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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T17:08:51+02:00</updated>
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   <title>"Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance</title>
   <updated>2025-09-24T17:45:00+02:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-09-25T07:47:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Christian Bobin nous conte de façon très poétique l'histoire de François d'Assise qui, à la suite du Christ, a tout quitté pour vivre une vie de pauvreté et d'humilité. Pour l'auteur, il s'agit plutôt de rechercher Dieu dans le "Très-Bas" plutôt que le Dieu très "Haut" et protecteur, en apprenant à admirer la nature, la beauté du monde, la richesse et la simplicité des choses de la vie, laquelle est son maître-mot. Mais cette quête doit-elle être spirituelle ? Matérielle ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64209318.jpg?v=1758727987" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      Publié en 1992, Prix des Deux Magots en 1993, ainsi que Grand Prix de la littérature catholique, ce roman de Bobin, malheureusement récemment disparu, est un hymne à la parole, à bien y regarder, cette parole qui nous échappe bien souvent, ou qui est tronquée, fourvoyée, hurlante ou bien trop silencieuse. Hymne à la propre parole de l'auteur, surtout… Celle de ses mots généralement sibyllins qui, parfois, ne sont pas les nôtres, mais qui nous parlent pourtant tellement.       <br />
              <br />
       On peut s'interroger d'ailleurs sur le genre littéraire de cet ouvrage qui a fait découvrir cet auteur aux nuls autres pareils : un essai, un roman à la frontière entre fiction et réflexion ? Une autobiographie ? Il semblerait que ce questionnement n'ait pas interpellé outre mesure Emmanuel Ray de la Compagnie du Théâtre en Pièces, en coréalisation avec le Théâtre de Chartres, car il nous offre là, en plein cœur de la capitale, une création du plus bel effet.       <br />
              <br />
       Ici, les spectateurs et spectatrices ne sont plus dans la crypte de la cathédrale de Chartres – qui a vu la création du spectacle en 2024 – où les bruits bourdonnants de la ville devaient être moins présents qu'à Paris… Mais dès les premiers instants, pourtant, dans cette Église Saint-Leu autour de laquelle tout grouille et se bouscule, le silence se fait et, très vite, les mots de Bobin résonnent avec grande poésie. Le Saint est là, tout de suite présent par la force de la parole, assis à nos côtés, tout comme les comédiennes et comédiens, sur les chaises disposées en bi-frontal, et il se fraye un chemin en nous invitant à l'emprunter avec lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64209320.jpg?v=1758728018" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      On nous parle tout près, on nous scrute avec intensité dans un désir d'éveil et d'écoute essentiel face au <span style="font-style:italic">&quot;tourbillon de notre époque qui nous submerge&quot;.</span> Sous les traits du comédien Fabien Moiny, François d'Assise s'incarne de façon toute méditative et contemplative, laquelle requiert du public une disposition d'écoute toute particulière et nécessaire. Ses mots s'entrechoquent entre force et douceur, son corps se meut et galope sur un corridor de terre, étroit et longiligne, et ses pieds nus remettent en éveil nos certitudes. Ou les bousculent.       <br />
              <br />
       La partition du texte choisie par Emmanuel Ray a resserré fort justement ce dernier, comme dans son essentielle substantifique moelle. Qui connaît ce texte pourra le mesurer et en apprécier encore davantage la teneur exceptionnelle et les choix pertinents du metteur en scène. Saluons-les particulièrement, car, à nos yeux, cela n'a pas dû être si simple.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le Très-Bas de Bobin nous pousse à prendre conscience de notre intégration à la nature et de la nécessité de nous respecter mutuellement ainsi que notre environnement. Tout est si fragile, éphémère, et chaque instant doit être valorisé. Plutôt que de viser la lune, apprenons à savourer l'eau que nous buvons, le fruit que nous dégustons, en fermant les yeux&quot;,</span> commente Emmanuel Ray.       <br />
              <br />
       Saluons également cette entreprise créatrice particulièrement féminine du metteur en scène par la présence de deux comédiennes talentueuses, Stéphanie Lanier et Mélanie Pichot au jeu, et Léa Bertogliati au violoncelle. Faire porter la parole de &quot;Bobin d'Assise&quot; de la sorte est, à nos yeux, une entreprise sensiblement fine à la portée symbolique notoire. Gageons que ce choix est délibéré, et si tel n'est pas le cas, c'est encore bien mieux !       <br />
              <br />
       C'est en effet avec grand talent que les deux comédiennes interprètent le texte. Leur fougue verbale habilement tempérée rayonne avec chaleur entre les murs de pierre, et le choix contemporain de leur tenue respective apporte à l'ensemble une aura à la fois universelle et vertigineuse. Sans oublier leur grâce gestuelle qui confère aux mots de Bobin une élégance indéniable. Stéphanie Lanier ayant été danseuse à la Royal Shakespeare Compagnie d'Eindhoven avant de se consacrer à la comédie, et Mélanie Pichot faisant preuve, aussi, d'une belle aisance corporelle tout en discrétion.       <br />
