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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-09T19:52:53+02:00</updated>
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   <title>"Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages</title>
   <updated>2024-01-16T19:20:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Personne-Quelqu-un-plusieurs-la-quete-de-la-personnalite-d-un-pere-aux-multiples-visages_a3791.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-01-16T18:27:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est un dialogue post-mortem. Un possible questionnement d'une fille pour son père disparu. Disparu tellement, tellement de fois différemment. Disparu de son vivant et disparu après son vivant. Disparu dans d'étranges contrées. Des pays mentaux, des défroques, des personnages où ce père tentait sans cesse des escapades imaginaires, se prenant pour espion, clown ou autre. Se prenant pour quelqu'un en quelque sorte. Et d'autres disparitions encore moins oniriques, mais bien concrètes dans la rue, devenant SDF, dans les sections psychiatriques, devenant patient.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77837458-56536894.jpg?v=1705428506" alt=""Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages" title=""Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages" />
     </div>
     <div>
      Sur scène, Sarah Karbasnikoff incarne cette fille largement adulte, le dos ployant sous le poids d'un héritage hétéroclite : un recueil de textes, de phrases, de pensées et surtout une sorte de carnet, un manuscrit intitulé &quot;Le mouton noir mélancolique&quot; avec l'indication : &quot;À romancer&quot;. Comme une injonction. Une façon de prolonger la vie et de la rendre autre que ce qu'elle a été. Car, dans ces feuillets méticuleusement rangés, c'est bien quelque chose d'intime dont ce père a laissé des traces.       <br />
               <br />
       Ce sont une rage, une colère, une déroute, tout cela mêlé et plus encore dans ces écrits découverts après sa mort. Mais on y trouve surtout l'intérieur d'une âme aussi tournoyant qu'une boule à facettes, si totalement opposé à l'existence extérieure de cet homme. Un avocat, un maître de conférences en université, issu d'une famille bourgeoise rigoriste, presque caricaturale, un notable, un intellectuel, conventionnel, marié avec femme rencontrée en enfance, père de deux filles et fou.       <br />
               <br />
       Elle mettra des années à pouvoir apposer qualifié ce père de ce mot malgré les séjours en hôpitaux psychiatriques, ces affabulations qui le mènent à se prendre pour un héros, qui le mènent en taule, qui le mènent au bord de la Seine pour s'y jeter. C'est ce long apprentissage, ce lent retour en arrière que le texte de Gwenaëlle Aubry raconte, ce besoin d'entendre mieux ce père, ses dérives, ses blessures, ses ruptures fracassantes avec le monde bourgeois qu'il honnit pour rejoindre une humanité humiliée certes, mais plus libre que l'esprit catholique aux œillères si fermées qu'elles rendent aveugles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77837458-56536897.jpg?v=1705428549" alt=""Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages" title=""Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages" />
     </div>
     <div>
      Sarah Karbasnikoff investit les deux rôles, alterne la parole du disparu avec celle de sa fille. D'un carton comme malle à souvenirs, elle extrait les objets qui la transportent d'époque en époque. Les phrases écrites par le père s'inscrivent sur l'un des deux vastes écrans qui forment le fond de scène tandis qu'elle les profère. Comme si l'encre passait le cordon filiale, comme s'il fallait qu'elle dise ces mots pour les rentrer en elle-même, les manger. Les pensées profondes alternent avec les délirantes, les affabulations farfelues, les révoltes contre l'ordre des gens normaux.       <br />
               <br />
       Une totale pureté se dégage de ce spectacle, une élégance diaphane. La scénographie découpe l'espace en deux rectangles précis, symétriques, symboles de la bipolarité qui ne cesse de roder dans les mots. Ils seront les écrans sur lesquels s'évoquent, en vidéo ou en texte, les thèmes de cet abécédaire. En transparence, loin, la réalité sous la forme d'un lit, celui où l'on a retrouvé le corps de ce père. Ils sont aussi comme un livre ouvert, recueil des rêveries et des imaginaires. Une scénographie signée Aurélie Thomas.       <br />
              <br />
