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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-28T19:47:04+01:00</updated>
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   <title>"La Permanence des rêves" tresse l'espoir d'un monde où l'homme ne sera plus le prédateur de la femme : par quels moyens ?</title>
   <updated>2026-10-26T17:43:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Permanence-des-reves-tresse-l-espoir-d-un-monde-ou-l-homme-ne-sera-plus-le-predateur-de-la-femme-par-quels-moyens_a4693.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-10-26T17:15:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est une sorte de vision que nous propose le texte de Catherine Morlot : le rêve qu'un murmure énorme, celui de millions, de milliards de femmes, s'amplifie et se mette soudain à déferler de partout et que ce murmure de colère soit enfin incontournable, qu'il soit synonyme de changement, qu'il devienne enfin un cri merveilleux et libérateur. Ce murmure, le personnage principal l'entend. Il surgit des quatre horizons. Il grossit.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98501292-68693150.jpg?v=1793031755" alt=""La Permanence des rêves" tresse l'espoir d'un monde où l'homme ne sera plus le prédateur de la femme : par quels moyens ?" title=""La Permanence des rêves" tresse l'espoir d'un monde où l'homme ne sera plus le prédateur de la femme : par quels moyens ?" />
     </div>
     <div>
      Ce personnage se nomme Paradis. Elle est en haut d'une colline, quelque part ou nulle part, et la rumeur qu'elle perçoit sort soudain de sa bouche comme un cri libérateur, une litanie qui est l'écho de cette rumeur dans son propre cœur. Ce cri, c'est celui né de la peur. La peur que l'on cache, celle qu'on tait, celle qui est pourtant ancrée au plus profond de chaque femme, que l'on biberonne en quantité de plus en plus grande à chacun des pas qui éloignent de la petite enfance. La peur. Pas la peur de mourir qui est bien partagée par tous, mais la peur des hommes.       <br />
              <br />
       Dès les premières minutes, dans ce no man's land, du haut de cette colline, Paradis sent une parole longtemps baillonnée sortir d'entre ses lèvres. C'est une longue mélopée qui la secoue, la défigure, la transcende (une magnifique interprétation de Louise Dupuis). Il n'y a rien de gratuit dans cette parole qui soudain exprime avec force et conviction cette peur banalisée que toutes les femmes savent quand il s'agit de se retrouver seule dans un espace public annexé par les hommes en bandes, comme des nuées de corbeaux guettant leur pitance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98501292-68693151.jpg?v=1793031777" alt=""La Permanence des rêves" tresse l'espoir d'un monde où l'homme ne sera plus le prédateur de la femme : par quels moyens ?" title=""La Permanence des rêves" tresse l'espoir d'un monde où l'homme ne sera plus le prédateur de la femme : par quels moyens ?" />
     </div>
     <div>
      Au centre de la pièce, il y a donc Paradis, la bien-nommée. Une &quot;femme tue&quot; qui entend soudain le murmure de révolte des femmes de tous les pays contre un système social qui les enferme. Une sorte de fourmillement de cris, de joies, de revendications, de révoltes aussi qui la transforment en voyante. Une prophétesse de la venue d'une paix enfin obtenue pour toutes celles, pour toutes, qui depuis la plus tendre enfance savent que la rue, l'obscurité, les chemins solitaires sont des dangers potentiels, non pas de simples dangers de mort ou de vol, mais des dangers qui peuvent en un soir dévaster une vie entière. Cette peur est initiée si tôt que les parents de la jeunesse aventureuse connaissent bien, eux qui souhaitent à leurs fils de passer une bonne soirée, quand ils disent à leurs filles : <span style="font-style:italic">&quot;Sois prudente&quot;</span>.       <br />
              <br />
       C'est une parole féministe, certes, que &quot;La Permanence des rêves&quot; porte, mais une parole élargie aux hommes. Une parole qui n'est pas contre tout le genre masculin, mais contre ce masculin qui s'érige en prédateur ou en protecteur, les deux faces d'une même pièce. Le rêve est peut-être celui de donner la liberté aux femmes et de ne plus, en aucun cas, accepter cette peur rentrée dans les habitudes. Autour de Paradis, il y a un homme, Sien, qui, durant trois jours, va prendre soin d'elle. Sans la connaître, mais en reconnaissant le rêve qu'elle exprime. Il y a aussi Valence, un autre homme, à l'écoute. Deux hommes qui ont évité de devenir des prédateurs. Ils sont musiciens d'un groupe dont les répétitions s'arrêtent à cause de l'absence de Sien.        <br />
              <br />
       À travers l'arrêt des répétitions, la question est de savoir s'il faut s'arrêter pour que cette parole puisse exister enfin, qu'elle puisse déclencher chez d'autres l'envie de vivre enfin le rêve d'une espèce humaine devenue capable, comme n'importe quelle espèce animale, de ne pas tuer ses femelles. Ainsi, l'autrice donne l'occasion à ses personnages masculins d'exprimer eux aussi leurs propres peurs.       <br />
              <br />
