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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-13T03:04:31+02:00</updated>
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   <title>"Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique</title>
   <updated>2026-01-13T09:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Antoine-et-Cleopatre-Et-Tiago-Rodrigues-re-crea-le-couple-mythique_a4450.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93671960-65426502.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-13T09:09:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si en son temps "Dieu créa la femme" (Roger Vadim), on peut sans forcer aucunement l'Histoire affirmer que le jeune metteur en scène de Lisbonne – qui créa en décembre 2014 au Centro Cultural de Belém ce long poème en prose, avant de le rejouer à Avignon l'été suivant – a (re)donné vie au couple dont Plutarque et Shakespeare bien avant lui avaient assuré la destinée. Création originale s'il en est, s'affranchissant des faits d'armes de ses aînés pour mieux instiller le charme ô combien irrésistible de l'amour fou, "Antoine et Cléopâtre" revient aujourd'hui sur l'avant-scène sans n'avoir rien perdu de son magnétisme envoûtant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426502.jpg?v=1768292296" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Tiago Rodrigues, devenu depuis directeur du festival d'Avignon, n'a pas son pareil pour subvertir les frontières entre réalité et fiction en s'inspirant de l'existant (qu'il soit humain ou littéraire) pour en faire œuvre personnelle. Ici, au travers de neuf Chants se déployant comme des chorégraphies de mots à résonances écholaliques soutenues par des corps à l'unisson, Antoine va dire Cléopâtre et Cléopâtre va dire Antoine tant l'attraction qui lie ces deux amants opère comme un agent floutant d'emblée leurs identités… Fondus enchainés, faisant entendre l'état fusionnel qu'est le leur, unis puis désunis et réunis jusqu'à la mort dans la singulière bulle de leur intense amour.       <br />
              <br />
       Des frontières annihilées, dessinées avec la seule forme du corps de l'aimée… <span style="font-style:italic">&quot;Antoine dit : Cléopâtre. Cléopâtre dit : Antoine. Antoine dit : L'Égypte est ma prison. Cléopâtre dit : Je suis l'Égypte. Antoine dit : Et j'aime ma prison&quot;…</span> Chaque réplique, dans un chassé-croisé créant le vertige des &quot;sens&quot;, étant prise en charge non par le personnage mais par celui à qui elle s'adresse… Tensions des bras se cherchant, des visages se dévisageant, et des mots s'enlaçant les uns aux autres dans un tourbillon propre à nous soulever vers des nuages où se recompose la poésie des corps et des termes ne formant qu'un, précieux élixir cristallisant la passion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426503.jpg?v=1768292330" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Dans le flux et reflux du langage, comme en surimpression, apparaissent de manière subliminale les traces de leur destin annoncé. Ainsi quand, dès le Premier Chant, Antoine remarque au poignet de Cléopâtre son &quot;bracelet en forme de serpent&quot;, on peut entrevoir le venin de celui par lequel, au Neuvième Chant, elle mettra fin à ses jours, lorsque Antoine (la croyant morte) aura auparavant passé son épée au travers de son corps sous l'effet du désespoir. De même, les frontières entre présent, passé et futur sont allègrement transgressées ; les personnages qui en ont conscience ayant à c(h)œur de rester dans leur présent, s'y accrochant comme à une bouée, une obsession les préservant – un temps – de leur chute annoncée.       <br />
              <br />
       &quot;L'amour La poésie&quot;, au diptyque de Paul Éluard, il faudrait ajouter ici &quot;La politique&quot;, ce tiers guerrier qui va séparer les deux amants en rappelant à Rome le vaillant général du triumvirat qu'il est, appelé auprès du jeune César pour défendre l'Empire romain menacé… Antoine, de retour à Rome, dégrisé, le croit-il, de l'emprise de Cléopâtre… Cléopâtre dans son palais d'Alexandrie, refusant la vérité du messager venu l'informer du mariage d'Antoine avec la sœur de César pour raison d'État… La folie furieuse de Cléopâtre dans tous ses états, poignardant les habits laissés par Antoine… Les amants séparés, ravagés… Leurs retrouvailles… La guerre côte à côte… Et Antoine décidant soudain de fuir en mer la bataille, de fuir son honneur en suivant le navire de Cléopâtre s'enfuyant devant lui… L'amour plus fort que l'honneur du général romain… Cléopâtre et Antoine rentrant ensemble dans le présent de leur amour…       <br />
              <br />
       De nouveau Antoine et Cléopâtre, Cléopâtre et Antoine, ne formant plus qu'une seule ombre lumineuse dans le halo qui les distingue en les réunissant… Antoine et Cléopâtre, Cléopâtre et Antoine se lançant dans un duo de mots rebondissant les uns sur les autres dans un flux continu digne d'une battle d'anthologie poétique, une battle dont l'un et l'autre seront les complices, entrainés qu'ils sont dans le délire amoureux les transperçant de part en part… Un ultime orgasme partagé dont ils ressortiront enivrés jusqu'à rendre séduisante la mort annoncée.       <br />
              <br />
       Sur un plateau nu recouvert d'une immense toile propice aux projections des déserts d'Égypte ou encore des étendues marines s'étendant au large des côtes romaines, les deux acteurs chorégraphes (Sofia Dias et Vitor Roriz, remarquables l'un et l'autre, faisant corps avec les mots qui surgissent d'eux pour rendre palpables les abysses de la passion dévorante) &quot;enchantent&quot; ces neufs Chants à haute intensité poétique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426551.jpg?v=1768292357" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Lorsque leurs visages – ceux de Cléopâtre et Antoine – viennent à se refléter dans les cercles du mobile accroché aux cintres et que le jeu des lumières sculpte leur présence, on est littéralement subjugué par ce théâtre puisant ses seules ressources dans une économie parfaite. De même lorsque la musique du film de Joseph L. Mankiewicz, mettant en jeu le couple passionnel formé par Elizabeth Taylor et Richard Burton dans le rôle-titre, vient subrepticement s'inviter lors de pauses à vue, ses échos nous transpercent.       <br />
              <br />