              <br />
       Peut-être aurait-il été possible d'accorder davantage de place aux notes justes et mélodieuses du violoncelle de Léa Bertogliati, ce qui aurait pu, de la sorte, sublimer encore davantage la partition d'ensemble des deux comédiennes et des deux comédiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64211141.jpg?v=1758728083" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Le Théâtre ne se vit pleinement que dans l'instant présent. Il y a besoin de si peu pour mettre en scène. Ne l'oublie pas. Il n'y a besoin que d'une vie, si pauvre que personne n'en veut… C'est cette abondance de rien que tu dois saisir. Écrire… Voir… C'est pareil. Pour voir, il faut la lumière, mais on peut la trouver dans le noir de l'encre.&quot;</span>       <br />
              <br />
       Merci, à vous, Emmanuel Ray, de vous être interrogé de la sorte et d'avoir ainsi porté au sommet de l'affiche du Bobin… et plus particulièrement ce texte majeur d'un écrivain dont il n'est pas certain du tout qu'il puisse être jamais remplacé ni égalé.       <br />
              <br />
       Certes, l'humanité toute entière ne se dépouillera jamais comme François d'Assise l'a fait, mais elle devrait déjà commencer sa potentielle &quot;reconversion&quot; en allant assister à cette brillante adaptation théâtrale et musicale et/ou faire le choix aussi de quelques expériences de retraite assumée pour se recentrer et tenter d'oublier la laideur du monde ambiant… Pour découvrir… la joie… &quot;Comprendra qui pourra…&quot;       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Très-Bas - François d'Assise"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64211146.jpg?v=1758728118" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      Texte : Christian Bobin       <br />
       Mise en scène Emmanuel Ray       <br />
       Avec : Stéphanie Lanier, Fabien Moiny, Mélanie Pichot et Emmanuel Ray.       <br />
       Création musicale et interprétation au violoncelle : Léa Bertogliati.       <br />
       Lumières : Natacha Boulet Räber.       <br />
       Création sonore : Tony Bruneau.       <br />
       Compagnie du Théâtre en Pièces.       <br />
       Pour tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 septembre au 20 décembre 2025.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles du 29 septembre au 3 octobre, du 13 octobre au 15 octobre et du 27 novembre au 3 décembre.       <br />
       Église Saint Leu - Saint Gilles, 92, rue Saint-Denis Paris 1er.       <br />
       <a class="link" href="https://www.helloasso.com/associations/theatre-en-pieces" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Samedi 4 octobre 2025 : Église Saint-Pierre - Saint- Paul, Lille(59).       <br />
       Dimanche 12 octobre 2025 : Forum 104 - Crypte de la Chapelle de Notre-Dame des Anges, Paris 6e.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle</title>
   <updated>2023-11-15T16:09:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Rouge-et-le-Noir-Vivisection-des-passions-tristes--chronique-en-jouee-d-une-comedie-humaine-atemporelle_a3758.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/76713075-55275207.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-11-15T15:12:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Et dire que l'on avait rangé ce monument stendhalien au rang des œuvres maitresses canonisées… Comme si tout avait été révélé au travers des exégèses savantes sur l'histoire édifiante de ce fils de scieur de planches, mal né dans une famille de rustres, et devenu – grâce à une ambition dévorante – un apprenti criminel dans la société louis-philipparde érigeant l'ordre libéral en valeur suprême. Certes, le roman, sous-titré "Chronique du XIXe siècle", fit scandale lors de sa parution en 1830, mais la morale était sauve : la brebis galeuse aurait la tête tranchée… Catherine Marnas, adepte des créations contemporaines, s'empare avec envie de ce monument de la littérature pour en faire œuvre vivante, nous redonnant à voir et à entendre "Le Rouge et Le Noir" comme si nous le découvrions in situ.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76713075-55275207.jpg?v=1700059868" alt=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" title=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" />
     </div>
     <div>
      L'exploit – et c'en est un – est d'avoir réussi, en respectant au mot près le texte original judicieusement écourté, à créer un tourbillon ascensionnel propre à nous transporter vers des horizons d'attente actuels. Tout se passe comme si, par une faille temporelle, les personnages de papier nés sous la plume de Stendhal faisaient effraction dans notre contemporanéité afin de questionner ce que, en 2023, vivre veut dire dans un mode gangréné par la finance et autres intérêts de pouvoirs prenant le pas sur l'humain. Pour réaliser l'illusion théâtrale seule apte à percuter le réel, la metteuse en scène n'est pas seule au plateau… Fidèle à ce qui fonde son engagement artistique, elle s'entoure d'&quot;interprètes&quot; triés sur le volet et faisant corps avec sa vision. Que ce soit celle des cinq acteurs ou celle des autres créateurs (lumières, sons, scénographie, etc.), tous remarquables, la complicité fait troupe.       <br />
