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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-06T22:36:38+02:00</updated>
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   <title>•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…</title>
   <updated>2026-07-19T10:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-Un-proces-apres-l-ennemi-du-peuple--Le-docteur-Thomas-Stockmann-est-il-vraiment-coupable-Ce-soir-a-Avignon_a4627.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-07-19T09:56:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Un ennemi du peuple" d'Henrik Ibsen est encore dans toutes les têtes… mais encore plus dans celle du protagoniste, le docteur Thomas Stockmann condamné publiquement pour avoir révélé au grand jour un scandale. Celui des eaux contaminées des Thermes de la ville de Norvège dont son frère est maire et pour lequel cette révélation équivaut à un coup de poignard porté dans le dos de l'économie locale… Christiane Jatahy et Wagner Moura s'emparent de cette situation "théâtrale" pour mettre en jeu une suite : Thomas Stockmann, avide de remettre les faits au centre du débat, obtient un nouveau procès dont le peuple sera juge.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832566.jpg?v=1784447932" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Lors de l'entrée des spectateurs, une cinquantaine sont sollicités pour leur proposer un bracelet numéroté. Parmi eux onze seront tirés au sort afin de constituer le jury souverain, qui, à l'issue de ce nouveau procès, aura la charge de répondre à cette question cruciale : <span style="font-style:italic">&quot;Le docteur Thomas Stockmann est-il, ou non, ennemi du peuple ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le dispositif scénique est là pour rappeler celui d'une salle d'audience. Des tables, disposées en U, derrière lesquelles prendront place les protagonistes. D'abord Thomas Stockmann et son frère, Peter Stockmann, ensuite un greffier, un journaliste impliqué, et quelques autres. En fond de scène, un écran où seront projetées des vidéos à charge ou au bénéfice de l'accusé. Sans oublier, nous, spectateurs qui – de la salle de spectacle – sommes conviés à assister aux échanges pour le moins mouvementés, tant les antagonismes entre les deux frères apparaissent irréconciliables…       <br />
              <br />
       Celui qui récuse la qualification d'&quot;ennemi du peuple&quot;, dont il a hérité suite à son premier procès, et qui réclame à cor et à cri le droit de parler au nom de la vérité des faits. Celui qui, drapé dans son costume de premier édile, n'a de cesse de réitérer les accusations portées contre le frère &quot;irresponsable&quot; ayant diffusé des informations alarmantes susceptibles de faire fuir les touristes, de faire fermer les Thermes, condamnant ipso facto la ville à la ruine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832567.jpg?v=1784447985" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Wagner Moura, avec l'engagement charismatique qu'on lui connaît, lui qui va donner vie à Thomas Stockmann, sortira de son &quot;rôle&quot; pour commenter en guise de prologue la situation, en rappelant les fondements du procès… et aussi pour livrer ses réflexions spécifiques de metteur en scène et non de réalisateur ciné : les personnages qui vont vivre devant nous ce soir sont bien de chair et d'os, ils ont leur vie propre.       <br />
              <br />
       Place au Procès… La parole donnée à l'accusation fera d'emblée ressortir l'angle de vue de Peter Stockmann, le maire… La ville et ses habitants n'ont-ils pas été victimes des dires malveillants, tant ils étaient porteurs d'exagération sur la réalité de la pollution de l'eau, émanant de ce médecin scientifique (son frère) qui par ailleurs spéculait secrètement sur la valeur de ses propres terrains ? Notre devoir n'est-il pas de protéger un groupe social plutôt qu'un individu égaré ?       <br />
              <br />
       Quand le tour de la défense sera venu, c'est d'abord la fille du docteur qui s'exprimera… Si son père est là dans cette enceinte vouée à la Justice, c'est pour rétablir les faits et obtenir que son honneur soit rétabli… N'incarne-t-il pas l'éthique, en ayant pris le risque dans un environnement rendu hostile du fait de la menace planant sur la fermeture des Thermes, de révéler les conséquences sanitaires dramatiques encourues par la population, exposée à de graves maladies en raison de l'eau contaminée ? <span style="font-style:italic">&quot;Il aime notre ville et ses habitants, les faisant passer avant les intérêts d'ordre marchand. Qui constitue une menace ? Lui, ou ceux qui ferment délibérément les yeux sur les risques d'empoisonnement de leurs administrés au nom de la sauvegarde de l'économie ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Alimentant la joute qui ira jusqu'à ce que les deux frères excédés en viennent furieusement aux mains, des &quot;preuves&quot; vidéos seront projetées alternativement sur l'écran de fond de scène… La défense produisant des témoignages scientifiques, filmant sur une maquette reconstituée le cheminement naturel de l'eau, duquel il découle la nécessité de la canaliser, quel qu'en soit le coût, pour la préserver de la contamination liée aux rejets des produits nocifs de la tannerie : fermer les Thermes et canaliser l'eau pour sauver les vies s'impose. L'accusation elle, produisant en gros plan des témoignages d'habitants s'inquiétant vivement, si les Thermes venaient à être fermés, pour leur emploi et donc pour leurs moyens de subsistance : écouter les premiers concernés, n'est-ce pas là le principe de base de la démocratie ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832575.jpg?v=1784448256" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Expertise alarmante imparable versus contre-expertise rassurante quant à la teneur en substances toxiques de l'eau, conclusions à nuancer par les intérêts privés du commanditaire de la seconde expertise… Témoignage d'un journaliste présent s'étant rétracté par la suite sous l'effet de pressions : pourquoi &quot;La Voix du peuple&quot; a-t-elle brusquement changé de posture, elle qui était prête à rendre hommage au courage du donneur d'alerte ? Les difficultés économiques du journal seraient-elles la raison de cette volteface ?       <br />
