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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-16T18:48:55+01:00</updated>
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   <title>"Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum</title>
   <updated>2026-01-27T08:36:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Pays-Bonheur-ou-le-mercredi-sans-retour-La-force-du-minimum-pour-atteindre-le-maximum_a4462.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-01-27T08:15:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il a fui son pays. Son terrible voyage, il nous le raconte. Lui, il y est arrivé au bout de ce voyage. Mais ici, la terre tant convoitée, le pays bonheur comme ils disent, se révèle sous son vrai jour, celui de la misère morale et matérielle. Il faut faire le ménage dans les hôtels, vivre dans des immeubles délabrés, travailler sur les chantiers. Il faut envoyer de l'argent au pays, coûte que coûte, même si la famille vous oublie un peu. Il était de là-bas. Il est venu ici.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552554.jpg?v=1769498321" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Vous habitez cet abandon (…). Vous l'avez investi avec d'autres. Vous êtes là le temps que ça durera, peut-être que, d'ici peu, il vous faudra repartir, aller voir plus loin, autre abandon, ou alors vraie maison si la chance le veut. Si les papiers le veulent&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Thierry de Pina, nous en avions déjà entendu parler de façon élogieuse à l'occasion de son seul-en-scène adapté de la pièce d'Emmanuel Darley au titre éponyme, &quot;Mardi à Monoprix&quot;, et nous l'avions largement applaudi lors de son interprétation dans &quot;Qui va là&quot; autour du thème des SDF et de celles et ceux que personne ne regarde…       <br />
              <br />
       Cette fois-ci, c'est une grande fresque narrative qu'il choisit d'adapter au théâtre, encore une fois à partir d'un roman d'Emmanuel Darley, &quot;Le Bonheur&quot;, publié en 2007. Fidèle à l'écriture de l'auteur, malheureusement disparu bien trop tôt, le comédien metteur en scène a su préserver avec brio la voix de l'auteur, sobre et grandement efficace, bardée de discrétion et d'une grande dignité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552559.jpg?v=1769498367" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      Darley, c'est la poétique du témoignage, loin du théâtre d'action, sans lyrisme ni emphase, et Thierry de Pina la restitue avec une grande élégance, tout particulièrement dans cette nouvelle adaptation. Gageons qu'Emmanuel Darley serait honoré de cette adaptation de son &quot;roman&quot;, si sensible et si poignante. Rien de moins simple, on le sait, que d'adapter un roman sur les planches… Passer du narratif à du performatif, tous les comédiens n'y parviennent pas.       <br />
              <br />
       Avec &quot;Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour&quot;, le comédien Thierry de Pina y parvient &quot;haut-la-main&quot;, tant au niveau de la voix, du corps que du geste, en magnifiant littéralement le texte. L'espace scénique, quant à lui, devient un véritable acteur dramaturgique. Seules quatre chaises noires en métal campent tour à tour des espaces distincts – frontière, cale du cargo, chantier, espace de travail, bus vers le bonheur – et privilégient ainsi la parole et le corps du comédien sobrement vêtu d'un simple tee-shirt, d'un pantalon noir et pieds nus, comme pour mieux ancrer son propos dans la réalité âprement nue, elle aussi.       <br />
              <br />
       L'espace mental et métaphorique que suggèrent ces simples quatre chaises déplacées, empilées, rassemblées offrent au public un véritable voyage mental magnifié par la performance théâtrale du comédien, brillamment juste et puissamment sobre. Les lumières de Nicolas Thibault ainsi que la musique d'Hicham Chahibi y sont aussi magiquement entrelacées, formant un ensemble tout en délicatesse.       <br />
              <br />
       Sur la scène du Guichet Montparnasse, Emmanuel Darley dans l'ombre de Thierry de Pina et de la Compagnie &quot;Ah le Zèbre !&quot; éveille les consciences sur le thème des migrants et de l'exclusion en mettant en lumière la violence que tous ces hommes, toutes ces femmes et ces enfants traversent au long de leur périple souvent interminable. Sans compter les méandres labyrinthiques de leur arrivée !       <br />
              <br />