       La bande son, elle aussi, est très pure. Elle intervient par moment et s'échappe. Ce sont des notes de guitare qui naissent et s'envolent, mélodies, et puis une fanfare lointaine et douce et d'autres apparitions qui ne font que suspendre quelques instants l'histoire. Une création de Madame Miniature.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77837458-56536904.jpg?v=1705428601" alt=""Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages" title=""Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages" />
     </div>
     <div>
      La lumière d'Olivier Oudiou joue du chaud et du froid, projette parfois une ombre double sur les écrans, plaque des figures géométriques au sol qui accompagnent la volonté de mettre en ordre pensées et sentiments que ne cesse de dissiper l'histoire.       <br />
               <br />
       La mise en scène d'Élisabeth Chailloux donne à sa comédienne un parcours très précis. Des traversées, un jeu avec un micro pour incarner la parole du père, des costumes et des accessoires lui permettent de donner rythme et vie à son personnage. Touchant personnage dont on ne sait si la part d'hommage, la part d'incompréhension ou la part de regrets dominent les autres.       <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;À romancer : telle est l'injonction sous laquelle s'est écrit &quot;Personne&quot;. Ces mots impérieux et opaques figuraient sur un manuscrit trouvé à la mort de mon père : des feuillets organisés en chapitres, numérotés, rangés dans une chemise bleue où se lisait, outre ces mots, un titre - &quot;Le mouton noir mélancolique&quot;. Un manuscrit, donc, un &quot;livre&quot;, disait mon père quand il m'en parlait, un livre qu'il souhaitait voir publié, pas un cahier ni un journal intime… Ce travail, il allait falloir le mener, en même temps que celui du deuil&quot;,</span> extrait du texte &quot;À romancer&quot; de Gwenaëlle Aubry.       <br />
               <br />
       Ce sont chacun de ces éléments qui donnent à ce spectacle un aspect mélodieux, cristallin, délicat et cette urgence à dire le trouble que l'on ressent face à la liberté et l'enfermement de la folie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Personne"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77837458-56536907.jpg?v=1705428647" alt=""Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages" title=""Personne"… Quelqu'un, plusieurs, la quête de la personnalité d'un père aux multiples visages" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gwenaëlle Aubry.       <br />
       Adaptation : Sarah Karbasnikoff en collaboration avec Élisabeth Chailloux.       <br />
       Mise en scène : Élisabeth Chailloux en collaboration avec Sarah Karbasnikoff.       <br />
       Avec : Sarah Karbasnikoff et la voix de Frédéric Cherbœuf.       <br />
       Collaboration artistique : Thierry Thieû Niang.       <br />
       Scénographie : Aurélie Thomas.       <br />
       Lumières : Olivier Oudiou.       <br />
       Son : Madame Miniature.       <br />
       Costumes : Dominique Rocher.       <br />
       Video : Michaël Dusautoy.       <br />
       Régie générale : Simon Desplebin.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
       En partenariat avec le Théâtre de la Ville.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 27 janvier 2024.</span>       <br />
       Mardi, mercredi et vendredi à 20 h, jeudi à 19 h, samedi à 16 h.       <br />
       Théâtre 14, Paris 14e, 01 45 45 49 77.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre14.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre14.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie</title>
   <updated>2023-04-05T15:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-ou-je-croyais-etre-il-n-y-avait-personne-un-road-movie-durassien-ou-l-art-d-ecrire-la-vie_a3549.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/71946143-50110098.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-04-06T07:14:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si rien de ce qui est, n'est, tout ce qui naît donc dans l'imaginaire de deux électrons du théâtre émergent, existe vraiment… Avec un humour décalé et un brin mélancolique, la troublante Anaïs Müller et l'inénarrable Bertrand Poncet se lancent corps et âme dans une entreprise aux dimensions immanquablement durassiennes. En effet, en panne d'inspiration, ils se saisissent de l'opportunité d'un écrit leur tombant dans les mains… "Agatha", pièce de théâtre et film de la locataire des Roches Noires, devient le tremplin rêvé de leur création in vivo.