin noyée dans les préjugés et les précarités, ne peut vivre un autre destin que celui de fille à marins.       <br />
              <br />
       Bons à rien les marins, qu'à picoler, qu'à rêver de sirènes, qu'à engueuler les roulures.       <br />
              <br />
       Le texte s'enroule sur lui-même, rebondit comme sur des refrains. Il n'a rien perdu de son efficacité bien qu'il développe une mythologie un peu surannée. Il est vrai que l'âpreté de la vie des gens de mer est un peu oubliée de nos jours.
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      Dans sa mise en scène, Jean-Louis Martinelli fait partager le plaisir d'un théâtre traditionnel sans vérisme, sobre, stylisé, esthétique, qui met en valeur les comédiens. Les levers et les baissers de rideaux, avec leurs nouettes et leurs perches, distribuent un espace de liberté à trois beaux comédiens et concentrent l'attention du spectateur sur les rapports de force des personnages.       <br />
              <br />
       La fille (Mélanie Thierry) a le tempérament d'une fille actuelle qui sait démonter le machisme sans fard ni crainte, le fiancé (Stanley Weber) est un jeune premier des plus convaincants et le père (Feodor Atkine) émouvant sous sa rudesse et sa puissance.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*Eugène O' Neill a eu le prix Nobel en 1936.</span>
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     <div><b>"Anna Christie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7490025-11547712.jpg?v=1424460323" alt=""Anna Christie"... Le plaisir d'un théâtre traditionnel sans vérisme, sobre, stylisé et esthétique" title=""Anna Christie"... Le plaisir d'un théâtre traditionnel sans vérisme, sobre, stylisé et esthétique" />
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      Texte : Eugene O'Neill.       <br />
       Adaptation : Jean-Claude Carrière.       <br />
       Mise en scène : Jean-Louis Martinelli.       <br />
       Avec : Mélanie Thierry, Stanley Weber, Féodor Atkine, Charlotte Maury-Sentier.       <br />
       Scénographie : Gilles Taschet.       <br />
       Lumières : Jean-Marc Skatchko.       <br />
       Costumes : Camille Janbon.       <br />
       Son : La Manufacture Sonore.       <br />
       Collaboratrice artistique : Amélie Wendling.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       Du 20 janvier au 26 avril 2015.       <br />
       Du mardi au samedi 21 h, samedi à 16 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Atelier, Paris 18e, 01 46 06 49 24.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-atelier.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-atelier.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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