       Porté avec grande justesse et sobriété mêlées par le comédien, ce roman d'Emmanuel Darley – le dernier –  résonne doublement. Son titre d'origine est ici revisité, non sans un trait d'humour léger que suggère le titre de la pièce. Le &quot;Pays Bonheur&quot; aux accents de liberté et de joie de vivre, d'espoir et de perspectives enjouées, mais qui se révèle malheureusement bien différent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552574.jpg?v=1769498548" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      Le comédien s'empare du texte de manière sensible en incarnant plusieurs personnages, et à aucun moment le public ne décroche. Bien au contraire. Il est comme happé par le récit de chacun d'entre eux et vit comme en 3D les scènes évoquées.       <br />
              <br />
       C'est fort, puissant, vertigineux à de nombreux moments du spectacle. Thierry de Pina nous transporte avec fougue dans ce récit poignant, tout bardé sans doute de cette volonté farouche qui a été la sienne, aussi, alors qu'il était encore épidémiologiste durant les pandémies, et qu'il a entamé des études théâtrales, contre vents et marées… Parce que lui aussi avait un voyage à accomplir !       <br />
              <br />
       Valère Novarina, qui vient de nous quitter, disait que le langage était le combustible du comédien, tout comme la part d'enfance qui est en lui. Il semblerait que Thierry de Pina ait eu vent de ces paroles. &quot;Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour&quot; est un seul-en-scène bouleversant, intime, en sobre confidence qui, à n'en point douter, ouvrira les consciences à l'endroit où, bien souvent, elles sont embrumées.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pays Bonheur ou le mercredi sans retour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552584.jpg?v=1769498574" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      D'après Emmanuel Darley (Le Bonheur&quot;, Actes Sud-Papier, 2009).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Thierry de Pina.       <br />
       Avec : Thierry de Pina.       <br />
       Création musicale : Hicham Chahidi.       <br />
       Création lumières : Nicolas Thibault.       <br />
       Direction d'acteur : Emmanuel Lorre.       <br />
       Regards extérieurs : Sylvie Dutheil et Carole Scotto Di-Fasano.       <br />
       Esthétique Marine : Cessat-Begler.       <br />
       Compagnie-Production Ah le Zèbre !       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 janvier au 2 avril 2026.</span>       <br />
       Jeudi à 19 h.       <br />
       Théâtre Le Guichet Montparnasse, 15, Rue du Maine, Paris 14e.       <br />
       Réservations : 01 43 27 88 61.       <br />
       <a class="link" href="https://www.vostickets.fr/Billet/FR/representation-GUICHET_MONTPARNASSE-32650-0.wb?REFID=t7I3AAAAAAACAQ" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.guichetmontparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; guichetmontparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"</title>
   <updated>2025-07-23T11:50:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Gahugu-Gato-Petit-Pays-Retour-au-pays-le-Rwanda-et-son-peuple-dechire-Hutus-et-Tutsis-nez-a-nez_a4328.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-23T09:55:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand Gaby revient dans son pays natal mis à mal, après une longue absence liée à son exil en France, il éprouve le grand bonheur de retrouver sa mère qu'il croyait morte. Celle qu'il a quittée quand il était encore un enfant n'est plus la même. Mutique et profondément choquée par ce qu'elle a vécu, elle semble s'être retirée du monde… C'est cette histoire fictive, à résonances tout à la fois personnelles et historiques, que le romancier musicien Gaël Faye raconte dans son roman éponyme. Frédéric Fisbach et Dida Nibagwire, elle-même rwandaise, l'adaptent pour la porter au plateau en confiant à des comédien(ne)s rwandais(es) le soin de l'interprétation.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586348.jpg?v=1753259687" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Comme dans un songe d'une nuit d'été, trois musiciens prennent place sereinement sous le majestueux platane du Cloître des Célestins. Au son mélodieux de la guitare et de l'inanga, cet instrument traditionnel que l'on disait accompagner au Burundi le sommeil du roi tant sa sonorité est douce, un chant s'élève dans un nuage douillet. Son charme, rehaussé par les tissus colorés, opère d'emblée…       <br />
              <br />
       Que nous font entendre ces paroles en Kinyarwanda surtitré en français ? Elles nous racontent le retour au Rwanda de Gaby, découvrant sa mère absente dans sa tête… Le &quot;spectacle&quot; sera l'occasion de (re)mettre en scène, comme le ferait un flash-back au cinéma, l'histoire de cette famille disséminée par le drame génocidaire ayant abouti au massacre programmé de plus de huit cent mille Tutsis.       <br />
              <br />