              <br />
       Glissements plus douteux lorsque l'accusation, avec l'appui du grand-père hostile à son gendre, n'hésite pas à produire une vidéo tournée par le fils de l'accusé, filmant une crise entre ses parents. La mère, depuis décédée, se plaignant de la rigidité de son mari les excluant de la communauté : <span style="font-style:italic">&quot;À quoi sert la vérité si nous n'avons plus de quoi vivre ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La tension entre les deux frères montera crescendo pour exploser en pugilat, le médecin mettant en avant la raison scientifique de son côté et le soutien de quelques personnes isolées, le maire l'opinion commune et la survie de l'économie. À l'accusation de protéger ses intérêts et son statut de pouvoir contre l'intérêt vital de la population, répondra celle d'anti-démocrate honni par le peuple… Des dernières prises de parole de l'un et de l'autre, on retiendra celle de l'accusé qui, ayant fait amende honorable quant à ses emportements, ouvre grand les perspectives du monde d'après… selon la nature du verdict.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832576.jpg?v=1784448283" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Et quand le jury des onze spectateurs tirés au sort reviendra de sa délibération à huis clos et que s'affichera sur l'écran le résultat des votes à la question cruciale de savoir si Thomas Stockmann est ou non &quot;L'ennemi du peuple&quot;, un grand soulagement traversera les travées se soldant par une décharge d'applaudissements… Ce soir-là, ce qui ne présage aucunement du verdict prononcé les autres soirs…       <br />
              <br />
       Traversé par les questions récurrentes (primauté des préoccupations écologiques et de survie de la planète, dans le but d'assurer le bien-être de chacun ? Ou course à l'investissement et à la surproduction pour maintenir à flot les sociétés néo-libérales promettant le profit à des minorités privilégiées ?), interrogations qui percutent de plein fouet le monde tel qu'il va, ce nouveau procès rencontre l'adhésion pleine et entière du public… En effet, à l'initiative d'un personnage emblématique du théâtre d'Henrik Ibsen – le docteur Thomas Stockmann, interprété magistralement par Wagner Moura – cette forme juridique, en convoquant des points de vue qui s'affrontent radicalement, renoue avec l'esprit de l'Agora : un espace artistique délibératif propre à (r)éveiller nos consciences… au travers de l'en-jeu dramatique.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 14 juillet au Gymnase du Lycée Aubanel, pour la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un procès, après l'ennemi du peuple"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832595.jpg?v=1784449112" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      Brésil - Création 2025 - Première en France.       <br />
       En portugais surtitré en français et anglais.       <br />
       Un projet de : Christiane Jatahy et Wagner Moura.       <br />
       Texte : Christiane Jatahy, Wagner Moura, Lucas Paraizo.       <br />
       Conception et mise en scène : Christiane Jatahy.       <br />
       Avec : Julia Bernat, Danilo Grangheia, Wagner Moura.       <br />
       Avec, dans le film : Jonas Bloch, Marjorie Estiano, Salvador Moura.       <br />
       Participation en ligne : Tatiana Henrique.       <br />
       Enfants dans le film : Antônio Falcão, José Moura, Henry Soares Paes Leme.       <br />
       Acteurs invités lors de différentes représentations : Viviane Pavillon, Matthieu Sampeur.       <br />
       Scénographie, éclairage et collaboration artistique : Thomas Walgrave.       <br />
       Vidéo : Julio Parente.       <br />
       Costumes : Marina Franco.       <br />
       Direction de la photographie et caméra : Paulo Camacho.       <br />
       Conception sonore et mixage : Pedro Vituri.       <br />
       Traduction française pour le surtitrage : Claudia Petagna, Thomas Walgrave.       <br />
       Traduction anglaise pour le surtitrage : Thomas Walgrave.       <br />
       Durée : 2 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97395842-67832604.jpg?v=1784449137" alt="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" title="•In 2026• "Un procès, après l'ennemi du peuple", Le docteur Thomas Stockmann est-il vraiment coupable ? Ce soir, à Avignon, c'est le peuple qui tranchera…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 11 et 12, du 14 au 17, du 19 au 22 juillet 2026.</span>       <br />
       Représenté à 18 h.       <br />
       Gymnase du lycée Aubanel, 14, rue Palapharnerie, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       26 et 27 juillet 2026 : Epidaurus Athens Festival, Athènes (Grèce).       <br />
       30 et 31 juillet 2026 : Grec Festival, Barcelone (Espagne).       <br />
       7, 8, 9 et 10 août 2026 : Edinburgh International Festival, Édimbourg (Écosse).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-Un-proces-apres-l-ennemi-du-peuple--Le-docteur-Thomas-Stockmann-est-il-vraiment-coupable-Ce-soir-a-Avignon_a4627.html" />
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   <title>"Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres</title>
   <updated>2025-11-28T18:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Democratie--Un-spectacle-dont-vous-pourriez-etre-les-heros-Anatomie-joyeuse-d-une-democratie-a-faire-renaitre-de-ses_a4415.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-11-28T17:59:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Bienvenue dans l'univers de la Démocratie ! Bienvenue dans l'univers… des Démocraties ! En effet, au-delà de ses propres limites, la démocratie athénienne, vieille de 2500 ans, fait figure d'antiquité aux yeux d'un monde contemporain s'étant empressé de lui trouver des substituts faisant fi des fondements inscrits dans son nom : Démocratie, du grec Demos (le peuple) et Kratos (le pouvoir), donc le pouvoir du peuple… Alternant adresses directes à la salle et saynètes piquantes, prenant le public comme pilier, la philosophe Barbara Stiegler et le spécialiste d'histoire grecque Christophe Pébarthe vont parcourir les méandres de ces entités à géométrie variable que sont devenues les démocraties dites représentatives.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92884744-65021126.jpg?v=1764349808" alt=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" title=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" />