       Tiago Rodrigues, né à Lisbonne trois ans après la Révolution des œillets, n'était encore qu'un jeune metteur en scène lorsqu'il a créé cette épure d'&quot;Antoine et Cléopâtre&quot;. Cristallisant l'essence de &quot;L'amour fou&quot; (André Breton) dans ce long poème en prose, à l'instar de Cléopâtre à qui il fait dire que les &quot;fautes d'Antoine sont la lumière qu'il projette sur les autres&quot;, on pourrait dire que les errements/errances de ses personnages – portés au plateau avec une grâce infinie – nous illuminent.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 7 janvier 2026, Salle Vauthier du tnba (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine), Bordeaux.       <br />
              <br />
       Création originale de la compagnie Mundo Perfeito, en décembre 2014, au Centro Cultural de Belém, Lisboa (Portugal) et représenté du 12 au 18 juillet 2015 au Festival d'Avignon, version en portugais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Antoine et Cléopâtre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93671960-65426560.jpg?v=1768292383" alt=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" title=""Antoine et Cléopâtre"… Et Tiago Rodrigues (re)créa le couple mythique" />
     </div>
     <div>
      Version en français.       <br />
       Traduction française : Thomas Resendes.       <br />
       Texte : Tiago Rodrigues.       <br />
       Mise en scène : Tiago Rodrigues (avec des citations d'&quot;Antoine et Cléopâtre&quot; de William Shakespeare).       <br />
       Avec : Sofia Dias et Vítor Roriz.       <br />
       Collaboration artistique : Maria João Serrão et Thomas Walgrave.       <br />
       Scénographie : Ângela Rocha.       <br />
       Costumes : Ângela Rocha et Magda Bizarro.       <br />
       Création lumière : Nuno Meira.       <br />
       Musique : extraits de la bande originale du film &quot;Cléopâtre&quot; (1963), composée par Alex North.       <br />
       Construction du mobile : Decor Galamba.       <br />
       Direction technique et régie lumière : Cárin Geada.       <br />
       Régie plateau : Catarina Mendes.       <br />
       Régie son : Frisson.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du mercredi 7 janvier au vendredi 16 janvier 2026.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre national de Bordeaux Aquitaine, Salle Vauthier, 3, lace Pierre Renaudel, Bordeaux.       <br />
       Téléphone : 05 56 33 36 60.       <br />
       <a class="link" href="https://tnba.org/billetterie" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Antoine-et-Cleopatre-Et-Tiago-Rodrigues-re-crea-le-couple-mythique_a4450.html" />
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   <title>"Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?</title>
   <updated>2024-12-25T15:56:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Antigone-in-the-Amazon-Et-si-l-Histoire-recommencait_a4111.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85147710-60739541.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-26T07:53:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'Histoire en boucle… Non pour assister à la répétition névrotique du même, mais pour s'en saisir à bras-le-corps afin d'en proposer une version très actuelle… En effet, quand le metteur en scène suisse Milo Rau, connu pour pratiquer un théâtre enraciné dans les réalités sociétales et sans concession pour le politiquement correct (cf. "La reprise - Histoire(s) du théâtre (I)") élit le sort de l'Amazonie et de ses populations autochtones comme sujet de sa nouvelle création, l'expression "arts vivants" reprend diablement de la couleur… en résonnant avec l'histoire mythique contée par Sophocle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739541.jpg?v=1735137100" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Homme de terrain – élève du sociologue Bourdieu dont il a retenu le mantra : <span style="font-style:italic">&quot;si tu veux parler de la boxe, il faut devenir boxeur&quot;</span> – il a pris le temps de rencontrer longuement la population autochtone de la Province de Para au Brésil, celle d'Eldorado do Carajas précisément, là où le 17 avril 1996, dix-neuf paysans ont été tués par la police militaire. Leur crime ? Militants du MST (Mouvement des sans-terre), ils marchaient pacifiquement sur la route 155, virage S, pour obtenir les papiers officiels leur permettant d'occuper légalement une immense ferme regroupant plus de trois mille familles.       <br />
              <br />
       Quant au dispositif scénique, il rend compte à lui seul du désir de faire &quot;dialoguer&quot; les personnages de la tragédie de Sophocle et les acteurs locaux du Mouvement des sans-terre. Ainsi, sur le plateau, en tenue de tous les jours, quatre acteurs interprèteront en les commentant (le paratexte prend toute sa part) les personnages d'&quot;Antigone&quot;, tandis que sur un immense écran, les vidéos enregistrées au Brésil montreront les &quot;acteurs&quot; du Mouvement des sans-terre vivre leurs revendications. Et, par un effet de synchronisation bluffant, les uns et les autres dialogueront, créant les conditions de l'effraction du réel dans la tragédie antique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739543.jpg?v=1735137203" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Fidèle à la tradition, le chœur introduit avec poésie le drame contemporain qui va se jouer devant nous… <span style="font-style:italic">&quot;Il est bien des monstres, mais aucun ne l'est plus que l'homme… Aucun plus étrange, magnifique et épouvantable… Il abuse de la déesse suprême Terre, il creuse ses profondeurs, cherchant avidement l'or. Il capture l'énergie de l'eau, du vent… Il rompt le lien entre les êtres… Il domestique le faucon qui volait librement… Il force les fils de la forêt à oublier leur terre natale et s'approprie les lieux où vivaient leurs ancêtres…&quot;</span>. Et de conclure : <span style="font-style:italic">&quot;Il est des choses monstrueuses, mais rien n'est plus monstrueux que l'humain&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Après un rappel du contexte géopolitique de la création du spectacle et du parti-pris artistique résolument assumé de s'en faire le porte-parole (écho du Théâtre de l'Opprimé d'Augusto Boal dont Milo Rau est l'un des héritiers), le lieu de la représentation s'enrichit des vidéos projetant sur fond d'écran géant les manifestants du Mouvement des Sans-Terre. Dans une déclaration liminaire, un acteur du plateau prend soin de préciser que les images ont été tournées sur la route même où a eu lieu le massacre de 1996. Ainsi, au prologue antique, remettant en jeu l'origine du drame grec, répond un autre. Celui de l'assassinat, ici et maintenant, par la police militaire brésilienne de la voix emblématique du peuple autochtone.