       Hutus et Tutsis, deux classes sociales et… un même peuple, partageant la même langue, la même religion, la même culture. Alors pourquoi cet affrontement délétère ? Le père français de Gaby (sa mère rwandaise s'est exilée au Burundi voisin pour essayer d'échapper au génocide) tente tant bien que mal d'expliquer à l'enfant de dix ans qu'il était, que Hutus et Tutsis… n'ont pas le même nez, les seconds étant dotés d'un nez fin et d'une corpulence plus élancée. Une raison pour être exterminés ? L'enfant ne comprend pas, nous non plus… sauf à considérer que les intérêts des anciens colonisateurs (dont la France) étaient de fermer les yeux en 1994 sur ces massacres présentés comme une guerre ethnique dont l'Occident n'a pas à se mêler, les Hutus au pouvoir permettant cyniquement de continuer à faire… des affaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586349.jpg?v=1753259722" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Dans un florilège de danses expressives, de chants envoûtants et de séquences parlées projetées vers les gradins, les scènes échappées d'un passé dont elles étaient prisonnières vont prendre vie pour, comme dans un kaléidoscope, recomposer les heurs et malheurs de cette famille disloquée… <span style="font-style:italic">&quot;Tu te souviens maman, tu as quitté le Rwanda à la lueur des flammes… Tu y avais rencontré papa, un Français tombé sous ton charme. On vivait heureux, Ana, ma sœur, et vous deux. Et puis vous vous êtes séparés, papa et toi. Et les problèmes ont surgi avec les coupeurs de tête…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Si aucune épreuve vécue n'est éludée, si la mort est toujours là au second plan (et comment pourrait-il en être autrement ?), le ton reste résolument du côté de la vie… Ainsi de la cérémonie de la circoncision des garçons donnant lieu à un morceau de choix où domine, avec la lame de rasoir et l'eau salée pour désinfecter, jusqu'à l'enterrement des bouts de zizi sous le bananier, le plaisir festif d'un rite intégrateur faisant lien entre les membres d'une même communauté… Chants mélodieux, mélopées, cercle chorégraphié pour fêter les onze ans de Gaby… Bonheur partagé interrompu par la nouvelle du Président tué et du pays à feu et à sang…       <br />
              <br />
       Surtout ne pas douter de la beauté du monde, même sous un ciel tortionnaire… Les interprètes, se tenant par l'épaule en une ligne continue, s'avancent vers l'avant-scène, faisant bloc face aux gradins, prêts à affronter droit dans les yeux les horreurs à venir… Les Tutsis assimilés à des cafards à exterminer… Les machettes planquées partout à Kigali, n'attendant que leur heure pour être utilisées… Même chose au Burundi voisin… Les miliciens fouillant les maisons des Tutsis… Et les paroles de Gaby trouant alors l'obscurité : &quot;Tu te sentais impuissante maman, rongée de l'intérieur&quot;… Ce sera pourtant elle la mère, à qui reviendra au final la parole, qui dira le carnage des corps retrouvés décomposés, qui dira Jeanne disparue et Pacifique (son mari au nom prédestiné) qui en voulant la défendre, elle et sa famille, retrouvé fusillé par les Hutus, les siens, pour traîtrise… il avait voulu sauver des Tutsis.       <br />
              <br />
       On sort bouleversé de cette traversée poétique d'un drame mis en jeu au travers d'une fiction propre à redonner la parole – comme ici à la mère – aux victimes du génocide. La puissance de cette forme esthétiquement très belle (cf. les musiques et chants envoûtants dessinant à eux seuls des paysages sonores, cf. la chorégraphie du tableau final où les interprètes en pleine lumière balaient devant eux les marques du trauma collectif pour ouvrir une nouvelle ère) tient &quot;essentiellement&quot; à l'authenticité des interprétations singulières confiées à des Rwandais, chacun devenant acteur de sa propre histoire. Une histoire chorale secouée, comme un organisme vivant, par les soubresauts de la grande Histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586390.jpg?v=1753259764" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Et si on peut ressentir parfois l'impression fugitive de perdre un peu de compréhension lors de parties parlées dans la langue d'origine, très vite, on l'oublie pour être littéralement happés par la force de conviction des corps en mouvement, corps se faisant les haut-parleurs sensibles des émotions &quot;porteuses de sens&quot;.       <br />
              <br />
       … Troublés, les actrices et acteurs rwandais l'étaient encore plus que d'ordinaire ce soir-là, s'effondrant en sanglots dans les coulisses juste après être venus saluer, la vérité de leur je(u) leur étant revenue comme un boomerang imparable.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le lundi 21 juillet 2025, au Cloître des Célestins à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Gahugu Gato (Petit Pays)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586397.jpg?v=1753259896" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      Création en juin 2024 à Kigali (Rwanda).       <br />