     </div>
     <div>
      &quot;Qui veut prendre la parole ?&quot;. Par cette question inaugurale – la même que pouvaient entendre naguère les citoyens pressés les uns contre les autres sur la colline de la Pnyx au pied de l'Acropole d'Athènes – s'ouvre cette séance-spectacle dont l'objet s'identifie à la démocratie vécue à la fois en direct (nombreux temps réservés au débat) et en représentation scénique haute en couleur.       <br />
              <br />
       D'emblée, on est immergé dans l'AG d'une Fac où le tout nouveau Président, élu au vu de son programme radical, s'est s'empressé de trahir ses engagements en appliquant la réforme sélective exigée par le néolibéralisme régnant en maître, attitude purement anti-démocratique déclenchant le jour de la rentrée la grève illimitée… Avec un humour étudié, Christophe Pébarthe dont <span style="font-style:italic">&quot;personne n'ignore ici qu'il est spécialiste de la démocratie athénienne&quot;</span> – n'a-t-il pas été fait Docteur Honoris Causa par l'Université de Santorin ? – rappelle doctement, avec un pédantisme de bon aloi, la phrase liminaire de l'éminent historien Ernest Lavisse fixant en 1890 le credo des lieux d'éducation : <span style="font-style:italic">&quot;Notre histoire commence avec les Grecs&quot;</span>… aussitôt interrompu par lui-même pour que la parole soit donnée à la salle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92884744-65021141.jpg?v=1764349851" alt=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" title=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, pour les éventuels distraits venus se perdre ici, monstration est faite qu'il ne s'agira pas d'un cours magistral sur la démocratie – fût-elle grecque – mais de travaux pratiques où chacun (chacune) est invité(e) d'ores et déjà à donner de la voix… seule voie possible vers l'exercice de la démocratie pleine et entière. Sa complice sur scène s'empressera de prendre le premier relai pour animer un séminaire regroupant infirmières et corps médical dont l'objet – la démocratie sanitaire – mobilise toute son attention… vite interrompue à son tour par la règle des deux minutes maxi de parole afin que cette dernière ne soit instrumentalisée par des orateurs démagogues.       <br />
              <br />
       Nouvelle AG. Celle des gilets jaunes… La voix du peuple… Mais de quel peuple s'agit-il ? Vous découvrez que le peuple ne parle pas la même langue que vous ? Le mépris du peuple, aussi vieux que les Grecs ? Construire un questionnement pour décortiquer les mécanismes de remise en cause des qualités du peuple, vous avez deux minutes… Le gilet jaune, épouvantail pour le Pouvoir, une résurgence de la démocratie directe des Athéniens recouverte par les limons de la démocratie représentative excluant le peuple de sa capacité légitime à gouverner ? Moment succulent et ô combien signifiant de la citation d'un magazine culturel fort prisé dénonçant l'indigence de ce mouvement populaire spontané, né autour des ronds-points et hors des cadres de l'orthodoxie consacrée, fût-elle de gauche.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92884744-65021145.jpg?v=1764349881" alt=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" title=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" />
     </div>
     <div>
      Une autre saynète montrera la philosophe à sa table, écoutant &quot;religieusement&quot; une des voix off de la réforme parcours sup. Présenté comme l'opportunité d'offrir à chaque lycéen le choix d'orientation le mieux adapté – &quot;à la fin du processus, c'est le lycéen qui choisit&quot; – ce message-mensonge d'état martelé sur les ondes n'est aucunement questionné par la journaliste, cautionnant de fait un discours gouvernemental aux antipodes des objectifs sélectifs qu'il poursuit. De même sera joyeusement déconstruit en situation le diktat de la période covid – oukase prononcé au nom du bien du peuple – de l'interdiction de se réunir (ou &quot;pas plus de six à Noël&quot;) créant des lésions irréparables dans le tissu social.       <br />
              <br />
       Prenant pour exemple la tragédie de Sophocle, &quot;Antigone&quot;, l'honorable Docteur Honoris Causa s'adressant à l'assemblée prise à témoin demandera qui se sent plus proche de Créon ou d'Antigone que tout sépare… pour mieux faire apparaître que la délibération est essentielle, l'un et l'autre ayant tort a priori. C'est là l'enseignement à tirer de la tragédie grecque, l'expérience de l'impossibilité d'épuiser la réalité dans le discours. La réalité est en excès sur les discours, elle est toujours plus complexe que les discours qui prétendent la circonscrire. Discuter collectivement des lois, non inamovibles, mais prises comme système vivant, ce serait ça la démocratie… vécue en direct.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Quand nous dansons avec nos racines, nous composons perpétuellement.&quot;</span> Et ce soir, ce qui s'est joué sur une scène de théâtre ouverte sur l'espace des citoyens assemblés dans la salle des Colonnes, c'est un remake enjoué de ce que pouvait être l'assemblée athénienne : un lieu de paroles libérées, un espace délibératif dénouant les mécanismes de représentants élus &quot;démocratiquement&quot;… et toujours prêts à abuser le peuple en s'appropriant le pouvoir qu'il leur a délégué.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 21 novembre 2025 à la Scène Nationale du Carré-Colonnes de Blanquefort (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92884744-65021151.jpg?v=1764349917" alt=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" title=""Démocratie ! Un spectacle dont vous pourriez être les héros" Anatomie joyeuse d'une "démocratie" à faire renaître de ses cendres" />
     </div>
     <div>