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739586.jpg?v=1735137244" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Sur l'écran apparaît alors, en une succession de plans d'ensemble et de gros plans sur les visages déterminés par la colère, la reconstitution de la manifestation réprimée dans le sang. Lors du tournage, s'étant mêlés aux membres du MST dans un effet bluffant de vérité reliant les deux lieux de la représentation, les acteurs du plateau défilent aux deux endroits au cri de : <span style="font-style:italic">&quot;Invasion ! Colonisation ! Pour la réforme agraire ! La lutte jusqu'au bout ! La liberté ou la mort ! Ne marchez pas sur la fourmilière !&quot;</span>. Et lorsque, à l'écran, les soldats les visent et tirent à bout portant sur la foule, sur le plateau, la même scène de violence policière se joue. Trainé par les cheveux, criant <span style="font-style:italic">&quot;Vive le MST !&quot;</span> alors qu'il est frappé à mort, l'acteur de la cause s'effondre. On a beau savoir qu'il s'agit là de &quot;cinéma&quot; et de &quot;théâtre&quot;, le réalisme de la violence mise en jeu est – effet recherché et assumé – difficilement supportable.       <br />
              <br />
       Comme l'Antigone brésilienne, au premier rang de la lutte contre la destruction de l'Amazonie et de ses peuples autochtones, n'a pu se déplacer en France, c'est un acteur du plateau (le même qui jouera Polynice mort, un garde… et Antigone de Sophocle) qui donne vie à Kay Sara, symbole vivant du non radical à opposer à tous les dirigeants répressifs, que ce soit Créon, naguère en Grèce, ou Bolsonaro, aujourd'hui au Brésil.       <br />
              <br />
       Quant au musicien du plateau, c'est à lui que revient la direction du chœur des MST apparaissant sur l'écran. Rassemblés sur la place du village face au Centre social (choix symbolique qui résonne de manière décalée avec le Palais de Créon, lieu de l'action antique), les militants du MST auxquels se sont mêlés des survivants de 1996, entonnent un chant révolutionnaire repris sur scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739588.jpg?v=1735137299" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Suivent les actes connus de la tragédie mettant en abyme les protagonistes (Créon le roi, Antigone l'irréductible, Hémon son amoureux et fils du roi, Ismène sa sœur) et leurs doubles brésiliens, tous appartenant à une cosmologie dépassant leur existence terrestre. Cependant Milo Rau qui, pour reprendre le titre du discours prononcé par Kay Sara l'Antigone brésilienne, pense que <span style="font-style:italic">&quot;Cette folie doit cesser&quot;</span>, tord la tragédie antique pour, dans sa dernière partie, en proposer une lecture ouvrant sur d'autres horizons d'attente…       <br />
              <br />
       Soudain, le jeu s'arrête net, comme un arrêt sur image, pour ajouter un dénouement différent. Quand le jeu reprend, Hémon est en effet le premier des morts à se relever, les autres le suivent… <span style="font-style:italic">&quot;Ceci n'est pas la fin&quot;</span>, mais seulement le début d'une âpre lutte qui se poursuit, encore et toujours, jusqu'à ce que les exclus puissent trouver réparation et recouvrer les terres dont ils ont été spoliés. Car l'histoire du Brésil, de la dictature des années 1964-1985 à la démocratie fragile qui lui a succédé avec le retour du fascisme dans les urnes en 2018 – <span style="font-style:italic">&quot;L'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer&quot;</span>, dixit Bolsonaro, le même qui a qualifié le mouvement des sans-terre de &quot;terroristes&quot; –, ne pouvait en toute équité s'arrêter là.       <br />
              <br />
       Ainsi rompant avec &quot;la poésie de la mort&quot; de Sophocle <span style="font-style:italic">(&quot;Si vous ouvrez la bouche, des coups sanglants la fermeront&quot;)</span>, si fascinante puisse-t-elle apparaître, Milo Rau, percutant metteur en jeu des réalités présentes, propose en manière d'apothéose un final de nature à enchanter les luttes… et les spectateurs gagnés à son manifeste artistique. En (re)jouant la tragédie, il déjoue son impact funeste… et l'espoir de pouvoir changer le monde reprend sens.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 12 décembre 2024 dans la Grande salle Vitez du tnba à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Antigone in the Amazon"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739699.jpg?v=1735138069" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en anglais, portugais, tucano, flamand et français.       <br />
       Surtitré en français et en anglais.       <br />
       Conception et mise en scène : Milo Rau.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Katelijne Laevens, assistée de Carolina Bufolin, Zacharoula Kasaraki, Lotte Mellaerts.       <br />
       Avec : Frederico Araujo, Pablo Casella, Sara De Bosschere, Arne De Tremerie       <br />
       Et, en vidéo, Gracinha Donato, Ailton Krenak, Célia Maracajá, Kay Sara, le chœur des militantes et militants du Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST).       <br />
       Dramaturgie : Giacomo Bisordi et Martha Kiss Perrone.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Kaatje De Geest, Douglas Estevam, Carmen Hornbostel.       <br />
       Scénographie : Anton Lukas.       <br />
       Costumes : Gabriela Cherubini, Jo De Visscher, Anton Lukas.       <br />
       Lumière : Dennis Diels.       <br />
       Musique : Pablo Casella, Elia Rediger.       <br />
       Vidéo : Moritz von Dungern, Fernando Nogari, Joris Vertenten.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea (français), Carolina Bufolin (anglais).       <br />
       Dispositif d'accessibilité : Panthea.       <br />
       Direction technique : Oliver Houttekiet.       <br />
       Régie plateau : Marijn Vlaeminck.       <br />
       Technique : Brecht Beuselinck, Dimitri Devos, Stavros Otis Tarlizos.       <br />