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110098.jpg?v=1680691289" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;La vie c'est la vie… Tout cela c'est la faute à la vie. Mais pour l'amour du ciel qu'est-ce que vivre ?&quot;,</span> c'est par ce questionnement comico-philosophique écrit en fond de scène que les spectateurs sont accueillis avant que n'apparaissent, emmaillotés dans des cartons, les deux histrions affublés de vêtements tyroliens dessinés à gros traits. On les surprend en train de travailler un texte alambiqué de Robert Musil, &quot;L'Homme sans qualités&quot;, où l'auteur et son héros Ulrich usent de stratagèmes afin de fuir l'insatisfaction du réel. Mais vouloir échapper à la pesanteur de la réalité les fait buter sur une aiguille à cheveux n'appartenant pas à Agathe, sœur jumelle d'Ulrich, laquelle, de désespoir - elle est amoureuse de son frère ! - tente de se suicider à la vue de l'intruse.       <br />
              <br />
       Clap… Constatant que cette histoire ne marche décidément pas, les comédiens s'arrêtent de la jouer… pour invectiver vertement le public et le menacer, s'il n'est pas plus coopérant, d'étirer très en longueur la pièce. Improvisations dont ils useront à d'autres reprises pour émailler le texte de leurs réflexions à vif… Et, comme actuellement ils n'ont rien à dire de personnel, les acteurs attendent l'inspiration… comme d'autres ont attendu Godot.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110100.jpg?v=1680691317" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      La solution vient du ciel sous la forme d'un roman tombant opinément des cintres. Et comme il n'y a pas plus que l'épaisseur d'un cheveu pour que l'Agathe de M.D., elle-même amoureuse du petit frère, recouvre celle de Robert Musil, le moteur est trouvé… <span style="font-style:italic">&quot;Duras, c'est qui celle-là ?&quot;</span> interrogent-ils avec une candeur enjouée. Une séquence filmée projetée répond à leur interrogation. On y voit défiler la mer, une femme de dos, une paire de lunettes à épaisse monture d'écailles, une chevalière, une bouteille de vin, une machine à écrire aux feuillets battus par le vent du large, autant de fragments recomposant le monde selon Duras. Eux deux entrent dans le bal, ils virevoltent sur la plage qu'on imagine être celle de Trouville.       <br />
              <br />
       Ainsi s'écrit, à grands renforts de mimiques appuyées et de jeux improvisés, un remake dicté sous influence, celle de l'auteure d'&quot;Agatha&quot;. <span style="font-style:italic">&quot;Écrire, c'est pas écrire une histoire mais ce qu'il y a autour&quot;…</span> On y retrouve les mêmes thèmes qui s'entrelacent - l'amour, l'inceste, le vide existentiel -, le même balancement des mots, les mêmes silences et échos distillant une petite musique entêtante. Sous les crépitements frénétiques du clavier de l'antique Remington, les lettres aux lettres succèdent. <span style="font-style:italic">&quot;Elle lui déclarait son amour… Tu serais ma sœur… Elle n'affrontait pas son désir… L'amour de son frère était le plus grand des amours…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Très vite, jouant à se faire croire que, frère et sœur, ils s'aimaient, la fiction leur monte à la tête, les enivre, déborde dans le réel au point que Bert s'échauffe. Se précipitant sur la cheville d'Ange, il la fait choir au sol, il la mord. Revenant à eux, ici et maintenant, leurs personnages s'évadent de l'histoire en train de se raconter pour rejoindre la réalité, et se demandent à brûle pourpoint : <span style="font-style:italic">&quot;Je parle de toi à moi… Tu voudrais des enfants ? Plus t'as d'enfants, plus t'es pauvre. Mais être riche, à quoi ça sert si t'es seul ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Moment clef de la célébration, la mythique interview réalisée par Bernard Pivot invitant M.D. sur le plateau d'Apostrophes. Elle prend ici la forme d'un pastiche hilarant où Bert, l'air pénétré, prend des accents déclamatoires - <span style="font-style:italic">&quot;Marguerite Durâââss, est-ce inconfortâââble d'écriiire ? Les désillusions, les promesses de l'aube non tenues…&quot;</span> - et où Ange disserte d'une voix rauque sur <span style="font-style:italic">&quot;le malheur de devoir écrire, ce malheur qu'on porte en soi&quot;…</span> avec, comme alliée, une bouteille de vin bu à même le goulot quand l'inspiration vient à manquer…       <br />
              <br />