      Une expérience théâtrale de Barbara Stiegler et Christophe Pébarthe.       <br />
       Texte et mise en scène : Christophe Pébarthe.       <br />
       Avec : Christophe Pébarthe, Barbara Stiegler.       <br />
       Regard sur la direction d'acteurs : Jean-Marie Broucaret.       <br />
       Dramaturgie et assistante à la mise en scène : Marie Duret-Pujol.       <br />
       Scénographie : Clémence Kazémi.       <br />
       Lumière : Jérémie Papin.       <br />
       Régisseur général : Matthieu Chevet.       <br />
       Avec la collaboration involontaire de : Cornelius Castoriadis, Bernard Manin, Francis Duruis-Déri, Dominique Rousseau, Frédérique Vidal, Pierre-Henri Tavoillot.       <br />
       Durée : 2 h 30       <br />
              <br />
       <b>Représenté les 21 et 22 novembre 2025 à la Scène nationale du Carré-Colonnes de Blanquefort (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">6 et 7 décembre 2025 :</span> Scène nationale du Sud-Aquitain, Bayonne (64).       <br />
       15 mars 2026 : Le Méta - CDN, Poitiers (86).       <br />
       29 avril 2026 : Les 3T, Châtellerault (86).       <br />
       21 mai 2026 : Théâtre Ducourneau, Agen (47).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Democratie--Un-spectacle-dont-vous-pourriez-etre-les-heros-Anatomie-joyeuse-d-une-democratie-a-faire-renaitre-de-ses_a4415.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État</title>
   <updated>2025-07-11T13:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-The-Last-of-the-Soviets-Comment-decerebrer-le-peuple-russe-radicalement-Les-degats-de-la-desinformation-d-Etat_a4301.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89848001-63470645.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-11T12:51:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ce spectacle radical, d'un humour sans concession et terriblement visuel, se déroule dans les studios de la télévision soviétique. Une émission d'information en direct avec ses deux présentateurs, une femme et un homme, attablés à un grand bureau qui fait face au public. Derrière eux, un vaste écran télé sur lequel apparaîtront les traductions des paroles (le spectacle est en russe et en anglais), mais aussi et surtout des captations faites en direct par les deux interprètes dans un jeu de construction/destruction qu'ils vont mettre en œuvre sur le bureau.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470645.jpg?v=1752231390" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Un bureau qui, à son tour, devient une deuxième scène où, filmés en gros plan, une série de manipulations illustrant les propos de la pièce vont se succéder. Froids, comme détaché de la réalité, déconnectés de leurs propres sensations, les deux présentateurs commencent une longue litanie de nouvelles comme dans un véritable journal télévisé, seulement, si certaines de ces &quot;nouvelles&quot; semblent coller à ce qu'on connaît des journaux télévisés, les informations dérivent très vite vers un absurde assumé, des annonces qui semblent provenir d'un cerveau un peu dérangé, des blagues d'un humour très noir, hilarantes de bêtise, d'absurde ou de méchanceté.       <br />
               <br />
       Et puis des témoignages fleurissent, des témoignages radioactifs pour une bonne partie puisqu'ils proviennent en majorité des textes de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature, dont on connaît les œuvres phares : La Guerre n'a pas un visage de femme, Supplication Tchernobyl, La Fin de l'Homme rouge. C'est cela que tente de nous faire saisir ce spectacle imaginé par Petr Boháč. Peut-être pas sa fin, à l'homme rouge, mais son état, son état à la chute de l'Union soviétique et surtout son état actuel.       <br />
               <br />
       Le rire alterne avec la stupeur, les petites scénettes prises à la caméra mettent en jeu, sur des assiettes, des micro-personnages comme des jouets d'enfant, mais aussi de la matière, de la terre, cette terre irradiée, des visages, ces visages rongés par l'atome, des chevelures salies porteuses de traces d'uranium quasi immortelles. Elles sont comme une vision vue du ciel qui accompagne ces anecdotes que, chacun leur tour, les deux interprètes disent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470646.jpg?v=1752231449" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Ce système, qui met en scène une réalité décalée dans laquelle les deux présentateurs, sans rien perdre de leur raideur, de leur froideur, de leur diction mécanique implacable et automatique, ces deux présentateurs perdent vite leur allure impeccable, tirée à quatre épingles, pour devenir maculés de terre, débrayés, s'enfilant des petits shots de vodka et venant en offrir au public. Ils ne semblent pourtant ne pas se rendre compte de leur dégradation, qui fait écho aux dégradations physiques et mentales dues à l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Mais pas que.       <br />
               <br />
       Toute la pièce lance, avec un humour vache, un cri d'alarme, et l'on se sent traversé par l'effroi lorsque l'on se rend compte que c'est tout le peuple russe, soviétique et postsoviétique (Poutine ne fait pas moins bien que Staline), que tout ce peuple est rongé mentalement par la paranoïa, le masculinisme et l'absence d'espoir soigné à grand coup de vodka. Tout cela à cause d'une entreprise médiatique infernale de construction du mythe de l'homme russe, un miroir déformé qui est entré dans tous les esprits, a gangréné la vérité, la réalité, le jugement.       <br />
               <br />