       Production : NTGent, Klaas Lievens, Gabi Conçalves (Brésil).       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 10 au vendredi 13 décembre 2024 au tnba à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 8 janvier 2025 :</span> Théâtre Roslyn Packer, Festival de Sydney, Sydney (Australie).       <br />
       11 et 12 avril 2025 : Théâtre de Naples, Naples (Italie).       <br />
       8 Mai 2025 : Théâtre Metastasio, Prato (Italie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Antigone-in-the-Amazon-Et-si-l-Histoire-recommencait_a4111.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables</title>
   <updated>2024-12-16T19:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/C-est-toi-qu-on-adore-et-Pode-Ser-Portraits-en-mouvement-de-guerilleres-fragiles-et-indomptables_a4105.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/84991385-60643092.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-16T18:14:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Leïla Ka occupe une place à part dans le paysage chorégraphique contemporain. Découverte en 2019 par Jean-Luc Terrade lors de sa programmation dans le Festival Trente Trente de Bordeaux, elle a conquis "sur le champ" grand public et initiés. Sa force d'attraction ? Une authenticité à fleur de peau alliant fragilité et puissance pour mieux dire ce que le corps sait des violences imposées au genre féminin par des siècles de domination. Ce soir, retour aux sources… Reprise de ses deux premières créations confiées ici à de nouvelles interprètes "faisant corps" avec les chorégraphies originelles de ces compositions intranquilles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84991385-60643092.jpg?v=1734370955" alt=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" title=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"C'est toi qu'on adore"</strong></span>, ce titre – emprunté à un poème d'Albert Londres où celui qui avait pour mantra de "porter la plume dans la plaie" dénonçait les conditions inhumaines de détention des bagnards de Guyane que seul l'espoir d'une évasion, si illusoire soit-elle, maintenait en vie – sonne comme un avertissement subliminal… Sur le plateau nu, deux jeunes femmes immobiles se préparent à porter la danse à son point d'incandescence pour mener (elles aussi) un combat dantesque contre les forces d'assignation les faisant immanquablement chuter dès qu'elles se relèvent. L'une et l'autre se fondent dans la figure du même, dédoublé et pouvant être dupliqué à satiété tant leur combat sororal est celui de l'ensemble du genre féminin.       <br />
              <br />
       Deux formes vêtues du même vêtement les fondant dans la même entité, un seul corps dansé porté tantôt par une fabuleuse musique lancinante et répétitive, tantôt par leurs seules respirations mêlées l'une à l'autre. Sur le tempo hypnotique des sarabandes de Schubert et Haendel, les deux se lancent – souvent en écho, parfois en opposition comme pour souligner un déchirement intérieur – dans un corps à corps chorégraphié au millimètre contre les forces invisibles les réduisant à une place désignée par la tradition conservatrice, une lutte cruelle à jamais inaccomplie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84991385-60643094.jpg?v=1734371053" alt=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" title=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" />
     </div>
     <div>
      Lorsque la musique envoûtante s'interrompt, seul le souffle suspendu des interprètes vient troubler le silence… avant que, les notes s'affolant, ne se déclenche le cataclysme les déchirant de part en part. Roulés-boulés, reptations sur le dos, déplacements au seul appui des avant-bras, jets de poings, figures torturées, trament l'énergie électrisante de cette danse-combat à haute valeur expressive où les émotions, amplifiées par le corps &quot;haut-parleur&quot;, explosent littéralement jusqu'aux larmes effacées subrepticement d'un coin de leur habit.       <br />
              <br />
       Aussi, ce serait peu dire que d'évoquer les frissons libérés à &quot;l'écoute&quot; de ce corps chorégraphié, magistralement dédoublé, corps lancé à la recherche vitale d'une identité confisquée. Un corps désireux d'en finir avec les emprises, un corps non assujetti aux désirs des autres, mais ivre de lui-même. Cet âpre combat pour tenter &quot;sans armure&quot; mais avec une détermination sans faille (cf. &quot;La Quête&quot; de Jacques Brel dans &quot;L'Homme de la Mancha&quot;) d'atteindre l'inaccessible métamorphose et son point d'orgue, l'avènement du sujet, signe le point de non-retour vers une normalité grise et perfidement toxique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84991385-60643123.jpg?v=1734371116" alt=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" title=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Pode Ser"</strong></span>, "peut-être", en portugais… Là encore, ce titre (celui de la toute première création de Leïla Ka) contient dans ses plis l'annonce de ce qui suivra. Faisant figure de matrice originelle, "Pode Ser" dévoile en effet son mantra… Chaque petite fille – "l'a-venir" de la femme – ne doit aucunement se résoudre à être ce que d'autres ont décidé qu'elle soit. Chacune est "peut-être" cela, mais assurément, elle est aussi "autre(s)" et ne peut être résumée aux vœux déposés en elle par ses géniteurs et autres représentants d'un ordre établi ne la concernant nullement.       <br />
              <br />
       Confiant sa proposition à une interprète lui ressemblant jusqu'à les confondre, la chorégraphe embarque dans un solo tourbillonnant… D'abord immobile, comme sidérée en bord de plateau, visage contraint et bras ramenés autour du cou, l'interprète semble porter le poids d'un héritage ancestral la figeant sur pieds. Et lorsqu'elle se mettra à bouger, dans un silence sépulcral, ce sont des soubresauts qui annonceront la mue en devenir.       <br />
              <br />