              <br />
       En guise de prologue, comme une mise en abyme des intentions de la metteuse en scène, les comédiens en bord de plateau se font les porte-paroles des gazettes de l'époque relatant la réception mouvementée du roman… <span style="font-style:italic">&quot;Senteur cadavéreuse d'une société qui s'éteint&quot;,</span> Balzac. <span style="font-style:italic">&quot;Un de vos crimes, c'est d'avoir exposé à nu et au grand jour certaines plaies du cœur humain trop salopes pour être vues&quot;</span>, Mérimée. Parfums passés de scandale louis-philippard auquel va répondre ce soir un autre scandale : celui d'une représentation de la société contemporaine mise à nue à la faveur d'une &quot;mise en scène&quot; de personnages de roman.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76713075-55275213.jpg?v=1700059921" alt=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" title=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" />
     </div>
     <div>
      Tout commence… par la fin – &quot;Le Jugement. Besançon, 1830&quot; – mettant en jeu la prise de paroles de Julien Sorel, avancé sur une passerelle enjambant les spectateurs pour s'adresser à nous, jurés. Nous faisant face, lui qui sait pertinemment que la guillotine l'attend, tient un discours aux accents engagés, dénonçant une justice de classe rendue par <span style="font-style:italic">&quot;des bourgeois indignés&quot;</span> voulant, à travers lui, punir ceux qui <span style="font-style:italic">&quot;nés dans une classe inférieure et opprimés par la pauvreté ont l'audace de se mêler à ce que l'orgueil des gens riches appelle la société&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Ainsi, le parti pris délibéré de débuter la représentation par son dénouement n'a rien de fortuit… En effet, ce qui a précédé la chute (ici la décapitation annoncée) se lira à l'aune de ce personnage éminemment &quot;politique&quot;. Comme l'incipit emprunté à l'écrivain sociologue Edouard Louis, se détachant en fond de scène, nous y avait d'ailleurs d'emblée invités.       <br />
              <br />
       &quot;Quatre ans plus tôt, Verrières, 1826&quot;. Dès lors vont se succéder, à un rythme jamais démenti, les épisodes de l'irrésistible ascension pour un échafaud du héros malgré lui. Né en terrain hostile, battu par son père et ses frères, mais pourvu d'une sensibilité littéraire, il apprendra le latin, choisira sans foi l'église pour échapper à son destin prolétaire. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76713075-55275214.jpg?v=1700059943" alt=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" title=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" />
     </div>
     <div>
      De son placement comme précepteur des enfants du maire de Verrières – Monsieur de Rênal, un bourgeois sans qualité, mais non sans argent – dont il séduira, et vice versa, l'épouse fidèle, à son poste de secrétaire du Marquis de la Môle – un aristocrate noble de cœur – dont il séduira, comme s'il s'agissait d'un challenge de classe, la fille gâtée par sa naissance, la belle et orgueilleuse et fantasque Mlle Mathilde de La Môle, avant d'en tomber &quot;follement&quot; amoureux et réciproquement, tout l'itinéraire de cet enfant du peuple nous est conté… comme si c'était la première fois que nous le découvrions.       <br />
              <br />
       En effet, le choix fort pertinent de diffracter l'action en trois modes de statut narratif a pour incidence de nous immerger au cœur du réacteur dramatique, comme si un miroir à trois faces &quot;réfléchissait&quot; continûment les enjeux afin de nous les faire percevoir en trois dimensions… D'abord la vision incarnée par l'acteur de chair et d'os évoluant devant nous, ensuite celle de son personnage commentant en direct les pensées qui le traversent, enfin celle de l'auteur omniscient jugeant les situations en trouvant chez ses avatars ses porte-voix. L'effet est saisissant de vérité et crée une dynamique à laquelle, le voudrait-on, on ne peut échapper.       <br />
              <br />
       Ainsi de Julien Sorel que l'on découvre, juché en haut d'une estrade, lisant &quot;Le Mémorial de Sainte-Hélène&quot;, alimentant ses rêves de grandeur dans un monde perclus de médiocrités, et commentant lui-même à la troisième personne le coup brutal que vient de lui porter son géniteur analphabète incarné au plateau : <span style="font-style:italic">&quot;Il regarda tristement le ruisseau où était tombé son livre ; c'était celui de tous qu'il affectionnait le plus.&quot;</span> Voix polyphoniques du personnage et de l'auteur confondues dans le même acteur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76713075-55275290.jpg?v=1700059975" alt=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" title=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" />