       Lorsque le jeu reprend - <span style="font-style:italic">&quot;Ils ne sortent que la nuit… Un bonheur trop grand… L'extase…&quot;</span> - Bert stoppe net Ange qui se colle à lui au bord de l'excitation orgasmique. <span style="font-style:italic">&quot;Arrêtons-là, ça va trop loin…&quot;</span>, dit-il. Entre dialogue et récitatif, le pouvoir incantatoire d'&quot;Agatha&quot; est tel que les frontières entre personne et personnage se brouillent, un trouble identitaire les gagne… et ce trouble gagne aussi le spectateur ballotté irrésistiblement entre fictions mises en abyme et réalités vécues.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110154.jpg?v=1680691457" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      Multipliant facétieusement les registres, se filmant champ contre champ &quot;à la manière de&quot;, Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand (à moins que ce ne soit l'inverse…), émaillent ce road-movie durassien de désirs personnels (<span style="font-style:italic">&quot;Et maintenant qu'est-ce que je fais de ta déclaration ?&quot;</span>). Le réel fabuleusement flouté, le plateau tout entier devient la fabrique de la vie revisitée par Marguerite Duras dont le credo - écrire la vie - trouve-là sa réalisation.       <br />
              <br />
       Ainsi, ravis à nous-mêmes - comme Lol V. Stein avait pu l'être un petit matin, sidérée après avoir vu son fiancé danser toute la nuit dans les bras d'Anne-Marie Streitter, la femme de Calcutta, l'enfant chérie de Venise -, nous sommes attirés par la puissance magnétique de &quot;Là où je croyais être, il n'y avait personne&quot;… Titre ô combien hypnotique, emprunté à l'une des dernières paroles prononcées par M.D. actant qu'elle n'était pas ce qu'elle pensait être, l'existence restant à jamais une page blanche, une zone inconnue à parcourir <span style="font-style:italic">&quot;en tous sens&quot;</span>. <span style="font-style:italic">&quot;M.D.M.A. Marguerite Duras Moi Aussi&quot;</span>, dixit Ange, porte-paroles de nous tous.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 23 mars 2023 au TnBA, Salle Vauthier, à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Là où je croyais être, il n'y avait personne"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110165.jpg?v=1680691495" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      Texte et conception : Anaïs Muller, Bertrand Poncet.       <br />
       Avec : Anaïs Muller et Bertrand Poncet.       <br />
       Dramaturgie : Pier Lamandé.       <br />
       Musique : Antoine Muller et Philippe Veillon.       <br />
       Scénographie : Charles Chauvet.       <br />
       Lumière : Diane Guérin.       <br />
       Vidéo : Romain Pierre.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Ce deuxième volet des &quot;Traités de la perdition&quot; a reçu le prix du jury du Festival Impatience 2021.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du mardi 21 au samedi 25 mars 2023 au TnBA de Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       28 avril 2023 : La Comédie de Ferney-Voltaire - 01210 Ferney-Voltaire (01).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110172.jpg?v=1680691539" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste</title>
   <updated>2022-08-01T09:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Et-me-voici-soudain-roi-d-un-pays-quelconque-Les-mille-et-une-vies-du-voyage-immobile-d-un-clochard-celeste_a3372.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66425517-47179007.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-08-01T08:18:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si Arthur Rimbaud a révélé les frontières mouvantes entre identité et altérité dans son fulgurant "Je est un autre", l'écrivain intranquille Fernando Pessoa, voyageur immobile de Lisbonne, s'est lui inventé des hétéronymes. Au travers de ses autres lui-même, chacun étant le porte-parole d'une part secrète lovée en lui, il a pu transcender une existence jugée trop étriquée pour son imaginaire débordant… Ce soir, devant nous, une comédienne ressentant d'étranges correspondances avec le poète lisboète va offrir un royaume à ses sujets réunis.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179007.jpg?v=1659336398" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
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     <div>
      Qu'ils se nomment Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos ou encore Bernardo Soares, le narrateur du &quot;Livre de l'Intranquillité&quot;, ils ont tous à voir avec l'esprit vagabond de Fernando Pessoa qui les a engendrés de toutes pièces, comme des répliques de lui-même se disputant tour à tour l'avant-scène.       <br />
