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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T05:09:32+02:00</updated>
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   <title>"La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle</title>
   <updated>2025-02-06T16:57:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Grace-de-la-Tortue-Une-seule-en-scene-d-une-justesse-emouvante-a-la-portee-universelle_a4148.html</id>
   <category term="Pitchouns" />
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   <published>2025-02-07T07:49:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tita est une petite fille, puis deviendra une femme très complexée, mais aussi rebelle, cherchant par tous les moyens à se décomplexer et à se décomplexifier. Depuis l'enfance, elle voudrait ressembler à tout ce qu'elle n'est pas, se pose des questions sur tout et elle réfléchit !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387949.jpg?v=1738858387" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      Comment faire pour croire au Père-Noël ? Comment faire pour devenir comédienne quand on a une &quot;tronche impossible&quot; ? Comment faire pour trouver sa place quand on naît dans une famille juive d'Afrique du Nord, qu'on rêve d'être comme tout le monde et de laisser ses origines au placard ? Comment négocier avec ses différences et son identité ?       <br />
              <br />
       Bien sûr, les thèmes abordés dans ce seule en scène, interprétée par Anne Touati, ont déjà été maintes fois traités : le déracinement, les origines, le physique, la construction de soi, âpre souvent quand tout semble bancal et différent pour soi. Les spectacles de théâtre sont pléthore à ce titre, notamment depuis ce fichu covid qui a revisité notre place sur la planète, notre rapport à nous-mêmes ou, encore, notre regard sur les autres…       <br />
              <br />
       Alors, pourquoi faire à nouveau ce choix aux connotations très contemporaines, au risque de ressasser des propos déjà évoqués ? Surtout quand il s'agit là d'une dimension autobiographique, dans laquelle les prises de risque sont encore plus grandes ! Ne pas poser la question à la principale intéressée, c'est laisser la porte ouverte à de nombreuses réponses possibles. Ou pas !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387950.jpg?v=1738858425" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      &quot;La Grâce de la Tortue&quot; est une auto-fiction humoristiquement tendre, amère, parfois mélancolique et souvent très émouvante, dans laquelle le public se reconnaîtra certainement à différents égards.       <br />
              <br />
       Anne Touati y partage différents rôles avec aisance et fluidité en incarnant tour à tour sa propre mère, juive ashkénaze d'Afrique du Nord, très soucieuse de l'avenir de sa fille, Tita, elle-même, qui tente de se libérer de ce joug maternel incontournable, ainsi qu'une galerie de personnages qu'elle interprète brillamment, tout en finesse de jeu et d'incarnation : le docteur de famille, grand réceptacle des angoisses de sa mère, son père qui vendrait ses chemises pour ses filles, Gaëtan, l'amoureux qui s'endort quand il a quelque chose d'important à lui dire, sa metteuse en scène, sans oublier bien sûr la psychanalyste de Tita.       <br />
              <br />
       C'est d'ailleurs dans son cabinet que s'ouvre le spectacle, et il s'agit là d'un choix dramaturgique tout à fait pertinent, qui séduit d'emblée le spectateur grâce au jeu sensible et investi de la comédienne, et à un humour tout en filigrane fort bien dosé.       <br />
              <br />
       Tout au long du spectacle, sa gestuelle proche de la pantomime, appuyée par un phrasé haché et comme martelé à l'excès, un visage &quot;particulier&quot; aux yeux bruns proéminents et à la bouche démesurée, font de Tita un clown au nez rouge attendrissant.       <br />
              <br />
       La féminité n'est pas au centre du propos, en revanche. Gageons qu'une petite dose supplémentaire accordée à cette dernière pourrait apporter un supplément &quot;d'âme artistique&quot; au propos, laquelle élèverait encore davantage l'ensemble de ce seule-en-scène joliment pensé et élaboré. Même si, à bien y regarder, le cœur de la pièce n'est pas là.       <br />
              <br />
       Tout au long du spectacle, tout &quot;ce petit monde de la vie d'Anne-Tita&quot; est brossé avec subtilité et les différentes scènes s'enchaînent sans aucun artifice scénographique, mais avec une grande poésie dans le choix des jeux des lumières, des trois vidéos et, notamment, via un dispositif de quatre panneaux mobiles harmonieusement décorés symbolisant peut-être les tiroirs de nos vies, ou les portes qu'il nous faut souvent ouvrir pour comprendre qui on est… Qui s'ouvrent toutes seules, parfois, ou, au contraire, plus récalcitrantes, qui refusent de rester à leur place !       <br />
              <br />
       Si la légende de la tortue est celle d'une pierre qui a décidé, un jour, de se mettre en marche, laissons-la poursuivre avec grâce son chemin aux côtés de Tita. Tita qui est myope, mais qui bizarrement voit pourtant les choses de façon fort clairvoyante ! Toutes deux, elles continueront à avancer, pour continuer à ne pas rater leur vie.       <br />
       Si ce n'est pas déjà fait…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Grâce de la Tortue ou comment je n'ai pas réussi à râter ma vie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387970.jpg?v=1738858456" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      Texte : Anne Touati.       <br />
       Mise en scène : Laurence Labrouche.       <br />
       Avec : Anne Touati.       <br />
       Scénographie et lumières : Henri-Emmanel Doublier.       <br />
       Création musiques et sons : Gilles Cadoret.       <br />