     </div>
     <div>
      Délaissant le rêve napoléonien pour la carrière ecclésiastique, au vu de la richesse de l'église bâtie à Verrières, il apprend par cœur en latin &quot;Le Nouveau Testament&quot;, voyant là la meilleure voie (celle de Dieu) pour faire fortune. Personnage intéressé ? Julien Sorel l'est assurément, mais comment pourrait-on reprocher à un fils du peuple de vouloir échapper à la misère d'une existence de labeurs alors que des bourgeois oisifs – comme le maire – s'enrichissent grâce au travail d'autres qu'eux ? Cette question, si elle n'est pas directement formulée (le texte original, rien que le texte), est puissamment incarnée pour &quot;prendre corps&quot; dans l'espace du jeu.       <br />
              <br />
       Quant à sa relation aux femmes que l'on peut juger, elle aussi, intéressée – le moyen de se prouver que, bien que d'origine roturière, il peut séduire une femme de bourgeois, la toujours belle Mme de Rênal, et une fille de noble – elle n'est pas exempte de sincérité amoureuse, jusques et y compris pour l'impossible Mlle Mathilde de la Môle qui voit en lui la possibilité de rompre avec son milieu en s'acoquinant avec un jeune homme du peuple. Ce qui constitue la modernité de ces figures féminines, c'est qu'elles aussi trouvent dans cette relation &quot;coupable&quot; un enjeu d'émancipation, elles aussi sont traversées par les errements de la furie amoureuse dont parlera si bien Roland Barthes dans ses &quot;Fragments&quot;. L'ennui d'une vie matrimoniale, qu'elle soit bourgeoise ou aristocrate, vole en éclats… ce que ne manque pas de souligner un commentaire de l'auteur pris en charge par l'un des personnages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76713075-55275291.jpg?v=1700060010" alt=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" title=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" />
     </div>
     <div>
      La modernité de cette transposition d'un roman classique au plateau se retrouve encore dans la manière de concevoir les personnages aux antipodes de tout réalisme, frôlant même parfois le grand-guignolesque quand il s'agit d'évanouissements théâtraux, de cavalcades sur place, de coups d'épée de pacotille et autres verres brandis avec ostentation en bord de plateau. De même, l'utilisation de vidéos projetant en gros plan les ébats et gesticulations des un(e)s et des autres crée un vertige propre à nous entrainer dans une histoire endiablée… où les effets délétères du religieux sont questionnés.       <br />
              <br />
       &quot;Dieu… mais quel Dieu ? Non celui de la Bible, petit despote cruel et plein de la soif de se venger… mais le Dieu de Voltaire, juste, bon, infini… Mais comment croire à ce grand nom : Dieu, après l'abus effroyable qu'en font nos prêtres ?&quot;. Comment ne pas entendre dans ces derniers mots prononcés par Julien Sorel, personnage de papier créé par Stendhal en 1830, incarné ici et maintenant sur une scène de théâtre, une dénonciation radicale des fondamentalismes religieux, ces fous de dieux sacrifiant, qui le peuple israélien, qui le peuple palestinien, au nom de leurs obscures croyances instrumentalisées ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76713075-55275430.jpg?v=1700060734" alt=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" title=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" />
     </div>
     <div>
      Ainsi peut-on tout &quot;naturellement&quot; conclure que, tant dans sa forme résolument inventive, que dans son fond en prise directe avec nos questionnements, cette &quot;création&quot; de Catherine Marnas et de sa troupe transcende joyeusement &quot;Le Rouge et le Noir&quot; pour en faire œuvre contemporaine exhalant, pour mieux la brocarder, &quot;la senteur cadavéreuse d'une société qui s'éteint&quot;.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 7 novembre, lors de la première, au TnBA à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Rouge et le Noir"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76713075-55275431.jpg?v=1700060695" alt=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" title=""Le Rouge et le Noir" Vivisection des "passions tristes", chronique en-jouée d'une comédie humaine atemporelle" />
     </div>
     <div>
      Texte : Stendhal       <br />
       Adaptation : Catherine Marnas.       <br />
       Mise en scène : Catherine Marnas.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Odille Lauria.       <br />
       Dramaturgie, Procuste Oblomov       <br />
       Avec : Simon Delgrange, Laureline Le Bris-Cep, Tonin Palazzotto, Jules Sagot, Bénédicte Simon.       <br />
       Scénographie : Carlos Calvo.       <br />
       Création sonore : Madame Miniature.       <br />
       Lumière : Michel Theuil.       <br />
       Vidéo : Ludovic Rivalan.       <br />
       Costumes : Catherine Marnas assistée de Kam Derbali.       <br />
       Régie générale : Emmanuel Bassibé.       <br />
       Régie son : Samuel Gutman.       <br />
       Régie lumière : Benoit Ceresa, Damien Pouillart.       <br />
       Régie vidéo : Cyril Babin.       <br />
       Création/production TnBA.       <br />