       D'après le roman &quot;Petit Pays&quot; de Gaël Faye publié aux Éditions Grasset en 2016.       <br />
       Spectacle en kinyarwanda et français surtitré en français et anglais.       <br />
       Traduction : Emmanuel Munyarukumbunzi basée sur l'adaptation française de Samuel Gallet.       <br />
       Mise en scène : Frédéric Fisbach et Dida Nibagwire, avec la complicité de Gaël Faye.       <br />
       Avec : Frédéric Fisbach, Olivier Hakizimana, Léon Mandali, Carine Maniraguha, Philipe Mirasano, Natacha Muziramakenga, Dida Nibagwire, Norbert Regero, Michael Sengazi et Jean-Patient Akayezu (inanga, flûte et chant), Kaya Byinshii (chant), Samuel Kamanzi (guitare et chant).       <br />
       Lumière : Eloé Level.       <br />
       Costumes : Asantii, House of Tayo, Moshions.       <br />
       Surtitrage : Patience Umutoni.       <br />
       Régie générale : Eloé Level.       <br />
       Régie son : Foucault de Malet.       <br />
       Traduction des surtitres en français : Samuel Gallet.       <br />
       Traduction des surtitres en anglais : Natacha Muziramakenga.       <br />
       Durée : 1 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90078251-63586398.jpg?v=1753259923" alt="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" title="•In 2025• "Gahugu Gato (Petit Pays)" Retour au pays, le Rwanda… et son peuple déchiré, Hutus et Tutsis "nez à nez"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <b>A été représenté les 17 et 18, 20, 21 et 22 juillet 2025.</b>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cloître des Célestins, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       18 au 20 mai 2026 : MIXT - Terrain d'arts en Loire-Atlantique, Nantes (44).       <br />
       2027 (en cours) : Théâtre National Wallonie-Bruxelles, Bruxelles (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse</title>
   <updated>2025-03-26T21:09:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Cet-Air-Infini--la-rencontre-de-la-mythologie-et-de-l-exil-moderne-s-illumine-de-poesie-et-de-tendresse_a4178.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87467244-62041175.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-03-26T20:38:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Cet Air Infini" donne les mots et l'espace nécessaires pour que les créatures étranges, que sont les actrices et les acteurs chargés de personnages, vivent et s'emparent du présent. Une femme, un homme, vibrant dans l'atmosphère comme des images holographiques, se rencontrent. Ils pourraient être des mirages d'un horizon surchauffé, d'un désert aride, comme on en rêve, fait de dunes et d'oasis, mais ce désert est bien différent.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87467244-62041175.jpg?v=1743018496" alt="Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse" title="Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse" />
     </div>
     <div>
      C'est au milieu de l'architecture de ville que ces deux êtres existent. Lui est topographe. Elle se cogne aux angles des bâtiments qui s'érigent, s'écroulent ou s'abattent sans arrêt. Il établit des plans pour construire de nouveaux modes de vies, des tours, des gratte-ciels, des quartiers qu'on emporte en gravats. Elle est l'image de la permanence des sentiments humains puissants. Elle est aussi et surtout multiple, tantôt Électre, tantôt Phèdre, Médée, Antigone, avec la tâche de respecter au-delà de tout l'humain. Et pourtant, tous les deux sont perdus, exilés, esseulés.       <br />
              <br />
       Dans ce grand silence au cœur du brouhaha des villes que connaissent les exilés, les mis au ban, ils parviennent difficilement à s'entendre, se parler, s'écouter. Mais ils y parviennent, las de parler seuls. Comme dans les tragédies antiques, il y a de l'effroi qui transpire de cette représentation dans le magnifique studio du Théâtre de l'Épée de Bois, mais aussi une source de vitalité, de revitalisation de la beauté humaine. Et ces deux exilés (lui a abandonné sa famille dans son pays pour travailler ici, elle sera chaque fois une exilée intérieure) tressent scène après scène la trame d'une humanité étouffée par la grande entreprise de l'expansion économique moderne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87467244-62041201.jpg?v=1743018528" alt="Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse" title="Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse" />
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     <div>
      Le texte de Lluïsa Cunillé tente de rassembler ce qui continue à battre dans les cœurs, dans un univers qui n'a rien à foutre des vies brisées. Écrite avec une insolence assumée, une élégance pertinente et une recherche de sensible, la pièce donne le sentiment de fragilité, autant que de force imperturbable. Les deux interprètes, Marie Micla et Jean-Noël Dahan, ne sont pas étrangers à cette impression.       <br />