       Au rythme enivrant de la musique classique de Schubert, elle tournoie sur elle-même à la façon des ballerines d'Opéra, sa robe vaporeuse virevoltant… avant de, aux accents d'une musique électrisée, rouler au sol, les pieds entravés dans son long vêtement, son accoutrement de ballerine retourné sur la tête dévoilant alors un pantalon de jogging et une paire de tennis… On ne pourrait mieux – en actes superbement chorégraphiés – rendre sensibles les vicissitudes d'un habit taillé aux dimensions de parure servant de camisole et incarcérant le corps féminin pour en faire l'objet standardisé des diktats réactionnaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84991385-60643146.jpg?v=1734371206" alt=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" title=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" />
     </div>
     <div>
      La force insurrectionnelle animant l'interprète aux apparences fragiles qui, corps convulsé et rage au cœur, fait vaciller le socle de l'ancien monde nous atteint en plein plexus. On n'est pas prêt d'oublier la marionnette désarticulée, mue par des volontés externes en tirant les fils, laissant place à un corps libéré au prix d'efforts surhumains. Et lorsque l'on ajoutera que l'enivrante musique de Schubert, &quot;Andante con moto&quot; entendue dans &quot;Barry Lyndon&quot; de Stanley Kubrick, est convoquée, on comprendra l'intensité indicible de l'émotion partagée.       <br />
              <br />
       Cette pièce inaugurale de Leïla Ka porte en germes ses créations futures dont la dernière, &quot;Maldonne&quot;, sera programmée en terre girondine en mars prochain à L'Entrepôt du Haillan. En cristallisant dès ses débuts ce qui deviendra sa marque de fabrique, elle signe ici un engagement &quot;poé(li)tique&quot; indéfectible servi par un style d'écriture chorégraphique conjuguant fragilité et détermination. Un chapitre essentiel du manifeste pour une danse contemporaine inscrite dans le monde comme il va (ou ne va pas).       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 5 décembre 2024 aux Colonnes de Blanquefort (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84991385-60643229.jpg?v=1734372251" alt=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" title=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"C'est toi qu'on adore"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : Leïla Ka.       <br />
       Interprétation : Océane Crouzier et Mathilde Roussin.       <br />
       Création lumière : Laurent Fallot.       <br />
       Régie lumière : Agathe Pascal.       <br />
       Régie son en alternance : Rodrig De Sa, Manon Garnier.       <br />
       Durée : 40 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84991385-60643253.jpg?v=1734372297" alt=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" title=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Pode Ser"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : Leïla Ka.       <br />
       Interprétation : Anna Tierney.       <br />
       Création lumière : Laurent Fallot.       <br />
       Régie lumière : Agathe Pascal.       <br />
       Régie son en alternance : Rodrig De Sa, Manon Garnier.       <br />
       Durée : 15 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84991385-60643357.jpg?v=1734372418" alt=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" title=""C'est toi qu'on adore" et "Pode Ser" Portraits en mouvement de "guerillères" fragiles et indomptables" />
     </div>
     <div>
      <b>Représentés le jeudi 5 et le vendredi 6 décembre 2024, aux Colonnes de Blanquefort (en partenariat avec La Manufacture CDCN), Scène Nationale Carré-Colonnes (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">31 janvier et 1ᵉʳ février 2025 :</span> &quot;Pode Ser&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Théâtre de l'Olivier, Istres (13).       <br />
       Du 4 au 8 février 2025 : &quot;Pode Ser&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Anthea Antipolis Théâtre, Antibes (06).       <br />
       7 mars 2025 : &quot;Pode Ser&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Mairie, Cannes (06).       <br />
       15 mars 2025 : &quot;Pode Ser&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Centre culturel Le Grain de sel, Séné (56).       <br />
       25 mars 2025 : &quot;Pode Ser&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Salle André Malraux, Luisant (28).       <br />
       26 mars 2025 : &quot;Pode Ser&quot;, &quot;Bouffées&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Théâtre des Bergeries, Noisy-le-Sec (93).       <br />
       2 avril 2025 : &quot;Pode Ser&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Le Manège - Scène nationale, Maubeuge (59).       <br />
       4 avril 2025 : &quot;Pode Ser&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Espace Germinal, Fosses (95).       <br />
       18 avril 2025 : &quot;Pode Ser&quot;, &quot;Bouffées&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, Théâtre Comœdia, Marmande (47).       <br />
       24 mai 2025 : &quot;Pode Ser&quot; et &quot;C'est toi qu'on adore&quot;, L'Entracte - Scène conventionnée, Sablé-sur-Sarthe (72).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/C-est-toi-qu-on-adore-et-Pode-Ser-Portraits-en-mouvement-de-guerilleres-fragiles-et-indomptables_a4105.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité</title>
   <updated>2023-07-16T10:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in_a3676.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74073489-51514063.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-16T09:40:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Convier sur scène quatre comédiens, doublures d'humanitaires dont les paroles ont été collectées avec grand soin, pour qu'ils se fassent les passeurs du vécu singulier de chacun, tel est l'enjeu incandescent de cet objet théâtral conçu par Tiago Rodrigues. Ainsi, le plateau de l'Opéra Grand Avignon deviendra-t-il, le temps d'une représentation, le champ d'opérations humanitaires à très hautes intensités émotionnelles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514063.jpg?v=1689494892" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Toutes les créations du metteur en scène portugais, si différentes soient-elles dans les thèmes abordés et dans les mises en jeu proposées, sont marquées au coin d'une vibrante humanité. Aussi n'est-il pas surprenant que l'ancien directeur du théâtre de Lisbonne ait élu la vie &quot;ordinaire&quot; des humanitaires, pour en proposer non une hagiographie, mais un récit en train de se faire au plus proche des réalités de terrain. Le résultat est bluffant de vérités humaines qui, dans une scénographie baignée de poésie envoûtante, explosent au grand jour pour que leurs éclats nous transpercent sans possibilité aucune d'échapper à leur impact.       <br />