       Production Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 17 novembre 2023.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, lundi 13 à 20 h, jeudi 16 à 14 h 30 (séance supplémentaire).       <br />
       TnBA, Salle Vauthier, Bordeaux, 05 56 33 36 80.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée (en cours de construction)</b>       <br />
       Du 29 novembre au 1er décembre 2023 : Comédie de Béthune, Béthune (62).       <br />
       Du 10 au 12 janvier 2024 : Le Quai - CDN Angers Pays de la Loire, Angers (49).       <br />
       Du 10 au 12 avril 2024 : Théâtre Olympia - CDN, Tours (37).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Rouge-et-le-Noir-Vivisection-des-passions-tristes--chronique-en-jouee-d-une-comedie-humaine-atemporelle_a3758.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles</title>
   <updated>2022-06-27T21:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avant-la-France-Rien-Une-vie-d-exils-plongee-intimiste-a-resonances-universelles_a3312.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65687794-46812307.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-28T07:47:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
En novembre 2019, Anne-Cécile Paredes présentait dans "Asile" l'itinéraire d'une exilée à la révolte enracinée. Un parcours - le sien - ayant conduit la petite Péruvienne de cinq ans en France, "terre d'accueil". Elle reprend ici sa proposition dans un dispositif simplifié, décapant le vernis "spectaculaire" pour mieux libérer le vibrato de ce récit "exemplaire". Sans rien rabattre de la force de son témoignage, cette forme délibérément intimiste porte à son incandescence l'exil, celui qui dérive des traversées liquides mais aussi celui que la pauvreté inclut.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65687794-46812307.jpg?v=1656357877" alt=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" title=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" />
     </div>
     <div>
      Comme certains portent à son faîte le chagrin des départs, accompagnée de deux artistes - Johann collecte la voix des autres, Sophie tisse et brode, les trois formant &quot;le gang des Invisibles&quot; -, Anne-Cécile se livre corps et âme, portant jusqu'à nous les &quot;biographies des traversées&quot;, celles qui résonnent comme le cri universel des peuples ballotés par l'Histoire n'ayant que faire des pauvres gens. Des écheveaux de laine colorés, une lampe de bureau éclairant les éléments miniatures d'une existence à recomposer, des documents d'archives projetés, une musique captant les vibrations, une complice se muant en figure péruvienne haute en couleurs, autant d'éléments étayant sa parole, tantôt troublante, tantôt mordante.       <br />
              <br />
       L'adresse au public fixe d'emblée les enjeux de la performance… Loin d'un quelconque épisode de téléréalité préfabriquée de toutes pièces, la parole du témoin est conçue comme un levier pour déloger l'apriori, créer des réciprocités, une parole intime aspirant au statut de parole collective, voire devenir parole politique. Ainsi, en ouverture, l'artiste porte la parole édifiante d'un jeune Peul, originaire de Guinée-Conakry, ayant contre toute attente obtenu une réponse positive à sa demande d'asile, mais qui devra renoncer à poursuivre ses études de sociologie sur la terre d'accueil… il a perdu ses dossiers dans l'embarcation de fortune.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65687794-46812308.jpg?v=1656357928" alt=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" title=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" />
     </div>
     <div>
      Le vif du sujet restant son parcours à elle, née plusieurs fois. Si la première naissance, la biologique, eut lieu à Lima, sa mémoire ne garde - apparemment - aucune trace de sa très jeune existence vécue dans la Capitale du Pérou. Sauf peut-être, buttes-témoins d'un passé refoulé, ce petit sac en cuir porté en bandoulière, contenant des mouchoirs colorés à odeur de lavande, cette boîte à musique miniature... &quot;Ça fonctionne ainsi la mémoire&quot;, par fragments de discours ancien faisant irruption dans le présent.       <br />
              <br />
       À son arrivée en France, sa deuxième naissance, l'apprentissage en grande section de la langue &quot;étrangère&quot;, le français, destinée à recouvrir sa langue maternelle. La violence du processus d'acculturation décuplée par l'omniprésence des crucifix terrifiants et les baisers humides des bonnes sœurs. Heureusement, il y avait la télé qui trônait… et les barquettes de Nutella, les plaisirs et les jours défilant semblables à eux-mêmes. Il y eut ensuite le Collège et la galerie marchande du Casino, promesse de la consommation à portée de main se dérobant dès son approche. La pauvreté s'affichant au travers de détails, le vin des carafes non terminées que sa mère engloutissait. Et puis, sa petite robe verte à pois blancs et son serre-tête que sa complice épingle en fond de scène, comme on assemble les pièces éparses d'un puzzle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65687794-46812352.jpg?v=1656357992" alt=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" title=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" />