       Ce monde soviétique semble comme le laboratoire fou où expérimenter la manipulation des masses par la désinformation systématique et l'autoritarisme d'État. Peut-être un de ces labos dont cherchent à s'inspirer les milliardaires occidentaux si avides d'achat de médias. La liste de ceux-ci est trop longue pour les nommer tous. Quoi qu'il en soit, The Last of the Soviets montre avec absurdité, humour et dérision, ce que de telles influences peuvent provoquer.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Petr Boháč, auteur du concept et du projet, a travaillé à partir de plusieurs livres de Svetlana Alexievitch : &quot;La Fin de l'Homme rouge&quot;, &quot;La Guerre n'a pas un visage de femme&quot;, &quot;La Supplication : Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse&quot;, &quot;Les cercueils de zinc&quot;, textes qui reflètent et commentent plusieurs moments essentiels de l'histoire russe et soviétique.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"The Last of the Soviets"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89848001-63470655.jpg?v=1752231474" alt="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" title="•Off 2025• "The Last of the Soviets" Comment décérébrer le peuple russe radicalement ? Les dégâts de la désinformation d'État" />
     </div>
     <div>
      Conception : Petr Boháč.       <br />
       Mise en scène : Petr Boháč.       <br />
       Avec : Inga Zotová-Mikshina et Roman Zotov-Mikshin       <br />
       Soutien technique : Martin Tvrdý.       <br />
       Chef de projet : Barbora Repická.       <br />
       Par la Spitfire Company.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 40 (trajet navette compris).       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 22 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours pairs à 13 h 55. Relâche le 10 juillet.       <br />
       Théâtre La Manufacture, 2, rue des Écoles, Avignon.       <br />
       Spectacle au Château de Saint-Chamand : départ navette 13 h 55 - Jeu 14 h 20.        <br />
       Réservation : 04 90 85 12 71.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.lamanufacture.org/spectacle?id_spectacle=592" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lamanufacture.org/" target="_blank">>> lamanufacture.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-The-Last-of-the-Soviets-Comment-decerebrer-le-peuple-russe-radicalement-Les-degats-de-la-desinformation-d-Etat_a4301.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?</title>
   <updated>2024-12-25T15:56:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Antigone-in-the-Amazon-Et-si-l-Histoire-recommencait_a4111.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85147710-60739541.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-26T07:53:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'Histoire en boucle… Non pour assister à la répétition névrotique du même, mais pour s'en saisir à bras-le-corps afin d'en proposer une version très actuelle… En effet, quand le metteur en scène suisse Milo Rau, connu pour pratiquer un théâtre enraciné dans les réalités sociétales et sans concession pour le politiquement correct (cf. "La reprise - Histoire(s) du théâtre (I)") élit le sort de l'Amazonie et de ses populations autochtones comme sujet de sa nouvelle création, l'expression "arts vivants" reprend diablement de la couleur… en résonnant avec l'histoire mythique contée par Sophocle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739541.jpg?v=1735137100" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Homme de terrain – élève du sociologue Bourdieu dont il a retenu le mantra : <span style="font-style:italic">&quot;si tu veux parler de la boxe, il faut devenir boxeur&quot;</span> – il a pris le temps de rencontrer longuement la population autochtone de la Province de Para au Brésil, celle d'Eldorado do Carajas précisément, là où le 17 avril 1996, dix-neuf paysans ont été tués par la police militaire. Leur crime ? Militants du MST (Mouvement des sans-terre), ils marchaient pacifiquement sur la route 155, virage S, pour obtenir les papiers officiels leur permettant d'occuper légalement une immense ferme regroupant plus de trois mille familles.       <br />
              <br />
       Quant au dispositif scénique, il rend compte à lui seul du désir de faire &quot;dialoguer&quot; les personnages de la tragédie de Sophocle et les acteurs locaux du Mouvement des sans-terre. Ainsi, sur le plateau, en tenue de tous les jours, quatre acteurs interprèteront en les commentant (le paratexte prend toute sa part) les personnages d'&quot;Antigone&quot;, tandis que sur un immense écran, les vidéos enregistrées au Brésil montreront les &quot;acteurs&quot; du Mouvement des sans-terre vivre leurs revendications. Et, par un effet de synchronisation bluffant, les uns et les autres dialogueront, créant les conditions de l'effraction du réel dans la tragédie antique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739543.jpg?v=1735137203" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Fidèle à la tradition, le chœur introduit avec poésie le drame contemporain qui va se jouer devant nous… <span style="font-style:italic">&quot;Il est bien des monstres, mais aucun ne l'est plus que l'homme… Aucun plus étrange, magnifique et épouvantable… Il abuse de la déesse suprême Terre, il creuse ses profondeurs, cherchant avidement l'or. Il capture l'énergie de l'eau, du vent… Il rompt le lien entre les êtres… Il domestique le faucon qui volait librement… Il force les fils de la forêt à oublier leur terre natale et s'approprie les lieux où vivaient leurs ancêtres…&quot;</span>. Et de conclure : <span style="font-style:italic">&quot;Il est des choses monstrueuses, mais rien n'est plus monstrueux que l'humain&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Après un rappel du contexte géopolitique de la création du spectacle et du parti-pris artistique résolument assumé de s'en faire le porte-parole (écho du Théâtre de l'Opprimé d'Augusto Boal dont Milo Rau est l'un des héritiers), le lieu de la représentation s'enrichit des vidéos projetant sur fond d'écran géant les manifestants du Mouvement des Sans-Terre. Dans une déclaration liminaire, un acteur du plateau prend soin de préciser que les images ont été tournées sur la route même où a eu lieu le massacre de 1996. Ainsi, au prologue antique, remettant en jeu l'origine du drame grec, répond un autre. Celui de l'assassinat, ici et maintenant, par la police militaire brésilienne de la voix emblématique du peuple autochtone.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739586.jpg?v=1735137244" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Sur l'écran apparaît alors, en une succession de plans d'ensemble et de gros plans sur les visages déterminés par la colère, la reconstitution de la manifestation réprimée dans le sang. Lors du tournage, s'étant mêlés aux membres du MST dans un effet bluffant de vérité reliant les deux lieux de la représentation, les acteurs du plateau défilent aux deux endroits au cri de : <span style="font-style:italic">&quot;Invasion ! Colonisation ! Pour la réforme agraire ! La lutte jusqu'au bout ! La liberté ou la mort ! Ne marchez pas sur la fourmilière !&quot;</span>. Et lorsque, à l'écran, les soldats les visent et tirent à bout portant sur la foule, sur le plateau, la même scène de violence policière se joue. Trainé par les cheveux, criant <span style="font-style:italic">&quot;Vive le MST !&quot;</span> alors qu'il est frappé à mort, l'acteur de la cause s'effondre. On a beau savoir qu'il s'agit là de &quot;cinéma&quot; et de &quot;théâtre&quot;, le réalisme de la violence mise en jeu est – effet recherché et assumé – difficilement supportable.       <br />