              <br />
       Marie Micla et Jean-Noël Dahan sont, comme je l'ai dit au début de cet article, deux créatures, mises en apparition par la mise en scène très précise de ce dernier. Marie Micla incarne, dans le même souffle, mais avec des élans totalement différents, les figures mythologiques des femmes fortes, brisées par le système qu'elles ont affronté. Tant charnelle qu'aérienne, elle enfante chacun de ces personnages sans heurts, et sa voix profonde, ses gestes mesurés sont tous fascinants.       <br />
              <br />
       Avec elle, Jean-Noël Dahan est, lui aussi, émigré, famille abandonnée au pays, une sorte de fantôme dans nos villes, dans nos rues. Un spectre qui se sent spectre, sans langue, sans connaissance, avec sa vie passée enfouie en lui-même aussi lointaine et brûlante qu'une mythologie intime. Il est un personnage touchant et fragile. <span style="font-style:italic">&quot;Je sais que j'ai cessé d'être un étranger et que je suis devenu un inconnu pour les autres et pour moi-même&quot;</span>, dit-il.       <br />
              <br />
       On pourrait peut-être recueillir les mots de ce spectacle entre ses paumes, comme du sable, et le laisser filer au vent du temps suspendu.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cet air infini"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87467244-62041202.jpg?v=1743018584" alt="Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse" title="Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse" />
     </div>
     <div>
      Texte : Lluïsa Cunillé.       <br />
       Traduction : Laurent Gallardo.       <br />
       Mise en scène : Jean-Noël Dahan.       <br />
       Avec : Marie Micla et Jean-Noël Dahan.       <br />
       Création lumières : Marc Delamézières.       <br />
       Création sonore : Jean-Marc Istria.       <br />
       Production : Cie Éclats Rémanence.       <br />
       Cette pièce, écrite en 2010 et traduite en 2023, a remporté le Prix national de littérature dramatique (Espagne) en 2010.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 au 30 mars 2025.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Salle de répétition (studio), Paris 12e, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87467244-62041225.jpg?v=1743018615" alt="Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse" title="Dans "Cet Air Infini", la rencontre de la mythologie et de l'exil moderne s'illumine de poésie et de tendresse" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-Cet-Air-Infini--la-rencontre-de-la-mythologie-et-de-l-exil-moderne-s-illumine-de-poesie-et-de-tendresse_a4178.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire</title>
   <updated>2019-07-08T13:48:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2019-Nous-L-Europe-Banquet-des-Peuples-Deferlante-sonore-au-contenu-incendiaire_a2480.html</id>
   <category term="Avignon 2019" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/35413658-32051033.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-07-08T13:05:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ce serait peu de dire que ce que l'on a vécu ce soir restera longtemps inscrit dans nos tympans. Non seulement par l'intensité sonore des musiques électroniques amplifiées à l'envi, par la percutante mise en jeu musicale de Roland Auzet en écho à la pureté des Chœurs de l'Opéra et Maîtrise du Grand Avignon accompagnés de choristes amateurs…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35413658-32051033.jpg?v=1562585287" alt="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" title="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" />
     </div>
     <div>
      Mais aussi sous l'effet de l'énergie électrisante d'acteurs époustouflants portant jusqu'à l'incandescence le magnifique texte de Laurent Gaudé, écrivain convoquant l'intime pour mieux faire entendre l'Histoire. Celle de notre Europe, fille de Zeus et qui depuis ses origines a connu les heurts, malheurs et bonheurs d'un destin qu'il convient urgemment d'écrire au futur, faute de disparaître.       <br />
              <br />
       Europe est née certes de l'amour de Zeus pour une belle princesse mais aussi de ses duperies en chaîne. En effet, c'est en apparaissant sous la forme d'un beau taureau blanc au front orné d'un disque d'argent surmonté d'un croissant de lune qu'il put enlever la belle pour ensuite, sur les rivages de Crète, s'unir à elle… avant de l'abandonner. Si les mythes, chers à Laurent Gaudé,  cristallisent quelque chose d'essentiel du fonctionnement humain, on pourrait se dire que toute l'Histoire de notre Europe géopolitique est prise dans les rets de ce mythe fondateur. Séduction et tromperies, l'Europe va être devant nous mise à nu dans les éclats d'artistes sans concession aucune avec la tiédeur du politiquement correct.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35413658-32051080.jpg?v=1562585316" alt="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" title="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" />