              <br />
       Si &quot;je est un autre&quot;, le poète peut alors être incarné sans détours par une jeune femme, aussi fantasque que lui apparaît sérieux dans son pardessus austère du Café Brasileira de Lisbonne. D'ailleurs ne prendrait-il pas plaisir à contredire ses avatars, ses expansions de lui-même ? Seul comme pas un, il n'avait eu de cesse de peupler d'amis son espace mental… ou alors est-ce lui qui n'existait pas, eux prenant corps et vie à sa place ? Quoi qu'il en soit, ils sont là bien vivants devant nous et ce sont eux qui vont supplanter son hystéro-mélancolie légendaire pour organiquement donner de la voix.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179009.jpg?v=1659336447" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
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     <div>
      S'appuyant sur des modules mobiles immaculés sur lesquels les figures des rêves de l'homme intranquille vont se détacher, la comédienne joue de son vêtement évolutif pour incarner les différents états du même. Dire d'abord l'extase ressentie un certain jour de mars 1914 où une trentaine de poèmes jaillirent de lui sans qu'il ait le sentiment d'en être l'auteur, comme si un autre lui-même avait parlé à son insu. Cet autre, il le nommera Alberto Caeiro, auquel il inventera une biographie avant qu'il ne meure de tuberculose pulmonaire. La comédienne se mouchant à l'excès ne peut que constater le destin malheureux de cet avatar qui connut pourtant ses heures de célébrité. Ainsi va la vie qu'à la fin on meurt, même dans le monde des avatars.       <br />
              <br />
       Retirant sa perruque, l'artiste fait son coming out identitaire en avouant publiquement qu'elle n'est pas Fernando Pessoa comme elle s'était présentée, mais Aurélia, l'actrice ayant usurpé son identité pour s'adresser directement à nous. De toute façon, elle a toute liberté pour créer le spectacle qu'elle veut, lui étant bel et bien mort qui pourrait trouver à redire ? Elle endosse alors son immense pardessus, chausse des lunettes et se coiffe d'un chapeau avant de voguer sur des images mentales, l'amenant très loin d'elle-même. <span style="font-style:italic">&quot;Je suis les faubourgs d'une ville qui n'existe pas, le personnage d'un roman qui reste à écrire. Je tombe sans fin dans une chute sans direction. Mon âme est un maelström noir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Devenant le centre de rien avec le rien tout autour, elle s'adresse directement à son géniteur : <span style="font-style:italic">&quot;Tu m'entends Fernando ? Moi, je te saluerai éternellement. Je sais que tu m'as aimé aussi&quot;</span> ; et prenant par la main son mentor, elle s'adresse à lui pour lui dire qu'elle appartient à son orgie. Revêtue alors d'une combinaison de lumières, elle se lance dans un trip faisant voler en éclats le monde normé. <span style="font-style:italic">&quot;Je suis celle qui est toi. Je suis un univers vivant pour te saluer Fernando !&quot;</span>. Éructant, à quatre pattes, elle se lance dans une diatribe libertaire l'amenant très haut dans les airs, loin de la pesanteur de la cité terrestre.       <br />
              <br />
       Traversée par la parole vivante du poète, elle s'écrie, exaltée : <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce que faire des vers sinon confesser que la vie ne suffit pas ? Mais à quoi sert l'art qui n'est pas la vie ? Mourons, n'écrivons rien. Aimons, mais n'écrivons rien&quot;</span>. Liberdade, Democracia, écrits en lettres de feu sur une pancarte brandie fièrement, crèvent l'espace de leur liberté affichée alors que tombe des cintres la couronne la/le sacrant roi de ce pays quelconque peuplé de tous ses sujets inventés…
     </div>
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179035.jpg?v=1659336530" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
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     <div>
      &quot;Pessoa&quot;, poète énigmatique s'il en est, portait dans son patronyme une inquiétante étrangeté ne finissant pas de nous fasciner. En effet, son nom peut être traduit indifféremment par &quot;personne&quot; ou par &quot;la personne&quot;. Lui qui s'inventa pour tenter de survivre plus de soixante-dix hétéronymes, a-t-il été l'homme démultiplié génialement en tous ses avatars ou l'homme sans qualités qui peinait à exister en dehors d'eux ? Ce qui est sûr, c'est que ce soir, sa doublure théâtrale a fait (re)vivre superbement devant nos yeux &quot;assujettis&quot;, les fabuleux prolongements de cet être &quot;extra-ordinaire&quot; qu'était - et que continue à être - Fernando Pessoa.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 28 juillet au Théâtre 11 – Avignon.</b>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Et me voici soudain roi d'un pays quelconque"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179107.jpg?v=1659337443" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