              <br />
       Comme l'Antigone brésilienne, au premier rang de la lutte contre la destruction de l'Amazonie et de ses peuples autochtones, n'a pu se déplacer en France, c'est un acteur du plateau (le même qui jouera Polynice mort, un garde… et Antigone de Sophocle) qui donne vie à Kay Sara, symbole vivant du non radical à opposer à tous les dirigeants répressifs, que ce soit Créon, naguère en Grèce, ou Bolsonaro, aujourd'hui au Brésil.       <br />
              <br />
       Quant au musicien du plateau, c'est à lui que revient la direction du chœur des MST apparaissant sur l'écran. Rassemblés sur la place du village face au Centre social (choix symbolique qui résonne de manière décalée avec le Palais de Créon, lieu de l'action antique), les militants du MST auxquels se sont mêlés des survivants de 1996, entonnent un chant révolutionnaire repris sur scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739588.jpg?v=1735137299" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Suivent les actes connus de la tragédie mettant en abyme les protagonistes (Créon le roi, Antigone l'irréductible, Hémon son amoureux et fils du roi, Ismène sa sœur) et leurs doubles brésiliens, tous appartenant à une cosmologie dépassant leur existence terrestre. Cependant Milo Rau qui, pour reprendre le titre du discours prononcé par Kay Sara l'Antigone brésilienne, pense que <span style="font-style:italic">&quot;Cette folie doit cesser&quot;</span>, tord la tragédie antique pour, dans sa dernière partie, en proposer une lecture ouvrant sur d'autres horizons d'attente…       <br />
              <br />
       Soudain, le jeu s'arrête net, comme un arrêt sur image, pour ajouter un dénouement différent. Quand le jeu reprend, Hémon est en effet le premier des morts à se relever, les autres le suivent… <span style="font-style:italic">&quot;Ceci n'est pas la fin&quot;</span>, mais seulement le début d'une âpre lutte qui se poursuit, encore et toujours, jusqu'à ce que les exclus puissent trouver réparation et recouvrer les terres dont ils ont été spoliés. Car l'histoire du Brésil, de la dictature des années 1964-1985 à la démocratie fragile qui lui a succédé avec le retour du fascisme dans les urnes en 2018 – <span style="font-style:italic">&quot;L'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer&quot;</span>, dixit Bolsonaro, le même qui a qualifié le mouvement des sans-terre de &quot;terroristes&quot; –, ne pouvait en toute équité s'arrêter là.       <br />
              <br />
       Ainsi rompant avec &quot;la poésie de la mort&quot; de Sophocle <span style="font-style:italic">(&quot;Si vous ouvrez la bouche, des coups sanglants la fermeront&quot;)</span>, si fascinante puisse-t-elle apparaître, Milo Rau, percutant metteur en jeu des réalités présentes, propose en manière d'apothéose un final de nature à enchanter les luttes… et les spectateurs gagnés à son manifeste artistique. En (re)jouant la tragédie, il déjoue son impact funeste… et l'espoir de pouvoir changer le monde reprend sens.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 12 décembre 2024 dans la Grande salle Vitez du tnba à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Antigone in the Amazon"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85147710-60739699.jpg?v=1735138069" alt=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" title=""Antigone in the Amazon" Et si l'Histoire recommençait ?" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en anglais, portugais, tucano, flamand et français.       <br />
       Surtitré en français et en anglais.       <br />
       Conception et mise en scène : Milo Rau.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Katelijne Laevens, assistée de Carolina Bufolin, Zacharoula Kasaraki, Lotte Mellaerts.       <br />
       Avec : Frederico Araujo, Pablo Casella, Sara De Bosschere, Arne De Tremerie       <br />
       Et, en vidéo, Gracinha Donato, Ailton Krenak, Célia Maracajá, Kay Sara, le chœur des militantes et militants du Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST).       <br />
       Dramaturgie : Giacomo Bisordi et Martha Kiss Perrone.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Kaatje De Geest, Douglas Estevam, Carmen Hornbostel.       <br />
       Scénographie : Anton Lukas.       <br />
       Costumes : Gabriela Cherubini, Jo De Visscher, Anton Lukas.       <br />
       Lumière : Dennis Diels.       <br />
       Musique : Pablo Casella, Elia Rediger.       <br />
       Vidéo : Moritz von Dungern, Fernando Nogari, Joris Vertenten.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea (français), Carolina Bufolin (anglais).       <br />
       Dispositif d'accessibilité : Panthea.       <br />
       Direction technique : Oliver Houttekiet.       <br />
       Régie plateau : Marijn Vlaeminck.       <br />
       Technique : Brecht Beuselinck, Dimitri Devos, Stavros Otis Tarlizos.       <br />
       Production : NTGent, Klaas Lievens, Gabi Conçalves (Brésil).       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 10 au vendredi 13 décembre 2024 au tnba à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 8 janvier 2025 :</span> Théâtre Roslyn Packer, Festival de Sydney, Sydney (Australie).       <br />
       11 et 12 avril 2025 : Théâtre de Naples, Naples (Italie).       <br />