     </div>
     <div>
      Fille de Républicains espagnols fuyant le franquisme, sa mère aussi avait connu les chemins hasardeux de l'exil, la répétition intergénérationnelle du même. Lui revient le rappel discriminant de ses origines par la dure loi de l'école très &quot;primaire&quot;… Tenter très tôt de jouer avec les représentations pour infiltrer le camp adverse devient la stratégie salvatrice du gang des invisibles… Même si le numéro 99 attaché à son matricule de sécurité sociale est là pour lui rappeler que, nationalité française acquise, elle restera à tout jamais &quot;l'étrangère&quot;.       <br />
              <br />
       Marquant sa troisième naissance, le désir de dénouer les liens qui la tiraillent, de renouer avec un passé qui - décidément - ne passe pas. Cela prend la forme de ce voyage aux sources entrepris à ses dix-neuf ans… L'odeur entêtante de la ville oubliée et les saveurs présentes de la cuisine péruvienne, si elles lui apportent une bouffée d'air régénérant, ne peuvent à elles seules combler une béance de quatorze années désertées. Il faudra - et là des images &quot;rétroprojetées&quot; défilent sur un écran dans un fondu enchainé de noir et de couleurs - ce pèlerinage à haut risque dans l'île d'El Frontón, là où, le 18 juin 86, les prisonniers du Sentier Lumineux (dont son père) furent liquidés sans autre forme de procès, pour que le passé recomposé &quot;revive&quot;. L'héritage est un flux qui déferle, l'affronter est une épreuve constituante.       <br />
              <br />
       Le sol se recouvre d'écheveaux de laine colorée comme autant de fils à retisser. Sa complice s'y attelle avec une détermination imperturbable, s'en recouvrant comme d'une seconde peau la métamorphosant en figure truculente de carnaval. Et tandis que cette dernière danse frénétiquement, rien ne semblant pouvoir enrayer son mouvement, la porte-parole des exilés se saisit du micro… Sortie de sa nuit, la colère saine et libératrice éclate au rythme d'une musique &quot;déchaînée&quot;. L'armée des invisibles - exilés migratoires rejoignant exilés de classe avec lesquels immanquablement ils se fondent -  fait entendre le cri du peuple recouvrant sa dignité trop longtemps confisquée. Et nous, témoins oculaires de ce drame en marche, sommes secoués par ces vibrations rageuses à forte résonance humaine.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 16 juin 2022, au Centre d'animation Saint-Michel de Bordeaux, dans le cadre de &quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public&quot; qui s'est déroulé du 8 au 18 juin, Quartier Saint-Michel et au-delà de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Avant la France, Rien"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65687794-46812370.jpg?v=1656358029" alt=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" title=""Avant la France, Rien" Une vie d'exils… plongée intimiste à résonances universelles" />
     </div>
     <div>
      Texte : Anne-Cécile Paredes.       <br />
       Mise en scène : Cie Ola.       <br />
       Création sonore : Johann Mazé.       <br />
       Création costume : Sophie Fougy.       <br />
       Création lumière : Éric Blosse.       <br />
       Regard extérieur : Laurence Poueyto.       <br />
       Regard extérieur chorégraphique : Julie Lefèbvre.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>&quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public       <br />
       A eu lieu du 8 au 18 juin 2022.</b>       <br />
       Association CHAHUTS       <br />
       25, rue Permentade, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@chahuts.net')" >contact@chahuts.net</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/festival/programmation-2022/" target="_blank">&gt;&gt; chahuts.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Avant-la-France-Rien-Une-vie-d-exils-plongee-intimiste-a-resonances-universelles_a3312.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Ploutos, L'Argent Dieu" Un théâtre civique et populaire servant le rire et la réflexion</title>
   <updated>2020-01-14T08:33:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ploutos-L-Argent-Dieu-Un-theatre-civique-et-populaire-servant-le-rire-et-la-reflexion_a2633.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/41713908-34972709.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-01-14T07:58:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est un constant et douloureux constat effectué par les braves gens honnêtes de tous les siècles depuis des siècles : les richesses en ce monde sont inégalement et injustement réparties. Ainsi, l'auteur de l'antiquité grecque Aristophane montrait déjà, dans "Ploutos" (que met en scène Philippe Lanton), comment un humble maître et son unique esclave sont plus enclins à offrir de tristes offrandes à la déesse pauvreté plutôt que de gras et ostentatoires sacrifices aux dieux tout-puissants et comment ils réussissent à réaliser le rêve d'une meilleure répartition des richesses : sur des bases équitables et justes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41713908-34972709.jpg?v=1578931468" alt=""Ploutos, L'Argent Dieu" Un théâtre civique et populaire servant le rire et la réflexion" title=""Ploutos, L'Argent Dieu" Un théâtre civique et populaire servant le rire et la réflexion" />