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35413658-32051091.jpg?v=1562585363" alt="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" title="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" />
     </div>
     <div>
      Autour du coryphée élargi à une dizaine de comédiens montés sur ressorts et à un contre-ténor à la voix sublime, le plateau s'enrichit de la présence de gens ordinaires de tout âge, ceux et celles qui appartiennent à l'histoire européenne déroulée au rythme d'une rotative scandant les moments clés d'une aventure tumultueuse. Ainsi les espoirs les plus fous se sont-ils cognés aux forces répressives de pouvoirs entendant bien garder la main sur les velléités d'émancipation de sujets asservis, parfois, souvent, à l'insu d'eux-mêmes.       <br />
              <br />
       Le prologue d'Emmanuel Schwartz (excellent), en position frontale avec le public, l'affrontant, introduit les problématiques d'éviction du peuple dans les décisions qui le concernent &quot;au premier chef&quot;. Le référendum de mai 2005 sur le traité d'une Constitution pour l'Europe s'est soldé par le rejet des urnes… Or, deux ans après, est signé le traité de Lisbonne passant outre le verdit démocratique. Ceux qui avaient perdu devant les électeurs continuent à imposer leur ligne et, ce faisant, c'est la légitimité de l'Europe qui s'en trouve atteinte pour longtemps. Plus grave, en foulant aux pieds le non-désir du peuple pour l'Europe proposée, elle ne peut que prendre le visage d'une technocratie doublement non désirable.       <br />
              <br />
       À la question &quot;D'où tu viens ?&quot;, chacun répondra de là où il est, c'est-à-dire en privilégiant ce qui pout lui fait sens pour définir son identité. Les frontières invisibles transportées par chacun n'ont en effet que faire du carcan identitaire national qui l'étouffe en le réduisant à ce qu'il n'est pas. Alors pourquoi, si tel est le profond désir de chacun, n'avoir pas réussi à construire une Europe sans frontières ? Des éléments de réponse sont fournis par l'Histoire de deux siècles déchirés par les affres guerrières.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35413658-32051199.jpg?v=1562585849" alt="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" title="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" />
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35413658-32051212.jpg?v=1562585918" alt="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" title="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" />
     </div>
     <div>
      Des &quot;progrès industriels&quot; en chaîne du XIXe où l'Europe invente la bourgeoisie pour se nourrir de la force de travail du prolétariat, la lie de la société, dans une compétition forcenée entre entreprises et états concurrents, à la Conférence de Berlin de 1885 où elle invente le colonialisme pour se servir au banquet du dépeçage de l'Afrique, le cycle des dominations est inexorablement enclenché conduisant à &quot;l'effort de guerre&quot; où ce sont les plus déshérités qui fourniront le gros de la chair à canon. Mais ce qui constitue la force persuasive de ce manifeste-plaidoyer, c'est qu'il est porté avec une énergie débordante par les acteurs &quot;réellement&quot; horrifiés du sort réservé aux Humbles. C'est par l'émotion qu'on entre ainsi dans la compréhension.       <br />
              <br />
       Et quand vient le temps où on qualifie les hommes de vermines juives, sodomites, communistes, époque où journalistes, écrivains, penseurs sont liquidés au nom du respect dû à l'ordre dicté par le Parti National Fasciste, le plateau brûle des horreurs à venir. Ainsi va l'Europe avec son cortège de crimes organisés. Et que dire de tous ces apatrides ou enfants qui découvrent sur une photo jaunie leur père, impeccable, en uniforme nazi ? Karoline Rose - stupéfiante - chevauchant sa guitare, se lance alors dans un morceau déchaîné où cris et notes saturées, en lien avec le batteur lui-même paroxysmique, elle va hurler sa révolte face à l'innommable. Nos oreilles en souffrent terriblement, à l'image de la souffrance des persécutés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35413658-32051229.jpg?v=1562585968" alt="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" title="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" />
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35413658-32051571.jpg?v=1562586676" alt="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" title="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" />
     </div>
     <div>