       8 Mai 2025 : Théâtre Metastasio, Prato (Italie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Antigone-in-the-Amazon-Et-si-l-Histoire-recommencait_a4111.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…</title>
   <updated>2023-07-24T10:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Antigone-in-the-Amazon-Les-arts-vivants-grandeur-nature_a3698.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74213909-51626698.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-24T08:56:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les expressions, à force d'être employées, s'usent comme des prêts-à-porter élimés devenant, le temps passant, des coques vides. La formule "les arts vivants" n'échappe pas à cette règle. Mais quand le metteur en scène suisse Milo Rau, connu pour pratiquer un théâtre enraciné dans les réalités sociétales du monde d'ici et d'ailleurs, un théâtre sans concession pour le politiquement correct (cf. "La reprise - Histoire(s) du théâtre (I)", Avignon 2018), élit comme sujet de création le sort de l'Amazonie et des populations autochtones qui la peuplent, l'expression "arts vivants" reprend alors diablement de la couleur…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626698.jpg?v=1690137658" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
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      Homme de terrain – élève du sociologue Bourdieu dont il a retenu le mantra : <span style="font-style:italic">&quot;si tu veux parler de la boxe, il faut devenir boxeur&quot;</span> –, il a pris le temps de rencontrer longuement la population autochtone de la Province de Para au Brésil, celle d'Eldorado do Carajas précisément, là où le 17 avril 1996, 19 paysans ont été tués par la police militaire. Leur crime ? Militants du MST (Mouvement des sans-terre), ils marchaient pacifiquement sur la route 155, virage S, pour obtenir les papiers officiels leur permettant d'occuper légalement une immense ferme regroupant plus de trois mille familles.       <br />
              <br />
       Quant au dispositif scénique, il rend compte à lui seul du désir de faire &quot;dialoguer&quot; les personnages de la tragédie de Sophocle et les acteurs locaux du Mouvement des sans-terre. Ainsi, sur le plateau, en tenue de tous les jours, quatre acteurs interpréteront en les commentant (le paratexte prend toute sa part) les personnages d'&quot;Antigone&quot;, tandis que sur un immense écran, les vidéos enregistrées au Brésil montreront les &quot;acteurs&quot; du Mouvement des sans-terre vivre leurs revendications. Et, par un effet de synchronisation bluffant, les uns et les autres dialogueront, créant les conditions de l'effraction du réel dans la tragédie antique.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626700.jpg?v=1690137707" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
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      Comme la tradition le veut, le chœur antique introduit avec grande poésie le drame grec qui va se (re)jouer devant nous… Il est bien des monstres, mais aucun ne l'est plus que l'homme… Aucun plus étrange, magnifique et épouvantable… Il abuse la déesse Terre, creuse ses profondeurs pour y chercher l'or et le fer… Il capture l'énergie de l'eau, du vent… Il domestique le faucon ailé… Il persécute les dieux et s'approprie les lieux des ancêtres… Il vit dans le présent, se souvient du passé, prédit l'avenir… Mais point de réponse pour la mort. Et de conclure : <span style="font-style:italic">&quot;Il est des choses monstrueuses, mais rien n'est plus monstrueux que l'humain&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Après un rappel du contexte géopolitique de la création du spectacle et du parti-pris artistique résolument assumé de s'en faire le porte-paroles (écho du Théâtre de l'Opprimé d'Augusto Boal), le lieu de la représentation s'enrichit des vidéos projetant sur fond d'écran géant les manifestants du Mouvement des Sans-Terre. Mais avant, un acteur du plateau aura pris soin de préciser que les images ont été tournées sur la route même où a eu lieu le massacre de 1996. Au prologue antique en répondra un autre, contemporain, remettant en jeu l'origine du drame moderne, l'assassinat par la police militaire brésilienne de la voix du peuple autochtone.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626752.jpg?v=1690137772" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
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      Sur l'écran apparaît alors, en une succession de plans d'ensemble et de gros plans sur les visages déterminés par la colère, la reconstitution de la manifestation réprimée dans le sang. Lors du tournage, s'étant mêlés aux membres du MST dans un effet bluffant de vérité reliant les deux lieux de la représentation, les acteurs du plateau défilent aux deux endroits au cri de : <span style="font-style:italic">&quot;Invasion ! Colonisation ! Pour la réforme agraire ! La lutte jusqu'au bout ! La liberté ou la mort ! Ne marchez pas sur la fourmilière !&quot;.</span> Et lorsqu'à l'écran les soldats les visent et tirent à bout portant sur la foule, sur le plateau la même scène de violence policière se joue. Trainé par les cheveux, criant &quot;Vive le MST !&quot; alors qu'il est frappé à mort, l'acteur de la cause s'effondre. On a beau savoir qu'il s'agit là de &quot;cinéma&quot; et de &quot;théâtre&quot;, le réalisme de la violence mise en jeu est – effet recherché et assumé – difficilement supportable.       <br />
              <br />
       Comme l'Antigone brésilienne, au premier rang de la lutte contre la destruction de l'Amazonie et de ses peuples autochtones, n'a pu se déplacer en France, c'est un acteur du plateau (le même qui jouera Polynice mort, un garde… et Antigone de Sophocle) qui donnera vie à Kay Sara, symbole vivant du non radical à opposer à tous les dirigeants répressifs, que ce soit Créon, naguère en Grèce, ou Bolsonaro, aujourd'hui au Brésil.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626804.jpg?v=1690188305" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