              <br />
       Des toiles de tentes mouvantes au gré du vent qui les soulève, baignées par un spectre lumineux dominé par l'ambre, l'orangé et le rouge avant d'être saturé par le noir de la nuit, plantent le décor de lieux d'opérations jamais nommées, mais que l'on devine aisément être ceux du génocide rwandais, des montagnes d'Afghanistan ou encore des contrées d'Ukraine mis à feu et à sang par une guerre qualifiée de crimes contre l'humanité. Ces territoires en guerre sont nommés ceux de l'Impossible, contrastant avec les contrées (encore) en paix, le monde privilégié du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514064.jpg?v=1689494921" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      En &quot;lever de rideau&quot; de cette anthologie de l'humanitaire, deux hommes et deux femmes alignés en bord de scène brossent le cadre des entretiens ayant nourri le spectacle à venir. Leurs attitudes annoncent l'authenticité des témoignages à suivre, rebattant d'emblée les cartes des représentations conventionnelles de l'humanitaire. Ils ne sont, ces femmes et ces hommes, ni des héros, ni des missionnaires, mais des échantillons de la complexité humaine &quot;au travail&quot;, car faire de l'humanitaire est avant tout à prendre comme un travail… Cette séquence liminaire non exempte d'humour – l'un d'eux confie qu'il n'aime pas le théâtre et qu'il s'y ennuie terriblement – initialise le parti pris de la représentation : il s'agira avant tout de projeter les témoignages investis d'acteurs de terrain… et non d'acteurs de théâtre.       <br />
              <br />
       D'emblée, les préjugés sont mis à mal… Pour pouvoir regarder la mort en face, pour la côtoyer de près chaque jour, le sexe est le meilleur antidote des humanitaires, il les sauve de ce boulot répétitif et ennuyeux comme n'importe quel travail peut l'être. Exit les images d'Épinal, place aux réalités…       <br />
              <br />
       Le récit d'une ville anéantie au-delà des montagnes. Des ruines traversées par de vieilles femmes errantes et, au loin, un vieux camion arborant un vague drapeau censé le protéger des tirs. Dans ce paysage de fin du monde, deux hommes s'appliquent à charger des corps minutieusement enveloppés dans des draps immaculés. Et l'humanitaire d'apprendre d'eux, ce jour-là, l'importance à accorder aux morts, une question de dignité. Dans ses référents occidentaux, les blessés gisant auraient mérité avant tout leur attention. Un changement de paradigme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514067.jpg?v=1689494943" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      La batterie installée au centre du campement, faisant corps avec son musicien omniprésent, fait résonner jusque dans nos chairs des déferlements de bruits stressants… Un autre humanitaire prend la parole pour dire les attentes des proches à son retour de mission, une soif de curiosité… qu'il étanchera en racontant &quot;une aventure&quot; réclamée à cor et à cris entre des remarques de leur actualité : <span style="font-style:italic">&quot;Tu as vu, on a refait la salle de bain !&quot;</span>. Le récit du choix qu'il a dû alors opérer – à qui attribuer la seule poche de sang disponible, alors que cinq enfants en avaient vitalement besoin – gâchera la soirée de son entourage… Deux mondes en parallèle, l'Impossible ne pouvant décidément rejoindre le Possible.       <br />
              <br />
       Parfois, les histoires de ceux qui sont aidés viennent si violemment percuter celles des aidants, que la vieille antienne consistant à penser que ceux qui aident ont la vie plus facile que les aidés vole en éclats. Parfois une rencontre irrigue l'aridité vécue, comme celle d'un médecin jardinier faisant pousser consciencieusement de la menthe, dont les graines offertes à un humanitaire de passage auront une vie meilleure que dans son pays voué à la destruction. Avec cependant un point commun à toutes ces histoires, <span style="font-style:italic">&quot;l'humanitaire n'est qu'un bout de sparadrap sur les maux de l'humanité&quot;</span>. Si bien que certains, engagés dans l'action humanitaire, prenant conscience qu'ils ne pourront changer le monde, ne s'en remettent pas… et mutent pour un poste bien rémunéré dans une clinique privée du monde du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514081.jpg?v=1689495355" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Et puis vient se nicher, sous forme d'une lettre (im)pertinente envoyée par un humanitaire à son organisation, le constat sans fard que le petit monde des humanitaires n'échappe pas aux dérives des perversions pédophiles de ceux qui occupent une situation de pouvoir en terrain fragile. Expérience compensée par celle de la rencontre du &quot;petit footballeur mythologique&quot;, sauvé in extrémis de la mort par un autre humanitaire, qui sera sauvé à son tour grâce à l'enfant.       <br />
              <br />
       D'autres récits s'enchaîneront, tous traitant de sujets à vif. Ainsi de la marche chorégraphiée, effectuée sur un air de fado a cappella troublant au plus haut point, afin de célébrer les quelques minutes de silence arraché aux bruits de la guerre pour aller sauver un jeune combattant de quatorze ans ayant pris les armes. Celle de cette chirurgienne ayant sauvé un commandant en lui posant une prothèse, et qui lors d'un checkpoint, sans état d'âme la… et là, l'humanitaire qui porte ce récit, étranglée par l'émotion, demande l'arrêt de l'enregistrement. Ou encore celle de cette jeune femme, partie la tête pleine des belles images de sauveuse de l'humanité souffrante, qui, au contact du terrain, découvre qu'en tant que soldat de la paix, elle a été amenée à réprimer très durement les émeutes suscitées par la distribution de nourriture aux affamés. C'était sa première mission.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514082.jpg?v=1689495382" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Quant au final, les paroles ayant été dites et entendues, les humanitaires quitteront la scène de leurs interventions pour laisser, éclairé par la lumière fabuleuse d'un soleil couchant tombé du gril, le musicien seul au plateau. Là, il fera résonner longtemps les battements syncopés de sa batterie comme autant d'épreuves inscrites en nous en lettres de feu… Un grand moment de &quot;théâtre documenté&quot;, beau comme le soleil noir de la vérité de l'(in)humain et rendu sensible par les interprétations fulgurantes des comédiens, en particulier de Beatriz Brás et d' Adama Diop magistraux en tous points.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 14 juillet 2023, à l'Opéra Grand Avignon, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans la mesure de l'impossible"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514084.jpg?v=1689495412" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Spectacle créé le 1er février 2022 à La Comédie de Genève.       <br />