      La guerre froide génère ses atrocités européennes où Jan Palach, immolé par le feu sur la place Venceslas à Prague pour offrir sa mort aux chars russes étouffant le &quot;Printemps de Prague&quot;, a droit sur le plateau à son moment de grâce. Quant aux événements de 68, ils sont célébrés dans la joie furieuse d'une émancipation revendiquée. Montrer fièrement ses seins, jouir sans entraves, désirer pour vivre pleinement. Yvonne de Gaulle troquée contre Louise Michel figure féministe de la Commune de Paris, les anciennes marques de l'ordre passé conspuées sans retenue aucune, comme l'ont été précédemment tous les généraux, hommes d'église, patrons d'industrie, et autres briseurs de liberté.       <br />
              <br />
       Ce parcours effréné au travers de L'Europe - interrompu par le Grand témoin, François Hollande, l'invité du soir, se pliant, en homme politique rompu à l'art d'une parole sans aspérités pleine de rondeurs et teintée d'un brin d'humour, à l'exercice d'un interrogatoire &quot;gentil&quot; -, mêlant chant lyrique, voix théâtrale, voix chantée et soutenu par une musique d'enfer, se termine par la liesse retrouvée autour de &quot;l'Hymne à la joie&quot;. C'est en assumant d'où l'Europe vient, toutes les atrocités dont elle a été porteuse, que l'on peut résolument &quot;désirer&quot; une Europe répondant aux valeurs qu'elle a trop souvent bafouées. C'est là, à l'endroit même des sensations procurées par cet objet polyphonique convoquant témoignage, opéra, happening, théâtre total, que s'ouvre le champ de la réflexion.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nous, L'Europe, Banquet des Peuples"</b></div>
     <div>
      Texte : Laurent Gaudé.       <br />
       Conception, musique, mise en scène : Roland Auzet.       <br />
       Assistant mise en scène : Victor Pavel.       <br />
       Avec : Robert Bouvier, Rodrigo Ferreira, Olwen Fouéré, Vincent Kreyder, Mounir Margoum, Rose Martine, Dagmara Mrowiec-Matuszak, Karoline Rose, Emmanuel Schwartz, Artemis Stavridi, Thibault Vinçon.       <br />
       Le Chœur de l'Opéra Grand Avignon et quarante chanteurs amateurs.       <br />
       Chaque soir un grand témoin : Susan George (États-Unis / France),       <br />
       Ulrike Guérot (Allemagne), François Hollande (France), Pascal Lamy (France), Eneko Landaburu (Espagne), Enrico Letta (Italie), Luuk van Middelaar (Pays-Bas), Geneviève Pons (France).       <br />
       Scénographie : Roland Auzet, Bernard Revel, Juliette Seigneur, Jean-Marc Beau.       <br />
       Lumière : Bernard Revel.       <br />
       Chorégraphie : Joëlle Bouvier.       <br />
       Vidéo : Pierre Laniel.       <br />
       Musiques électroniques : Daniele Guaschino.       <br />
       Costumes : Mireille Dessingy.       <br />
       Collaboration artistique : Carmen Jolin.       <br />
       Traduction polonaise pour le surtitrage : Lukasz Gajdzis.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2019•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">6, 7 et du 9 au 14 juillet 2019.</span>       <br />
       À 22 h.       <br />
       <b>Cour du Lycée Saint-Joseph</b>        <br />
       62 rue des Lices.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 6 juillet 2019 au Festival d'avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35413658-32051770.jpg?v=1562587317" alt="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" title="•In 2019• Nous, L'Europe, Banquet des Peuples… Déferlante sonore au contenu incendiaire" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2019-Nous-L-Europe-Banquet-des-Peuples-Deferlante-sonore-au-contenu-incendiaire_a2480.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte</title>
   <updated>2018-12-19T14:16:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Alice-et-autres-merveilles-Le-parcours-d-une-fillette-moderne-et-contemporaine-vers-le-monde-adulte_a2309.html</id>
   <category term="Pitchouns" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/29067431-28319993.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-12-19T13:51:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Avec son bomber jaune pétard et sa jupe tutu, Alice a la gouaille précoce et effrontée. Comme qui dirait, Alice se jette à l'eau pour ne pas se mouiller. Car Alice est inquiète, car Alice grandit, grandit trop vite et se sent bien seule.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29067431-28319954.jpg?v=1513802498" alt=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" title=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" />
     </div>
     <div>
      Avec &quot;Alice et autres merveilles&quot;, Emmanuel Demarcy-Mota emmène l'héroïne de Lewis Carroll* dans une aventure ébouriffante. La trame et les personnages de l'œuvre de Lewis Carroll sont conservés mais le traitement prend ouvertement la dimension d'un conte, d'un théâtre total qui privilégie le spectacle au récit.       <br />