       L'autrice et metteuse en scène révèle qu'au début de ce projet, la parole-fleuve de Paradis a surgi de sa plume sans préméditation. Un texte qui devint le monologue de Paradis pour <span style="font-style:italic">&quot;crier la marche des femmes en colère dont les vociférations étaient destinées à pulvériser leur peur de vivre parmi les hommes&quot;.</span> Mais la force et la beauté de ce spectacle tiennent aussi au fait que l'autrice ne fait pas de la scène une tribune d'où s'exprimer devant un public, comme d'autres créations revendicatrices ont trop tendance à faire, mais à créer une véritable fiction, une histoire, qui oppose ceux qui entendent la rumeur qui s'étend au travers du trouble de Paradis, et ceux qui ne veulent pas entendre.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu le 16 octobre au Théâtre Le Hublot, Colombes (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Permanence des rêves"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98501292-68693165.jpg?v=1793031808" alt=""La Permanence des rêves" tresse l'espoir d'un monde où l'homme ne sera plus le prédateur de la femme : par quels moyens ?" title=""La Permanence des rêves" tresse l'espoir d'un monde où l'homme ne sera plus le prédateur de la femme : par quels moyens ?" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Il y avait donc urgence&quot;</b>       <br />
       Texte : Catherine Morlot.       <br />
       Mise en scène : Catherine Morlot.       <br />
       Assistante mise en scène et dramaturgie : Anne Le Queiroz.       <br />
       Avec : Anthony Audoux, Félicité Chaton, Louise Dupuis, Sarah Taradach, Samy Zerrouki.       <br />
       Création lumière : Laurent Bénard.       <br />
       Musique originale : Sylvain Jacques.       <br />
       Chœur et soutien de chœur : Catherine Morlot, Estelle Meyer, Anna Jouan, Bele Bopp, Diane Vaicle, Dorothée Leclair, Lauranne Callet, Marine Lombard, Coralie Borghi, Camille Derijar.       <br />
       Production : Compagnie La Permanence des rêves.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 40       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 octobre au 14 novembre 2026.</span>       <br />
       Mercredi et jeudi à 21 h, samedi à 20 h.       <br />
       Théâtre La Reine Blanche, 2 bis, passage Ruelle, Paris 18ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0564/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0564&amp;EventId=550&amp;request=QcE+w0WHSuAkSQcRYa88s8uxfI7h/xpcJrMzCXfzC5NakbyqdGdxYHYwM/ndJraIQIku/PF1hEnCWf6jnqne+9QNYCkvCLCj" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée</title>
   <updated>2024-10-07T17:20:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Des-gens-comme-eux-Un-fait-divers-miroir-d-une-societe-mal-mixee_a4056.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83332391-59679766.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-07T16:32:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est une histoire vraie dont est extraite cette pièce. Un drame qui eut lieu en 2003 au Grand-Bornand, duquel l'autrice et comédienne Samira Sedira a d'abord tiré un roman (publié aux Éditions du Rouergue), puis cette adaptation pour la scène à la demande d'Éric Massé, metteur en scène et codirecteur du Théâtre du Point du Jour. Une histoire qui glaça le sang de toute une région.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83332391-59679766.jpg?v=1728315055" alt=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" title=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" />
     </div>
     <div>
      Histoire complexe dans ses leviers d'action puisque dans ce fait divers, rien ne prédisposait le coupable à ce qu'il accomplisse le crime qu'il finit par accomplir. Pour en saisir tous les tenants et les aboutissants, Samira Sedira revient aux origines mêmes de la rencontre entre victimes et meurtrier et le spectacle va dérouler, action après action, tous les rouages qui vont mener ces gens ordinaires au drame sanguinaire.       <br />
              <br />
       Tout commence dans un petit village de montagne, Carmac, le jour où le couple Langlois et ses enfants arrivent. Ce sont des citadins, fortunés, qui font construire un immense chalet pour s'installer là et y continuer leurs activités lucratives : une société qui propose des voyages touristiques exceptionnels à une clientèle en quête d'originalité. Dans ce petit village où le quotidien sent le train-train, où tout le monde se connaît, où la vie ne semble ne faire que se répéter depuis des siècles sans jamais espérer changer d'un iota le rythme des saisons, des mariages, des naissances, des enterrements, l'arrivée de ces nouveaux habitants va vite créer des remous.       <br />
              <br />
       Leur richesse apparente, leurs grosses voitures (un Hummer, entre autres), leurs réceptions dont ils font profiter leurs nouveaux voisins font jazzer et attirent certains quand d'autres se prennent à jalouser. Mais c'est surtout l'affabilité débordante de ce couple, en particulier de cet homme, Bakari Langlois, qui attire le voisinage autant qu'il déclenche des rivalités entre les gens du village.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83332391-59679767.jpg?v=1728315084" alt=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" title=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" />