       Vidéos d'ambiance : Christophe Salles.       <br />
       Vidéos scènes : Miriam Chamekh.       <br />
       Costumes : Edwige Latrille.       <br />
       Création visuel de la tortue : Marc Cogno.       <br />
       Graphisme décors : Martin Doublier.       <br />
       Régie lumière, son et vidéo : Igor Galabovski.       <br />
       Voix : Marie Laure Despessailles.       <br />
       Spectacle tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 au 22 février 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h.       <br />
       Le 100ECS (Établissement  Culturel Solidaire), Paris 12ᵉ, 01 46 28 80 94.       <br />
       <a class="link" href="https://100ecs.fr/" target="_blank">&gt;&gt; 100ecs.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil</title>
   <updated>2020-09-09T14:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-petite-fille-de-monsieur-Linh-Tenter-de-donner-une-raison-a-la-vie-a-l-exil_a2781.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/49678074-38570889.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-09-09T14:14:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49678074-38570889.jpg?v=1599655518" alt=""La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil" title=""La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil" />
     </div>
     <div>
      De la guerre, de la fuite, de l'exil peut naître la folie. Lorsque l'on a vu sa famille, tous ceux que l'on aime se faire tuer, quand on a tout perdu, perdre la raison peut devenir un refuge, un acte de survie, une tentative désespérée de renaissance en s'inventant une nouvelle histoire…       <br />
              <br />
       Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.       <br />
              <br />
       Tout commença un matin où son fils, sa belle-fille et sa petite fille s'étaient rendus dans les rizières. Cette année-là, la guerre faisait rage. Ils sont tués durant leur travail. Tao Linh récupère sa petite fille, Sang diû (Matin doux) 10 mois - elle a les yeux de son père (son fils), dit-il - et entreprend une épuisante traversée, à l'horizon une terre occidentale. Apprivoiser ce nouveau pays, ces gens inconnus, cette promiscuité dans ce centre d'accueil pour émigrés. Puis, au bout d'un moment, se résoudre, se décider à sortir pour découvrir cette ville qui l'accueille.       <br />
              <br />
       Dans un parc, assis sur un banc, et l'arrivée de monsieur Bark. Premier contact, et les prémices d'une nouvelle amitié. Ils parlent de leur femme (mortes). Parle de la guerre, celle à laquelle a participé Bark dans le pays de Linh. Bark l'invite au restaurant, lui offre un cadeau, une robe pour la petite. Tao Linh va être déplacé mais dans la même ville. Se retrouve dans une chambre… Enfermement… 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49678074-38570928.jpg?v=1599655608" alt=""La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil" title=""La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil" />
     </div>
     <div>
      Est-ce une maison de retraite, un asile ? Sortir, repartir, fuir à nouveau. Essayer de retrouver le parc, le banc, son ami, et toujours avec sa petite fille. Il a réussi, il est arrivé, encore sur le trottoir d'en face… Il voit Bark, se précipite et, en traversant, se fait renverser par une voiture. Accident. Mais sa petite &quot;Sang diû&quot; est intacte.       <br />
              <br />
       Récit passif, sans réelle intrigue - seule la scène finale crée une &quot;surprise&quot; que beaucoup auront pressentie -, mais emplie de poésie, de bienveillance que s'approprie à merveille Sylvie Dorliat. Douce et calme narration, pleine de délicatesse, à la fois intense et aérienne, soutenue par la mise en scène épurée mais expressive de Cécile Noguès. Le conte à la fois cruel, poétique et pudique de Philippe Claudel se prête en effet bien à cette théâtralisation tout en retenue, mais où la dynamique verbale est bien préservée, la comédienne donnant vie avec justesse à chaque personnage.       <br />
              <br />
       Sylvie Dorliat a cette capacité particulière à animer avec intensité mais sobriété le verbe, l'expressivité de chaque mot mais également l'espace qu'il occupe. Son phrasé, sa musique vocale est celle d'une conteuse de la réalité, suggérée ou documentaire. C'est ce talent particulier qu'elle possède, qui se prête si bien aux écrits de l'auteur dont l'une des spécificités est de célébrer les thèmes universels de l'amitié, de la fragilité des êtres et de la compassion, apportant une perception intelligente de l'émigration, du déracinement, des ravages de la guerre, de la dureté de certaines réalités…        <br />
              <br />
       Et si Sylvie Dorliat réussit si bien à nous faire partager ces univers sensibles, c'est qu'elle est aussi détentrice de cette forme d'humanité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La petite fille de monsieur Linh"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49678074-38571021.jpg?v=1599655904" alt=""La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil" title=""La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil" />
     </div>
     <div>
      Texte : Philippe Claudel.       <br />
       Adaptation : Sylvie Dorliat.       <br />
       Mise en scène : Célia Nogues.       <br />
       Avec : Sylvie Dorliat.       <br />
       Lumières : David Dubost.       <br />
       Cie Les souliers à bascule.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 26 août au 11 octobre 2020.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre Le Lucernaire, Salle Paradis Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="http://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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