       Spectacle en français, anglais et portugais sur-titré en français et en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Renata Antonante, Lisa Como.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.       <br />
       Avec : Beatriz Brás, Isabelle Caillat, Baptiste Coustenoble, Adama Diop et Gabriel Ferrandini (musicien).       <br />
       Scénographie : Laurent Junod, Wendy Tukuoka, Laura Fleury.       <br />
       Musique : Gabriel Ferrandini.       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Son : Pedro Costa.       <br />
       Costumes et collaboration artistique : Magda Bizarro.       <br />
       Régie générale : Valérie Oberson et Michael Bouvier (en alternance).       <br />
       Régie lumière : Étienne Morel et Serge Lévi (en alternance).       <br />
       Régie son : Charles Mugel.       <br />
       Habilleuse : Karine Dubois.       <br />
       Le texte est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
       &quot;Medo&quot; d'Alain Oulman, interprété par Beatriz Brás d'après un poème de Reinaldo Ferreira       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 au 16 et du 18 au 22 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 16 h.       <br />
       Opéra Grand Avignon, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du ven. 11/08/23 au lun. 14/08/23 : Edinburgh International Festival – Edimbourg (Royaume-Uni)       <br />
       Les 10 et 11 janvier 2024 : MAC - Maison des Arts, Créteil (94).       <br />
       Du 18 au 20 janvier 2024 : Théâtre-Sénart - Scène nationale, Lieusaint (77).       <br />
       Les 24 et 25 janvier 2024 : Château Rouge, Annemasse ((74).       <br />
       Les 21 et 22 février 2024 : Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).       <br />
       Le 01/03/2024 : Le Reflet - Théâtre de Vevey, Vevey (Suisse).       <br />
       Du 12 au 15 mars mars 2024 : Le Grand T, Nantes (44).       <br />
       Les 4 et 5 avril 2024 : Châteauvallon - Le Liberté - scène nationale, Toulon (83).       <br />
       Du 17 au 25 avril 2024 : Teatro Culturgest, Lisbonne (Portugal).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514085.jpg?v=1689495462" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in_a3676.html" />
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  <entry>
   <title>"Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité</title>
   <updated>2023-06-09T16:50:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in-humanite_a3604.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73398615-51089485.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-06-09T16:10:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Convier sur scène quatre comédiens, doublures d'humanitaires dont les paroles ont été collectées avec grand soin, pour qu'ils se fassent les passeurs du vécu singulier de chacun, tel est l'enjeu incandescent de cet objet théâtral conçu par… Tiago Rodrigues. C'est en effet au tout nouveau directeur de la 77e édition du Festival d'Avignon - qui prendra ses fonctions en juillet prochain - qu'il revient de signer l'apothéose d'une belle saison au TnBA.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089485.jpg?v=1686321922" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Toutes les créations du metteur en scène portugais, si différentes soient-elles dans les thèmes abordés et dans les mises en jeu proposées, sont marquées au coin d'une vibrante humanité. Aussi n'est-il pas surprenant que l'ancien directeur du théâtre de Lisbonne ait élu la vie &quot;ordinaire&quot; des humanitaires pour en proposer non une hagiographie mais un récit en train de se faire au plus proche des réalités de terrain. Le résultat est bluffant de vérités humaines qui, dans une scénographie baignée de poésie envoûtante, explosent au grand jour pour que leurs éclats nous transpercent sans possibilité aucune d'échapper à leur impact.       <br />
              <br />
       Des toiles de tentes mouvantes au gré du vent qui les soulève, baignées par un spectre lumineux dominé par l'ambre, l'orangé et le rouge avant d'être saturé par le noir de la nuit, plantent le décor de lieux d'opérations jamais nommées, mais que l'on devine aisément être ceux du génocide rwandais, des montagnes d'Afghanistan ou encore des contrées d'Ukraine mises à feu et à sang par une guerre qualifiée de crimes contre l'humanité. Ces territoires en guerre sont nommés ceux de l'Impossible, contrastant avec les contrées (encore) en paix, le monde privilégié du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089489.jpg?v=1686322016" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      En &quot;lever de rideau&quot; de cette anthologie de l'humanitaire, deux hommes et deux femmes alignés en bord de scène brossent le cadre des entretiens ayant nourri le spectacle à venir. Leurs attitudes annoncent l'authenticité des témoignages à suivre, rebattant d'emblée les cartes des représentations conventionnelles de l'humanitaire. Ils ne sont, ces femmes et ces hommes, ni des héros, ni des missionnaires, mais des échantillons de la complexité humaine &quot;au travail&quot;, car faire de l'humanitaire est avant tout à prendre comme un travail… Cette séquence liminaire non exempte d'humour - l'un d'eux confie qu'il n'aime pas le théâtre et qu'il s'y ennuie terriblement - initialise le parti pris de la représentation : il s'agira avant tout de projeter les témoignages investis d'acteurs de terrain… et non d'acteurs de théâtre.       <br />
              <br />
       D'emblée, les préjugés sont mis à mal… Pour pouvoir regarder la mort en face, pour la côtoyer de près chaque jour, le sexe est le meilleur antidote des humanitaires, il les sauve de ce boulot répétitif et ennuyeux comme n'importe quel travail peut l'être. Exit les images d'Épinal, place aux réalités…       <br />