     </div>
     <div>
      Dans &quot;Ploutos&quot;, les riches jouisseurs corrompus deviennent pauvres, les pauvres dans la sobriété et le sens de l'échange deviennent riches. Le monde ayant peu changé, la fable d'Aristophane n'a rien perdu de son acuité… ni sa fraîcheur. Car l'œuvre, qui fusionne la satire et la farce en direction de la comédie (forme renouvelée de l'âge d'or), est une utopie pleine de fantaisies à désirer partager.       <br />
              <br />
       C'est que l'auteur, pointant ironiquement quelques conséquences sur le sens de la valeur affective et de l'érosion du temps, ne manque pas de pertinence ni de sens critique.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Philippe Lanton s'appuie sur un jeu précis et fluide qui sait vagabonder dans les différents registres de la comédie, maitriser ses effets, tempérer ses allusions, faire impression sans faire tableau. Le spectacle, vif et joyeux, est ainsi peuplé de réminiscences théâtrales qui enrichissent Aristophane de toute l'histoire qui lui a succédé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41713908-34972813.jpg?v=1578931785" alt=""Ploutos, L'Argent Dieu" Un théâtre civique et populaire servant le rire et la réflexion" title=""Ploutos, L'Argent Dieu" Un théâtre civique et populaire servant le rire et la réflexion" />
     </div>
     <div>
      C'est, pour le spectateur, un plaisir simple et complet que de déceler les renversements de pouvoir dans les rapports maître-esclaves, la complicité des comédiens dans les interpellations au public, leur autoparodie de leurs interrogations sur le sens du spectacle qu'ils offrent. C'est qu'ils atteignent ce point neutre qui est celui de la compréhension du mythe et du présent. Inhérent à l'art théâtral.       <br />
              <br />
       Croisant les ombres de Beckett, de Ionesco, de Shakespeare ou Molière, ils rejoignent celles du slameur ou du crooner. Autant de clins d'oeil jamais appuyés mais toujours expressifs. Ce travail de l'entre-deux entre-noue le plaisir des comédiens et celui du spectateur.        <br />
              <br />
       Ce dernier, sensibilisé à cette raison mathématique et logique qui a conquis le monde depuis Platon par la financiarisation, l'algorithmisation et la multiplication des cavernes digitales, rend gré au metteur en scène de ne pas faire ostentation de technologies contemporaines.       <br />
              <br />
       L'argent a beaucoup coulé depuis Athènes et les guerres du Péloponnèse, à l'évidence l'esprit du texte d'Aristophane perdure par cette forme de théâtre simple qui sert le rire et la réflexion.       <br />
              <br />
       Au sens strict cette mise en scène &quot;performe&quot; un théâtre civique et populaire. Les applaudissements fusent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ploutos, L'Argent Dieu"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41713908-34972814.jpg?v=1578931923" alt=""Ploutos, L'Argent Dieu" Un théâtre civique et populaire servant le rire et la réflexion" title=""Ploutos, L'Argent Dieu" Un théâtre civique et populaire servant le rire et la réflexion" />
     </div>
     <div>
      Texte original : Aristophane.       <br />
       Adaptation : Olivier Cruveiller.       <br />
       Mise en scène : Philippe Lanton.       <br />
       Collaboration artistique à la mise en scène : Olivier Cruveiller.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Virginie Incagnoli.       <br />
       Avec : Natalie Akoun, Evelyne Pelletier, Yves Buchin, Olivier Cruveiller, Mathias Jung, Christian Pageault, Nicolas Struve.       <br />
       Scénographie : Valérie Perrottet, Thomas Chevallier, Philippe Lanton.       <br />
       Travail chorégraphique : Olivier Renouf.       <br />
       Costumes : Sabine Siégwalt.       <br />
       Conception sonore : Thomas Carpentier.       <br />
       Création lumière : Christelle Toussine, Philippe Lanton.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Cie Le Cartel.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 26 janvier 2020.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 20 h 30, samedi et dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Ploutos-L-Argent-Dieu-Un-theatre-civique-et-populaire-servant-le-rire-et-la-reflexion_a2633.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive</title>
   <updated>2015-06-09T18:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Oliver-Twist-Associant-theatre-chant-et-marionnette-une-comedie-musicale-allegre-et-festive_a1360.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7887772-12249492.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-06-09T18:22:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Oliver - dit - Twist, orphelin malmené qu'un méchant voudrait tordre et pervertir, faire chuter du mauvais côté de la vie, du mauvais côté de la ville. Londres, monstrueuse dans ces bas-fonds de misère, dont les divers faits criés par les vendeurs de journaux alimentent un roman du crime propre à sa croissance...     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7887772-12249492.jpg?v=1433867268" alt=""Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive" title=""Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive" />