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      Textes : Fernando Pessoa.       <br />
       Conception et montage de textes : Aurélia Arto et Guillaume Clayssen.       <br />
       Mise en scène : Guillaume Clayssen.       <br />
       Assistante mise en scène : Claire Marx.       <br />
       Avec : Aurélia Arto.       <br />
       Création son : Cédric Colin.       <br />
       Costumes : Séverine Thiébault.       <br />
       Scénographie : Delphine Brouard.       <br />
       Création lumière : Julien Crépin.       <br />
       Regard chorégraphique : Ingrid Estarque.       <br />
       Par Production La Compagnie des Attentifs.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 40, relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Le 11, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Tél. : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179110.jpg?v=1659337584" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Et-me-voici-soudain-roi-d-un-pays-quelconque-Les-mille-et-une-vies-du-voyage-immobile-d-un-clochard-celeste_a3372.html" />
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  <entry>
   <title>"Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu</title>
   <updated>2021-03-17T08:59:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mademoiselle-Personne-Du-cote-de-chez-soi-a-la-recherche-du-pain-perdu_a2904.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/54763364-41164804.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-03-17T08:43:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Elle a hérité - allez savoir pourquoi - du patronyme transparent de Personne, elle qui, telle une éponge, va s'imprégner de manière hallucinatoire des identités des clients(es) fréquentant la boulangerie de son premier emploi. Se crée alors une sorte de "roman familial" décalé qui devient, à son corps défendant, son pain quotidien nourrissant la béance d'une existence figée dans les glaces. Mais de quelle quête effrénée cette frêle jeune femme, à peine sortie de l'adolescence, est-elle secrètement porteuse ? Pour se ressentir aussi "à-vide" de la vie des autres, quel manque en soi faut-il combler ? Comment advenir à l'état de sujet "désassujetti" ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54763364-41164804.jpg?v=1615968708" alt=""Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu" title=""Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu" />
     </div>
     <div>
      Didier Delahais, auteur, acteur et metteur en scène bordelais, est (re)connu pour son écriture laissant dans ses déliés une large place au surgissement de l'inquiétante étrangeté, ce quelque chose d'indéfinissable qui nous prend par surprise pour créer en chacun des ondes de choc venues d'un autre temps sinon d'une autre région de nous-mêmes. Son saisissant &quot;Faut voir&quot;, mis en scène par Jean-Luc Terrade en 2013, a laissé des traces dans les mémoires.       <br />
              <br />
       Seule en scène, l'actrice - Maëlle Gozlan endossant le rôle comme une seconde peau - semble un peu perdue dans l'espace vide du plateau, d'emblée trop grand pour elle. Détentrice d'un bac littéraire, elle vient de postuler - pour des raisons que l'on devine alimentaires - pour un emploi de vendeuse… certes, mais à La Brioche Dorée !!! Sa lettre de motivation inaugurale, débouchant sur le Graal représenté par cette embauche, est articulée avec une application studieuse comme pour faire toucher du doigt ce qui se joue là d'essentiel pour elle.       <br />
              <br />