              <br />
       Le récit d'une ville anéantie au-delà des montagnes. Des ruines traversées par de vieilles femmes errantes et, au loin, un vieux camion arborant un vague drapeau censé le protéger des tirs. Dans ce paysage de fin du monde, deux hommes s'appliquent à charger des corps minutieusement enveloppés dans des draps immaculés. Et l'humanitaire d'apprendre d'eux, ce jour-là, l'importance à accorder aux morts, une question de dignité. Dans ses référents occidentaux, les blessés gisant auraient mérité avant tout leur attention. Un changement de paradigme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089585.jpg?v=1686322062" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      La batterie installée au centre du campement faisant corps avec son musicien omniprésent, fait résonner jusque dans nos chairs des déferlements de bruits stressants… Un autre humanitaire prend la parole pour dire les attentes des proches à son retour de mission, une soif de curiosité… qu'il étanchera en racontant &quot;une aventure&quot; réclamée à cor et à cris entre des remarques de leur actualité : <span style="font-style:italic">&quot;Tu as vu, on a refait la salle de bain !&quot;</span>. Le récit du choix qu'il a dû alors opérer - à qui attribuer la seule poche de sang disponible, alors que cinq enfants en avaient vitalement besoin - gâchera la soirée de son entourage… Deux mondes en parallèle, l'Impossible ne pouvant décidément rejoindre le Possible.       <br />
              <br />
       Parfois les histoires de ceux qui sont aidés viennent si violemment percuter celles des aidants, que la vieille antienne consistant à penser que ceux qui aident ont la vie plus facile que les aidés vole en éclats. Parfois une rencontre irrigue l'aridité vécue, comme celle d'un médecin-jardinier faisant pousser consciencieusement de la menthe, dont les graines offertes à un humanitaire de passage auront une vie meilleure que dans son pays voué à la destruction. Avec cependant un point commun à toutes ces histoires, <span style="font-style:italic">&quot;l'humanitaire n'est qu'un bout de sparadrap sur les maux de l'humanité&quot;</span>. Si bien que certains, engagés dans l'action humanitaire, prenant conscience qu'ils ne pourront changer le monde, ne s'en remettent pas… et mutent pour un poste bien rémunéré dans une clinique privée du monde du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089586.jpg?v=1686322095" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Et puis vient se nicher, sous forme d'une lettre (im)pertinente envoyée par un humanitaire à son organisation, le constat sans fard que le petit monde des humanitaires n'échappe pas aux dérives des perversions pédophiles de ceux qui occupent une situation de pouvoir en terrain fragile. Expérience compensée par celle de la rencontre du &quot;petit footballeur mythologique&quot;, sauvé in-extrémis de la mort par un autre humanitaire, qui sera sauvé à son tour grâce à l'enfant.       <br />
              <br />
       D'autres récits s'enchaîneront, tous traitant de sujets à vif. Ainsi de la marche chorégraphiée, effectuée sur un air de fado a cappella troublant au plus haut point, afin de célébrer les quelques minutes de silence arraché aux bruits de la guerre pour aller sauver un jeune combattant de quatorze ans ayant pris les armes. Celle de cette chirurgienne ayant sauvé un commandant en lui posant une prothèse et qui, lors d'un checkpoint, sans état d'âme la… et là, l'humanitaire qui porte ce récit, étranglée par l'émotion, demande l'arrêt de l'enregistrement. Ou encore celle de cette jeune femme, partie la tête pleine des belles images de sauveuse de l'humanité souffrante qui, au contact du terrain, découvre qu'en tant que soldat de la paix, elle a été amenée à réprimer très durement les émeutes suscitées par la distribution de nourriture aux affamés. C'était sa première mission.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089688.jpg?v=1686322611" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Quant au final, les paroles ayant été dites et entendues, les humanitaires quitteront la scène de leurs interventions pour laisser, éclairée par la lumière fabuleuse d'un soleil couchant tombé du gril, le musicien seul au plateau. Là, il fera résonner longtemps les battements syncopés de sa batterie comme autant d'épreuves inscrites en nous en lettres de feu… Un grand moment de &quot;théâtre documenté&quot;, beau comme le soleil noir de la vérité de l'(in)humain.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 31 mai 2023, Grande Salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans la mesure de l'impossible"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089689.jpg?v=1686322644" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en français, anglais et portugais surtitré en français et en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lisa Como.       <br />
       Avec : Adrien Barazzone, Beatriz Brás, Baptiste Coustenoble, Natacha Koutchoumov        <br />
       et Gabriel Ferrandini (musicien).       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.        <br />
       Scénographie : Laurent Junod, Wendy Tokuoka, Laura Fleury.       <br />
       Composition musicale : Gabriel Ferrandini..       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Son : Pedro Costa.       <br />
       Costumes et collaboration artistique : Magda Bizarro.       <br />
       Fabrication décor : Ateliers de la Comédie de Genève.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
       Spectacle créé le 1er février 2022 à La Comédie de Genève.       <br />
       Le texte est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mercredi 31 mai au samedi 3 juin 2023 au TnBA, Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">15 juin 2023 :</span> La Filature - Scène nationale, Mulhouse (68).       <br />
       23 et 24 juin 2023 : Fabrica de Cultura, en partenariat avec le Festival International de Théâtre de Sibiu, Sibiu (Roumanie).       <br />
       Du 11 au lundi 14 août 2023 : Edinburgh International Festival, Edimbourg (Écosse).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in-humanite_a3604.html" />
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