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      C'est au musicien du plateau qu'est revenue la direction du chœur des MST apparaissant sur l'écran. Rassemblés sur la place du village face au Centre social (choix symbolique qui contraste avec le Palais de Créon, lieu de l'action antique), les militants du MST auxquels se sont mêlés des survivants de 1996, entonnent un chant révolutionnaire repris sur scène.       <br />
              <br />
       Suivront les actes connus de la tragédie mettant en abyme les protagonistes antiques (Créon le roi, Antigone l'irréductible, Hémon son amoureux et fils du roi, Ismène sa sœur) et leurs doubles brésiliens, tous appartenant à une cosmologie dépassant leur existence terrestre. Cependant, Milo Rau qui, pour reprendre le titre du discours prononcé par Kay Sara, l'Antigone brésilienne, pense que <span style="font-style:italic">&quot;Cette folie doit cesser&quot;</span>, tord la tragédie antique pour, dans sa dernière partie, en proposer une lecture combative.       <br />
              <br />
       En effet, après avoir fait dire à Créon, venant d'apprendre le suicide de son fils Hémon ne pouvant survivre à la mort programmée d'Antigone : <span style="font-style:italic">&quot;Voilà ce que j'ai fait…&quot;</span> et, en écho, le chœur (écran et plateau) de renchérir : <span style="font-style:italic">&quot; ô guerre civile, la plus triste des guerres&quot;</span>, le jeu s'arrête net, comme un arrêt sur image…
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626806.jpg?v=1690138286" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
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      Quand il reprend, Hémon est le premier des morts à se relever, les autres le suivront. En effet, <span style="font-style:italic">&quot;ceci n'est pas la fin&quot;</span>, mais seulement le début d'une âpre lutte qui se poursuit, encore et toujours, jusqu'à ce que les exclus trouvent réparation. L'histoire du Brésil, de la dictature des années 1964-1985 à la démocratie fragile qui lui a succédé, avec le retour du fascisme dans les urnes en 2018 – <span style="font-style:italic">&quot;L'erreur de la dictature a été de torturer sans tuer&quot;</span>, dixit Bolsonaro, le même qui a qualifié le mouvement des sans-terre de &quot;terroristes&quot; –, ne peut s'arrêter là.        <br />
              <br />
       Rompant avec &quot;la poésie de la mort&quot; de Sophocle (<span style="font-style:italic">&quot;Si vous ouvrez la bouche, des coups sanglants la fermeront&quot;</span>), si séduisante puisse-t-elle apparaître, le percutant metteur en jeu des réalités présentes, Milo Rau, propose en manière d'apothéose un final propre à enchanter les luttes… et les spectateurs gagnés à son manifeste artistique de haute facture.        <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 22 juillet 2023 à L'Autre Scène du Grand Avignon, à Vedène.</b>
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     <div><b>"Antigone in the Amazon"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74213909-51626826.jpg?v=1690138349" alt="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" title="•In 2023• "Antigone in the Amazon" Les arts vivants grandeur nature…" />
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      Spectacle créé le 13 mai 2023 au NTGent (Belgique).       <br />
       Spectacle en anglais, portugais, tucano, flamand et français.       <br />
       Surtitré en français et en anglais.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Panthea (français), Carolina Bufolin (anglais).       <br />
       Conception et mise en scène : Milo Rau.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Katelijne Laevens, assistée de Carolina Bufolin, Zacharoula Kasaraki, Lotte Mellaerts.       <br />
       Avec : Frederico Araujo, Pablo Casella, Sara De Bosschere, Arne De Tremerie.       <br />
       Apparaissent en vidéo : Gracinha Donato, Ailton Krenak, Célia Maracajá, Kay Sara, le chœur des militantes et militants du Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (MST).       <br />
       Dramaturgie : Giacomo Bisordi.       <br />
       Co-dramaturgie : Martha Kiss Perrone.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Kaatje De Geest, Douglas Estevam, Carmen Hornbostel.       <br />
       Scénographie, Anton Lukas.       <br />
       Costumes : Gabriela Cherubini, Jo De Visscher, Anton Lukas.       <br />
       Lumière : Dennis Diels.       <br />
       Musique : Pablo Casella, Elia Rediger.       <br />
       Vidéo : Moritz von Dungern, Fernando Nogari, Joris Vertenten.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 19 et du 21 au 24 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 21 h 30.       <br />
       À L'Autre Scène du Grand Avignon, à Vedène (84).       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       22 et 23 septembre 2023 : Kaserne Basel, Bâle (Suisse).       <br />
       3 et 4 octobre 2023 : Teatro Argentina di Roma, Rome (Italie).       <br />
       13 et 14 octobre 2023 : NTGent, Gand (Belgique).       <br />
       20 octobre 2023 : Teatr Polski, Bydgoszcz (Pologne).       <br />
       Du 25 au 28 octobre 2023 : Célestins, Théâtre de Lyon, Lyon (69).       <br />
       11 et 12 novembre 2023 : Teatro Culturgest, Lisbonne (Portugal).       <br />
       16 et 17 novembre 2023 : Rivoli - Teatro Municipal, Porto (Portugal).       <br />
       18 novembre 2023 : L'Équinoxe, Châteauroux (36).       <br />
       22 et 23 novembre 2023 : Centro de Cultura Contemporánea Condeduque, Madrid (Espagne).       <br />
       Du 6 au 9 décembre 2023 : Grande Halle de La Villette, Paris.       <br />
       23 et 24 janvier 2024 : Thalia Theater, Hamburg (Allemagne).       <br />
       30 janvier 2024 : Centre Culturel de Bruges, Bruges (Belgique).       <br />
       7 février 2024 : Cultuurhuis De Warande, Turnhout (Belgique).       <br />
       Du 22 au 25 février 2024 : Schauspielhaus, Zürich (Suisse).       <br />
       1er et 2 mars 2024 : deSingel, Anvers (Belgique).       <br />
       Du 7 au 9 mars 2024 : Espoo City Theatre, Espoo (Finlande).       <br />
       Du 19 au 22 juin 2024 : Théâtre Vidy-Lausanne, Lausanne (Suisse).
     </div>
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