       Premier morceau d'humour, grinçant à souhait, qui en creux révèle l'incurie d'une société convoquant tous les poncifs à mettre en avant pour &quot;réussir&quot; une lettre de motivation répondant aux standards attendus. Se montrer sérieuse, disponible, enjouée, vanter les mérites de ce commerce paré de toutes les vertus imaginables. Surtout, surtout, montrer à quel point ce poste correspond à l'idéal du moi poursuivi depuis toujours, combien il est primordial, vital pour elle de l'obtenir. Cerise sur le gâteau, petite madeleine de Proust, ne pas oublier de terminer par les émotions attachées au parfum des viennoiseries de l'enfance, et - pourquoi pas - rajouter l'odeur du pain perdu préparé par la grand-mère sur le coin de la cuisinière…       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54763364-41164825.jpg?v=1615968741" alt=""Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu" title=""Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, intronisée de plain-pied dans cette fonction &quot;hors pair&quot;, elle endosse la tenue et les postures qui vont avec, répétant à satiété les mêmes tâches et gestes… Jusqu'à ce qu'un événement &quot;impensable&quot; advienne, grain de sable venant surprendre son innocence ingénue, dérégler sa mécanique interne. Dès lors, faisant effraction dans son existence, il la fait vaciller de son assise de vendeuse appliquée, la délie. Sa personnalité mise à l'épreuve du réel se fissure pour halluciner des personnages revisités par son imaginaire. Ces clients(es) qu'elle va tour à tour incarner sous nos yeux pour leur donner vie, ont-ils une existence dans la réalité, ou sont-ils recomposés par son psychisme avide de fantaisies stimulantes ?       <br />
              <br />
       Dire la vulnérabilité de nos psychés prises dans les glaces d'une organisation régie par la course à la rentabilité revient à comprendre l'impérieuse nécessité de s'évader du monde tel qu'il va (ou ne va pas). Dès lors, les portes du possible s'ouvrent grandes pour échapper à la dégénérescence psychique programmée… Dans la brèche ouverte par ce micro-événement confondu à une double effraction (au propre comme au figuré), surgissent des créatures hautes en couleur sorties du fin fond de sa &quot;réserve&quot; personnelle, tranchant sur la grisaille de sa vie vécue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54763364-41164832.jpg?v=1615968772" alt=""Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu" title=""Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu" />
     </div>
     <div>
      Petite robe noire et talons, rouge à lèvres éclatant, Mademoiselle Personne se métamorphose en un tour de main pour vivre le rêve (éveillé) de la séduisante jeune femme suivant dans un Club de Jazz à la mode cet homme par qui le scandale arrive. Ou encore, elle revêt l'identité de cette blonde décolorée au parler franc, une cliente amoureuse elle aussi des alexandrins et ancienne prostituée aujourd'hui à la retraite. Ou bien encore, se glissant dans les habits de cet autre homme, philosophe de comptoir au &quot;parler&quot; schizophrène, elle distille des préceptes propres à &quot;réfléchir&quot; en boucle le monde. Parfois, c'est le souvenir d'&quot;Une dame aux Camélias&quot; revisitée qui fait irruption dans le présent de l'arrière-boutique de la boulangerie.       <br />
              <br />
       Ces fragments de discours épars, reliés entre eux par le désir pressant d'échapper au présent mortifère - et dont une cabine d'essayage dressée en bordure du plateau offre le sas propice aux transformations - sont autant de tentatives salutaires pour échapper à une existence sans horizon d'attente. Une nécessaire et saine respiration pour tenter, envers et contre tous diktats, de rencontrer au travers de ces figures existantes et/ou fantasmées des échantillons d'une humanité atypique, permettant de se construire une identité &quot;inaliénable&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mademoiselle Personne"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54763364-41164841.jpg?v=1615968799" alt=""Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu" title=""Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu" />
     </div>
     <div>
      Texte : Didier Delahais.       <br />
       d'après une idée originale de Maëlle Gozlan.       <br />
       Mise en scène : Didier Delahais.       <br />
       Avec : Maëlle Gozlan.       <br />
       Création lumière et scénographie : Florent Blanchon, Cédric Quéau.       <br />
       Collaboration musicale : Olivier Gerbeaud.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Vu dans le cadre de représentations réservées aux professionnels données à la Salle des Fêtes du Grand Parc à Bordeaux - Glob Théâtre Hors les murs - les mercredi 3 et jeudi 4 mars 2021 à 14 h 30.       <br />
              <br />
       Dates de tournée à venir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Mademoiselle-Personne-Du-cote-de-chez-soi-a-la-recherche-du-pain-perdu_a2904.html" />
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