              <br />
       Tout paraît sans dessus dessous. Alice est à l'unisson de son public. C'est que le personnage apparaît à ce moment clef où l'on est trop petit pour être grand, trop grand pour être petit. Où l'enfance n'a plus le même attrait, où l'on sent que c'est passé. Tout s'agrandit et se rétrécit dans un aller retour incessant. La poupée Barbie, le petit chaperon rouge, le méchant loup prennent des allures plus ambiguës. Le monde des adultes devient étrange, insensé. Voire inquiétant.       <br />
              <br />
       Dans ce spectacle, tout se mélange dans un cahotant méli-mélo à la fantaisie effrénée. Alice découvre les pouvoirs de l'imagination. Alice en apprend le jeu, découvre l'humour et, dans l'entrain, une certaine manière de transformer, de créer le monde. Dans cette version, Alice, dans une petite robe noire, invente la comédie musicale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29067431-28319955.jpg?v=1513802524" alt=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" title=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" />
     </div>
     <div>
      La scène exploite toutes les ressources de la scénographie, des plus anciennes aux plus contemporaines. Dans tous les cas, la cage de scène est un lieu de surprise, de rythme, d'entrées et de sorties. L'avant-scène de transgression. L'ensemble de la troupe est irréprochable et Suzanne Aubert ( qui joue Alice) étonnante. Dans &quot;Alice et autres merveilles&quot; est montré le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte.       <br />
              <br />
       Le spectacle fait s'écarquiller les yeux de surprises. Les enfants s'émeuvent, rient, interrogent à haute voix. Et Alice, assurément qui se sentait seule, découvre la présence d'un public acquis. En partage de merveilles. En communication des secrets. Le manteau d'Arlequin mérite bien son nom.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*&quot;Alice au pays des merveilles&quot; est l'œuvre d'un mathématicien logicien de son vrai nom Charles Lutwige Dodgson et celle-ci a une dimension pédagogique, d'apprentissage amusant de certaines règles.</span>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Alice et autres merveilles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29067431-28319956.jpg?v=1513802557" alt=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" title=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" />
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      Texte : Fabrice Melquiot (L'Arche éditeur).       <br />
       D'après Lewis Carroll.       <br />
       Mise en scène : Emmanuel Demarcy-Mota.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Christophe Lemaire.       <br />
       Deuxième assistante à la mise en scène : Julie Peigné.       <br />
       Avec : Jauris Casanova, Valérie Dashwood, Philippe Demarle, Sandra Faure, Sarah Karbasnikoff, Stéphane Krahenbühl, Gérald Maillet, Walter N’guyen, Isis Ravel.       <br />
       Scénographie : Yves Collet.       <br />
       Costumes : Fanny Brouste.       <br />
       Lumières : Yves Collet et Christophe Lemaire, assistés de Thomas Falinower.       <br />
       Son : David Lesser.       <br />
       Vidéo : Matthieu Mullot.       <br />
       Masques : Anne Leray.       <br />
       Maquillages : Catherine Nicolas.       <br />
       Objets de scène : Audrey Veyrac.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29067431-28319957.jpg?v=1513802591" alt=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" title=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" />
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      Conseiller artistique : François Regnault.       <br />
       Travail Vocal : Maryse Martines.       <br />
       Training Physique : Nina Dipla.       <br />
       Construction Décor : Espace Et Compagnie.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       Compagnie Troupe du Théâtre de la Ville.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Reprise du 18 au 27 décembre 2018.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi à 19 h 30, jeudi à 14 h 30, samedi, dimanche et jeudi 27 à 15 h.       <br />
       Espace Cardin (Théâtre de la Ville Hors les Murs), Paris 8e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaville-paris.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Première publication le jeudi 21 décembre 2017.</span>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29067431-28319993.jpg?v=1545225193" alt=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" title=""Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte" />
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     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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