     </div>
     <div>
      Un détail qui a toute son importance dans ce schéma qui mène de la tranquillité à la tragédie sociale, Bakari est noir.       <br />
              <br />
       La pièce met en particulier l'accent sur deux couples de villageois, des voisins proches, qui finissent par devenir des intimes des nouveaux arrivants. C'est au travers du regard de la femme d'un des deux couples que l'on suit le déroulement de l'histoire. Que l'on découvre petit à petit la manière dont les relations entre ces trois couples évoluent, s'éloignent, se rapprochent, se détériorent.       <br />
              <br />
       Ce sont d'abord les différences de classe sociale qui vont empoisonner ces relations. Le mépris de classe, comme on dit, que surtout l'un des personnages va éprouver. Il s'appelle Constant. Il fut dans sa jeunesse un espoir de l'athlétisme professionnel dont la carrière fut brisée par une chute et, avec sa carrière, tous ses rêves de réussite. Sur ce ferment de rêves brisés, vite devenus meurtrissures, vite transformée en désabusement, puis en acidité, va alors pousser subitement une rage folle et meurtrière dans l'esprit de ce Constant.       <br />
              <br />
       L'analyse des ressorts de cette macération de la rancune est finement amenée par le texte de la pièce. Ponctuée, comme en contrepoints, par des fêtes, des réceptions, des réjouissances, toutes célébrations qui rythment la vie des villages. La mise en scène d'Éric Massé donne un souffle intense à ce long pourrissement des relations. On ne sait jamais trop qui, de ces six personnages, répand ces graines malsaines : les nouveaux arrivés ou les habitants de longue date ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83332391-59679784.jpg?v=1728315108" alt=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" title=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" />
     </div>
     <div>
      Comme il est annoncé dès le début du spectacle par le personnage de la femme de Constant, la tragédie finit par arriver, puis l'histoire bascule d'un coup sur le procès du meurtrier. On découvre alors la vérité sur Bakari et sa femme, ainsi que sur les derniers faits qui jetèrent Constant dans une folie meurtrière qui lui fit décimer toute la famille, enfants compris. Et l'on sent alors qu'une forme de racisme presque jamais mise au jour a bien participé au déclenchement de la haine et de la violence. Un racisme ordinaire qui fait froid dans le dos.       <br />
              <br />
       La pièce dessine ainsi le paysage d'une société observée à la loupe, une société dont certains pans obscurs sont parfois mis en lumière par des actes violents qui défraient la chronique. La mise en scène fluide et scénographie bien symbolisée, le jeu et le rythme des scènes ainsi que les changements de décors vifs et sans temps morts apportent au spectacle une dynamique de course vers l'abîme qui tient en haleine jusqu'au bout. C'est l'action, les actions qui sont mises en avant, quitte à perdre parfois un peu de profondeur dans l'analyse des personnages qui restent un peu trop symboliques, extérieurs. On aurait aimé un peu plus d'expressions de leurs tourments intimes qui se dévoilent plus par les actes que par les mots.       <br />
              <br />
       Reste que la pièce expose avec finesse les ressorts parfois ambigus des relations sociales et des clivages entre les classes, de même qu'elle fait bien entendre le fait que le racisme ordinaire rôde encore partout comme un prédateur dans la nuit, prêt à engendrer la violence.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Des gens comme eux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83332391-59679785.jpg?v=1728315133" alt=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" title=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" />
     </div>
     <div>
      Texte et adaptation : Samira Sedira.       <br />
       Mise en scène : Éric Massé.       <br />
       Avec : Laure Barida, Louis Ferrand, Étienne Galharague, Gaëtan Kondzot, Marianne Pommier, Amélie Zekri et Éric Massé/Selena Hernandez en alternance.       <br />
       Collaboration artistique : Selena Hernandez.       <br />
       Coach vocal : Myriam Djemour.       <br />
       Scénographie : Kinga Sagi.       <br />
       Création sonore : Marc Chalosse.       <br />
       Création lumière : Rodolphe Martin.       <br />
       Création costumes : Loïs Heckendorn.       <br />
       Production : Théâtre Point du Jour, Lyon ; Compagnie des Lumas.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 11 octobre 2024.</span>       <br />
       Lundi, mardi, jeudi, vendredi à 20 h, samedi à 18 h 30.       <br />
       Théâtre du Point du Jour, 7 rue des Aqueducs, Lyon 5e, 04 78 25 27 59.       <br />
       <a class="link" href="https://www.pointdujourtheatre.fr/" target="_blank">&gt;&gt; pointdujourtheatre.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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