     </div>
     <div>
      Oliver se tord, survit dans une bande d'enfants voleurs destinés à la potence, se débat mais ne tombe pas. Sauvé, sa vertu jamais perdue malgré les préjugés lui est restituée ainsi que son héritage. Le méchant, son demi- frère, est puni.       <br />
              <br />
       La mise en scène d'Olivier Mellor pour &quot;Oliver Twist&quot; de Charles Dickens s'appuie sur le théâtre, la musique et la marionnette. Elle reprend l'adaptation d'Éric de Dadelsen et Danièle Klein de 1986 qui alterne chansons et dialogues tout en respectant le développement du roman. Elle se concentre sur l'essentiel, souligne ces formes de providence qui alimentent les rebondissements de tout bon mélodrame qui se respecte. &quot;Oliver Twist&quot; est une authentique comédie musicale au rythme rapide.       <br />
              <br />
       À chaque danger encouru son joker. Alors que l'histoire croise et tutoie le sordide, le spectateur est impliqué dans le jeu d'un destin farceur jusqu'au happy end final et nécessaire... C'est que l'histoire est traversée par un courant altruiste. Recette éminemment populaire que la mise en scène restitue pleinement. Elle présente même un côté festif propre à un feuilleton populaire réussi. Sans mièvrerie, ni larmoiement. Allègre plutôt.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7887772-12249513.jpg?v=1433867443" alt=""Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive" title=""Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive" />
     </div>
     <div>
      La forme du spectacle est architecturée par une bande de chanteurs-musiciens, à l'évidence orphéons des rues. Volontiers espiègles, volontiers gouailleurs, ces orphéonistes qui connaissent le choral, un peu baloche, un peu boogie, ne se refusent pas des détours vers un twist endiablé et autres pop (ulars). Ils savent aussi faire pleurer Margot avec une berceuse de Brahms.       <br />
              <br />
       Les récitatifs animent les épisodes, les commentent et jouent avec les comédiens. Ceux-ci composent bien plus que des tableaux. Et le récit dans une totale cohérence entre le théâtre le chant et la marionnette se déroule au rythme d'une rumeur qui court, positive. Musicalement très riche et théâtralement aboutie, cette comédie musicale évite les pièges et la fadeur d'un simple <span style="font-style:italic">storytelling</span>.       <br />
              <br />
       Le spectateur participe à l'engouement pour &quot;Oliver Twist&quot;, héros populaire. Comme en un conte.        <br />
              <br />
       Oliver Twist ? Twist again.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Oliver Twist"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7887772-12249530.jpg?v=1433867581" alt=""Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive" title=""Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive" />
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      D'après l'œuvre de Charles Dickens.       <br />
       Adaptation : Danièle Klein et Éric de Dadelsen.       <br />
       Mise en scène : Olivier Mellor.       <br />
       Avec : Jean-Christophe Binet, Marie Laure Boggio, Marie-Béatrice Dardenne, François Decayeux, Dominique Herbet, Olivier Mellor, Adrien Michaux, Marie-Angèle Moreno, Rémi Pous, Stephen Szekely et, en alternance, Thomas Champlois ou Léonard Jacquot.       <br />
       Musiciens et chansons originales : Séverin &quot;Toskano&quot; Jeanniard, Cyril &quot;Diaz&quot; Schmidt, Romain Dubuis, Louis Noble, Boris Bénézit, Olivier Mellor.       <br />
       Scénographie : Noémie Boggio, Alexandrine Rollin.       <br />
       Costumes, maquillages : Hélène Falé assistée de Martine Boggio.       <br />
       Marionnettes : Marie-Angèle Moreno, Jocelyne Durand, Alexandrine Rollin.       <br />
       Lumières : Guillaume Rubin.       <br />
       Son : Olivier Wils, Benoît Moreau.       <br />
       Compagnie du Berger et Compagnie Syma.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7887772-12249545.jpg?v=1433867681" alt=""Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive" title=""Oliver Twist"... Associant théâtre, chant et marionnette, une comédie musicale allègre et festive" />
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      <span class="fluo_jaune">Du 4 au 28 juin 2015.</span>       <br />
       Jeudi et vendredi à 20 h 30, samedi à 16 h et 20 h 30, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Salle en pierre, Cartoucherie, Paris 12e, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="http://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Oliver-Twist-Associant-theatre-chant-et-marionnette-une-comedie-musicale-allegre-et-festive_a1360.html" />
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